Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac et Abigail sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Bêta correctrice : Westyversionfrench

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.

Périodicité de publication : Un chapitre tous les quinze jours, si on arrive à garder le rythme avec nos cours respectifs -)


Note commune des auteurs : Bonsoir bonsoir. Eh beh, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on a eu des reviews. Nous n'en espérions franchement pas autant même si ça fait plaisir. Pour les accusations de chantage... on n'a franchement pas grand-chose à en dire tellement c'est ridicule à part que ça n'en est pas. Ce n'était même pas une menace, on voulait juste vous mettre au courant. Donc voilà, si nous avons assez de reviews pour nous motiver à poster, nous posterons le plus régulièrement possible (après lecture, relecture, correction, envoie à la bêta et recorrection) et dans le cas contraire, on prendra une heure ou deux un week-end et nous posterons les chapitres qu'il nous reste sans nouvelle correction (à part celle de la bêta, si elle est motivée). Ainsi, quoi qu'il arrive, vous aurez la suite, nous espérons juste que nous pourrons continuer de vous la donner avec le plus de qualité possible. Encore merci à ceux qui nous ont reviewés, et surtout bonne lecture *sourire*! Ps : Jes veut que je précise qu'à l'écriture (surtout en ce temps là, elle s'est amélioré depuis), elle faisait beaucoup de fautes. En effet, nous avons parfois écrit à des heures très tardives en nous disant qu'on corrigerait les fautes plus tard... Juste pour que vous puissiez agir en toutes connaissances de cause (et oui, on fait ce qu'on peut pour éviter un procès au Magenmagot hein :p)

Merci à dobbymcl, Meringue, paulin54, Djianara, Bea, Imaniis, holybleu, honey1607, elandra, yamashita6, lilywen,
pour leur review.


Partie II

Bairim

Chapitre 4

POV Charlie

Ça faisait un moment que je lisais cette nullité, hésitant à descendre puisque ayant faim, mais je ne souhaitais pas me disputer à nouveau. La nuit était tombée et je jetai de temps en temps un coup d'œil à la fenêtre, heureux de pouvoir regarder dehors. J'entendis soudain du bruit et la porte de la chambre s'ouvrit sur Lucius, sa taille entourée d'une serviette. Il alla déposer ses affaires dans un coin et s'installa au bout du lit, ne me regardant pas une seule fois.

Bien, il me faisait la gueule, tant mieux. Je n'avais pas non plus envie de lui parler. Je continuai donc ma lecture, le corps tendu malgré tout. Il se leva et vint s'asseoir à côté de moi, posant la main sur ma cuisse et la caressant de son pouce doucement. Je frissonnai et déposai mon bouquin au sol avant d'attirer Lucius à moi pour l'embrasser.

Quand le manque d'air se fit sentir, je léchai ses lèvres et déviai vers son cou, que je mordillai. Et mon sexe réagissait déjà à ça. Merlin, que je le désirais. Il s'installa correctement sur mes cuisses et posa ses mains sur mes joues pour poser ses lèvres sur les miennes, délicatement. Je gémis et caressai son dos de haut en bas tout en répondant à sa bouche plus doucement. Je bougeai aussi le bassin, afin de créer une friction entre nous qui m'électrisait de plus en plus.

Mon cœur battait la chamade. Mon ventre était noué et j'adorais ça. Sentir sa peau sous mes doigts, son odeur, son goût. Et ses lèvres... Oh bordel ! Ses lèvres étaient un délice. J'eus soudain envie de les sentir ailleurs et je souris, cessant le baiser et allant déposer une trainée le long de sa mâchoire puis soufflai à son oreille :

— Je te veux... autour de moi.

Il fit glisser ses mains le long de mes flancs et embrassa mes lèvres une fois de plus puis lécha et mordilla ma mâchoire, mon cou, descendant ensuite le long de mon torse. Quand il arriva à mon nombril, il me jeta un regard étrange mais passa sa langue dessus puis alla, enfin, s'occuper de mon membre. Il en lécha le bout, soufflant dessus doucement avant de me prendre en bouche.

Je posai la main sur ses cheveux, et tirai un peu dessus, avant de gémir face à ses lèvres me prenant tout entier. Je gémis, et grognai tout en bougeant des hanches. Je le sentis sourire et sa main se posa sur ma hanche pour la garder immobile. Je posai ma main libre dessus et caressai ses doigts alors qu'il me suçait de la plus adorable des manières.

Je me noyai rapidement dans le plaisir et ne pus m'empêcher de le regarder. Ses yeux si magnifiques étaient déjà braqués sur moi et je me léchai les lèvres, le sentant grogner. Une vague de plaisir déferla en moi et j'ouvris les cuisses plus largement. Ses doigts quittèrent les miennes pour aller s'enrouler autour de ma base et je me caressai le torse, voyant son regard devenir de plus en plus sombre face au désir.

Je me mordillai la lèvre inférieure tout en serrant ses cheveux puis me pinçai les tétons et caressai mon ventre. Alors que Lucius allait et venait de plus en plus vite autour de mon sexe, je remarquai en me caressant que j'avais légèrement grossi. Je fronçai les sourcils, mais sentir ses dents racler contre ma hampe me fit juste gémir pitoyablement, suppliant qu'il continue. Il faufila un doigt entre mes fesses et à peine avait-il pénétré mon entrée que je me vidai dans sa bouche. Je soupirai, complètement emporté et couvert de sueur. Lucius me lécha, nettoyant chaque goutte de mon sperme et je l'attirai à moi brutalement pour l'embrasser avidement. Il se plaqua à moi et je murmurai :

— Prends-moi, maintenant, tout de suite.

— Charlie... ce n'est pas une bonne idée, soupira-t-il en reculant après avoir posé ses lèvres contre les miennes doucement.

Je ne voulais pas « non » comme réponse. Je le voulais en moi, maintenant. J'inversai nos positions d'un coup de rein habile et m'empalai sur lui, jusqu'à la garde. Je poussai un cri de douleur et remontai, pour me laisser tomber. Le plaisir était absent, mais je savais qu'il allait bientôt arriver. Lucius eut un hoquet de surprise et inversa immédiatement nos positions. Il enserra mes poignets et se retira totalement de moi puis recula en disant :

— Mais bon sang, Charlie. Qu'est-ce qu'il t'a pris ?

— Ça ne t'a pas plu ? demandai-je.

— Tu te moques de moi ?

— Baise-moi Lucius, j'ai envie de toi. Prends-moi jusqu'à me faire tomber de fatigue et que tout ce qu'à quoi je puisse penser soit ton prénom.

Il ferma les yeux et se mordit la lèvre puis se releva et enfila un caleçon, revenant ensuite s'allonger à mes côtés. Il passa sa main dans mes cheveux et souffla :

— Pas que je n'en ai pas envie, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée Charlie, vraiment. Alors s'il te plait, non.

— Bien, fis-je déçu. Si tu te refuses à moi, que puis-je y faire ?

En effet, que pouvais-je y faire ? Ma gorge fut nouée, et ne désirant pas me disputer pour ça, je repris mon bouquin au sol et ouvris ensuite mon bras afin qu'il se colle à moi. Il le fit puis glissa son bras autour de mon torse, nichant sa tête dans le creux de mon cou qu'il embrassa doucement.

— Je ne me refuse pas à toi Charlie, c'est juste..., souffla-t-il.

Il embrassa mes lèvres doucement puis ancra son regard dans le mien et reprit :

— Pas ce soir, et pas comme ça.

Il eut un léger sourire et leva les yeux ciel, reposant peu après ses lèvres contre les miennes.

— Dragostea mea, murmura-t-il contre elles avant de poser sa tête sur mon épaule et de fermer les yeux.

— C'était quoi ça, chuchotai-je ému.

Il avait certainement dû me dire quelque chose de beau.

— L'un des gardiens le sait, marmonna-t-il, un doux sourire aux lèvres. Tu n'as plus qu'à trouver lequel.

— Dis-moi mon amour, fis-je avant de me tendre.

Encore ce satané surnom débile ! J'espérais qu'il n'avait rien entendu mais ce ne fut pas le cas.

— Déjà fait, répondit-il en caressant mes flancs.

— Et si au lieu de me répondre vaguement, tu le faisais réellement !

Je jetai mon livre et me blottis contre lui, commençant à parcourir son torse du bout des doigts.

— Alors j'ai attiré ton attention ? souffla-t-il en m'embrassant délicatement.

— Oui, pleinement, répondis-je en l'embrassant à mon tour.

Je me collai complètement à lui et l'entourai de mon bras, sa chaleur me procurait beaucoup de bien-être.

— Bien.

Il glissa sa jambe entre les miennes et frotta son nez contre ma joue.

— Je t'aime, murmurai-je en fermant les yeux.

J'avais été un vrai con ces derniers jours et malgré tout ça, il arrivait encore à me donner de la tendresse. Lui, Lucius Malfoy. Il avait raison, j'avais été un vrai poison pour lui, mais il l'avait aussi été pour moi. Un poison qui m'avait apporté le bonheur.

— Je t'aime aussi, dragostea mea, rit-il doucement contre mes lèvres.

Je grognai et dis :

— Si tu me réponds, je pourrais te procurer beaucoup de plaisir.

Je l'embrassai et sa langue se lia rapidement à la mienne alors je la suçai, puis relâchai ses lèvres.

— Si je te dis ce que cela veut dire, tu vas voir à quel point je suis Poufsouffle, et j'ai encore une réputation à garder, chuchota-t-il avant de m'embrasser tendrement.

— Je vais harceler les autres pour le savoir alors, marmonnai-je contre sa bouche.

— D'accord.

OoOoOoOoO

Je volais aux côté d'Hulrick, silencieux.

Comme depuis quelques semaines, les Dragons agissaient de plus en plus bizarrement. Encore aujourd'hui, dès que nous nous étions approchés, ils avaient cessé ce qu'ils faisaient, se posant s'ils étaient en vol. Puis, ils nous avaient simplement regardés. Et même si au début, cela nous avait amusés, cela nous inquiétait beaucoup à présent. Et savoir que dans les autres réserves, c'était pareil, nous faisait nous demander si ce n'était pas une sorte de cycle qui nous était inconnu.

Quand nous arrimâmes au portail, Hulrick cria :

— J'aimerais quand même savoir ce qu'il leur prend.

— Moi aussi. Mais nous ne pouvons qu'attendre et les surveiller, répondis-je en passant les portes qu'il venait d'ouvrir.

Il me suivit et referma ensuite la barrière de Magie. Nous nous posâmes et rentrâmes à l'intérieur. J'allai dans la salle à manger, désirant y trouver Lucius, mais il n'y avait que Johanna fraichement levée, au vu de sa tête. Je lui fis la bise et demandai, en prenant place :

— Tu sais où est Lucius ?

— A l'infirmerie avec Geoffroy.

Je décidai de ne pas le rejoindre et Hulrick prit place tout en me demandant :

— Ça va mieux entre vous ?

Je hochai la tête et dis, tout en me levant :

— J'ai arrêté d'être un connard. Sinon, vous voulez quelque chose ?

J'avais envie d'un bon chocolat chaud. Il y avait eu un vent frais et je voulais me réchauffer. Et pourtant, nous étions en été !

— Un café, firent Johanna et Hulrick en cœur.

— C'est comme si c'était fait.

Je me rendis à la cuisine et commençai à mettre l'eau à chauffer. Je préparai ensuite le café, les tasses ainsi que le lait et le sucre. Je cherchai également le chocolat mais après avoir vidé toutes les armoires, je dus me rendre à l'évidence : il n'y en avait plus. Je serrais les dents, en voulant au gardien qui ne l'avait pas signalé. Et pire que tout, je sentis mes yeux se brouiller de larmes. Je les séchai, mais bien vite, l'émotion me gagna et je m'entendis sangloter, sans pouvoir cesser.

POV Lucius

J'étais avec Geoffroy en train de faire l'inventaire dans l'infirmerie depuis un moment. Il en profitait également pour me reposer des questions sur l'utilité des potions selon les Dragons, ce qui rendait la chose bien moins ennuyeuse. J'étais en train de refaire l'étiquette d'une fiole quand Hulrick entra dans la pièce, essoufflé. Il me regarda, reprenant quelque peu son souffle, et je remarquai qu'il avait l'air un peu affolé. Geoffroy lui demanda immédiatement ce qu'il se passait. Quant à moi, j'essayais de rester calme et de ne pas penser au pire, à savoir qu'il aurait pu arriver quelque chose à Charlie qui était censé sortir de la réserve quelques minutes auparavant.

— Il se passe un truc bizarre dans la cuisine. Mais... on n'ose pas trop entrer.

— Ça veut dire quoi ça ? claquai-je immédiatement.

— Ça veut dire que... Bordel, non, je ne le dirais pas. Venez voir par vous-même, fit-il avant de sortir.

J'échangeai un regard avec Geoffroy et suivit Hulrick jusqu'à la cuisine, passant tout d'abord par la salle à manger. Johanna était assise à table et semblait ennuyée. Je me demandais d'abord pourquoi mais compris rapidement en entendant des sanglots. Je fermai les yeux une seconde et soufflai, pas certain de vouloir connaître la réponse :

— Qui est dans la cuisine ?

J'étais à peu près certain que c'était Charlie, mais je ne voulais pas que ce soit lui. Parce que pour le mettre dans cet état, soit quelqu'un était mort, soit il avait un problème. En fait non, si mes stupides, très improbables et impossibles hypothèses se révélaient vraies, nous avions un problème.

— Charlie, murmura Hulrick.

— Faites que quelqu'un soit mort, soufflai-je en poussant la porte de la cuisine.

J'entrai dans la pièce doucement et aperçus immédiatement Charlie en larmes devant le plan de travail. Je m'approchais de lui et le pris dans mes bras.

— Non, gémit-il sans toutefois me repousser.

— C'est bon Charlie, je suis là, murmurai-je à son oreille tout en le serrant plus fort contre moi.

Je passai ma main dans ses cheveux et jetai un coup d'œil aux alentours pour voir ce qui avait pu le mettre dans cet état. Je remarquai trois tasses et la boite de chocolat en poudre vide sur le comptoir, mais rien d'autre.

— Hey, fis-je ensuite après avoir embrassé sa tempe, qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Il se mit à rire à travers ses sanglots qui n'avaient pas diminués, puis répondit difficilement, visiblement choqué :

— Plus de chocolat...

— Oh par Merlin, soufflai-je en resserrant ma prise sur son corps. Hulrick va partir en acheter de suite d'accord ?

Il fit un drôle de bruit et se retourna, me serrant contre lui. Il pleura encore un moment avant de réussir à souffler :

— Qu'est-ce qu'il m'arrive ?

J'eus un rire bref puis soufflai :

— Si je te dis à quoi je pense, là tout de suite, tu vas me tuer, alors je vais me taire.

Je le sentis hocher la tête et j'entendis :

— Il a reçu une mauvaise nouvelle ?

J'inspirai profondément, faisant tout ce qui était en mon pouvoir pour m'empêcher de rire avant de finalement répondre :

— Non non tout va bien je... je vous expliquerai. Et toi, repris-je à l'intention de Charlie, et si tu allais te rafraichir un peu ? Je vais envoyer quelqu'un te chercher du chocolat entre temps, d'accord ?

— Okay.

Il se détacha de moi et quitta la pièce plus vite qu'il ne m'en avait fallu pour le dire. Je regardai le vide quelques secondes puis repartis dans la salle à manger. Je m'assis immédiatement sur une chaise et me pris la tête entre les mains. C'était impossible pourtant n'est-ce pas ? Cela ne se pouvait pas. Non, non, non !

— Alors ? fit Johanna la voix inquiète. Je ne l'ai jamais vu comme ça, même pas à la mort de Sven.

— Il faut que l'un de vous aille chercher du chocolat, et qu'un autre prenne rendez-vous avec un médicomage pas loin d'ici.

Un médicomage qui allait devoir m'aider à supprimer cette stupide idée de ma tête.

— Pourquoi doit-on aller acheter du chocolat ? demanda Geoffroy.

— Parce qu'il n'y en a plus. Et oui, c'est ça qui a mit Charlie dans cet état. Personne n'est mort.

— Tu plaisantes ? rit Hulrick.

— Non, soufflai-je en me passant la main sur le visage.

— Oh... Je m'en charge, ajouta-t-il en se levant.

— Merci. Et s'il te plait, dépêche-toi. Je n'ai jamais été bon pour gérer les crises de larmes.

Encore moins celles de ce type-là. Il se leva et partit alors que Geoffroy me regardait étrangement. Je me tournai vers Johanna et hésitai quelques secondes avant de me lancer :

— Si je vous dis quelque chose, vous pourriez me promettre de ne pas en parler à Charlie ? J'ai besoin que quelqu'un me dise à quel point c'est impossible et que ça ne peut pas être cela.

— Oui, pas de souci. Est-ce grave ?

— Grave... je suppose que cela dépend du point de vue. Il a le même comportement que Narcissa, mon ex-femme, quand elle était enceinte. Il a des sautes d'humeurs, des poussées de chaleur ou de fièvre, un comportement étrange et... ça, fis-je en indiquant la cuisine d'un vague geste de la main.

Sans parler de sa libido accrue inexplicablement depuis quelques semaines.

— Tu veux dire que tu penses que Charlie est... enceint ? Lucius, c'est impossible, fit Geoffroy.

— Je sais. Par Merlin, je sais. Mais il a grossi, aussi, enfin, juste son ventre.

Geoffroy venait de me dire ce que je voulais entendre mais cela ne faisait que me conforter dans mon idée. C'était la solution la plus plausible, et la seule explication que j'avais pu trouver.

— Non, ça doit sûrement provenir de ce qu'il a eu il y a trois mois. La cause de sa fièvre. Une infection ou une maladie, rétorqua-t-il.

— D'accord, t'as raison, ça doit venir de ça. Mais je veux quand même qu'il aille voir un médicomage. Peut-être qu'ils trouveront quelque chose cette fois-ci. Et je demanderais à Draco de m'envoyer de l'argent pour le payer, si tu veux.

— Non, non, bien sûr que non. Je vais voir pour avoir un rendez-vous rapidement. Mais Lucius... il ira bien, okay ? Je n'ai pas besoin que tu agisses encore de manière inconsidérée !

— Tant que je peux venir avec lui, c'est bon. Et je ne ferais rien de stupide tant que ce ne sera pas nécessaire.

— Bien, va près de lui, je vais y aller. Plus vite nous saurons ce qu'il a, plus vite nous pourrons le guérir.

— Merci, dis-je avant de me lever pour aller retrouver Charlie.

J'espérais vraiment me tromper. Parce que je n'étais pas sûr de vouloir d'un deuxième enfant, parce que je ne pensais pas que cela enchanterait Charlie, et parce que cela risquerait de détruire ce que nous avions.

Par Merlin, il fallait que j'arrête de penser à cela.

C'était impossible.

OoOoOoOoO

Geoffroy venait de me dire qu'il avait obtenu un rendez-vous pour la fin d'après-midi et je devais maintenant en parler à Charlie, en espérant que ce dernier ne s'énerve pas, ou ne se mette pas à pleurer. Il était assis sur le canapé dans le salon, un livre entre les mains et une tasse de chocolat chaud devant lui. Geoffroy nous avait donné à tous deux congés pour la journée. Moi parce que je n'étais absolument pas concentré et Charlie parce qu'il devenait un peu trop instable. J'allai m'asseoir à ses côtés et attendis qu'il ait fini son chapitre avant de lui demander :

— Je peux te parler ?

— Oui.

J'hésitai quant à la marche à suivre et lui retirai son livre des mains avant de l'attirer contre moi et de passer ma main dans ses cheveux.

— J'ai demandé à Geoffroy de te trouver un médicomage. Et nous allons le voir dans quelques heures. D'accord ?

— Pourquoi je ferais ça ! Je vais bien okay ?

Puis, il soupira et dit :

— Je vais bien, j'ai juste... je ne sais pas, je vais juste bien.

— Alors pour moi. Au cas où ils puissent finalement trouver si tu as attrapé une infection ou... autre chose. Une heure de ton temps pour me rassurer, s'il te plait.

— Pour toi alors, marmonna-t-il. Tu veux bien me dire c'est quoi ? J'ai demandé à tout le monde ce que « Dragona me » veut dire, mais personne ne sait.

— Dragostea mea, ris-je doucement.

— Ouais, ça... ben les autres ne savent pas et Geoffroy m'a carrément envoyé en dehors de son bureau. Alors, si tu veux que j'aille voir le médicomage, dis-le-moi.

Je souris et déposai mes lèvres sur les siennes, pensant à la tête qu'avait pu faire Geoffroy quand Charlie était venu lui demander cela. Je pris ensuite son visage entre mes mains et ancrai mon regard dans le sien, me pinçant les lèvres. Amusant comme le dire en Roumain était bien plus simple qu'en anglais.

— Mon amour, soufflai-je finalement après quelques secondes.

— Oui, j'écoute, rit-il. Dis-moi.

— Je viens de le faire.

— Oh... Et bien, tu avais raison, chuchota-t-il avant de m'embrasser.

— Par rapport à quoi ? fis-je, légèrement méfiant, une fois qu'il se fut reculé.

— Ça fait très Poufsouffle.

Je claquai ma langue contre mon palais et pinçai sa cuisse légèrement avant de soupirer :

— Je me doutais que tu allais me répondre cela... Et si cela te dérange, je peux arrêter.

Je savais qu'il n'était pas très surnom stupide ou mièvre et celui-ci entrait sans hésitation dans la seconde catégorie, et sûrement dans la première également.

— Je ne sais pas. Avant, je t'aurais dit d'oublier, mais là, te l'entendre dire me fait juste énormément plaisir.

— D'accord.

Je l'embrassai, décidant intérieurement d'éviter de l'appeler ainsi à l'avenir, à moins qu'il ne demande le contraire. Après tout, il n'était pas exactement dans son humeur habituelle en ce moment. Je léchai ses lèvres puis ancrai mon regard dans le sien.

— Tu n'as jamais voulu d'enfant ? Pure curiosité, ajoutai-je face à son regard surpris.

— Merlin, non, jamais ! Qu'est-ce que je ferais d'un truc pareil. Avant toi, je ne m'imaginai même pas avec quelqu'un un jour.

— Jamais eu envie d'un Charlie miniature qui courrait partout en changeant d'humeur toutes les cinq minutes ? ris-je en mordillant l'arête de sa mâchoire.

— Non. Et la question ne se pose même pas, vu que je t'aime. Mais même si on m'offrait le choix un jour, ce serait non. J'ai assez de frères et sœurs pour voir gambader ces choses là. Et ça me suffit amplement.

— D'accord.

Je repris ses lèvres, priant intérieurement pour avoir tort. Par Merlin, il fallait vraiment que je me trompe. C'était impossible, de toute façon.

N'est-ce pas ?

OoOoOoOoO

Nous étions dans la salle d'attente depuis cinq bonnes minutes quand le médicomage nous invita enfin à passer dans son bureau. Geoffroy, qui nous avait accompagné, resta où il était et m'adressa un sourire encourageant quelques secondes avant que la porte ne se referme. Nous nous assîmes face au bureau du médicomage et ce dernier nous demanda ce qu'il pouvait faire pour nous.

— Rien, je vais bien. Mais... afin de rassurer mes proches, un simple examen ira.

— Approfondi si possible, l'examen, ajoutai-je immédiatement. Juste pour être sûr que tout va bien.

— Vous voyez à quoi j'ai affaire ? fit Charlie en prenant place sur la table d'auscultation.

Le médicomage rit doucement puis commença à l'ausculter. Au bout d'une ou deux minutes, il fronça les sourcils, et après quelques sortilèges supplémentaires, il se retrouva visiblement incapable de refermer la bouche.

— Avez-vous trouvé quelque chose ? demanda Charlie, le sourire disparu.

— Et bien... Hm... je vais refaire un ou deux tests, d'accord ? Vous pourriez retirer votre haut et vous allonger s'il vous plait ?

— C'est obligé ? questionna-t-il méfiant.

— Oui.

— Il y a un problème ?

— Charlie, s'il te plait, dis-je ensuite. Pour moi. Et tu pourras me demander ce que tu veux une fois qu'on sera retourné au camp.

Je me doutais que cette proposition allait finir par se retourner contre moi, d'une façon ou d'une autre, mais je voulais savoir. Non, je le devais.

— Très bien ! ragea-t-il en retirant son haut et en s'allongeant. Mais ça vaudra plus qu'une pipe, crois-moi !

Je me raclai la gorge alors que le médicomage nous jetait un regard étrange. Il relança deux sortilèges puis posa ses mains sur l'abdomen de Charlie après lui en avoir demandé l'autorisation. Je le vis observer son ventre attentivement puis il relança un sortilège avant de finalement autoriser Charlie à se rhabiller. Une fois fait, il revint s'asseoir à mes côtés alors que le médicomage s'installait en face de nous. J'attrapai immédiatement la main de Charlie dans la mienne et soufflai :

— Alors ?

— Alors, il y a bien quelque chose. Mais, le plus important, reste l'anomalie présente.

— L'anomalie ? Vous pourriez être clair, précis et concis, s'il vous plait.

Je n'avais clairement pas la patience de jouer aux devinettes.

— Même si j'ai dû mal à y croire, vous attendez un bébé. Il a environ trois mois. Mais une troisième magie est liée à cette grossesse. Avez-eu recours à un sortilège ou une potion ?

Je me pinçai les lèvres et me tournai immédiatement vers Charlie pour voir sa réaction.

— Vous êtes en train de dire que j'ai un truc dans mon ventre ? Mais qu'attendez-vous, retirez-le !

Il se leva et retourna s'allonger sur la table. Le médicomage me regarda, visiblement estomaqué et attendant apparemment que je réagisse. Je me levai et m'approchai de Charlie doucement.

— Ce n'est pas... c'est un bébé Charlie, pas un... Écoute, je sais que tu n'en veux pas et on pourrait peut-être juste...

Je me tournai vers le médicomage et ce dernier intervint enfin :

— La grossesse remonte à trois mois monsieur Weasley, et le fœtus est déjà bien formé. Je ne peux pas le... retirer comme vous dites. Cela le tuerait.

Charlie sembla enfin comprendre car il blanchit et dit :

— Je ne... je ne voulais pas vous demander de le tuer. N'y a-t-il pas d'autre moyen ? Je... je ne veux pas de ce truc dans mon ventre, je dois bien avoir une solution, non ?

— La seule solution est d'attendre quelques mois jusqu'à la naissance. Comme je vous l'ai dit, il y a une troisième forme de magie et je ne sais pas d'où elle vient, ce qui fait qu'il est compliqué de dire quand exactement cela arrivera. Mais je dirais qu'elle ne devrait pas durer plus de sept ou huit mois, vu l'évolution du développement du fœtus.

— C'est quoi cette histoire de troisième magie ?

— Vous ne semblez pas vouloir de cette grossesse, alors je doute que vous ayez utilisé un sort ou une potion. A moins que..., poursuivit le médicomage en me regardant.

— Non ! rétorquai-je immédiatement. Je n'ai rien fait pour... ça.

Et je n'avais aucune idée de comment j'étais censé réagir. Charlie attendait un bébé, de moi. Mon enfant, notre enfant. Mais il n'en voulait pas. Par Merlin, pourquoi est-ce que tout devait toujours tourner au cauchemar ?

— Alors, reprit le médicomage, je ne sais pas d'où cela peut venir. Il s'est passé quelque chose de particulier il y a trois mois ?

Je réfléchis quelques minutes puis échangeai un regard avec Charlie, pas certain que nous puissions parler Dragon avec lui.

— Pouvez-vous faire entrer la personne qui attend ? fit Charlie en serrant les dents.

— Bien sûr, répondit-il en allant ouvrir la porte alors que je posai mes lèvres sur le front de Charlie et passai ma main dans ses cheveux.

Geoffroy entra quelques secondes plus tard et nous demanda immédiatement quel était le problème. Voyant que Charlie ne semblait pas vouloir parler, je me lançai :

— Charlie est... enceint. Et cela remonte à trois mois. Et apparemment, il y a une troisième forme de magie là, fis-je en indiquant vaguement le ventre de Charlie. Le médicomage aimerait donc savoir ce qu'il s'est passé il y a trois mois et qui aurait pu... créer cette magie.

— Oh. Et bien, Yanis est au courant de la réserve, fit Geoffroy.

— Parfait, alors je te laisse lui expliquer, dis-je avant de me tourner de nouveau vers Charlie.

J'entendis Geoffroy parler au médicomage mais préférai me concentrer sur l'homme à mes côtés. Je caressai ses cheveux et embrassai sa tempe, soufflant ensuite à son oreille :

— Ça va aller, Charlie, je te le promets.

— J'ai dû mal à te croire. Bordel, je dois être en plein cauchemar. Hein ?

Je pris son visage entre mes mains et ancrai mes yeux dans les siens pour qu'il comprenne à quel point j'étais sérieux, puis répétai :

— Je te promets que tout ira bien.

Il ne répondit pas tout de suite et ferma les yeux.

— Je... Ne m'en veux pas, c'est tout.

— Pourquoi le ferais-je ?

— Parce que je n'en veux pas, de ce truc. Tu comprends ?

— Je sais. Mais je... Moi oui. Tu... Écoute Charlie, je sais que c'est beaucoup demander mais juste, garde-le, s'il te plait. On verra plus tard ce qu'on fera.

— Je t'aime Lucius, n'en doute pas, mais là, c'est non.

— De quoi est-ce que tu parles ? Tu as entendu le médicomage, si tu le... si tu t'en débarrasses, tu le tues.

— Et comme il l'a dit, je peux aussi attendre qu'il sorte pour m'en débarrasser.

Je me redressai et me pinçai les lèvres avant de souffler :

— Je m'en occuperais. Tu ne peux pas... C'est un enfant Charlie, le mien autant que le tien.

— Ah ouais, merde !

J'ouvris la bouche, prêt à répliquer, mais préférai me taire et me tournai vers le médicomage.

— Alors on fait quoi ? lui demandai-je quand lui et Geoffroy eurent fini de parler.

— Il n'y a rien à faire, à part attendre et suivre l'évolution chaque semaine.

— D'accord.

Charlie se releva et sortit du bureau sans attendre alors que Geoffroy et moi saluions le médicomage. Il ne voulait pas de ce bébé. Il voulait s'en débarrasser. Sauf que je ne pouvais pas le laisser faire ça, je ne pouvais pas confier mon enfant à quelqu'un d'autre. J'avais été lamentable avec Draco pendant son enfance et j'avais là une chance de me rattraper.

Alors si Charlie voulait vraiment se débarrasser de l'enfant, je supposai qu'il devrait se débarrasser de moi également. Mais par Merlin, je ne voulais pas le perdre, je ne pouvais pas. Il ne restait plus que quatre ou cinq mois avant la naissance. Et autant de temps pour essayer de convaincre Charlie.

POV Charlie

Je n'avais pas attendu avant de sortir et transplaner. Je courus jusqu'au hall et pris mon balai puis filai vers le portail. Je l'ouvris, encore en colère. C'était eux... leur truc là, le jour de l'été. Ce qui m'avait donné la fièvre. Je pénétrai dans la réserve et refermai les portes alors que je pouvais apercevoir Lucius et Geoffroy revenir. Je n'attendis pas et volai rapidement, voulant trouver Émeraude.

La colère bouillonnait en moi, alors que les mots du médicomage hantaient ma tête. Un... Je ne pouvais pas penser ça, c'était juste un truc que je n'avais pas voulu, jamais je n'aurais voulu ça !

J'accélérai, sentant le vent fouetter mon visage et passai au dessus de Silvery. Il rugit, s'assit et me regarda. Cela me rendit encore plus en colère. Je comprenais maintenant leur réaction depuis quelques semaines. Sentaient-ils le truc que j'avais en moi ? Je vis au loin le Magyar, sur un rocher. Je fonçai vers lui en piqué et remarquai qu'il n'avait fait que tourner la tête vers moi, sans montrer d'hostilité.

Le Dragon qui avait essayé de me bouffer il y a des mois était maintenant inoffensif ! C'était une blague, une grosse blague.

Bordel, je ne pouvais pas réellement porter ce truc dans mon ventre, c'était impossible.

Je fus ravi, enfin... le mot était assez mal choisi, quand j'aperçus le Cornelongue mâle. Je volai jusqu'à lui et me posai, à quelques mètres seulement de là où il était. Je fonçai ensuite vers lui et lui donnai un coup de pied :

— C'est toi, hein, fils de pute ! Comment tu as pu me faire ça ?!

Je me mis à le marteler de coups de poings et me fit de plus en plus mal à la main. Elle fut bientôt en sang et Émeraude recula, tout en reniflant. Je le regardai avec colère, voulant qu'il ne m'ait jamais sauvé la vie, n'être jamais monté sur son dos. Une voix en colère que j'identifiai comme celle de Geoffroy retentit :

— Charlie ! Tu arrêtes ça immédiatement !

Je ne l'écoutai pas, au risque de perdre ma place et m'avançai vers la bête qui recula à mon approche.

— Arrête ça !

Je courus vers lui et le frappai encore, gémissant face à la douleur de mes mains ensanglantée. Et fus hors de moi quand il s'envola, rugissant.

— Salopard ! criai-je.

Je retournai à mon balai dans l'optique de le suivre. Peut-être qu'il pourrait me donner un coup et me faire perdre ce truc. Mais Geoffroy se plaça devant moi et je vis, au loin, Lucius et Hulrick arriver. Magnifique. Geoffroy m'arracha le balai des mains et hurla :

— J'ai dit stop Charlie ! On sort de là et je ne veux plus te voir dans la réserve avant que je n'ai décidé que tu pouvais revenir, c'est clair ?

— Clair ! sifflai-je.

Je tendis le bras pour récupérer mon balai, mais Lucius se posa à ce moment là et me poussa, me faisant reculer de quelques pas.

— Tu montes avec moi, dit-il ensuite.

— Non, je suis assez grand pour voler seul.

Je me tournai vers Geoffroy, attendant mon balai. Mais il le garda et décolla, me laissant seul au sol avec Lucius, avant de déclarer :

— Je ne prends pas le risque Charlie. On rentre maintenant.

Je serrai les dents et montai avec Lucius. Ce dernier soupira doucement puis décolla, se reposant quelques minutes plus tard devant la barrière que Geoffroy ouvrit puis il m'indiqua la sortie d'un signe de tête. Je filai vers le bâtiment d'un pas rageur et me rendis à l'infirmerie pour prendre une potion antidouleur. Je vivais un cauchemar. C'était... surréaliste.

Qu'est-ce qu'ils avaient fait ? Je me mis à réfléchir alors que j'avais entendu quelqu'un entrer. Après quelques minutes, je me rendis compte que ça avait été le solstice, et cela devait peut-être avoir un rapport. En quoi, je n'en savais trop rien. Mais pourquoi et comment les Dragons avaient-ils pu me fourrer ce truc dans le ventre ?! J'attrapai mal au crâne en essayant de me souvenir de ce qu'il s'était réellement passé et pris place, la tête entre les mains. J'entendis du bruit autour de moi et sentis bientôt un tissu humide sur ma main blessée.

— Tu vas te mettre du sang partout si tu ne soignes pas cela.

— M'en fous, soufflai-je. Bordel, il n'a rien fait. Je... rien. Pourquoi moi ? Pourquoi ? hurlai-je avant de sentir les larmes brouiller ma vue.

— C'est bon Charlie, tu as eu plus mal que lui. Et je ne sais pas pourquoi toi. Mais c'est comme ça. Je suis désolé, je sais que tu n'en veux pas.

Je ris amèrement et me laissai soigner.

— Et si ce truc était un Dragon ? Tu y as pensé ?

— Je pense que le médicomage l'aurait vu, Charlie. Et il a dit que c'était un bébé, ou un fœtus. Peu importe, ce n'est pas un Dragon.

Je ne dis rien de plus et attendis qu'il ait fini de soigner mes mains avant de me lever et de filer dans la chambre, m'allongeant sur le lit encore habillé. Je me sentais nauséeux, en colère et perdu. Je ne savais pas moi-même comment j'allais gérer cette situation. Et j'avais peur, là, que Geoffroy m'interdise de travailler. Et ça, je ne le supporterai pas. Je ne voulais pas changer ma vie pour ce truc que je n'avais pas demandé. Et Lucius, Merlin... il voulait le garder. D'ailleurs, il entra dans la chambre avec une tasse. Le geste me fit plaisir, mais je repensai à ma réaction plus tôt dans la journée et serrai les mâchoires.

— Cette saloprie va me détruire, sifflai-je. Elle va me changer, et me transformer en une loque pleurnicharde pour du putain de chocolat, gueulai-je sur la fin. Comment peux-tu en vouloir ?

Il passa sa main dans mes cheveux et embrassa mon cou avant de dire :

— Tu n'es pas une loque pleurnicharde. Et cela ne va plus durer que quatre ou cinq mois, et ensuite, tu seras de nouveau toi. Et j'en veux parce que...

Il s'interrompit et se redressa pour me regarder dans les yeux puis reprit, ses mains caressant mon cou et mes cheveux :

— J'en veux parce que c'est pour moi une chance d'être un père pas trop mal dès le départ. Et parce que c'est une partie de moi, et une partie de toi. Je... Avant tout ça, cela ne me serait jamais venu à l'idée, mais maintenant que cela m'est offert, je ne peux le refuser. Mais je ne veux pas te perdre à cause de cela, Charlie.

— Tu ne peux pas me forcer, murmurai-je. Je n'en veux pas.

— Je sais. Et je ne veux te forcer à rien. Je ne le ferais pas. Mais tu ne peux pas m'obliger à y renoncer, fit-il avec un sourire un peu triste.

Il avait raison, mais en le gardant pour lui, j'allais devoir aussi le garder, ou alors, je devrais quitter Lucius. Je fermai les yeux et pris la tasse que je bus doucement, ne pensant à rien un bref instant. Quelques minutes plus tard, je m'allongeai de nouveau, m'étant redressé pour boire. Lucius se colla à moi et recommença à me caresser les cheveux. Cela me faisait beaucoup de bien.

— Charlie, soupira-t-il après quelques minutes supplémentaires. Je ne veux pas que tu sois blessé, vraiment pas. Et je sais que tu n'as rien demandé, mais... Le bébé n'a rien demandé non plus, tu sais ? Alors on pourrait juste... attendre la naissance et voir ce qu'il se passe à ce moment-là, non ?

— Ouais, on peut faire ça, soupirai-je.

Il embrassa ma mâchoire puis souffla :

— Merci. Si tu savais à quel point je t'aime...

— Montre-le moi, soufflai-je.

Malgré tout ce que j'avais appris aujourd'hui, j'avais encore envie de lui. Il posa sa main sur ma joue, me faisant tourner la tête pour ensuite m'embrasser profondément. Il continua de caresser mes cheveux avec l'une de ses mains alors que l'autre se glissait sous mon t-shirt, caressant mon ventre quelque peu avant d'aller taquiner mes boutons de chair. Je gémis et bougeai des hanches. Il en fit de même tout en souriant contre mes lèvres.

Nos langues jouaient ensemble et je ne la sentais pas assez, même si je n'arriverais pas à la sentir plus. Je le voulais, oh comme je le voulais. Le sentir en moi, profondément, allant et venant.

Je grognai et reculai afin de respirer.

Il me repoussa doucement sur le dos et tira sur mon t-shirt pour me l'enlever. Sa langue lécha mon cou puis déposa un sillon humide le long de mon torse et de mon ventre. Il défit ensuite les liens de mon pantalon puis revint à moi pour m'embrasser et sourit :

— Je te dois plus qu'une pipe, c'est ça ? Dis-moi ce que tu veux, tout ce que tu veux.

Il pressa ses lèvres contre ma joue, dérivant ensuite jusque mon cou dont il lécha et mordilla la peau, ses mains explorant mon corps.

— Alors prends-moi, brutalement et passionnément, répondis-je.

Je voulais le sentir, mais aussi de la douleur, cette dernière décuplant mon plaisir.

— Sûr ? me demanda-t-il en me regardant sérieusement.

— Oh que oui, plus que sûr. Prouve-moi que mon état ne change rien.

— Tu es toujours aussi séduisant, dit-il en tirant sur mon pantalon pour me le retirer complètement.

Il retira son propre haut et se débarrassa de son pantalon puis revint au-dessus de moi. Il m'embrassa, collant nos sexes l'un contre l'autre, et souffla tout contre mes lèvres :

— Beau et dangereusement désirable.

— Cesse de parler et agis, le pressai-je en bougeant des hanches avant d'écarter un peu mieux les jambes.

Il tendit le bras et pris le lubrifiant mais je secouai la tête. Il me regarda une fraction de seconde, se pinçant les lèvres, mais finit par reposer le tube. Il souda ensuite nos bouches l'une à l'autre et présenta son extrémité à mon entrée. Je cessai le baiser et serrai les dents.

Il me pénétra de quelques centimètres tout en me masturbant et je gémis de plaisir et de douleur mêlée. Il entra en moi entièrement, grognant. Ses yeux se braquèrent aux miens et je hochai la tête. Il commença à bouger de plus en plus vite, me pénétrant de plus en plus profondément. Je me mordis la lèvre inférieure tellement c'était bon, même si mon cul me brûlait comme jamais, même si mes yeux se remplissaient de larmes face à la douleur.

Je montai des hanches et il frappa dans ma prostate. Je l'agrippai par la nuque et l'embrassai, comme si demain n'était pas. Mes gémissements, de plus en plus rapprochés, le firent bouger encore plus vite si c'était possible. Et je ne fus rapidement qu'un corps alangui, noyé par le plaisir et la douleur qui petit à petit diminuait.

— Oh bordel de merde ! Plus fort, plus vite...

Il eut un rire bref puis fit ce que je lui demandais et m'embrassa profondément avant de coller sa bouche contre mon cou. Il me mordit et je criai :

— Oh oui...

Il lécha et recommença, me transportant. J'inversai soudain nos positions et bougeai rapidement, le sentant me remplir, encore et encore. Je penchai la tête en arrière et m'accroupis au-dessus de lui puis l'embrassai. Il comprit et me pilonna, montant son bassin avec force.

Je fermai les yeux et griffai ses épaules avant de me vider entre nous. Il me suivit quelques secondes plus tard en grognant, ses doigts agrippés fermement à mes hanches. Le sentir en moi, si chaud, me fit soupirer de bonheur et je m'affalai sur lui sans délicatesse, enfouissant ma tête dans le creux de son cou. Je tentai de reprendre une respiration calme et mesurée, cette dernière étant saccadée. Il était dans le même état que moi et sa main se glissa rapidement sur ma nuque qu'il caressa de son pouce, son autre main descendant et remontant doucement le long de mon dos.

— Le bonheur c'est ça, murmurai-je. Toi, moi et un lit.

— J'ai toujours su que tu n'en avais qu'après mon corps de rêve, plaisanta-t-il en embrassant le point sous mon oreille.

— Je suis démasqué.

Je souris, embrassant sa peau couverte de sueur. Son odeur était encore plus forte et je pourrais le sentir toute l'éternité. Je l'aimais. Mais bien vite, alors que sa main me caressait et sa bouche embrassait ma peau à sa portée, je me souvins de la journée et me tendis.

— Ne préviens personne, je le ferai moi-même.

Je n'avais pas envie que ma famille débarque, toute heureuse. Parce que moi, je ne l'étais pas. Loin de là. Et Draco venant bientôt rendre visite à Lucius, si je ne les prévenais pas avant, ça risquait de créer une situation délicate. Et ils ne méritaient plus mon ignorance. Je me demandais soudain si tout se passerait bien et me vis, sans pouvoir m'en empêcher, couvert de sang sur la table d'auscultation, un Dragon m'ayant transpercé l'abdomen.

— Est-ce que je pourrais le dire à Draco, s'il te plait ? Quand il nous rendra visite. Je... J'aimerais le lui dire moi-même.

— Je voulais justement prévenir ma famille avant sa visite pour éviter qu'il ne leur apprenne. On fait quoi du coup ?

Je redressai la tête pour le regarder et ses yeux brillants me rendirent tout chose. Je déglutis et l'embrassai délicatement du bout des lèvres puis soufflai contre :

— Qui aurait cru ça... Que je t'aimerais à ce point, avec autant d'intensité ? Tes yeux me rendent fou, si tu savais.

Je l'embrassai à nouveau, au coin des lèvres avant de migrer vers son cou que je parsemai de baisers aériens. Il gémit et m'attira à lui pour m'embrasser pleinement puis me répondit :

— Draco pourra tenir sa langue quelques jours. Et si vraiment tu... Si tu préfères ne pas prendre le risque, j'aimerais que tu le fasses peu de temps avant sa venue. Pour que je puisse lui parler rapidement.

— Je pourrais aussi lui donner ma lettre. Elle arrivera rapidement au moins, susurrai-je en mordillant sa lèvre inférieure. Maintenant, oublions ce truc et profitons du moment.

Il écarquilla légèrement les yeux et ouvrit la bouche comme s'il voulait ajouter quelque chose mais il se contenta de m'adresser un sourire triste puis de m'attirer à lui pour m'embrasser doucement. Je répondis à son baiser et me frottai contre son corps.


Nous espérons que ce quatrième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Abby and Jes

Disclaimer* : Yanis est également l'un de nos personnages.