Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail et Yanis sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Bêta correctrice : Westyversionfrench

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.

Périodicité de publication : Un chapitre tous les quinze jours, si on arrive à garder le rythme avec nos cours respectifs -)


Note commune des auteurs : Un grand grand merci à ceux qui nous comprennent et nous soutiennent. Ravies que vous ayez aimé le chapitre précédent. Bonne lecture à vous (Ps de Jes : désolé pour ce retard de publication, mais avec 4 examen ce mois-ci, j'avais du mal à gérer ^^ ayant repris un bachelier après 10 ans sans aller en cours :p *Oui, je raconte ma vie, na na na* xD ).

Merci à Lofaih, Guest, holybleu, lilywen, Imaniis, paulin54, yamashita6, dobbymcl, bibi, BB-initials, Haley Black, Typone Lady, Malh, Athi pour leur review.


Partie II

Bairim

Chapitre 5

POV Charlie

J'avais repoussé ça pendant des jours, mais Draco arrivant aujourd'hui, je m'étais réveillé tôt pour écrire ma lettre. Je descendis au salon et pris un parchemin, une plume et de l'encre puis allai dans la salle à manger, vide. Je m'assis et regardai le papier vierge, me demandant comment j'allais bien pouvoir leur annoncer ça...

« Salut tout le monde,

Je sais que ça fait un petit moment depuis ma dernière lettre. Mais... j'avais besoin de faire le point, enfin, non. J'avais surtout besoin de courage pour vous écrire cette lettre.

Avant tout, je veux que vous sachiez que je ne souhaite pas que vous débarquiez. Je vous aime, mais là, je ne le supporterai pas. Je n'arrive déjà pas à accepter cette chose qui m'arrive. Alors en plus, voir votre bonheur, celui que vous ressentirez certainement à la nouvelle,va juste me donner encore plus envie de me jeter d'en haut des escaliers.

Nous avons enfin découvert ce qui était la cause de ma fièvre. Les Dragons, ou au moins un, m'a transmis sa magie. Ou de la Magie. Je ne sais même pas si les Dragons ont de la magie en eux. Mais toujours est-il que c'est certainement ça. Et à mon retour en Roumanie, j'ai repris ma vie normale.

Mais il y a deux semaines, j'ai appris quelque chose d'horrible. Je... j'ai un truc dans le ventre qui grandit. Et la magie des Dragons est mêlée à celle de Lucius et la mienne. J'aurais voulu le faire partir, n'ayant jamais voulu d'enfant. Mais... il est trop tard pour ça, vu que ce truc est là depuis trois mois.

Lucius veut le garder, après. Et si je ne veux pas le perdre, je serai forcé d'accepter de le garder aussi.

Voilà... vous êtes au courant.
Charlie. »

Je relus et décidai ensuite de la sceller. Je la posai à l'entrée, sur la petite table, sachant que personne ne la lirait. Entendant du bruit provenant du bureau de Geoffroy, je m'y rendis et frappai à la porte.

— Entrez !

Je le fis et pris place sur la chaise devant le bureau encombré.

— Tu vas continuer longtemps ? demandai-je d'une voix aussi calme que possible.

Il redressa la tête et soupira :

— Ça dépend Charlie, est-ce que tu as encore des envies suicidaires ? Ou envie de blesser les Dragons que nous sommes censés protéger ?

— Non, répondis-je. Je sais que je n'aurais pas dû, mais comment, honnêtement, aurais-tu réagi toi ?

— Je ne sais pas. Et honnêtement j'essaie de ne pas me poser la question, parce que je n'arrive pas à savoir si ce que tu vis est une malédiction ou un don du ciel. Charlie, il faut que tu comprennes que si tu mets ta vie en danger, Lucius se montrera assez stupide pour te suivre. Et moi et les autres gardiens pourrions également nous mettre en danger pour essayer de t'aider. Tu pourrais tous nous faire tuer, tu comprends ?

— Oui.

Je me redressai, et attendis son accord. J'allai devenir fou ici, entre ses murs, Lucius sur le dos.

Je plaignais son ex-femme. Merlin, elle avait dû vivre un enfer.

— Tu vas probablement détester cela, mais sache que Yanis m'a dit qu'il n'avait aucune réelle idée de comment cela allait se passer. Tant que tu es en forme et que tu te comportes correctement, je ne vois aucune objection à ce que tu ailles dans la réserve. Mais si je vois quoi que ce soit d'inquiétant quant à ton état, c'est terminé jusqu'à ce que tu ailles mieux. Et si tu me mens en me disant que tout va bien alors que ce n'est pas le cas, et que je le découvre, et sache que je le découvrirai, tu ne mettras plus les pieds dans la réserve avant un long moment. Est-ce que nous sommes d'accord ?

Oh...

— J'accepte.

J'espérais que j'allais rester en forme jusqu'à ce que ce truc naisse.

— Bien. Et s'il te plait, ajouta-t-il avec un air agacé, dis à Lucius que venir me harceler ne changera rien, merci.

— Comment ça ?

De quoi parlait-il ?

— Il n'est pas très chaud à l'idée que tu reviennes dans la réserve. Je crois qu'il a essayé de se retenir, parce qu'il n'a commencé à venir me parler de cela toutes les deux heures il y a seulement deux jours alors qu'il trépigne presque d'impatience à chaque fois qu'il me voit depuis deux semaines, mais c'est fatiguant.

— Je vais régler ça, soufflai-je en colère.

Il n'avait pas le droit de faire ça !

— Je peux commencer aujourd'hui ?

— Oui. Cet après-midi tu seras avec Moliva. Et je passerai à un moment, j'ai encore accumulé trop de paperasse.

— Bien. Merci !

Je souris, et me levai, allant à la porte. Elle était déjà à moitié ouverte quand il me dit, d'une voix douce que je ne lui connaissais pas :

— Fais attention à toi.

— Pas de soucis.

Je sortis et refermai la porte. Et en voulant à Lucius, je n'avais pas du tout envie de le rejoindre au lit. Je pris donc le chemin de la cuisine pour me faire un bon petit-déjeuner. Je jetai mon dévolu sur des œufs avec du lard, Carlos ayant refait le plein la veille. J'avais même l'impression qu'il y en avait plus que d'habitude.

Certainement des promotions.

Je me fis mon omelette, puis saisis les lards. L'odeur me fit mal au ventre mais je ne m'en préoccupai pas. Une fois mon assiette remplie, j'allai dans la salle à manger et m'installai. Après trois bouchées, je n'eus plus faim et repoussai mon assiette encore pleine. L'odeur me fit tourner la tête et pour éviter d'être malade, je la ramenai en cuisine, le plaçant sous un sort de conservation pour celui qui voulait. J'allai au salon et pris le livre trainant là. C'était un livre de médicomagie et je le feuilletai, lisant ça et là quand le sujet m'attirait et bientôt, une paire de bras m'entoura les épaules par derrière. Lucius déposa un baiser sur ma joue puis dit :

— Bonjour. Bien dormi ?

— Hm.

J'avais décidé de lui faire la gueule.

— Le lit était froid sans toi..., souffla-t-il avant d'embrasser mon cou.

— Tant mieux, soufflai-je en fermant le livre et changeant de place.

Je savais que si je lui disais ma façon de penser, nous allions encore nous disputer.

— Ah... qu'est-ce que j'ai fait ?

— Oh tu te poses la question ? fis-je surpris.

— Et bien oui, j'ai du mal à comprendre ce que j'ai pu faire entre hier soir et ce matin qui te mette à ce point en colère.

— Ne fait pas l'innocent, répliquai-je en colère. Ne me donne pas le rôle du méchant. Compris ?

Je serrais les poings à m'en faire mal. J'avais juste envie de le frapper pour ce qu'il avait osé faire dans mon dos. Les Dragons étaient ma passion, mon métier, ma raison de vivre. Enfin, en partie du moins.

— Charlie, dis-moi juste ce qu'il se passe s'il te plait. Tu pourras ensuite t'énerver de tout ton soûl, mais j'aimerais savoir ce que tu me reproches.

— Je ne suis pas ta putain de femme, criai-je. D'accord ?

— Je... Oui d'accord. Bien sûr que tu n'es pas ma femme. Pourquoi me dis-tu cela ?

— Parce que tu agis comme tu le faisais avec elle, sifflai-je froidement. Geoffroy m'a tout dit.

Il sembla enfin comprendre et se pinça les lèvres avant de soupirer :

— J'essaie d'accord ?! J'essaie vraiment. Et je sais que je suis insupportable et que tu vas probablement me lancer un impardonnable avant qu'il naisse. Mais je me disais juste que peut-être, tu pourrais simplement aller dans la réserve pour voir les Dragons un peu parce que je sais qu'ils sont ta passion, mais ne pas trop trainer là-bas quelques temps.

Il se passa la main sur le visage et reprit :

— Et je savais que tu allais détester l'idée mais je n'ai pas pu m'en empêcher et juste... Oublie-ça. Je vais essayer de laisser Geoffroy tranquille.

— Tu as intérêt et sache que je reprends le travail cet après-midi !

Je ne supportais pas qu'il agisse ainsi avec moi et encore moins qu'il me parle de naissance.

— Ah... et... il y a des conditions à cette reprise ? hésita-t-il.

— Oui, que je ne sois plus suicidaire, ni ne veuille blesser les Dragons. Et si ma santé se dégrade, je dois arrêter jusqu'à nouvel ordre.

— D'accord, souffla-t-il, visiblement quelque peu rassuré.

— Bien.

Je trouvais que ça avait été trop facile.

— Tu le penses ? Ou tu dis ça pour faire plaisir ? demandai-je.

— Je te l'ai dit Charlie, j'essaie. Alors oui, j'aurais préféré que tu ne reprennes pas le travail maintenant, mais ces conditions me conviennent. Je vais faire avec.

Je tapotai la place à mes côtés et il vint s'asseoir sauf qu'au moment où nos bouches allaient s'unir, nous entendîmes :

— Papa.

POV Lucius

Je me tournai vers Draco qui me lança un regard embêté. Je lui souris et l'invitai à prendre place à mes côtés, lui demandant ensuite ce qu'il voulait boire.

— Un thé m'ira très bien, sourit-il. Et bonjour à vous, ajouta le blond ensuite. Pardon, je fais l'impoli.

— Bonjour, le saluai-je alors que Charlie en faisait de même. Je vais te faire ton thé.

J'embrassai Charlie doucement puis me levai pour aller préparer sa boisson à mon fils. Pendant que l'eau bouillait, je me perdis dans mes pensées et me demandai une fois de plus ce qu'il allait se passer dans quelques mois.

Il y avait deux options, soit le bébé naissait et Charlie acceptait finalement que nous le gardions, tous les deux, soit il n'en voulait toujours pas et je ne savais pas ce que je pourrais faire dans ce cas précis. Parce que je me voyais mal élever l'enfant ici, près de son autre père si ce dernier l'ignorait. Sauf que ma peine aller de toute façon durer encore plus de cinq ans et je ne pouvais pas simplement partir comme cela.

Par Merlin, il fallait vraiment que Charlie change d'avis. Et il fallait que je parvienne à me maitriser d'ici là. Il n'avait aucune idée des efforts que j'avais fournis jusqu'ici.

Avec Narcissa, j'étais très inquiet pour l'enfant et quelque peu pour elle, alors que j'étais aujourd'hui tout aussi inquiet pour le bébé que je ne l'étais pour Charlie. Et je craignais que le bébé ne le blesse, parce que dans ce cas-là, je ne savais pas ce que je ferais. Si sauver l'enfant tuait Charlie, il ne faisait aucun doute que ce dernier passerait avant le bébé, mais s'il n'était pas question de vie ou de mort, qu'allais-je décider ?

Et je devais parler à Draco. Je ne savais absolument pas comment il allait réagir et il serait probablement préférable que Charlie ne soit pas là à ce moment-là. Parce qu'il n'était absolument pas ravi de la situation, et il ne voulait de la joie de personne quant à ce que beaucoup qualifieraient pourtant d'heureux évènement. Ce qui avait fait que j'évitais de m'exprimer à ce sujet, ou de sourire comme un idiot en le regardant, ou de commencer à réfléchir à des prénoms. Je voulais tellement me rattraper en étant un bon père dès le début, et en même temps, je ne voulais pas blesser ou énerver Charlie.

La bouilloire siffla et je la retirai du feu, versant ensuite l'eau dans une tasse et ajoutant un sachet de thé. Je retournai au salon, rejoignant Draco et Charlie qui parlaient visiblement des Weasley et d'Harry. Je tendis son thé à mon fils puis me rassis aux côtés de Charlie.

— Je vais vous laisser je crois, fit ce dernier en m'embrassant rapidement. Je vais aller me prendre un bon bain !

Je le regardai s'éloigner puis me tournai vers Draco, lui demandant de ses nouvelles.

— Bien, tout va très bien. Tu me manques, mais je dois faire avec, je suppose. Et toi ?

— Ça va. Quand tu auras fini ton thé, j'aimerais que nous sortions. Je voudrais te parler de quelque chose.

Et je ne pouvais pas prendre le risque le faire ici et de laisser les autres gardiens nous entendre. Parce que pour eux, Charlie était malade, pas enceint, et ce dernier tenait à ce que cela reste ainsi. Je me demandai vaguement s'il pensait pouvoir le leur cacher jusqu'à la fin puis se débarrasser du bébé comme si de rien n'était. Je me mordis la lèvre et inspirai profondément. Il l'appelait le truc. Nous n'étions tellement pas sur la même longueur d'onde à ce sujet que ça en devenait douloureux.

— Oui, pas de soucis. Tant qu'il ne pleut pas.

Il but rapidement sa tasse tout en me racontant comment se passaient les choses dans son magasin de vêtements.

— Et avec Harry, lui demandai-je quand il eut fini, tout va bien ?

— Oui oui, très. Je... on s'aime toujours autant. Et depuis qu'Hermione a accouché, il est encore plus rayonnant. A croire que voir un bébé baver est la plus belle chose au monde. Ça en est affligeant, rit-il.

Je souris puis, avisant qu'il avait fini son thé, je me levai et il me suivit à l'extérieur. Nous marchâmes quelque peu et allâmes nous asseoir sur un rocher en lisière de forêt.

— Tu n'aimes pas les bébés ? lui demandai-je alors.

— Oh si. Mais bon, je suis avec Harry. Alors... Seulement, je dois avouer que se faire vomir dessus n'est pas un de mes passe-temps favoris.

Je ris doucement puis me pinçai les lèvres, me demandant quelle serait la meilleure manière d'aborder le sujet.

— Charlie est enceint, soufflai-je finalement.

Draco toussa avant de dire, d'une voix étranglée :

— Quoi ?

— Je ne sais pas si tu te souviens, il y a trois mois et demi maintenant, il y a eu un problème après que Charlie ait volé sur Émeraude. Apparemment, les Dragons auraient fait quelque chose et ensuite lui et moi avions, tu vois. Et maintenant... il est enceint.

— Oh... tu étais sérieux. Papa, je... es-tu sûr ? Je ne dis pas que tu me mens, mais c'est un homme.

— Je sais. Mais oui, nous sommes sûrs.

Il sourit et me prit dans ses bras, me serrant fortement contre lui.

— Félicitations à vous !

Je le serrai contre moi en retour quelques secondes, puis le repoussai doucement, lui adressant un sourire que je savais un peu triste.

— Merci mais c'est... plus compliqué que cela. Et tu ne... Ça ne te dérange pas ?

— De quoi ? Que Charlie attende mon petit frère ou ma petite sœur ? Merlin, non ! Vous savez déjà le sexe ? demanda-t-il enjoué.

J'étais vraiment ravi qu'il soit aussi heureux mais ça me donna une inexplicable envie de pleurer. Je me retins cependant et lui répondis :

— Non, on ne sait pas.

Et si j'attendais après Charlie, on ne saurait probablement jamais. Je savais qu'il fallait maintenant que j'explique à Draco en quoi la situation était compliquée mais il était heureux avec moi, là tout de suite, et je n'avais aucune envie de gâcher cela.

— Son ventre est encore si petit, fit-il. Je parie que tu lui caresses sans cesse.

— Ça ne risque pas, soufflai-je en fermant les yeux quelques secondes pour me reprendre.

J'étais idiot de me mettre dans cet état. Après tout, Charlie faisait tous ces efforts pour moi, il était normal que j'en fasse également de mon côté. Et d'accord, ne pas partager cela avec lui était étrange et pas le moins du monde agréable, mais j'allais avoir ce que je voulais à la fin non ? Enfin... si Charlie changeait finalement d'avis.

— Comment ça « ça ne risque pas » ? Vous sembliez ne pas être en dispute tout à l'heure ? Est-ce que vous jouez la comédie pour ma visite ?

— Non non, nous ne sommes pas en froid. Mais... il n'en veut pas, du bébé. Il l'appelle le truc et déteste que l'on évoque la situation. Alors si je commençais à lui caresser le ventre, il me jetterait probablement dehors.

— Le truc, répéta-t-il. Charlie appelle le bébé le « truc » ? C'est... c'est horrible. Merlin papa, je suis si désolé.

— Non non ce n'est pas... il n'en veut pas, il n'a jamais voulu d'enfant, c'est tout. Et puis, c'est dans son ventre, je comprends que ce soit dur pour lui.

— Même, c'est un être vivant, pas un truc. Mais tu as raison, c'est dans son ventre, pas le tien. Vous allez le garder quand même ? Parce que... c'est aussi ton enfant, papa. Tu ne dois pas le laisser décider seul !

— Oui oui je... j'ai décidé de le garder. Et avec un peu de chance, Charlie changera d'avis. Sinon... je suppose que je devrais trouver un moyen pour partir. Je... j'ai vraiment envie de faire les choses bien cette fois-ci tu sais ? Et je n'ai aucune envie de quitter Charlie bien sûr mais...

Je haussai les épaules et soupirai, sentant une fois de plus que les stupides larmes n'étaient pas loin. Une fois encore, tout allait bien et il avait fallu que cela tourne à la catastrophe. Je ne savais même plus si je devais être heureux ou en colère que ce bébé arrive. Et je devais également réfréner mes envies de protéger Charlie contre tout et n'importe quoi.

Je repensai à ce que Draco avait dit plus tôt, sur le fait que je devais tout le temps toucher son ventre. Je me l'étais interdit avec Narcissa, non seulement parce que je devais sauver les apparences mais surtout parce que nous n'étions pas vraiment ensemble alors je ne me permettais pas de la toucher comme je le voulais. Et là, même si je l'avais voulu, je ne le pouvais tout simplement pas. Je devenais vraiment stupide à me mettre dans des états pareils pour des idioties de cet acabit.

Draco avait déjà été ma faiblesse mais j'avais su me contrôler en ce temps-là, notamment grâce à la présence de mon père. Sauf qu'à présent, je n'avais personne pour me rappeler à quel point je devais me montrer fier et au-dessus de tout cela.

— Ça fait longtemps que vous savez ?

— Deux semaines. Mais j'avais... des doutes avant ça. Tu ne peux pas en parler aux Weasley ou à qui que ce soit avant que Charlie ne l'ait fait. Il veut leur écrire une lettre, je crois, et te la donner pour que tu leur fasses suivre.

— Bien. Mais, il va sûrement changer d'avis. Ça fait juste deux semaines. Je ne l'imagine pas vraiment appeler son bébé le truc. Les Weasley ne feraient jamais ça.

— Il est différent des Weasley Draco, sinon je ne serais pas... tombé amoureux de lui. Et j'espère qu'il va changer d'avis, vraiment.

— Je l'espère aussi.

Puis, son visage sembla triste.

— Qu'est-ce qu'il y a ? lui demandai-je alors.

— Je viens de me rendre compte que je ne pourrais toujours te rendre visite qu'une fois par mois.

Je l'attirai à moi et posai ma tête contre ses cheveux puis répliquai :

— Peut-être qu'on trouvera une solution pour ce problème d'ici-là. Si demain tu décidais de rendre visite à Charlie, que se passerait-il d'après toi ? Je suis désolé d'avoir rallongé ma peine, mais je ne pouvais juste pas... tu sais, laisser Charlie là-bas sans y être.

— Je ne sais pas. Je pourrais très bien venir plus souvent. Je me renseignerai. Et je comprends, j'aurais fait la même chose pour Harry. On rentre ? Le ciel se couvre et je n'ai pas envie d'avoir mes cheveux décoiffés.

— Tes cheveux hm ? soufflai-je amusé en me levant néanmoins.

— Oui, mes cheveux. Et ne commence pas avec ça !

— Je n'ai rien dit.

Il rit et commença à marcher. Je souris et l'observai attentivement en le suivant. Le petit garçon qui peinait à rester debout et courrait dans tout le manoir, du chocolat plein le visage, était bien loin à présent.

— Draco, je suis vraiment fier de toi.

— Merci. Et sache que moi aussi je suis fier de toi. Beaucoup même !

Je l'attirai contre moi et embrassai sa tempe, murmurant un remerciement au passage. Nous nous rapprochâmes rapidement du bâtiment principal et je lui demandai :

— Tu aurais une préférence ? Un frère ou une sœur ?

— Une petite sœur, mais un petit frère m'irait aussi très bien.

— Pourquoi une fille ? le questionnai-je, véritablement curieux.

— Je ne sais pas. Peut-être la joie de lui mettre de jolies robes, la coiffer, la voir courir.

— Tu n'es pas un peu grand pour jouer à la poupée, Draco ? raillai-je doucement.

— Quoi ? Non, ce n'est pas ça. Je... Oui, bon, c'est vrai que dit comme ça, ça y ressemble.

— C'est bon Draco, je plaisante.

— Je n'ai pas encore tout à fait l'habitude, répondit-il taquin.

Je souris largement et l'emmenai à la cuisine, décidant de boire un nouveau thé. Je jetai un coup d'œil par la porte du salon et grimaçai en constatant que Charlie n'était pas là. J'avais très envie d'aller le trouver mais je savais qu'il n'apprécierait probablement pas, pensant que je le surveillais. Ce qui n'était pas le cas puisque je voulais juste être certain qu'il n'avait pas glissé et était tombé, ni ne s'était noyé dans son bain.

D'un côté, je voulais que la... grossesse se termine rapidement, que je n'aie plus à m'inquiéter et agacer Charlie, mais de l'autre, je voulais que les mois restants avant la naissance passent le plus lentement possible. Surtout si naissance signifiait me séparer de Charlie.

Je secouai la tête et rejoignit Draco qui avait commencé à faire bouillir l'eau pour le thé. Je l'observai une fois de plus et me dit que cela tenait du miracle qu'il soit quelqu'un d'aussi bien aujourd'hui.

— Je préfèrerais un garçon, laissai-je échapper alors qu'il servait le thé.

— Ah bon, pourquoi ?

— Je ne suis pas certain que je saurais quoi faire d'une fille, avec une fille, je veux dire.

Je me figeai en réalisant que je ne saurais pas non plus quoi faire si je me retrouvais seul pour élever un enfant, fille ou garçon. J'avais besoin de Charlie pour faire cela. Narcissa avait été là pour m'aider, elle avait presque tout pris en charge et j'avais juste été déplorable. Qu'est-ce qui pouvait me faire croire que j'allais réussir à changer ?

— C'est une mauvaise idée, n'est-ce pas ?

— Non, ça se tient. Je suis sûr que tu seras un bon père.

Je lui jetai un regard, n'y croyant pas une seule seconde, et secouai la tête.

— Je ne m'en sortirai pas tout seul. Et je comprends pourquoi Charlie n'en veut pas. Il sait probablement à quel point je serai déplorable, une fois de plus. Déjà qu'il ne veut pas d'enfant, si en plus il doit s'en occuper ?!

Je soupirai et me passai les mains sur le visage avant de prendre ma tasse pour boire une gorgée :

— Tout cela est juste trop compliqué. Et je suis sûrement trop vieux pour ça en plus. J'aurai l'âge d'être son grand-père.

Je grimaçai à cette pensée et retins un soupir. Certes, nous étions sorciers et les années n'avaient pas le même effet sur nous que sur les Moldus, mais tout de même.

— Lui en as-tu parlé ? À Charlie ? De ça ?

— Bien sûr que non. Je ne pense vraiment pas qu'il veuille en entendre parler.

— Vous êtes un couple. Vous devez parler de ces choses là, sinon, la situation risque de s'envenimer.

— Pourquoi es-tu une fois de plus, plus sage que moi dans cette histoire ? fis-je avec un sourire avant de reprendre plus sérieusement. Je sais, mais je n'ai pas envie que l'on se dispute. Et surtout... je n'ai pas envie de l'entendre me dire que j'ai raison, que je suis déplorable et bien trop vieux.

J'appréciais généralement quand il allait dans mon sens, mais dans ce cas précis, j'aimerais vraiment qu'il ne le fasse pas. Or, je n'avais aucune idée de la réaction qu'il aurait.

— Je ne sais pas vraiment. Harry, toi, mère, répondit Draco. Tout ce que je sais, c'est qu'il faut parler, extérioriser, sinon, on accumule et ça risque de faire des dégâts une fois que ça sortira.

— Je sais que tu as raison.

Je lui adressai un léger sourire et changeai de sujet, décidant de parler d'autre chose.

OoOoOoOoO

Je m'appuyai contre la barrière et levai les yeux pour regarder le ciel. Le soleil se couchait doucement et il y avait beaucoup de nuages, annonçant la venue d'une averse prochaine.

Magnifique.

Draco était reparti la veille au soir et je ne cessai de repenser à ce que nous nous étions dits. Et j'étais à la fois fier et dépité de constater qu'une fois de plus, il avait raison. J'avais besoin d'en parler avec Charlie, même si je savais que cette conversation n'allait pas lui plaire. Tant pis, il le fallait de toute façon. Il était parti dans la réserve quelques heures plus tôt avec Moliva, et Geoffroy les avait rejoints un moment plus tôt.

J'aperçus Carlos au loin et me dis qu'il allait probablement falloir que j'aille lui parler. Parce que j'étais très mauvais en cuisine et que ce serait sûrement mieux que cela change. Si je finissais par me retrouver seul avec un enfant, il serait préférable que je sache le nourrir. Ou même si je me retrouvais seul un jour, chose que je n'espérais absolument pas. De toute façon, je voulais juste les bases, cela me serait toujours utile, surtout si je devais rester ici pour cinq années supplémentaires. J'entendis le portail s'ouvrir à mes côtés et me décollai immédiatement de la barrière, souriant à Charlie quand nos regards se croisèrent.

— Salut, fit-il en se posant. Tu es là depuis longtemps ?

— Quelques minutes, répondis-je. Pas de soucis particuliers avec les Dragons ?

Je ne voulais pas lui demander comment il allait, alors j'essayais de tourner la question autrement, voulant savoir s'il était en forme ou non.

— Sachant qu'ils sont calmes dès que je m'approche d'eux, tout s'est bien passé. Et toi ? Le ménage ? rit-il avant de venir m'embrasser.

Je passai mon bras autour de ses épaules puis embrassai sa tempe, me retenant de jeter un œil à son ventre.

— Je vois difficilement comment cela aurait pu être plus ennuyeux.

— Ça te dit une balade ? Pour te changer les idées ?

— Avec plaisir.

C'était dans des moments comme ceux-là que je me souvenais encore mieux de pourquoi je l'aimais autant. Il donna son balai à Moliva et me prit la main, nous menant ensuite vers la forêt. Je le suivis, passant à un moment mon bras autour de ses hanches pour que nous soyons plus proches. Il en fit de même et embrassa ma tempe.

— C'est calme, ça fait du bien, murmura-t-il.

— Hm.

Je n'étais pas certain de vouloir briser ce calme, justement. Je décidai donc d'attendre encore un peu avant d'ouvrir la bouche. Nous marchâmes un moment en silence puis, décidant de me lancer, je m'arrêtai et l'attirai contre moi pour l'embrasser.

— Est-ce qu'on pourrait parler ? demandai-je ensuite.

— Oui, pourquoi nous ne pourrions pas ? questionna-t-il en caressant ma mâchoire de son nez.

— Parler de...

Je m'interrompis et posai ma main sur son ventre.

— Oh...

Il baissa la tête et la regarda, avant de poser la sienne dessus et d'entremêler nos doigts puis de porter ces derniers à sa bouche, retirant ainsi ma main de son ventre. Je retins un soupir et me mordis la lèvre, pas certain que ce soit une autorisation pour aborder le sujet.

— Je t'écoute, fit-il en posant son menton sur mon épaule.

Je resserrai ma prise sur son corps et commençai :

— Je sais qu'avoir un enfant ne t'attire pas, et je comprends. Mais je veux cet enfant et je ne peux tout simplement pas l'abandonner à des inconnus. Mais je... Tu n'en veux pas parce que tu n'aimes pas cela ou... tu n'en veux pas avec moi parce que tu sais que je serai déplorable ? Je suis probablement trop vieux, en plus.

Je fermai les yeux et me mordis la lèvre plus fortement, inquiet quant à ce qu'il allait répondre. Je contrôlai ma respiration du mieux possible et m'incitai au calme. Je ne voulais pas qu'il me rassure pour que j'aille mieux, je voulais qu'il pense ce qu'il allait me dire.

— Tu penses que je ne veux pas un enfant avec toi ? Ce n'est pas ça, bien sûr que non. Je ne veux juste pas d'enfant. Ça prends tout ton temps, t'empêche de dormir, détruit ta libido du coup. Et puis, c'est des responsabilités. Beaucoup. Mais je suis sûr que tu feras un bon père, mieux que moi.

— Hm.

J'avais déjà prouvé que je n'étais pas un bon père. Les choses avaient changé avec Draco maintenant bien sûr, mais il avait plus de vingt ans et nous étions tous deux des adultes.

— La preuve. Toi, tu es content de la situation, expliqua-t-il. Tu meurs même sûrement d'envie de me toucher constamment le ventre je parie. Moi, c'est juste un truc arrivé là sans ma volonté.

— Ce n'est une preuve de rien du tout. Ça ne fonctionnera pas.

— Qu'est-ce qui ne fonctionnera pas ? demanda-t-il en caressant mes joues.

— Tout. Je ne peux pas te forcer à garder un enfant dont tu ne veux pas. Si je décide de le garder, je te perdrais. Si j'accepte de le laisser, cela reviendra au même parce que je t'en voudrais probablement. Si toi tu acceptais pour me faire plaisir, alors tu m'en voudrais. Et si je partais m'en occuper seul ailleurs, il deviendra certainement le prochain Mage Noir. Ça ne fonctionnera pas.

J'avais tourné toutes les solutions possibles encore et encore dans ma tête et rien de ce qui ne me convenait ne conviendrait à Charlie, et inversement. Je sais que je lui avais dit que je voulais attendre la naissance et voir ensuite mais j'avais besoin de me préparer à ce qui allait arriver.

Il sembla se rendre compte que je disais la vérité car il soupira et m'embrassa le front avant de me relâcher.

— Je... je ne veux pas te perdre non plus. Et si pour ça, je dois supporter un enfant dans mes pattes jour et nuit, alors soit. Mais je ne m'en occuperais pas.

Je lui souris doucement et l'embrassai à mon tour puis dis :

— Merci. Vraiment Charlie. Mais ça ne fonctionnera pas comme cela non plus. Tu lui diras quoi à cet enfant quand il sera en âge de comprendre ? Oui je suis ton père mais je ne voulais pas m'occuper de toi. On ne peut pas faire ça, on n'a pas le droit. Mais merci d'avoir essayé.

Il me serra dans ses bras et murmura ensuite :

— Bordel de merde, va falloir que je réfléchisse. Laisse-moi juste du temps pour accepter ce truc. Avec de la chance, ça viendra.

Je pris son visage entre mes mains et l'embrassai avec tout l'amour que je pouvais lui transmettre.

— Merci. Et si vraiment ça ne fonctionne pas de ton côté, on avisera. Mais Charlie... pas truc s'il te plait, bébé, enfant, même fœtus si tu préfères, mais pas truc.

— Je vais essayer.

— Merci.

Je reposai mes lèvres contre les siennes, le serrant fortement dans mes bras sans cependant le blesser. Il allait faire des efforts, alors je me devais d'en faire plus encore pour maitriser ma sur-protectivité encombrante. Je repassai mon bras autour de ses hanches et nous nous remîmes en marche lentement.

Je ne savais pas pour lui, mais personnellement, je me sentais un peu mieux.

POV Charlie

Je n'avais pas envie de bouger, je voulais rester là, au chaud, contre lui. N'ayant pas bien dormi en plus, j'étais fatigué. Mon ventre gronda, me faisant comprendre que j'avais faim. Seulement, je n'avais envie de rien. Peut-être un bon chocolat chaud. Je frottai mon nez contre son cou, le sentant bouger un peu.

— Bonjour, soufflai-je.

— Bonjour.

Il me rapprocha de lui et commença doucement à caresser mes flancs. Je gémis de contentement et en fis de même, le sentant frissonner. Je repensai ensuite à mes rêves et mes peurs.

— Et... si je perdais la vie, murmurai-je en fermant les yeux. Si jamais les choses se passaient mal.

— Je ne laisserai pas cela arriver, Charlie. Si ta vie est en jeu, tu passes avant le bébé.

J'en fus rassuré et me blottis contre lui, ayant froid. J'emmêlai nos jambes et posai la tête sur son torse, percevant de ce fait son rythme cardiaque. Il était rapide, mais pas trop. Je me mis à lui caresser la peau du bout des doigts et demandai après quelques minutes :

— C'est quoi ton planning pour la journée ?

— Réserve avec Geoffroy ce matin et ménage ou autres joyeuseté du même acabit cet après-midi. Et toi ?

Il joua doucement avec les cheveux à la base de ma nuque alors que son autre main caressait le bas de mon dos.

— Pas envie de travailler, je veux rester ici, avec toi, répondis-je.

Je ne voulais pas avouer que j'avais cette peur, au fond de moi, que ce truc me tue. Si les choses se passaient mal, je vivais mes derniers mois avec Lucius. Je voulais profiter au maximum de notre temps ensemble. Je fermai les yeux, me rendant compte de mes pensées. Ce n'était pas moi, je n'étais pas comme ça. Je me reculai, gardant tout de même la main sur sa peau.

Je devenais vraiment trop différent ces dernières semaines et je m'en rendais compte maintenant. J'avais l'impression horrible de me comporter comme une femme romantique, et totalement niaise.

— Charlie ? m'interpella-t-il doucement. Qu'est-ce qu'il y a ?

— Rien, je suis juste fatigué. J'ai mal dormi.

Je sentis rapidement ses lèvres sur les miennes, puis il souffla :

— Moi aussi je voudrais rester ici avec toi, mais Geoffroy n'appréciera probablement pas. Surtout que je croyais que tu voulais retourner travailler avec les Dragons...

— C'est le cas, réalisai-je. Tu vois, ce truc me bousille le cerveau, m'énervai-je ensuite. Bordel, je veux que tout ça cesse.

Il me jeta un regard puis se laissa retomber en arrière, regardant le plafond et se frottant les yeux.

— Désolé.

Il m'avait demandé d'arrêter de dire le truc. Je pouvais comprendre sa peine, parce que je me rendais compte que j'agissais comme un monstre sans cœur. Mais j'étais un homme qui avait une relation avec un autre homme. Jamais de la vie je n'aurais imaginé qu'un jour, un médicomage m'annoncerait que j'attendais un putain de gosse, un qui grandissait dans mon ventre. C'était surréaliste, impossible, cauchemardesque.

— Ne t'excuse pas, ce n'est pas ta faute. Ce n'est pas grave. Je comprends.

Je me redressai et m'assis, prenant ensuite mes affaires. Je me vêtis lentement, alors que sa bouche commençait à parsemer ma nuque de baiser. Je souris et soufflai :

— Nous ne devrions pas, nous avons du travail.

Il passa ses mains sous mon haut et caressa mes flancs puis posa ses doigts sur mon ventre. Je tombai la tête en arrière et sa bouche m'embrassa, liant nos langues alors que ses mains remontaient et pinçaient à cet instant mes tétons plus que sensibles. Je gémis et grognai, séparant nos bouches pour respirer. Ses lèvres glissèrent sur ma joue puis dans le creux de mon cou, léchant et mordillant, tandis que ses mains continuaient de taquiner mes boutons de chairs.

— Juste une petite demi-heure de plus, fis-je.

Je le sentis sourire contre ma peau avant qu'il ne me tire en arrière et me déshabille.

OoOoOoOoO

Nous descendions et vîmes immédiatement le regard amusé de Carlos une fois dans la salle à manger.

— Salut, dis-je en allant directement dans la cuisine.

Lucius en fit de même avant de me rejoindre et de dire :

— Tu fais quoi aujourd'hui ? Tu ne me l'as toujours pas dit.

— Je suis de réserve en début d'après-midi et logiquement, je suis d'inventaire ce matin. Mais je vais sûrement repousser ça à demain, je n'ai pas du tout envie de compter. De toute manière, j'ai tellement peu dormi que je ferais des erreurs et ce n'est pas urgent.

Je sortis le pain pour me faire des toasts, n'ayant pas réussi à manger mes œufs les deux jours précédents. Je regardai ensuite ce que je pourrais mettre dessus. Je tombai rapidement sur du fromage qui provenait certainement d'une ferme et je me léchai les lèvres. Lucius grogna et m'agrippa pour m'embrasser profondément. Je gémis contre sa bouche et l'entourai de mes bras, le serrant contre moi. Le baiser dura un long moment, nos langues s'emmêlant et se liant, tantôt sauvagement, tantôt délicatement.

Quand je fus au bord de l'asphyxie, je me reculai et souris, embrassant ensuite l'arête de sa mâchoire avant de mettre le pain à griller. Il se plaça derrière moi et entoura ma taille de ses bras, posant son menton sur mon épaule puis embrassa mon cou. Une fois mon pain grillé, je commençai à me faire un bon chocolat chaud et soufflai :

— Si tu attends que je te fasse ton petit-déjeuner, tu peux toujours courir.

— Et moi qui pensais que je réussissais à t'amadouer, railla-t-il en pinçant le lobe de mon oreille entre ses lèvres.

— Ouais ben, c'est raté, ris-je.

Je pris la direction de la salle à manger, abandonnant Lucius. J'étalai le fromage et trempai ensuite le toast dans mon chocolat chaud. Je mangeai et sentis du liquide couler le long de mon menton. Je me frottai tout en continuant de manger. C'était terriblement bon. Mais malgré ma faim, je ne pus terminer avec un effort que mon premier toast, repoussant le second. Je vidai ma tasse et Lucius revint avec un thé et deux tartines non grillées.

— Tu es incorrigible. Incapable de te faire à manger ! Comment tu vas faire avec le bébé quand il sera là ?

Quand je pris conscience de ce que je venais de dire, je regardai Carlos et ajoutai :

— Mon frère Ron veut nous rendre visite avec sa fille et Hermione. Histoire que je puisse la voir.

— Ah oui ? répondit ce dernier alors que Lucius se pinçai les lèvres et jetai un regard embêté à son pain. Elle s'appelle comment ?

Je tentai de m'en souvenir et regardai Lucius. Merlin, j'étais un oncle déplorable. Comment pouvais-je être un bon père ? J'avais raison depuis le début, ce truc serait mieux ailleurs, loin de moi.

— Rose, répondit Lucius en m'adressant un léger sourire.

— Oui, Rose. Il me semblait bien qu'elle avait un nom de fleur.

— Donc si un jour tu me parles de bégonia ou de tulipe, tu me parleras de ta nièce, c'est noté, fit Carlos en riant.

— Oh ça va, hein ! Ça arrive d'oublier un prénom.

Je me renfrognai et fixai mon regard sur ma tasse vide.

— Je plaisantais Charlie, bien sûr que ça arrive. Je ne voulais pas te vexer.

Je ne dis rien, sachant que je risquais une fois de plus d'être désagréable.

— Sinon, d'où vient le fromage, c'est un vrai délice.

Je repris mon toast et le mangeai, ayant de nouveau faim.

— D'un fermier pas très loin, je me fournis toujours chez lui pour tout ce qui est produit laitier.

— C'est une tuerie, fis-je en me léchant les doigts.

Je me levai et allai en cuisine me prendre du pain, puis revins à table. Je mangeai comme ça encore deux tranches avant de finir le pot de fromage. Ce ne fut qu'une fois vide que je me rendis compte de mon geste. Je venais de finir environs 400 grammes de fromage blanc avec mes doigts !

— Il était bon, murmurai-je plus que gêné.

Je détournai les yeux et sans attendre, me levai pour aller laver ma vaisselle. J'entendis la porte s'ouvrir et Lucius me rejoignit bientôt, s'appuyant contre le plan de travail à mes côtés en silence.

— Ferme ta gueule, soufflai-je. Aucun commentaire sur ce qu'il vient de se passer.

Je l'entendis presque grincer des dents et il se redressa immédiatement.

— Je n'ai rien dit, mais soit, bonne journée, dit-il avant de repartir aussi vite qu'il était venu.

— Non attends, criai-je en gardant les mains dans l'eau.

Il s'arrêta et se tourna lentement vers moi, ancrant son regard dans le mien et attendant visiblement la suite.

— Je ne voulais pas être désagréable. Je veux juste oublier ce qu'il vient de se passer. Viens près de moi, serre-moi, murmurai-je si bas afin qu'il n'entende pas.

Je voulais sentir que je n'étais pas seul dans cette chose qui m'arrivait, que je n'étais pas juste fou. Il hésita quelques secondes puis vint se remettre derrière moi, posant ses mains sur mes hanches et son menton sur mon épaule.

— Je ne supporte toujours pas que tu me parles de cette façon, Charlie.

Ses doigts glissèrent doucement sur mon ventre mais revinrent aussitôt s'agripper à mes hanches alors qu'il nichait son nez contre mon cou.

— Désolé.

Je continuai ensuite de laver ma vaisselle avant d'avoir envie de lui. Je sortis alors ma baguette, la mouillant au passage, afin de verrouiller la porte.

— Qu'est-ce que tu fais ?

— J'ai envie de toi, dis-je d'une voix aguicheuse tout en donnant un petit coup de bassin.

— Charlie... n'importe qui pourrait nous surprendre, tenta-t-il en resserrant néanmoins sa prise sur mes hanches.

— Je viens de verrouiller la porte. Et puis, nous ne l'avons jamais fait dans une cuisine.

— Il y a beaucoup d'endroits dans lesquels nous ne l'avons pas fait, ce n'est pas pour cela que nous devons tous les essayer.

— Arrête de me mettre des idées dans la tête, fis-je en nous imaginant déjà le faire sur le bureau de Geoffroy.

— Quel genre d'idées ? demanda-t-il en léchant la peau de mon cou, tout en collant son bassin au mien.

— Hum du genre, moi offert sur le bureau de Geoffroy, gémis-je.

Il grogna et ses mains partirent défaire les liens de mon pantalon, ses dents mordant ma peau à sa portée.

— Fais-moi voir les étoiles, grognai-je en sentant mon pantalon glisser sur mes jambes.

OoOoOoOoO

Après notre petit intermède dans la cuisine, nous étions sortis et Lucius était parti rejoindre Geoffroy alors que j'avais quand même pris la direction de la cabane pour commencer mon inventaire. Les heures passèrent vite, car Moliva débarqua, un grand sourire aux lèvres.

— Prêt ?

— Encore deux minutes, je finis de compter les chèvres que nous avons reçu avant hier.

— Okay. Tu auras besoin de manger quelque chose avant qu'on y aille ?

— Non, je n'ai pas très faim.

Je terminai et allai ensuite prendre mon balai. Nous fûmes rapidement dans la réserve à entamer notre tour. Nous croisâmes Lucius et Geoffroy, avec Hulrick.

— Alors ? demandai-je.

— Rien de particulier de notre côté, dit Geoffroy.

— Okay. Et sinon, niveau comportement, du changement ? questionna Moliva en tournant autour de nous.

— Non, fit Hulrick quelque peu hébété. Ils ont été totalement normaux, rien à voir comparé à quand je faisais mes gardes avec toi, Charlie.

— Ça doit être le temps, répondis-je vaguement. Bon, on vous laisse.

Je volai pour rejoindre Moliva et vis que Lucius me regardait. Je lui souris et me léchai les lèvres, le voulant excité. Je ris ensuite et nous fîmes le tour. Seulement, comme je l'avais pensé, les Dragons stoppèrent tous ce qu'ils faisaient à notre approche et Moliva dit, tout en se plaçant près de moi :

— Alors il n'y a qu'avec toi qu'ils font ça... Pourquoi ?

— Quoi ? Non, je n'ai rien à avoir le dedans. Je ne sais pas. C'est peut-être toi. Quand Hulrick et moi faisions nos gardes, tu terminais les tiennes.

J'étais vraiment dégueulasse de lui faire croire ça, mais je n'avais pas envie qu'ils découvrent que le souci venait de moi. Ils auraient alors tendance à vouloir comprendre et je n'étais pas prêt, mais alors vraiment pas, à leur dire pour le truc dans mon ventre qui grandissait.

Enfin... le... fœtus.

Bordel, même le penser était dur.

— Si tu ne veux pas nous en parler, très bien, mais arrête de mentir. On a bien vu que quelque chose n'allait pas, et pas qu'à cause des Dragons.

Je soupirai et dis :

— Je suis malade. Ça vient sûrement de là.

— Tu ne nous as toujours pas dit quel genre de maladie...

— Rien de grave. Et je préfère la garder pour moi. Dans quelques mois, je serai guéri.

Je tournai sur la droite, voulant m'éloigner un peu d'elle afin de clore la conversation, mais elle se plaça à mes côtés rapidement, essayant de se calquer sur ma vitesse.

— Comment ça, tu seras guéri dans quelques mois ? Ça va finir par disparaître ?

— Oui, je prends un traitement, mentis-je. Le médicomage me rend visite chaque semaine. C'est l'homme qui vient voir Geoffroy. En réalité, il vient pour moi.

— Ah oui ? On commençait à se demander si Geoffroy ne s'était pas trouver un... compagnon. Mais tant mieux si tu vas guérir, je ne vois vraiment pas pourquoi tu refusais de nous en parler. Ça me rassure de savoir ça et ce serait pareil pour les autres.

— Je ne voulais pas vous inquiéter. Tu me connais, je déteste parler de certaines choses. Et ma santé en fait partie.

— C'est que tu ne nous expliques pas qui fait qu'on s'inquiète. Mais d'accord.

— Ben, y a pas de raisons de s'inquiéter.

Non, à part qu'une chose pouvait me transpercer le ventre pour en sortir, voire tout bonnement me tuer dans quelques mois. Je frissonnai et dis tout en regardant sur la gauche :

— Viens, on va inspecter les montagnes.

— D'accord.

Nous tournâmes et survolâmes les montagnes et même le mâle Norvégien à crête cessa de rugir à notre approche. Je me pinçai les lèvres et accélérai, le passant rapidement. Je ne m'attendis pas à ce qu'il prenne son envol et se place derrière nous. Je savais qu'il ne me ferait rien, mais ce n'était pas le cas de Moliva qui me dit, la voix paniquée :

— Par Merlin Charlie qu'est-ce que tu fais ? Il faut qu'on bouge.

— Il ne fera rien. Va-y toi, éloigne-toi.

Je me stoppai et me tournai vers le Dragon. Comme je l'avais imaginé, il fit du surplace et se contenta de m'envoyer des bourrasques de vent dues à ses battements d'ailes. Moliva sembla hésiter mais fit néanmoins de même, se plaçant quelque peu derrière moi.

— Bon sang, et tu vas me dire que c'est totalement normal ? Geoffroy est au courant pour... tout ça ?

— Oui, râlai-je.

Nous restâmes comme ça quelques minutes avant qu'une ombre venant du ciel nous fasse lever les yeux. C'était Émeraude qui fit partir le mâle. Je me tournai alors et vis que Moliva était pâle.

— Tu devrais rentrer. Je me charge de finir le tour de garde.

— Charlie, je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée.

— Et je te dis que tout ira bien pour moi. Avant, on était seul la plupart du temps, et nous ne sommes pas morts. Rentre et repose-toi, tu es sous le choc, tu es toute pâle.

Et je ne mentais pas.

— D'accord, je... Merci. Je vais voir si quelqu'un peut te rejoindre pour finir la garde avec toi.

— Non, c'est bon.

Je voulais passer du temps avec Émeraude.

— Vas-y avant que le Norvégien ne revienne.

Elle acquiesça et partit en direction du portail. Je repris mon tour, le Cornelongue me suivant. Je me mis rapidement à faire des figures en balai pour voir s'il allait essayer d'en faire de même, ce qu'il fit après quelques minutes. Nous passâmes à bon moment, et je me sentais bien. Vraiment. Nous rejoignîmes ensuite sa compagne et son fils. Je me posai au sol, près d'Émeraude et allai le caresser. Il rugit, de cette manière qui ressemblait fortement à un ronronnement. Je souris et fis le tour de son corps, aimant par dessus tout observer ce dernier bouger au gré de sa respiration. Je me postai ensuite devant lui et murmurai :

— Pourquoi tu as fait ça ?

Je savais qu'il n'allait pas me répondre et décidai de m'asseoir. Je regardai autour de moi pour trouver un rocher, mais le seul présent était occupé par la tête de la Cornelongue femelle qui me fixait. Cela me mit mal à l'aise et avisant la queue d'Émeraude, j'allai m'appuyer dessus. A peine assis, je ressentis la fatigue de mon vol et fermai les yeux quelques secondes.

Quand je les rouvris, je me rendis compte que quelques heures avaient dû passer. Je me redressai et retins mon souffle. Je regardai autour de moi et n'en revenais pas. Je me mis à compter, et constatai que tous les Dragons de la réserve… tous, étaient là, allongés au sol, nous entourant Émeraude et moi. Je déglutis et regardai soudain dans le ciel, soulagé quelques secondes plus tard en remarquant que personne ne voyait ça. Je me relevai et vis mon balai plus loin, entre un Dent-de-Vipère et le Magyar deux espèces qui, normalement, ne pouvaient pas se supporter.

Je marchai, à pas lent, m'assurant de ne pas servir d'encas. Silvery, à plusieurs mètres, cracha ses flammes vers le ciel, et les autres suivirent. J'eus chaud et rentrai la tête dans les épaules, me sentant en danger. Émeraude fut soudain à mes côtés et pour une des premières fois, me donna un petit coup de tête qui me fit mal. Je grognai et quand il le refit, je compris qu'il me disait d'avancer.

Ce que je fis, la peur au ventre. Mais je fus rapidement auprès de mon balai et n'attendis pas pour l'enfourcher et m'envoler. Ils restèrent tous au sol et cela ma rassura.

Merlin, que ce passait-il ?

Quand je fus en dehors de la réserve, le corps tremblant, je rejoignis le salon où je trouvai Lucius. J'allai m'asseoir près de lui, passant mes jambes sur ses cuisses et m'appuyant sur le dossier du fauteuil.

— Ça va ? demandai-je.

J'avais besoin d'oublier. Oh que oui ! Il m'observa attentivement et posa sa main sur mon front avant de souffler :

— Ce serait plutôt à moi de te demander cela non ?

Il prit mes mains dans les siennes et colla son nez dans mon cou tout en disant :

— Qu'est-ce que tu as fais ?

— Rien, pourquoi cette question ?

— Tu es étrange. Et je sais que tu as finis ta garde seul. Je tiens d'ailleurs à te faire remarquer que je ne me suis pas précipité dans la réserve. Est-ce que je dois le regretter ?

— Non, enfin...

Je regardai et vis que nous étions seuls.

— Écoute, je suis resté avec Émeraude et une chose en entrainant une autre, je me suis assoupi contre sa queue. Quand je me suis réveillé, tous les Dragons de la réserve étaient là, autour de nous.

Je regardai la porte, m'assurant que personne n'avait entendu et sentis Lucius se tendre. Je m'empressai alors de dire :

— Je n'ai rien. Je... je sais que c'était dangereux et je ne ferai plus jamais une chose aussi inconsidérée. Mais... Bordel, qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi moi, pourquoi agir comme ça avec moi ?!

— Je ne sais pas, Charlie. Mais tu ne peux pas prendre pour acquis que les Dragons ne vont pas un jour essayer de te blesser. Je... Je pensais que tu n'allais pas baisser ta garde de cette façon.

Il inspira profondément et pris mon visage entre ses mains puis ancra son regard dans le mien.

— Comment veux-tu que je garde mon sang-froid et ne m'inquiète pas à outrance si tu vas t'endormir en plein milieu de la réserve.

Je ne sus pas quoi répondre, complètement conquis par ses yeux. Je l'embrassai, du bout des lèvres et souris piteusement avant de dire :

— Y a-t-il quelque chose qui te ferait me pardonner ? Je sais que je n'aurais pas dû faire ça. Je ne le voulais pas. J'ai juste fermé les yeux quelques secondes, mon vol acrobatique m'ayant fatigué.

— Ton vol acrobatique ? fit-il en soupirant. Très bien, je vais faire comme si je n'avais pas entendu. Ou mieux, comme si tu n'allais jamais refaire cela sans que quiconque ne soit près de toi.

— Promis, soupirai-je en l'embrassant à nouveau.

Il répondit à mon baiser puis se sépara de moi et se mordilla la lèvre, visiblement hésitant.

— Quoi ? J'ai mauvaise haleine ?

Je vérifiai et l'entendis rire, tout en constatant que non, je n'avais pas mauvaise haleine.

— Non Charlie. J'avais juste... une idée de ce qui me ferait te pardonner. Mais je ne veux pas te forcer... Oublie ça.

Il m'embrassa de nouveau, liant sa langue à la mienne. Je lui répondis, le rapprochant de moi autant que je le pouvais, vu nos positions. Je mordillai ensuite sa lèvre et soufflai :

— Dis-moi, je te dirais alors si c'est envisageable. Mais je te préviens, je ne couche avec personne d'autre que toi.

Je ris face à sa tête et caressai ensuite sa joue râpeuse.

— J'espère bien. Et je voudrais pouvoir..., souffla-t-il en posant sa main sur mon ventre. Un peu.

Je la regardai. Avant le truc, je n'aurais vu aucun problème à ce qu'il me caresse où qu'il veuille. Et si je voulais oublier justement que quelque chose était en moi, je ne devais pas agir différemment, je rejetai donc la tête en arrière et soulevai un peu mon haut. Il dut comprendre, car sa main se posa sur ma peau et commença à la caresser du bout des doigts.

Quelques minutes passèrent comme ça, jusqu'à ce qu'il se laisse tomber sur le côté, s'appuyant sur moi, et j'en profitai pour passer ma main dans ses cheveux. Je l'entendis soupirer et je fermai les yeux. Pourquoi cela me faisait tant de bien ? Il alterna caresses avec sa paume et ses doigts, les faisant glisser sur ma peau tendrement.

— Tu veux vraiment le garder, chuchotai-je un long moment plus tard.

— Oui... Tu en doutais ?

Je secouai la tête. Mais le sentir me caresser le ventre avec autant d'amour, je ne pouvais décemment pas, en l'aimant de toutes mes forces, lui enlever son enfant.

— Alors, on le gardera.

Il n'eut pas le temps de répondre que nous entendîmes Hulrick dire en entrant dans la pièce :

— Charlie, ta famille vient d'arriver !

Je me redressai et descendis mon t-shirt avant de me lever et d'aller vérifier. Quand je les vis là, debout, je serrai les poings et dis, véritablement en colère :

— Ne vous avais-je pas demandé de ne pas venir ?

— Par Merlin Charlie, me dit maman visiblement bouleversée. Comment voulais-tu que nous ne venions pas après la lettre que Draco nous a donnée ?

— Je vous faisais confiance, fis-je blessé. Je vous ai prévenu, et voilà le résultat.

Je remarquai qu'il manquait Bill, Hermione, Harry ainsi que Draco.

— Enfin, vous n'êtes pas tous venu, marmonnai-je en serrant les mâchoires.

Papa avisa Hulrick à nos côtés et demanda s'il y avait un endroit où l'on pourrait discuter tranquillement.

— Non. Désolé, mais je ne voulais pas vous voir, vous feriez mieux de repartir.

Je tournai les talons, le cœur lourd et montai dans ma chambre, frappant ensuite dans le mur le plus proche.

Pourquoi, par Merlin, avais-je une famille aussi attentionnée ?


Nous espérons que ce cinquième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Abby and Jes