II

II. Cauchemar

Toujours le point de vue de Bella, point de vue d'Edward au prochain chapitre.

J'errai dans las forêt, comme toujours. Le soleil avait déjà presque disparu derrière les longues silhouettes des arbres. C'était l'ombre penchant entre le jour et la nuit, le crépuscule.

Je continuai de marcher, sans but, lorsque j'aperçu la première ombre. Elle bougeait vite, silhouette obscure derrière les arbres. Elle fut bientôt suivie par d'autres. Elles se déplaçaient avec grâce, sans relâche, presque disparaissant d'un endroit à l'autre sans que je puisse jeter plus d'un coup d'œil à leur danse mortelle, sans fin.

Très vite, je fus entourée. Bien que je ne puisse les voir clairement, je distinguais des formes humaines dans ces ombres. Elles se rapprochèrent petit à petit, en décrivant toujours de larges cercles autour de moi, dansant. J'avais mal à la tête à force d'essayer de les suivre des yeux. Elles continuèrent de m'encercler, à chaque seconde plus proches que la précédente, se mouvant avec grâce dans l'obscurité. Mes genoux faiblirent. Je tombai à terre, de fines gouttes de sueur perlant sur mon front pâle. J'entendis un cri résonner à travers la forêt…

Je me réveillai en haletant. J'entendais toujours le hurlement terrifiant. Je regardai autour de moi, paniquée, avant de réaliser que ce cri était le mien. Je serrai les lèvres et attendis que mon souffle se calme.

Aussi régulier qu'il était, le cauchemar n'en était jamais moins terrifiant.

D'abord, il y avait l'errance, la solitude. Ensuite, la peur de l'inconnu, tandis que les silhouettes obscures se rapprochaient. Ce qui était invariablement suivi par l'anxiété, puis l'immense fatigue qui causait la chute.

Mais il avait surtout, probablement le pire, le souvenir douloureux de la forêt familière. Le dernier endroit où je l'avais vu. Et les silhouettes qui ne cessaient de bouger avec tant de grâce et de rapidité pouvaient seulement me rappeler… Non. Je ne pouvais même pas me rappeler ce mot. Ce mot qui m'avait déjà effrayée il y a longtemps de cela, mais pour des raisons différentes.

Je n'étais pas retournée dans la forêt depuis ce jour fatal. Ce jour où ma vie avait fini. Depuis, j'avais vécu moins d'une vie, en étant seulement une ombre de la personne que j'avais été.

De plus d'une façon, je m'étais perdue moi-même ce jour-là.

Je l'avais perdu lui, le cœur même de mon existence, ma raison de vivre, l'étoile filante qui avait traversé mon ciel d'encre.

J'avais cessé de vivre comme je l'avais fait avec lui, et même avant. Je ne pouvais plus lire sans que son nom ne résonne dans ma tête. La moindre suite de notes, la moindre mélodie me rappelait douloureusement la berceuse qu'il me chantait de son irrésistible ténor. Je tressaillis de douleur tandis que la plaie se rouvrait dans ma poitrine, provoquant l'atroce douleur familière. Maintenant qu'elle était ouverte, il n'y avait plus de limites. Je continuai donc à me remémorer tout ce qui était notre, et qui m'était à présent enlevé.

Je ne pouvais plus regarder un film plus d'une poignée de secondes sans me souvenir des bras de marbre qui me berçaient sur le canapé… Une fois de plus, la douleur lancinante perça mon corps de part en part.

La douleur, tout comme le cauchemar, ne perdait jamais de son intensité malgré sa régularité. Au contraire, elle paraissait devenir de plus en plus forte, se faisait de plus en plus insistante, comme si elle se nourrissait de ma peur.

Je jetai un regard circulaire sur la pièce et mon œil accrocha une ombre noire à ma fenêtre. Mais elle passa si vite que j'aurais pu aisément l'imaginer. Probablement une hallucination due à mon cauchemar. Je secouai la tête en songeant à mon absurdité, avant de me diriger vers la salle de bain. C'allait être une autre longue journée.

Les prochains chapitres sont plus longs, je les ai déjà faits mais il me faut les traduire donc patience… ;)