Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac et Abigail sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Bêta correctrice : Westyversionfrench

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.

Périodicité de publication : Un chapitre tous les quinze jours, si on arrive à garder le rythme avec nos cours respectifs (;-)


Note Abby and Jes : Bonjour bonjour à vous ! Tout d'abord, un grand merci pour vos reviews qui nous ont énormément fait plaisir (;-) Nous sommes heureuses que vous soyez au rendez-vous pour la publication de cette suite. Ça nous fait chaud au cœur. *Grand sourire colgate* Voici le chapitre 2, nous espérons qu'il vous plaira. Bonne lecture !

Merci à red blood apple, Guest, Emyclash, dobbymcl, Haley Black, honey1607, lilywen, holybleu, Athi, Malh, Iason, Guest pour leur review.


Partie II

Bairim

Chapitre 2

POV Lucius

Je vis Harry me jeter un énième coup d'œil et me mordis la lèvre. Il n'arrêtait pas de me regarder et je ne pouvais m'empêcher de me demander si Draco lui avait tout raconté ou non. Par Merlin, si oui, qu'allais-je faire ?

J'avais lu pendant près de deux heures le matin même, essayant de repérer les choses importantes sans forcément retenir quoi que ce soit de précis. Mon cerveau avait besoin de se remettre correctement en fonction, au moins assez pour que je puisse de nouveau apprendre. Accompagné d'une migraine, j'avais ensuite préparé les légumes et la viande pour le repas du midi puis nous avions mangé. J'avais observé Draco du coin de l'œil mais soit ce dernier m'ignorait, soit il avait autre chose de plus important à faire que de s'occuper de moi parce que pas une fois il n'avait regardé dans ma direction.

Nous avions ensuite commencé le déménagement en débutant par la tente contenant l'infirmerie. Après tout, les douches allaient repartir avec la tente puisque d'autres avaient été commandées et installées pour le bâtiment, et nous n'avions donc eu que quelques meubles et les produits de l'infirmerie à récupérer.

Nous nous étions ensuite attaqués à la tente principale qui nous avait pris plus d'une heure malgré toute l'aide apportée par les Weasley. Et nous nous occupions maintenant de la cabane de Geoffroy, ce dernier étant parti aider Moliva et Charlie dans la réserve. Isaac et Abigail étaient en train de dormir, puisqu'ils avaient été de nuit, et Johanna, Hulrick et Carlos commençaient à débarrasser leurs affaires du dortoir. Ce qui me faisait penser que je devrais ensuite aller m'occuper de notre tente à Charlie et à moi.

Les Weasley sortirent de la cabane de Geoffroy, les bras chargés de livres pour la bibliothèque, et il ne resta qu'Harry et moi qui se décida finalement à me parler après un énième coup d'œil dans ma direction.

— Vous attendez quoi pour lui parler ?

Je me tournai vers lui suspicieux, puis soufflai :

— Lui parler de quoi ?

— Il s'en veut pour ce qu'il a vu ce matin. Et vous, au lieu de lui dire que ce n'est pas grave, vous l'ignorez. Ce n'est pas la fin du monde qu'il vous ait vu Charlie et vous en pleine action.

— Comment ça, il s'en veut ? Je lui ai déjà dit que ce n'était pas sa faute s'il... Enfin, voilà.

Donc Harry savait, merveilleux. Je savais que je réagissais à outrance et que ce n'était pas la fin du monde. Mais ça l'était, en quelque sorte. Parce que je n'avais pas voulu que cela se passe ainsi, et parce que j'avais l'impression que c'était une espèce de message envoyé par les cieux ou Merlin savait qui pour m'empêcher de faire cela.

Et également parce que cela me rappelait bien trop ce qu'il s'était passé lorsque j'avais seize ans et que mon père m'avait surpris dans la même position.

Exactement la même position.

La seule différence était que pour l'instant, ni Charlie ni moi n'avions encore reçu de Doloris. Je secouai la tête légèrement, préférant nettement ne pas repenser à cette histoire maintenant.

Plus jamais.

Entre autres parce que cela me rappelait mon père, et mon père me rappelait Azkaban, et Azkaban me rappelait que j'avais déjà failli perdre Draco, plus d'une fois.

— Oui. Il sait qu'il aurait dû attendre une réponse. Il... m'a confié être très mal à l'aise. Un jour, Hermione nous a surpris en pleine action et je sais que c'est quelque chose que personne ne souhaite. Draco pense que... qu'il... Parlez-lui, okay.

Je soupirai mais acquiesçai finalement. Je ne voulais en aucun cas que Draco se sente mal. J'allai déposer les classeurs de Geoffroy que j'avais miniaturisé dans son nouveau bureau puis partis à la recherche de mon fils que je trouvai finalement quelques minutes plus tard dans la bibliothèque. J'inspirai profondément puis allai à ses côtés avant de lui demander :

— Accepterais-tu de m'aider à débarrasser notre tente, à Charlie et moi ?

Je réalisai un moment que l'emmener là-bas n'était probablement pas une bonne idée mais tout ce que je voulais, c'était que nous puissions discuter tranquillement. Je pourrais toujours m'occuper du déménagement tout seul ensuite.

— Ou-oui... pas de problème.

Nous sortîmes du bâtiment et je me lançai après quelques secondes :

— Je voudrais que nous parlions de ce matin, s'il te plait. Harry m'a dit que tu t'en voulais de... enfin, ce n'est pas à toi de t'en vouloir Draco.

— Si, je suis le seul fautif. J'aurais dû attendre une réponse. Tu dois m'en vouloir et je m'en veux moi-même beaucoup

— Non Draco, bien sûr que je ne t'en veux pas. J'aurais dû dire quelque chose pour t'empêcher d'entrer, tu n'aurais jamais dû voir cela. Et je suis désolé.

— Je... je sais que ça peut-être gênant, avoua-t-il. Et je m'en veux de... vous avoir vu dans ce genre de position.

— Non, je n'aurais jamais dû me retrouver dans ce genre de position en premier lieu.

Je me figeai et regardai autour de moi, rassuré de constater que Charlie n'était pas dans les parages. Je ne savais pas si je pensais réellement ce que je venais de dire et il était donc préférable qu'il n'ait rien entendu. Il me regarda bizarrement un bref instant, avant de dire :

— Ce n'est pas la fin du monde. J'aurais juste voulu ne jamais te voir comme ça. J'ai du mal à te regarder maintenant. Te voir nu... et Charlie tout autant.

— Magnifique, soupira-je après avoir fermé les yeux un bref instant. Je préférerais vraiment que tu ne nous imagines pas nu, Draco. Surtout...

Je m'interrompis, pas certain de ce que j'allais dire ensuite. Je ne savais pas exactement ce qui m'embêtait le plus, qu'il m'ait vu moi ou Charlie en tenue d'Adam. Mais ce qui était sûr, c'était que je ne voulais certainement pas qu'il imagine Charlie ainsi.

— Oui, je m'en doute. Je suis content que tu ne m'en veuilles pas. Je suis désolé de vous avoir interrompus.

— Draco, arrête de t'excuser s'il te plait, tu n'as rien à te reprocher.

— Si si, vous étiez... bien avancé et j'ai tout gâché. Quand ça nous est arrivé à Harry et moi, je dois t'avouer que j'ai eu du mal à m'y remettre avant plusieurs jours. Il a dû insister et m'allumer avant que je ne cède.

— Tu veux dire que tu... je vais regretter de poser la question mais vu où nous en sommes... Tu es... en dessous, parfois ?

Je n'arrivais pas à croire que j'étais vraiment en train de parler de cela avec mon fils. Sauf que je me voyais mal expliquer à Charlie en quoi et pourquoi je trouvais cela humiliant, vu que je le prenais depuis plusieurs années maintenant. Draco rougit avant de rire :

— Bien évidement. C'est si... libérateur qu'Harry fasse tout le travail et d'en profiter pleinement. Parfois, on se dispute juste pour savoir qui sera en dessous. Je suppose que c'est pareil avec vous, non ? Charlie ne doit pas souvent gagner, ajouta-t-il les yeux pétillants. Je l'observai attentivement puis me passai la main dans les cheveux avant de souffler :

— Tu n'es pas sérieux, n'est-ce pas ?

— Si ? Pourquoi ?

— Ah. Non pour... pour rien, soupirai-je.

J'espérai vraiment qu'Harry n'ait pas raconté ce genre de choses à Charlie, parce que sinon, ce dernier devait juste beaucoup m'en vouloir. Se disputer pour savoir qui sera en dessous... avec Charlie, nous nous étions battus pour savoir qui serait au-dessus.

Et il m'avait laissé faire. Et maintenant il attendait depuis près de trois ans d'avoir l'occasion de faire de même. Sauf que je ne savais toujours pas si c'était quelque chose avec lequel je pourrais vivre sans en avoir honte. Par Salazar, si j'étais Charlie, je me serais quitté depuis longtemps.

— En tous cas, je suis heureux que tout aille bien entre nous. Enfin, tout va bien, hein ?

— Oui oui, tout va bien, répondis-je.

Et Charlie et moi allions bientôt avoir une chambre avec un verrou, alors tout irait pour le mieux. Quant à moi, je devais juste arrêter d'être un sale con et d'être effrayé par des choses toujours plus stupides les unes que les autres.

— Et Charlie ? Est-ce qu'il m'en veut de vous avoir interrompus ? Je n'ose même pas le regarder en face, souffla-t-il en détournant le regard. C'est... très gênant comme situation.

— Quoi ? Ah non, Charlie ne t'en veut pas. Je me blâme, tu te blâmes, il se blâme... tout ça. Mais je ne pense pas qu'il t'en veuille non. Il est peut-être énervé contre moi cependant... il devrait, marmonnai-je finalement.

— Pourquoi ? Je ne comprends pas.

— Je ne suis pas certain que tu veuilles comprendre, répondis-je au bout de quelques secondes.

Et je me maudissais intérieurement pour ne serait-ce qu'envisager parler de cela à mon fils. J'avais vraiment besoin d'un ami, aussi pathétique que cela pouvait être. Il regarda autour et prit place sur le lit, semblant malgré tout mal à l'aise.

— On a une meilleure relation et... je suis là, prêt à t'écouter. Je suis ton fils et te savoir heureux me rend heureux. Tu comprends ?

— Hm hm, soufflai-je avant de m'asseoir à ses côtés. C'est juste que... tu vois...

Je m'agaçai à bafouiller de cette façon et inspirai profondément, s'il voulait se sauver ensuite parce qu'il ne voulait entendre parler de cela, il pourrait toujours le faire. Il était adulte à présent.

— J'ai toujours refusé d'être en dessous.

Il rit, mais voyant certainement que je ne plaisantais pas, il s'étrangla et déglutit avant de dire, d'une voix posée :

— Bien... je... pourquoi cela ? Enfin, tu n'es pas obligé de répondre, c'est juste que je suis surpris.

— Ton grand-père m'a surpris dans la même position que toi il y a des années et... cela l'a énervé. Et ensuite... je ne sais pas, au début je ne trouvais pas cela particulièrement agréable et je me suis défilé. Et il y a eu Azkaban et après... disons que Charlie a accepté d'y aller doucement.

Et je n'avais rien fait pour accélérer les choses. La vérité était que j'avais peur, même si je ne savais pas exactement de quoi. Que cela me change, probablement. Ou que Charlie me voit autrement, ce qui était une idée stupide. J'étais juste un idiot, c'était l'explication la plus plausible.

— Oh... tu es réticent à cause de ce vieux fou prônant la supériorité ? Le même homme qui s'est soumis à Voldemort et qui lui a offert son fils ? Papa, tu devrais juste écouter tes envies et oublier ton père.

— Il ne m'a pas offert à Voldemort. J'ai fait cela tout seul, contrairement à toi. Et j'ai toujours l'impression d'être un enfant quand je parle avec toi, peux-tu m'expliquer quand et comment tu es devenu si sage ?

— Je ne sais pas, rit Draco doucement. Avant la guerre, pendant, après. Je n'en sais rien. Toujours est-il que tu devrais oublier tes préjugés, tu rates quelque chose de fantastique.

— Il parait.

J'observai mon fils quelques secondes et me dis que finalement, Narcissa et moi n'avions pas fait du si mauvais travail.

— Et si on s'y mettait ? fis-je ensuite en me levant.

Nous commençâmes à empaqueter et réduire les affaires dans la tente. Quand Draco voulut s'occuper des tables de nuit, je l'orientai vers un autre endroit de la pièce et les vidai moi-même, récupérant les lubrifiants et autres huiles de massages. Je préférais réellement qu'il ne s'occupe pas de cela.

Nous emmenâmes ensuite les cartons jusque dans notre nouvelle chambre au second étage du bâtiment, celle qui était la plus éloignée des autres, afin que cela ne soit pas particulièrement dérangeant si nous oublions de lancer un Silencio. Je m'étais normalement débrouillé pour que les pièces soient le mieux isolé et insonorisé possible, de toute façon. Je remarquai qu'Isaac s'était installé avec Abigail, qu'Hulrick partageait sa chambre avec Carlos et en déduisis que Moliva allait probablement se mettre avec Johanna. Dans moins de quelques heures, nous allions pouvoir désinstaller les tentes, enfin.

POV Charlie

Tout le monde était reparti et j'avais senti l'émotion me gagner. Le plus dur étant toutefois regarder Lucius dire au revoir à son fils... à chaque fois. C'était déchirant de voir qu'il agissait comme si c'était la dernière fois qu'il le voyait. Je déposai un baiser sur le front de Lucius, qui regardait l'endroit où tout le monde avait disparu, et lui pris la main.

— On rentre ? Ou tu veux encore rester là, à fixer le vide pendant de longues minutes ?

Il me lança un regard sombre avant de souffler :

— Oui c'est bon, on y va.

Nous rentrâmes dans le bâtiment, enfin prêt à nous accueillir. Je vis immédiatement Hulrick affalé sur le canapé, les pieds sur la table basse du salon, un livre à la main. Je repensai à Sven, qui agissait de la même manière et me rembrunis. Je lâchai la main de Lucius et me postai devant l'une des fenêtres. L'incendie avait avalé l'ancien bâtiment de ses grandes flammes et le Dragon qui était à présent dans une autre réserve avait fait s'écrouler une partie du mur. Sven y avait été coincé et personne n'avait eu le temps de le sortir de là. Je pouvais encore maintenant me souvenir de ses cris, ses hurlements de douleur avant le silence.

Un moment horrible auquel j'aurais préféré ne jamais assister.

Je sentis Lucius se poster derrière moi, m'entourant ensuite de ses bras. Je me laissai aller contre lui, posant la tête sur son épaule. Je soupirai, fermant les yeux. A cette période, Joaquim était un bon ami, Sven était encore en vie, la guerre était finie. Maintenant, Joaquim était un gros connard, Sven était mort et j'étais amoureux d'un ancien Mangemort. La pluie commença à tomber et ne pas entendre le bruit assourdissant des gouttes qui tombent sur la tente fut un soulagement. Et la chaleur du feu de cheminée était un vrai bonheur. Je restai là plusieurs minutes, contemplant l'herbe humide, le vent fouetter les arbres, la nuit embellir le ciel.

Toutes ces choses que je n'avais plus remarquées et dont je pouvais à présent jouir de nouveau. Lucius soupira, et embrassa mon cou avant de murmurer pour que seul moi entende :

— Qu'est-ce qui te rend si mélancolique ?

— Des souvenirs, répondis-je.

Je me retournai et l'embrassai avant de chuchoter contre ses lèvres :

— On va dans notre chambre ? Je suis fatigué.

Il m'embrassa à son tour puis me prit la main et m'entraîna à sa suite jusqu'à notre chambre.

Nous avions une fenêtre donnant sur la montagne. J'aurais préféré la forêt, mais la chambre étant celle la plus éloignée des autres, il était plus logique que nous la prenions.

Je commençai à prendre mes affaires pour aller me laver et proposai :

— Un bain, ça te tente ?

— Tu n'imagines pas à quel point.

Je souris, et allai déjà dans la pièce, afin de faire couler l'eau. Je commençai ensuite à me déshabiller et Lucius arriva quand je fus pratiquement nu, ouvrant la porte en grand. Moliva qui passait par là, regarda et dit, en prenant Lucius en une franche accolade :

— Petit chanceux !

Je retirai mon pantalon, m'exhibant et dis ensuite :

— Tu dis ça parce que tu n'as pas encore vu de près son corps de rêve. C'est moi le chanceux.

— C'est ça, fit Lucius en repoussant Moliva avant de fermer la porte, bonne soirée.

— Jaloux ? demandai-je en pénétrant dans l'eau bien chaude.

Je gémis de bonheur et m'allongeai, posant la tête sur le rebord de la baignoire. Merlin, nous avions une baignoire !

— Non, rétorqua-t-il en se déshabillant à son tour. Possessif.

— Hum...

Je fermai les yeux et sentis tout à coup une bouche se poser sur la mienne, à l'envers. Sa langue quémanda l'entrée que je lui accordais et il m'embrassa d'une manière si excitante. Mais bon, en définitive, tous ces baisers étaient excitants. Je souris et il fit ensuite le tour de la baignoire pour me rejoindre, se plaçant à l'opposé tout en emmêlant nos jambes.

— Pourquoi es-tu si loin ? boudai-je avec une petite voix de malheureux.

— De mon point de vue, c'est toi qui es loin, rétorqua-t-il en se rapprochant néanmoins, collant son dos contre mon torse. Mieux ?

— Oui, répondis-je en entourant son corps de mes bras.

Je le serrai contre moi, tout en caressant sa peau. Il frissonna et je trempai mes mains dans l'eau chaude avant de recommencer à caresser son corps.

— Et sinon, avec Draco, vous avez pu discuter ? De ce qu'il s'est passé ce matin.

— Oui, souffla-t-il en laissant tomber sa tête contre mon épaule, ses mains caressant mes jambes.

J'attendis qu'il continue, mais le silence étant la seule chose que j'entendis, j'en déduis qu'il ne souhaitait pas en parler. Je chuchotai alors :

— Je suis content que ça se soit arrangé entre vous.

Je les avais vus sourire et parler, c'était donc que les choses s'étaient arrangées entre eux.

— Hm. Je suis désolé.

— De quoi ? demandai-je, ne comprenant pas vraiment la raison de son excuse.

— D'être... Enfin, de t'avoir fait attendre aussi longtemps. Je te prends et ensuite moi je refuse parce que je trouve ça dégradant. Bien que je n'ai jamais pensé que cela te dégradait en quoi que ce soit mais c'est... Bref, je suis désolé.

— Pas de soucis, soufflai-je. Je ne vais pas te mentir, j'ai très envie de toi, mais tu as traversé des épreuves et vécu des choses qui font que cette position te déplait. Je peux vivre avec ça.

Même si de plus en plus, l'idée de le prendre me hantait.

— Hm. Je pensais... tu vas sûrement trouver ça stupide mais est-ce que pour la première fois je pourrais... être au-dessus. Enfin, tu me prendrais mais, tu vois ?

Je l'imaginai au dessus de moi, alors que je le prendrais encore et encore, le verrais rejeter la tête en arrière, se mordiller les lèvres, rougir.

— Oh bordel...

Je déglutis et sentis mon sexe réagir positivement à cette image. Je resserrai ma prise sur lui et mordillai son épaule, léchant ensuite son cou. Je donnai un petit coup de hanche et mes mains descendirent prendre son sexe mou. Je lui prodiguai des caresses et gémis à ses oreilles, taquinant son lobe de mes dents. Il gémit et glissa l'une de ses mains derrière ma nuque, tournant la tête vers moi et m'attirant à lui pour m'embrasser. Je reculai, glissant mon nez vers sa mâchoire avant de murmurer :

— C'est cruel de me mettre de telles images en tête Lucius, très cruel.

— Je ne vois pas de quoi tu parles, murmura-t-il, un sourire dans la voix.

— Sale petit allumeur, fis-je en passant le pouce sur son extrémité.

Mon autre main alla jusqu'à ses fesses que je massai tant bien que mal avant de faufiler un de mes doigts entre. Il se cambra contre moi et resserra sa prise sur ma nuque. Il frotta ensuite son nez contre mon cou et embrassa ma mâchoire tout en ondulant des hanches. Je cessai toutes caresses et posai les bras sur les rebords de la baignoire.

— Je suis ici pour me détendre, pas pour qu'on baise comme des fous.

— Et je suis l'allumeur ? contra-t-il en grognant.

— Oui, ris-je.

Je bougeai un peu le bassin afin que mon érection frotte contre ses fesses si musclées et dis :

— Tu m'allumes en me proposant cette chose qui à l'air si fantastique. Qui allume qui ? Hm ?

— Je ne t'ai rien proposé, j'ai juste énoncé une idée. Pas ma faute si ton esprit s'est emballé.

— Je suis un pervers, tout le monde le sais.

Je souris contre son dos, avant de recommencer à mordiller sa peau. Il claqua sa langue contre son palais puis pinça durement ma cuisse.

— Aie !

Je le pinçai à mon tour et il grogna puis repartit à l'autre bout de la baignoire.

— C'est plus sûr si je reste là, visiblement. Et je préfèrerais être le seul à être au courant de combien tu peux être pervers. Et maintenant que les douches ne sont plus communes, j'apprécierais vraiment si je pouvais être le seul à te voir nu.

— Tu ne veux plus que je montre mon magnifique corps aux autres ?

— Non. Tu t'exhibes déjà bien assez quand tu portes tes cuirs.

Je pouvais comprendre sa demande, mais n'ayant jamais été pudique, je ne savais pas si j'allais pouvoir garder mon corps rien que pour lui.

— J'essaierai de faire attention.

— Merci.

Je pris ensuite l'éponge et le savon afin de commencer à me laver. Je me mis debout, et tout en rejetant la tête en arrière et en laissant un gémissement passer mes lèvres, je me savonnai. Je savais que j'étais un vrai salaud, mais c'était plus fort que moi.

— Charlie... tu m'allumes encore.

— Ça te déplait ? demandai-je.

— Cela dépendra de ce que tu fais ensuite, je suppose.

— Ah bon ?

Je glissai l'éponge sur mon ventre, frottant lentement, minutieusement. Je me cambrai et me retournai, me penchant un peu puis, frottai mes fesses. J'entendis Lucius bouger et quelques secondes plus tard, je sentis ses dents contre ma fesse droite qu'il mordit. Je gémis et soufflai :

— Ce que j'aime sentir tes morsures.

Il sourit contre ma peau et empoigna mon sexe, me masturbant tout en continuant de me mordiller. Mais au bout de quelques secondes, il me lâcha et recula, ne me touchant plus. Je me retournai et le vis de nouveau assis contre la paroi, se lavant même.

— Tu... Argh !

Je sortis de la baignoire avant de finir par le prendre, là, tellement j'étais excité. Je me séchai rapidement puis enroulai la serviette autour de mes hanches. Je me tournai ensuite et me brossai les dents. Je pus néanmoins voir dans le coin du miroir que Lucius s'était à présent levé. Il sortit de la baignoire à son tour, un léger sourire aux lèvres, et commença à se sécher.

— Oh que je me vengerais Lucius, soufflai-je amusé. Tu n'imagines même pas !

— Hm hm, chantonna-t-il.

Je le bousculai un peu et souris, décidant de me raser. Quand j'eus fini, je n'attendis pas Lucius et allai à la chambre, la serviette toujours enroulée autour de mes hanches. Je m'installai sur le lit, frissonnant de son absence et pris le bouquin que j'avais entamé il y avait déjà trois petites semaines. Il me rejoignit quelques minutes plus tard et s'allongea à mes côtés, attrapant quant à lui l'un des livres de Geoffroy sur les Dragons.

— Si tu as des questions, n'hésite pas, je suis là.

— Hm. Pour l'instant ça va, c'est juste fatiguant parce qu'il y a beaucoup de races différentes et qu'elles ont chacune leurs particularités. Mais ce n'est pas vraiment compliqué à comprendre.

— Le tout, après, c'est de ne rien mélanger, car ça peut être fatal, expliquai-je en me tournant vers lui. Quand tu seras dans la réserve, tu n'auras le droit à aucune erreur de jugement sur le Dragon en face de toi.

— Je m'en doute. Je vais tout apprendre, bien sûr, mais je vais surtout retenir les particularités de ceux qui sont ici, car c'est face à eux que je risque de me retrouver.

— Et cela serait une erreur. Nous pouvons accueillir à tout moment d'autres espèces. Soit suite à une capture ou un échange. Tu te dois de tout apprendre Lucius. Geoffroy ne te laissera pas rentrer un seul orteil tant que tu ne connaîtras pas tout sur le bout des doigts, crois-moi.

— Hm. C'est stupide, mais je commence à vous connaître alors cela ne m'étonne pas plus que cela. Et je t'ai dit que j'allais tout apprendre, tu ne m'écoutes pas ou tu fais juste semblant ?

— Apprendre et retenir pour moi sont les mêmes choses. Tu te dois de tout retenir si tu préfères. Mais fais comme tu le sens, après tout, ce n'est pas moi qui restera cloué ici tant que je ne serais pas répondre à toutes les questions de Geoffroy.

Il eut un rire bref avant de souffler :

— Je suis plus malin que tu ne le penses, Charlie. Mais je ne m'en vexe pas.

Je souris et embrassai son poignet avant de reprendre ma lecture.

POV Lucius

Je refermai le livre et me levai. J'étudiais les Dragons depuis trois semaines maintenant, et j'avais dit à Geoffroy que j'étais prêt deux jours plus tôt. Il avait donc décidé de vérifier, parce que d'après lui, c'était un peu rapide.

J'enfilai mes chaussures et sortis de la chambre afin de rejoindre le bureau de Geoffroy. J'arrivais bientôt devant la porte et toquai, soupirant en réalisant que j'aurais peut-être mieux fait de ne pas aller si vite. Après tout, plus je devais étudier, moins vite je me retrouverais devant un vrai Dragon. Parce que oui, je voulais travailler avec eux, mais je n'étais pas particulièrement impatient pour autant. Geoffroy m'invita à entrer et j'ouvris la porte puis allai m'installer en face de lui.

— Salut. Alors comme ça, tu te sens prêt ? demanda-t-il en posant ses pieds sur son bureau.

— Je ne me sens rien du tout. Je suis prêt.

— Okay. Allons-y.

Il me demanda les caractéristiques des Dragons présents sur la réserve ainsi que de deux autres espèces. Il commença avec le Cornelongue Roumain et je n'eus aucune hésitation sur celui-ci. Je m'étais rapidement rendu compte qu'avec Charlie qui ne cessait d'en parler, je connaissais déjà le quart de ce que je devais savoir à leur sujet. Il enchaina ensuite avec le Suédois à museau court, le Dent-de-Vipère du Pérou, le Norvégien à Crête et le Magyar à pointes puis il termina avec le Boutefeu Chinois et l'Opaloeil des antipodes. J'eus une légère hésitation sur ce dernier, que j'avais une mauvaise tendance à penser beaucoup plus léger qu'il ne l'était mais il n'y eut pas particulièrement de problème là non plus. Il me demanda ensuite comment je devais me comporter avec chacun de ses Dragons et les soins qui pouvaient leur être spécifiques.

Il cessa de me poser des questions après au moins deux bonnes heures et relut les notes qu'il avait prises pendant cinq bonnes minutes avant de m'observer pendant au moins autant de temps. Le soleil s'était couché depuis quelques minutes et je n'avais qu'une envie, rejoindre Charlie.

— Bon, tu peux y aller. Je vais analyser ça et t'appellerai pour te donner les résultats rapidement.

— Et tu ne pouvais pas me dire cela il y a dix minutes ? fis-je en me levant, ennuyé qu'il m'ait retenu aussi longtemps pour rien.

— Pourquoi ?

— Pour que je n'ai pas à attendre inutilement.

— Tu n'as pas attendu inutilement.

— Et en quoi cette attente était-elle utile ?

— Cela ne te regarde en rien.

— Bien, soupirai-je avec un sourire plutôt hypocrite plaqué sur le visage. J'espère vraiment que le caractère ne vient pas avec la profession. Sur ce, bonne soirée.

Je quittai le bureau et allai ensuite directement rejoindre Charlie dans la salle à manger. En entrant dans la pièce, je le vis en train de discuter avec Isaac, Hulrick et Carlos que je saluai en m'asseyant à ses côtés.

— Alors ? me demanda Charlie.

— Alors il est toujours aussi fatiguant. Et il me dira ce qu'il en pense quand il l'aura décidé.

Hulrick se mit à rire et Carlos me dit :

— A toi aussi ? Mais bon sang, est-ce qu'un jour on comprendra pourquoi il nous fait attendre comme ça ?

— Pour son plaisir personnel, probablement, répliquai-je en mangeant le pain de Charlie.

— Sers-toi, hein ! fit ce dernier boudeur.

— Oui, merci.

— Et non, il ne le fait pas pour son plaisir, répondit le roux. Il observe si le candidat est content de ses réponses ou non. Enfin, un truc du genre. Je me souviens qu'au début, un jeune gars avait bien répondu à tout, mais ensuite, il a douté de lui-même au point de paniquer. Geoffroy l'a recalé et envoyé ailleurs, si jamais il désirait persévérer.

— Je n'aurais probablement pas ce souci, répliquai-je avec un sourire.

— Alors dans trois jours, tu seras accepté. Il attend toujours trois jours, ajouta Hulrick. Va savoir pourquoi !

Je haussai les épaules puis soufflai :

— Je suis sûr qu'il s'amuse comme un petit fou à voir ses candidats paniquer.

Geoffroy avait vraiment un humour tout à lui et plus je le connaissais, plus je me rendais compte qu'il était vraiment sadique.

— Sinon, comment tu penses t'en être sorti ? demanda Carlos.

— Il m'a posé des questions et je connaissais les réponses. Après, je me méfie quand même, c'est Geoffroy.

— Je suis sûr que tu seras pris. Tu as une tête de génie, répliqua Hulrick avant d'exploser de rire.

Je claquai ma langue contre mon palais et me tournai vers Charlie en haussant un sourcil. Je ne voyais pas ce qui pouvait bien faire rire son ami à ce point.

— Cherche pas, il a reçu une lettre ce matin et il est comme ça depuis.

Il vint ensuite m'embrasser avant de souffler :

— Demain, je fais le matin. Je vais me coucher. Tu restes ici ?

— Non.

Je me levai et le suivis jusqu'à notre chambre après avoir salué les deux autres gardiens. Une fois arrivés, nous nous déshabillâmes et nous glissâmes dans le lit.

Il me serra contre lui, emmêlant nos jambes, tout en commençant à caresser mon dos.

Je lui retournai la caresse et soupirai de bien-être, c'était la première fois depuis trois semaines que je ne lisais pas ce fichu livre sur les Dragons et c'était plaisant. J'enfouis mon visage dans son cou et inspirai son odeur.

Vraiment très plaisant.

OoOoOoOoO

L'après-midi suivait son cours doucement et pour une fois, j'étais en repos. Charlie étant dans la réserve, j'avais décidé d'aller faire un tour à la bibliothèque. La plupart des livres avaient été stockés dans des caisses qui avaient ensuite été miniaturisées et entreposées dans le bureau de Geoffroy, ce qui faisait qu'il n'y avait alors aucun moyen de les consulter. Ou alors fallait-il être très motivé.

Je parcourais les rayons tranquillement, piochant un livre au titre prometteur une fois de temps en temps pour voir s'il avait une chance de m'intéresser. J'en avais pour l'instant pris deux, l'un à propos des dresseurs de Dragons dans l'ancien temps et un autre sur l'histoire de la Roumanie. Si je passais ma vie dans ce pays, je préférais tout autant en savoir le plus possible à son propos.

Je me figeai devant l'un des livres et laissai un sourire étirer mes lèvres en le prenant en main. Cela semblait être la suite d'un livre à l'eau de rose que Charlie avait lu il y a avait maintenant des années. Je le pris pour lui et allai indiquer dans le registre quels livres j'avais emprunté.

Je remontai ensuite dans notre chambre et y rangeai les ouvrages, déposant le roman d'amour sur le coussin de Charlie.

Je redescendis après cela et croisai Geoffroy dans les couloirs. Je le saluai et m'apprêtai à passer mon chemin mais il me retint :

— Es-tu occupé ?

— Pas vraiment non.

Je ne relevais pas le fait qu'il savait parfaitement que j'étais en repos, puisque c'était lui qui faisait les plannings.

— Alors viens avec moi.

Je le suivis jusqu'à son bureau et fus surpris de constater qu'un Auror s'y trouvait déjà. Il me salua et me demanda de lui remettre ma baguette. Je fis ce qu'il voulait après avoir jeté un coup d'œil à Geoffroy. Je n'avais aucune envie que la scène de l'an dernier se répète mais ce dernier m'adressa un sourire encourageant qui me détendit.

L'Auror lança un sortilège sur ma baguette qu'il me rendit ensuite avant de faire signer un papier à Geoffroy et de repartir. Je la fis tourner entre mes doigts, me demandant ce qu'il avait pu y faire exactement. Je sentais qu'il y avait quelque chose de différent, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus.

— Ne trainons pas. Suis-moi !

Avant que je n'aie pu ajouter quoi que ce soit, il avait déjà quitté son bureau, deux balais en main, et je dus presque courir derrière lui pour le rattraper, ce que je ne fis évidemment pas. Nous sortîmes du bâtiment et nous retrouvâmes quelques minutes plus tard devant le portail de la réserve.

— Bon ! Ne me quitte pas des yeux, reste détendu le plus possible, les Dragons ressentent le stress. Et reste sur tes gardes !

— Pourquoi est-ce que...

Je m'interrompis alors qu'il ouvrait le portail et pénétrait à l'intérieur de la réserve. J'inspirai profondément puis le suivis et pris le balai qu'il me tendit. Bon, j'étais de retour dans la réserve, mais ce n'était pas la fin du monde, j'avais voulu être là, de toute façon. De plus, je l'avais déjà fait une fois, et je n'en étais pas mort. Et puis, cette fois-ci, la vie de Charlie n'était pas en danger.

Je me plaçai aux côtés de Geoffroy qui m'observait du coin de l'œil et pris une profonde inspiration. Je me sentais étonnamment détendu, finalement. Plus que je ne l'aurais pensé. Je ne savais pas si c'était par dépit, puisque après tout m'angoisser ne m'aiderait pas même si un Dragon essayait de me tuer, ou si j'avais juste tellement envie de voir Charlie évoluer dans la réserve que je n'en avais rien à faire du reste.

— Prêt ? demanda Geoffroy en refermant le portail.

— Oui.

Du moins l'espérais-je.

— On va y aller doucement. Je te fais faire le tour. Allez, décollage, rit-il en s'élançant.

Je m'élançai derrière lui et observai mon environnement tout en gardant un œil sur lui. Beaucoup de forêt et de rochers, comme je m'y étais attendu, et des montagnes également. Autrement dit, l'endroit idéal pour que des Dragons puissent se cacher.

Parfait.

Nous arrivâmes dans une petite prairie et j'aperçus immédiatement les deux Norvégiens à crête et leur petite femelle, les reconnaissant immédiatement à leurs écailles noires et leurs cornes couleur de bronze. Ils nous jetèrent un regard mais ne semblèrent pas se préoccuper de nous plus que cela.

Bien.

Geoffroy se remit en route et nous rejoignîmes bientôt le Suédois à museau court de la réserve, que Charlie avait nommé Silvery. Il nous observa quelques secondes puis se désintéressa de nous. Le fait que les Dragons étaient maintenant habitués aux gardiens était tout de même un avantage certain. Nous repartîmes et au bout de quelques secondes, deux Dent de Vipère du Pérou semblables en tous points arrivèrent dans notre direction. Geoffroy les évita facilement, tout en douceur, et j'essayai d'en faire de même. Je ne dus pas trop mal me débrouiller parce qu'ils ne décidèrent pas de revenir sur leurs pas pour me brûler vif. Je remarquai néanmoins qu'ils avaient l'air turbulent et décidai immédiatement de les nommer Fred et George. Je ne les reconnaîtrais probablement jamais mais je me contenterai alors de faire comme pour les originaux et les appeler les jumeaux Weasley.

Je souris et secouai légèrement la tête alors que nous nous arrêtions. Je vis que Geoffroy fixait quelque chose et me concentrai à mon tour, remarquant après quelques secondes les écailles d'un Magyar à pointe. Geoffroy me fit un signe de tête après avoir constaté que j'avais vu le Dragon puis nous reprîmes notre vol à travers la réserve.

Nous arrivâmes au niveau de ce que Geoffroy me décrivit comme étant la pointe de la Fureur et je me dis qu'elle portait bien son nom en voyant un Dent-de-Vipère s'agiter tout autour. C'était probablement Storme.

— C'est ici que se passe l'échange de tour de garde.

J'acquiesçai et nous continuâmes de voler. Nous revînmes sur nos pas puis tournâmes brutalement à droite. J'aperçus Moliva sur son balai, une centaine de mètres plus loin. Nous la rejoignîmes bientôt et même si je savais ce que j'allais voir en regardant en bas, je me figeai en observant Charlie caresser le Cornelongue Roumain. Ce dernier remarqua notre arrivée et je vis ses yeux bleu nuit se fixer sur moi. Bon, puisque c'était le meilleur ami de Charlie, il serait probablement préférable que je ne le vexe pas, même si j'espérais que Charlie interviendrait en ma faveur, si pour une raison ou une autre, Émeraude décidait de s'en prendre à moi.

Mais il ne fit que me regarder avant de détourner son attention vers Charlie qui s'était placé devant... sa gueule.

Je déglutis difficilement et me retins de me précipiter en bas pour le dégager de là. Je savais que cela serait une très mauvaise idée et que Charlie était supposé ne rien risquer là en bas mais tout de même, j'aurais vraiment préféré s'il pouvait juste reculer d'un pas ou deux.

Ou de quinze mètres.

J'avais mal aux mains tellement elles enserraient fort le manche du balai et je fermai les yeux une seconde tout en prenant une profonde inspiration. Charlie avait survécu les douze dernières années, il n'y avait aucune raison pour qu'il lui arrive quelque chose maintenant. J'expirai doucement et rouvris les yeux.

Charlie était maintenant sur le côté, caressant la queue.

Ce qui était une nette amélioration, de mon point de vue, mais c'était encore loin d'être parfait. Je jetai un œil aux deux autres gardiens et remarquai qu'ils étaient en admiration devant ce qu'ils voyaient. Je comprenais que ce que Charlie vivait était quelque chose de très rare et probablement formidable, mais j'étais plus inquiet pour mon compagnon que subjugué par sa relation avec le Dragon.

Compagnon.

Ce mot me plaisait.

— Bon allez, on doit finir le tour de la réserve. Lucius ?

Je me tournai vers Geoffroy mais reportai immédiatement mon attention sur Charlie et la bête. Il voulait vraiment que je le suive et le laisse ici tout seul avec le Cornelongue ? Moliva m'adressa un sourire encourageant et me fit un signe de tête.

Je constatai que Geoffroy m'observait attentivement et soupirai avant de le suivre. Si j'avais refusé d'aller avec lui, j'étais certain qu'il m'aurait jeté dehors sans aucune chance de pouvoir revenir ici un jour. Ce qui n'était absolument pas dans mes plans.

POV Charlie

Je revenais de ma garde et n'avais qu'une hâte, retrouver Lucius et lui faire passer une nuit de folie. Le voir sur son balai cet après-midi, entièrement vêtu de cuir, les cheveux au vent et les yeux pétillants m'avait donné des envies. Ou plus précisément une envie.

Depuis qu'il en avait parlé, j'avais décidé de le laisser choisir, mais une semaine était passée et toujours rien. Je commençais à me demander s'il n'attendait pas que la demande vienne de moi. Et le voir plus tôt avait éveillé en moi cette envie, ce désir de le voir se déhancher, s'empaler sur moi, gémir et onduler des hanches. Mon sexe réagissait déjà positivement à cette vision et bordel, j'espérais très fortement qu'il allait se laisser faire. Je fus rapidement dans le salon, mais il était vide. J'allai alors dans la salle à manger et vis Carlos et Lucius. Je souris et pris place près du blond.

— Alors comme ça, on drague dans mon dos ?

Il me jeta un regard amusé puis leva les yeux au ciel avant de soupirer :

— Bien sûr, après toi et Geoffroy, je me suis dit que je pourrais essayer Carlos.

— Ne soyez pas égoïste. Pensez à moi, un plan à trois, ça doit être très excitant.

Lucius me pinça la cuisse et je ris avant d'agripper sa nuque et de l'attirer à moi pour un baiser explosif. J'étais à bout de souffle quand je me séparai de lui. Carlos était tout rouge, mais il souriait.

— C'était pour quoi ça ? souffla Lucius contre mes lèvres. Si c'est la perspective d'un plan à trois qui t'excite tant que ça, je préfère te le dire, tu vas être déçu.

— Les mecs, trouvez-vous une chambre, râla Carlos, il y a des célibataires de longue date dans la pièce.

— Oui oui, fis-je en me levant et en prenant la main de Lucius.

Il se leva à son tour et passa immédiatement son bras autour de mes hanches pour m'attirer à lui et déposer un baiser dans mon cou.

— Et ça, c'est en quel honneur ? murmurai-je au creux de son oreille.

— En l'honneur que je t'aime, chuchota-t-il, faisant ensuite un son étrange. Et tu me rends définitivement trop mièvre.

Je ne répondis pas et le serrai contre moi, puis pris le chemin de notre chambre, le gardant collé à mon corps. Je le plaquai contre un mur du couloir, l'embrassant avidement et je pris le risque de soulever une de ses jambes. Il grogna contre mes lèvres, et me mordit puis demanda :

— Qu'est-ce que tu fais ?

Je gémis et ne répondis pas, ondulant contre lui, sans lâcher sa jambe.

— Charlie, soupira-t-il après quelques secondes, on serait mieux dans notre chambre non ?

Je hochai la tête et le pris dans mes bras, entourant mes hanches de ses jambes. Il hoqueta et entoura mon cou de ses bras, tout en soufflant :

— Et ça, c'est en quel honneur ?

— Parce que je t'aime, répondis-je en nous dirigeant vers la chambre.

— Copieur, répliqua-t-il avec un sourire avant de m'embrasser profondément.

Il colla ensuite sa bouche dans mon cou qu'il lécha et mordilla plus ou moins doucement. Je grognai et me dépêchai de nous conduire jusque dans la chambre. Je poussai la porte du pied et la fermai de la même manière, la claquant. Je plaquai Lucius contre et repris sa bouche, la pénétrant de ma langue. Je commençai ensuite à défaire ses boutons de chemise, touchant sa peau dès que je le pouvais. Lucius agrippa mes cheveux et commença à balancer ses hanches contre les miennes.

Je retirai sa chemise rapidement, et séparai nos bouches pour enlever mon haut. Nos torses se touchèrent et cela me rendit encore plus excité que je ne l'étais déjà... et je n'aurais pas cru que cela soit possible. Je mordillai sa lèvre puis déviai vers sa mâchoire alors que mes mains s'attelaient à lui défaire son pantalon de cuir. Je pus sentir que son sexe était déjà dressé et je léchai sa peau avant de gémir plus fortement, allant ensuite mordiller son oreille.

Il gémit à son tour et glissa une main entre nous pour tirer sur les liens de mon pantalon de cuir, les défaisant avec plus ou moins de facilité, ses hanches ondulant contre les miennes. Quand il eut réussi, je baissai tant bien que mal son pantalon puis le mien et soupirai de contentement au moment où nos sexes se touchèrent enfin. Je commençai ensuite à me frotter à lui, enfouissant ma tête dans le creux de son cou. Lucius grogna et mordilla le lobe de mon oreille, resserrant sa prise sur ma nuque alors que son autre main caressait le bas de mon dos, ses doigts glissant parfois entre mes fesses.

Voulant le goûter, je nous guidai jusqu'au lit, le plaçant sur le dos. Je n'attendis pas et descendis mes lèvres le long de son torse pour prendre sa hampe en bouche. Je tendis aussi le bras et pris un tube de lubrifiant avant d'en enduire mon doigt que je glissai entre ses fesses, caressant son anneau de chair puis de le pénétrer. Je jouai de ma langue, faisant des va-et-vient sur sa longueur alors que mon doigt en faisait de même en lui.

Il était chaud, délicieusement chaud. Il gémit et haleta, sa main sur ma nuque allant dans mes cheveux qu'il empoigna alors qu'il ondulait des hanches de façon indécente. Cela le faisait aller encore plus loin dans ma bouche et j'adorais ça. Je fis glisser mes dents tout en ajoutant un second doigt en lui. Il gémit et remonta ses hanches, allant au fond de ma gorge. Je le lâchai et pris une grande inspiration, essayant de faire partir l'envie de vomir qui m'était venu.

— Merlin, parvint-il à articuler entre deux inspirations difficiles, visiblement essoufflé. Désolé.

J'incurvai mes phalanges, tapant dans sa prostate et il rejeta la tête en arrière. Je le repris en bouche et de nouveau, il agrippa mes cheveux, tirant dessus, me faisant frissonner. Je bougeai mes doigts de plus en plus vite, plus profondément et cessai au bout d'interminables minutes. Je me redressai sur les genoux, lâchant par la même son sexe et retirai son pantalon ainsi que le mien. Je fis une trainée de baisers le long de sa jambe, passant par l'intérieur de sa cuisse, recommençant ensuite à le pénétrer, mais avec un doigt en plus. Il grogna, gémit et bougea ses hanches, et je léchai son sexe de haut en bas, taquinant son extrémité puis remontant pour mordiller ses pointes durcies par le plaisir.

J'allai après ça l'embrasser à pleine bouche, liant nos langues avidement, comme si nous ne nous étions plus embrassé depuis une éternité. Je me plaquai contre lui, ondulant du bassin avant de sortir de son corps, glissant mes mains dans son dos puis inversant nos positions.

POV Lucius

Charlie inversa nos positions et je me retrouvais au-dessus de lui. Je me mordis les lèvres et recommençai à onduler des hanches.

On y était.

Je me penchai et l'embrassai profondément, faisant reculer cette appréhension stupide. Cela faisait près de trois ans que je repoussai ce moment, j'avais attendu assez longtemps. Et surtout, j'avais fait attendre Charlie assez longtemps.

J'attrapai le lubrifiant et en fis couler sur son sexe que je caressai quelques secondes. Je posai ensuite mes mains sur ses hanches et ancrai mon regard dans le sien avant de me surélever un peu et de poser mon entrée contre son gland.

— Oh... Je... Je t'aime bordel de merde !

Je souris une seconde puis me mordis violemment la lèvre en me laissant glisser sur lui. Je serrai les dents et fermai les yeux. Je savais qu'il m'avait préparé du mieux possible, mais cela faisait tout de même mal. Je me détendis au maximum et pris une profonde inspiration avant de m'empaler sur lui jusqu'à la garde d'un seul coup. Je cessai ensuite de bouger et desserrai quelque peu ma prise sur ses hanches en réalisant que je les empoignai vraiment fort. Je ne bougeai plus et attendis que la douleur devienne seulement de l'inconfort pour rouvrir les yeux afin de regarder de nouveau Charlie.

— Juste... ne bouge pas, sinon je viens dans la seconde. Je...

Il rejeta la tête en arrière et agrippa mes hanches, les serrant.

Je me passai la langue sur les lèvres, le trouvant magnifique. J'oubliai ma position et fis glisser mes mains sur son ventre en de douces caresses. Sa demande de ne pas bouger pour l'instant m'arrangeait, je devais bien l'avouer. Ça me brûlait toujours un peu mais je décidai de me concentrer sur le fait que j'aurais pu le faire jouir aussi rapidement, cette idée m'excitant plus que de raison. Mon sexe, qui s'était quelque peu ramolli, se durcit de nouveau complètement et je me penchai légèrement pour taquiner l'un de ses boutons de chair avec deux de mes doigts.

Ce faisant, je bougeai légèrement et sentis son membre sortir quelque peu de moi, me faisant gémir et grogner en même temps.

Il se mordit les lèvres avant de faire un petit mouvement de bassin.

J'en fis un en retour puis reposai mes mains sur ses hanches, me relevant afin de me glisser le long de son membre une fois de plus. Ce n'était plus vraiment douloureux et me sentir rempli de cette façon était très excitant, surtout allié à la vue de Charlie en dessous de moi, les joues quelque peu rougies par le plaisir et ses dents mordillant ses lèvres. Je refis ce mouvement plusieurs fois, l'irritation de ma peau disparaissant pour laisser place à quelque chose de chaleureux, et bon.

— Oui... comme ça, bouge. Tu es si beau, si chaud, si étroit.

Je gémis à ses mots et continuai de bouger contre lui de la même façon jusqu'à ce que son sexe heurte ce que j'identifiai comme ma prostate. Je me figeai et grognai fortement tout en ancrant mes doigts dans la peau de ses hanches. Je refis le même mouvement et mon souffle commença à devenir erratique. Cela devenait bon, vraiment très bon. Mais je voulais que Charlie soit plus proche.

Je me penchai sur lui et l'embrassai profondément puis roulai pour inverser nos positions. Je passai mes jambes autour de ses hanches et mes bras autour de son cou pour l'attirer à moi le plus possible, sans jamais cesser de l'embrasser.

Il commença à bouger, m'embrassant passionnément avant de séparer nos lèvres et de dire :

— Je t'aime, je t'aime, je t'aime...

— T'aime aussi, soufflai-je contre sa bouche.

Et il n'avait aucune idée d'à quel point. Je plaquai de nouveau ma bouche contre la sienne puis laissai glisser ma langue le long de sa gorge. Mes hanches allaient à la rencontre des siennes de façon de plus en plus incontrôlée. Je léchai le lobe de son oreille et murmurai, entre deux gémissements :

— Je peux te mordre ?

J'allais probablement le faire de toute façon, mais c'était toujours plus poli de demander. Il s'enfonça en moi avec plus de force et je glapis alors qu'il heurtait ma prostate une fois de plus.

Il souffla un maigre oui, puis donna un coup de rein plus puissant.

Je fermai les yeux et enfonçai mes mollets dans ses fesses pour qu'il vienne plus profondément en moi. Je plaquai mes dents contre son cou et léchai sa peau avec ma langue alors que ses mouvements devenaient de plus en plus puissants et désordonnés. Je glissai ma main entre nous pour toucher mon membre mais il heurta ma prostate une fois de plus et je m'effleurai à peine avant de jouir, le mordant profondément et sentant mes chairs se resserrer autour du membre de Charlie qui vint quelques secondes plus tard dans un dernier et profond coup de reins.

Il se laissa tomber sur moi et je desserrai mes dents quelques secondes plus tard, léchant doucement sa peau. Il allait avoir une magnifique marque et j'adorais cela, surtout que celle-ci serait visible à moins qu'il ne mette un pull à col roulé, vêtement qu'il ne possédait pas. Un léger sourire fleurit sur mes lèvres et je me demandais pourquoi il m'avait fallu tant de temps pour accepter cela. Draco avait raison, c'était magique. Et bien meilleur que ce à quoi je m'étais attendu.

Je frottai mon nez doucement contre la nouvelle marque de Charlie et passai ma main dans ses cheveux en caressant son dos.

— Je voudrais que le temps s'arrête, murmura-t-il.

Je déposai un baiser sur sa tempe, souriant, puis soufflai :

— Je ne peux pas arrêter le temps, mais on peut rester comme cela aussi longtemps que tu veux.

J'adorais l'avoir contre moi de cette façon et son sexe toujours en moi n'était pas si dérangeant, même si ce serait probablement mieux qu'il se retire. Je me souvins vaguement avoir trouvé cette position humiliante et me demandai à présent pourquoi. Après tout, c'était Charlie, et tout ce que je faisais avec lui avait une fâcheuse tendance à devenir incroyablement bon et agréable.

Il marmonna quelque chose que je ne compris pas et s'enleva de moi avant de se repositionner, bougeant ainsi un peu des hanches et frottant nos sexes ensemble.

Je me sentis durcir de nouveau et soufflai :

— Charlie...

— Oui, c'est moi, rit-il en m'embrassant.

J'approfondis le baiser et bougeai mes hanches à mon tour afin d'inverser nos positions pour pouvoir le surplomber. Je me frottai doucement contre lui puis demandai :

— Tu me laisserais comparer ?

— Tout ce que tu veux, même si je ne te comprends pas là, avoua-t-il en empoignant mes fesses.

Je souris et l'embrassai une fois de plus puis écartai un peu ses jambes pour me glisser entre elles et presser mon gland contre son entrée.

— Comparer, répétai-je après avoir léché sa marque. J'ai peur d'avoir trop aimé que tu me prennes pour ne plus savoir apprécier l'inverse.

C'était évidemment un mensonge, mais j'avais vraiment très envie de lui, cela était certain.

— Alors je suis tout à toi, fit-il en écartant un plus les jambes.

Je mordis sa mâchoire et attrapai le lubrifiant, en étalant sur mes doigts avant de déposer une trainée de baiser le long de son corps.

Merlin, je n'allais jamais me lasser de cet homme.

POV Charlie

Je devais sourire comme un idiot, vu les coups d'œil que m'envoyait Hulrick. Moliva étant partie quelques jours dans sa famille, c'était lui qui était à présent de garde avec moi. Je zigzaguai, avant de monter puis descendre. Hulrick distribua le repas aux Dragons plus bas et je souris, ne cessant pour ma part de penser que depuis une semaine, Lucius et moi étions plus heureux que jamais.

Et savoir que sa peine allait bientôt finir, puisqu'il ne lui restait plus qu'une année à faire, me procurait encore plus de bonheur. Une année et il serait libre, libre de voir son fils, d'être plus heureux et de ce fait, me rendre plus heureux. Et puis, savoir qu'il aimait faire ce que je faisais, même si je savais au fond de moi qu'il le faisait en partie pour me voir et me surveiller, était un vrai plaisir.

— La Terre appelle Charlie ! fit Hulrick en claquant des doigts devant mes yeux.

Je revins à moi et dis :

— Quoi ? Tu disais quoi ?!

— Je te disais que j'ai fini et qu'on peut bouger. T'as de la chance que ce soit moi qui te vois perdu dans tes pensées en plein milieu de la réserve. Je préfère ne pas penser à ce qu'aurait dit Geoffroy...ou ton mec, termina-t-il avec un léger rire.

Je haussai les épaules et me dis ensuite, en reprenant la route, qu'il avait raison. Je ne devais pas être aussi distrait. Quand nous arrivâmes près du couple de Cornelongue et leur fils nous nous stoppâmes en plein vol. Les minutes passèrent et nous allions reprendre notre ronde, sachant qu'Hulrick me permettait de regarder Émeraude un peu plus longtemps que la normale, quand la voix de Geoffroy retentit :

— Qu'est-ce que vous faites encore là ?

Lucius était avec lui et je lui fis un clin d'œil avant de répondre :

— On a trainé un peu, c'est ma faute.

— C'est bon Hulrick, tu peux y aller, on va rester avec Charlie, répliqua Geoffroy au bout de quelques secondes supplémentaires.

Hulrick acquiesça et je souris, comprenant que je pouvais aller "jouer" avec Émeraude. Je descendis et me posai au sol, puis avançai sans crainte vers la bête qui se tourna vers moi. Émeraude sembla agité mais vola pour me rejoindre, s'allongeant ensuite. Je souris et le caressai comme j'en avais prit l'habitude. Il était plus chaud, et même vibrant sous mes doigts. Je fronçai les sourcils et me retournai vers les deux autres, qui étaient en vol stationnaire.

J'allais devoir en toucher deux mots à Geoffroy. Je ne savais pas si un Dragon pouvait attraper de la fièvre, n'en ayant jamais réellement vu un en avoir, mais cela ne restait pas impossible. Je fis le tour d'Émeraude, vérifiant qu'il n'avait rien et tout à coup, il posa sa grande queue devant moi. Je sursautai et fis demi tour, seulement, il bougea et bientôt, je fus bloqué, enfin... je pouvais me sortir de là par ma droite, mais je devais d'abord comprendre ses gestes. Il poussa un rugissement qui semblait non agressif et je fronçai les sourcils de nouveau. J'entendis ensuite une voix crier du ciel :

— Vas-y Charlie, il n'attend que cela et toi aussi.

Oh...

Je n'attendis pas, étant sûr que Geoffroy couvrait mes arrières si problème il y avait. Je montai, posant le pied sur sa queue. Émeraude fit un bruit que je n'avais encore jamais entendu et cela ressemblait à un soupir de contentement. Mon cœur s'emballa alors que je me plaçais sur sa nuque, les jambes écartées. Il était chaud, plus chaud encore qu'avant et il n'attendit même pas que je m'agrippe à lui avant de s'envoler.

Je glapis de surprise et empoignai une sorte de pique en serrant les cuisses. Le vol était différent de sur un balai et le vent me décoiffant était juste un plaisir. Je fermai les yeux et une vague de chaleur m'envahit. Mon cœur fit une embardée et Émeraude tomba en piqué avant de lancer des flammes. Je pus sentir leur chaleur jusqu'ici et voulus crier mon plaisir, mais j'avais peur qu'il réagisse mal.

Nous volâmes quelques minutes, montant et descendant. A un moment, il monta plus haut et je compris avant même qu'il ne le fasse qu'il s'apprêtait à faire un looping. Je déglutis, ne pouvant pas lui dire stop et m'agrippai à lui de toutes mes forces. Je lâchai un cri en me sentant me décoller de lui de quelques centimètres avant d'être recollé à lui dans la descente. Je souris en voyant Geoffroy et Lucius nous suivre de loin. L'excitation monta en moi quand la femelle nous rejoignit, son fils dans la gueule.

Une nouvelle vague de chaleur me submergea et bientôt, j'avais l'impression d'avoir le corps couvert de flammes, même si ce n'était pas douloureux. Je tremblai alors qu'il nous amenait au-dessus d'un regroupement de Dent-de-Vipère. Ils se joignirent à nous et cela me mit mal à l'aise. Si l'un d'eux désirait me croquer, il n'avait qu'un mouvement à faire, mais aucun d'eux ne le fit.

Je tournai la tête et vis que Geoffroy et Lucius avaient pris leurs distances. Et si je ne voulais pas chuter, je ne pouvais pas me permettre de tenir ma baguette. Là, ça devenait dangereux.

Une vague de chaleur, plus forte que les autres me submergea et je dus fermer les yeux alors que je voyais au loin le Magyar à Pointe. Par Merlin, pourquoi fallait-il que tout aille mal ? Je l'entendis rugir et pousser son cri aigu et je bandai les muscles, appréhendant ce qu'il pourrait me faire.

Mais il se contenta de se joindre au vol. Que se passait-il ? Une autre vague de chaleur monta en moi et je faillis lâcher prise sous la force de cette dernière. Je commençai à voir des tâches noires et m'obligeai à garder les yeux ouverts. Seulement, après quelques minutes, il ne resta que le néant.


Nous espérons que ce deuxième chapitre vous a plu. N'hésitez pas
à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Abby and Jes