Titre : Mariage arrangé

Genre : Famille/Romance

Rating : K+

Personnages : Tous

Résumé : Les parents de Kazuha et Heiji s'inquiètent pour eux et décident, pour leur bien, de les marier ensemble. Cependant, les réactions sont imprévisibles et quand les sentiments s'emmêlent, tout devient beaucoup plus compliqué.

Disclamer : Détective Conan ne m'appartient pas T.T

Spoiler : Aucun

Note : Bonne lecture !

toota ham : désolée, je n'ai pas réussi à te répondre en message privé donc je le fais là. Merci beaucoup pour ta review. Ça me fait très plaisir.

Anel : merci beaucoup ! J'ai adoré écrire cette scène et je suis trop contente que tu aies aimé. Merci ! Bisous !


Chapitre 10


Une centaine de mètres plus loin, Heiji et Kazuha courraient toujours. Ils entrèrent en silence et rejoignirent leur chambre sur la pointe des pieds.

"Prends notre douche, je vais aller dans une autre salle de bain", déclara Kazuha.

Il approuva et ils séparèrent sur le palier. Heiji entra dans leur salle de bain, referma la porte derrière lui et s'y adossa. Il avait besoin d'un petit temps pour assimiler tout ce qui venait de se passer. Il allait se marier avec Kazuha ! Elle lui avait dit oui, elle l'aimait.

Un sourire indescriptible s'épanouit sur son visage.

"Yes !" s'écria-t-il avant de se souvenir que même s'ils étaient à l'autre bout de la maison, assez isolés, il valait mieux ne pas trop tenter le diable.

Il se débarrassa de ses vêtements humides et se précipita sous une douche bien chaude.


Kazuha était assise à même le sol, son yukata à la main. Elle profitait au maximum de tous les sentiments et émotions qui la traversaient. C'était tout d'abord une joie immense et une certaine appréhension. De quoi ? Elle ne savait pas encore, tout était trop confus dans sa tête. Elle était heureuse, ça c'était une certitude. C'est sur ce constat qu'elle se glissa dans la cabine de douche.


Lorsque Kazuha arriva dans la chambre, le shōji ouvert lui renvoya un léger souffle de vent. Elle constata sans peine qu'Heiji n'était pas revenu et fit coulisser la paroi de papier de riz. Elle installa les futons et croisa le regard gêné de Heiji en relevant la tête. Dans l'encadrement de la porte, il se tenait debout, une serviette autour de sa taille, les cheveux encore dégoulinants d'eau.

"Hum... marmonna-t-il en détournant le regard, j'ai oublié mon yukata."

En tant normal, Heiji n'était pas vraiment pudique, voire pas du tout, mais devant Kazuha c'était tout autre chose. Il sursauta presque quand elle se leva et recula tandis qu'elle avançait vers lui. Il réalisa qu'elle lui tendait son vêtement et la remercia en bégayant. Kazuha le regarda s'éloigner vers la salle de bain, surprise de son attitude. Lui qui était si franc et brutal, sans aucune notion de pudeur, rougissait devant elle. Elle qui l'avait vu tout petit, avec qui il prenait des bains. Elle avait encore quelques souvenirs de ces moments-là, ou peut-être était-ce les photos qu'elle avait en mémoire ?

N'empêche que malgré le temps clair, dans la maison ils n'avaient allumé aucune lumière. Aussi il faisait très sombre et un détective tel que lui devait bien s'en être rendu compte et avoir déduit qu'elle n'avait rien vu, si ce n'est une silhouette noire. Oui, Heiji était vraiment bizarre parfois.

Elle haussa les épaules et finit d'installer les lits. Elle se glissa dans le sien avec bonheur et détacha ses cheveux. Après une journée comme celle-là, elle était sûre de bien dormir. Elle était en train de s'installer confortablement quand Heiji entra. Seulement, il n'avait pas mis son yukata. Silencieux, il s'avança vers elle sans hésiter et cette fois-ci Kazuha comprit très bien où il voulait en venir. Elle s'assit et il s'agenouilla devant elle. Il posa une main sur sa joue et son front contre le sien.

"Merci", murmura-t-il.

Cela la fit rire.

"Oh attends, tu ne sais pas dans quoi tu t'engages", répliqua-t-elle avec malice.

Il posa sur elle un regard troublant et un sourire s'étira sur ses lèvres. Sa main dévia sur son cou et elle frissonna sous la caresse. Complètement hypnotisée, elle s'approcha lentement de lui. Trop à son goût puisqu'il la bascula en arrière et l'embrassa brusquement. Elle hoqueta de surprise et se laissa griser, retrouvant la même sensation qu'en début d'après-midi. Sauf qu'à contrario, ils ne s'interrompirent pas.


Meiko était tranquillement en train de lire dans le petit jardin intérieur. À ses côtés, Ginshiro pianotait sur son ordinateur portable. Ils profitaient de ce calme quand un éclat de voix brisa leur paix. Kyo passa en trombe dans le couloir, suivit de Yuta, Heizo et Shizuka. Mamori marchait derrière eux, apparemment amusée.

"Que se passe-t-il ? demanda Ginshiro en la rejoignant.

- Oh, pas grand chose. Kyo voulait aller au marché avec Kazuha ce matin, mais étant donné qu'elle n'est pas encore levée..."

Elle leur laissa déduire la suite et sourit avec malice.

"Mais il n'est pas encore dix heures, le marché est jusqu'à midi, ils ont le temps, déclara Meiko.

- Je crois que Kyo n'a pas trop apprécié leur petite disparition d'hier soir. D'ailleurs que lui a-t-elle répondu ? questionna-t-elle, bien que sachant la réponse.

- Elle a dit oui, informa Meiko qui ne s'étonnait plus de rien avec sa maman.

- Quoi ? Mais comment savez-vous que...

- Nous devrions les rattraper", coupa Mamori en se remettant en marche.

Ginshiro soupira, mais ils la suivirent. Au détour d'un couloir, non loin de la chambre de Kazuha et Heiji, ils tombèrent sur Shizuka et Yuta qui tentaient de contenir Kyo. Celui-ci ouvrait toutes les portes des chambres ne sachant pas dans laquelle se trouvait sa cousine.

"Et puis d'ailleurs, grogna-t-il. Pourquoi est-ce qu'elle n'est pas sur l'avant de la maison comme moi ?

- Elle est un an plus vieille de toi, voilà pourquoi, rétorqua Yuta. Moi aussi, ma chambre est par ici."

Cela ne dissuada absolument pas Kyo. Il avait depuis longtemps habitué tout le monde à ses sauts d'humeur ainsi qu'à son caractère têtu et ils ne savaient que trop bien qu'il n'arrêterait pas tant qu'il ne l'aurait pas trouvé. Seulement, ils avaient un peu peur de ce sur quoi ils pouvaient tomber.

"Allons, tenta Meiko. Les vacances sont faites pour se reposer, laisse là dormir."

Faire appel à ses bons sentiments dans ces moments-là était peine perdue et bien évidemment, Kyo ne l'écouta pas. Il continua ses recherches en l'appelant et fonça soudainement sur une porte au hasard. Mamori se tourna vers Heizo.

"C'est celle-ci", déclara-t-elle.

Les autres étaient aussi perdus que Kyo dans cette partie de la maison et ils ne pensaient pas être au bon endroit. Réagissant au quart de tour, Shizuka et Meiko se précipitèrent derrière le garçon. Seulement, Kyo avait déjà ouvert la porte.

"Kazuha ! fit-il sans pour autant entrer. Tu m'avais promis qu'on irait au marché ce matin !"

Les deux femmes le rejoignirent et soupirent de concert. Allongée entre deux futons, Kazuha dormait, seule. Certes il y avait deux futons, mais dans l'état de Kyo, il ne s'en rendrait pas compte. La brunette était recroquevillée sur elle-même, les cheveux en bataille.

"Je vais la réveiller, déclara Meiko en se plaçant devant la porte. Kazuha a toujours eu un sommeil profond."

Heizo et Ginshiro qui étaient toujours dans le couloir en compagnie de Mamori, ramenèrent Kyo vers eux. Ce-dernier sembla se calmer et se laissait emmener quand une voix bien connu les fit sursauter. Kazuha venait de se réveiller. Elle attrapa soudainement le premier vêtement qui lui passait sous la main et sauta hors du lit. Vêtue d'un tee-shirt bien trop grand, elle se précipita vers eux avec inquiétude.

"Tout va bien ? Heiji ? Maman ?"

Elle vit sa mère et se rasséréna aussitôt, mais la même expression angoissée se lisait sur les traits de son visage. Trop habituée à tomber sur une enquête, elle craignait qu'un meurtre ne fut commis chez elle.

"Qu'est-ce qui se passe ?!" demanda Heiji en arrivant derrière eux.

Une serviette autour de la taille, il sortait de la douche et arborait un air soucieux.

"Rien, fit Heizo qui avait tout de suite compris leur inquiétude.

- Kyo voulait juste que tu viennes au marché avec lui", expliqua Meiko.

Kazuha s'appuya sur le chambranle de la porte et soupira de soulagement. Heiji acquiesça et réalisa alors qu'il y avait tout de même beaucoup de monde. Il croisa le regard haineux de Kyo et devina ce qui pouvait bien l'attirer ici.

"Nous vous rejoignons, déclara-t-il. Excusez nous pour notre tenue, nous pensions à une urgence", fit-il auprès de Mamori en s'inclinant.

Elle ne leur en tint pas rigueur et fit demi-tour. Les autres suivirent, légèrement embarrassés. Cependant, Kyo resta planté au milieu de couloir, la bouche entrouverte, son regard passant de Kazuha, portant le tee-shirt qu'Heiji avait porté la veille, à ce-dernier.

"Vous dormez ensemble !" s'écria-t-il au bout d'un moment.

Heiji retint la remarque cinglante qu'il sentait venir et lança un regard à Kazuha. Elle fila passer son yukata tandis qu'Heiji entreprenait de s'habiller et rejoignit son cousin.

"Oui, déclara-t-elle. On dort ensemble.

- Pourquoi ?! éclata le jeune homme en serrant les poings.

- Parce que nous sommes fiancés", avoua Kazuha avec sincérité.

Kyo encaissa tant bien que mal et jeta un regard mauvais au détective. À présent habillé, il se tenait dans l'encadrement de la porte, en retrait de la conversation. Kyo se tourna vers sa grand-mère qui attendait non loin. Celle-ci opina.

"Oui, je leur ai donné mon accord.

- Quoi ?! Mais c'est...

- Normal Kyo-kun, coupa la jeune femme.

- Pourquoi ne pas l'avoir dit avant ?

- Parce que c'est récent."

Il ne sut visiblement plus quoi dire puisqu'il se contenta de grogner.

"Et nous ce qu'on peut penser tu t'en fous !" s'exclama-t-il brusquement, faisant sursauter Kazuha.

Heiji s'avança, prêt à intervenir, mais Kazuha l'arrêta d'un regard.

"Nous ? répéta-t-elle, calmement.

- Ne fais pas l'innocent Yuta, cracha Kyo en se tournant vers son cousin.

- Kyo, c'était il y a longtemps ça", rétorqua Yuta, jetant un regard désolé à Kazuha.

Il prit ça comme une trahison et partit en courant.

"Kyo-kun !" appela Kazuha, inquiète pour son cousin.

Elle courut à sa poursuite. Meiko en profita pour interpeller Heiji.

"J'espère que vous vous protégez au moins", fit-elle, mains sur les hanches.

Ses yeux brillaient néanmoins d'une lueur malicieuse. Alors qu'Heiji piquait un fard, bégayant par l'affirmative, Shizuka s'interposa.

"Ah non, je veux des petits-enfants.

- Mais ils peuvent attendre encore un peu pour ça.

- Non, le plus tôt possible sera le mieux. Imagine un petit bout comme Heiji ou Kazuha."

Pendant que Shizuka tentait de convaincre Meiko, Heiji s'éclipsa distraitement. En fin de compte, assister à une nouvelle dispute entre Kazuha et Kyo serait certainement moins gênant que rester ici.

Lorsqu'il les vit enfin, il choisit pourtant de ne pas intervenir tout de suite. Après tout, le voir n'arrangerait pas les choses. Si Kyo était bel et bien amoureux de Kazuha, il devait le détester et les regards haineux qu'il avait intercepté n'en était que la preuve. Lui même, à cause du même fait, ne le portait pas dans son cœur. Cependant, il constata rapidement qu'ils se ressemblaient assez. En effet, il tenait tête à Kazuha ce qui créait une dispute assez électrique. Elle atteignit son paroxysme à son arrivée.

"Mais je l'aime !" cria soudainement Kazuha.

Kyo resta muet face à cette affirmation et l'assurance avec laquelle elle lui avait dit ça. Après tout, ils étaient fiancés. Elle ne lui en avait pas parlé. Bien sûr, il savait très bien qui était Heiji et oh combien il était important pour elle, mais il avait toujours repoussé la petite voix dans sa tête qui lui soufflait l'évidence. Elle l'aimait depuis toujours, au moins, et il le savait bien au fond, mais se retrouver devant le fait accompli était un peu trop dur pour lui. Lui qui depuis l'adolescence sentait son cœur s'emballer en présence de sa cousine. Bien sûr, ils ne pouvaient pas être ensemble, et il regrettait l'ancien temps où il arrivait aux cousins de se marier.

Cependant, il s'était toujours promis, si Kazuha se fiancer ou était en couple seulement, de tester l'heureux élu. Après tout, il ne laisserait pas sa cousine à n'importe qui. C'était hors de question. Maintenant, il devait tenir sa promesse. C'est sur cette pensée qu'il lui tourna brusquement le dos.

"Bien, déclara-t-il, les bras croisés. J'espère pour lui qu'il te mérite."

Il lui jeta un regard d'avertissement et le fit dévier sur Heiji quelques mètres derrière. Il les observait sans rien dire, mais perçut très bien la mise en garde. À présent il était prévenu.


Encore une fois, je m'excuse pour la longueur (et le retard). Je vous embrasse tous !