Au mon dieu quel accueil, je ne sais pas comment vous remercier.

Vous êtes géniaux, merveilleux, incroyables, formidables, je n'ai pas assez d'adjectifs pour qualifier toute la reconnaissance que je ressens.

Un grand merci pour tous vos follow, favorites et review. Merci à chacun des guests que je n'ai pas pu remercier par message ou twitter, je suis vraiment contente que ce premier chapitre vous ait plu et j'espère sincèrement que la suite vous plaira autant.

On m'a parlé du film : l'inconnu du nord express du Hitchcock, je ne connais pas du tout ce film, je n'ai vu aucun film d'Hitchcock pour être honnête, je ne savais même pas qu'un se passait dans un train XD. En tout cas si m'on premier chapitre a pu faire penser à ce film c'est pas fait exprès :D

Un grand merci et de gros bisous à tout le monde.

Rien ne m'appartient, voici la suite sans plus attendre, bonne lecture à tous.


Chapitre 2 : Ce fut un plaisir de me disputer avec vous.

Jour 2 : Train de 6h22

Emma se redressa et inspira profondément, elle avança d'un pas sur et s'assit comme la veille aux côtés de la brune qui n'avait cessé de la regarder.

A peine s'était-elle installée qu'elle vit sa voisine faire une grimace et retrousser les narines.

« Un problème ? » Questionna Emma en préparant ses écouteurs.

« Oui… Vous connaissez la notion de douche ? »

Emma sourit en voyant que la brune attaquait direct et fort. Elle inspira, bien décidée à ne pas perdre l'avantage.

« A ça… C'est sur vous ne connaissez pas vous l'odeur de l'effort. »

« Vous appelez ça un effort de courir comme une folle pour attraper un train. C'est un effort évitable si vous saviez vous organiser. »

« C'est plus fort que moi j'aime trop courir. »

« Et empoisonner mon oxygène. »

« Mais ma chère… Rien ne vous empêche d'aller à une autre place si mon odeur vous indispose à ce point. »

Emma jubilais, jamais sa voisine n'allait bouger, elle savait qu'elle ne sentait pas mauvais et que la brune avait simplement essayé de prendre la main immédiatement.

« C'est bon je vais supporter, j'ai déjà visité une ferme et j'ai survécu. »

La blonde s'esclaffa de rire, gagnant un nouveau regard assassin.

« Je peux savoir ce qui vous fait rire ? »

« Oh non rien… » Dit-elle en se calmant. « Juste l'idée de vous voir vous dans une ferme. »

« Et en quoi ça vous fait rire, je suis parfaitement à ma place dans une ferme. »

« Oh oui ça se voit, avec votre tailleur impeccable, votre brushing nickel et vos talons de quinze centimètres. »

« Je n'y vais pas comme ça bien sur, et puis moi contrairement à vous je n'y vais pas pour aller dans l'enclos des cochons. »

« Oh oui tous mes amants vous le dirons, je suis une vraie cochonne. » Dit-elle avec un faux air sauvage.

« Miss Swan vous êtes vulgaire. » Souffla sa voisine.

« Pardon majesté, et du coup, vous y faisiez quoi dans cette ferme ? Maitresse du domaine ? » Dit-elle avec une voix exagérément snob.

« Sachez pour votre gouverne que je monte à cheval, et pas ce que vous pensez du style 'sellez mon cheval je pars une heure' » Lâcha-t-elle d'une voix hautaine. « J'aime les chevaux et je fais tout, m'en occuper, monter, faire le box, tout. Alors arrêtez de me juger vous ne me connaissez pas. »

La brune fronça les sourcils en voyant que la blonde la regardait avec un immense sourire.

« Quoi ? »

« J'étais sûre qu'en vous énervant j'arriverais à en apprendre un peu plus sur vous. » Dit-elle gentiment.

« Je… »

Sa phrase se perdit dans sa gorge quand elle s'aperçut que la blonde avait raison et elle se renfrogna dans son siège, semblant pester intérieurement de s'être fait avoir ainsi.

« Allons ne vous braquez pas, ce n'est pas une mauvaise chose de s'ouvrir un peu. »

« Mais à quoi bon s'ouvrir ? Vous n'êtes qu'une inconnue collante dans un train que je compte prendre le moins de temps possible. »

« Votre voiture va mettre longtemps à être réparée ? »

« Le temps qu'ils reçoivent la pièce… » Dit-elle méchamment.

« Ca ne vous fatigue pas d'être une garce en permanence comme ça ? » Souffla la blonde.

« Non pas du tout ? » Répondit la brune avec un sourire.

« Et vous êtes comme ça avec tout le monde ? »

« Non ça c'est juste pour vous. »

Emma ne dit rien et se contenta d'écouter sa musique un moment. Après un peu plus de vingt minutes cependant, elle tenta une nouvelle approche, bien décidée à faire ce détendre cette brune caractérielle.

« Alors comme ça vous montez à cheval. » Dit-elle l'air de rien.

La jeune femme quitta sa contemplation du paysage et la regarda un peu surprise au début. Elle sembla peser le pour et le contre un instant avant de soupirer.

« Oui depuis toujours. »

« Vous en avez un à vous ? »

« Non malheureusement. » La jeune brune ne dit rien pendant un moment avant de reprendre finalement, comme perdue dans ses souvenirs. « J'en avais un quand j'étais jeune, un magnifique étalon baie. Il est mort il y a un peu plus d'un an, je l'avais depuis mes treize ans. »

« A treize ans vous avez eu un étalon ? Pas un poney ou un truc comme ça ? »

« Je voulais un cheval et mon père voulais que je puisse avoir une vraie relation de complicité avec lui. Ma mère de son côté m'a dit que si je voulais un animal je devais m'occuper de tout, avec de l'aide bien sur au début puis de plus en plus en autonomie. Elle était d'accord pour que j'ai mon cheval mais je devais également avoir les responsabilités qui vont avec. Donc prendre un poney que je n'aurai plus monté au bout de quelques années n'était pas envisageable. Du coup j'ai eu Rocinante. Je l'ai eu tout juste sevré et mon père et moi nous… »

La brune sembla s'apercevoir qu'elle était en train de déballer sa vie et s'arrêta d'un coup.

« Non ne vous arrêtez pas. » Dit précipitamment Emma.

« Je ne sais même pas pourquoi je vous parle. Ca va vous encourager à continuer à me pourrir la vie. » Répondit sa voisine en regagnant son masque de dédain à l'égard de la blonde.

« Oh allons arrêtez ! Si je vous pourris tellement la vie, comment expliquez vous que ce matin vous êtes venue vous asseoir précisément à cette place malgré les évènements d'hier. »

« Parce que ce n'est pas VOTRE place, et que je voulais vous le faire savoir. »

« Oh non… Le truc c'est que vous aimez m'embêter, autant que vous aimez que je vous embête, si je vous insupportais tant que ça vous vous seriez assise ailleurs. »

« Vous… »

La brune en colère avait été coupée par l'annonce de l'arrivée en gare de Boston. Elle regarda sa montre d'un coup et sembla choquée d'être déjà arrivée. Emma se leva sans lui laisser finir sa phrase.

« Ce fut un plaisir de me disputer avec vous. A ce soir peut être chère anonyme. »

La dessus elle se dirigea vers la porte, prête à attaquer sa journée, de meilleure humeur que ces derniers temps.

Jour 2 : Train de 17h15

Comme la veille, Emma était déjà à sa place quand elle vit la brune courir pour attraper le train. Comme la veille elle la regarda s'asseoir derrière elle sans un mot. Et comme la veille la première chose qu'elle fit fut d'appeler son père pour le prévenir qu'elle serait là à 18h30.

La jeune blonde avait envie de savoir si effectivement elle habitait chez ses parents ou non, mais elle ne savait pas comment attaquer sans se faire agresser.

« Vos parents vivent dans la même ville que vous ? » Questionna-t-elle l'air de rien en se tournant vers elle.

La brune souffla en s'enfonçant dans son siège.

« Je vois où vous voulez en venir et je vais abréger vos souffrances. Non je ne vis pas chez mes parents miss Swan. »

« Oh… »

La jeune blonde n'en était que plus curieuse vis-à-vis des appels de la jeune femme à son père mais s'abstint de toute remarque supplémentaire pour le moment.

« Mais vous… »

Elle se tourna vers elle et la vit mettre des écouteurs dans les oreilles en la regardant droit dans les yeux, lui signifiant qu'elle n'avait aucunement l'intention de discuter avec elle.

Emma en fit de même de son côté, se demandant si la petite guerre tout juste instaurée allait continuer ou s'arrêter aussi vite qu'elle avait commencé.

Jour 3 : Train de 6h22

« Mais enfin allez vous un jour apprendre à arriver en avance dans cette foutue gare ? » Dit la brune d'un coup alors qu'Emma s'asseyait juste après un énième sprint matinal.

« Bonjour chère anonyme, moi aussi je suis ravie de vous voir de bon matin ! A ma place qui plus est. »

« Je suis plus affligée que ravie pour ma part. Enfin miss Swan, ça vous amuse de courir chaque matin pour attraper le train ? A croire que vous aimez démarrer la journée par une grosse décharge d'adrénaline. »

« Oh oui moi ça dépend vous savez. » Répondit-elle nonchalamment. « Pour démarrer la journée c'est soit l'adrénaline, soit les endorphines… Ca dépend de mon humeur. »

« Ou de votre otage. » Dit-elle en regardant par la fenêtre, l'ignorant autant qu'elle pouvait.

« Jalouse ? »

« De quoi pourrais-je bien être jalouse ? » Questionna-t-elle simplement sans lui prêter plus d'attention.

« De mes nombreux… 'Otages' » Dit-elle en mimant des guillemets.

« Oh oui miss Swan. J'en suis terrrrriblement jalouse. » Dit elle sur le même ton inintéressé.

« Et vous du coup ? Un mari ? Un petit ami ? Un prisonnier enfermé dans un donjon thème fouet et latex ? »

La brune la regarda complètement choquée.

« Pardon ? »

« Ex…. »

« Tchhhhhhh. » La coupa-t-elle avec force. « Mais enfin vous êtes quoi comme femme au juste ? On ne se connait pas de quel droit vous permettez vous de… »

« Pardon pardon. » Dit Emma en levant les bras en signe de paix et en riant. « Je cherchais juste à vous faire réagir vu que vous aviez décidé de me répondre et m'ignorer à la fois. »

Sa voisine la regarda avant de se renfrogner dans son siège.

« Vous ne me laisserez pas tranquille n'est-ce-pas ? »

« Nope. » Dit Emma en souriant.

« Bien vous voulez étaler vos conquêtes donc. » Commença-t-elle « Vous savez ce que je pense Miss Swan… C'est ce qui en disent le plus qui en font le moins en général. Alors bon... »

La blonde rit sincèrement, surprenant sa voisine.

« C'est une façon de me dire que vous faites beaucoup comme vous ne voulez pas en parler. »

« Ca ne vous regarde pas ce que je fais. »

Emma haussa un sourcil en se mordillant la lèvre.

« Ca m'étonne pas de vous. En y repensant ça vous va bien. »

« Qu'est ce qui me va bien ? »

« L'insatiable, la sauvage au lit, tout ça quoi. »

« Je laisse à votre imagination le soin de se faire le scénario qui lui plait. »

« Wow, vous dites ça à vos amants ? Parce ce que vous devez avoir un sacré succès avec ça. »

« Vous me cataloguez immédiatement dans une case Miss Swan, mais vous ne savez rien de moi. »

« Vous n'êtes pas une femme fatale ? » Questionna-t-elle plus sérieusement. Face au regard de la jeune femme, elle cru bon de rajouter. « Je veux dire… Je ne vous juge pas du tout hein. Mais une femme comme vous… elle doit faire tourner toutes les têtes non ? »

« Ne croyez pas Miss Swan, avoir le physique ou les habits que vous considérez comme ceux d'une 'femme fatale' ne signifie pas 'collectionner les partenaires sexuels'. Pour ma part j'aime les relations stables. »

« Oh… Autant pour moi alors. »

« Et puis dans la catégorie, vous devez sacrément faire tourner les têtes vous aussi. »

Emma rit avec amertume.

« Pas vraiment. C'est bien vrai ce que vous dites, plus on en dit… »

« Vous trouverez j'en suis sûre. »

« Ouai… » Soupira la blonde. « De toute façon je suis mieux seule qu'accompagnée. Je tombe que sur des abrutis. »

La brune changea de position, visiblement mal à l'aise face à la tournure intime que prenait la conversation avec cette quasi inconnue.

« Raison de plus pour être à l'heure dans le train si vous n'avez personne pour vous distraire le matin. » Dit-elle maladroitement pour redonner un ton plus léger à leur échange.

« On ne peut pas lutter contre sa nature chère anonyme. Je me prépare toujours en pensant être à l'heure, je pense à tout, je me dépêche et… je ne sais pas comment, je pars toujours de mon appartement dix minutes plus tard que ce que j'avais planifié. »

« Avez-vous au moins eu le temps d'acheter un billet ? »

« Aujourd'hui oui. »

« Ce n'est pas toujours le cas ? »

« Non mais chuuuuut, il ne faut pas le dire. »

« Et si vous vous faites contrôler ? »

« Je croise les doigts pour que mon charme opère. » Répondit-elle avec un clin d'œil.

La brune soupira en montrant sa désapprobation et se concentra sur son téléphone jusqu'à l'arrivée en gare de Boston.

Jour 3 : Train de 17h15

Emma était assise à sa place et regardait partout autour d'elle sans voir la moindre trace de la brune. Elle regarda par sa fenêtre en espérant l'apercevoir et fut surprise d'entendre la sonnerie annonçant le départ du train. Toujours aucune trace de la jeune femme et les portes se refermaient. Le train commençait à peine à bouger quand la jeune blonde vit sa voisine arrivant juste sur le quai en courant, s'arrêtant en voyant qu'il était trop tard.

Emma s'apprêtait à la narguer du regard, en repensant au sermon qu'elle avait eu le matin même sur le fait d'arriver à l'heure, mais le regard de la brune quand leurs yeux se croisèrent la stoppa net. Elle semblait presque désespérée, regardant le train démarrer d'un air complètement dépité. Immédiatement elle détourna le regard, semblant ne pas vouloir risquer une quelconque démonstration de victoire de sa part et la blonde la vit prendre son téléphone avant de disparaitre de son champ de vision.

Elle se sentit envahit d'une vague de culpabilité en songeant qu'elle était sur le point de faire du mal sans le vouloir à la jeune femme. Elle qui s'apprétait à presque faire une danse de la victoire pour la narguer, n'avait même pas pensé que simplement louper ce train pouvait l'affecter autant que son regard avait révélé quand leurs yeux s'étaient croisés.

C'était plus fort qu'elle, elle sentait sa curiosité bouillir en elle. Elle avait enfin quelque chose à quoi s'accrocher depuis de long mois de dépression et d'une vie vide de sens. Elle voulait savoir pourquoi la brune appelait son père immédiatement en entrant dans le train. Elle voulait savoir pourquoi l'idée de devoir attendre quarante minutes avait déclenché en elle de la tristesse et non de la colère. C'était plus fort qu'elle elle voulait s'accrocher à ce but, connaître cette inconnue, se focaliser sur quelque chose pour oublier le mal être qui rythmait son quotidien.

Jour 4 : Train de 6h22

Quand Emma entra dans le train à l'heure, sans avoir eu à courir, elle ressentait une énorme vague de fierté personnelle. Elle n'attendait qu'une chose, s'asseoir à côté de la brune avec la satisfaction d'avoir été à l'heure ce matin là. Elle la vit et s'avança telle une reine possédant le wagon.

Elle eut à peine le temps de s'asseoir que la brune prenait la parole.

« Que ce soit bien clair, vous me parlez de hier et je vous le ferais regretter amèrement. »

La bouffée de fierté d'Emma se dégonfla d'un coup et son sourire s'effaça.

« Je n'en avais pas l'intension je vous le promets. »

« Bien… » Dit-elle avec autant de force. « Bien. » Répéta-t-elle plus doucement.

« Vous avez vu. » Dit-elle pour changer de sujet. « Je suis à l'heure. »

« Si j'avais une médaille je vous la donnerais. » Dit-elle sarcastiquement.

« A c'est la garce aujourd'hui. »

« La garce vous… »

« Elle me… »

« Laissez moi tranquille miss Swan, je ne suis pas d'humeur. »

« C'est le moins que l'ont puisse dire. »

Après un instant de silence, c'est finalement sa voisine qui brisa le silence.

« Pardonnez-moi j'ai passé une très mauvaise soirée hier, je dirais même une exécrable soirée. »

« Vous avez envie d'en parler ? »

« Pas vraiment non. Ce soir ça ira mieux. »

« En tout cas je suis ravie de voir que vous n'en abandonnez pas la lutte pour cette place. »

La brune lui sourit d'un air entendu et Emma acquiesça sans oser l'embêter plus, se disant qu'elles pourraient peut être échanger durant le retour.

Jour 4 : Train de 17h15

Emma monta dans le train, prête pour une potentielle nouvelle séance de ping pong verbal avec la brune, dans l'espoir que celle-ci soit plus réceptive que le matin. Elle avait passé sa journée entière à préparer des répliques et vannes en tout genre, allant même jusqu'à noter, dans son téléphone, celles qu'elle ne voulait surtout pas oublier. C'était plus fort qu'elle, elle prenait du plaisir dans ce jeu de piques et ripostes. Ca rythmait ses journées et depuis trois jours, elle se surprenait à moins penser à ses malheurs et plus à la brune. Elle se sentait moins au bord du gouffre, comme si ces échanges la ramenaient à la vie doucement. Après deux ans d'aigreur, elle avait la sensation de ressentir des choses de nouveaux au lieu de simplement survivre au jour le jour.

Ainsi, malgré l'agacement évident de la brune, la blonde ne pouvait s'empêcher de l'asticoter en permanence, ses réactions étaient bien trop plaisante, ses expressions d'énervement difficilement contrôlé bien trop jouissives. Et en un sens, elle voyait qu'elle n'était pas la seule à prendre du plaisir dans leurs échanges. Sinon, pourquoi la brune lui aurait dit le matin que ça allait allé mieux le soir ?

Elle parcouru le wagon du regard en entrant et vit immédiatement qu'il n'y avait personne à sa place. Elle s'avança le sourire aux lèvres pour aller prendre sa place et c'est la qu'elle vit la brune assise dans l'autre rangée du wagon, à une autre place, regardant par la fenêtre.

« Hey vous abandonnez la lutte ? » Lança-t-elle d'une voix enjouée.

La jeune femme sembla surprise en se tournant et bloqua quelques secondes sur son visage l'air ailleurs, avant qu'elle ne secoue la main comme pour dire « vous avez gagné laissez moi » et retourne à sa contemplation. Emma fronça les sourcils en s'asseyant à sa place perplexe. Elle n'avait vu les yeux chocolats qu'un bref instant, mais elle n'avait pas pu manquer les larmes qui y luisaient. Elle resta un moment silencieuse à sa place avant de se tourner dans sa direction pour l'observer.

Elle la vit la tête appuyée à la fenêtre, les épaules basses comme alourdies par un poids immense. Elle avait des larmes silencieuses qui coulaient sur ses joues et elle les essuyait rapidement dès qu'une nouvelle s'échappait.

Emma ne savait pas quoi faire. Elle hésita un long moment avant de se lever et d'aller s'asseoir à côté de la brune.

« Pas ce soir non plus Miss Swan. » Dit-elle avec lassitude.

La blonde ne dit rien et se contenta de rester là à ses côtés. Après une dizaine de minutes à l'observer du coin de l'œil essuyer ses larmes silencieuses, elle sortit un paquet de maltesers de son sac. Elle l'ouvrit et le tendit à sa voisine.

« Rien ne vaut le chocolat. » Dit-elle gentiment.

La jeune femme lui sourit, essuyant une énième larme, et, après un bref instant d'hésitation, plongea sa main dans le paquet, attrapant un bonbon.

« Allons, un ça ne suffit pas, faut y aller généreusement avec le chocolat. N'ayez pas peur de le laisser apaiser vos soucis. »

Sa voisine se mordit la lèvre en souriant encore et replongea la main dans le paquet, la ressortant plein de billes chocolatées.

« Voilà comme ça ça aura de l'effet. »

La dessus, Emma plongea également la main dedans et se mit en grignoter. Voyant que la brune était de nouveau perdue dans ses pensées en regardant ses friandises, elle en mit une entre ses dents et croqua fort dedans contre son oreille.

La jeune femme sursauta et la regarda.

« A votre tour. » Dit Emma en recommençant la manœuvre, faisant le plus de bruit possible.

La brune prit un maltesers et l'amena a sa bouche avant de croquer dedans a son tour, beaucoup plus discrètement.

« Yeahh. » Dit la blonde en levant les bras. « She did it. »

Son pari était gagné, la brune souriait et semblait avoir le cœur un tout petit plus léger et c'est tout ce qu'elle souhaitait. Elle ne lui posa aucune question, ne chercha pas à la faire s'ouvrir à elle. Cela faisait quatre jours qu'elles se faisaient tourner en bourrique, mais ça avait été plus fort qu'elle. En la voyant triste, Emma avait eu envie de la soutenir, au moins un petit peu, comme elle pouvait, comme l'aurait fait une amie. Elle n'insista pas plus et en un sens, elle avait l'impression que la brune l'en remerciait.

Quand sa gare fut annoncée, Emma commença à préparer ses affaires sans un mot de plus. Elle s'apprêtait à se lever quand la voix rocailleuse de sa voisine retint son attention.

« Regina… Mon nom est Regina Mills. »


Alors qu'en avez vous pensé? Un grand merci encore vous êtes formidables.