Chapitre 6

John franchit la porte de son appartement et jeta un regard à l'écran de son téléphone. Il lui restait encore une demi-heure, juste assez de temps pour passer prendre un café au kiosque de la station Paddington avant de se rendre directement au travail. Il se hâta sur les pavés et jura à voix basse quand un vent glacial le surprit au coin de la rue. Il s'arrêta pour resserrer son écharpe autour de son cou et reprit sa route.

Il faisait froid et le ciel sombre ne présageait rien de bon - chose plutôt courante à cette époque de l'année, même si la journée du samedi avait été splendide: un ciel limpide et un temps chaud inespéré pour un mois de février, le genre de journée idéale pour se promener et profiter de la ville. Mais hier, John n'avait même pas quitté son appartement. Il avait passé la journée entière à visionner des vieux films en pyjama, à manger des haricots froids à même la boîte et à consommer beaucoup plus de thé qu'il n'aurait dû le faire en l'espace de quatorze heures.

La journée s'était écoulée sans le moindre message de la part de Sherlock, comme il s'y était attendu. John gardait son portable près de lui, au cas où, mais il était resté tout à fait silencieux, à l'exception d'un coup de téléphone de Harry qu'il avait ignoré. Il n'avait pas été d'humeur à discuter avec qui que ce soit.

Il avait fait de même aujourd'hui. Il avait dormi de manière intermittente, prit un déjeuner tardif et s'était enfin douché, soulagé d'avoir quelque chose de constructif à faire, d'avoir une raison de quitter l'appartement. Sa garde commençait à cinq heures de l'après-midi et d'ici une heure du matin, il serait beaucoup trop fatigué pour penser à quoi que ce soit. C'était en tout cas ce qu'il espérait.

Il venait de rentrer dans la file d'attente pour le café quand le premier message arriva. Il ressentit un pic de soulagement inattendu en entendant la vibration, mais il se fit immédiatement des reproches. Ce n'était sûrement pas Sherlock, de toute façon. Comme il se sentirait idiot si c'était un message automatique envoyé par sa banque!

Il parvint à résister à la tentation de regarder son téléphone pendant qu'il attendait son café, puis pendant qu'il marchait jusqu'au quai du métro. Même si c'était de la part de Sherlock, quel était l'intérêt de répondre? Qu'est-ce que Sherlock pouvait bien avoir à lui dire, après tout ce qui s'était passé? John avait déjà suffisamment envenimé les choses. Sherlock avait été plutôt courtois, dans le fond, et c'était John qui s'était montré le plus grossier. Heureusement que c'était arrivé maintenant, se disait-il. Il valait mieux mettre fin à toute cette histoire avant de causer des dégâts.

Alors qu'il attendait le métro, il finit par craquer et par sortir le téléphone de sa poche.

Piste possible pour l'affaire du tueur en série. Le suspect a été aperçu dans le sud de Londres. J'aurais besoin de ton aide. SH.

John regarda fixement le téléphone, incrédule. Il avait tout imaginé sauf une invitation à la chasse au meurtrier. Il fourra le portable dans sa poche.

Quand il émergea de la station de métro près de l'hôpital, son téléphone vibra encore.

La police n'est pas impliquée dans cette affaire. Très dangereux. SH.

Deux minutes plus tard:

Si tu possèdes encore le browning, amène-le. SH.

John manqua d'éclater de rire. A quoi pensait donc Sherlock? Il s'était débarrassé du pistolet des années plus tôt; Mary n'en avait pas voulu dans la maison. Ne plus l'avoir avait été un soulagement - c'était l'un des derniers souvenirs de la vie qu'il avait abandonnée.

Tandis qu'il enfilait son uniforme dans le vestiaire, son téléphone vibra de nouveau.

Retrouve-moi à la station Southwark dans une demi-heure. Plus tôt si c'est possible. SH.

John serra les mâchoires et fixa le téléphone un long moment. Il devait y mettre fin tout de suite, avant que Sherlock ne soit convaincu qu'il allait venir. Il tapa et effaça trois messages différent avant de se décider:

Je suis de garde ce soir. Pas disponible.

Il plia ses vêtements et les rangea dans son casier, et après réflexion, il y laissa aussi son téléphone. Il valait mieux éviter d'être tenté de poursuivre la conversation avec Sherlock. Juste au moment où il refermait la porte du casier, il entendit la vibration du téléphone. Il hésita un instant, soudainement curieux de connaître la réponse de Sherlock.

Puis il vibra encore. Et encore.

"Zut," murmura John. Il tourna les talons et quitta les vestiaires. Il avait dit à Sherlock qu'il n'était pas disponible, voilà tout. Si John ne l'encourageait pas, il finirait par comprendre le message.

Une demi-heure plus tard, il venait de terminer des points de suture sur le bras d'une petite fille quand Alexa, l'une des infirmières de garde, apparut dans la petite salle d'attente.

"Docteur Watson?"

"Une minute." Il acheva le dernier point et sourit à sa patiente. "Voilà, c'est fini. L'infirmière va te faire un bandage."

La petite fille renifla et hocha la tête.

"Et apprends à freiner avant de remonter sur le skate board, d'accord?"

"Oui, docteur."

"Très bien." Il se leva et tapota le bras indemne de la fillette avant de se tourner vers Alexa dans l'encadrement de la porte. "Oui, qu'y a-t-il?"

Elle affichait un air légèrement désapprobateur, une expression qu'il voyait assez souvent dirigée vers les autres, mais jamais vers lui. "Vous avez un visiteur. Il dit que c'est une -" Elle mima des guillemets. "-affaire d'état."

"Un visiteur?" L'esprit de John resta vide pendant presque une seconde avant d'être frappé par l'évidence. Il grimaça. "Oh, seigneur. Grand, chevelure sombre, long manteau?"

"C'est ça. Il insiste pour vous voir en personne immédiatement." Ses sourcils se haussèrent derrière ses lunettes. "Vous savez qu'il n'est pas acceptable que des affaires personnelles -"

"Oui, je sais. Je vais juste y aller et... voilà." Il la contourna en rougissant déjà. Mon dieu, qu'est-ce que Sherlock faisait là?

Il remonta le couloir jusqu'à la salle d'attente et jeta un regard par le petit hublot de la porte: Sherlock faisait les cent pas, suintant le mécontentement, tandis que les autres patients assis dans la salle l'observaient d'un œil méfiant. John appuya son front sur la porte et poussa un grognement.

Inutile de retarder l'échéance plus longtemps. Il ouvrit la porte.

"Sherlock."

Sherlock se retourna en un tourbillon, les yeux plissés. "John! Je t'envoie des messages depuis plus d'une heure. Ton portable est-il soudainement tombé en panne ou est-ce que tu te comportes encore comme une adolescente de treize ans?"

Un silence de mort tomba sur la salle d'attente. Tout le monde se retourna pour les regarder.

Bon, faire ça en public était hors de question. John fit de son mieux pour ignorer les patients et les membres du personnel qui le regardaient de travers et ouvrit la porte en grand. "Suis-moi."

Sherlock le suivit dans le couloir en traînant, et à la grande honte de John, se mit à parler. Très fort.

"Regarde cet endroit, John. Le personnel ne manque pas. On remarquerait à peine une absence de quelques heures. Et la moitié des gens dans la salle d'attente ne sont même pas assez malades pour justifier une visite aux urgences. Quatre hypocondriaques, trois enfants dont les parents paniquent pour un simple virus, et au moins -"

"Sherlock, veux-tu te taire?" cracha John. Il le conduisit plus loin, cherchant désespérément un endroit où ils pourraient se parler en privé.

"C'est important. Des vies sont peut-être en jeu."

"Regarde autour de toi, s'il te plait. Des vies sont en jeu ici."

"Oh, à peine."

John l'entendait lever les yeux au ciel dans son dos et se retourna, bouillant de rage. "Si tu ne te tais pas immédiatement, j'appelle la sécurité pour qu'on te traîne dehors par la peau des fesses. C'est compris?"

Sherlock sembla vouloir ajouter quelque chose pendant une seconde, mais l'expression furieuse de John était apparemment convaincante.

Sherlock acquiesça, légèrement plus pâle qu'auparavant, et ne prononça plus le moindre mot. John avança dans le couloir en ignorant courageusement les visages choqués des collègues qui croisaient leur chemin. Sherlock le suivit dans un silence complet.

John espérait trouver une salle de consultation vide, mais il dût se contenter d'un placard plein de fournitures. Il fit signe à Sherlock d'entrer et referma la porte derrière eux.

"Qu'est-ce que tu fiches ici?"

Sherlock le regarda d'un air scandalisé. "Ce que je fais? Je travaille, John. Je suis sur le point de traquer un homme qui a assassiné une demi-douzaine de personnes ces deux dernières années, et qui est peut-être sur le point d'en tuer une autre. Tu ne penses tout de même pas qu'il est plus important de réparer quelques os cassés et de prescrire des antibiotiques superflus?"

John grogna de frustration. "C'est mon métier, Sherlock. C'est ce que je fais. Je ne suis pas un policier, ni un détective, ni une saleté de-" Il fit un grand geste de la main. "-ninja. Je suis médecin. Ces patients ont besoin de moi."

"Pas autant que moi."

"Tu n'as pas besoin de moi. Ce dont tu as besoin, c'est d'appeler Greg pour lui donner les informations que tu possèdes, et laisser la police faire son travail."

Sherlock émit un son dégoûté. "As-tu une idée du nombre de criminels qui se promèneraient encore en plein jour si j'avais passé les quinze dernières années à faire ça?"

"Oh, alors tu le fais pour attraper les méchants, maintenant? Je croyais que tu le faisais pour le jeu."

Les mains de Sherlock volèrent dans ses propres cheveux, geste que John avait toujours reconnu comme un signe de frustration. "Cette dispute est absurde. Nous perdons du temps. Maintenant, s'il te plait, John, oublie cette rancune ridicule, prends tes affaires et allons-y."

John allait presque contester cette affirmation concernant sa rancune, mais il s'abstint: il ne pouvait pas vraiment le nier... Il croisa les bras. "Non. Je ne vais nulle part avec toi."

L'expression de Sherlock s'adoucit. "John, s'il te plait. Je ne peux pas le faire sans toi."

"Ah non, ne me regarde pas comme ça, je ne marche pas."

Sherlock grimaça. "Il faut que tu reviennes travailler avec moi, tu ne comprends pas? Il y a quelque chose dans le fait de t'avoir à mes côtés qui rend tout plus facile, qui m'éclaircit l'esprit. J'avais oublié à quel point ta présence faisait une différence, jusqu'à la semaine passée."

"Oui, eh bien si c'est tout ce qui t'intéresse, pourquoi n'appelles-tu pas Philippe? Je suis sûr qu'il serait très heureux de jouer les porte-bonheur à nouveau." Il serra les dents: il avait pratiquement craché les mots, sans en avoir l'intention.

Sherlock lui renvoya son regard, visiblement choqué. "De quoi parles-tu?"

Les joues de John rosirent, inexplicablement. "Écoute... vas-y, d'accord?"

L'expression de Sherlock frôlait l'incrédulité. "Comment peux-tu être aussi borné?"

John étouffa un rire. "Moi, je suis borné? C'est toi qui t'obstines à m'envoyer des messages, alors que je t'ai fait comprendre clairement que je ne veux pas être ton ami, que je ne veux pas travailler avec toi, et que je ne veux pas me rappeler chaque jour à quel point tu -"

John s'interrompit et leva les yeux vers Sherlock. Ses mains avaient, à son insu, agrippé Sherlock par les revers de son manteau pour l'attirer plus près, comme s'il voulait le secouer jusqu'à ce qu'il comprenne. Sherlock le regardait avec des yeux étonnés et clairs, et son visage arborait une expression que John n'avait encore jamais vue.

John déglutit, ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit. Il hésita encore un moment, puis il écrasa sa bouche sur celle de Sherlock.

Un laps de temps indéfini s'écoula - une seconde ou peut-être une minute entière - et John se retrouva écrasé contre la porte, embrassé de manière assez spectaculaire. Son cerveau était embrumé et il lui était difficile d'enregistrer quoi que ce soit, à part des lèvres, de l'humidité et une langue, et mon dieu - il n'aurait jamais imaginé que Sherlock puisse embrasser ainsi, aussi sincèrement, comme s'il avait eu envie le faire depuis très, très longtemps.

John se liquéfia contre lui, contre les longues lignes de son corps à travers l'ouverture de son manteau. Sherlock était chaud et plus doux qu'il ne l'aurait cru, et la porte derrière lui était froide et dure, et le contraste était enivrant, exaspérant. Il réalisa un moment trop tard que son pénis était à moitié dur et que Sherlock ne manquerait de s'en apercevoir, mais John était incapable de s'arrêter, ni même de se sentir embarrassé. Il s'accrocha au manteau de Sherlock et l'embrassa presque frénétiquement, nourri par la frustration des derniers jours, des dernières semaines, bon sang, des dernières années. Sherlock bougea et une main chaude vint se presser contre son érection, et là, oui, cela, c'était ce qu'il voulait, et il gémit dans la bouche de Sherlock, cambré sous ce contact. La main de Sherlock se glissa sous l'élastique de son pantalon, puis il y eut des doigts autour de sa queue, et oh mon dieu, il n'avait plus désiré quelque chose comme ça depuis des années.

La main de Sherlock était brusque et rapide, mais c'était parfait et John gémit autour de sa langue; il laissa la main libre de Sherlock maintenir ses hanches contre la porte tandis qu'il manipulait le sexe de John, et oh mon dieu, il n'allait pas tenir très longtemps. John ne faisait pas ce genre de chose, ne faisait jamais ce genre de chose, mais il se trouvait là et la bouche de Sherlock était parfaite et sa main ramenait le prépuce sur le sommet en mouvements courts et rapides qui envoyaient des étincelles le long de son épine dorsale. Les doigts de John laissaient probablement des marques permanentes sur le manteau de Sherlock; il n'arrivait plus à se concentrer sur le baiser, mais Sherlock ne semblait pas s'en offusquer, il gardait juste sa bouche ouverte contre la sienne, partageant le même air tandis que la respiration de John devenait de plus en plus irrégulière et là, , oh mon dieu, il jouissait. Il appuya son front sur l'épaule de Sherlock et grinça des dents et fit de son mieux pour rester calme.

Il restèrent là un moment, à bout de souffle, et oh seigneur. Oh, seigneur. Que venait-il de se passer?

John s'appuya contre la porte et garda les yeux fermés, ne sachant plus très bien que faire ou que dire. Il avait fait ce genre de choses si rarement, et jamais en étant sobre - Il y avait bien quelques branlettes avec des hommes qui traînaient dans les recoins poussiéreux de sa mémoire - mais il n'avait jamais imaginé qu'une telle chose puisse se produire un jour avec Sherlock.

Et bon sang, Sherlock se demandait probablement pourquoi John se tenait là sans rien faire alors qu'il aurait pu lui rendre la pareille. John ouvrit les yeux le regarda.

L'expression de Sherlock n'était pas celle à laquelle il s'attendait: il semblait effrayé, presque horrifié. Il recula d'un pas et secoua la tête, et il paraissait incapable de croiser le regard de John. "Je suis désolé. Je suis vraiment désolé," dit-il. Il contourna John et ouvrit la porte.

"Sherlock, non, attends!"

Mais il avait franchit la porte et avait disparu, et John se tenait là, le sexe dépassant encore de son uniforme, tâché de son propre sperme, et merde, il ne savait pas du tout comment cacher ça. Il tâtonna pour trouver de quoi se nettoyer et courut dans le couloir derrière Sherlock, mais c'était trop tard. Sherlock s'était volatilisé.

John se laissa tomber contre le mur un moment. Était-ce vraiment arrivé?

"Tout va bien?"

John se retourna et vit Alexa qui l'observait par-dessus ses lunettes. Il haussa les épaules. Mon dieu, il n'avait même plus la force de mentir.

Son expression était compatissante. "C'est terminé, alors?"

"Je ne..." commença-t-il, avant de s'arrêter. Il allait se défendre de quelque chose, mais c'était inutile, maintenant. "Je ne sais pas très bien, pour être franc."

Elle lui tapota l'épaule. "Nous sommes tous passés par là, John. Si tu as besoin de quelques minutes, prends-les. Je te couvre. Le Dr Whitman vient juste d'arriver, donc tout est sous contrôle."

Il acquiesça et passa la main sur ses yeux. "Oui, merci. Je serai dans les vestiaires, si tu as besoin de moi."

Il se sentit engourdi en remontant le couloir, en tournant au coin, et en introduisant la clé dans la porte des vestiaires. La salle était heureusement vide et il resta un moment immobile, les yeux dans le vide.

Qu'est-ce qui s'était passé? Il s'était jeté sur Sherlock, d'accord, mais Sherlock avait répondu - bon sang, il avait décidément répondu - mais il avait semblé le regretter immédiatement. John marcha jusqu'au comptoir et remplit la bouilloire, puis l'alluma.

Avait-il des regrets? Il venait de s'envoyer en l'air dans le placard, pour l'amour du ciel. C'était le genre de chose qui n'arrivait que dans les émissions stupides à la télévision. Et c'était arrivé avec Sherlock, et - John inspira profondément - seigneur, avait-il ressenti ça pour Sherlock depuis le début, sans s'en apercevoir?

La bouilloire émit un cliquetis. Il sortit une tasse de l'armoire, jeta un sachet de thé dedans et versa l'eau dessus. Il s'assit dans une chaise avec sa tasse et la contempla longuement, regardant l'infusion s'obscurcir.

C'était lui qui avait commencé. Il avait bel et bien voulu ce qui s'était passé; il avait même voulu continuer avant que Sherlock ne prenne la fuite. Et il avait embrassé Sherlock après avoir dit des choses absolument cruelles, des choses qu'il ne pensait pas vraiment. Il s'était simplement protégé. Il avait déjà été blessé, et il ne supportait pas l'idée d'être blessé à nouveau. Il avait été tellement certain que Sherlock n'était pas intéressé par lui de cette manière, ni par qui que ce soit.

Mais il y avait eu Philippe, bien sûr. Le parfait Philippe, qui avait probablement appris à Sherlock à embrasser de cette manière, et dont le sexe avait été dans les mains de Sherlock, dans sa bouche et dans ses fesses plus souvent que John ne pouvait l'imaginer.

Il reposa la tasse et pressa les mains sur son visage. Il fallait qu'il arrange les choses, d'une manière ou d'une autre. Il avait complètement embrouillé Sherlock, mais peut-être, avec un peu de chance, pouvait-il encore réparer la situation.

Il se leva, marcha jusqu'à son casier et l'ouvrit. Son téléphone trônait encore au sommet de ses vêtements pliés. Il y avait une demi-douzaine de messages de Sherlock sur l'écran, chacun demandant que John vienne le rejoindre immédiatement, chacun formulé d'une manière un peu plus désespérée que le précédent.

Il soupira en allumant le téléphone, et réfléchit un moment avant de taper une réponse.

Je finis à minuit. Je peux te retrouver n'importe où. Dis-moi juste à quel endroit.

Il s'assit à la table, but son thé à petites gorgées, et attendit. Au moment où il allait laisser tomber et retourner dans la salle, son téléphone vibra. La précipitation le fit presque lâcher la tasse qu'il était en train de rincer.

Pas disponible. N'envoie plus de messages. SH.

John fixa encore longtemps l'écran de son téléphone.