Me revoilou !! Avec en prime un nouveau chap tout chaud pour vous !! Encore heureux, paske sinon personne voudrait me parler ¤pleure fort¤


Wing et Shinigami


DEUXIEME PARTIE Une si longue histoire Quel roman…

CHAPITRE n°3 : Une liberté tant rêvée…

Le petit ange, un bras de l'Héritier autour de ses épaules, et ce dernier sortent de la salle et longent le couloir, suivi de l'homme, toujours tenu sous le pouvoir de L'Elu et ruminant silencieusement sa rancœur à l'égard de celui-ci. Lorsqu'ils débouchent dehors, le jeune ange ferme les yeux, brutalement aveuglé par la lumière du jour qu'il n'a vu qu'une seule et unique fois, trop éphémère pour que ses yeux s'en souviennent, et déjà remplacée de sa mémoire par les tortures et les cris.

« Ouvre les yeux, lui conseille la voix douce du Prince.

S'exécutant, le jeune esclave entrouvre les paupières, pour constater avec étonnement qu'un épais voile obscur lui permet de regarder sans difficulté autour de lui.

« Comment... ?

- Magie, magie... ( et vos idées ont du génie lol ) réplique mystérieusement L'Elu en faisant apparaître, comme pour appuyer ses dires, un grand plat garni de quartiers de pommes, oranges, clémentines, poires, kiwis... Tu en veux ?

- Je ne connais pas...

- Mais si tu connais. Tiens, ça c'est de la pomme. Et vous, vous en voulez ? demande-t-il d'une voix glaciale à l'intention du marchand sans le regarder en lui ôtant son bâillon d'un claquement de doigts.

- Tes fruits à la noix, tu peux te les garder, j'en veux p...

- Très bien. Tu veux de l'orange ? propose-t-il au jeune ange après avoir à nouveau bâillonné l'homme d'un geste négligeant.

- C'est comment ?

- Y a du jus, c'est mou, pas dur à mâcher, doux et parfois un peu acide. Très frais.

- Je veux bien...

- Tiens, et L'Elu glisse doucement un quartier d'orange dans la bouche du garçon tout en en enfournant trois dans la sienne.

Au premier coup de dents, les quartiers explosent sur sa langue, trop juteux. Il s'étouffe avec les fruits et hoquette pour régurgiter à demi, la main devant la bouche. Finalement il se retrouve avec le menton et les joues dégoulinants de jus d'orange sucré et bien collant, mais récompensé par un éclat de rire de son jeune protégé. Celui-ci rougit brusquement de son audace lorsque le regard du Prince se pose sur lui, et baisse la tête, penaud.

« Excusez-moi...

- Hey, tu n'as pas à t'excuser. Tu peux te moquer de moi, tu as le droit, j'ai des défauts comme tout le monde, je ne suis pas parfait. Même les princes ont des défauts, souvent plus que les autres parce qu'ils se croient plus forts que tout le monde. Ne t'excuse pas de rire ou de trouver une situation amusante, rigolote. Regarde-moi, s'il te plaît... demande-t-il doucement en cherchant le regard du petit garçon, qu'il trouve enfin. Réponds-moi franchement : est-ce que tu as peur de moi ?

- ... Oui... Non... Je ne sais pas...

- Pourquoi tu as peur de moi ?

- Tu es plus grand, plus fort que moi et puis tu peux faire tout ce que tu veux de moi, je ne peux même pas me défendre...

- Et pourquoi tu n'as pas peur de moi ?

- Tu es gentil avec moi, et tu l'empêches de me faire mal... Tu me donnes à manger et puis une chambre, tu me soignes, tu me laisses dormir, tu... Voilà, quoi...

- Alors en fait, tu as peur de moi à cause de mes pouvoirs, c'est ça, hein ?

- Oui...

- Sache que je ne fais jamais usage de mes pouvoirs dans le mauvais sens. Je ne fais que le bien. Et s'il te plaît, dis-moi « tu ». Je n'aime pas me voir dire vous (en référence au « Excusez-moi »). Je préfère tu. Si tu veux, je ne me servirai de mes pouvoirs sur toi, que quand tu me le diras. Sauf si c'est un cas d'urgence extrême ! Comme ça tu es sûr que je ne te ferais pas de mal. Tu veux... ? Allez, dis-moi ce que tu veux que je fasse, ajoute-t-il gentiment après que le petit ange ait acquiescé.

- … … un nounours… ?

- Un comment ?

- Comme le gros chocolat de tout à l'heure en plus petit ?

- D'accord !

L'Elu s'accroupit, tendant la main en avant à environ soixante-dix centimètres de hauteur. Un ours en peluche de taille moyenne apparaît aux pieds de l'ange, d'un joli chocolat, aux poils longs et bien fournis.

Un grand sourire émerveillé aux lèvres, l'ange dépose délicatement les chatons au sol puis s'empare de la peluche et l'étreint contre son cœur, un air bienheureux sur le visage, les yeux fermés, le nez plongé dans la fourrure à la senteur de pêche.

« Comment il s'appelle ? demande doucement Le Prince, en voyant du coin de l'œil les petits chats partir à l'aventure dans l'herbe, s'éloignant doucement mais résolument.

- Hein ?

- L'ours, il s'appelle comment ?

- Heu... Je ne sais pas...

- Tu ne veux pas lui donner un prénom ?

- ... Si mais... Je n'ai pas d'idée...

Enfreignant la règle, L'Héritier fait apparaître d'un air pensif une belle rose des sables en chocolat au lait, du même marron clair que l'ours en peluche.

« Oh... C'est quoi ?

- Dans ma main ? Une rose des sables en chocolat.

- C'est joli... C'est de la même couleur que l'ours...

- Tu veux goûter ?

- C'est comment ?

- Ça croustille, c'est doux, pas acide, chocolaté et sucré, un peu comme du miel.

- Je ne connais pas ce... chocola et le mièle...

- C'est bon, tu verras. Tu en veux ?

- ... Oui... ?

- Tiens...

Cassant quelques pétales de la friandise, le Prince les tend à l'ange.

Le jeune ex esclave approche lentement la nourriture de sa bouche, hésitant.

L'Héritier, d'un geste ostensible, mord avec gourmandise dans le reste de la rose des sables. Captant le geste confiant du gentil garçon, l'ange prend une petite bouchée de la sucrerie. Hm, c'est bon... Sucré, doux, ni trop chaud ni trop froid, ça croustille, c'est bon... Rapidement, l'ange fini la rose des sables.

« Tu en veux d'autre ? Tiens.

L'Elu fait apparaître plusieurs plateaux de rose des sables de tailles et de formes différentes, au chocolat blanc, au lait, noir, et les variantes de cacao. Ne sachant pas laquelle choisir, l'ange se cantonne au chocolat au lait. Il en mange plusieurs, de bonne foi, et observe du coin de l'œil le Prince mordre dans une rose blanche.

« C'est à quoi ?

- Celle-là ? Au chocolat blanc. Tu veux goûter ?

L'ange hausse les épaules, indécis. L'Héritier casse sa gourmandise en deux, tendant un morceau au garçon. Celui-ci la prend et cette fois-ci, sans hésitation, mord dedans.

C'est bon aussi. Le goût est différent de celui du chocolat au lait, mais pas mauvais non plus.

« Tu aimes ?

- Oui.

Un grand sourire illumine le joli visage du gentil garçon. C'est pour lui ? C'est pour lui que le gentil garçon sourit comme ça ? C'est... touchant...

Personne encore ne s'est jamais préoccupé de lui ainsi. L'homme l'a toujours battu, fouetté, affamé, épuisé...

C'est cela l'amour ? C'est cela, être aimé ? Être frappé, toujours habité de douleur, de faim et de peur ? Être enfermé sans personne et sans rien dans une salle obscure ? Souffrir sans cesse ? C'est cela, être aimé ?

Une main douce sur sa joue le sort de ses pensées.

« Tu as l'air triste, ça va pas ? demande doucement l'Elu.

Il a l'air vraiment concerné par sa question, les sourcils légèrement froncés et les yeux interrogatifs, la bouche entrouverte de perplexité.

« C'est juste que je me dis que si être aimé c'est ça, je... je veux que personne m'aime.

- Tu veux dire quoi, par « c'est ça » ?

- Bah... Comme il fait...

- Mais ce n'est pas être aimé, ça. Ce qu'il t'a fait, ce n'est pas de l'amour, c'est de la cruauté. Il a été cruel, il t'a fait mal, volontairement, il savait ce qu'il faisait, il l'a fait exprès, il voulait te faire mal, il y a prit du plaisir. Ce n'est pas ça être aimé. L'amour, c'est vouloir être avec une personne, lui faire du bien, vouloir que la personne soit très contente, qu'elle soit heureuse. Vouloir être très gentil avec elle, faire des choses ensemble que les deux aiment bien, jouer, se faire des cadeaux, faire attention à l'autre.

- Alors toi, tu m'aimes ? Puisque tu me fais cadeau de l'ours, et puis tu me soignes, donc tu me fais du bien, et puis tu me ramènes chez toi, c'est que tu veux être avec moi. Donc, tu m'aimes ! Non ?

- Je n'y avais pas pensé ainsi, mais oui, admet l'Elu avec un doux sourire et les yeux brillants de tendresse devant tant d'innocence.

- ... Mais lui alors, il m'aime pas...

- Non.

- Pourquoi il a dit qu'il m'aime, alors, si ce n'est pas vrai ?

- Il t'a mentit.

- Pourquoi ?

- Pour te garder.

- Pourquoi ? Il dit que je ne suis rien, alors pourquoi il veut me garder ?

- Il dit que tu n'es rien parce que tu as des plumes noires sur tes ailes, et pour lui tu perds de ta valeur. Tu es un très joli petit garçon, malgré le manque de nourriture; quand tu auras repris une alimentation normale tu seras très, très beau.

Pour lui, si tu n'avais pas ces plumes noires, tu serais à vendre à un bon prix, très cher. C'est pour ça qu'il veut te garder; il veut t'arracher tes plumes noires pour pouvoir te vendre.

Tu sais, malgré que l'esclavage soit interdit, beaucoup d'anges, surtout les riches, n'aiment pas ceux avec des plumes noires, même s'ils sont très gentils comme toi.

Alors lui, il voudrait t'arracher tes plumes noires pour pouvoir te vendre cher parce que pour lui, tu es un objet de valeur. Tu comprends ce que je te dis ?

- Il veut me garder parce qu'il veut m'enlever mes plumes noires pour pouvoir me vendre cher, c'est ça ?

- Oui.

- C'n'est pas ça l'amour.

- Non, tu as raison, ce n'est pas ça l'amour.

- Pourquoi il m'a fait ça... ?

Les yeux du petit ange sont remplis de larmes.

« Il est méchant. Pour lui, il n'y a que l'argent qui compte. Toi, pour lui, tu n'es rien. Il t'a fait ça pour avoir un souffre-douleur. Tu sais ce que c'est ?

- Non.

- C'est une personne qui sert à décharger la colère des autres. Un souffre-douleur, c'est quelqu'un de trop gentil, à qui on fait beaucoup de mal parce qu'il y a plein de choses qui ne vont pas.

- Mais lui ça va bien. Enfin je veux dire il n'a pas l'air malheureux.

- Il était en colère parce qu'il ne pouvait pas correctement te vendre sans salir son image devant ses clients, devant ceux qui pouvaient t'acheter. Alors il t'a puni pour ce qu'il croit être une faute. Mais je te rassure, avoir des plumes noires n'est pas une faute. Tu n'as pas à t'en faire pour ça.

- Mais j'ai rien fait moi ! Pourquoi il veut me faire du mal alors que j'ai rien fait ?!

Brusquement le garçon éclate en sanglots. Il s'accroupit et enfouit son visage dans ses mains, se balançant d'avant en arrière.

Doucement, L'Elu l'attire dans ses bras, avec lenteur, pour que le garçon ne se sente pas agressé. Le petit ange se laisse faire, perdu dans son incompréhension.

Pourquoi lui avoir fait tant de mal s'il n'a rien fait ? Il ne comprend pas... Il s'accroche sans s'en apercevoir aux bras de l'Elu, enfonçant ses ongles dans la chair de celui-ci, traversant le fin tissu qui protège ses bras.

L'Héritier serre silencieusement le petit ange contre lui, en se mordant la lèvre. Ce dernier est tellement innocent, tellement ignorant de la cruauté de la nature angélique... Tellement qu'il en a mal pour lui. Il commence doucement à bercer le jeune garçon en pleurs contre lui, lui caressant les cheveux en un geste apaisant, tendre et qu'il veut agréable, pour montrer au petit garçon qu'il n'y a pas que de la méchanceté dans les cieux mais aussi de la douceur, de l'amour, de la tendresse, du bonheur...

Il n'a, bien sûr, aucunement la prétention de lui faire éprouver un jour toutes ces émotions, mais si déjà il arrivait à ce que le jeune garçon retrouve un peu de dignité et de confiance, non seulement en lui mais aussi en les autres, ce serait déjà bien.

Soudain il est brutalement arraché à l'ange et projeté contre le sol. Sonné, il reconnaît néanmoins l'homme. Celui-ci, profitant de ce que le Prince soit occupé par le petit esclave, s'est libéré de la maigre pression du pouvoir sur lui pour attaquer l'Elu, voulant reprendre sa marchandise.

« Arrêtez !

Le petit ange s'accroche à l'homme pour le faire tomber, ou au moins l'empêcher de frapper le gentil garçon.

Le marchand lui assène une gifle puissante, très violente, qui l'envoie à terre. Alors l'Elu se fâche. Que l'homme s'en prenne à lui, ce n'est pas si grave, mais qu'il frappe l'ange parce qu'il a voulu le protéger, alors là...

Il répugne à se conduire ainsi, mais le petit ange vaut bien quelques entorses aux règlements, même au sien.

Sa main gauche fend violemment l'air de droite à gauche. Comme une onde de choc, l'homme est éjecté brutalement et va s'écraser contre un arbre.

« Je ne suis pas particulièrement friand de ce genre de conduite, mais il ne fallait pas t'en prendre à lui. A moi, d'accord, mais pas à lui. Tu n'aurais jamais dû lever la main sur lui. »

Plaquant sans douceur le marchand contre l'arbre, l'Héritier se relève et s'accroupit près du petit ange. Il pose une main douce sur l'épaule du garçon. Rien. Il répète son geste, plus appuyé. Toujours rien. L'inquiétude naissant dans son estomac, le Prince se penche, sa main se portant sur la joue du jeune ange blessé. Celui-ci, les yeux grands ouverts sur l'horizon, ne réagit pas, trop immobile et silencieux.

« Tu as dis que tu me protégerais, lui reproche soudain le petit ange d'une voix monocorde. »

L'Elu se mord la lèvre. L'ange avait baissé ses résistances parce qu'il lui avait dit qu'il empêcherait le marchand de le battre, et en récompense de sa confiance pourtant maintes fois brisée, il vient de se faire frapper par sa faute. Il l'avait trahi. Doucement l'Héritier le retourne sur le dos pour pouvoir le regarder bien en face. Le petit ange pleure.

« Oh non ! Non, ne pleure pas ! »

L'Elu se penche, voulant prendre la jeune créature meurtrie dans ses bras, mais ladite créature à un sursaut, désirant s'éloigner de lui. Blessé par ce geste pourtant normal, le Prince décide de s'asseoir en tailleur à côté du petit esclave, tendant le bras vers une rose des sables pour penser à autre chose qu'à sa culpabilité. Chocolat blanc. Il mord distraitement dedans, l'esprit ailleurs.

Pour le ramener en toute confiance chez lui, c'est raté.

Cependant, bien qu'elle l'ait blessé, la réaction du petit garçon est bien normale. Lui aurait sans doute réagit de la même manière dans des circonstances identiques.

La sensation de quelque chose qui se presse avec hésitation contre lui le sort de ses pensées. Il tourne la tête pour sourire au petit ange tremblant contre lui.

« Tu as froid ?

- … mal…

- Tu veux que je te soigne ?

Le jeune garçon baisse la tête, comme s'il avait honte de le demander. Doucement, l'Elu glisse ses mains sous les vêtements du petit ange, et les posant sous la peau fraîche des omoplates, se concentre pour faire agir son pouvoir.

Une vague de souffrance monte en lui alors qu'il tente de comprendre. Etrange qu'une simple gifle puisse faire aussi mal au petit garçon… Et il comprend.

Ce n'est pas la gifle qui a fait tant de mal à l'ange. Depuis longtemps son Pouvoir ne fait plus effet, rendant à la douleur ses droits dans le corps brûlant du jeune garçon, infligeant à celui-ci sans qu'il en montre rien la pire des souffrances.

Pauvre garçon... Si faible, si vulnérable, et pourtant capable d'endurer les pires douleurs sans grimacer...

Faisant glisser ses mains des omoplates du garçon à sa poitrine et à son ventre pour l'étreindre de façon assez possessive et ferme, mais presque tendre à la fois, il pose doucement son menton sur l'épaule frêle du petit ange. Celui-ci ne bronche pas, pourtant intérieurement très troublé et étonné par le geste de l'Elu. Il n'est pas habitué à ce que l'on lui montre tant de douceur et de confiance. Il pourrait lui faire du mal, s'il voulait...

Il sent une chaleur naître dans son ventre et sa poitrine, comme irradiant des mains fines sur lui. En tous cas, ce qu'il sait, c'est que cette chaleur lui fait du bien. La souffrance dévorant son intérieur s'apaise doucement, lentement mais sensiblement. Grâce au garçon. Chaque fois que le garçon pose une main sur lui, il sent une chaleur douce et puissante calmer ses maux. Il soupire longuement, apaisé par la diminution de sa douleur, se laissant aller contre le corps si tendre.

« Ça va mieux ?

- Oui... »

Les mains du garçon commencent à s'enlever, la chaleur diminue, la souffrance augmente à nouveau.

Il grogne et tente de ramener ces mains sur lui. Sentant la réticence du garçon à le sentir arrêter de le toucher, l'Héritier replace ses mains sur son ventre et sa poitrine.

Il sent sous ses doigts la peau meurtrie, les blessures ouvertes, sûrement douloureuses. S'il arrive sans problème à supprimer la souffrance pendant un laps de temps plus ou moins long suivant l'ampleur du phénomène et de la morphologie de la personne en question, l'Elu a plus de mal à réparer les blessures. A vrai dire, il ne l'a encore jamais fait, ni même essayé. Fermant les yeux, étreignant plus fort le petit ange tout contre lui, le Prince se concentre pour faire agir son Pouvoir de manière physique.

Resserrant davantage (ndla : Va l'étouffer, s'il continu...), ses bras autour du garçon encore légèrement tremblant, il pousse son pouvoir dans ses mains, cherchant à le propager dans le corps tout entier du petit ange. Celui-ci fronce les sourcils en sentant une chaleur puissante naître dans son ventre et sa poitrine. Et elle augmente, augmente, augmente...

Il se mord la lèvre pour s'empêcher de crier. Il s'est trompé.

Le garçon n'est pas gentil. Il ne cherche qu'à lui faire mal, par d'autres moyens que le marchand. Pourtant la brûlure est accompagnée d'apaisement, apaisement physique, moral, apaisement... absolu. La souffrance disparaît brusquement pour réapparaître presque aussitôt, et il comprend.

Chaque fois que le garçon le touche, une chaleur se propage dans les environs de son corps ; cette brûlure si... douloureusement soulageante n'est alors que la concentration de tous ses pouvoirs sur lui. Mais alors, si cela est vrai, pourquoi prendre tant de peine pour lui, lui qui n'est qu'un simple petit esclave sans valeur ? Il ne comprend pas...

Soudain, le marchand bouge, semblant forcer sur le pouvoir du Prince qui le maintient écrasé contre l'arbre.

Prit de panique à l'idée même que cet homme cruel s'approche à nouveau de lui, le petit ange gigote pour se libérer des bras de L'Elu.

Sentant son protégé bouger fébrilement dans son étreinte, l'Héritier relève la tête, pour tomber immédiatement sur la personne, ou plutôt la chose, qui cause une panique si visible chez son petit favori.

Détournant une partie de son pouvoir, il replaque sans la moindre douceur le marchand au tronc, ayant la satisfaction de voir le jeune ange blessé se clamer presque instantanément.

Il resserre son bras autour de l'ex esclave, avant de décider que le ramener chez lui, en sécurité serait la meilleure solution pour pouvoir ensuite en prendre soin correctement.

Relevant les coins de sa bouche en un léger sourire, il baisse la tête pour capter son regard encore un peu inquiet.

« J'ai quelque chose pour qu'on arrive chez moi plus vite, tu veux bien ?

- ... C'est dangereux ?

- Non. Y a pas de danger, ça fait pas mal et c'est très rapide.

- ...

- Tu veux bien que je l'utilise ?

- ... oui... ?

- D'accord !

D'un geste de la main, l'Elu approche le marchand d'eux, jusqu'à pouvoir le toucher.

Il sent le petit ange se tendre contre lui. Il se presse doucement contre lui, voulant le rasséréner, et lui parle d'une voix grave, rassurante.

« Chuuut... Je te promets qu'il ne te fera rien. »

Le regard du jeune ange remonte jusqu'au sien et s'y plante. L'échange qui se trouve alors fait ne peut être qualifié que d'un seul mot : intense. D'une intensité hors du commun. Mais étaient-ils si communs que cela ?

L'ange cède le premier devant ce regard magnifique qui lui brûle les pupilles.

« Tu me fais confiance ou pas ?

L'ange hésite. Le garçon est gentil avec lui, il le soigne, le câline, lui donne à manger, le laisse dormir, lui donne de jolis vêtements biens chauds, mais... Il lui avait promis que le marchand ne le taperait plus et pourtant il avait reçu une gifle... Cela dit, c'était aussi de sa faute... Le garçon ne lui avait pas demandé de l'aider, s'il ne l'avait pas fait, l'homme ne l'aurait pas frappé... Et le garçon s'était inquiété pour lui, après, et puis aussi il avait dit que si le marchand ne l'avait pas giflé, il n'aurait pas été en colère...

« … oui… ?

L'Héritier lui sourit, heureux de la réponse. Mentalement, la promesse est faite de tout faire pour éviter à cet angelot trop pur, les souffrances de la méchanceté angélique.

« Regarde-moi bien dans les yeux, voilà, comme ça c'est très bien.

Attrapant le poignet du marchand et souriant au petit garçon à l'âme meurtrie, l'Elu amène doucement la tête de la créature blessée dans son cou chaud. Laissant enfin son menton reposer sur l'omoplate de cette dernière, il ferme les yeux et lâche la bride à son Pouvoir pour qu'il se déploie dans toute sa puissance.

Une très vive chaleur accompagnée d'une superbe lumière rouge enveloppe les trois hommes.

Trois hommes ? Quels hommes ? Oui, au fait, n'est-ce pas un rêve ? Il n'y a rien dans la plaine...

( À suivre…)


Des avis ? ( Jsuis quand mm culottée de dire ça alors que je vous ai fait attendre si longtemps ¤grimace¤ ) J'accepte délires, critiques, encouragements, fous rire, larmes, etc… Même les colis piégés, alors profitez-en ! mdr

Bisous à tous, et en route pour un nouveau chapitre !

Shin'


PS : Je m'EXCUSE platement pour mon retard... Je suis REELLEMENT DESOLEE, mais j'ai, disons, des problèmes d'inspi sur cette fic, comme sur Alors c'était toi, et je peine énormément à retrouver cette écriture si particulière. de plus mon ordi a bugé quelque peu, donc suppression de passages plus ou moins longs... En plus du mank d'inspi, fo mtnt ke je retrouve les passages manquants... Donc, la parution de cette fic sera plutôt lente, je m'en excuse. Heureusement j'ai quelques chapitres d'avance, alors ça devrait quand mm le faire, du moins jusqu'à ce que j'aie retrouvé l'inspiration ( divine ?? ... )