Hallo. Merci comme toujours pour tous les encouragements. J'espère que vous aimerez les prochains chapitres même si l'histoire prend maintenant un tour un peu différent. J'essaye de suivre la ligne de l'anime d'origine au maximum et oui, il y a pleins de questions en suspens, et plus à venir. Bulma est pas vraiment au bout de ses peines.

Et Lula's Lullaby: oui, tout à fait d'accord avec toi, Végéta a sûrement loupé un gros truc dans son enfance, sûrement pas assez de câlins (je croyais être la seule à penser ça, tu me rassures) :P

Merci à tous/toutes pour vos reviews constructives, je suis vraiment gâtée.


Chapitre 13

Je suis emmitouflée dans la couette en plume de Bunny. Je sens le corps de ma mère à quelques centimètres du mien. Ça fait presque trois mois que je suis revenue vivre à la Capsule et que je dors avec elle. Même petite, j'ai jamais fait ça…

Mais elle ne se plaint pas. De toute façon, ça ne perturbe pas la routine de mes parents qui font chambres à part depuis des années, à cause de l'horloge biologique détraquée de mon père. Ma mère a décrété qu'elle était maintenant trop vieille pour se laisser emmerder par les habitudes farfelues de son génie de mari, et elle l'a viré de la chambre. Je ne crois pas que ça le dérange; en fait, je me demande même parfois s'il s'en est rendu compte.

Je ne cherche plus à comprendre les manies excentriques de mes parents, que tout ça n'empêche pas d'échanger par moment des regards langoureux d'amoureux transis. Ces deux-là sont à peu près aussi tarés que moi.

Et moi, j'ai besoin de dormir avec ma mère, j'ai vingt-quatre ans et j'ai peur du noir. Quelle vie de rêve.

Je roule sur le dos et j'ouvre les yeux. Je fixe le plafond sans le voir.

J'ai encore rêvé de Végéta.

Il est reparti le lendemain du jour où il a accepté que je reste sur Terre. Il a emmené Gokû avec lui, et il est parti. Il n'a rien dit. Après notre étreinte, il m'a laissée endormie sur le sofa et il a disparu. Plop !

Maintenant, j'aimerais qu'il disparaisse aussi simplement de mes pensées. J'aimerais que tout disparaisse aussi simplement de mes souvenirs. Mais, les choses simples, c'est définitivement pas pour moi.

Personne ne sait rien de notre liaison, et je n'ai aucune intention de me confier à quiconque.

La seule mention du nom de Végéta fait trembler la plupart des gens autour de moi. Sauf peut-être ma mère, qui a une faculté unique de croire que le mal n'existe pas. Pour tous les autres, le Mal, c'est Végéta. Surtout après ce qu'il m'a fait. Alors, je ne peux décemment pas expliquer à toutes ces figures amies et bien-intentionnées qu'en réalité, il me manque terriblement.

J'ai mis du temps à me l'avouer mais la vie me paraît vide sans lui. Je rêve parfois de nos ébats et je me réveille, submergée par la honte, comme cette nuit, paniquée à l'idée que quelqu'un ne suspecte quelque chose. Le reste du temps, je me tais et je me contente de faire la gueule.

Ma mère dort paisiblement à côté de moi et je m'aperçois que ce n'est pas mon rêve qui m'a réveillée. Le téléphone sonne dans le couloir. Je tourne la tête vers Bunny mais elle a mis ses bouchons d'oreille, elle dit que mon père fait trop de bruit avec ses expériences de savant-fou. Elle repose comme une bienheureuse, loin du monde réel, et il n'y a aucune chance pour que la sonnerie du téléphone y change quoi que ce soit.

Je soupire avec lassitude. J'ai pas vraiment envie de quitter la chaleur du lit mais les coups de fil en pleine nuit m'ont toujours angoissée. Ils sont comme des corbeaux, souvent annonciateurs de mauvaises nouvelles.

Et si Végéta était revenu ? L'idée est stupide bien sûr mais elle surgit soudainement dans mon esprit. En un instant, je saute hors de la couette et, ignorant la fraicheur de la nuit, je me précipite dans le couloir, affolée maintenant à l'idée de louper l'appel.

J'agrippe le combiné fébrilement.

- Allo ?

- Bulma ?… C'est toi ?

J'ai un moment d'absence. Yamcha. La chaleur inattendue de sa voix me réveille complètement et me ramène tout d'un coup à la réalité de mon retour sur Terre. Sur Terre et au milieu des terriens, loin du prince ombrageux des saïyens.

- Yamcha ?

Ma voix est vacillante, je me sens sur le point de fondre en larme.

- Bulma, je viens d'arriver sur l'Ile de la Tortue et Krilin m'a dit que tu étais rentrée. J'y croyais pas, c'est un miracle !

La force me manque tout d'un coup, je m'adosse au mur et me laisse glisser jusqu'à me retrouver assise sur le sol dur du couloir.

- Yamcha…

Je ne sais rien dire d'autre et mes larmes jaillissent sans préavis. Je plaque une main sur ma bouche pour étouffer mes sanglots.

- Bulma ? ça va ? Bulma ?

Je pose le combiné sur mes genoux pour reprendre ma respiration, la tête appuyée contre le mur derrière moi. J'entends la voix de Yamcha qui continue de parler mais je ne comprends plus ce qu'il dit. Je renifle un bon coup avant de reprendre le téléphone.

- Yamcha, où es-tu ?

- Je te l'ai dit, je suis chez Maître Roshi, tu veux que je vienne à la Capsule ?

- N… Non, non… Je… C'est moi qui viens. Un petit voyage me fera le plus grand bien.

Je bégaye un peu et je tremble tellement que je suis sur le point de lâcher l'appareil.

- Au fait… J'y pense… Quelle heure est-il chez vous ? demande-t-il avec embarras.

Je cherche instinctivement une horloge des yeux mais il n'y en a pas. Je comprends tout d'un coup qu'il s'inquiète du décalage horaire. Dans son empressement à me parler, il a oublié le décalage horaire.

- Je sais pas, Yamcha… On s'en fout, je pars demain matin je serai là dans la soirée.

- Euh… D'accord. Je t'attends.

- A demain alors.

- Et… Bulma.

- Hn ?

- Tu m'as manqué.

Ses paroles me glacent et me donnent envie de pleurer à nouveau. Je me force à répondre dans un souffle.

- Toi aussi.

Je raccroche d'un geste las et je reste là, assise contre le mur du couloir désert et silencieux, dans l'obscurité de la nuit.

Yamcha était parti en voyage je ne sais où quand je suis rentrée. Krilin avait proposé d'aller le chercher mais je l'en ai empêché. Je savais que Yamcha finirait par revenir de toute façon et je n'avais pas le courage de lui faire face. Le courage… Je n'ai toujours pas le courage. J'ai l'impression que je n'aurai plus jamais le courage de rien et je me remets à sangloter comme une petite fille, la tête enfouie dans mes bras, les genoux repliés contre ma poitrine.

Ça fait trois mois que je traîne ma déprime et que je n'arrive plus à reprendre ma vie là où je l'avais laissée avant de croiser Végéta. Mes parents mettent ça sur le compte du « Syndrome post-traumatique », une débilité que le psychologue, qu'ils ont tenu à consulter, leur a servie.

La vérité, c'est que de manière tout à fait inattendue, Végéta me manque. Dieu sait que la vie avec les saïyens étaient tout ce qu'il y a de plus pourrie et je n'ai aucune nostalgie de mon statut de bonniche, c'est lui qui me manque. Sa présence envahissante, le défi constant de ses accès d'autorité à mon égard, même sa réserve froide laissent un vide dans mon existence. Je subis ce sentiment inexplicable sans pouvoir lutter.

J'ai conscience que je dois me secouer. Malgré ce qu'il m'a dit, Végéta ne reviendra pas, j'en suis quasiment sûre. Je sais, grâce à Gokû que le royaume saïyajin est en ébullition, ces derniers temps. C'est pour ça que le Roi a appelé la Terre le jour de l'arrivée de Végéta.

Bardock, le père de Gokû, a eu la vision de la destruction de la race saïyenne et le Roi prend cette prémonition très au sérieux. Même si on ne sait rien de précis sur l'origine de cette menace, il n'a voulu prendre aucun risque et il a rapatrié le meilleur de ses troupes sur Végitasei. Nous n'avons même pas de gouverneur pour remplacer Gokû. La Terre est quasiment livrée à elle-même, comme soudainement oubliée des saïyens. Ils savent qu'ils n'auront de toute façon aucun mal à la récupérer quand l'envie leur en prendra. Pour l'instant, Hercule est seul aux commandes et le monde n'en tourne pas plus mal, d'après ce que j'en sais.

Et, en ce qui concerne Végéta, en sa qualité de Prince héritier, il est parmi les personnalités les plus mobilisées par son père.

Alors autant regarder les choses en face : si tant est qu'il en ait jamais eu l'intention, Végéta n'aura sûrement plus l'occasion de faire halte sur Terre où il n'a aucune raison de venir alors que son peuple est menacé à des galaxies de là.

Si ça se trouve, il ne pense déjà plus à moi. Et puis, il va devoir choisir une nouvelle concubine puisque la dernière est morte. Rien que cette idée me donne envie de hurler, mais quoi ? Qu'est-ce que j'attendais de tout ça dans le fond ? Qu'est-ce que j'attendais de lui ? J'ai été la première à lui démontrer qu'on devait se séparer et j'ai été soulagée qu'il se rallie à mes arguments. Il est reparti sans regret se replonger corps et âmes dans ses guerres titanesques, qui sont, en réalité, la seule chose qui le fasse vibrer vraiment, et je ne resterai, dans le meilleur des cas, qu'un vague souvenir pour lui.

Cette pensée me tord les tripes mais je sais que je ne peux rien y changer.

De toute façon, je n'ai jamais été vraiment douée pour lier des relations stables et normales avec le sexe opposé. Même avec Yamcha, les choses n'ont jamais été simples et naturelles. En fait, je n'ai jamais été capable d'intéresser suffisamment un homme pour construire quelque chose de sérieux.

Je passe ma main dans mes cheveux et j'écoute les bruits de la maison endormie. Il est temps de me secouer et de passer à autre chose.

Je suis toujours étonnée de découvrir que la vie sur Terre n'a pas vraiment changé. Les gens continuent à mener leur vie, comme si de rien n'était; ils n'ont même pas l'air de soupçonner l'ombre des saïyens au-dessus de leurs têtes. Mes trois ans de captivité n'ont évidemment eu aucune influence sur l'écoulement de leurs existences paisibles. C'est à la fois frustrant et rassurant.

En survolant ma planète pour rejoindre l'Ile de la Tortue, je constate une nouvelle fois que tout est toujours en place, tout est à l'identique du jour de mon départ. Le soleil, le souffle léger du vent sur ma peau, sont des bénédictions retrouvées. Ça faisait si longtemps que ma seule lumière venait du plafond des vaisseaux, la nature m'enchante et me redonne un nouvel élan. Tout est fini, je suis libre de nouveau et je dois arrêter de ruminer sur ce que j'ai perdu pour réussir à me focaliser sur ce que j'ai gagné.

En atterrissant, je repère aussitôt Krilin et Yamcha sur le perron de la maison. Je suis un peu angoissée bien sûr, à cause de mon secret. Mais il restera un secret. Si je l'enferme dans un coffre et que je l'enterre au plus profond de moi, il pourrira et tombera en poussière jusqu'à n'avoir plus aucune importance.

Les visages de mes amis éclairent aussitôt mon humeur et je surgis du vaisseau comme une gamine sautillante et gloussante. Je saute au cou de Krilin qui est le plus proche de moi. Il est un peu pris au dépourvu et tente faiblement de résister à mon étreinte sauvage.

- Bulma, proteste-t-il légèrement, tandis que je lui broie littéralement les cervicales.

Mais je sais qu'il est content de me voir. Jusqu'ici, nous n'avons fait que parler au téléphone et je dois reconnaître que je n'ai jamais mis beaucoup d'entrain dans nos discussions. Ma joie semble le rassurer. Je le libère et me tourne vers Yamcha qui a fait un pas indécis vers nous.

Il m'adresse un sourire timide, ses yeux sont luisants. Etrangement, alors que je n'ai pas hésité à enlacer Krilin contre son gré, je suis réticente à aller au contact de Yamcha. Je lui rends son sourire, mais je peine à convaincre mes pieds d'avancer vers lui. Je me poste devant lui et je lève des yeux incertains pour rencontrer son regard. Il garde ses mains dans ses poches et ne fait pas mine de vouloir me prendre dans ses bras non plus.

- Comment vas-tu ? demande-t-il à mi-voix.

- Bien… Je vais bien.

Nous nous parlons avec douceur, nous nous sourions, nous nous dévisageons avec intérêt, mais il y a comme une gêne insaisissable entre nous. Je m'aperçois qu'il est comme moi, un peu mal à l'aise dans cette situation bizarre. Sommes-nous toujours un couple ? Aucun de nous deux n'est capable de le dire. Nous ne nous sommes pas vus depuis trois ans, et nous avions tous les deux perdu tout espoir d'être réunis un jour. Chacun d'entre nous avait fait son deuil de ce que nous étions avant et c'est comme si tout était à reconstruire.

Notre relation n'a jamais rien eu de romanesque, elle était même plutôt chaotique dans son genre. Il y a eu plus de disputes et de ruptures enflammées que de serment d'amour. On a toujours fini par se recoller ensemble mais peut-être était-ce finalement plus par habitude et par défaut que par véritable attachement.

Honnêtement, encore une fois,… J'ai jamais été douée avec les hommes… Je veux dire… Je peux éventuellement les mettre dans mon lit, ça c'est un domaine qui ne me fait pas peur, mais les comprendre, les attacher… Je dois admettre que je n'ai pas encore trouvé la formule et j'ai conscience que mon caractère exigeant et pinailleur peut être décourageant par moment.

- C'était donc vrai ? Tu as réussi à échapper aux saïyens ? demande une voix derrière Yamcha.

Le vieux Maître Roshi vient de sortir de la maison, un magazine sous le bras. Je lui souris le plus largement possible.

- Vous voyez ? J'ai réussi à les faire renoncer.

Krilin ricane derrière moi et j'ose à peine imaginer le trait d'humour qu'il se retient de lancer. Le vieux me toise de haut en bas et de bas en haut, comme pour vérifier que c'est bien moi. Il a un sourire lubrique.

- Toujours la même, ils t'ont pas esquintée, conclut-il.

Son expression me pousse instinctivement à ajuster mon T-shirt. Je dois admettre que j'ai mal négocié mon retour à une alimentation normale et j'ai eu un peu tendance à m'empiffrer ces derniers temps. Du coup, mon corps a repris un peu plus de rondeurs que nécessaire et je sais que c'est exactement ce qu'est en train d'apprécier ce vieux pervers.

- Si on trinquait ? propose Krilin subitement.

Je n'ai jamais entendu une aussi bonne idée depuis les trois dernières années. Immédiatement, la perspective me paraît excellente. Krilin a sorti ses meilleures bouteilles pour mon retour et je m'aperçois qu'il s'est même efforcé de préparer un repas tout à fait acceptable.

Nous nous attablons face au soleil déclinant. L'océan turquoise agite mollement ses vagues à l'infini et le ciel est d'une pureté prometteuse. J'ai l'impression de reprendre vie en faisant tinter mon verre contre ceux de mes amis.

Nous enchaînons les verres, puis les bouteilles, entrecoupés d'éclats de rire et d'évocations de souvenirs généralement peu glorieux. Toute tristesse et toute angoisse a disparu en moi. Tandis que l'alcool endort mes préoccupations et mes névroses de ces derniers temps, je me sens légère et heureuse comme je ne l'ai jamais été depuis très, très longtemps. La vie est belle.

Trop belle peut-être. La nuit est tombée déjà quand je me retrouve à quatre pattes en train de rendre mes tripes au pied d'un palmier sur la plage. Chiotte. Depuis que je suis revenue sur Terre, mon estomac a l'air décidé à me faire payer le moindre écart, à croire qu'il préférait les patates vertes des saïyens.

Tandis que j'attends un instant de voir si la tempête est passée, j'entends le bruissement d'un pas sur les palmes mortes qui jonchent le sol derrière moi.

- Ça va Bulma ?

C'est la voix de Krilin. Un peu plus rauque que d'habitude. Je me suis relevée, en appui sur une main contre le tronc de l'arbre.

- C'est ta cuisine… Tu cuisines de la merde, Krilin !

Il rit bêtement. Il a bu. Moi aussi. Arg, j'ai la tête qui tourne un peu.

- Ce serait pas plutôt le saké ? réplique-t-il avec amusement.

Je soupire et me retourne vers lui en m'essuyant la bouche. Je le fixe froidement.

- Tu insinues que je suis bourrée ?

Il lève les mains en signe de paix, le sourire toujours accroché aux lèvres.

- Comme tu voudras, Bulma.

J'essaye de faire un pas mais il me paraît tout de suite évident que c'est une mauvaise idée. Je me laisse retomber, assise sur le sable encore tiède. Je baisse la tête en espérant que ça passe. Krilin s'avance vers moi et s'accroupit en face de moi.

- Tu es sûre que ça va ? insiste-t-il, tu veux que… J'aille chercher Yamcha ?

Je sens l'hésitation dans sa question. Je relève la tête tout d'un coup. Je ne réponds pas mais je le fixe avec incertitude. Yamcha… Après un moment de silence, Krilin soupire. Il ne sourit plus, et l'étincelle de malice dans ses yeux s'est éteinte.

- Peut-être que… Vous devriez vous parler, Bulma, hein ? reprend-t-il timidement.

Je détourne mon regard pour le poser sur la masse sombre des vagues agitées à quelques mètres de nous. J'espère que mon geste va le faire taire mais il ne désarme pas et il poursuit.

- Tu sais, il m'a demandé pourquoi je n'étais pas venu le chercher dès ton retour… J'ai pas pu lui répondre que c'était parce que tu ne voulais pas… Alors… C'est chiant.

- Je suis désolée pour ça.

J'ai marmonné avec humeur, pas vraiment sur le ton de l'excuse. Mais évidemment, le problème dont Krilin essaye de me parler ne se résume pas à son malaise de se retrouver à faire l'intermédiaire. Il a compris que quelque chose n'allait pas. Plutôt, il a compris que quelque chose n'allait pas chez moi.

Un bruit nous fait tourner la tête simultanément. Yamcha est là, debout dans l'ombre. On ne l'a pas entendu venir à cause du grondement des vagues et la même question muette nous assaille brutalement. Depuis combien de temps est-il là ?

- Roshi est hors course, annonce Yamcha, il s'est endormi sur la table.

Sa voix est posée et ne trahit aucune émotion. Krilin se redresse péniblement.

- Je vais le mettre au lit, répond-t-il avec un soupir.

Tandis qu'il s'éloigne, Yamcha ne bouge pas d'un pouce. J'observe sa silhouette dans la pénombre. Je ne vois pas ses yeux mais un sentiment de culpabilité commence à me tenailler. Pas seulement parce que je ne lui suis pas restée exactement fidèle, d'ailleurs je ne serais pas franchement étonnée qu'il ait été lui-même voir ailleurs, mais parce que je m'aperçois subitement qu'il ne m'inspire plus grand-chose.

Il s'approche et s'assoit silencieusement en face de moi.

Je ne le lâche pas des yeux, espérant follement qu'une étincelle se ranime en moi, une envie qu'il me serre dans ses bras, une envie de l'embrasser, une envie de n'importe quoi, mais une envie, merde !

Il ne se passe rien. Même s'il est beau. Il a toujours été beau garçon, même avec sa cicatrice qui lui donne des airs de bandit, il a un charme indiscutable, mais tout ça me paraît cruellement factice et superficiel. Il peut jouer les héros auprès de jeunes filles impressionnables mais il n'a pas su me protéger. Il est juste resté là et il a repris sa si chère vie d'errance et d'aventure. Il a renoncé à moi si facilement.

Je me mords les lèvres tandis que cette pensée me traverse l'esprit. Je suis injuste. Je suis si injuste. Personne ne peut rien contre les saïyens. Même Gokû qui appartient à cette race, qui y jouit d'un certain rang, même lui, n'a pas été capable de me ramener et si je ne m'étais pas enfuie… Je n'ai pas le droit d'en vouloir à Yamcha.

Il approche ses doigts de ma joue et j'ai un réflexe de recul pour esquiver son contact. Il baisse sa main avec résignation. J'ai pas vraiment calculé mon geste et je m'en veux.

- Bulma, souffle-t-il, je me suis fait tellement de souci pour toi. J'ai vraiment cru qu'on ne te reverrait jamais. J'ose pas imaginer tout ce qui t'es arrivé…

- Je vais bien.

Ma voix est tranchante. Je ne supporte plus la façon dont tout le monde me parle avec des airs compatissants. Je sais que les gens qui font ça sont animés des meilleures intentions, mais j'en peux plus de ces regards de chiens battus. Je crois que je préférais franchement la dureté de Végéta.

Yamcha hoche la tête doucement, il comprend que je ne suis pas d'humeur à la confidence. Il baisse les yeux avec tristesse. Son air abattu éveille enfin quelque chose en moi. Un sentiment, je veux dire. J'ai de la peine pour lui, il se sent coupable et désolé et j'ai de la peine pour lui. Ca me soulage presque de ressentir enfin quelque chose, même si c'est pas exactement ce que j'aurais voulu ressentir. J'avance ma main vers lui et j'enfonce mes doigts doucement dans ses cheveux.

- Ce n'est pas ta faute Yamcha, ce n'est de la faute de personne.

Il relève la tête brusquement, avec une expression irritée et incrédule.

- C'est juste de la faute de cet enfoiré de Prince saïyen, siffle-t-il avec haine.

Je me raidis imperceptiblement de l'entendre parler de Végéta comme ça. Les gens parlent tous de lui comme ça mais, dans la bouche de Yamcha, il y a quelque chose de blessant qui me transperce. Contre toute logique, j'ai envie de défendre Végéta et ça me fait prendre conscience que mes sentiments pour Yamcha sont définitivement fanés. L'évocation de Végéta éveille instantanément une flamme qui me fait comprendre à quel point mon attachement pour Yamcha est mort.

Yamcha m'a manqué quand je suis partie avec les saïyens. Longtemps, vivement, douloureusement. Son image est restée gravée dans ma mémoire et elle m'a réchauffée pendant plusieurs années, mais à un moment, j'ai commencé à oublier de me souvenir de lui. Il n'est devenu qu'un lointain souvenir inaccessible. Et je dois avouer qu'aujourd'hui, assise en face de lui, je me demande si tout le temps où j'ai pensé à lui, mon esprit n'a pas un peu idéalisé la force de notre lien, comme un espoir auquel se raccrocher.

Je mets mes doigts sur ses lèvres pour le faire taire.

- Yamcha, je ne veux plus parler de tout ça … Je suis heureuse d'être là avec toi, avec les autres… Je ne sais pas ce que tu attendais de nos retrouvailles… Mais… Il n'y a rien à en attendre.

J'observe sa réaction. Il baisse les yeux et détourne la tête. Son expression est grave et triste, mais je crois qu'il avait compris avant que je lui dise, il n'a pas l'air surpris. Il reste silencieux un moment avant de répondre.

- Il a tout emporté, conclut-il avec amertume.

Je fronce légèrement les sourcils, je ne suis pas sûre de comprendre ce qu'il est en train de me dire.

- Végéta, précise-t-il en me regardant à nouveau, il a tout emporté, la Bulma d'avant ne reviendra pas, n'est-ce pas ?

Je serre les lèvres. Il ne se doute pas à quel point il a raison, ça me met terriblement mal à l'aise subitement. Mais je n'ai pas le temps de répondre, j'ai la tête qui tourne, et je suis prise d'une sorte de somnolence irrésistible. Ma vision se trouble et je sens mon esprit partir à la dérive. Je sens ses mains sur mes épaules, il me secoue un peu. J'entends sa voix préoccupée au loin. Je lève les yeux au ciel pour tenter de me raccrocher à la réalité mais au-dessus de moi, tout est d'un noir intense et je ne vois même plus les étoiles. J'essaye de retrouver le fil de ce que je disais, je parlais à Yamcha, on parlait de Végéta. Mais mes pensées se diluent et les mots m'échappent, mon esprit bascule.

Quand j'ouvre les yeux, je baigne dans une lumière blanche et crue. Je rabats aussitôt ma couverture sur ma tête avec un grognement. J'entends le rire de Krilin au loin. J'ai mal au crâne, j'ai juste envie de me rendormir. Je me retourne et m'enroule dans la couverture.

J'ai un mouvement de recul en sentant un autre corps à côté du mien. Ça me fait aussitôt rouvrir les yeux. Malgré les protestations de mon corps, je m'assois instantanément en repoussant la couverture. Yamcha est étendu à côté de moi sur le futon et il dort à poings fermés. Qu'est-ce qui s'est passé ? Je plaque instinctivement mes mains sur mon corps et constate avec soulagement que je suis habillée, exactement comme la veille. Lui aussi.

- Hey Bulma ? ça va mieux ?

La voix de Krilin me transperce le crâne et je me prends la tête dans les mains.

- Krilin… Parle moins fort…Qu'est-ce qui m'est arrivé ?

Il pouffe.

- Trois fois rien… Tu n'as pas dû supporter ma cuisine, je suppose.

Je lui réponds par un simple grognement. A côté de moi Yamcha lève péniblement la tête et cligne des yeux.

- Pouvez pas aller discuter plus loin ? marmonne-t-il.

- Il est plus de trois heures de l'après-midi, annonce Krilin, vous pourriez pas vous bouger un peu maintenant ?

Trois heures de l'après-midi. Je voulais rentrer chez moi, j'avais promis à Bunny, elle est tellement inquiète pour moi ces derniers temps. Je rampe misérablement hors de la couverture. Krilin me tend une tasse de café avec un sourire amusé. Je m'en saisis sans un mot et je reste assise à même le sol en le sirotant avec précaution.

Le liquide chaud et sucré soulage ma bouche pâteuse et réveille mon estomac torturé. Krilin discute avec Roshi qui vient d'entrer dans la pièce. Il a un mouchoir ficelé sur son crâne chauve et je ne suis pas vraiment sûr si c'est pour le protéger du soleil ou pour conjurer sa migraine, qui doit au minimum égaler la mienne.

- Les jeunes, faut se lever, vous tenez plus rien ces derniers temps, s'exclame le vieux bonhomme.

Je cligne des yeux avec difficulté. Je me sens incroyablement vaseuse et je m'aperçois que la chaleur est étouffante. Je pue.

Je me lève péniblement.

- J'ai besoin d'une douche.

Je n'attends même pas l'autorisation de Krilin ou de Roshi et je me dirige vers la salle de bains. Je prends soin de m'arrêter à la hauteur de Roshi et je pointe un doigt menaçant vers lui.

- Et pas de sale coup, si je vous prends encore à reluquer, l'aspirine suffira plus à vous soulager, c'est compris ?

Il se contente de sourire avec embarras en levant les mains avec innocence. Il n'essaye même pas de nier ses intentions. Il est toujours le même. Lui non plus n'a pas changé en trois ans.

Dans la salle de bains, je suis encore obligée de dégager ses magazines de vieux pervers planqués sous le lavabo pour accéder aux serviettes. Il se calmera donc jamais, celui-là ?

La douche est une bénédiction. Mes trois ans de captivité m'ont appris à savourer une bonne douche chaude. Je pense à Bunny, il faut vraiment que je l'appelle. Elle a tendance à me couver. Elle qui ne s'inquiétait jamais de rien, qui n'a jamais l'air de s'inquiéter de rien, je sais qu'elle ne me reconnait pas et ça l'angoisse.

Mais cette petite visite sur l'Ile de la Tortue m'a fait le plus grand bien, j'ai renoué avec le soleil, les gens, ma vie, quoi. Je me sens plus légère et même ma discussion avec Yamcha m'a libérée d'un poids. Il a l'air d'avoir plutôt bien pris les choses. Je soupçonne qu'il a une autre petite copine planquée quelque part et en fait… Je m'aperçois que je m'en fous. J'en suis à ce point, alors que j'étais tellement jalouse avant. Je cède volontiers ma place à n'importe quelle fille qui serait candidate pour me remplacer au bras de Yamcha. Mon indifférence m'effraye un peu quand même, et je me demande si je ne serais pas devenue aussi froide qu'un saïyen. Je pouffe à cette idée débile.

Le cours de mes pensées est interrompu par des coups à la porte.

- Bulma ! Bulma ! appelle la voix de Krilin.

Il a l'air paniqué et je me raidis aussitôt. Le stress naturel de ma vie de captivité s'empare instinctivement à nouveau de moi, comme si j'étais revenu en arrière. Je coupe l'eau pour mieux l'entendre.

- Bulma, sors de là, on a reçu un appel, c'est la Capsule !

Je saute sur la serviette.

- La Capsule ? Quoi la Capsule ?

- Il y a eu… Un… Accident là-bas, bredouille Krilin.

- Un accident ? Quel accident ?

Je rugis presque ma question tout en essayant désespérément d'enfiler mes vêtements. Le tissu résiste sur ma peau mouillée et je suis obligée de forcer avec frénésie. Je suis à deux doigts de déchirer mon T-shirt.

- Un… Incendie, répond la voix embarrassé de mon ami.

J'ouvre la porte subitement en finissant tout à la fois de boutonner la braguette de ma jupe et de rabattre tout à fait mon T-shirt.

- Quelle incendie ? Bordel, Krilin, qui a appelé ? Comment vont mes parents ?

Il est debout devant la porte avec une mine confuse et je bute presque sur lui. Je m'aperçois que ce type a vraiment le chic pour être toujours celui qui annonce les mauvaises nouvelles.

- C'est la police qui a appelé, ils ont essayé ton portable mais ça ne marchait pas… tes parents sont à l'hôpital… En observation. La Capsule a cramé.

Je le bouscule impitoyablement.

- Il faut que je rentre !

J'attrape mon sac et mes chaussures et je me mets à courir vers mon avion sans même penser à les saluer.

- Bulma ! Laisse-nous t'accompagner ! crie la voix rauque de Yamcha dans mon dos.

- Pas le temps !

Je referme le cockpit, sans même lui adresser un regard. Je laisse mes mains activer machinalement le mécanisme de décollage et je règle la vitesse maximum.

En une minute, le silence se fait dans la cabine. Autour de moi, le ciel est d'un bleu immaculé

Je n'entends que le battement de mon cœur qui résonne à mes oreilles. J'ai oublié ma migraine, mon estomac rebelle, mes vertiges rampants, je ne pense qu'à une chose, la Capsule à cramé et mes parents sont à l'hôpital.

Je fouille distraitement dans mon sac pour en sortir mon portable. Il y a plusieurs messages en attente. Je les écoute un à un sans jamais aller au bout. Le directeur de la Capsule, la voisine, Chichi, un flic. Je repère le numéro et je le rappelle.

Il décroche dès la première sonnerie en annonçant son nom que je n'arrive pas à retenir.

- Bulma Briefs à l'appareil, je viens prendre des nouvelles de mes parents.

- Oh. Mademoiselle Briefs. Où êtes-vous ? demande-t-il d'un ton un peu trop tranquille à mon goût.

- Comment vont mes parents ?

- Rassurez-vous, ils vont bien. Ils sont un peu intoxiqués et votre mère a pris un coup sur la tête mais…

- Un coup sur la tête ? De quoi vous me parlez, là ?

Ma voix est presque hystérique

- Justement, j'aimerais vous voir. Vos parents ont en fait été agressés par des intrus qui sont entrés dans la Capsule dans la nuit et ont fini par y mettre le feu.

- Vous déconnez ? Avec notre système de sécurité ? Qui sont ces types ?

- On en sait rien pour l'instant alors le mieux…

Je coupe la communication. C'est connu, j'avais oublié ce détail. Ne jamais poser de questions aux flics. Soit ils n'ont pas la réponse, soit ils ne vous la donnent pas.

Je tapote nerveusement la console de pilotage en fixant l'horizon d'un air vide. Le portable sonne et je m'aperçois que c'est à nouveau le flic. Je coupe et je balance le portable dans mon sac.

J'augmente encore la vitesse mais le voyage est interminable. Je m'étonne de n'avoir jamais bossé plus sur la rapidité de ces engins.

Malgré mon angoisse, le ronronnement du moteur et la chaleur du soleil qui se réverbère sur le pare-brise finissent par me bercer et je me sens glisser vers un sommeil troublé. Je suis en pilote automatique et j'ai le temps, mon corps réclame encore du repos. De toute façon, je ne peux rien faire pour l'instant, je cède à la somnolence.

Quand je me réveille, le ciel est sombre et la pluie battante balaye impitoyablement le pare-brise. Je comprends que j'approche enfin de chez moi.

Mon dos est totalement courbaturé par ma sieste improvisée. Je m'étire et reprends aussitôt les commandes en essayant de me repérer. Les lumières de la Capitale de l'Ouest apparaissent bientôt au loin. Je pique sans hésitation vers l'héliport de l'hôpital. Je ne prends même pas la peine de m'inquiéter d'obtenir l'autorisation de le squatter, l'anxiété qui a pollué mon sommeil est redevenue une panique indescriptible.

Mon atterrissage est un peu aléatoire à cause du mauvais temps. Je n'arrive pas à me concentrer. J'ignore royalement en type en veste fluo qui m'adresse des signes rageurs. Je devine ce qu'il essaye de me dire. Je ne suis pas censée atterrir ici.

Je m'en fous, je pense à mes parents. La probabilité qu'on puisse agresser des gens comme eux dans un bunker comme ma Capsule me semble tout à fait surréaliste et je dois avouer que, en mon for intérieur, la colère le dispute à l'inquiétude. Je saute de l'avion avec une habileté inhabituel, sans me soucier de la pluie battante, et je me précipite vers l'intérieur du bâtiment en bousculant le type qui continue à hurler en gesticulant. Il est pris au dépourvu et j'arrive à me faufiler derrière lui pour m'engouffrer dans les escaliers qui mènent aux étages des chambres.

Je dois interpeller quatre infirmières avant d'en trouver une qui comprend quelque chose à mon discours incohérent. Elle m'indique la chambre de mes parents et je sprinte dans les couloirs tristes de l'hôpital.

Je stoppe net devant une porte. Par la vitre, je vois mon père. Il a un masque en plastique transparent sur la figure. Je reprends mon souffle un instant avant de pousser doucement la porte.

Il tourne les yeux vers moi et je perçois l'étincelle qui s'y allume. Il marmonne quelque chose mais je ne comprends rien à cause de son masque.

A côté de son lit, il y en a un autre. Bunny est étendu dedans. Elle a aussi un masque et sa tête est bandée. Elle a l'air de dormir.

Je m'approche de mon père. Il finit par soulever son masque d'un air agacé et me sourit.

- Bulma, ma grande, tu es rentrée déjà ?

Sa voix n'est qu'un misérable souffle rauque. Je me souviens qu'il a dû inhaler tout un tas de saloperies. Je n'arrive pas à lui rendre son sourire, je reporte mon attention sur ma mère.

- Et Maman ?

- Elle va bien, ma chérie, ne t'inquiète pas, elle dort.

Je hoche la tête. De toute façon, je vais devoir me contenter de ça. Comment un être humain normalement constitué peut en venir à frapper une minuscule bonne femme inoffensive comme Bunny ? L'idée même me révolte et me fait presque venir les larmes aux yeux. Quand j'attraperai les connards qui ont fait ça…

Je regarde mon père à nouveau et ça me calme légèrement. En dehors de sa voix, il a l'air tout à fait fidèle à lui-même. Je m'approche enfin de lui et je le serre brièvement dans mes bras.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Je ne comprends pas…

Il caresse affectueusement mes cheveux pour me rassurer.

- On va bien Bulma.

Je m'aperçois que son ton est grave.

- Mais enfin, Papa ? C'était un cambriolage ? Qu'est-ce qu'ils cherchaient… Et surtout… Comment sont-ils rentrés ? C'est tout bonnement… Incroyable.

Il met sa main sur mon épaule et me force à m'assoir. Son sourire a disparu et je lui trouve un air soucieux.

- Bulma chérie… C'est toi qu'il cherchait, murmure-t-il.

- Quoi ?

J'ai presque crié sous l'effet de la surprise.

- Moi ? Pourquoi moi ? Comment tu le sais ?

- Parce qu'il me l'a dit. Il a assommé ta mère, elle criait trop, et il m'a menacé de la tuer si je ne parlais pas. Mais j'ai réussi à déclencher le système d'alarme et il a fini par décamper sans rien savoir. Il a mis le feu en espérant qu'on y passerait mais tu sais que j'ai de la ressource.

Il a l'air drôlement fier de lui en m'expliquant tout ça. On dirait un gamin qui me raconte ses faits d'armes dans la cour de récréation. Mon père est comme ça, parfois il s'éloigne un peu de la réalité. Je l'écoute avec horreur mais je sens que dans deux secondes il va me détailler l'astucieux plan d'évacuation qui lui a permis d'échapper aux flammes et le judicieux système d'alarme qui lui a permis de mettre l'intrus en fuite. Il ne s'arrête jamais de penser à ses petits gadgets.

- Papa ! C'est terrible ce que tu me racontes !

Il s'interrompt et réalise. Je sens le cours de sa pensée se reconnecter.

- Oui, enfin… T'inquiète pas chérie, il ne sait pas où tu es… Enfin pour l'instant.

- Mais de qui tu me parles d'abord ? Qui est ce malade qui a osé s'en prendre à vous ? Il était tout seul ? Comment c'est possible ? Je vais le retrouver, moi !

L'indignation me reprend. Comment peut-on imaginer s'en prendre à deux êtres aussi doux rêveurs que mes parents ? Surtout, pour me trouver, moi. Ce type a surtout intérêt que je ne le trouve pas, lui…

Mon père me regarde avec préoccupation et fronce les sourcils.

- Bulma… C'était un soldat saïyen.

Je me crispe, comme si j'avais mal entendu.

- Un saïyen ? Quel saïyen ? Tu l'as déjà vu ?

- Jamais… C'était juste un soldat comme il y en a des centaines.

Je plaque ma main sur la bouche. La révélation de mon père me laisse stupéfaite. Il n'y a plus beaucoup de saïyens sur Terre. Juste une poignée qui gardent leur QG, et on ne les voit presque jamais. Pourquoi me cherchent-ils ?

Je n'ai pas le temps de me poser plus de questions, mon père attrape doucement mon poignet et interrompt mes méditations.

- Bulma chérie, tu ne devrais pas rester ici. Il avait l'air très décidé à te trouver et j'ose pas imaginer pourquoi il te cherchait… En tout cas, il n'avait rien d'amical.

Un instant, je vois l'ombre de la peur passer au fond de ses prunelles et ça me glace le sang. Mon père n'a presque jamais peur. Il ne perçoit jamais le danger qu'à la dernière minute. Son expression soucieuse me glace.

- Tu dois te cacher, Bulma, ne t'inquiète pas pour nous, va-t-en, souffle-t-il de sa voix qui est presque inaudible maintenant.

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