Titre : Mariage arrangé

Genre : Famille/Romance

Rating : K+

Personnages : Tous

Résumé : Les parents de Kazuha et Heiji s'inquiètent pour eux et décident, pour leur bien, de les marier ensemble. Cependant, les réactions sont imprévisibles et quand les sentiments s'emmêlent, tout devient beaucoup plus compliqué.

Disclamer : Détective Conan ne m'appartient pas T.T

Spoiler : Aucun

Note : Tout d'abord, désolée de ce retard énorme. Pour ma défense, j'ai trouvé un job d'été (enfin deux) du coup, j'ai plus trop de temps. De plus, j'ai été un peu à court d'inspiration ce qui n'aide pas. Pour me faire pardonner, je poste le chapitre neuf ce week-end sûr ! Bisous à tous et bonne lecture !

Anel : Eh oui, après relecture, effectivement je me suis surpassée XD. Merci à toi ! ^^

Bidimouille : Merci beaucoup ^^ et encore une fois désolée du retard.


Chapitre 8


Lorsque Yuta entra dans la salle à manger, un joyeux brouhaha régnait. Il s'assit en soupirant à côté de Kazuha et pria pour que l'heure de la sieste arrive rapidement. Sa voisine rit en le voyant faire.

"Bah alors, courage Yuta-kun. Ah, au fait, je te présente Heiji. Heiji voici Yuta, mon cousin.

- Enchanté", répondit Heiji avec un sourire en se penchant vers lui.

Heiji était assis de l'autre côté de Kazuha. Yuta lui rendit son salut.

"Voici donc le fameux détective Heiji Hattori. Vraiment ravi."

De suite, Heiji suspecta quelque chose. Il avait rencontré tout le monde aujourd'hui et s'ils le savaient proche de Kazuha, aucun n'avait réagi ainsi avec un sourire aussi malicieux. Les autres soupçonnaient une simple idylle, mais ce Yuta était différent.

"Il sait", murmura Heiji à l'oreille de Kazuha.

Elle se retourna surprise.

"Oui, Yuta a été témoin d'une conversation avant que j'arrive."

Heiji opina et se remit à manger.

"Et comment tu sais ça ?" interrogea-t-elle à voix basse.

Elle se pencha vers lui, curieuse de savoir comment avec une seule phrase il parvenait à déduire de telles choses.

"C'est sa manière de parler, son sourire et ce qu'il a dit précisément qui m'ont mis la puce à l'oreille. Sinon, tu es très proche de ce Yuta pour qu'il se mette sans rien demander à coté de toi. Tu m'en as déjà parlé également. Il était donc possible que tu l'aies mis dans la confidence.

- On pourrait leur dire, Heiji, répondit Kazuha, pensive.

- Pas maintenant... bientôt", la rassura-t-il.

Il prit son bol de riz et mangea de bon appétit. Kazuha le regarda faire, inconsciente du regard posé sur eux. Un regard plein de jalousie.


Après le repas, la maison devint très calme. En effet, les enfants furent mis à la sieste et quelques adultes en profitèrent pour se reposer également. Aussi, ceux debout ne firent pas de bruit. Kazuha finissait de nettoyer la vaisselle de repas quand Yuta vint la trouver.

"Dis-moi, tu ne veux pas monter à cheval cet aprèm' ? Ça m'arrangerait, Ginkgo t'aime bien alors..."

Il lui fit un sourire contrit.

"Dis plutôt que tu ne sais pas le monter, rétorqua Kazuha.

- Je n'y peux rien moi, s'il s'est habitué à toi. En tout cas, ça fait un moment qu'il n'a pas été monté... s'il te plait ?"

Il joignit ses mains, la priant de venir. La jeune fille soupira et leva les yeux au ciel.

"D'accord, lâcha-t-elle, tu sais bien que je ne te refuse jamais rien, surtout quand ça concerne les chevaux.

- Super, je t'attends à l'écurie."

Il sortit de la cuisine en courant au moment où Heiji entrait.

"Qu'est-ce qu'il a ? questionna-t-il en se tournant vers Kazuha.

- Il vient de monopoliser mon après-midi.

- Quoi ?! Toute l'après-midi ?

- Non, certainement pas. Pourquoi ? Tu avais quelque chose de prévu ?

- Euh... non", fit-il en se frottant la tête avec un air embarrassé.

Kazuha mît ses mains dans son dos et se rapprocha de lui, curieuse. Elle se pencha et lui sourit malicieusement.

"Tu mens", affirma-t-elle.

Il parut se rendre compte de sa proximité et se redressa brusquement, faisant un pas en arrière. Kazuha continua d'avancer jusqu'à ce qu'il soit acculé contre le mur.

"Aho ! Je ne mens pas.

- Si !" rétorqua fermement Kazuha.

Elle était en train de se mettre en colère, il le sentait et il avait un instinct incomparable concernant les colères de Kazuha.

"Non !" répondit-il malgré sa position de faiblesse.

Mains sur les hanches, elle se répéta une nouvelle fois et Heiji sentit une toute autre émotion prendre place. Si la seconde précédente, il se demandait comment il allait s'en sortir, il eut soudainement une poussée d'adrénaline. Elle était due sans aucun doute à l'analyse qu'il venait de faire de la situation. Il y a encore peu de temps, il aurait lui même repris du terrain et répliqué face à Kazuha. Il aurait été en colère de se faire traiter de menteur, alors pourquoi tout à coup, il reculait devant elle. Certes, elle pouvait être effrayante, voire très effrayante quand elle voulait. Mais, après donc, une petite introspection de ses sentiments, il avait enfin compris le pourquoi de sa réaction.

Elle découlait en partie de la posture de la jeune femme. Ses mains fermement appuyées sur ses hanches comme lors d'une dispute traditionnelle, sa façon de se pencher vers lui, ses sourcils froncés, sa petite moue boudeuse, ses lèvres pincées, ses yeux lançant des éclairs. En fait, elle l'excitait et ça il ne s'en était jamais rendu compte auparavant. Trop pris dans leurs disputes, il n'y avait certainement jamais accordé d'importance. Peut-être était-ce un côté malsain qu'il venait de se découvrir ? Peu importe. Pour l'instant, il avait extrêmement envie de répondre à ses provocations, mais certainement pas comme elle l'imaginait.

"Heiji ! Est-ce que ça va ?" demanda Kazuha, perturbée devant son absence de réaction.

Elle se pencha donc un peu plus vers lui et leva une main. Elle releva ses cheveux, se mît sur la pointe des pieds et posa son front contre le sien, les joues adorablement rougies.

"Tu as de la température."

Elle était clairement inquiète pour lui. Il enleva sa main et rit.

"Aho, souffla-t-il en baissant la tête.

- Quoi "aho" ?! Je m'inquiète pour toi et tu..."

Elle fit brusquement couper par des lèvres avides. Sans qu'elle ne puisse réagir, elle se retrouva bloquée entre son corps brûlant et le mur de la cuisine. Tout fut vite oublié et une étrange chaleur s'embrasa dans son ventre. Une main se posa sur sa cuisse et elle hoqueta alors qu'il la soulevait se glissant entre ses jambes. Elle encercla naturellement sa taille avec sa jambe et se cramponna à son cou pour ne pas perdre l'équilibre. L'oxygène commença à lui manquer et lorsque Heiji la libéra, ce fut pour s'attaquer à son cou qu'il parsema de baisers ardents. Elle remarqua alors qu'elle gémissait et que ses mains baladeuses devaient l'encourager plus qu'autre chose. Elle ouvrit les yeux, avisa la cuisine déserte ainsi que sa respiration haletante. Ils n'étaient pas en train de se disputer quelques minutes plus tôt ?

Heiji relâcha sa cuisse dans un sursaut de conscience et s'écarta d'elle. Un sentiment de frustration les percuta et essoufflé, il croisa son regard.

"Désolé, je..."

Elle posa un doigt sur ses lèvres.

"Je ne t'ai pas aidé", déclara-t-elle en dévoilant ses dents blanches dans un sourire embarrassé.

Il soupira, posant sa tête contre le mur froid, juste au dessus de l'épaule de la jeune fille.

"Non, tu ne m'aides pas", souffla-t-il.

Elle frissonna et se libéra.

"Désolée, c'est moi qui suis désolée."

Elle sortit brusquement de la cuisine. Heiji se laissa glisser jusqu'au sol. Il avait besoin d'une douche froide, tout de suite.


Kazuha courut jusqu'à la salle de bain de sa chambre. Là, elle s'aspergea d'eau. Reprenant peu à peu une respiration normale. Elle vit en direct son visage passer d'un rouge léger à un rouge écarlate. Mais comment avaient-ils pu se retrouver dans une telle situation ?! Et Yuta qui l'attendait. Elle s'en souvient à cet instant et prit ses vêtements dans sa chambre. Elle enleva son short et mît un hakama blanc en guise de pantalon d'équitation. En haut, elle garda son débardeur bleu. Elle chaussa ses bottines une fois dans l'herbe et fonça sur le petit chemin de terre qui menait à l'écurie. Au moins, ça lui changerait les idées.

Effectivement, Yuta l'attendait devant la stalle de Ginkgo.

"Eh bien enfin ! Tu en as mis du temps, pesta le jeune homme.

- Désolée."

Il soupira et passa à autre chose.

"Je l'ai sellé. Il est intenable, fais attention", prévint-il en ouvrant la porte.

C'était un sublime cheval à la robe noire et aux crins longs ondulés. Croisé frison, il avait hérité de toute la noblesse de cette race. Il vint vers la jeune fille, survolté et frappa le sol de son sabot.

"Calme, calme", murmura-t-elle tandis qu'elle caressait son encolure.

Ginkgo se montra réceptif et posant ses grands yeux noirs sur Kazuha, il s'immobilisa. Elle prit ses rênes et le mena jusqu'à la carrière de sable. Yuta lui donna sa bombe et l'aida à se mettre en selle.

"Au fait, Heiji risque de s'inquiéter", réalisa-t-elle soudainement.

Elle n'avait en effet pas eu le temps de lui dire ce qu'elle faisait. D'ailleurs, elle ne savait toujours pas ce que lui voulait faire de son après-midi. En y repensant, il avait réagi bizarrement. Pourquoi aurait-il besoin d'elle pour ce qu'il avait prévu ? Elle haussa les épaules toute à ses réflexions et se tourna finalement vers Yuta.

"Peux-tu le prévenir ?"

Il acquiesça et partit en direction de la maison. Elle fit marcher sa monture et resserra la sangle tant bien que mal. Ginkgo n'appréciait que moyennement de se cantonner au pas. Il avait besoin d'exercices. Il tenta de partir au trot, mais fut retenu par sa cavalière et se contenta de renâcler son mors avec mauvaise humeur.

"Gingko", réprimanda la cavalière.

Avec patience, elle déjoua toutes ses tentatives et le mit enfin au trot. Il atteignit un trot souple de travail et Kazuha lui demanda plusieurs exercices.

Au beau milieu d'une volte, elle aperçut Yuta et Heiji accoudé à la barrière de la carrière. Ils l'observaient. Depuis quand, elle ne savait pas, absorbée comme elle l'était par Gingko.

Elle se redressa, exerçant une légère pression sur les rênes et il ralentit.

"Qu'est-ce vous faites ?" demanda-t-elle à leur intention.

Question stupide puisqu'elle savait très bien ce qu'ils faisaient, mais elle espérait une autre réponse comme une promenade au village, de quoi éloigner leur regard inquisiteurs.

"Je t'attends, déclara Heiji. Dès que tu as fini, on va se promener."

Sa réplique ne laissait place à aucune réponse. Aussi, elle soupira et se décida à les ignorer. Elle mît Gingko au galop et fit un cercle. Très vite, Yuta entra dans la carrière et la conseilla comme il avait l'habitude de le faire.

La leçon se termina une heure plus tard. Gingko et Kazuha étaient en nage. Devant la chaleur, Kazuha le passa sous le jet d'eau. Il s'ébroua bruyamment aussitôt l'eau arrêtée, éclaboussant la jeune fille.

"Fallait le dire Kazuha-chan si tu voulais prendre une douche avec Gingko", dit Yuta, amusé.

Il prit le tuyau d'arrosage et le dirigea vers sa cousine qui se retrouva dégoulinante d'eau la seconde d'après.

"Yuta !" cria-t-elle en se précipitant sur lui.

Elle tenta de lui reprendre le tuyau et ils furent trempés jusqu'à ce que Heiji ait la bonne idée de couper l'arrivée d'eau. Il n'avait pas été épargné également par leur bataille et arborait un air blasé.

"Je suis bon pour me changer !" grogna-t-il dans un sursaut de mauvaise humeur.

Kazuha lui lança un regard réprobateur et changea soudainement d'expression. Elle s'avança vers lui avec un sourire, l'arme du crime dans les mains.

"Il fait chaud, ça rafraichit, non ?" déclara-t-elle en guise d'excuse.

Il leva les yeux au ciel tandis qu'elle se rapprochait encore. Il n'arrivait pas à savoir ce qu'elle allait faire. Yuta non plus visiblement puisqu'il détourna son regard en rougissant. Elle était proche, trop. Il comprit enfin en sentant le jet glacé lui frappait le torse. Elle éclata de rire et dans un élan de colère il l'attrapa par la taille. Elle lâcha le tuyau et se sentit décoller du sol. Il la transporta sur son épaule et avant qu'elle n'ait réussi à se libérer, une bulle glacée l'enveloppa. Il venait de sauter dans la rivière non loin des écuries.

"Heiji !" s'écria-t-elle en sortant de l'eau.

Elle nagea vers lui et appuyant sur ses épaules, tenta de le faire couler. Cependant, il était beaucoup plus fort qu'elle. Il attrapa ses bras avec un sourire mauvais et la défia de recommencer.

"C'est inégale, lâche-moi !

- Inégale ? Mais qui m'a attaqué au moment où je m'y attendais le moins ?!"

Elle lui tira puérilement la langue et essaya de s'éloigner de lui. Il lui tenait toujours les poignets et elle ne parvint pas à se libérer.

"Eh bien alors, murmura-t-il en la rapprochant de lui. Tu t'avoues vaincue ?"

Il avait un sourire victorieux face à son expression de fureur. Elle s'immobilisa en croisant son regard. Il avait la même expression que lors de la résolution d'une affaire. Celle qu'elle aimait tant.

Elle perdit toute sa colère et se laissa grisée. Il était irrésistible et semblait s'en rendre parfaitement compte à en juger par son regard et son sourire.

Une main enveloppa sa taille et elle se retrouva plaquée contre son torse. Malgré l'eau froide, elle sentait sa température montée et ses joues se colorer au fur et à mesure qu'il réduisait l'espace entre eux.

"T'ai-je déjà dit que tu es irrésistible lorsque tu es en colère ?" susurra-t-il tout contre ses lèvres.

Elle sourit et ferma les yeux. Il allait l'embrasser quand un aboiement proche les fit sursauter.

Léo se trouvait sur la rive. Inconscient du moment qu'il avait interrompu, il semblait inquiet de les voir tous les deux dans l'eau jusqu'à la taille. Il continua d'aboyer et ils ne réussirent à le calmer qu'en sortant de l'eau. Yuta les rejoignit à ce moment. Il s'était occupé de Gingko et Kazuha rougit de honte en réalisant qu'elle l'avait oublié. Heiji, lui, soupira, soulagé. Ça voulait dire qu'il ne les avait pas vu. Il prit le poignet de Kazuha et l'emmena vers le chemin du village.

"On va se balader, déclara-t-il à l'attention de Yuta.

- Quoi ?!" s'écria Kazuha, embarrassée.

Heiji répliqua, mais déjà Yuta ne les voyait plus. Il leva les yeux au ciel et se pencha vers Léo.

"Eh bien, on nous abandonne."

Le chien aboya, visiblement heureux. Yuta lui caressa affectueusement la tête et décida de rentrer à la maison, Léo sur les talons.


Ils rentrèrent se changer et sitôt cela fait, ressortirent pour la balade qui semblait tant importante pour Heiji.

Ils longeaient la route en silence, absorbés par leurs pensées. Soudain, Kauzha lui prit la main et le mena jusqu'à un chemin sur le bas côté.

"Il conduit au village. Le paysage est joli par là. On peut voir la mer."

Heiji opina et se laissa guider. Il ne fit attention à sa main dans la sienne que quelques minutes plus tard. Il sourit et entrelaça ses doigts aux siens.

Ce n'est qu'une fois au village qu'ils se lâchèrent, conscients qu'ils allaient certainement croiser des personnes de leur connaissance.

Ils remontèrent la rue principale et effectivement, Kazuha ne pouvait pas faire trois pas sans saluer quelqu'un. Elle dut présenter Heiji une bonne quinzaine de fois en tant qu'ami d'enfance, ce qui irritait ce-dernier un peu plus à chaque fois. Il s'était très bien fait à l'appellation fiancé. Même s'il lui avait demandé de ne rien dire pour l'instant et d'attendre, il commençait à le regretter amèrement. Surtout lorsqu'il perçut les regards insistants des garçons du village. Il les fusilla du regard et continua de suivre une Kazuha souriante et affable.

Ils discutaient avec l'épicier quand un cri les fit se retourner. Le petit Tomoyo, le cousin de Kazuha, courrait dans leur direction. La sieste était vraisemblablement finie.

"Kazuha-neechan ! s'écria-t-il en lui faisant de grands signes.

- Tomoyo-chan !"

Elle lui rendit son salut et s'élança vers lui. Il sauta dans ses bras et elle le réceptionna en tournoyant sur elle même. Ils éclatèrent de rire et revinrent vers Heiji et l'épicier.

"J'ai dormi pendant deux heures et demi !

- C'est bien, félicita Kazuha en lui ébouriffant les cheveux.

- Au fait, Kazuha-kun, je pense que ma femme va vouloir te voir pour la fête du village", déclara l'épicier.

La jeune fille acquiesça et elle promit d'y aller tout de suite.

Lorsqu'ils arrivèrent, Mariko Tanaka était en train de plier des kimonos dans son salon. En voyant Kazuha, elle poussa une exclamation de joie.

"Kazuha-chan ! C'est parfait", fit-elle en tournant autour d'elle.

Sans rien n'y comprendre, Kazuha se laissa guider jusqu'au salon. Là, Mariko prit un sublime kimono traditionnel et le montra à Kazuha.

"Veux-tu bien être mon mannequin pour cette année ? questionna-t-elle en joignant ses mains.

- Quoi ? Moi ?

- Oui, s'il te plaît ?"

Kazuha lui sourit et prit ses mains dans les siennes.

"Bien sûr ! Merci beaucoup !

- Merci à toi. Vous garderez le secret vous deux", ajouta Mariko en se tournant vers les deux garçons.

Tomoyo tenait gentiment la main de Heiji et ils n'avaient pas prononcé un mot depuis qu'ils étaient entrés. Ils promirent de concert et Mariko sautilla d'excitation.

"J'attends ce moment depuis si longtemps ! Ma petite Kazuha-chan, représentant le village.

- Arrêtez, je vais commencer à stresser.

- Mais non, je suis sûre que tu seras encore plus belle que ta maman au même âge."

Kazuha pouffa, absolument pas convaincue. Elle ne dit rien cependant. Mariko continua de s'extasier et leur offrit un thé. Elle ne les libéra qu'une heure plus tard. En retournant au village, ils croisèrent la maman de Tomoyo, Yumi.

"Maman ! s'écria le petit en quittant la main de Kazuha pour les bras de Yumi.

- Coucou mon Tomo-chan ! Tu t'es bien amusé ?"

Il opina et décrivit à grand renfort de gestes et d'éclats de voix son après-midi.

"Il a joué avec Miya-chan, la fille de l'épicier pendant que nous étions chez Mariko-san."

Yumi remercia Kazuha et Heiji et ils prirent tous les deux le chemin du retour. Les petits mangeaient plus tôt le soir. Comme ça ils pouvaient jouer encore un peu avant de prendre le bain et d'aller se coucher.

Kazuha leur fit un signe de la main et se tourna vers Heiji. Elle fut surprise de le trouver pensif, le regard rivé sur la mer.

"Heiji, ça va ?"

Il acquiesça sans bouger et finalement, marcha vers un sentier descendant visiblement jusqu'à la plage. Il devait être près de dix-huit heures et Kazuha lui demanda ce qu'il comptait faire sur la plage à cette heure.

"Me balader, quelle question", répondit-il avec un air innocent.

Elle haussa un sourcil et allait mettre ses mains sur ses hanches quand Heiji lui tourna le dos.

"Me balader avec toi", ajouta-t-il avant de se remettre en route.

Elle resta muette d'étonnement et le rejoignit quelques secondes plus tard, les joues rougies. Mains dans les poches, il la devançait de quelques mètres. Derrière, elle réfléchissait activement à son drôle de comportement. Il avait quelque chose à lui dire ?

Elle se creusait encore les méninges lorsqu'elle réalisa qu'il l'attendait. Il lui sourit, un de ses sourires rassurants qui fonctionnaient dans toutes situations, et lui tendit la main.

Elle abandonna ses réflexions et lui donna la sienne sans hésiter.

La plage était déserte. Cependant, plus ils avançaient et plus Kazuha sentait Heiji se tendre.

"Qu'est-ce qu'il y a ?" questionna-t-elle en se rapprochant de lui.

Surpris, il se retourna vers elle et soupira.

"Quoi ? Je te connais tout de même ? rétorqua Kazuha. Si tu pensais me berner alors...

- Mais non, souffla-t-il. Je connais trop bien tes colères pour les attiser volontairement, aho."

Il avait dit ça en souriant, les mains levées devant lui en guise de protection. Elle prit une moue boudeuse et croisa les bras contre sa poitrine. Elle le vit s'avancer vers elle, mais avant qu'il ne dise quoi que ce soit, une voix les interrompit.

"Kazuha-chan !"

C'était Kyo qui courrait vers eux. Kazuha l'aimait beaucoup, mais le timing la fit grincer des dents. Elle lui répondit tout de même.

"Kyo-kun.

- Je vous cherchais partout. Heureusement, j'ai croisé le poissonnier qui m'a dit que vous aviez pris le chemin de la mer. On rentre ?

- Euh... oui", fit Kazuha, se tournant vers Heiji, indécise.

Il se contenta d'opiner et à partir de ce moment, se renferma dans un drôle de mutisme. Il ne prit pas part à la conversation qui suivit et ne prononça pas un mot jusqu'à leur arrivée.


À la maison, l'habituel tumulte les étourdit un moment. Les enfants étaient en train de manger et à côté, les adultes discutaient bruyamment. Finalement, ils passèrent à table et sitôt le repas terminé, quelqu'un mît de la musique. Bientôt, une piste de danse se créa au milieu du salon. C'était une scène assez habituelle pendant ses vacances. Presque par réflexe, Yuta attrapa la main de Kazuha et l'emmena en riant. La musique se fit plus vive et seuls les jeunes, donc les enfants ainsi que Yuta et Kazuha restèrent. Yuta la faisait tournoyer sous le regard mauvais de Kyo et Heiji quand Tomoyo exprima clairement son mécontentement.

"Moi aussi je veux danser avec Kazuha-neechan ! déclara-t-il, poings serrés.

- Bien, bien", céda Yuta en lançant un regard mi-désolé mi-amusé à Kazuha.

Tous éclatèrent de rire et Kazuha prit le petit garçon dans ses bras. Les adultes revinrent sur la piste au changement de musique et Kazuha laissa Tomoyo avec sa petite cousine, Nina.

Elle revint essoufflée vers Heiji et s'assit à côté de lui.

"Désolée, murmura-t-elle, je te laisse tout seul."

Il lui ébouriffa les cheveux en guise de représailles et rit.

"Ne t'inquiète pas. Je me battrai de toutes mes forces contre Tomoyo, fit-il avec ironie.

- Heiji", réprimanda-t-elle gentiment.

Elle le bouscula quelque peu et croisant son regard, ils rirent ensemble.

Devant eux, Meiko et Ginshiro dansaient. Plus loin, Shizuka et Heizo discutaient avec Mamori, la grand-mère de Kazuha. C'est à ce moment-là qu'ignorés de tous, Heiji prit la main de Kazuha et l'emmena avec lui.


Encore une fois, désolée du retard et désolée de ce suspens que j'imagine insoutenable pour vous. J'espère publier la suite bientôt ^^

Sinon, vous devez tous avoir deviné ce qu'Heiji veut dire à Kazuha ? J'attends tout de même vos propositions (même si je n'ai rien fait pour le cacher). Bisous à tous !