Auteur : Abby and Jes
Titre : Bairim
Couple : Lucius/Charlie
Genre : Romance/Drame
Rated : M
Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail et Yanis sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.
Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.
Statut : Finie à l'écriture.
Bêta correctrice : Westyversionfrench
Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.
Périodicité de publication : Un chapitre tous les quinze jours, si on arrive à garder le rythme avec nos cours respectifs -)
Note commune des auteurs : Bonjour bonjour. Merci pour vos reviews, voici donc le chapitre 6. Pour informations, nous avons écrit une Lucius/Fenrir qui est également entièrement publiée et que vous pouvez aller lire en passant par le lien sur notre profil. Ça nous ferait très plaisir de savoir ce que vous en pensez également et nous espérons que cela rendra votre attente un peu moins pénible. Bonne lecture !
Merci à Lofaih, Athi, holybleu, Paprika Star, Imaniis, Ansofi, dobbymcl, Lenae5, paulin54, yamashita6, Haley Black, Typone Lady pour leur review.
Partie II
Bairim
Chapitre 6
POV Lucius
J'observai les Weasley et remarquai l'absence de Draco et Harry à leurs côtés. Certes, mon fils était venu me voir deux jours plus tôt mais j'aurais aimé l'avoir auprès de moi. Surtout si je devais gérer un Charlie en colère et des Weasley bouleversés. Molly me lança un regard presque suppliant quand son fils partit et je soupirai.
— Hulrick ? Pourrais-tu les accompagner au salon ? Je vais aller chercher Charlie.
Ou essayer. Le gardien acquiesça et je montai à l'étage, toquant doucement à la porte. Je savais qu'il n'avait pas eu envie de les voir débarquer et je pouvais parfaitement le comprendre, mais ils étaient là et je ne pouvais pas leur parler moi-même, étant certain que j'allais tout bonnement empirer la situation.
— Maman, laisse-moi !
— Charlie, je ne suis pas ta mère.
— Va-t-en alors, je risque de te blesser. Je ne veux voir personne. Qu'on me foute la paix, bordel de merde !
Je m'appuyai contre la porte et soupirai.
— Charlie... Je ne peux pas aller parler à tes parents. Ils vont me poser des questions et je... Ça va être pire ensuite.
— Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans « Je ne veux voir personne ». Tu es comme eux en fin de compte, cria-t-il en tapant dans la porte. Lucius, barre-toi juste... s'il te plait.
— Et qu'est-ce que je suis censé faire ? Que veux-tu que je leur dise ? Barrez-vous et ne revenez jamais ?
C'était sa foutue famille, pas la mienne. Et s'ils me posaient des questions, ils allaient finir par découvrir à quel point je voulais cet enfant, mais je refusais qu'ils m'utilisent ensuite contre Charlie. Il m'avait dit quelques minutes plus tôt que nous allions le garder, mais il n'en voulait toujours pas visiblement. Que ferait-il d'un enfant dont il ne voulait pas ? Et que ferais-je, moi ?
Je me laissai glisser le long de la porte et me passai les mains sur le visage. Je regrettai plus que jamais que Draco ne les ait pas accompagnés. En fait non, j'aurais grandement préféré qu'ils ne viennent pas du tout. Je serais alors toujours dans le salon avec Charlie, et ni lui ni moi ne serions énervés... ou blessés.
— T'es toujours là, pas vrai ? entendis-je.
— Non.
Il rit et ouvrit la porte.
— Pourquoi, quand je demande quelque chose, les gens ne m'écoutent pas ? demanda-t-il en prenant place près de moi au sol.
— Tu croyais réellement que j'allais redescendre et affronter ta famille ?
— Oui... enfin, non. Je suis obligé, mais je n'en ai pas envie.
— Je n'en ai pas envie non plus. Je croyais que tu leur avais dit dans ta lettre de ne pas venir.
— C'est ce que j'ai fait, j'ai même été clair là-dessus. Bon, on y va ? Plus vite c'est fait, plus vite on peut s'enfermer dans la chambre et ne jamais en sortir.
Je me relevai et l'aidai ensuite à en faire de même, l'attirant à moi pour l'embrasser.
— J'aime beaucoup cette dernière idée, soufflai-je ensuite contre ses lèvres.
— Alors on peut la faire maintenant, tu en dis quoi ? murmura-t-il.
— Pour que ta famille vienne défoncer la porte dans vingt minutes ? Je préfère les renvoyer chez eux d'abord.
Je posai mes lèvres une fois de plus sur les siennes puis me reculai et fis deux pas en avant, lui tendant ensuite ma main.
— Très bien.
Il la prit et nous descendîmes les escaliers pour rejoindre le salon quelques secondes plus tard. Je sentis Charlie se tendre quelque peu devant la porte et je passai mon bras autour de sa taille, murmurant à son oreille :
— Je suis là. Et tu es enceint, tu peux toujours t'enfuir à un moment en prétendant être trop fatigué.
— Pas bête, merci pour l'idée. Mais s'il te plait, arrête de le formuler comme ça.
— Et comment veux-tu que je le formule ? demandai-je gentiment, essayant de masquer ma déception.
— Je ne sais pas. Le mieux, c'est de ne pas le formuler tout court. Je ne suis pas à l'aise avec cette idée, autant ne pas en rajouter.
Il m'embrassa rapidement et ajouta ensuite :
— On va le garder, d'accord. Et je vais essayer de... de... voir les choses autrement, aide-moi justement à ne pas me braquer.
— Pourquoi es-tu finalement d'accord pour le garder ? Surtout que tu n'aimes toujours pas l'idée.
J'avais seulement besoin de comprendre. Parce qu'il m'avait finalement dit de lui-même qu'il était d'accord mais je ne comprenais pas ce qui avait pu le faire changer d'avis. Et surtout, je voulais être certain que ce qui l'avait convaincu allait le faire aimer cet enfant. Parce qu'il était hors de question que nous le gardions s'il se retrouvait incapable de le toucher ou l'aimer.
— Toi. L'amour et la douceur que tu as mis en me caressant le ventre. Maintenant, si on pouvait juste changer de conversation, je vais déjà devoir trop en parler une fois cette porte passée.
— Très bien, nous en discuterons plus tard.
Je l'embrassai une dernière fois puis ouvris la porte. Molly, Arthur, les jumeaux et Ron se tournèrent immédiatement vers nous pour fixer Charlie attentivement dès que ce dernier fut entré dans la pièce. Je refermai la porte et invitai tout le monde à s'asseoir. Mais alors que je pensais qu'ils allaient répliquer ou se jeter sur Charlie, ils firent ce que je leur avais demandé.
Ils s'assirent sur les deux canapés et je m'installai sur le fauteuil, attirant Charlie sur mes genoux. Ainsi, nous pouvions voir tout le monde et je l'avais près de moi, espérant que cela dissuaderait les Weasley de vouloir le prendre dans leurs bras ou le câliner ou autre idiotie du genre que je n'étais pas certain que Charlie apprécie à ce moment précis. Je passai mes bras autour de sa taille et posai mon menton sur son épaule. Le silence prit place et s'étira pendant quelques minutes, devenant de plus en plus inconfortable.
— Nous ne pouvions pas ne pas venir, expliqua Molly.
— Écoutez, dis-je en remarquant que Charlie ne disait rien, je comprends mais Draco a dû vous expliquer que la situation était compliquée. Et il aurait probablement été préférable que vous ne veniez pas.
Cependant, je repensai au fait que Charlie leur avait écrit une lettre et je me demandai ce qu'il avait bien pu leur dire pour qu'ils débarquent ainsi. Pas que ce n'était pas leur genre, mais depuis qu'il s'était rapproché d'eux, ils avaient tendance à prévenir avant de venir.
— Justement, fit Arthur et je pus voir Ron se tendre. La lettre de Charlie nous a bouleversés. Nous avions même cru au début qu'il était gravement malade.
— Que... Pourquoi ? demandai-je en poussant tout doucement Charlie. Qu'est-ce que tu leur as dit ?
— Rien, la vérité. Que j'avais ce truc en moi depuis trois mois et demi. Et qu'ils ne devaient pas venir.
— Charlie..., soupirai-je blessé qu'il l'appelle encore ainsi.
Je vis Ron lui lancer un regard outré et je me reculai dans le fauteuil, appuyant mon dos contre le dossier.
— Un truc ? hoqueta Molly. Charlie, c'est d'une vie dont tu parles. Que tu ne le désires pas, c'est compréhensible, mais que tu le traites de cette manière est inhumain.
Je sentis Charlie se tendre contre moi et me dis que ce n'était définitivement pas la bonne méthode.
— Arrêtez, intervins-je. Il pense ce qu'il veut, ce n'est pas grave.
J'avais répété ces derniers mots maintes et maintes fois au cours des derniers jours mais j'espérais toujours réussir à m'en convaincre.
— Prends-le comme tu le veux, fit l'un des jumeaux, mais nous n'allons pas partir.
— Pas quand tu es dans cet état. Et Bill passera dès qu'il peut et Harry ainsi que Draco arriveront dès que la bombe aura fonctionné.
— Je vais faire un tour, ajouta Ron. Mais... non, laisse-tomber, fit-il à Charlie avant de sortir.
Alors Draco allait réellement venir ? Merlin merci. Surtout si les Weasley décidaient de rester plus longtemps. Les connaissant, ils seraient capables de rester jusqu'à ce qu'ils aient gain de cause, peu importe ce que cela pouvait être. Je me demandais vaguement s'ils arriveraient à m'aider à convaincre Charlie que ce bébé était un cadeau quand je me souvins que l'autre jumeau avait parlé d'une bombe.
— De quelle bombe parlez-vous ? leur demandai-je alors.
Parce que si je me souvenais bien, une bombe était une arme moldue qui pouvait faire beaucoup de dégât, et j'avais du mal à comprendre quel était le lien avec l'arrivée de mon fils.
— Le Ministère a refusé que Draco nous accompagne, expliqua Arthur. Et Harry n'en a pas été content car si Draco venait, c'était pour rester auprès de son compagnon. Enfin, il voulait aussi venir vous voir bien sûr mais ce n'est pas ce qu'ils ont dit au Ministère. Alors, Harry a fait une déclaration publique. Ils seront là dans quelques jours. Harry tenait à être auprès de vous.
— Il tient beaucoup à toi Charlie, ajouta Molly. Il a été chamboulé par ta lettre. Et quand Draco lui a expliqué, il a... Hum, il s'est énervé.
Alors Draco et Harry n'allaient probablement pas tarder. Ce dernier venait de remettre en jeu sa réputation pour mon fils, et rien ne pouvait me faire plus plaisir. Je sentis les regards de Molly et Arthur sur moi et réalisai que Charlie n'avait toujours rien dit. Je passai ma main sur sa joue et il accentua le contact mais ne fit rien d'autre.
— Charlie..., soufflai-je au bout de quelques minutes supplémentaires.
— Je... je ne veux pas qu'il soit en colère. Je vais bien. Très bien même. Je regrette de vous avoir écrit. Vous ne comprenez pas, tout comme Lucius.
— Oui, fit Arthur alors que je retenais un soupir. Draco nous a en effet dit que Lucius voulait cet enfant.
— Est-ce que vous avez trouvé un terrain d'entente ? lui demanda Molly immédiatement, de l'espoir plein les yeux.
— Cela nous regarde, répliqua Charlie.
Cela signifiait surtout que d'après lui, aucun compromis n'avait été trouvé. Je le repoussai de mes genoux et me relevai avant de l'embrasser profondément, le faisant se rasseoir sans lâcher ses lèvres.
— J'ai besoin d'air, murmurai-je à son oreille. Si tu veux t'enfuir, dis que tu es fatigué.
— Quoi ? Tu vas me laisser là ? Sérieux ?
— Je veux bien faire beaucoup d'efforts Charlie, mais il est hors de question que je pleure devant ta famille. Tu pourras m'en vouloir si tu veux, je comprendrais.
— Pourquoi... Qu'est-ce qu'il se passe ? Bordel Lucius, pourquoi ?
— Pourquoi tu m'as dit que tu acceptais qu'on le garde si tu n'en as juste aucune envie ? m'agaçai-je en me sentant perdre mon sang-froid.
Il ne pouvait pas me faire espérer des choses comme cela. Que faisait-il ? Il allait essayer et me faire croire que cela allait, faire tous ces efforts pour moi, parce qu'il m'aimait. Et ensuite quoi ? Il allait seulement m'en vouloir ou constater qu'il n'en voulait vraiment pas et juste abandonner.
— Je te l'ai déjà dit Charlie, je veux cet enfant. Et je veux faire les choses bien avec lui dès le début, ce qui inclut ne pas le rendre malheureux. Et je refuse de te rendre malheureux également, je t'ai dit que je ne te forcerai jamais. Mais tu ne peux pas te forcer non plus. Ça va nous détruire et ça va te détruire toi !
Je me mordis violemment la lèvre et repris :
— Tu m'as dit que tu allais essayer de ne plus le considérer comme un truc que tu as prévu de jeter une fois expulsé de ton corps, mais tu continues de l'appeler ainsi. Et tu me dis que tu es d'accord pour qu'on le garde mais tu refuses d'en parler à qui que ce soit.
— Bien. Je pense que la discussion est close. Mais, fit-il une fois à la porte, si je ne voulais pas leur en parler, c'est justement parce que je ne voulais pas qu'ils sautent de joie. Je ne voulais pas... je ne désire pas te rendre triste.
Il quitta ensuite la pièce. J'hésitai une seconde mais le suivis et le rattrapai rapidement, lui demandant :
— Pourquoi ne veux-tu pas qu'ils sautent de joie ?
— Parce que. C'est quelque chose que nous devons vivre ensemble. Et tant que je ne sauterais pas de joie, ceux qui le feront seront de trop, à part toi et ton fils par extension. Maintenant, laisse-moi partir avant que je ne te blesse avec mes poings.
— Tu ne me parles pas Charlie. Comment voulais-tu que je devine ? Je pensais que tu ne voulais simplement pas qu'ils soient joyeux parce que tu comptais ne pas le garder. Je... je ne veux pas que tu sois malheureux.
Je le lâchai néanmoins et reculai d'un pas. J'avais encore tout gâché. Évidemment, je ne risquais pas de deviner que c'était cela, ses raisons, mais j'aurais mieux fait de me taire et de tout garder pour moi.
Il partit alors, sans un regard en arrière.
Je donnai un coup de poing dans le mur et sortis, ayant définitivement besoin d'air. Je sentis mes yeux s'embuer de larmes et cela m'agaça plus encore. Par Merlin, j'avais vraiment envie que Draco arrive rapidement.
Je décidai de partir vers la forêt, préférant que personne ne me voie ainsi, mais je maudis une fois de plus mon manque de chance en croisant le jeune frère Weasley. Il me regarda étrangement mais je me détournai de lui et avançai plus vite. Une fois à l'abri des arbres, je m'appuyai contre l'un d'entre eux et me pris la tête entre les mains.
A chaque fois.
A chaque fois que quelque chose allait bien, ou même ne serait-ce que mieux dans ma vie, tout tournait à la catastrophe. Je savais que j'avais fait beaucoup de mal au cours de ma vie mais là, c'était trop. Il ne me manquait plus qu'un séjour à Azkaban pour rendre ce mois parfait.
Au bout d'un long moment, je parvins finalement à me calmer et quelques gouttes commencèrent à tomber. Je levai la tête vers le ciel et repartis vers le camp. A peine fis-je deux mètres qu'il se mit à pleuvoir à verse et j'accélérai le pas. Je regagnai le bâtiment quelques minutes plus tard, trempé. J'allai dans la cuisine, ayant besoin d'un thé. En réalité, j'avais besoin de Whisky Pur Feu, mais je n'en trouverais probablement pas, et j'étais à peu près certain que Carlos refuserait de me dire où il était s'il y en avait. Je vis d'ailleurs ce dernier dans la salle à manger et le saluai. Il me salua en retour mais sembla surpris de me voir dans cet état. Je ne m'attardai pas plus longtemps et gagnai la cuisine, retenant un soupir en y croisant Molly.
— Oh, tu es trempé !
Elle sortit sa baguette et me lança un sortilège de séchage.
— Merci, soufflai-je avec un sourire tout en remplissant la bouilloire. Vous... vous êtes installés ?
Après tout, Charlie et moi étions partis et les avions laissés livrés à eux-mêmes.
— Oui, pour le moment, nous prenons les deux chambres de libre. Nous montrons la tente demain, vu le temps.
— Ah, d'accord.
Je mis l'eau sur le feu et me sortis une tasse, demandant à Molly si elle en voulait un également.
— Les choses vont-elles si mal ? Enfin, avec le bébé ? Je ne pensais pas qu'il vivrait ça comme ça.
— Il ne veut pas d'enfant et n'avait jamais prévu d'en avoir, répondis-je en haussant les épaules. Encore moins d'en porter.
— Je vois.
Elle sembla pensive et ajouta :
— Draco a dit que toi, tu le voulais. J'en suis ravie.
— Hm, pas moi.
— Pourquoi ? Draco a menti ?
— Non non, je veux cet enfant, et je ne changerai pas d'avis à ce sujet. Mais si je n'en voulais pas non plus, tout serait beaucoup plus simple.
— Non. Et Charlie changera sûrement de façon de penser. Il faut juste lui laisser du temps. Nous sommes là pour vous soutenir dans cette épreuve, car ça en est une, vu comment il prend la chose. Tu n'es pas seul, nous allons faire front ensemble, comme une famille.
Elle posa sa main sur mon épaule avant de souffler :
— Oh et puis zut !
Elle me prit dans ses bras et je restai figé, les bras le long du corps. Je lui rendis finalement son étreinte après quelques secondes, même si avec nettement moins d'enthousiasme. Toucher Draco ou Charlie était devenu naturel mais j'avais toujours autant de mal à avoir des contacts avec d'autres gens. Une famille avait-elle dit. Je la repoussai doucement et lui souris étrangement, pas certain de savoir comment réagir exactement.
— Bon, on se le boit, ce thé ?
Je nous servis et nous rejoignîmes Carlos dans la salle à manger après que j'aie précisé à Molly que Charlie préférait qu'aucun des gardiens ne soit au courant, mis à part Geoffroy. Je préférais sincèrement ne pas avoir à gérer cela en plus de tout le reste.
Elle posa toutes sortes de question à Carlos, commençant ensuite à lui parler de mariage et d'enfants. Il me lança un regard un peu perdu et je secouai doucement la tête en retenant un sourire.
Je repensai ensuite à la colère de Charlie et me demandai s'il m'accepterait si je le rejoignais dans la chambre. Ou peut-être serait-il préférable que je le laisse seul cette nuit, n'ayant aucune envie que nous nous disputions à nouveau ou que nous nous battions. Je laissai mes pensées dériver vers le moment que nous avions partagé plus tôt dans la soirée et un sourire étira mes lèvres. Pendant ces instants, j'avais vraiment pu faire comme si tout allait bien et que Charlie voulait cet enfant autant que moi.
POV Charlie
J'étais venu là où je savais que personne ne viendrait me chercher, sans réfléchir plus avant à ce qu'il s'était passé plus tôt. Je volai, de ci de là, essayant de faire le vide. Lucius m'avait blessé, à croire que j'aurais pu lui mentir ou même le manipuler. J'avais eu envie de le frapper, chose rare depuis si longtemps.
Je me posai près d'un arbre pas trop loin, après ce qu'il s'était passé plus tôt. Je ne souhaitais plus être autant en danger, même si je ne savais toujours pas si je l'avais été ou non. Je souhaitais juste que les Dragons restent loin de moi à cet instant précis. Aucune envie de revivre la scène de cet après-midi.
Je commençai à gratter le sol de mes doigts, tentant de me convaincre que ma famille n'était pas là. Les choses avaient semblé s'arranger. Mais non, il avait fallu qu'ils viennent malgré ma demande, qu'ils gâchent tout. Je ne voulais pas qu'ils commencent à me faire la morale, déjà que Lucius s'en chargeait. Mais pour lui, j'allais faire des efforts, juste pour lui et personne d'autre.
C'était en moi, et c'était à Lucius.
Je ne comprenais même pas comment lui pouvait le vouloir. Il avait déjà un fils, une vie derrière lui. Et je ne voulais pas le vexer, mais il était aussi plus vieux que moi.
Mais... justement, il avait déjà été père. Et d'après ce que j'avais compris, il n'avait pas pu profiter pleinement de son fils. Mais cela ne voulait pas dire que c'était une bonne chose que nous le gardions. Je faisais un métier à risques, et lui aussi. Je n'avais pas envie d'avoir autant de responsabilités et en plus, qui disait enfant, disait charge. Et je ne travaillais pas contre un salaire. Et le camp ne pourrait pas subvenir aux besoins d'un enfant.
Nous ne savions même pas comment il allait être. Il était peut-être plus Dragon que sorcier. C'était peut-être un monstre. Je grimaçai, revoyant mon cauchemar, tout ce sang m'avait retourné l'estomac.
La nuit tomba et sachant qu'ils devaient tous s'inquiéter, ou au moins Lucius, je me décidai à rentrer. Mais je décidai de marcher un peu avant de remonter en balai. Lucius était... différent de ce que j'avais pu imaginer jusqu'ici. Quand il m'avait touché plus tôt, j'avais ressenti une boule au fond de ma gorge. Et même quand il était resté devant la porte, malgré ma colère, il m'avait touché au plus profond de mon cœur. Peu importait les choses monstrueuses que je pourrais lui dire, il revenait vers moi, et je ne le méritais pas.
Je soupirai et sentis soudain une présence à mes côtés. Je me stoppai, Storme n'étant pas qualifié de gentil. Il pencha la tête et grogna avant de s'allonger. J'allai enfourcher mon balai, mais il expira de manière puissante et ses yeux me tuèrent sur place.
— Quoi ?
Il rampa dans ma direction et déploya ses ailes avant de les rétracter. Me proposait-il de le monter ? Storme ? Merlin, c'était si surnaturel !
Lucius serait mécontent de ça, ainsi que tous les autres en fait, mais l'idée était tentante. Très tentante. Je ne me fis pas prier plus longtemps et m'avançai, doucement, sans geste brusque. Je posai ensuite le pied sur sa queue qui remua. Je faillis tomber et me rattrapai à ses écailles plus épaisses que celles d'Émeraude.
Je montai ensuite sur son dos et il n'attendit pas pour s'envoler. Il se dirigea vers la pointe de la Fureur et je dis avant de me rendre compte qu'il ne pouvait pas me comprendre :
— Mais non idiot, le portail !
Il continua de voler puis changea de direction. Je clignai des yeux en remarquant que nous nous dirigions vers le portail. Les Dragons nous comprenaient-ils mieux que nous le pensions ? Merlin, si c'était vrai, cela était une grande découverte. Parce que si les Dragons nous comprenaient, il devait y avoir eu une période où eux et les hommes étaient proches. Et je doutais fortement que cela date des dernières centaines d'années. Parce que... nous n'avions dressé aucun Dragon à comprendre le mot « portail ».
Quand nous fûmes devant, il se posa de manière maladroite et je ris avant de descendre. Il cracha ses flammes, mais à mon opposé puis rugit et fila, disparaissant rapidement. Je vivais un cauchemar par leur faute, avec ce qu'ils m'avaient fait, mais à côté de ça, j'avais une relation avec eux que je n'aurais jamais imaginé vivre, même dans mes rêves les plus fous.
J'ouvris le portail et passai rapidement de l'autre côté avant de le refermer. Ne voyant pas de tente, je soupirai de bonheur en comprenant que mes parents ainsi que mes frères avaient dû partir. Je me dépêchai donc de rentrer, surtout qu'il devait être tard, la nuit étant tombée depuis un moment.
Je montai rapidement à l'étage et pénétrai dans notre chambre, refermant derrière moi. Je vis Lucius allongé au dessus des couvertures, encore habillé, jouant avec sa baguette. Je restai là, ne sachant pas quoi lui dire. J'avais été blessant, tout comme lui. Mais je devais avouer que j'avais plus de torts que lui également.
— Ils sont partis, c'est une bonne chose, murmurai-je enfin tout en retirant mes bottes.
— Désolé de te contredire, dit-il doucement, mais ils sont toujours là. Toi par contre, tu ne l'étais pas...
— Non, j'ai préféré prendre l'air. Et comment ça, ils sont toujours là ? Leur tente n'est pas là, où sont-ils alors ?
— Dans les chambres supplémentaires, ils installeront leur tente demain.
— Okay.
Je pris place sur le lit, m'allongeant à ses côtés. Je ne savais pas quoi dire, seulement le silence me rendait mal à l'aise. Je me tournai sur le côté et le regardai, réalisant qu'il en faisait de même. Le temps se suspendit, puis je souris, ne pouvant m'en empêcher.
— Un gars lunatique, connard de surcroit, tu n'as pas vraiment de chance.
— Le monde est contre moi, de toute façon, sourit-il en retour.
— Mais tu as de la chance, parce que je t'aime. Et ça, ça rattrape toute ta malchance, non ?
Il plongea son regard dans le mien et répondit, très sérieusement :
— Oui. Je n'ai jamais été aussi chanceux que le jour où tu as décidé que je n'étais pas trop mal pour toi.
— Je n'ai rien décidé, fis-je. Tu m'as envouté. Avoue que c'est pour finir ta peine sans problème.
Je ris à cette remarque et me collai à lui, entourant son corps de mes bras. Je posai ensuite le front contre le sien et murmurai :
— Ils gâchent tout en étant là.
— Ils sont inquiets pour toi, répliqua-t-il en me rapprochant plus encore de lui. Tu leur as dit qu'un truc grandissait dans ton ventre. Si Draco m'avait dit une chose pareille, je serai parti le rejoindre aussi vite.
Je fermai les yeux. Un truc grandissait en moi en effet, mais je comprenais ce qu'il voulait me dire.
— Tu as raison.
— J'ai raison ? fit Lucius, visiblement surpris.
— Oui, répondis-je. En leur disant ça, c'était obligé qu'ils viennent. Je n'aurais jamais dû leur dire.
— Sauf que nous n'aurions pas pu le cacher à Draco. Je n'aurais pas pu lui mentir et il n'aurait pas pu mentir à Harry qui n'aurait pas pu mentir à ton petit frère. On en serait au même point.
— Effectivement.
Je devais donc faire face et ne pas regretter, car les choses auraient de toute façon été les mêmes.
— Je peux te poser une question ?
— Oui, vas-y, répondis-je en frottant mon nez au sien.
— Si c'est moi qui avais dû porter l'enfant, tu aurais réagi de manière virulente ? Ou les choses auraient été différentes ? Je veux juste essayer de comprendre ton point de vue.
Il posa ses lèvres sur les miennes tout doucement puis recula avant de reprendre :
— Mais tu n'es pas obligé de répondre, je ne veux plus me disputer avec toi. Pas ce soir. Plus jamais en fait.
— J'sais pas. Je n'ai pas réfléchis à cette éventualité.
Je le fis, imaginant ma réaction si jamais Lucius avait été celui qui portait ce truc, chose encore trop surréaliste à mon goût. Et je me rendis compte que je n'aurais pas du tout réagi pareil. Enfin, je n'aurais pas sauté de joie, mais pas si mal non plus.
— Non.
— Pourquoi ?
— C'n'est pas pareil. C'est toi.
Je ne comprenais pas sa question.
— Je ne comprends pas. Pourquoi est-ce différent ?
— C'est toi qui l'aurais porté. Et tu veux un enfant, donc, je n'aurais pas refusé. Mais... tu... Ça aurait été différent, finis-je.
Je ne voulais pas lui dire qu'il aurait joué les mamans lui-même.
— Alors... c'est porter l'enfant qui te dérange ? Juste ça ?
— Oui et non. Mais en grande partie oui. Je porte quelque chose que je n'ai pas désiré. Comment le prendrais-tu toi ? demandai-je en caressant sa nuque.
— Je ne sais pas. Je n'aurais probablement pas été ravi. Et cela m'aurait juste rappelé...
Il s'interrompit et me regarda attentivement quelques secondes avant de souffler :
— Tu sais que cela ne fait pas de toi sa mère n'est-ce pas ? Tu es son père, juste comme moi. Tu as juste... un inconvénient supplémentaire.
— Je sais que tu dis ça pour éviter que je refuse le... fœtus. Mais c'est ce que je suis. Même si jamais, bordel de merde, je n'accepterai qu'il m'appelle comme ça. Mais... il est en moi Lucius. Comment veux-tu que je le voie autrement ?
— Je te dis cela parce que je le pense. Mais je comprends ton point de vue, si j'avais été à ta place, j'aurais très probablement vu les choses de la même façon et il aurait été préférable que tu ne me fasses aucune blague sur ma féminité inavouée. Et il ne t'appellera jamais comme ça. Tu es juste... je ne sais pas comment te l'expliquer, mais dans mon esprit, tu n'es en aucun sa mère ou une femme c'est juste... tombé sur toi. J'ai dû te donner un peu de ma malchance, désolé.
— Je devrais te punir alors ?
Je glissai mon nez contre son cou et soufflai, le faisant frissonner avant de suçoter sa peau si douce.
— Hm... Je suppose que tu en as le droit, oui.
— Alors, je vais le faire, lentement, tendrement, te faisant me supplier pour que je t'accorde le privilège de jouir.
Il gémit mon prénom et glissa sa main sous mon haut, léchant le lobe de mon oreille.
— A une condition, néanmoins. Pas de famille envahissante, pas de fœtus. Juste toi et moi toute la nuit, soupirai-je.
— Seulement toi et moi, susurra-t-il à mon oreille. Dragostea mea.
Il prit mon visage entre ses mains et ancra son regard dans le mien.
— Peu importe ta famille ou le bébé, à la fin de la journée, ce sera toujours juste toi et moi Charlie. Tu es à moi, tu te souviens ?
Je hochai la tête, une boule au fond de la gorge face à ses mots, ou plutôt deux mots. Quand il me les disait, je me sentais plus fort. Cet homme m'aimait, moi, juste moi. Comme il n'avait jamais aimé personne. Il se montrait à moi, retirant ses masques. Je me sentis fondre et l'embrassai, léchant ses lèvres afin qu'il les ouvre, ce qu'il fit d'ailleurs rapidement. Je le pénétrai de ma langue, rejoignant la sienne. Elle était chaude et douce.
Délicieuse.
Je gémis et me plaçai à califourchon au-dessus de lui puis commençai à caresser son torse par dessus le t-shirt. Quand le baiser se termina, j'étais à bout de souffle. Et à le voir les yeux brillants, les joues rougies et les lèvres humides, je me demandai pourquoi moi ? Pourquoi c'était moi qu'il aimait malgré mon sale caractère ? Je fondis sur sa bouche, entrechoquant nos dents. Je voulais le posséder à l'infini, sans cesser, je voulais l'entendre gémir mon prénom encore et encore. Je voulais lui faire perdre ses moyens. Je voulais tout simplement le faire vibrer sous mes mains. Il entremêla nos langues et gémit en ondulant des hanches sous moi tout en tirant sur mon t-shirt pour me le retirer. Je me reculai et dis :
— As-tu oublié que je voulais t'entendre supplier ?
Je caressai ses cuisses par dessus son jean et remontai ensuite son haut, embrassant et léchant sa peau au fur et à mesure que je la découvrais. Il gémit et agrippa mes cheveux doucement.
OoOoOoOoO
Je grimaçai en prenant place à table et vis du coin de l'œil Lucius en faire autant. J'explosai de rire au vu des regards de Johanna et de ma famille qui était également présente.
— Bonjour, réussis-je à dire.
Merlin, cette nuit avait été trop intense pour nos propres biens. Lucius posa sa main sur ma cuisse et se pencha ensuite, afin de murmurer, visiblement de mauvaise humeur :
— Au moins cela t'amuse-t-il.
Je tournai la tête et l'embrassai puis répliquai :
— Quelqu'un serait-il assez aimable pour me faire un chocolat et un thé pour monsieur grognon ici présent ?
Je lui avais fait voir les étoiles plus d'une fois, l'avais fait gémir comme un fou, l'avais même mordu à l'épaule tout en le pilonnant par derrière, lui laissant ensuite me rendre mes attentions. Mais non, dès le réveil, il avait rouspété face à la douleur de son « postérieur » selon monsieur. Moi aussi j'avais mal au cul mais ça en avait valu le coup, oh que oui ! Il pinça ma cuisse alors que Johanna se levait et partait en cuisine, un sourire amusé aux lèvres.
— Sinon, vous savez combien de temps vous aller rester ? demandai-je.
— Aussi longtemps que nous le penserons nécessaire, me répondit maman avec un sourire.
Je fis rouler mes yeux et dis, avant que Johanna ne revienne :
— Cela ne sera pas nécessaire. Nous nous en sortons très bien jusqu'à maintenant.
— Vraiment ? fit Ron avec un rire désabusé.
— Oui, vraiment, claquai-je froidement.
Je pris ensuite une grande respiration et ajoutai :
— Nous étions même en bonne voie avant votre arrivée. Nous avons décidé de le garder. Vous êtes content ? Bien !
— Le problème n'est pas seulement que vous décidiez de le garder ou non Charlie, me dit papa gentiment.
— Ah bon, et c'est quoi le problème ?
Mais Johanna revint, alors je pris mon chocolat et le bus rapidement, gémissant de bien être. Je regardai ensuite les jumeaux et leur tendis ma tasse.
— L'un de vous peut aller m'en refaire un ?
Ils se jetèrent un regard surpris puis se levèrent et partirent en cuisine, ma tasse entre les mains. Je fus soudain déçu d'avoir mangé tout le fromage la veille et soupirai en me grattant le menton. Je devrais aussi probablement me raser.
— Au fait, tu ne travailles pas Papa ?
— J'ai pu prendre quelques congés.
— Et les jumeaux ? Et toi Ron, ne devrais-tu pas être aux côtés de Pivoine ?
Lucius étouffa un rire à mes côtés alors que Ron fulminait :
— Tu te fous de ma gueule ?
— Non. Je suis content que tu sois venu, mais ta place serait mieux auprès d'Hermione et de ta fille. Ne te sens pas obligé d'être là. Je suis sûr que papa et maman t'ont limite forcé, mais je vais bien.
— Oh ?! Magnifique, tu sais que c'est une fille ! Et je suis très bien où je suis, merci.
— Ben oui, je sais que c'est une fille.
Mais vu qu'il ne plaisantait pas, je fronçai les sourcils et ce fut maman qui m'expliqua, un brin outrée :
— Elle s'appelle Rose Charlie, pas Pivoine.
Je vis Lucius se mordre la lèvre avant de se mettre la main devant le visage. Je la lui retirai, n'aimant pas qu'il se cache, et voyant qu'il allait m'assassiner sur place, je posai sa main sur mon ventre, souriant victorieusement. Les jumeaux revinrent à ce moment là et je dis à Ron :
— Je suis désolé. Vraiment. C'est impardonnable de ma part. Tu peux me frapper si tu veux.
— Évidemment, comme si je pouvais, avec ton état. Mais je garde la proposition pour plus tard.
Je hochai la tête et pris la tasse que Fred me tendit. Depuis que George avait son oreille coupée, il était plus aisé de les reconnaître. Je bus plus doucement et Carlos entra, les mains pleines de sacs. Je me levai prestement et demandai :
— Tu as du fromage ?
Je me rendis compte ensuite de mon empressement et murmurai :
— Désolé, donne, je vais t'aider.
— Oui, j'ai du fromage, rit Carlos.
Il me tendit un sac mais Lucius, qui s'était levé, le prit avant moi, en sortit le fromage qu'il me tendit puis aida Carlos en lui prenant deux autres sacs qu'il alla déposer en cuisine. Je me réinstallai et commençai à manger, ce truc étant vraiment délicieux. Lucius revint avec une cuillère et reposa sa main sur mon ventre, discrètement. Mais je m'en fichais, j'avais faim.
— Sinon, comment ca va vous ? demandai-je quelques minutes plus tard, tout en raclant le pot.
Je redressai la tête et vis que tout le monde me regardait bizarrement. Johanna blanchit avant de se lever de table et Carlos la suivit.
— Il se passe quelque chose ?
Je regardai Lucius, mais il haussa les épaules, détournant ensuite le regard. Okay... que se passait-il ?!
— Charlie, fit Fred avec une grimace, tu viens de...
— Finir ce truc, continua George en montrant le pot de fromage blanc. A la cuillère.
— Ouais, et alors ? J'en ai sur le visage ?
Je me frottai mais ils secouèrent la tête.
— Non Charlie, me fit maman avec un sourire. C'est juste... surprenant c'est tout.
— Et il faudra demander à Carlos d'en acheter définitivement plus, ajouta Lucius en caressant doucement mon ventre de son pouce.
— Hermione c'était le concombre. Alors, ça semble pas mal, mais le matin trempé dans le café et le soir en dessert couvert de chocolat, ça peut remuer les estomacs sensibles. Je pense que ta collègue n'a juste pas supporté, ajouta Ron.
— C'est juste du fromage blanc. Très bon, d'ailleurs.
Je ne voyais pas le problème. Bon, il était vrai que je n'avais encore jamais vu quelqu'un en manger avec une cuillère, mais ce n'était pas si dégoûtant, si ?
— C'était 500 grammes de fromage blanc à la petite cuillère en moins de cinq minutes, rétorqua Fred.
— Je suis certain que tu as battu un record quelque part, ajouta George.
— Oh...
Je repoussai le pot vide, le fusillant du regard. Je terminai ensuite mon chocolat plus si chaud que ça.
— Tu aurais pu me le dire, marmonnai-je ensuite envers Lucius. Je dois éviter que les autres remarquent ce genre de choses.
— Je ne vais pas t'empêcher de manger Charlie. Tu as toujours été lunatique de toute façon, ça ne les surprendra pas longtemps.
— Pas faux.
Le silence s'installa et Johanna revint quelques minutes plus tard.
— Je vais en ville pour acheter quelques potions. A tout à l'heure.
Elle quitta la pièce. Je me levai et allai en cuisine, afin de laver ma tasse. Maman m'y rejoignit et me dit :
— J'aimerais avoir une conversation avec toi quand tu auras le temps. D'accord mon chéri ?
— Je n'ai pas le choix de toute façon, tu vas me harceler jusqu'à ce que j'accepte, ris-je. Maintenant ?
— Et bien oui, si tu le peux. Pourrions-nous aller ailleurs ?
— Il ne pleut pas, on peut aller dehors si tu veux, lui proposai-je.
Si elle ne voulait pas en parler ici, c'était que cela devait être important.
— Bien sûr, pourquoi pas.
— Je finis ça et on y va.
Je me dépêchai de laver la tasse, puis l'essuyai et la rangeai. Nous quittâmes la cuisine et je dis aux autres :
— Je dois montrer un truc à maman, on arrive.
Nous sortîmes dehors rapidement et je nous éloignai. Je trouvai ensuite un tronc d'arbre au sol pour qu'elle puisse s'asseoir.
— Que dois-tu me dire ? soufflai-je en m'appuyant sur un arbre face à elle.
— Et bien, j'aimerais discuter avec toi. Je comprends ce que tu vis plus que tu ne le crois.
— Comment ça ? fis-je soudain curieux.
— J'aime tous mes enfants de la même façon, et je vous aime tous énormément, mais... nous ne vous avons pas tous prévu, loin de là. Et je n'ai pas désiré les jumeaux, par exemple. Ton père et moi avions déjà du mal à tenir les deux bouts entre son travail et toi, Bill et Percy. J'ai eu du mal à me faire à l'idée.
Je n'en revenais pas.
— Tu veux dire que... Bordel, je n'arrive pas à y croire maman.
— J'ai eu sept enfants Charlie, tout n'a pas toujours été tout rose. Mais j'ai essayé de penser à eux de la meilleure façon possible, et je leur ai accordé du temps, même quand ils n'étaient que dans mon ventre. Ton père m'a beaucoup aidé également, même s'il travaillait énormément.
Je dus m'asseoir. Je venais de me prendre une massue. Ma maman, la femme qui était parfaite à mes yeux, venait de me dire qu'elle n'avait pas désiré certains d'entre nous.
— Comment... tu as fait ? demandai-je ensuite.
— Je ne m'en suis pas rendue compte tout de suite, que j'étais enceinte j'entends, et ensuite, j'avais rapidement un gros ventre et cela m'avait beaucoup perturbée. Alors je l'ai touché. Je posais mes mains dessus dès que je le pouvais et leur parlais, de tout et de rien. Nous leur avons rapidement trouvé des prénoms également, ça les a rendus plus réel. Et au bout de quelques semaines, j'allais déjà bien mieux et quelques mois plus tard, j'attendais leur arrivée avec impatience.
— Je m'en souviens, murmurai-je. Tu leur parlais. Bill et moi on se moquait de toi à cause de ça. Tu penses que ça changerait quelque chose dans ma situation ? Je vois que ça fait souffrir Lucius mais... je n'y arrive pas. Ce truc est là, en moi, alors que je ne le voulais pas. Il me fait agir bizarrement. Et puis, bordel, je ne me voyais pas être père !
Elle se leva et prit mes mains dans les siennes avant de les poser sur mon ventre doucement.
— Pas un truc Charlie, un bébé. Ton enfant, et celui de Lucius. Je sais que tu ne voulais pas être père mon chéri, mais essaie de voir cela autrement peut-être. Il sera une partie de toi et une partie de Lucius. Et tu l'aimes non ? C'est encore différent parce que Draco est là et tu sais ce que c'est que de côtoyer un « mini Lucius », mais tu n'as pas envie de savoir à quoi il ressemblera ? S'il aura tes yeux ou les siens ? Quel caractère ?
Je ressentis une certaine chaleur suite à ses mots mais répondis :
— Pourquoi imaginer tout ça ? Comment je vais m'en occuper de cet... enfant ? Je ne touche aucun salaire, Lucius est encore coincé ici pendant six ans, je fais un métier dangereux. Et le comble, je n'aime pas les enfants. Enfin, je ne me vois pas en côtoyer un chaque jour. Peu importe la couleur de ses yeux, comment je fais pour le nourrir ? Le protéger ?
— Est-ce que Geoffroy t'a dit quelque chose ? Il sait que tu attends cet enfant, t'a-t-il dit quoi que ce soit à ce sujet ? Et c'est vrai, tu fais un métier dangereux, mais Ron également, et cela ne l'empêche pas d'être heureux avec Rose et Hermione. Lucius sera là pour t'aider, et nous aussi.
— Non, Geoffroy n'a rien dit, réalisai-je.
Y avait-il seulement pensé ?
— Il m'a l'air d'être quelqu'un de sérieux, s'il voyait un problème quant à l'arrivée de cet enfant, je pense qu'il te l'aurait dit, non ? Et il sait parfaitement que Lucius est coincé ici pendant encore plusieurs années.
J'ouvris et refermai la bouche, ne sachant plus quoi répondre ni argumenter.
— Je comprends que c'est difficile pour l'instant. Encore plus parce que tu es un garçon et ce n'est certainement pas quelque chose à laquelle tu t'attendais. Mais c'est là maintenant, et crois-moi, tu te rendras vite compte à quel point c'est merveilleux. En plus, tu peux demander ce que tu veux, Lucius se trainera probablement à tes pieds. Ton père était aux petits soins avec moi quand je vous attendais, et toi et tes frères l'étiez également quand j'attendais Ron puis ensuite Ginny.
— C'est bien vrai ça. Mais sans te mentir maman, je ne pense pas pouvoir l'accepter comme Lucius. Au pire, je pourrais tolérer l'avoir dans mes pattes, mais...
Je me tus, en voyant ses yeux choqués.
— Chéri. Je suis sûre que tu l'aimeras rapidement. Mais si ce n'est pas le cas... tu ne peux pas juste tolérer l'avoir dans tes pattes. Tu feras quoi ensuite, tu lui expliqueras que tu ne l'aimes pas mais que tu l'as toléré parce que tu aimais son autre père ?
— Non... je...
Ouais Charlie, tu quoi ? Bordel, Lucius avait raison en fin de compte, cette solution était impossible. Ce qui faisait que j'allais soit le rendre très malheureux, soit le perdre. Je ne voulais pas le perdre pour ça. Pour ce truc que nous n'avions pas prévu, imaginé ou même envisagé. Cette chose qui nous était tombée dessus.
— Je ne veux pas le perdre maman. Surtout pour ça. Pourquoi nous ne pouvons pas juste être heureux sans merde autour ? Quand ce n'est pas Azkaban, c'est sa peine qui est rallongée et maintenant ça !
— Je comprends que ce soit difficile pour toi Charlie. Et je suis certaine qu'il ne veut pas te perdre non plus. Vous aviez l'air bien, ce matin.
— C'est quoi tes trucs pour accepter... le... fœtus ? l'interrogeai-je.
Si j'avais un moyen de garder Lucius avec moi, heureux, j'allais tout faire pour y arriver.
— Fœtus est bien mieux que truc, mais essaie ensuite de dire bébé, parce que c'est ainsi qu'il sera quand il naîtra. Parle-lui. Touche-le.
Elle posa mes mains correctement sur mon ventre puis posa les siennes sur mon visage, fermant ensuite mes paupières à l'aide de ses pouces.
— Imagine-le. Un petit garçon ou une petite fille, ou les deux. Les cheveux roux ou blonds et les yeux noisette ou gris. Pense à lui en quelque chose de bien, de bon. Réfléchis à un prénom. Et si tu n'arrives pas tout de suite à faire ces choses, demande à Lucius de les faire pour toi, au moins au début.
— Okay, murmurai-je.
Comment lui dire que je voyais juste du noir. Rien que du noir ? J'avais réellement un problème, si même ça, c'était hors de portée.
POV Lucius
Je sortis de la réserve, Geoffroy à mes côtés, et nous nous posâmes après avoir refermé le portail. Les Dragons se comportaient toujours de la même façon, si ce n'est qu'ils se battaient et se disputaient nettement moins qu'avant. Je ne comprenais toujours pas pourquoi ils avaient choisi Charlie et avaient insufflé leur magie en lui.
Qu'est-ce que cela allait leur apporter ?
Parce que j'étais certain que cela allait leur donner quelque chose. Je me refusais à penser que le bébé pouvait avoir des airs de Dragons, surtout que le médicomage l'aurait vu, mais tout de même.
Geoffroy regagna la salle à manger alors que je rejoignais la tente que les Weasley avaient installée dans la journée. Ils nous avaient invités, Charlie et moi, à venir manger et ce dernier avait accepté, étonnamment. Je savais qu'il avait longuement discuté avec sa mère le matin même et cela semblait à la fois lui avoir fait du bien et l'avoir perturbé. J'avais remarqué les regards qu'il m'avait lancé, ainsi qu'à son ventre, plusieurs fois au cours de la journée.
Molly m'accueillit chaleureusement et j'allai m'asseoir aux côtés de Charlie, posant rapidement la main d'abord sur sa cuisse, puis quelque peu sur son ventre avant de la remettre sur sa cuisse. Certes, j'aimais vraiment beaucoup toucher son ventre, trop même probablement, mais c'était aussi pour lui faire réaliser qu'il y avait quelque chose à l'intérieur qui ne lui voulait pas de mal et dont on devait prendre soin. Cependant, je me refusais à en oublier Charlie. Il portait peut-être l'enfant, mais il était toujours l'homme que j'aimais et que j'avais une fâcheuse tendance à vouloir toucher constamment.
Molly orienta les discussions sur des sujets simples et agréables au cours du dîner et je l'en remerciai intérieurement. Elle devait d'ailleurs en avoir discuté avec sa famille parce que ni les jumeaux, ni Arthur, ni Ron ne dirent rien. Je comprenais l'agacement de ce dernier quand Charlie avait appelé sa fille Pivoine.
Par Merlin, quel prénom ridicule en plus.
Charlie mangea un peu de viande et de légumes mais ne finit pas sa première assiette, ce qui était rare quand il s'agissait de la cuisine de sa mère. Cependant, je remarquai qu'il mangea une fois de plus beaucoup de fromage et but au moins trois tasses de chocolat chaud au cours du repas.
Nous quittâmes la tente des Weasley après deux bonnes heures et nous regagnâmes notre chambre. Je proposai à Charlie de prendre un bain avec moi et il accepta. Nous allâmes donc dans la salle de bains que nous utilisions habituellement et me déshabillai après avoir ouvert le robinet et versé un peu de savon dans l'eau qui commença rapidement à mousser. Je me glissai ensuite dans la baignoire et fermai le robinet, observant attentivement Charlie finir de se déshabiller. Une fois qu'il eut terminé, je l'attirai contre moi, collant son dos contre mon torse et entourant sa taille de mes bras, puis je posai le menton sur son épaule. J'embrassai son cou et soufflai :
— Tu as passé une bonne journée ?
— Agréable. Et toi ?
— J'aurais préféré la passer au lit, enroulé autour de toi, mais ça a été.
— L'idée est tentante, mais je suis un peu... chamboulé. Je n'ai pas la tête à ça ce soir. Et puis, mon cul est encore un peu douloureux, rit-il.
— Hm, ne m'en parle pas, grognai-je.
Le réveil avait été douloureux et la moitié de la journée également, surtout la montée sur le balai. Mais la nuit que l'on avait passée en avait définitivement valu la peine.
— Pourquoi es-tu chamboulé ? Tu veux m'en parler ?
— Oui, il vaut mieux. C'est maman qui m'a... conseillé. Seulement, je n'y arrive pas. Alors elle m'a dit que tu pourrais le faire au début, enfin... voilà quoi.
Je le sentais tendu contre moi.
— Bien sûr. Faire quoi ?
Je me demandais sincèrement ce que sa mère aurait pu lui conseiller qui le mettrait dans cet état. Cela avait probablement un lien avec le bébé, mais là aussi, je ne voyais pas ce que je pourrais faire.
— Elle dit que je dois me toucher le ventre le plus souvent, lui parler même, et lui trouver un prénom, même le physique. Mais, je ne peux juste pas. Pas maintenant. J'ai essayé de me toucher le ventre plus tôt dans la journée et je me suis juste senti mal à l'aise.
— Pourquoi mal à l'aise ?
— Je ne sais pas exactement. Mais je vais faire des efforts, je te jure. Pour toi, pour nous, pour le fœtus.
— D'accord. Et mais... tu veux que je le fasse ?
— Oui, ça m'aidera peut-être. Parler avec maman m'a ouvert les yeux. J'ai juste besoin de temps. Enfin, j'espère.
— D'accord.
Je glissai mes mains sur son ventre et embrassai son cou, puis laissai mes doigts parcourir sa peau douce, jouant parfois avec son nombril.
— Quoi d'autre ? Lui parler c'est ça ? L'imaginer et lui trouver un prénom... Pour ce dernier point, nous ferons cela plus tard et ensemble, si tu veux bien.
Je n'avais pas d'idée précise et surtout, je voulais faire cela avec lui.
— Hum hum.
Il posa ses mains sur les miennes et laissa sa tête retomber en arrière, la posant de ce fait sur mon épaule. J'appuyai ma joue contre la sienne et fermai les yeux à mon tour en essayant de visualiser l'enfant.
— J'ai beau essayer de toutes mes forces, je n'arrive pas à me l'imaginer autrement que roux. Probablement une déformation visuelle à cause de ta famille, ris-je doucement. Et je vois toujours un garçon. Je ne suis pas certain de ce que je pourrais faire avec une fille, au moins un garçon, ce serait un terrain connu. Surtout si le seul nom de fille dont tu te souviens est Pivoine, plaisantai-je.
— Hahaha, je suis hilare. Je m'en veux déjà assez comme ça. C'est la fille de mon frère. Et roux ? N'as-tu donc aucune imagination ? Limite, je le préfèrerais blond. Sans nul doute possible.
— Je ne veux pas trop qu'il ressemble à Draco. Je veux dire, mon fils est très beau bien sûr, mais je préférerais qu'il te ressemble plus.
Puis, me souvenant que j'étais également censé parler au bébé, je me pinçai les lèvres et repris, incertain :
— Hm... Bébé ? Je suis celui qui ne peut pas enlever mes mains de toi et de ton père, et je te serais très reconnaissant si tu pouvais essayer de lui ressembler. Physiquement du moins parce que je t'en prie, n'ais pas son caractère, je n'y survivrais probablement pas.
Charlie se mit à rire et dit :
— Merlin, de quoi a-t-on l'air là ? C'est complètement débile cette approche. Mais... on doit continuer, n'est-ce pas ? Je veux dire, pour que j'arrive à l'accepter, c'est le seul moyen. Maman l'a fait avec les jumeaux. Elle leur parlait le plus souvent possible, caressant son ventre. Je m'en souviens, même si la raison m'était inconnue.
— On a l'air de deux idiots amoureux, probablement. Mais je commence à m'y faire, ce qui est probablement le plus effrayant.
J'embrassai et mordillai son cou puis me figeai en repensant à ses paroles un peu plus tôt.
— Tu... le préfèrerais blond ? soufflai-je, hésitant et contenant le plus possible l'espoir que je ressentais pour ne pas le laisser transparaître dans le ton de ma voix.
— Autant mettre un peu de blondeur dans la famille de rouquin, non ?
S'il le préférait blond, cela voulait dire qu'il l'imaginait, n'est-ce pas ? D'une manière ou d'une autre. Je sentis un immense sourire étirer mes lèvres alors que je demandais :
— Blond comment ?
— Aucune idée ! Comment veux-tu que je le sache, se renfrogna-t-il.
— Oublie ce que j'ai dit, répliquai-je doucement en contenant ma déception.
Je posai le front sur son épaule et contrôlai ma respiration du mieux possible. Il allait falloir que je sois extrêmement patient, même si ce n'était pas mon fort.
OoOoOoOoO
Trois jours étaient passés depuis notre bain commun et les choses étaient restées les mêmes, dans l'ensemble. Charlie faisait des efforts, je le voyais, mais s'il parlait ou agissait sans réfléchir, il disait encore le truc. Il m'autorisait à lui toucher le ventre mais j'avais arrêté de parler à l'enfant. Il trouvait cela idiot et j'étais à peu près certain que cela ne lui plaisait pas.
Je me retournai dans le lit une fois de plus et retins un soupir. Il était très tard, ou très tôt plutôt, mais je n'arrivais pas à me rendormir. Des pensées parasites tournaient encore et toujours dans mon esprit, m'empêchant de m'endormir rapidement et de dormir correctement.
Je me tournai vers Charlie et l'observai quelques minutes.
Il semblait paisible et les traits de son visage étaient adoucis comme ils ne l'avaient plus été depuis plusieurs semaines. Je repoussai quelque peu les couvertures et le regardai, mes yeux se perdant rapidement sur son ventre. Il était juste un peu arrondi, assez pour remarquer qu'il avait grossi mais pas au point que cela soit flagrant.
Profitant du fait qu'il dorme, je glissai mes doigts sur la peau de son ventre, pensant au petit garçon roux aux yeux gris qui hantait mes rêves. Je ne serai pas déçu s'il s'avérait être une fille, mais je ne pouvais m'empêcher d'y penser comme à un garçon. J'embrassai la joue de Charlie puis déviai dans son cou, inspirant son odeur. Je me redressai le plus doucement possible, ne désirant en aucun cas le réveiller, puis posai mon oreille contre son ventre nu. Je savais que j'étais stupide, parce qu'il n'était encore qu'un petit fœtus, je n'allais ni entendre son cœur battre, ni le sentir mais personne ne me voyait, alors j'en profitais. Je regardai attentivement Charlie, vérifiant qu'il ne s'était pas réveillé, puis murmurai :
— Je ne sais pas exactement ce que tu entends ou comprends de là où tu es, mais ce n'est pas contre toi. Les choses sont juste compliquées.
Il ne me répondit évidemment pas mais je me mordis les lèvres en réalisant tout ce que je voulais lui dire. Charlie ne comprendrait probablement pas s'il me voyait ainsi. Mais j'étais à peu près certain que le bébé entendait des choses. J'avais fait écouter à Narcissa l'un de mes musiciens préféré pendant toute sa grossesse et, peut-être cela n'avait-il aucun lien, mais il était devenu celui de Draco également.
— Charlie est juste perdu, et un peu en colère, repris-je ensuite sans lâcher le visage de ce dernier des yeux. Il ne s'attendait clairement pas à ça.
Et je le comprenais, vraiment. Si j'avais été à sa place, je sais que je n'aurais pas été ravi non plus, loin de là. Mais il m'avait dit que les choses auraient été différentes si nos rôles avaient été inversés et je regrettais presque que cela ne soit pas le cas. Il n'aurait pas eu à vivre tout cela et tout aurait été bien plus simple.
J'embrassai la peau chaude juste en dessous du nombril puis remontai lentement, déposant de doux baisers le long de son torse. Je posai ensuite la tête sur son épaule et entremêlai nos jambes, caressant ses cheveux doucement et fermant les yeux.
OoOoOoOoO
Geoffroy et moi sortîmes de la réserve, revenant de notre tour de garde. Il referma le portail et je ne pus m'empêcher de lui demander :
— Tu vas me surveiller encore longtemps ?
Faire les gardes avec Geoffroy ne me dérangeait pas en soit, mais j'espérais vraiment pouvoir les faire avec Charlie. Je n'en avais évidemment pas parlé à ce dernier, certain qu'il l'aurait mal pris, pensant que je voulais le surveiller.
Certes, il y avait de cela, un peu.
D'accord, beaucoup.
Mais je ne pouvais tout simplement pas m'empêcher d'être inquiet pour lui. Je l'étais déjà avant toute cette histoire et c'était juste pire à présent. Je continuais de me retenir de lui poser des questions ou le l'observer de façon trop soutenue, ou encore d'interférer dans ses activités, mais cela devenait de plus en plus dur. J'avais contraint Narcissa à beaucoup de choses au cours de sa grossesse et même si elle avait fini par céder, n'ayant pas toujours le choix, elle m'en avait beaucoup voulu et pendant longtemps. Sauf que je me fichais bien qu'elle m'en veuille, mais je ne supporterais pas que Charlie le fasse. Surtout qu'il allait hurler, me dire que c'était sa vie et qu'il en faisait ce qu'il en voulait. Et moi j'allais répliquer, impliquer l'enfant dont il ne voulait pas mais qu'il portait quand même et à la fin, il finirait par me frapper comme il l'avait déjà souhaité puis il m'en voudrait.
Ou il me quitterait.
Et aucune de ces deux options n'était envisageable.
— Je ne sais pas encore, répondit-il.
— Une réponse claire de temps en temps, ce serait trop demander ? répliquai-je, bien plus acerbe que je ne l'avais voulu.
— J'ai beaucoup de choses en tête et je ne tiens pas à prendre des risques inutiles. Donc, non.
— Justement, si tu as beaucoup de choses en tête, tu dois être très occupé, beaucoup trop pour continuer d'être sur mon dos. Et il n'y a aucun risque, je sais comment me comporter avec les Dragons.
J'avais appris tous ses foutus livres par cœur et écouté tous ses conseils, que voulait-il de plus ?
— La situation actuelle, leur comportement, n'aident pas. Je préfère rester avec toi. Si cela te déplait, tu sais ce qu'il te reste à faire.
— Non, quoi ?
— Reste au camp et fais le ménage ainsi que la cuisine.
— C'est ça, t'as raison.
Je ne le laissai pas répondre et accélérai le pas. Si je continuai de parler avec lui, j'allais finir par m'énerver.
Je serrai mes poings et montai ranger mon balai et me changer, mes poings se serrant compulsivement. Je faisais tout pour éviter les conflits avec Charlie, ce dernier étant déjà bien assez chamboulé comme cela, mais je commençai sérieusement à être à bout de nerfs. Et j'avais très envie de faire taire Geoffroy.
Ou de le frapper.
Je pensai vaguement le jeter dans la gueule de l'un des Dragons pendant notre prochaine garde, lui montrant ainsi où se trouvaient les risques, mais je secouai la tête que je me passai ensuite sous l'eau fraiche.
J'avais encore quelques minutes avant de rejoindre Charlie et je devais en profiter pour me calmer. Cela faisait près de quatre jours maintenant que les Weasley étaient là et Draco n'était toujours pas arrivé, ce qui commençait à m'agacer prodigieusement. Je n'avais jamais été un grand admirateur du Ministère anglais mais je réalisais à présent que je ne voulais plus avoir affaire à eux, jamais.
J'enfilai un pantalon noir et un t-shirt en lin puis descendis au salon. Ce dernier étant vide, je me dirigeai vers la salle à manger que je trouvais toute aussi vide. Je sortis alors pour rejoindre la tente des Weasley, priant pour que Charlie ait décidé de les rejoindre et non pas d'aller jouer avec les Dragons.
— Je peux entrer ? demandai-je à l'entrée de la tente.
Sauf qu'avant de recevoir une réponse, je me retrouvais avec Draco dans les bras, que je serrai en retour contre moi. Merlin merci, il était là.
Nous nous séparâmes rapidement et je le suivis dans la tente où se trouvaient les Weasley ainsi que Charlie et Harry. Je saluai ce dernier et avisai son air visiblement mécontent. J'allai m'installer aux côtés de Charlie qui était assis sur le canapé.
— Alors ? Ça s'est bien passé ? demanda-t-il.
— Hm. Tu as passé une bonne journée ?
— Ça peut aller, juste un peu mal au dos.
Il posa sa main sur ma cuisse et ajouta :
— Tu as vu, ton fils est arrivé, pas besoin de stresser plus longtemps.
— Je ne stressais pas, répliquai-je vaguement.
J'adressai un léger sourire à Draco qui avait haussé les sourcils puis ajoutai :
— Alors, l'Angleterre a pris la nouvelle comment ?
Aucun doute que la mise en couple du Sauveur du Monde Sorcier avec l'ancien Mangemort Draco Malfoy avait dû faire des remous.
— Mal au départ. Puis, nous sommes limite devenus le couple de l'année. Ça en devient ridicule.
— Ah oui ? fis-je, clairement amusé.
— Oui, nous avons dû faire une interview afin de faire changer d'avis le Ministère. Le bon côté de la chose, c'est que je peux aller partout où ira Harry désormais.
J'acquiesçai vaguement, préférant garder pour moi à quel point j'aimais apprendre cela. Draco ne passerait pas me voir tous les jours, c'était certain, mais au moins, il pourrait accompagner Harry s'il prenait à ce dernier l'envie de rendre visite à Charlie.
— Et donc, repris-je en voyant que personne ne parlait, vous comptez rester combien de temps ?
— Jusqu'à la naissance, sourit Draco. Ginny s'occupe de la boutique en notre absence, vu qu'elle est restée avec Hermione et Rose.
Je ne pus empêcher un sourire d'étirer mes lèvres à cette pensée. Il allait rester ici pendant encore au moins quatre mois. Je sentis la main de Charlie se crisper sur ma cuisse et mon sourire s'évanouit alors que je le regardai, pas certain qu'il apprécie autant que moi la nouvelle. Il prit une grande inspiration et souffla, en regardant tout le monde :
— Si vous pouviez éviter de parler de cette étape. Merci.
Je fermai les yeux une fraction de seconde et me pinçai les lèvres, me retenant de dire ou de même de penser quoi que ce soit. Je sentis le regard de Draco sur moi et je lui souris le plus sincèrement possible avant de fixer mon regard sur mes mains, me concentrant pour m'empêcher de les triturer, ou de penser.
— Je... j'ai besoin de prendre l'air, fit Charlie avant de se lever et de filer dehors.
Magnifique.
J'avais très envie de me lever et le suivre mais je n'en avais tout simplement pas le courage pour l'instant. Il ne voulait de toute façon probablement pas parler avec moi.
Je relevai la tête et croisai les regards des Weasley, décidant que je ne voulais pas discuter avec eux maintenant, ou rester ici dans ce silence inconfortable. Je me levai donc finalement et sortis.
J'avisai Charlie quelques mètres plus loin et hésitai à le rejoindre. Je ne voulais pas qu'on se dispute, mais peut-être avait-il besoin de moi ? Je soupirai et le rejoignis, me plaçant devant lui et soufflant :
— Tu préfères que je m'en aille ?
Je ne savais toujours pas s'il avait seulement fui sa famille ou s'il m'avait fui également, et je préférerai vraiment qu'il me demande de rester, même si je n'y croyais pas trop. Je me rendis alors compte que sa respiration était rapide et ses yeux perdus.
— Reste, juste reste.
Il me sauta dans les bras et me serra de toutes ses forces, posant sa tête sur mon épaule. Je le serrai en retour, confus, et collai mon nez contre son cou, embrassant la peau à portée de mes lèvres et caressant ses cheveux. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour qu'il soit dans cet état ?
— Tout ce sang Lucius. Je ne peux m'enlever cette image de la tête. Je n'ai pas peur des Dragons, mais bordel... le... fœtus me fout la trousse !
— De quel sang est-ce que tu parles ? m'affolai-je en me reculant pour pouvoir l'inspecter.
— Quand il sortira, répondit-il l'émotion dans la voix.
— De... de quoi est-ce que tu parles ? demandai-je en le reprenant dans mes bras. Le médicomage a dit qu'il y aurait à peine du sang. Il va t'ouvrir, récupérer le bébé et te refermer. Pourquoi penses-tu qu'il y en aura ?
— Je ne sais pas. Déjà, quand a-t-il dit ça ? Je n'en ai aucun souvenir !
— A sa dernière visite, répondis-je calmement. Je lui ai demandé comment cela allait se passer et il m'a expliqué.
Je savais qu'il n'était pas très attentif pendant les visites du médicomage, mais je ne pensais tout de même pas qu'il n'écoutait rien.
— Tu es sûr ? Que ce sera simple, que je ne risque pas de mourir par sa faute ?
— Charlie... la grossesse ne sera peut-être pas toute rose, mais je t'ai déjà dit que si ta vie se retrouvait en jeu, tu passais avant lui. Je suis le seul qui ai le droit de te tuer.
— M'en voilà ravi, murmura-t-il.
Il m'embrassa rapidement avant de reposer sa tête contre mon épaule en soufflant :
— Je suis un idiot, hein ?
— Ça t'arrive en effet. Mais tu n'es pas idiot quand tu t'inquiètes pour ta vie, c'est même l'un des rares moments où tu te montres très intelligent, répliquai-je après avoir embrassé sa tempe.
— Allez, on y retourne, avant qu'ils ne rappliquent tous ici.
Je pris sa main dans la mienne et nous repartîmes vers la tente des Weasley tranquillement.
— Il s'est passé quelque chose avant que je ne vous rejoigne ?
Je voulais savoir si certains sujets avaient été abordé ou non.
— Non. Maman a bien essayé de me parler, mais elle n'en a pas eu l'occasion.
— Tu sais de quoi elle veut te parler ?
— Oui, de ses conseils et sûrement voir s'ils fonctionnent.
Je nous arrêtai avant qu'il ne pénètre dans la tente et fis, quelque peu hésitant :
— Et ?
— Et, je ne suis plus totalement contre. Je... ouais, ça pourrait le faire, tant que ça ne change trop rien à maintenant.
— Promis. Je t'aimerais toujours autant et ta famille sera toujours aussi envahissante.
Il rit et me donna un coup d'épaule avant de rentrer dans la tente. Je souris et le suivis. Finalement, ce n'était pas une si mauvaise journée.
Nous espérons que ce sixième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p
Abby and Jes
