Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac et Abigail sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Bêta correctrice : Westyversionfrench

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.

Périodicité de publication : Un chapitre tous les quinze jours, si on arrive à garder le rythme avec nos cours respectifs -)


Note commune des auteurs : Ca fait un moment, mais nous avons perdu la motivation de publier, tout simplement. Quand on voit le travail, le temps que ça prend pour vous proposer un chapitre un tant soit peu correcte, et le retour qu'on a… ça n'a pas de poids dans la balance. Faut vous faire à l'idée que ce chapitre sera peut-être le dernier qu'on mettra en ligne, malgré les 26 autres derrière qui attendent et les trois autres fanfictions complètement finies à l'écriture elles aussi. On ne demande pas cinquante reviews par chapitre, donc pas besoin de comprendre ça comme un chantage. Mais un minimum de retour bon sang, parce qu'on a une vie, des études, une passion pour l'écriture sur le côté. On n'a pas que ça à faire de perdre du temps en correction, relecture, re-correction pour publier et avoir si peu de retour. Bref, bonne lecture.


Merci énormément à Imanii, honey1607, Haley Black, dobbymcl, holybleu, Imaniis, Sunny0, Typone Lady pour leur review qui nous ont vraiment faites plaisir.


Partie II

Bairim

Chapitre 3

POV Charlie

Je perçus vaguement une main me caresser les cheveux et tentai d'ouvrir les yeux mais la lumière aveuglante me les fit fermer rapidement. J'entendis alors une voix me murmurer au creux de l'oreille :

— Tout va bien, reste calme.

Je gémis, de douleur ou de bien être, je ne savais pas moi-même et ouvris les yeux une fois de plus. Comme je l'avais pensé, c'était Lucius qui me caressait les cheveux. Je me souvins ensuite qu'avant de me réveiller, j'étais encore sur Émeraude et demandai difficilement, ma gorge étant sèche :

— Que s'est-il passé ? Comment suis-je arrivé ici ?

Car j'étais à l'infirmerie.

— Tu t'es évanoui. Encore. Et je t'ai ramené ici, une fois de plus. Enfin, Émeraude t'a ramené au portail, comme la dernière fois et Geoffroy et moi nous sommes occupés du reste du trajet.

Je hochai la tête, puis, j'eus chaud et voulus me dévêtir, mais je me rendis compte que j'étais nu. Je soupirai alors et soufflai :

— Désolé.

— Hm. Je ne vais pas m'énerver, parce que tu as de la fièvre et semble encore être malade. Mais si tu refais quelque chose comme ça, je te tue de mes propres mains.

Je fermai les yeux, réalisant que j'avais vraiment agi de manière irréfléchie. Une personne entra, le bruit de la porte se refermant me l'apprenant et j'entendis :

— Bon sang, les Dragons sont tous regroupés autour du Cornelongue. On n'avait jamais vu ça et Geoffroy est carrément en admiration devant eux depuis presqu'une heure. Les autres y sont aussi, Isaac est en train de filmer le tout, je suis juste venu voir comment va Charlie.

— Carlos, soufflai-je. Vas-y, je vais bien.

— Heureux de voir que tu es réveillé. De là à dire que tu vas bien.

Il posa sa main sur mon front et glapit :

— Merlin, t'es brûlant ! On t'a déjà donné une potion pour la fièvre pourtant. Ça aurait dû avoir fait effet, non ?

— Merci pour ta remarque pertinente, Carlos, fit Lucius d'une voix agacée en me tendant un verre d'eau. Ça aurait dû baisser dès qu'on lui a donné cette fichue potion. Mince Charlie, qu'est-ce que ce Dragon t'a fait à la fin ?

— Rien...

Bien que je pouvais me souvenir des vagues de chaleur que j'avais ressenties pendant le vol. Je bus quelques gorgées mais abandonnai rapidement, me sentant à bout de forces. Je reposai ma tête, lourde, et fis d'une petite voix :

— Je crève de chaud...

— Sauf que tu es déjà nu, Charlie, rétorqua Lucius, et il ne fait pas si chaud que ça dans la pièce.

Il se leva et revint quelques secondes plus tard avec un tissu humide et frais qu'il colla contre mon front.

— Mieux ? demanda-t-il ensuite.

Je hochai la tête, soupirant. Seulement, après quelques minutes, j'eus de nouveau très chaud et mon corps trembla brutalement. Je gémis, de douleur et fermai les yeux.

— Carlos, va chercher Geoffroy, maintenant ! entendis-je Lucius lui ordonner. Retrouvez-nous dans la salle de bains du rez-de-chaussée.

Il me plaça sur le côté, probablement pour éviter que je ne m'étouffe avec ma propre langue puis soupira :

— Allez Charlie, arrête de faire ça. S'il te plait.

POV Lucius

Je tournai en rond dans la salle à manger, attendant impatiemment des nouvelles de Charlie.

Alors qu'il convulsait, je l'avais emmené dans la salle de bains et plongé dans un bain froid. Il s'était calmé assez vite mais je m'étais rapidement rendu compte qu'il s'était évanoui une fois de plus. Geoffroy et les autres étaient arrivés rapidement pour l'emmener à un hôpital en Roumanie et je m'étais retrouvé bloqué ici. Carlos et Johanna étaient partis avec eux, Isaac et Abigail s'occupaient de la réserve, tandis qu'Hulrick était là pour garder un œil sur moi.

Ce qui m'agaçait plus encore.

Ils étaient partis depuis des heures maintenant et je n'avais toujours aucune nouvelle. Par Salazar, pour ce que j'en savais, il pouvait être mort. Je cognai mon point contre la table et m'assis dix secondes avant de me relever et de recommencer à parcourir la pièce en long, en large et en travers. Je n'arrivais pas à croire que je me retrouvais bloqué ici.

— Calme-toi. Si jamais tu te blesses, Charlie va me massacrer.

— Bien sûr, ris-je d'un rire sans joie. Enfin pour cela, il faudrait qu'il soit en état de faire quelque chose !

Et qu'il ne soit pas mort. Merlin, s'il vous plait, faites qu'il ne soit pas mort. Pourquoi fallait-il toujours que ma vie finisse par tourner au cauchemar ? Une fois de plus, tout allait bien et voilà, Charlie tombait inexplicablement malade. J'aperçus quelqu'un arriver par transplanage à travers la fenêtre et me précipitai à l'extérieur pour rejoindre Johanna. Elle était revenue seule et je ne savais pas si c'était une bonne ou une mauvaise nouvelle.

— Alors ? lui demandai-je immédiatement.

— Je...

Elle se tut et avança, me rejoignant et me prenant le bras.

— Les médicomages ont tout tenté mais ils n'ont pas réussi à trouver la cause de la fièvre. Leurs moyens sont limités ici. Mais Charlie s'est calmé pendant un petit moment alors ils l'ont transféré à Sainte-Mangouste par Portoloin médical.

Je la repoussai et soufflai :

— Il est en Angleterre ?

Je sentis une boule se former dans ma gorge et me demandai si les choses auraient pu être pires. Il se trouvait maintenant à des milliers de kilomètres de là où j'étais.

— Oui, avoua-t-elle. Geoffroy est avec lui, ainsi que Carlos. S'il se passe quoi que ce soit, nous serons rapidement au courant.

— C'est ça, et s'il se passe quelque chose de... Je serais juste bloqué ici.

— Arrête de penser ainsi, Charlie est fort. Allez viens, on rentre.

Hulrick, qui nous avait rejoins, voulu me prendre par le bras mais je le repoussai et partis en direction de la forêt après avoir soupiré :

— J'ai besoin d'air.

Ils ne me suivirent pas et j'en fus soulagé. Je marchai quelque peu puis m'adossai contre un arbre, me rappelant ce moment où, deux ans plus tôt, je m'étais réfugié ici pour échapper à Charlie.

Tout ce que je voulais aujourd'hui, c'était le retrouver.

Quand je l'avais vu monter sur ce Dragon, j'avais jeté un regard noir à Geoffroy pour l'avoir autorisé à faire cela et avais pesté intérieurement contre Charlie pour ne même pas m'en avoir parlé. Puis les autres Dragons avaient commencé à tous agir étrangement et on n'avait plus vu le Cornelongue.

Ni Charlie.

J'avais paniqué et Geoffroy m'avait trainé jusqu'à la barrière, me disant qu'avec de la chance, il serait là-bas, et que sinon, on demanderait aux autres de venir nous aider à le retrouver. Et on avait eu de la chance, le Cornelongue l'avait déposé là et une fois que je m'étais retrouvé près de Charlie, il s'était envolé.

Je serrai les mâchoires et tapai contre l'arbre. Je détestais ce fichu Dragon. Et j'en voulais à Charlie pour ne pas m'avoir parlé de ses plans et avoir ne serait-ce que pensé que voler sur ce dragon serait une bonne idée. Comment avait-il osé faire cela ? Comment osait-il me mettre dans cet état ? J'essayai de vider mon esprit et de ne pas imaginer Charlie mort sur un lit d'hôpital à Sainte Mangouste, mais c'était dur. Plus que n'importe quoi d'autre. Je ne pouvais tout simplement pas arrêter de penser au fait que j'étais en train de le perdre. Et que je ne pouvais même pas être prêt de lui.

En plus, maintenant qu'il était en Angleterre, il n'y avait aucune chance pour que le Ministère m'autorise à lui rendre visite. Je fermai les yeux et les rouvris quelques secondes plus tard, réalisant que je voyais flou. Je posai mes mains contre eux et essuyai rageusement les larmes qui menaçaient de couler à tout moment.

Je me détestais d'être si faible.

Et je détestais Charlie.

Ou plutôt j'aurais voulu le détester, parce que l'aimer en cet instant était devenu bien trop douloureux.

J'avais besoin de voir Draco. Mais sa visite n'était pas avant plusieurs jours et je n'avais pas de moyen de le contacter rapidement, un hibou prenant trop de temps. Au bout de plusieurs minutes au cours desquelles j'essayai de me calmer, je repartis en direction du camp, me rassurant en me disant que les Weasley étaient probablement au courant et prêts de lui. Je montai directement dans notre chambre et m'allongeai sur le lit après avoir claqué la porte, enfouissant mon nez dans le coussin portant l'odeur de Charlie.

Je me détendis le plus possible et fermai les yeux, espérant m'endormir rapidement.

OoOoOoOoO

Je me réveillai en sursaut et regardai autour de moi, cherchant Charlie. Seulement, j'étais seul dans le lit et je me laissai retomber en arrière en me souvenant qu'il était malade, et à Sainte Mangouste. Mon cœur battait très rapidement et je ne cessai de revoir les images de mon rêve défiler devant mes yeux.

J'avais rêvé que Charlie était mort et je me demandai un instant si cela n'avait pas été la réalité. Dans mon rêve, il s'était évanoui à cause du Dragon qui lui avait transmis une infection mortelle et... Était-ce réellement un rêve ? Je me relevai prestement et enfilai un pantalon, un pull ainsi qu'une paire de chaussures de ville puis pris ma baguette et sortis. J'hésitai à aller réveiller Hulrick ou Johanna pour leur demander s'il avaient des nouvelles, ou pour vérifier que Charlie était toujours en vie et pas enterré depuis trois jours.

Je posai ma main sur ma poitrine à cette pensée. Il ne pouvait pas être mort, et je devais arrêter de penser à cela, je devenais ridicule. Mais je n'arrivais pas à contrôler mes pensées et j'avais besoin de le voir.

Je déglutis difficilement et partis en direction du bureau de Geoffroy. Je savais qu'il y avait quelques Portoloins et j'espérais qu'il y en avait toujours au moins un. Je me fis le plus discret possible, ne désirant pas réveiller les autres, et je me retrouvais bientôt devant la porte verrouillée du bureau.

Je sortis ma baguette et lançai un Alohomora, rassuré quand je vis la porte s'ouvrir. J'entrai rapidement dans la pièce et lançai un Lumos avant de commencer à fouiller. Je débutai par le bureau mais me rendis compte après peu de temps qu'il ne comportait aucun portoloin. Je m'attaquai ensuite aux armoires, mes mains tremblant de plus en plus. Il fallait que je trouve un Portoloin et que je rejoigne Charlie, maintenant.

J'ouvris le tiroir d'une commode sur le côté de la pièce et soupirai de soulagement en voyant plusieurs portoloins internationaux, dont une pipe que je l'avais déjà vu utiliser afin d'aller en Australie pour voir un Opaloeil des antipodes. Je regardais l'heure et soupirai en réalisant que je devais encore attendre dix minutes avant de pouvoir partir. En effet, ce portoloin était prévu pour s'activer à trois heures du matin, décalage horaire oblige.

Je sortis du bureau, ne prenant même pas la peine de ranger ce que j'avais dérangé. Je refermai la porte et sortis du bâtiment le plus discrètement possible. Je me dis vaguement que c'était une très mauvaise idée, parce que je risquais de retourner à Azkaban si j'avais le malheur de croiser un Auror là-bas, mais je m'en fichais. Je voulais juste voir Charlie. Parce que je ne pouvais simplement pas me permettre de le perdre, pas maintenant. Jamais. Je retrouvais peu à peu mes esprits et parvins à différencier mon stupide cauchemar de la réalité, mais je devais tout de même y aller.

Trois heures arrivèrent et je touchai le portoloin qui m'emmena où je le désirais, c'est à dire devant Sainte Mangouste. Je regrettai de ne pas avoir demandé à Johanna quel était le numéro de la chambre et me dirigeai vers la réception, pas très sûr de moi. L'infirmière me regarda et me sourit, et je réalisai qu'elle ne me reconnaissait probablement pas.

— Excusez-moi, je voudrais connaitre le numéro de chambre de Charlie Weasley, s'il vous plait.

— Les heures de visite sont terminées, me répondit-elle gentiment.

— Hm, oui je sais mais c'est pour demain matin. Pour quand je reviendrais, je n'aurais vraiment pas beaucoup de temps avant de devoir aller travailler et si vous êtes occupé...

Elle me regarda suspicieusement pendant quelques secondes mais me donna tout de même le numéro. Je regardais le plan à ma gauche et réalisai qu'il était dans l'aile ouest, au second étage. Je la remerciai le plus poliment possible et fis semblant de partir. J'attendis une dizaine de minutes caché derrière un pan de mur et soupirai de soulagement quand elle quitta enfin son bureau.

Je partis alors rejoindre Charlie, marchant avec le plus d'assurance possible. Je savais parfaitement que si je me déplaçais comme si j'étais parfaitement à ma place ici, les gens seraient moins enclins à trouver étrange ma présence dans les couloirs à une telle heure de la nuit.

Je trouvai bientôt la chambre et entrai discrètement à l'intérieur, retenant un soupir en réalisant que Carlos et Geoffroy étaient eux aussi dans la pièce, endormis. Je jetai un coup d'œil à Charlie et gardai mon regard fixé sur ses mouvements de poitrine, preuve qu'il respirait.

Je m'avançai vers lui le plus silencieusement possible et enfouis mon nez contre son cou tout en caressant ses cheveux tendrement. Il était toujours très chaud mais j'avais l'impression que sa température avait baissée. J'inspirai profondément son odeur puis embrassai sa peau, déposant ensuite des baisers le long de sa mâchoire jusqu'à sa bouche sur laquelle je posai mes lèvres délicatement.

Le poids que je ressentais dans ma poitrine disparaissait doucement et je soupirai de soulagement. Charlie allait bien. Il n'était pas mort et il semblait plus en forme que la dernière fois que je l'avais vu. Il bougea un peu et appuya son visage contre le mien. Je souris contre ses lèvres et m'assis quelque peu sur son lit afin de pouvoir me rapprocher de lui plus encore. Il se positionna sur le côté, marmonnant quelque chose que je ne compris pas.

— Quoi ? murmurai-je en approchant mon oreille de sa bouche pour pouvoir entendre mieux s'il se répétait.

— T'es trop loin.

Je souris et observai la taille du lit. J'avais très envie de me glisser à ses côtés mais je n'étais pas certain que ce soit une bonne idée.

— Tu es malade, chuchotai-je ensuite. Je ne veux pas te déranger ou t'empêcher de dormir.

Concrètement, même si ce qu'il avait attrapé était très contagieux, je m'en fichais pour l'instant. J'étais juste tellement soulagé de constater qu'il allait bien.

— Lucius ? entendis-je.

Je me retournai vers Geoffroy et me pinçai les lèvres. Il pouvait faire ou dire ce qu'il voulait, hors de question que je parte d'ici, pas sans Charlie.

— T'es vraiment un poison, soufflai-je à l'oreille de ce dernier avec un sourire.

Il s'était glissé sous ma peau et j'avais la désagréable impression que ma vie tournait autour de son bien-être, au moins était-ce le cas aujourd'hui.

— Lucius, bon sang, comment es-tu arrivé ici ? demanda Geoffroy alors que Charlie souriait puis se collait le plus possible à moi.

— Fais comme si je n'étais pas là, rétorquai-je en me collant également contre Charlie, posant ma joue contre la sienne.

— Ça ne me dérange pas, mais tu risques d'avoir des problèmes et Charlie n'en sera pas content.

— Alors on sera deux.

J'embrassai Charlie doucement puis retirai mes chaussures et montai sur le lit pour m'allonger à ses côtés.

— Si je te gêne, dis-le-moi, lui murmurai-je ensuite.

— Non, soupira-t-il.

— Bien.

Je me collai contre lui, caressant ses cheveux d'une main alors que je glissais l'autre le long de ses flancs. Je posai mes lèvres contre les siennes une dernière fois avant de reculer de quelques millimètres de fermer les yeux.

POV Charlie

Je me sentais légèrement mieux, enfin... disons que j'avais un peu plus conscience de ce qui m'entourait. Un corps était contre le mien et je me dis que finalement, tout ça était juste un rêve. J'avais certainement dû fêter le premier jour de l'été avec les autres et l'alcool m'avait ensuite fait halluciner. Seulement, je pouvais sentir que je n'étais pas dans mon lit habituel.

J'ouvris les yeux et tombai sur un plafond blanc. Je tournai un peu la tête et remarquai Lucius. J'étais donc de retour au camp. En avais-je bougé de toute manière ? Je grognai, ma tête ma lançant. Néanmoins, j'avais moins chaud, et ça, c'était bien mieux. Il bougea quelque peu et frotta son nez contre ma joue doucement, resserrant sa prise sur moi. Je fermai les yeux, profitant de ce moment câlin qui ne dura malheureusement pas assez longtemps, quelqu'un entrant dans la chambre. J'ouvris les yeux et constatai que c'était une infirmière inconnue. Elle me dévisagea avant de regarder à mes côtés. Elle fronça les sourcils et dit :

— Comment est-il arrivé là, lui ?

— Je ne sais pas, répondis-je.

Puis, cela me sauta au visage :

— Vous parlez anglais ?

J'espérais vraiment que ce n'était pas ce que j'imaginai.

— Évidemment que je parle anglais. Vous vous souvenez où nous sommes, n'est-ce pas ? reprit-elle plus doucement.

— En Roumanie, me risquai-je bien que je commençais à comprendre que nous étions en Angleterre.

— Vous avez été amené à Sainte Mangouste hier soir, rétorqua-t-elle alors que Geoffroy s'éveillait et s'approchait du lit.

— Tu vas bien ? me demanda-t-il ensuite.

— Mieux, répondis-je. Mais... dis-moi qu'il est autorisé à être là, murmurai-je ensuite. Dis-le-moi.

Il se racla la gorge et demanda à l'infirmière de sortir. Cette dernière acquiesça et dit qu'elle reviendrait quelques minutes plus tard avec le médecin. Geoffroy me fit ensuite un signe de tête négatif puis souffla :

— Il est arrivé en plein milieu de la nuit, je n'ai aucune idée de comment il a fait.

Je hochai la tête et me rapprochai de lui, ayant soudain peur que des Aurors ne viennent le chercher pour le ramener à Azkaban. J'embrassai ses joues et soupirai, alors que la porte s'ouvrait sur mes parents.

— Oh, tu es réveillé. Nous ne restons pas, les heures de visites n'étant pas encore ouvertes. Nous voulions juste te voir.

Elle vint me prendre la main, la serrant alors que Papa posait la sienne sur ma hanche.

— Nous repasserons toute à l'heure. Les infirmières sont déjà gentilles de nous avoir laissé te voir quelques minutes.

Lucius sembla se réveiller parce qu'il s'agita quelque peu à mes côtés et frotta son pied contre le mien.

— Je... je vais mieux, les rassurai-je tout en caressant les cheveux de Lucius.

— Tant mieux mon chéri. Nous repassons dans une heure, d'accord ?

— Je ne pensais pas que le Ministère l'autoriserait à venir avec toi, fit Papa en indiquant Lucius du menton.

— Ce n'est pas le cas, avouai-je. Et j'ai peur de ce que cela va engendrer. Il est arrivé pendant la nuit, par je ne sais quel moyen.

Je posai la tête sur l'oreiller, ressentant une petite douleur et soufflai ensuite :

— Dites à l'infirmière que je vais me rendormir un peu.

— Très bien, me dit ma mère, visiblement inquiète, avant de sortir en entrainant papa avec elle.

Je soupirai ensuite puis fermai les yeux :

— Si tu es de nouveau envoyé en prison, je t'en sors pour t'étriper de mes mains.

— Hm, moi d'abord, pour m'avoir inquiété à ce point. Stupide Gryffondor.

Je le serrai plus fortement dans mes bras, ressentant de l'inquiétude quant à comment allaient se dérouler les choses à présent.

OoOoOoOoO

Quand je me réveillai, certainement quelques heures plus tard, Lucius était toujours près de moi et j'en étais heureux. J'ouvris les yeux et vis Carlos debout devant la fenêtre, le regard perdu, Geoffroy assis sur un fauteuil, lisant la Gazette du Sorcier et... Ron, Hermione, Harry et Maman.

— Salut tout le monde, soufflai-je en me redressant.

Lucius m'aida à positionner mon oreiller et je souris avant d'embrasser sa main que je portais à ma bouche.

— Bonjour mon chéri, me dit ma mère alors que les autres me saluaient également. Bien dormi ?

— Mouais.

Et j'étais certain que c'était parce que Lucius était près de moi, même si je ne le dirais jamais, même sous la torture.

— Je dors depuis longtemps ? demandai-je en écartant mon visage de Lucius qui semblait vouloir m'embrasser.

Je devais puer de la gueule à dix kilomètres. Hors de question qu'il m'embrasse.

— Quelques heures, répondit Geoffroy tandis que Lucius claquait sa langue contre son palais.

Il prit mon menton entre ses doigts et colla ses lèvres sur les miennes. Je me pinçai les lèvres, et je pus l'entendre grogner contre moi. Je me reculai alors et soufflai, d'une petite voix :

— J'ai mauvaise haleine, n'insiste pas.

— Amusant, parce que si je me souviens bien, quand les situations étaient inversées, tu as insisté, rétorqua-t-il. Tu t'es même vexé.

Ah oui, en effet. Je soupirai donc et m'avançai pour coller de nouveau nos bouches ensembles. Sa langue ne tarda pas à rejoindre la mienne et je me tendis une seconde, me laissant ensuite aller dans le baiser. J'entendis un rire, suivit d'un autre et une fois en manque d'air, je me reculai et vis que c'était Ron et Harry qui riaient comme deux idiots. Maman me sourit et leva les yeux au ciel avant de venir au bout du lit, prenant place à côté des jambes de Lucius.

— Je ne suis pas certaine que l'apnée soit conseillée pour l'instant, dit-elle avec un sourire alors que Ron et Harry riaient plus fort encore.

Je lui fis les gros yeux et tirai la langue comme un gosse avant de me réinstaller, Lucius prenant ma main. L'infirmière, sachant par je ne savais quel moyen que j'étais réveillé, entra et dit :

— Je pense qu'il serait préférable que vous soyez seul dans votre lit, monsieur Weasley. Le médecin arrive dans quelques secondes.

Ne voulant pas que Lucius ait des problèmes, je le regardai et lui souris, l'embrassant chastement, puis soufflai :

— Prends un siège et reste près de moi, okay ?

— Je ne vais nulle part, répondit-il très sérieusement.

Il se releva et enfila ses chaussures puis attrapa le siège dans le coin du mur et le rapprocha du lit. Il y prit place et posa sa main sur mon bras qu'il caressa de son pouce. Nos regards se lièrent et ce fut le médicomage qui entra qui me fit revenir au présent. Je rougis en comprenant que j'étais resté comme ça un moment et Hermione demanda si quelqu'un voulait quelque chose. Son ventre des plus proéminents me fit sourire et je dis, pour blaguer :

— Tu sais encore marcher avec ce truc énorme ?

Elle me jeta un regard sombre et répliqua, légèrement acerbe :

— Oui Charlie, merci !

— Je voulais pas être méchant, soufflai-je. Mais... n'as-tu pas mal ?

— Non ça va, c'est juste gênant et je suis impatiente qu'il ou elle décide enfin de pointer le bout de son nez.

Le médicomage sourit puis dit :

— Je suis désolé de vous interrompre. Je voulais savoir comment vous vous sentiez, monsieur Weasley ?

— J'ai l'impression qu'un troupeau de Dragons m'est passé dessus, j'ai mal la tête aussi, répondis-je. Et non merci, je ne veux rien, ajoutai-je pour Hermione.

— Je vois. Les examens que nous vous avons fait passer n'ont pas pu nous éclairer davantage sur vos désagréments.

— Comment ça, pas pu vous éclairer davantage ? intervint Lucius en resserrant quelque peu sa prise sur mon bras.

— Je... je dois bien avoir quelque chose pour avoir fait autant de fièvre, non ? répliquai-je en posant ma main sur celle de Lucius.

— Oui, c'est certain. Mais nous ne savons pas quoi, répliqua-t-il d'un air embêté.

— Vous ne savez pas ? rétorqua Lucius. C'est à ça que vous êtes payé ?

Le médicomage sembla mal prendre cette remarque, et je dis rapidement, afin que les choses ne s'enveniment pas :

— Vous n'avez sûrement pas fait tous les tests.

— Malheureusement si. Il n'y a rien qui ne va pas.

— Non, c'est certain ! claqua Lucius. Il n'a pas eu de fièvre ni n'a convulsé pendant dix minutes, il ne s'est pas non plus évanoui deux fois. On a tous rêvé, clairement.

— Vous devez comprendre Monsieur, que la médecine a ses limites. Rien n'indique une infection ou une raison à tous ces symptômes. La fièvre est tombée d'elle même. Nous sommes dans une impasse.

— Magnifique, grommela Lucius avec un regard noir. Vraiment très utile.

— Ne vous en déplaise Monsieur... ?

— Je ne vois pas en quoi cela vous concerne.

Le médicomage n'attendit pas et sortit, et l'infirmière me tendit une potion.

— C'est pour quoi ? questionnai-je ne voulant pas me rendormir.

— Une potion antidouleur. Pour votre tête notamment.

Je la pris puis la bus. Papa entra à ce moment-là avec les jumeaux accompagnés de Victoire qui, une fois posée au sol, courut vers Ron.

— Salut, grimaçai-je face au goût de la potion.

— Bonjour Charlie, me dirent-ils en cœur, Papa venant à mes côtés et embrassant mon front après que l'infirmière soit repartie.

J'allais le saluer, mais la porte s'ouvrit et je vis le Ministre lui-même, accompagné de deux Aurors. J'agrippai rapidement Lucius, et Papa se plaça à côté de lui, posant sa main sur son épaule. Le Ministre observa la chambre et son regard se fixa sur Lucius avant qu'il ne déclare :

— Bonjour. J'ai été informé de la présence de monsieur Malfoy sur le territoire anglais, sans qu'aucune autorisation allant dans ce sens ne lui ait été fournie. Et je suis navré de constater que mes informations se révèlent exactes.

Je me tendis et répondis :

— Oui. J'ai été emmené d'urgence ici, et... il m'a rejoint, inquiet. Je suis désolé.

— Comment et pourquoi êtes-vous ici ? demanda-t-il à Lucius.

Il se pinça les lèvres avant de souffler :

— Je voulais être certain que Charlie n'était pas... enfin, qu'il était toujours vivant. Et j'ai volé un Portoloin à Geoffroy.

— S'il vous plait, soufflai-je. Si je n'avais pas été admis fiévreux et en train de convulser, je suis certain qu'il n'aurait jamais agi ainsi.

Lucius me jeta un regard amusé et se pinça les lèvres une nouvelle fois, probablement pour s'empêcher de dire une bêtise.

— Hm, fit le Ministre après avoir échangé un regard avec les Aurors. Vous êtes cependant bien conscient que cela ne peut rester impuni.

Je sentis Lucius se tendre à mes côtés et sa prise sur mon bras se resserra une fois de plus légèrement.

— Lucius s'est tenu de manière exemplaire, fit Geoffroy. Vous ne pouvez tout de même pas l'envoyer à Azkaban pour ça.

Le Ministre hésita quelques secondes puis répondit :

— En effet, cela serait probablement un peu trop sévère. Cependant, monsieur Malfoy a à présent un blâme, ce qui fait qu'il ne peut accéder à une remise de peine. Celle-ci ne se terminera donc que dans six ans.

— C'est une blague, n'est-ce pas ? demandai-je mi choqué, mi en colère.

— Cela ne vous convient pas ? répliqua le Ministre en plissant les yeux. Il a quitté le camp sans aucune autorisation, pour se rendre en Angleterre qui plus est. J'aimerais d'ailleurs savoir ce qui nous prouve qu'il n'a pas fait un détour avant de se rendre ici. Je pense au contraire que je me montre clément, mais je peux toujours revoir mon jugement, si vous préférez.

— Non non, non, c'est bon. Merci, ajoutai-je.

J'avais en réalité envie de lui éclater le visage contre mon lit en métal.

— Bien. Étant donné les circonstances, monsieur Malfoy peut rester ici le temps que vous serez hospitalisé. Mais il devra toujours rester avec vous ou monsieur Zidar. Si j'apprends qu'il a quitté l'hôpital ou la chambre sans être accompagné, je ne me montrerai pas aussi clément.

— Merci, fis-je en caressant la main de Lucius. Et il restera à mes côtés.

J'étais rassuré, même si j'avais toujours envie de lui foutre mon poing dans la gueule. Je souris néanmoins, d'un sourire hypocrite. Il fit un signe de tête puis ressortit avec les Aurors qui refermèrent la porte. Hermione revint quelques minutes plus tard alors que j'étais en train de raconter comment j'en étais arrivé là. Elle alla s'installer près de Ron qui ne put s'empêcher de placer la main sur le ventre de sa compagne.

— Vous êtes mignons tous les deux, même si cette vue ne me donne pas envie.

— Tant mieux en même temps, répliqua Ron, cela aurait été compliqué.

— Hm, fit Lucius avec un sourire. Et tant mieux en effet, tu aurais probablement fini par me quitter.

— Pourquoi ? ris-je en imaginant Lucius porter un enfant.

— Parce que je deviens... surprotecteur ? Si Narcissa avait pu, je pense qu'elle m'aurait quitté au bout de cinq mois. Et je pense qu'elle a sérieusement envisagé de me tuer, même si elle ne l'a jamais avoué.

Je fus surpris, comme tous les autres.

— Je... ne t'aurais jamais imaginé comme ça. Je remercie le ciel d'être un homme, avouai-je.

— Je suis possessif Charlie, et elle portait mon enfant. Bien sûr qu'elle ne pouvait pas vadrouiller comme elle le voulait ou se mettre en danger inutilement.

— Qu'est-ce que tu appelles vadrouiller ?

— Et bien... les trois premiers mois, elle pouvait encore sortir comme elle le souhaitait, accompagnée évidemment. Et ensuite, elle est restée à la maison jusqu'à la naissance de Draco. Et elle devait me prévenir si elle décidait de sortir dans le jardin, et ne pas descendre les escaliers seule. Des petites choses de ce genre là.

J'entendis Hermione marmonner et je me tournai vers elle, voyant Ron regarder Lucius avec des étoiles plein les yeux.

— J'aurais aimé pouvoir convaincre Hermione de faire ça, soupira Ron.

— Je n'ai pas essayé de la convaincre, rétorqua Lucius en levant les yeux au ciel, je ne lui ai pas laissé le choix.

— Choix ou pas, elle aurait dû t'envoyer balader, affirmai-je.

— Elle l'a fait, plusieurs fois. Mais ce n'était pas comme si j'allais prendre non pour une réponse acceptable.

Je vis Hermione secouer la tête et Harry leva les yeux au ciel avant de dire :

— Je vais y aller, je reviendrais plus tard avec Draco.

Il quitta la chambre et peu après Bill arriva avec Fleur. Victoire leur sauta dans les bras, et je souris. Cette vision là était tout autre.

POV Lucius

Je jetai un regard à Charlie assis à mes côtés sur le canapé du salon et retins un soupir. Nous étions revenus de Sainte Mangouste une semaine plus tôt. Nous y étions restés deux jours supplémentaires au cours desquels les médicomages avaient vérifié son état mais ils n'avaient rien trouvé de plus. Geoffroy avait donné à Charlie une semaine de congé forcée et ce dernier avait commencé à sérieusement tourner en rond au bout de seulement deux jours, affirmant à qui voulait l'entendre qu'il était plus en forme que jamais.

Ce dont je doutais sérieusement.

En effet, à notre retour de l'hôpital, je lui avais fait l'amour, le plus doucement possible, et même si tout s'était merveilleusement bien passé, il avait ensuite eu une montée de fièvre inquiétante qui avait durée quelques minutes, puis qui était repartie aussitôt.

Il finit sa tasse de chocolat et je me pinçai les lèvres pour la cinquantième fois de la journée. Il allait reprendre le travail dans moins d'une heure et je voulais lui demander quelque chose, même si je craignais quelque peu de le mettre en colère. Je fis un signe de tête à Hulrick qui était là, lui demandant discrètement de quitter la pièce. Il m'adressa un léger sourire et sortit, nous laissant seuls Charlie et moi.

Je me tournai vers ce dernier et posai la main sur sa cuisse pour attirer son attention.

— Je me demandais ce que tu comptais faire, dis-je doucement.

— A quel propos ?

— A propos des Dragons, et d'Émeraude.

— Je ne vois pas ce que ça change.

— Ça change que j'aimerais être au courant, pour une fois, si tu décides de remettre ta vie en danger ou d'aller voler sur le dos de ton stupide Dragon.

Je grimaçai et me mordis la lèvre en fermant les yeux une seconde. Ce n'était absolument pas l'approche que j'avais prévue d'employer, pourtant.

— Je fais encore ce que je veux, claqua-t-il. C'est mon métier, ma passion. Et ce n'est pas la faute des Dragons et encore moins d'Émeraude si j'ai fait une stupide fièvre suite à notre vol.

— Très bien, soupirai-je. Tu as raison, tu fais ce que tu veux.

Je me détournai de lui et retirai ma main de sa cuisse, préférant reprendre ma tasse de thé. J'avais la désagréable impression d'avoir déjà eue cette conversation avec lui. Il allait de toute façon faire comme il lui plaisait, sans prendre la peine de m'informer de quoi que ce soit, comme d'habitude.

— Bien !

Il se leva et quitta la pièce. Je me levai à mon tour et partis en cuisine pour laver nos tasses. Ceci fait, je m'appuyai contre le plan de travail et regardai à l'extérieur, perdu dans mes pensées. J'allais finir par le perdre. Soit il allait mourir, soit il n'arriverait plus à gérer mes inquiétudes, ou je n'arriverais plus à supporter son comportement vis-à-vis de moi. D'accord, il n'était pas habitué à devoir rendre des comptes, mais c'était sa vie par Salazar, et s'il décidait de la partager avec moi, il ne pouvait pas juste prendre toutes les décisions tout seul.

Je devais me tenir ici bien gentiment et ne pas faire de bêtises pour ne pas aller à Azkaban mais lui pouvait faire ce qu'il voulait. Évidemment qu'il pouvait, il était Charlie Weasley et je n'étais qu'un ancien Mangemort qui ne comprenait rien à sa passion et à son métier.

J'avais essayé pourtant. Et je comprenais que les Dragons soient importants pour lui, ils le devenaient également pour moi, mais pas au point que je mette ma vie en danger consciemment. Je sentis une présence à mes côtés et relevai la tête pour croiser le regard de Carlos.

— Quoi ? soufflai-je au bout d'un moment alors qu'il continuait de me fixer.

— Je suis embêté. Je dois me rendre en ville mais je dois aussi préparer le dîner. Pourrais-tu t'en charger, entièrement ? Enfin... ce n'est pas vraiment que tu aies le choix en fait.

— Magnifique. Et je fais ça comment, exactement ?

Il ne manquait plus que cela pour rendre ma journée parfaite, vraiment.

— Je... Dois-je vraiment répondre ? demanda-t-il pressé.

— Quoi ? Bien sûr que tu dois répondre. J'ai une tête à savoir quoi faire de tous ces trucs pour que ça devienne quelque chose de potable ?

— Oh Dios Mio ! Bon, tu fais les légumes et les cuits à l'eau, avant de les saisir dans la poêle. Ensuite, tu cuis la viande au four, le rôti. Et tu prépares les pommes de terre. Ça ira ?

— Ça veut dire quoi, je les prépare ? Et je les cuits combien de temps ? Et saisir les légumes ?

Je ne comprenais rien à tout son charabia et cela commençait à sérieusement m'agacer.

— Lucius, regarde dans les livres de cuisine. Je dois filer, bonne chance, fit-il en me laissant là.

Je le regardai partir, hésitant entre le poursuivre pour l'étrangler ou tout simplement vaquer à mes occupations habituelles et faire des toasts pour ce soir. Je posai mes coudes sur le plan de travail et me pris la tête entre les mains.

Ce n'était tout simplement pas une bonne journée.

Je soupirai et me redressai, cherchant un livre de cuisine des yeux. Je n'en vis bien sûr aucun, même après avoir fouillé cette stupide cuisine, et partis donc en direction de la bibliothèque. S'il n'y avait rien là-bas, j'allais me débrouiller avec ce que je savais mais j'étais certain que ce serait loin d'être suffisant. Je trouvai deux livres qui semblaient contenir ce dont j'allais avoir besoin et les pris avec moi, retournant ensuite en cuisine.

Arrivé là-bas, j'attrapai un morceau de parchemin et une plume et notai ce que Carlos m'avait dit, ou du moins ce dont je me souvenais. Cuir les légumes à l'eau. Hm, évidemment, il ne m'avait pas dit combien de temps. Il avait ensuite parlé de les saisir et de mettre la viande au four. Une fois de plus, il n'avait pas jugé utile de préciser pendant combien de temps, ni à quelle température.

Et préparer les pommes de terre. Cela signifiait les éplucher, et ensuite ? Qu'étais-je censé en faire ? Probablement les cuire également.

— Je viens te dire que je n'aime pas qu'on se dispute, entendis-je souffler Charlie.

Il me prit dans ses bras rapidement et m'embrassa avant de quitter la cuisine tout aussi vite. Je lui lançai un regard sombre, ou plutôt à l'endroit où il se trouvait quelques secondes plus tôt, et pestai contre lui. Comme s'il ne pouvait pas rester une minute supplémentaire pour m'aider avec ces cochonneries.

Je soupirai puis levai les yeux avant d'éplucher les légumes mis de côté par Carlos la veille. Je regardais l'assortiment de carottes, navets et autres légumes verts d'un côté et les pommes de terre de l'autre. Dans son explication, ils les avaient séparés, mais c'était tous des légumes n'est-ce pas ?

Je mis donc le tout dans une marmite que je remplis ensuite d'eau avant de la mettre sur le feu. Je mis ce dernier au maximum puis refermai la marmite. Je récupérai après cela la viande et cherchai dans les livres pour connaître les modalités de cuisson mais je ne trouvai rien d'utile alors je la mis juste dans un plat comme j'avais vu Carlos le faire. Je décidai de ne pas mettre la température trop forte afin d'être certain que ça ne brûle pas et la montai donc à 40 degrés.

Alors que je commençais à me dire que ce n'était pas si difficile que cela, finalement, la marmite fit un bruit étrange quelques secondes avant que l'eau ne déborde abondamment. Je coupai le feu et retirai ensuite le couvercle de la marmite, me brûlant au passage. Je le jetai par terre et allai immédiatement me passer la main sous l'eau froide. Ma peau était rouge mais cela ne brûlait déjà plus autant.

Je retournai à la marmite et fis ce que j'avais vu Carlos faire de nombreuses fois, c'est à dire planter un couteau dans les légumes. Ce qui s'avéra beaucoup plus compliqué que prévu. Je jetai un œil aux livre de cuisine mais ce n'était que du charabia alors je les refermai et les poussai plus loin. La marmite avait débordé, j'avais donc dû laisser les légumes trop longtemps.

Je pris une poêle et les versai dedans après les avoir égouttés. Je la plaçai sur le feu que je mis cette fois sur la flamme moyenne, puis pris les livres pour les ramener à la bibliothèque.

Cela me prit une petite dizaine de minutes et j'en profitai ensuite pour passer à l'étage me changer. Je retirai mon pantalon de cuir dont j'avais eu besoin le matin même pour aller dans la réserve contre un pantalon plus confortable. J'enfilai également un des t-shirts en lin que Charlie m'avait acheté et me décidai finalement à redescendre. J'étais censé être de ménage cet après-midi, mais je n'en avais vraiment pas envie. Et je ne savais pas combien de temps cuisiner allait me prendre. Je sentis une odeur étrange en arrivant dans la cuisine et ouvrit immédiatement le four, pensant avoir sûrement mis une température trop élevée. Le rôti était pourtant exactement comme avant et ne semblait pas avoir brûlé. J'observai alors les légumes et eu une moue dubitative en coupant le feu. Je pris une spatule et constatai rapidement que si le dessus des légumes était encore intact, le dessous était tout simplement brûlé. Plus que cela même, probablement. J'avais pourtant mis sur la flamme moyenne cette fois-ci.

Je me passai les mains sur les yeux et décidai d'abandonner. Carlos saurait probablement se débrouiller avec une fois qu'il serait revenu. Je partis donc m'occuper du ménage de la salle à manger, du salon et allai ensuite vérifier ce dont on manquait à l'infirmerie. Cela me prit un peu plus de deux heures et en retournant à la cuisine, je croisai Carlos dans le couloir, qui revenait visiblement tout juste de ses achats.

— Alors ? Ça c'est bien passé ? demanda-t-il.

— Je suppose que c'est rattrapable, fis-je avec un haussement d'épaule.

Je lui pris l'un de ses sacs et nous rejoignîmes la cuisine ensemble. J'ouvris la porte et allai déposer ce que j'avais dans les mains sur le plan de travail puis me tournai vers Carlos après l'avoir entendu faire un bruit étrange.

— Par Merlin, qu'as-tu fait ?

— Ce que tu m'as dis, répliquai-je immédiatement en croisant les bras sur mon torse. Le rôti dans le four et les légumes cuit à l'eau puis dans la poêle.

Il s'étrangla et dit :

— Oui, les légumes cuits à l'eau, puis saisi à la poêle, pas à peine cuit dans l'eau et brulé à la poêle. Et le rôti ? Tu en as fait quoi ?!

— Dans le four, rétorquai-je en haussant les épaules.

Il ne pouvait rien dire du rôti, aux dernières nouvelles, il n'était pas brûlé. Il alla y jeter un œil et explosa de rire.

— Ah oui, dans le four. Mais sache qu'à ce rythme, on ne mange pas avant plusieurs heures. Et encore... rappelle-moi de te former à la cuisine !

— Si tu n'es pas content, c'est la même chose ! Tu n'avais qu'à te débrouiller tout seul. Et je ne veux pas être formé à la cuisine, j'en ai marre de jouer l'elfe de maison !

Je sortis de la pièce, rageur et quittai le bâtiment, ayant besoin de prendre l'air. A quoi s'attendait-il, de toute façon ?

J'allai à la barrière et m'éloignai quelque peu du portail afin que Geoffroy ne me voie pas trainer là. Il n'aimait toujours pas que j'aille me coller contre la barrière, Merlin savait pourquoi.

Je m'assis au sol et observai le ciel quelques instants, pensant à la venue prochaine de Draco. Et dire que je devais faire six ans supplémentaires ici, en tant que "prisonnier". Au début, la punition infligée par le Ministre ne m'avait pas dérangée plus que cela, n'ayant de toute façon pas prévu de quitter le camp tant que Charlie y restait, mais j'avais ensuite réalisé que je serai alors toujours aussi limité quant aux visites et lettres de Draco.

Quand nous pouvions nous voir tous les jours, nous nous adressions à peine la parole et passions encore moins de temps ensemble. Mais à présent, c'était juste dur de ne pouvoir le voir qu'une fois par mois. Je me grattai distraitement la nuque et tournai la tête en entendant du bruit venir de ma droite. Je vis Moliva, Charlie et Geoffroy sortir de la réserve et les observai retourner au bâtiment principale. Je plissai les yeux en réalisant que Geoffroy n'aurait pas dû se trouver là et me relevai afin de les rattraper, voulant savoir ce qui n'allait pas. Je les retrouvai dans la salle à manger et allai directement voir Charlie.

— Tout va bien ? lui demandai-je.

Je remarquai à peine que tous les chasseurs étaient présents dans la pièce et essayai de capter le regard de Charlie.

— Oui, je vais très bien ! Arrêtez de me poser cette putain de question à la fin !

Je me figeai puis reculai et allai me faire une tasse de thé.

C'était bon, j'en avais juste assez.

Je n'allais plus m'inquiéter pour lui, ni même m'intéresser à lui. Pour ce que cela m'apportait, de toute façon. Une fois ma tasse préparée, je retournai dans la salle à manger et m'installai en bout de table, plongeant ensuite mon nez dans ma tasse alors que Geoffroy demandait à Carlos ce qu'il avait préparé.

— Eh bien... je n'ai pas vraiment eu le temps de faire quoi que ce soit, c'est Lucius qui s'en est chargé.

— Ah oui ? fit Geoffroy en me lançant un regard dubitatif.

Sachant déjà qu'ils allaient tous se moquer de moi joyeusement et étant de trop mauvaise humeur pour supporter cela, je finis mon thé puis partis dans la cuisine. Je pris le pain et le beurre et retournai les déposer sur la table avant de dire, agacé :

— Bon appétit.

Je partis ensuite sans leur laisser le temps de réagir et sortis pour aller de nouveau prendre l'air. Je retournai m'asseoir contre la barrière au même endroit que j'étais quelques minutes plus tôt, et fermai les yeux.

J'en avais marre de Charlie et de sa mauvaise humeur constante, et j'en avais assez de ces gardiens et de leurs stupides règles et leurs stupides plannings.

Bon très bien, cette humeur provenait majoritairement du fait que Charlie s'était encore montré plus que désagréable envers moi. Deux fois en une journée, c'était tout simplement trop. Et je m'en voulais de prendre son avis, ses paroles et ses gestes autant à cœur. J'avais la désagréable impression de me retrouver de nouveau près de trois ans plus tôt, en train de pleurer dans cette stupide forêt parce que Charlie était juste trop stupide pour comprendre à quel point je tenais à lui.

Et je devenais méchant, et mesquin. Après tout, j'avais été trop stupide moi aussi pour comprendre.

Et pathétique aussi.

Par Merlin, je l'étais encore.

Je me crispai en sentant une présence à mes côtés mais n'ouvris pas les yeux ni ne parlai. Si c'était Charlie, je n'allais pas m'aplatir encore une fois devant lui aussi facilement, et si ce n'était pas lui, ils pouvaient juste aller au diable.

— Je ne vais pas m'excuser, ça ne retirerait pas ce que j'ai dit.

— Tu as raison, tu vas recommencer dans quelques heures de toute façon, alors ne prend pas cette peine. Ce ne serait qu'une perte de temps.

— Je ne suis pas en sucre, ni une putain de femme et encore moins quelqu'un a qui tu peux donner des ordres, comme ton ex femme. Certes, j'aurais dû te parler de mon idée de voler, mais... pour moi, c'était logique.

— Excuse-moi de ne pas avoir ta logique dans ce cas. Ou d'avoir stupidement pensé que tu me parlerais d'une chose pareille.

— Je te parlais d'Émeraude, arrêtez de faire comme si j'avais tout gardé pour moi. Tu dois juste comprendre que je ne pense pas à tout te dire, avant, je ne disais jamais rien.

— Je me fiche que tu ne me dises pas tout, mais ne viens pas me dire que tu n'as pas pensé que c'était quelque chose que j'aurais besoin de savoir. Et Geoffroy le savait, alors tu as bien dû lui en parler, à lui.

— Oui, dans mes rapports et il semblait ne pas aimer cette idée Alors, pourquoi t'en parler ?

— Pour rien, tu as raison.

Je ne voyais de toute façon pas l'intérêt de poursuivre cette conversation. Il avait son avis, j'avais le mien. Et même si on trouvait un compromis, il recommencerait dans quelques jours ou quelques mois sans tenir compte de ce que je pouvais penser ou vouloir.

— Tu m'en veux, n'est-ce pas ? Je le vois à ton pincement de lèvres et tes épaules tendues.

Il se colla à moi, et murmura ensuite :

— Je n'aime pas te rendre comme ça, ça me fait culpabiliser, et après, je suis encore plus en colère.

— Je vais bien, dis-je avec un grand sourire, quoique totalement hypocrite. C'est bon ? La culpabilité et la colère sont parties ?

Je savais que j'étais mesquin mais j'en avais tout simplement assez de toujours prendre ses sentiments en considération, ayant l'impression que cela n'allait que dans un sens. Je savais qu'il était lunatique et qu'il lui arrivait d'avoir mauvais caractère, mais j'en avais marre de le pardonner aussi facilement, juste parce que je l'aimais. C'était trop facile.

— Tu veux que je te laisse ? Parce que là, j'ai envie de t'embrasser, le corps en entier.

Je rouvris les yeux et me tournai vers lui, l'observant attentivement quelques secondes avant de soupirer :

— Je pense que tu as dit ça pour me décrisper. Parce que tu n'aimes pas qu'on se dispute et que tu voulais que je pense à autre chose. En fait, j'espère vraiment que c'est pour ça, parce que sinon, on va avoir un problème.

— Pourquoi ? Tu n'as pas envie que je t'embrasse ? Partout ? souffla-t-il un petit sourire aux lèvres.

Je me relevai et secouai la tête, vexé.

— Me parler, ah ça non, mais m'embrasser ça va mieux n'est-ce pas ? Et oui Charlie, j'adore t'embrasser et que tu m'embrasses, mais ça ne fait pas tout. Alors oui, tu me trouves probablement fatiguant parce que je veux parler avec toi de choses sérieuses, comme ta vie par exemple. Et le fait que j'aie horreur que tu la mettes en danger comme tu le fais. Et je comprends, tu n'aimes pas parler de tous ces trucs ennuyeux, mais parfois, moi j'ai besoin de parler de ça. Et j'ai besoin d'en parler avec toi.

— D'accord, murmura-t-il. Mais pas ici. Allons dans la chambre. Autant être à l'aise.

— Et tu ne vas pas me sauter dessus pour me faire taire ? demandai-je d'une voix plus douce.

Après tout, s'il acceptait vraiment de m'écouter et de parler avec moi, je n'avais plus aucune raison de m'énerver. Et j'étais également soulagé qu'il n'ait pas juste décidé de partir en me plantant là.

— Après, je ne te garantis rien.

Je souris légèrement et l'aidai à se relever avant de l'embrasser chastement, déposant ensuite un baiser dans son cou.

— J'espère bien, chuchotai-je à son oreille avant de prendre sa main dans la mienne pour le tirer à ma suite.

POV Charlie

J'étais inquiet.

Les Dragons de la réserve étaient bizarres depuis quelques temps, presque deux mois à vrai dire et Geoffroy avait appris par courrier que chez les autres, c'était pareil. Cela devait sûrement venir des étoiles ou autre chose en rapport. Alors nous faisions encore plus attention et j'avais cessé de me rapprocher d'Émeraude, à mon grand déplaisir et le sien.

Il ne cessait de me tourner autour. Et ça en devenait agaçant, dans le sens où je commençais à croire que j'étais la cause de tout ce cirque. Avais-je agi d'une manière qui avait déréglé les Dragons ? Je commençai à comprendre pourquoi il avait été interdit de les dresser. Je secouai la tête et entendis Draco rire. C'était son jour de visite, Lucius était donc rayonnant et souriant.

Je l'aimais.

Et je le lui montrais chaque soir, plusieurs fois. Enfin, pas cette nuit, car il m'avait limite menacé de m'envoyer dormir au salon. Soi-disant que j'étais infatigable et épuisant. Il était juste trop vieux alors que j'étais dans la fleur de l'âge. Je finis mon chocolat et ayant faim, je me décidai à me faire un sandwich. J'avais aussi envie de bouger, me dépenser, mais j'avais fait les rondes du matin et j'étais désormais en repos. Je retournai au salon une fois mon encas préparé et mangeai tout en regardant les deux Malfoy discuter entre eux. Je vis soudain la marque que j'avais laissée deux jours avant dans le bas du cou de Lucius et mon sexe se dressa. Je croisai les jambes, puisque portant mon cuir, ce genre de choses était plutôt visible.

Lucius dut cependant remarquer mon mouvement car il me regarda étrangement pendant quelques secondes avant de secouer la tête légèrement, se ré-intéressant ensuite à ce que son fils lui disait. Je le laissai tranquille et me décidai à aller voler un peu. Une fois au-dessus de la forêt, je fonçai aussi vite que je le pouvais, montant, bifurquant et piquant vers le sol. Je ressentis de l'excitation et souris comme un idiot, les cheveux dans le vent, le froid frappant mes joues et mes yeux commençant à se remplir de larmes. Je volai quelques heures puis retournai au camp afin de pouvoir saluer Draco avant son départ. Quand j'atterris, je fus accueilli par Lucius et son fils, semble-t-il inquiets. Je fronçai les sourcils et les rejoignis avant de demander :

— Qu'y a-t-il ? Il s'est passé quelque chose pendant mon absence ?

— Hormis ton absence, tu veux dire ? rétorqua Lucius.

— Tu n'es pas sérieux ? Je suis parti quoi, deux heures ? Je suis assez grand pour rester dehors, tu sais ? Tentai-je de plaisanter.

— Tu te moques de moi ? Ça fait presque six heures qu'on s'est vu maintenant ! Geoffroy, Hulrick, Johanna et Carlos sont en train de te chercher dans la réserve depuis près de deux heures !

— Oh !

Je regardai la réserve et décidai d'y envoyer un Patronus. Quand ce fut fait, voyant partir mon aigle à toutes ailes, je souris piteusement et dis :

— Je n'ai pas vu passer l'heure, désolé. Mais je vais bien, je ne faisais que voler. Et je n'étais pas dans la réserve.

— Alors s'il te plait, la prochaine fois, laisse une note qui dit où on doit chercher ton...

Lucius s'interrompit et inspira profondément puis il se pinça les lèvres avant de me sourire doucement :

— Si tu pouvais juste dire où tu vas, au cas où, ce serait grandement apprécié.

— Je le ferai, soufflai-je en allant le prendre dans mes bras.

Je regardai Draco et vis qu'il me lançait un regard noir. Je haussai les épaules et les entrainai dans le bâtiment. Nous allâmes dans la salle à manger et le silence s'installa. Je me sentais mal, m'étant promis de ne plus inquiéter Lucius. Et là, j'avais juste disparu pendant six heures, si je les croyais. Le plus inquiétant était que je n'avais pas vu l'heure passer, ni sentis de fatigue à voler autant.

— Tu t'es bien amusé ? me demanda finalement Lucius au bout de quelques minutes supplémentaires.

— J'ai volé. On ne peut pas dire que c'est amusant, mais ça m'a fait du bien, j'avais envie de bouger.

— D'accord.

Il sembla vouloir ajouter quelque chose mais se contenta de se pincer les lèvres à la place.

— Quoi ? Dis, sinon, tu vas encore tout garder pour toi et me faire une crise dans quelques jours.

— J'allais te demander si ça allait, mais je sais que tu ne vas pas apprécier la question, alors oublie.

Draco me lança un autre regard sombre avant de sourire à son père doucement.

— Je vais bien, très bien même. Ce serait plutôt à moi de te demander ça. Ça fait quand même plusieurs jours que tu n'arrives plus... à suivre.

Il claqua sa langue contre son palais et répliqua :

— Ce n'est pas moi qui ne suis plus, Charlie, c'est toi qui as changé de rythme. Tu me fais vraiment penser à...

Il me regarda attentivement pendant plusieurs secondes puis eut un rire bref et secoua la tête.

— A quoi ? l'interrogeai-je. Je suis normal, jeune et en bonne santé, tu deviens juste vieux pour ces choses là.

Voir sa tête à mes paroles me fit rire, comme Draco. Sauf que ce dernier cessa rapidement alors que moi, je ne pouvais juste pas. Ils se jetèrent un regard surpris puis Lucius me fixa, posant ensuite sa main sur mon front. Je reculai, mais vu son visage contrarié, je me touchai le front et remarquai qu'une fois de plus, j'étais chaud. Je l'avais constaté plusieurs fois depuis mon retour de Sainte-Mangouste, mais me sentant bien, même mieux que bien, je n'en avais pas parlé à Lucius ou aux autres. J'avais d'ailleurs été heureux quand le Ministère avait refusé ma demande pour que Lucius puisse rentrer au pays afin de rendre visite à Hermione et son fils, ainsi qu'à mon petit frère, ayant eu secrètement peur de refiler un truc au bébé.

— Au risque de déclencher ta colère, est-ce que tu es certain que tu vas bien ? Tu es encore chaud, et tu te comportes vraiment comme... Étrangement.

— Je vais bien, le rassurai-je. Ça m'arrive de temps en temps, mais c'est juste un peu de température. Rien de grave et je ne me sens parfaitement bien.

Les autres arrivèrent.

— Bon sang Charlie ! s'écria Geoffroy. Où étais-tu ?

— Je volais, fis-je en haussant les épaules. Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive. Et je n'étais même pas dans la réserve.

— Sauf que tu ne pars habituellement pas aussi longtemps. Qu'est-ce qu'il t'arrive en ce moment ?

— Comment ça "en ce moment" ?

— Je te pose la question. Tu te comportes étrangement et tu as de plus en plus de sautes d'humeurs.

— Ah non, intervint Lucius, s'il te plait, n'appelle pas ça comme ça.

Je fronçai les sourcils et dis, un brin en colère :

— Le fait de voler ne fait pas de moi un putain de lunatique. Et être en bonne santé non plus. Vous commencez à me faire royalement chier.

— Charlie, dit doucement Lucius, tu riais comme un fou il y a deux minutes et maintenant tu t'énerves.

— Ouais, parce que vous recommencez. Depuis que j'ai fait cette foutue fièvre, vous êtes tous derrière moi, à vérifier le moindre de mes gestes. Bientôt, pendant qu'on baise, ils vont m'observer pour voir si je vais bien.

— D'accord, souffla le blond. On est tous désolé pour ça.

— C'est seulement parce qu'on s'inquiète Charlie, intervint Johanna. Avoue que ce n'est pas ton genre de disparaître aussi longtemps sans rien dire. Et nous sommes habitués à ce que tu sois lunatique, nous le sommes aussi, mais là... c'est pire que d'habitude, c'est tout.

— C'est d'votre faute. Laissez-moi un peu respirer.

Je me levai et décidai de monter dans la chambre, là au moins, personne ne me ferait chier !


Nous espérons que ce troisième chapitre vous a plu.
C'est à vous de choisir si vous vous voulez lire la suite maintenant.
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Abby and Jes