Rated : K+
Mots : 1710.
Genre : Drama.
Fandom : Kuroko's Basket.
Personnages : Momoi Satsuki, Sakurai Ryō, Imayoshi Shoichi, Yoshinori Susa.
Timeline : Première rentrée scolaire de Momoi au lycée Tōō.
Crédit : Les personnages et les lieux utilisés appartiennent aux ayant droits, dont l'auteur Fujimaki Tadatoshi.
Aurore
Une sonnerie de plus en plus stridente et par delà désagréable tira une jeune fille aux cheveux rose de son sommeil. L'humidité nocturne l'accablait encore, car elle sentait ses yeux bouffis elle les ouvrit lentement. Elle se mit une main devant la bouche lorsqu'elle bailla puis se redressa. Assise au bord de son lit, elle observa avec flegme ses pieds nus qui se balançaient nonchalamment au dessus du sol, comme s'ils étaient doués d'une volonté distincte. Elle sentit un courant d'air contre sa peau, uniquement protégée par ses sous-vêtements, et en frissonna. L'esprit embrumé, elle tourna la tête de telle sorte à lire l'heure sur son réveil.
Elle était en retard.
Momoi Satsuki se leva dans la précipitation et courra jusque dans la salle de bain, sans manquer de presque tomber par terre pour avoir solliciter ses membres encore engourdis. Elle se fit un chignon et effectua un nettoyage rapide. Elle se brossa les dents trop brièvement à son goût mais le temps filait. La lycéenne revint dans sa chambre et revêtit sa blouse, sa jupe et ses chaussettes. Elle se plaça devant le haut miroir de sa chambre pour nouer un ruban rouge au devant de son col. La tâche fut malheureusement plus difficile que prévu et augmenta sa frustration. Elle en vint au point à abandonner le tissu sur son lit défait.
Toujours est-il qu'il manquait quelque chose de crucial.
Momoi regarda autour d'elle et ne voyait pas l'objet en question.
« Mais où peut-il bien être ? »
C'était toujours dans les moments les plus critiques qu'elle se mettait à perdre ce dont elle avait besoin. Satsuki ferma alors les yeux, pris une inspiration profonde et tenta de se remémorer où est-ce qu'elle avait pu le placer hier. Cela marcha puisqu'elle trouva, non sans retrouver le sourire, un sac en papier brun sous son bureau. Il était volumineux et contenait une boîte. Elle l'en sortit sans trop la secouer et la posa sur son plan de travail. En l'ouvrant, on pouvait y voir une perruque. Satsuki s'en empara à deux mains et la souleva au niveau de ses yeux. Les cheveux étaient légèrement bouclés, mi-courts, organisant une frange droite. Chaque fibre capillaire était d'un noir profond, et le résultat dans l'ensemble donnait une impression très réaliste. La rose enfila alors ce costume, et s'observa dans le miroir.
Ce fut un léger choc, de ne pas se reconnaître les premières secondes. Sa peau blanche rehaussait la noirceur de ses cheveux et ses yeux vermeils n'en brillaient que plus encore. Elle se sentait jolie, et surtout normale pour la première fois.
Malgré ce court aparté, l'amatrice de basket se souvint de la course contre la montre dans laquelle elle était empêtrée. Elle dévala alors les escaliers pour se rendre au rez-de-chaussée de la demeure. Ses parents s'étaient déjà rendus au travail. Elle trouva néanmoins dans la cuisine un bento emballé dans un furoshiki à motif floral, probable délicatesse de sa mère. Satsuki s'en saisit et alla à l'entrée pour enfiler ses chaussures et retirer son sac. Ceci fait, elle ferma la porte derrière elle, traversa le portail et se dirigea vers le lycée d'un pas pressé.
L'ancienne manager de Teiko eut alors une montée brusque de stress quant à l'artifice qu'elle avait sur la tête. N'était-il pas en train de glisser ? Pouvait-on apercevoir des mèches roses malgré le fait qu'elle les ait attachés plus tôt ? La voluptueuse lycéenne se mit alors à toucher discrètement sa nouvelle chevelure. Il ne fallait pas que quelqu'un se rende compte de la supercherie, encore moins des élèves de son établissement. Mais pourquoi avait-elle l'impression que tout le monde la dévisageait ? Momoi sentait ses mains devenir moites, et sa nuque humide. Ce fut encore pire lorsqu'elle passa par le quartier d'Akihabara : des femmes étaient cosplayées afin de promouvoir un nouvel anime, et elles avaient toutes les cheveux roses. La demoiselle baissa honteusement la tête en passant à côté d'elles. Elle serrait fortement la hanse de son sac, logé sur son épaule. Mais apparemment, cette hantise semblait la suivre jusqu'aux panneaux publicitaires où l'on vantait les mérites d'un lait à la fraise, ou encore lorsqu'elle vit un stand de barbe à papa itinérant. Cet environnement oppressant l'incita désormais à courir vers sa destination, qui s'avérait affreusement lointaine. Ou n'était-ce là qu'une conséquence psychologique de l'angoisse qui l'étreignait ?
Elle aperçut après cinq minutes son objectif à une centaine de mètres, de l'autre côté de la route, ainsi qu'une masse d'étudiants enthousiastes s'y engouffrer. Elle marcha sous les cerisiers, en fleurs durant ce mois d'avril, un peu plus rassurée.
Quand elle s'essuya le front avec sa manche, la voix d'un garçon sur le trottoir d'en face attira son attention; il interpellait fortement un de ses amis, supposait-elle:
« Hey, Sakurai ! Dépêche-toi, sinon on trouvera pas de place pendant le discours ! »
Le garçon répondant au nom de Sakurai lui faisait dos, il se trouvait juste en face d'elle. Il répondit d'une voix craintive :
« Je suis désolé, j'arrive tout de suite ! Je suis vraiment désolé !»
Sakurai bifurqua vivement pour traverser. Néanmoins dans sa promptitude, il en oublia de vérifier si une automobile n'arrivait pas. Et en effet, une camionnette fonçait tout droit sur le pauvre jeune homme. Un klaxon strident retentit, s'accompagnant d'un crissement de pneus. Sakurai était soudainement tétanisé et n'ouvrit pas même la bouche pour hurler alors qu'il voyait s'approcher le véhicule. Le temps semblait ralentir et personne ne bougeait. Momoi évalua dans la panique sa propre vitesse, et la distance qui se trouvait entre elle et le garçon. Elle n'eut pas le temps de finir son analyse que le temps reprit son cours et que d'instinct ses jambes l'emmenèrent tout droit sur le lycéen menacé de mort. L'adrénaline qui parcourait ses veines lui donna la force nécessaire pour brutalement pousser Sakurai en dehors de la trajectoire du conducteur. La jeune fille l'accompagna dans sa chute, tandis que la voiture effectua un dernier virage à l'opposé de l'endroit où se trouvaient les deux adolescents.
Satsuki entendait à peine les cris effrayés des témoins, ni la portière qui claqua derrière un conducteur tout bonnement sonné par l'action. Son poul était rapide, trop rapide ; son sang pulsait douloureusement près de ses oreilles. Elle avait chaud et mal à la tête. Ses bras ainsi que ses jambes s'apparentaient à de la gelée. Ses paumes piquaient désagréablement. A quatre pattes au-dessus d'un Sakurai en larme, ses longues mèches roses tombaient en cascade depuis ses épaules. Elles encadraient élégamment le visage gamin qui lui faisait face tel un rideau de soie, une broderie poétique glorifiant la floraison des cerisiers alentours comme énième renaissance. Cette frontière leur donna quelques secondes de répit, du moins jusqu'à ce que l'héroïne d'un jour ne se rende compte de la situation. Des dizaines de badauds, dont d'éventuels camarades de classe les observaient alors que sa perruque jonchait vulgairement le sol plus loin. Elle n'osait pas relever la tête de peur de voir la foule se moquer de cette révélation.
Un applaudissement résonna dans la rue.
Surprise, la lycéenne porta son regard dans la direction du bruit. Un grand homme à lunettes et aux cheveux ébène, arborant fièrement le jersey de l'équipe de basketball de Tōō, la félicitait ouvertement. Ses yeux plissés et son sourire taquin l'interloquèrent un moment, puis elle fut touchée par une forte ovation. Des gens sifflaient et piaillaient leur soulagement, la noyaient de nombreux compliments. Le conducteur, bedonnant et inquiet, demanda à ses cadets s'ils n'étaient pas blessés alors qu'il les aidait à se redresser. Voyant que non, il s'éloigna pour appeler ses supérieurs quant à l'accident. Une horde de filles foncèrent tout droit sur Momoi, vraisemblablement désemparée devant toute l'attention qu'on lui portait, et l'assénaient de questions et remarques :
« Tu es si courageuse ! Comment t'appelles-tu ? Je m'appelle Akabane Mitsu.
– Je… suis Momoi Satsuki. Enchantée, répondit cette dernière avec hésitation.
– A ta place, je n'aurais jamais fait ça ! Je t'admire beaucoup, s'exclama une autre fille.
– Et tu es si belle en plus ! J'adore tes cheveux, ils sont magnifiques !
– Totalement ! La couleur est naturelle ? demanda gentiment Akabane.
– Euh, oui…
– Viens avec nous, on va t'accompagner à l'infirmerie pour tes égratignures ! »
On attrapa vivement son poignet et la rose n'eut d'autre choix que de la suivre dans l'enceinte de l'établissement, alors qu'une autre s'empressa d'aller chercher son sac et son bento, abandonné précédemment. Malgré le chahut ambiant, Momoi jeta un regard en arrière et entrevit le fameux Sakurai, s'excusant mille fois auprès de son compère qui lui reprochait de ne pas avoir remercier sa bienfaitrice.
Satsuki ne le croyait toujours pas. Personne ne raillait son extravagante chevelure, et au contraire, flattait sa couleur original ! C'était à n'y rien comprendre… Dans une société bien souvent austère, elle pensait que cela lui desservirait un jour ou l'autre. L'entourage de Momoi ne lui en tenait jamais rigueur, surtout lorsque ce dit entourage regroupait des énergumènes dont le sommet du crâne était tout aussi chamarré que le sien. Ce problème n'en était pas un au collège parce qu'elle n'était pas seule. Cependant, elle supposait que le lycée serait un environnement plus rude, parce qu'à part Aomine, elle ne connaîtrait personne. Mais après ce qu'il vient de se passer, peut-être qu'elle arrivera à mieux s'intégrer tout en s'acceptant telle qu'elle était. Elle rougit de plaisir à cette pensée, et ria de bon cœur avec ses nouvelles amies.
A l'entrée du lycée, sur la chaussée, quelqu'un ramassa la perruque déjà oubliée de tous. Ses lunettes reflétaient les rayons solaires comme pour cacher l'expression amusée qui se profilait derrière, même si elle était trahie par un indéfectible sourire.
« Capitaine ?, interpela un brun, tout aussi grand et bien bâti, portant le même jersey que son partenaire.
– J'arrive tout de suite, Susa-kun. »
Le dit capitaine s'approcha d'une poubelle pour y jeter le subterfuge désormais inutile. Ceci fait il s'en frotta les mains et rejoignit son coéquipier. En se dirigeant vers la cours, où les élèves et les enseignants devaient écouter le directeur discourir à l'occasion de cette nouvelle rentrée scolaire, il eut une dernière pensée pour cette nouvelle aux cheveux d'aurore.
Appréciation du chapitre :
Certains se demanderont peut-être pourquoi Aomine n'apparaît pas dans ce one-shot. Il a séché ce premier jour, ça devait lui paraître trop ennuyeux.
L'auteur (se la) raconte : Ses inspirations
La plus importante doit certainement être la musique. J'en écoute tout le temps, partout. Surtout japonaise. Par exemple, le premier one-shot du recueil, Egoïste, est né du nom du duo d'artistes japonais EGOIST (supercell et Chelly en l'occurrence). La couverture de leur album Extra terrestrial Biological Entities est aussi spéciale parce qu'on peut y voir une fille qui ressemble beaucoup à cette chère Momoi ! Quant à Aurore, l'idée m'est venue avec la chanson After Dark du groupe Asian Kung Fu Generation (mes petits chouchous). Notamment grâce au clip, qui est très sympa. Et c'est un des génériques de l'anime Bleach d'ailleurs.
Ca m'amène idéalement à ma deuxième source d'inspiration : les anime. Tous plus divers et extraordinaires les uns que les autres, ils m'apportent des idées de scénario, des éléments pour façonner des personnages. Selon moi ce sont une excellente base pour s'entraîner. Par ailleurs je n'apprécie pas les cross-over, en tout cas lorsque des personnages de différentes séries se rencontrent. Mais, au contraire, je me plais énormément à imaginer des personnages d'une licence dans l'univers d'une autre. Comment préserver un caractère et des talents précis dans un environnement différent. J'y vois un certain challenge, et je pense peut-être tenter l'affaire dans le cadre de ce recueil.
Si ça vous intéresse, je pourrai à l'avenir préciser quelles ont été mes sources d'inspiration à la fin de chaque récit. Qu'en dîtes-vous ?
Réponse aux commentaires :
Baknb : Merci beaucoup pour ce (très gentil) commentaire ! Je suis flattée de savoir que tu as pris du plaisir en lisant ce que j'ai écrit. Pour un premier commentaire, je m'attendais à pire xD Et je me rends compte que j'ai relevé mon pari. Je voulais rendre mon récit le plus tendre possible, pour mettre en exergue la situation de faiblesse dans laquelle se trouvait Momoi. J'espère en tout cas que cette deuxième histoire te plaira.
Voilà voilà !
