Auteur : Abby and Jes
Titre : Bairim
Couple : Lucius/Charlie
Genre : Romance/Drame
Rated : M
Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail et Yanis sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.
Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.
Statut : Finie à l'écriture.
Bêta correctrice : Westyversionfrench
Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.
Périodicité de publication : Un chapitre tous les quinze jours, si on arrive à garder le rythme avec nos cours respectifs -)
Note commune des auteurs : Bonjour à tous ! Nous sommes super contentes de vos reviews et vous remercions pour ces dernières. Sinon, pour en venir à ce chapitre, nous pensons qu'il fera plaisir à certaines d'entre vous et espérons qu'il vous plaira tout autant que nous y avons pris plaisir à l'écrire. Bisous bisous !
Merci à lilywen, honey1607, dobbymcl, holybleu, Guest, paulin54, Typone Lady, Haley Black, yamashita6, Christania, juliana pour leur review.
Partie II
Bairim
Chapitre 7
POV Charlie
La journée avait débuté par des sourires inquiets. Ceux que je devais subir depuis que je perdais du poids. Depuis un mois et demi maintenant, je maigrissais de jour en jour et Geoffroy avait réduit mes gardes. J'étais déjà content qu'il ne les ait tout simplement pas supprimées.
Toujours était-il que j'étais là, de l'autre côté de la barrière, à me prélasser contre Émeraude qui était venu. J'avais sans hésité ouvert le portail et pénétré la réserve, avant de fermer l'entrée.
J'étais dans le salon quand je l'avais entendu foncer contre les portes. C'était mon jour de congé aujourd'hui et vu que Lucius était de garde avec Moliva ainsi qu'Hulrick, Geoffroy l'ayant enfin lâché, je profitais de ce moment.
J'étais allongé de moitié contre son flanc, vu qu'il s'était installé au sol. Je pouvais en plus jouir du temps clément.
Je regardai soudain mes poignets, plus fins. Et mon corps était dans le même état. Il fallait dire que je mangeai peu. Le plus souvent, que des produits laitiers, le reste ne me donnant pas du tout envie. J'avais bien été forcé par Lucius, puis par maman et papa, à manger un bon bout de viande, mais je l'avais juste remis à peine une heure plus tard, en sueur, au dessus de la cuvette des toilettes.
Je fermai les yeux, et grimaçai de nouveau face à cette douleur. Elle était rapide et arrivait quand ça la chantait. Et aucune potion antidouleur ne fonctionnait malheureusement. Je soupirai une fois qu'elle eut disparu et posai ensuite la main sur mon ventre plus gros qu'un mois et demi plus tôt. Je me mis à le caresser, m'obligeant à le faire dès que j'étais seul ou avec Lucius. Quoique dans ces moments-là, je préférais que ce soit lui le fasse. Ça tournait toujours en partie de sexe, même si elles étaient toutes dernièrement lentes et douces, comme si Lucius avait peur de me faire mal.
Je souris à cette idée. Il était touchant et j'avais entendu plusieurs fois, pendant les nuits, qu'il se réveillait pour parler au... bébé et me caresser le ventre. Mais je n'avais pas bougé alors, le laissant faire. C'était amusant comment il expliquait au... bébé, qu'il n'était pas fautif. Comme si ce dernier allait le comprendre et s'en rappeler une fois hors de mon corps.
Je vis une ombre au sol et levai les yeux au ciel pour voir Lucius et les deux autres. Je leur souris et me relevai, caressant ensuite les écailles d'Émeraude avant qu'il ne prenne son envol, évitant les autres toujours dans les airs. Lucius dit quelque chose à Moliva et Hulrick puis me rejoignit, descendant de son balai avant de m'embrasser et de demander :
— Tu n'as pas ton balai ?
— Non, je suis interdit de garde aujourd'hui. Mais je suis juste devant le portail.
— D'accord. Et en effet, merci.
— Pourquoi me dis-tu merci ? demandai-je en me reculant un peu.
Je n'avais rien fait de mal cette fois pourtant.
— Parce que tu es resté près du portail. Et je suis encore plus ravi si tu ne l'as pas fait pour moi.
— Ah... ben, je n'ai pas envie d'être interdit de garde et puis, j'ai un peu mal, donc autant ne pas voler, ce serait risqué.
Il eut une moue embêtée et déposa un baiser sur ma tempe avant de souffler :
— Je te ferais un massage ce soir, en espérant que ça te distraira assez pour que la douleur disparaisse.
— Même si ça ne marche pas, je suis preneur. Bon, je vais y aller.
Je l'embrassai et marchai ensuite jusqu'au portail. Je me rendis alors compte que Lucius me suivait, à pied.
— Il est interdit de se poser Lucius. Remonte en balai.
— Tu es au sol, Charlie.
— Mais je ne suis pas de garde, répliquai-je amusé. Toi si. Allez, on se retrouve dans quelques minutes. Juste pour le principe enfourche ton balai.
— Monte avec moi alors, s'il te plait.
Je soupirai et acceptai, sachant qu'il n'en ferait qu'à sa tête. Je montai avec lui, derrière, le serrant contre moi. Il décolla ensuite et retourna auprès des autres.
— Salut les gars, ris-je.
— Salut Charlie, me dirent-ils en cœur, visiblement amusés.
— Je pensais vraiment que vous alliez finir à pied, fit ensuite Hulrick avec une moue. Je dois encore de l'argent à Moliva à cause de vous.
— Tu n'as qu'à arrêter de parier avec elle, elle gagne presque à chaque fois.
— Elle gagne parce que les gens agissent toujours comme elle dit, répliqua-t-il.
— Oui, intervint Moliva, parce que je suis plus maline que toi.
— Allez, rentrons, murmurai-je à Lucius, la position me fait mal.
Seulement, je dus le murmurer assez fort car Moliva dit, la voix remplie de colère :
— Bon sang Charlie, quand est-ce que tu vas enfin nous dire ce qui ne va pas ?
Je haussai les épaules et Lucius reprit son vol. Il ouvrit le portail et nous fit atterrir devant le bâtiment. Je le pénétrai rapidement, voulant fuir, mais un bras me retint.
— Charlie, s'il te plait, dit Hulrick. Pourquoi refuses-tu de nous en parler ? Tu penses vraiment qu'on va continuer de faire comme si tout allait bien encore longtemps ?
Je regardai Lucius, attendant son avis. De toute manière, même si je perdais du poids, mon ventre lui, commençait à vraiment grossir et je n'arriverais plus à le cacher. Il acquiesça discrètement et me prit ensuite contre lui afin de murmurer à mon oreille :
— Je pense qu'il est temps, non ?!
— Très bien, soufflai-je. Rassemblez tout le monde, je vous attends dans la salle à manger.
Je m'y rendis et tombai sur Ron et maman, qui buvaient un thé.
— Vous êtes là ?
Je pris place et Lucius se posa près de moi, déposant sa main sur mon ventre puis ma cuisse.
— Visiblement, fit mon frère avec un léger sourire.
— Tu préfères qu'on s'en aille mon chéri ? demanda Maman.
— Non non, pas de soucis. Et puis, il fait meilleur ici et c'est plus confortable. Puis vous êtes les bienvenus, surtout vu ce qui va arriver.
Un peu de soutien n'était pas de trop.
— Ce qui va arriver ? répéta Maman visiblement inquiète.
— Je vais leur dire.
Au même moment, Hulrick passa la porte avec Moliva et Carlos, visiblement à peine réveillé. Il ne manquait plus qu'Isaac, Abigail et Johanna, vu que Geoffroy était déjà au courant. Et ce dernier ne m'avait toujours pas parlé du problème bébé, donc je supposai que Maman avait eu raison. Cela ne poserait pas de problème.
Lucius déposa un baiser sur ma tempe et prit ma main dans la sienne alors que Johanna entrait à son tour. Il posa nos mains sur ma cuisse et caressa ma paume de son pouce tandis qu'Isaac et Abigail s'installaient eux aussi. Carlos brisa le silence en disant, tout en regardant les personnes présentes :
— Et donc, quelle est la grande nouvelle pour laquelle vous m'avez réveillé ?
— Tout d'abord, je ne veux ni cris, ni pleurs, ni autres conneries, les prévins-je. Okay ?
J'avais une boule au fond de l'estomac rien qu'à l'idée de leur apprendre. Et je ne voulais vraiment pas qu'ils commencent à me prendre dans leur bras pour me serrer contre eux et me dire « félicitations ».
Bordel, s'ils le faisaient, je n'allai pas être content du tout.
Ils échangèrent un regard incertain mais finirent tous par acquiescer.
— Bon... vous avez tous remarqué que je ne suis pas au meilleur de ma forme.
Ils hochèrent la tête et me fixèrent, attendant visiblement la suite.
— C'est... enfin, le truc c'est que j'attends un... bébé.
J'avais encore plus de mal à le dire qu'à le penser. Putain de merde ! Ils ouvrirent la bouche et la refermèrent, les yeux écarquillés, avant qu'Hulrick ne souffle :
— T'es sérieux ?
— Oui.
Je ne voulais pas lui dire que j'aurais préféré que toute cette histoire ne soit qu'une blague. Je vis mon petit frère me sourire, et je lui rendis. Notre conversation m'avait beaucoup aidé.
Quand il m'avait expliqué les joies d'être père, de tenir son enfant dans les bras, le regarder dormir, lui donner son biberon, le voir sourire. Certes, je n'avais pas eu envie de vivre tout ça dans quelques mois, mais l'idée avait pris une petite place. Et puis, voir mon frère parler avec autant d'étoiles dans les yeux, était un beau cadeau. Je regrettai juste qu'il soit ici, alors qu'il voudrait être auprès des femmes de sa vie, comme il le disait. Mais il m'avait avoué désirer rester ici jusqu'à ce que je veuille mon enfant. Je n'avais pas osé lui dire qu'il risquait de rester ici encore très longtemps.
— Oh Merlin, dit alors Johanna en regardant Lucius, tu avais raison !
— Comment ça, il avait raison ? répliquai-je en regardant Lucius à mon tour.
— Je..., souffla-t-il en se pinçant les lèvres. Avant qu'on ne sache, c'était l'une de mes hypothèses et... j'en avais parlé à Geoffroy et Johanna, espérant qu'ils me diraient que j'avais tort.
— Mais tu avais raison, reprit la gardienne, je n'arrive pas à croire que...
Hulrick, qui était à côté d'elle, attrapa son bras et lui lança un regard sévère, cherchant visiblement à la faire taire.
— Voilà, maintenant vous savez, lançai-je d'une petite voix.
Et j'aurais tant aimé qu'ils oublient. Je pouvais déjà voir le regard d'Isaac posé sur moi, prêt à me poser une question.
— Comment c'est possible ? demanda-t-il d'ailleurs quelques secondes plus tard.
— Vous vous souvenez de ma forte fièvre ?
Ils acquiescèrent tous frénétiquement.
— Les Dragons m'ont fait quelque chose, quelque chose que mon corps a eu du mal à accepter. Puis, quand je suis rentré, et que j'ai couché avec Lucius, cette chose étrangère a créé... un bébé, finis-je en grimaçant.
— Et c'est... une bonne nouvelle ? fit Carlos avec hésitation en nous regardant Lucius et moi. Ou pas ?
Je serrai les mains et entendis Lucius retenir son souffle.
— J'ai eu du mal, mais je pense que maintenant, ce n'est plus négatif.
— D'accord..., souffla Carlos.
— Et, intervint Moliva, ça va se passer comment ? Je veux dire, t'as déjà perdu pas mal de poids. C'est l'inverse normalement non ?
Je haussai les épaules et dis :
— Le médicomage affirme que ce n'est pas trop inquiétant, jusqu'à un certain point. Pour le moment, ça va.
— Et la naissance est prévue pour quand ? demanda Abigail.
— Selon l'évolution du... bébé, le... la fin est pour dans deux mois.
Je me sentais de plus en plus mal, déjà parce que je ne n'aimais pas parler de ça, autre qu'avec Lucius, mais mon dos me lançait de plus en plus. Sauf que je ne voulais inquiéter personne, surtout le blond tendu à mes côtés.
— Et ensuite ? me questionna Hulrick.
— Quoi ensuite ?
— Vous allez partir ? Continuer de travailler dans la réserve ? Il va rester avec nous ou...?
— Je ne sais pas, Geoffroy n'a encore rien dit, bien que je désire continuer mon boulot ici. Et puis, Lucius doit encore terminer sa peine.
Ce dernier se détendit légèrement et passa sa main sous mon t-shirt pour caresser le bas de mon dos doucement. Johanna nous observa attentivement et ouvrit la bouche à deux reprises mais la referma aussitôt, hésitant visiblement à parler.
— Lâche le morceau, grognai-je.
— Je me disais simplement... si le bébé arrive dans deux mois et que vous restez ici, il va falloir lui trouver une chambre non ?! Et tout plein de trucs pour bébé.
— Très bien, discussion finie, dis-je en me levant et quittant la pièce.
J'allai m'installer au salon et croisai Harry, Draco ainsi que Fred qui rentraient de leur balade en ville. Mon frère me sourit et dit, tout joyeux en me présentant un sac plastique :
— On t'a ramené du fromage. Il y a deux kilos, tu devrais pouvoir tenir jusqu'à demain avec ça non ? me taquina-t-il.
— Merci, fis-je en prenant le paquet. Tu peux me rapporter une cuillère, ajoutai-je en allant m'installer sur le canapé en face de la fenêtre.
— Sûr, mon prince, fit-il avec une légère courbette avant de partir en riant.
Harry et Draco prirent place sur un des fauteuils et me regardèrent. J'allai leur demander ce qu'ils avaient, mais Lucius entra et s'assit près de moi, la mine inquiète.
— Je vais bien, mentis-je.
Ce que Johanna avait dit m'avait juste effrayé, mais en plus, j'avais toujours cette satanée douleur dans le bas de mon dos. Lucius m'observa attentivement quelques secondes, me détaillant, puis eut une moue dubitative et posa la main sur ma cuisse. Fred revint à ce moment là et me tendit la cuillère. Je remarquai que les autres avaient suivi. Je commençai à manger, désirant que la conversation s'arrête là, mais Moliva en décida autrement :
— Tu sais Charlie, ce n'est pas parce que tu fuis tes problèmes qu'ils vont disparaître.
— Je sais, grognai-je.
J'espérai qu'elle allait comprendre, mais encore une fois, la chance n'était pas avec moi, car elle s'assit sur le bord de la table et me dit :
— Parfait. Alors on a pensé, ce serait sûrement mieux que vous preniez les deux chambres en bas qui ne servent pour l'instant à personne. Elles sont mitoyennes, comme ça le bébé sera à côté de vous. Et puis, vous n'aurez pas à monter les escaliers tout le temps.
Je serrai les mâchoires, posant le fromage sur la table avant de répliquer, la voix remplie de haine :
— Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans « je ne veux pas en parler » ?! Quand quelqu'un prend la fuite, pourquoi il faut toujours des connards pour revenir à la charge ? Je ne voulais pas de ce putain de bébé et je me fais à peine à l'idée qu'il sera là, dans deux mois. Que je vais devoir le voir chaque putain de jour. Alors, non ! Non, je ne changerai pas de chambre, non, je ne vais pas penser à acheter des foutus biberons et non, bordel de merde, je ne veux pas en parler ! Est-ce clair ?!
Je ne m'étais pas rendu compte que je m'étais levé pendant ma tirade et maintenant, j'avais juste envie de hurler. Voire de pleurer. Oh que oui, là, j'avais envie de chialer comme une merde. Ils semblèrent tous extrêmement surpris et Moliva n'attendit pas plus de quelques secondes avant de sortir en soufflant :
— Comme tu voudras !
Mes yeux s'embuèrent de larmes, ne pouvant plus les retenir, et je me rassis, me blottissant contre Lucius tout en soufflant, la voix enrouée :
— Foutez le camp !
Les autres gardiens se jetèrent des regards indécis et sortirent sans demander leur reste.
— Vous aussi, murmurai-je. Vous aussi.
Ma mère sembla peinée mais elle sortit avec Fred. Harry, Ron et Draco semblaient agacés et les deux premiers partirent assez rapidement également mais Draco observa son père quelques secondes avant de se pencher et de lui murmurer quelque chose à l'oreille que je ne pus entendre.
— Vas-y, lui répondit Lucius avec un signe de tête vers la porte.
Draco me lança un regard sombre puis partit finalement à son tour. Le silence s'installa et j'en étais heureux. Lucius était avec moi et c'était tout ce qui comptait. Je pris sa main que je posai sur mon ventre et repris mon pot de fromage avec ma cuillère.
Je me réinstallai ensuite contre lui, mangeant. Sa main était encore figée, mais j'étais sûr qu'il allait commencer rapidement à me caresser. Seulement, il n'en fit rien et après quelques minutes, je ne pus plus attendre et demandai :
— Qu'est-ce qu'il y a ?
Il haussa les épaules, son regard fixé droit devant lui.
— Comme tu veux, soufflai-je.
Je me détachai de lui et m'allongeai de moitié contre l'accoudoir, regardant dehors, tout en continuant de vider le pot de fromage. Ce dernier était toujours autant délicieux.
Je vis Lucius me regarder quelques secondes, les yeux indéchiffrables, puis il posa les coudes sur ses genoux. Il se prit la tête entre les mains, se massant les tempes, inspirant puis expirant profondément.
— Je n'ai pas dit que je ne le voulais pas, fis-je en léchant ma cuillère.
— Non non, juste que tu allais devoir le voir chaque putain de jour et que ça te faisait déjà chier rien que d'y penser... Oublie, parlons d'autre chose.
Il secoua la tête doucement puis ajouta, à peine audible :
— Ce n'est pas grave.
— Si c'est grave. Arrête de dire le contraire. Je suis un salaud, un monstre de ne pas pouvoir aimer mon enfant. Je fais des efforts, vraiment. Mais j'ai encore du mal. Seulement arrête de mentir Lucius. Dis-le-moi, dis-moi vraiment de ce que tu penses de moi !
— Je ne pense rien de toi, rien de mal du moins. Tu n'es pas un monstre et tu as le droit d'aimer ou de désirer qui tu veux. C'est moi le fautif dans cette histoire, parce que je ne sais pas me contenter de ce que j'ai. Je t'aime tellement et tu es ce qui m'est arrivé de mieux dans ma vie, Draco mis à part, mais je veux encore quelque chose de plus.
— Tu le veux, soufflai-je. Pourquoi, moi, je n'y arrive pas ? Pourquoi ?
— Je ne sais pas. Certaines personnes ne veulent juste pas d'enfants, comme d'autres ne veulent ni maison ni animal. C'est comme ça. Et je vois bien que tu es malheureux, sans compter que tu maigris de plus en plus et... je n'arrive juste pas à trouver de solution qui comblerait tout le monde. J'ai bien pensé à le confier à Draco ou quelqu'un d'autre mais... je n'y arriverai pas. Je suis désolé.
Je ne répondis rien, car il n'y avait rien à répondre, et posai le pot sur la table avant d'ouvrir les bras. Je voulais tellement que tout soit comme avant. Nous étions bien, Lucius n'avait plus autant d'années à faire, je n'étais pas malade et notre couple allait bien. Maintenant j'attendais un bébé, et Lucius était malheureux. Il me rejoignit et se blottit contre moi, collant son visage contre mon cou avant de souffler :
— J'attends depuis deux mois que tu l'acceptes, ou que tu commences seulement mais... tu n'en veux toujours pas, n'est-ce pas ?
— Je suis désolé, tellement désolé.
Je me mis à sangloter, car je lui faisais du mal. Beaucoup même.
Mon corps commença à trembler face à mes pleurs et Lucius me serra contre lui, caressant mon dos. Je pouvais m'entendre pleurer, sans pouvoir me stopper. J'avais honte, je me sentais mal, j'avais mal. J'étais... un monstre, mais je souhaitais tellement me réveiller un matin et ne plus l'attendre, être comme avant. Je souhaitais tant parfois que le médicomage m'apprenne qu'il avait perdu la vie, que tout était rentré dans l'ordre.
J'essayais de convaincre Lucius, mais je ne devais plus me mentir. Je n'en voulais pas. Ni maintenant, ni jamais.
— Tu n'auras pas à le voir si tu ne veux pas, souffla-t-il au bout de quelques secondes. Je ne t'infligerai pas cela.
Je le serrai contre moi, en sachant que si les choses se passaient comme ça, lui... lui allait en souffrir. Pourrais-je continuer de l'aimer en sachant cela ? Ne devrais-je pas m'éloigner de lui et le laisser avec l'enfant ? Allai-je avoir le courage et la force de quitter la réserve le temps que sa peine se finisse ?
Je fermai les yeux, soudain fatigué de tout ça.
POV Lucius
Charlie avait fini par s'endormir contre moi et je me levai discrètement, le prenant ensuite dans mes bras et montant à l'étage. Il avait une petite personne à l'intérieur de lui mais il n'avait jamais été aussi léger. Il se réveilla à moitié mais je lui chuchotai de se rendormir et c'est ce qu'il fit. Je le déposai sur notre lit et lui retirai son pantalon pour qu'il soit plus à l'aise. Je l'observai ensuite attentivement, détaillant ses traits et me gorgeant de sa vue. Il n'en voulait pas, vraiment pas. Mais je ne pouvais pas abandonner cet enfant.
J'embrassai son front et descendis jusqu'au bureau de Geoffroy. Une fois devant la porte, j'inspirai profondément et essayai de recouvrer mon sang-froid. Une fois fait, je tapai à la porte et attendis qu'il m'invite à entrer. Il avait une fois de plus la tête plongée dans des papiers et je m'assis en face de lui, attendant qu'il termine ce qu'il avait commencé.
— Oui ? fit-il sans lever la tête.
— Tout d'abord, je souhaiterais vraiment que tu gardes cela pour toi. J'aimerais que tu poses des questions au Ministère pour moi. Et présente-les comme des hypothèses.
J'étais probablement stupide, mais je gardais tout de même espoir que Charlie finisse par changer d'avis.
— Oh...
Il cessa ce qu'il faisait et me regarda, avant de m'encourager à continuer.
— Je sais que ma peine ne se termine pas avant cinq bonnes années mais je voudrais savoir s'il me serait possible de la terminer ailleurs. Et si oui, Charlie ne sera plus mon gardien, alors est-ce qu'il pourrait me visiter sans que je ne perde les visites de Draco.
Soit je partais avec l'enfant et je devais dire adieu à Charlie, soit, avec un peu de chance et beaucoup de volonté, lui et moi pourrions continuer à être ensemble. Sans cependant habiter au même endroit. Par Merlin, je ne voulais vraiment pas le perdre.
— Oui, je pourrais faire ça, sans problème. Mais... Charlie va devoir signer magiquement la lettre. C'est lui ton gardien, donc, lui qui est responsable de toi. Maintenant, je peux essayer, ils répondront peut-être.
— Je ne veux pas que Charlie soit au courant de ma demande. S'ils ne te répondent pas, tant pis, j'improviserai après la naissance.
Ce qui ne ferait qu'augmenter mon stress et mon envie de disparaître. Mais je devais me rendre à l'évidence, Charlie avait essayé, et cela ne fonctionnait pas. Seulement, je refusais qu'il sache ce que je pensais ou essayais de faire, parce que si leurs réponses étaient négatives... je ne voulais pas lui donner de faux espoirs.
— En parlant de naissance, commença-t-il. Je sais que tout n'est pas encore décidé, mais... il va de soi que vous pouvez rester ici. Le bébé ne sera pas un problème. Et la réserve aura une prime mensuelle pendant deux ans. Je peux t'avouer que je ne cesse d'envoyer des demandes partout.
— C'est gentil, et nous accepterons ta proposition si Charlie décide qu'il veut de cet enfant. Dans le cas contraire...je devrais partir et emmener le bébé avec moi. Ce qui fait que je me demandais, si le Ministère refuse de me laisser partir seulement parce que je le veux, est-ce que tu pourrais me renvoyer sans que je ne retourne à Azkaban ?
Parce que quitter la réserve était en soi très simple. Quitter la réserve libre et avec mon enfant sans finir à Azkaban l'était beaucoup moins.
Geoffroy sembla réfléchir et répondit :
— Je pourrais t'envoyer dans une autre réserve, si je cherche une bonne raison. L'échange d'un Dragon que je compte surveiller avec un de mes gardiens. Tu pourrais être ce dernier. Mais je ne promets rien. Ton Ministère semble ne pas t'aimer. Ils ont déjà rallongé ta peine alors que les circonstances étaient atténuantes.
— Sauf que si je reste, alors Charlie va partir. Et nous savons tous les deux que tu ne veux pas perdre ton meilleur gardien. Puis même, il aime ce métier et les Dragons plus que n'importe qui, définitivement plus que moi. Je ne vais pas lui enlever cela.
— Je comprends, mais si je dois choisir en perdre Charlie et te faire retourner en prison, mon choix est fait. Tu ne mérites plus d'y retourner, tu as assez payé ta dette, quoi que tu aies fait. Il ne l'accepte toujours pas ?
— Non. Et plus le temps passe, moins il y a de chance que cela arrive.
Geoffroy avait raison, Azkaban n'était pas une option. Je repensais à mon fils et me dis que je devais aller lui parler. Si je me retrouvais coincé ici, alors ce serait au bébé de partir. Peut-être le Ministère m'accorderait-il quelques visites supplémentaires de la part de Draco si le bébé était présent avec lui. Je n'arrivais pas à croire que je devais maintenant choisir entre être un compagnon lamentable ou un père déplorable, une fois de plus.
Non, je ne pouvais pas faire cela. Draco était trop jeune pour devoir s'occuper d'un bébé et je ne pouvais tout simplement pas abandonner ce dernier. Alors j'allais être un compagnon lamentable. Hm, je n'allais tout simplement plus être un compagnon. J'avais mal à la gorge ainsi qu'au ventre, une fois de plus. Je n'arrivais tout simplement pas à choisir.
— Nous ne pouvons rien faire malheureusement Lucius. Seul Charlie le peut.
Sauf que Charlie essayait depuis plusieurs semaines et cela ne donnait toujours rien. Et il venait de pleurer dans mes bras pendant un temps qui m'avait paru sembler être une éternité. Je refusais qu'il se mette dans des états comme ça à cause de moi.
Il se voyait déjà comme un monstre parce qu'il n'arrivait pas à aimer ce bébé.
Je n'avais pas voulu de second enfant et Charlie et moi aurions été très heureux sans, mais maintenant que cette chance m'était offerte, je ne cessais de vouloir ce bébé. Je voulais le voir rire et je ne pouvais m'empêcher de l'imaginer le nez collé à la barrière, impatient de rejoindre les Dragons dont son père ne cessait de lui parler. Sauf qu'ensuite, je me souvenais que le père en question ne lui parlerait probablement jamais des Dragons, qu'il ne le connaîtrait même pas. Et ni lui ni moi ne serions à la réserve de toute façon.
Je secouai la tête et me levai.
— Merci, tu pourras me dire ce que cela a donné ?
— Dès que j'ai une réponse, je te la transmets.
Je lui fis un signe de tête et sortis. Je passai me faire un thé et croisai Carlos dans la cuisine qui se faisait des toasts. Je fis bouillir l'eau et en remplis ma tasse puis bus quelque peu, réalisant rapidement que j'avais envie d'autre chose, d'une boisson beaucoup plus forte.
— Tu n'as pas d'alcool, je présume ? soufflai-je à Carlos alors qu'il s'apprêtait à quitter la cuisine.
J'avais vraiment besoin d'un verre. En fait, je voulais boire assez pour oublier que dans moins de deux mois, la vie que j'avais allait tout bonnement s'effondrer comme un château de cartes.
— On a quelques bouteilles.
— Où ?
— L'armoire du dessus, derrière les caisses. Ne vide pas tout.
— Hm.
Il partit et mon regard se dirigea instantanément vers l'armoire en question. Sauf que si je commençai à boire maintenant, je ne serais plus en état de discuter convenablement avec Draco, et je voulais tout de même lui parler. Je finis mon thé et me promis intérieurement de repasser par là le soir même avant de rejoindre la tente des Weasley. J'avisai Draco en train de discuter avec Harry et Ron dans un coin, et je les rejoignis avant de demander à mon fils s'il accepterait de marcher quelque peu avec moi. Certes, il faisait peut-être un peu froid pour une promenade mais tout ce que je voulais, c'était lui parler. Même si nous finissions par le faire dans l'infirmerie.
— Oui oui, pas de problème.
Nous sortîmes et croisâmes Molly qui me demanda comment allait son fils. Je haussai les épaules et lui dis qu'il dormait avant de rejoindre Draco et de lui demander :
— Tu n'as pas trop froid ?
— Non c'est bon, je me suis lancé un sortilège de chaleur. Charlie le fait souvent et j'ai trouvé que c'était une bonne idée.
— En effet.
Je préférais pour ma part profiter du froid et de l'effet apaisant qu'il avait sur moi. Je repensais à ce que je voulais demander à mon fils et n'attendis pas plus pour le faire :
— Toi et Harry n'allez pas avoir de problèmes à être aussi longtemps loin de l'Angleterre. Je sais que tu m'as dit que vous aviez tout pris en charge quand vous êtes arrivés, mais tout de même. Il n'a pas des cours à suivre et toi ton magasin à tenir ?
— Non. Je... Harry a arrêté les cours, nous tenons le magasin ensemble et il s'occupe de diverses choses à côté. Enfin, il aide quelques associations. Le magasin est tenu par Ginny le temps que nous restons ici. De toute manière, avec Harry, l'argent n'est pas un problème. Sais-tu qu'en plus de la fortune des Potter, il a aussi hérité de celles des Black ? Il est plus riche que nous ne l'avons jamais été. Et nous étions riches... avant la guerre et l'autre abruti de mégalomane à tête de serpent.
— Ah... tant mieux, je suis content pour toi.
Au moins mon fils n'allait pas se retrouver dans le besoin. Ce qui était vraiment une aubaine parce que je n'aurais jamais été capable de l'aider même s'il en avait vraiment eu besoin. J'étais pour ma part plus pauvre que les Malfoy ne l'avaient jamais été.
— Était-ce de ça dont tu voulais me parler ?
— Je voulais juste passer un peu de temps avec toi. Et te demander d'être plus indulgent avec Charlie, aussi, s'il te plait.
— Je sais, mais c'est dur. Tu entends comment il en parle ?! C'est mon petit frère ou ma petite sœur. C'est son propre enfant.
— Il ne voit pas les choses de cette façon. Il ne le considère pas comme son enfant. Si toi et Harry vous retrouviez tout à coup dans cette situation, vous ne réagiriez peut-être pas bien non plus, non ?!
J'avais décidé de ne pas confier mon enfant à Draco, parce qu'il n'était pas de sa responsabilité de s'en occuper, mais je ne perdais rien à tâter le terrain, au cas où tout ne se passerait pas comme je l'avais prévu. Ou encore au cas où je me retrouverais finalement à Azkaban.
— Tu plaisantes ? Merlin, on verrait ça comme un miracle. Harry est juste fou des enfants, tu le verrais les fois où il voit son filleul, Teddy. D'ailleurs, Andromeda, la sœur de maman, lui laisse si peu souvent. Ça le déchire complètement.
— Alors... cela ne serait pas un poids pour vous si vous deviez vous occupez de cet enfant ?
— Non, bien sûr que non. Mais... attends, comment ça « si nous devions nous occuper de cet enfant » ? Est-ce... ce qu'il va se passer ?
— Non. Je ne vais pas te mentir, je l'ai envisagé. Mais j'ai décidé de faire mieux cette fois-ci, pas pire. Et je sais que cet enfant serait plus heureux que jamais avec vous mais... je suppose que je suis un peu égoïste, je veux être son père. Cependant, je suis tout de même rassuré de savoir que je peux compter sur vous pour vous en occuper s'il devait... m'arriver quelque chose.
— Bien évidemment. Il n'a jamais été question du contraire papa et tu seras un bon père pour lui, comme tu l'es pour moi.
— J'espère. Je n'ai pas très envie de le faire tout seul cependant. J'en demande définitivement trop n'est-ce pas ? Je veux ce bébé, Charlie et toi. Je vous veux tous les trois avec moi et heureux.
— Il changera peut-être d'avis après la naissance, en le voyant. Harry dit que parfois ça se passe comme ça du côté moldu... pour les mamans s'entend.
— S'il te plait Draco, n'évoque jamais en présence de Charlie qu'il est la mère. Il ne le supportera pas. Mais j'espère aussi, vraiment.
Je n'attendais qu'une chose ces dernières semaines, qu'il accepte enfin le bébé et que nous puissions profiter de cela tous les deux.
— Non, il n'est pas une mère. Il le sait, n'est-ce pas ? Est-ce cela le problème ? demanda-t-il en posant sa main sur mon épaule.
— En partie au moins. Il m'a dit que si j'avais porté le bébé les choses auraient été différentes...
— Je veux que tu sois heureux. Je suis là, si tu as besoin de parler de certaines choses. Je sais que tu es mon père, mais je peux aussi être une oreille attentive.
— Je sais Draco. Mais...
Je m'interrompis, pas certain de ce que j'aurais de toute façon pu dire, et l'attirai contre moi, le serrant fortement.
— Tu pourrais me rendre un service ? lui demandai-je ensuite en sentant la boule dans ma gorge se resserrer.
— Oui.
— Soit heureux avec moi cinq minutes. Faisons comme si l'arrivée de ce bébé n'était rien d'autre qu'une bonne nouvelle, d'accord ?!
A chaque fois que j'étais heureux à propos de cela, Charlie disait ou faisait quelque chose qui... gâchait tout. Je ne pensais pas qu'il le faisait particulièrement exprès, mais il le faisait quand même.
Draco me reprit dans ses bras et me serra fortement avant de crier et sauter :
— Tu vas avoir un bébé ! Nom de Merlin, on va avoir un nouveau petit Malfoy !
Je ne pus que rire en le voyant ainsi. Je me mordis la lèvre et secouai la tête, faussement dépité. Je pus presque sentir sa joie s'infiltrer en moi et je le remerciai silencieusement alors que nous continuions de divaguer sur l'arrivée prochaine de l'un des êtres qui serait, j'en étais certain, exceptionnel.
OoOoOoOoO
Trois semaines étaient passées depuis que Charlie avait annoncé la nouvelle aux autres gardiens et la situation n'avait fait qu'empirer depuis. Non seulement il avait énormément maigri mais en plus, les douleurs devenaient parfois insoutenables, autant pour lui que pour moi.
Je jetai un œil par la fenêtre et me levai pour fermer les rideaux en réalisant qu'ils étaient ouverts. Geoffroy lui avait interdit une dizaine de jours plus tôt de faire ses gardes et depuis quelques jours, il ne pouvait plus entrer dans la réserve seul. Chose qui me rassurait grandement. Je retournai me coucher et posai ma tête à côté de la sienne sur l'oreiller ainsi que ma main sur son cœur, puis fermai les yeux. Il allait falloir que nous trouvions un moyen pour le faire manger plus. Il n'arrivait plus à avaler que des produits laitiers mais c'était loin de représenter un repas équilibré. Quand il avait légèrement mal, des massages suffisaient parfois à le calmer mais quand les crises étaient vraiment intenses, il n'y avait rien pour le soulager. Et les potions antidouleur étaient douloureusement inefficaces. Un bain chaud l'avait quelque peu aidé trois jours plus tôt, mais ce n'était toujours pas suffisant.
Alors que le sommeil commençait à m'emporter de nouveau, je sentis Charlie s'agiter de plus en plus à mes côtés. Je rouvris les yeux et posai ma jambe doucement au-dessus des siennes pour qu'il ne se blesse pas en bougeant trop et lui caressai les cheveux tout en lui murmurant de se réveiller. Il s'agita encore quelques secondes, le corps gesticulant, son ventre plus que proéminent suivant ses mouvements. Il ouvrit enfin les yeux et souffla :
— Je... c'était quoi ça ?!
— Ce serait plutôt à moi de te poser cette question.
Je posai mes lèvres sur les siennes doucement et glissai ma main sur son ventre que je caressai du bout des doigts.
— Je... j'ai rêvé. C'était étrange. Un autre temps.
— Que s'y passait-il ? lui demandai-je en retirant ma jambe de sur les siennes.
— Un homme dirigeait les Dragons, dans un royaume. Beaucoup de Dragons, vraiment beaucoup. C'était... cela semblait si réel.
Je le sentis frissonner et me rapprochai de lui tout en remettant convenablement les couvertures sur nous.
— Il était mignon ? lui demandai-je avec un sourire.
Il semblait vraiment chamboulé par son rêve et je voulais lui changer les idées rapidement pour qu'il puisse se rendormir. Les crises de douleurs étaient très rares pendant qu'il dormait, et il devait se reposer.
— Je ne sais pas. Il était... grand, avec des cheveux noirs, comme un corbeau. Des habits que je n'ai jamais vus. Ils semblaient très anciens. Et la plupart des Dragons étaient eux aussi inconnus.
— C'était juste un rêve. Émeraude a dû trouver un moyen pour que tu puisses être avec des Dragons même sans pouvoir les rejoindre.
— C'est sûrement ça, souffla-t-il d'une voix fatiguée. Dis... tu veux bien me rendre un service ?
— Tout ce que tu veux, répondis-je honnêtement.
— Alors, tu veux bien aller chercher du fromage et une bonne tasse de lait chaud ?
— Pas de chocolat ? questionnai-je en me levant et enfilant mon pantalon.
— Non, ça me donne mal au ventre.
Je déposai un baiser sur son front puis descendis à la cuisine. Je sortis un pot de fromage et une cuillère puis fis chauffer le lait rapidement. Je vérifiai ensuite qu'il n'était pas trop chaud puis remontai à l'étage. J'ouvris la porte plus ou moins facilement et rejoignis Charlie. Mes lèvres s'étirèrent en un doux sourire alors que je réalisai qu'il s'était rendormi. Je lançai un sort de conservation sur le lait et le fromage, et un autre pour que le premier reste chaud et le second frais. Je les posai sur sa table de nuit puis retirai mon pantalon pour me glisser à nouveau dans le lit. J'embrassai Charlie sur la joue et replaçai ma main sur son cœur, rassuré de le sentir battre en rythme sous ma paume. Je fermai les yeux et me laissai entrainer à mon tour par le sommeil.
POV Charlie
Cela faisait dix jours que je faisais le même genre de rêves. Un homme ou une femme dirigeant les Dragons.
De magnifiques Dragons.
C'était une autre époque, parce que... je ne reconnaissais rien. Ni habits, ni style de vie. Et il y avait des champs à pertes de vue avec de grands châteaux comme Poudlard.
Je regardai la pluie tomber, du salon.
Bairim.
Ce mot résonnait en moi. Deux hommes dont j'avais rêvé s'appelaient ainsi. J'avais alors cherché dans la bibliothèque la signification, mais je n'avais absolument rien trouvé.
Mon frère arriva et je fus heureux de le voir, mais cela n'avait aucun rapport avec le verre de lait qu'il tenait. Je le pris et il s'assit près de moi, regardant lui aussi la pluie. Ron était rentré chez lui quelques jours pour voir sa fille avant de revenir. Quand allait-il comprendre que je n'y arriverais jamais.
Même toucher mon ventre, depuis qu'il avait pris du volume, je n'étais plus capable de le faire. J'étais juste... impuissant. Et l'attente était longue. Ne pas travailler, ne pas voler, rester ici, à ne rien faire… Tout ça était fatiguant. Sans oublier les crises de douleurs. Il m'arrivait d'hurler, tellement certaines pouvaient être horribles.
— Tout le monde va bien ? demandai-je.
Il était revenu la veille, et je n'avais pas encore posé la question.
— Oui oui, Hermione est un peu fatiguée mais ça va. Rose grandit tellement vite, si tu voyais.
— Hm. Elle a quel âge ? me forçai-je à demander.
Même ça, je n'en avais rien à foutre. J'étais juste un connard qui ne méritait pas les gens qui m'aimaient.
— Six mois. J'ai l'impression qu'elle est deux fois plus grande à chaque fois que je la vois.
— Bien, c'est bien.
Que devais-je répondre à cela ?
Je bus une gorgée de mon lait, avant de le reposer sur la table.
— Personnellement, je préfèrerais qu'elle reste un bébé.
— Pourquoi ? Ça bave, ça pleure, ça fait caca dans un lange, c'est chiant et ça prends tout ton temps. Ne devrais-tu pas souhaiter qu'elle grandisse plus vite ?
— Charlie..., soupira Ron. Elle fait aussi des bruits très amusants, et m'adresse les sourires les plus éblouissants que je n'ai jamais vus. Et son rire est le son le plus agréable au monde.
— Mouais, je ne suis pas convaincu. Mais bon, c'est moi qui ait un souci, donc...
Je haussai les épaules et criai sous une vague de douleur. Je me pliai autant que je le pus, grinçant des dents tout en serrant les points, les larmes brouillant ma vue.
— Bordel, sifflai-je.
Ron jura et passa un bras autour de mes épaules pour essayer de me soutenir. Cela dura une bonne dizaine de minutes et je me m'écroulais ensuite contre lui, à bout de forces. J'avais l'impression de recevoir des coups de poignard dans le bas du dos, de plus en plus forts, de plus en plus rapprochés. Et mon ventre énorme d'un côté, ne me rendait pas la tâche facile. Je ne pouvais juste pas me rouler en boule. C'était limite si je pouvais encore pisser seul ! Je repris une respiration normal et soufflai :
— Tu vois, je suis puni. La nature se venge.
— Ne dis pas n'importe quoi Charlie. Tu te punis tout seul.
— A ce que je sache, m'énervai-je, ce n'est pas moi qui demande après cette putain de douleur.
— Je ne te parle pas de la douleur, mais plutôt de tout le reste. Je sais que ça craint et que cette douleur doit être insupportable et j'en suis le premier désolé.
— Tout le reste ? répétai-je d'une voix glaciale. Tout le reste !?
— Charlie, calme-toi s'il te plait. Je ne voulais pas t'énerver okay ?!
Je soupirai, n'étant définitivement pas en forme pour me disputer. Je me reculai et m'allongeai, posant les jambes sur ses cuisses.
— Parfois, j'aimerais qu'Émeraude ne m'aie jamais sauvé, murmurai-je en fermant les yeux.
— Charlie...je veux bien faire des efforts mais ce serait gentil que tu en fasses également. Arrête de raconter des conneries.
— Quoi ? C'est vrai. S'il ne m'avait pas sauvé, je ne me serais pas rapproché de lui au point qu'il me fasse ça. Je serais heureux avec Lucius, pas comme maintenant. Il est triste, malheureux. Et l'autre jour, son haleine puait le Whisky Pur Feu. Mon couple part en lambeaux et la seule chose que je pourrais faire, j'en suis simplement incapable. Rien n'a changé, je ne veux toujours pas de ce truc en moi, peu importe que vous me forciez à dire bébé ou enfant. C'est trop dur. Je ne suis pas comme Bill ou toi. Désolé pour ça, mais c'est la stricte vér...
Je me tendis, une nouvelle vague de douleur me noyant. Je respirai de plus en plus difficilement et eu même l'envie de vomir, tellement elle était forte, plus forte que toutes les autres fois jusqu'ici. Je me mordis le poing, avant de crier, me tordant de douleur.
— Bon sang Charlie, je peux faire quelque chose ? Tu es certain que rien n'aide à atténuer ça ? Et lâche ton poing, tu vas te faire mal.
Je le fis, sans discuter et gémis, secouant la tête. Cette dernière tourna et soudain, ce fut le noir complet.
OoOoOoOoO
Je volais, ou plutôt, le Dragon sous moi volait. C'était un Cornelongue, d'après ce que je pouvais en voir.
Nous survolâmes un lac ou un océan avant de nous poser en plein milieu d'un amas de Dragons tous plus magnifiques les uns que les autres.
Il y en avait un jaune orangé, avec des cornes longues, enroulée sur elles-mêmes d'une couleur bleu saphir. C'était tout bonnement magnifique. Sa taille était immense... gigantesque même. Cependant, il s'abaissa, comme s'il saluait quelqu'un.
Je descendis et me posai au sol et remarquai que tous les autres Dragons en faisaient tout autant. Le Cornelongue rugit et tous lancèrent des flammes en direction du ciel.
J'avançai au milieu, et soudain j'entendis des choses dans ma tête, des voix.
Je me sentis secoué et soudain, tout disparu.
Je pus percevoir qu'une main me caressait le visage et qu'une bouche embrassait mon cou. J'ouvris les yeux, qui s'étaient de nouveau fermés, et vis que c'était Lucius qui m'embrassait. Je vis au fond de la pièce Geoffroy accompagné du médicomage.
— Que... qu'est-ce qu'il s'est passé ? marmonnai-je.
— Tu t'es évanoui, souffla Lucius avant de déposer ses lèvres contre les miennes. Et tu m'as fait une peur bleue.
Je hochai la tête et fermai les yeux.
— J'ai soif. Et faim aussi.
— Je vais aller te chercher ça, dit Geoffroy avant de sortir.
Je soulevai mon bras et pris la main de Lucius dans la mienne avant de murmurer :
— Plus forte que les autres, beaucoup plus forte.
— Il n'y a vraiment rien que vous puissiez faire ? demanda Lucius au médicomage. Vous n'allez pas me dire qu'il n'y a rien dans ce foutu monde qui puisse le soulager.
— Rien malheureusement. Dans son état, ce serait mettre en péril l'enfant. Et je ne suis même pas sûr que cela fonctionne. Cela pourrait très bien empirer son état.
— Magnifique, soupira Lucius en enfouissant le nez dans mes cheveux.
Geoffroy revint rapidement avec de quoi manger et boire. Lucius, lui, m'aida à me redresser et j'en fus en colère. Même ça, je n'étais pas capable de le faire seul. Quand j'eus fini, je demandai tout en essayant de me relever :
— Je veux retourner dans la chambre.
— Je vais t'y emmener, fit Lucius doucement. D'accord ?
Je hochai la tête et il m'aida à marcher. Maigre comme j'étais et surtout sans forces, j'eus dû mal à monter les escaliers mais réussis quand même, au bout d'interminables minutes. Lucius m'aida ensuite à m'allonger et je m'endormis rapidement, bercé par les caresses qu'il me prodiguait.
OoOoOoOoO
J'étais dans une sorte d'immense salle, avec des dizaines et des dizaines de personnes.
— Gentes dames, mes seigneurs, vous avez tous étaient conviés en ce jour pour être présent lors de la mise en pouvoir de mon fils et héritier. Bairim III.
Les gens applaudirent et l'homme plus âgé que moi reprit :
— Une aire sombre s'étend sur nos terres, avec l'ennemi venu du sud lointain, leurs bêtes gigantesques et les milliers d'hommes tuent tout sur leur passage. Mon fils est là pour nous aider. Les Dragons, reculés et si rares, sont revenus à nous depuis la mort de feu mon arrière grand-père, Janus Ier du nom. Il est temps de reprendre les terres qui nous appartiennent. Le nouveau maître Dragon, Bairim III.
J'avançai au milieu de la foute et soudain, les portes du fond s'ouvrirent :
« Ton peuple t'attends, jeune maître »
Un Cornelongue s'avançait, dignement, à travers la foule, sans que cette dernière ne panique.
« Nous avons besoin de toi. Les envahisseurs tuent beaucoup d'entre nous. Aide-nous, dirige-nous afin que les Dragons ne disparaissent pas pour l'éternité »
Quand la bête fut devant moi, elle baissa la tête et je grimpai dessus, avant qu'elle ne sorte du château et ne m'emmène vers mon peuple.
OoOoOoOoO
Je sentis la chaleur d'un corps contre le mien et ouvris les yeux.
— Mon amour, soufflai-je.
Je tentai de me tourner sur le côté, mais avec mon ventre, c'était une tâche difficile. J'y arrivai néanmoins et souris, le voyant encore endormi. M'avait-il veillé toute la nuit ? Je glissai mes jambes en travers des siennes et repensai à mon rêve.
J'avais beaucoup de mal à y croire. Mais les armures, les épées, les robes de femmes présentes n'étaient pas des choses que je pouvais imaginer de moi-même.
Et le Cornelongue... il était... juste magnifique et surtout majestueux.
Sans oublier les paroles que j'avais entendues dans ma tête, et celles de l'homme qui m'avait présenté à la foule.
Bairim III
Dans mes rêves précédents, j'avais vu un Bairim, ainsi que le fameux Janus, avec cette rousse nommée Reoka.
Et les Dragons qui avaient une place importante.
Le bébé en moi était-il un Maître Dragon ?
Qu'était-ce ?
Je n'en avais aucune idée, mais les Dragons semblaient vénérer cette personne. Et le Cornelongue était des plus importants. C'était toujours lui qui prenait les personnes importantes dans mes rêves. Toujours cette race qui était saluée par les autres Dragons.
Je repensai soudain aux petites choses que nous avions constatées. Les offrandes surtout. Ces dernières n'étaient peut-être pas dues à des soucis de territoire.
Mais pourquoi moi ?
Je sentis soudain une bouche se coller à la mienne et j'oubliai tout, répondant au baiser. Ce n'étaient après tout que des rêves.
OoOoOoOoO
Je lisais, un énième bouquin ennuyeux. Maman m'avait tenu compagnie la matinée mais je lui avais demandé de me laisser un peu seul, même si maintenant je le regrettai. Je vis soudain Harry passer devant la porte.
— Harry ! l'appelai-je.
Il revint sur ses pas et passa la tête par la porte en me demandant :
— Un problème ?
— Oui, enfin non. Je n'ai plus de lait et je ne me sens pas le courage d'aller m'en chercher.
Il vint récupérer le verre sur la table basse devant moi et me dit, souriant :
— Autre chose pour vous servir, Monsieur le profiteur ?
— Je ne profite pas, ris-je. Et peut-être un peu de glace. Carlos en a acheté hier ou avant hier.
— Si tu profites, mais tu as bien raison. Je vais te chercher ça.
— Merci beau gosse !
Je n'allais pas me faire traiter de profiteur, même si c'était la stricte vérité.
— Ah ah, je dirais aux Malfoy que tu as dit ça, répliqua-t-il avec un clin d'œil avant de sortir de la pièce, mon verre vide à la main.
Il revint quelques minutes plus tard avec un grand verre de lait et un bol de crème glacée. Je me léchai les lèvres et le remerciai, avant qu'il ne disparaisse. Je posai le bol sur mon ventre, seul avantage à toute cette merde et le verre, lui, sur l'appui de fenêtre puis repris ma lecture.
Je mangeai, gémissant de bien-être. J'étais bien là, avec le feu de cheminée allumé, la lumière du dehors perçant à travers les rideaux et cette glace exquise. Soudain, je sentis un coup et regardai, pensant que mon bol avait glissé. Ça recommença et je posai ce dernier sur la table avant de placer les mains sur mon ventre. J'eus encore un coup, puis un autre.
— Du calme, grognai-je. Je suis là, pas besoin de me défoncer le ventre.
Les coups cessèrent et je souris, content d'être enfin tranquille et caressai la peau de mon ventre sans vraiment m'en rendre compte immédiatement. Quand je le fis, je restai choqué et soufflai :
— Je ne veux pas de toi. Alors arrête !
Je reçus un autre coup, puis encore un autre.
Et je lui en voulus de ne pas juste me laisser tranquille. Il venait me gâcher la vie, et mon couple. Cette chose dont je n'avais pas voulu et ne voulais toujours pas.
Je ne comprenais pas Lucius qui souhaitait le garder.
Je soupirai, soudain fatigué, et repris ma lecture. Seulement, comme je m'en étais douté, le… bébé continua de prendre mon ventre pour un Punching Ball et cela m'agaça rapidement. Je voulais tant que tout redevienne comme avant. Je désirais plus que tout, en cet instant, ne jamais m'être rapproché d'Émeraude. Parce que tout était sa faute.
OoOoOoOoO
Je me sentais plus que fatigué mais pas seulement. Il y avait beaucoup de voix autour de moi et plusieurs personnes étaient présentes dans la pièce. Je me redressais et me rendis compte que je rêvais encore. Parce que ce n'était clairement pas possible qu'en une nuit, je sois devenu une femme. Je fronçai les sourcils alors que d'habitude, quand je rêvais, j'étais moins conscient de… qui j'étais, en quelque sorte.
Soudain, quelqu'un entra et je vis un homme, le visage… émerveillé. Lucius n'avait jamais eu ce visage pour moi. Devais-je m'en inquiéter ? Je n'eus pas à me poser plus de question, car l'homme vint s'agenouiller près de moi, caressant mon visage. Le reste fut plus que flou, je fus levé et déposé dans une sorte de baignoire. En réalité, c'était plus une grande bassine d'acier ou d'un métal quelconque.
Une tripotée de femmes arriva. Je fus mise à nue et je ne pus que me regarder. Comment les hommes pouvaient trouver ça attirant ? Et puis, d'où venait tout ce sang au juste ? Il y en avant tellement que j'eus peur tout à coup de ne pas rêver. Est-ce que le truc venait de me déchirer le ventre et que j'hallucinai avant de mourir, me vidant de mon sang ?
Je ne revins à moi qu'une fois de nouveau allongée sur un lit. C'était quoi tout ça ? Qu'est-ce…
C'était quoi ça ?! me demandai-je alors qu'une personne venait de me foutre dans les bras un bébé. C'était qui d'ailleurs ?
— Je ne vous remercierai jamais assez, Lady Filsburg, pour m'avoir offert l'amour et un descendant. Vous êtes tous deux les êtres les plus importants désormais.
Je regardai l'homme à mes côtés, habillé étrangement. Comme dans mes précédents rêves. Mais il y avait toujours eu des Dragons. Pourquoi n'y en avait-il pas cette fois ? Et pourquoi est-ce que ça semblait soudain plus réel ?
— Ils sont impatients de le voir, souffla l'homme en caressant la tête du bébé. Ce sera l'être le plus protégé de ce monde. Nul doute qu'il fera un grand roi une fois sur le trône. Rioru m'a promis qu'il veillerait sur lui jusqu'à sa mort.
Je ne comprenais rien. Qui étaient ces gens dont il me parlait ? Comme en réponse à mes questions, j'entendis un grognement et regardai par l'une des fenêtres et vis plusieurs Dragons prendre leur envol. Seulement, je n'entendais rien dans ma tête.
— Je vais vous laisser, ils m'attendent. Mais je reviendrais auprès de vous au plus vite mon amour.
Je reçus un baisemain avant d'être de nouveau seule, si on omettait les personnes présentes dans la pièce et qui semblaient vouloir disparaître. J'entendis soudain un pleur et baissai la tête pour tomber sur deux yeux bleu clair. C'était petit, et rose. Bien trop rose à vrai dire. La chose avait une touffe de cheveux noirs comme la nuit, et des petites mains qu'il tendait vers moi. J'aurais voulu le donner à quelqu'un, m'en séparer, mais au lieu de ça, la femme de mon rêve rapprocha l'enfant d'elle et l'embrassa. Je sentis alors quelque chose toucher ma joue.
Je me réveillai en sursaut et fus rassuré d'être de retour dans la réalité, même si j'aurais préféré qu'elle soit différente. Parce que j'avais toujours ce gros ventre avec le… bébé à l'intérieur. Bébé qui d'ailleurs continuait de donner des coups. Fichu magie des Dragons. En plus de ça, je devais aller pisser. J'enlevai la main de Lucius qui était posée sur mon torse, et j'étais heureux qu'elle ne soit pas sur mon ventre. Je ne lui avais toujours pas parlé des coups que le bébé donnait depuis trois jours. Je ne voulais pas voir le plaisir ou la joie dans ces yeux pour cette raison. Oh que non. Il n'y avait rien de joyeux à cette situation. Je sortis rapidement du lit et grognai une fois arrivé aux toilettes où je dus m'asseoir comme une gonzesse, parce qu'il m'était presque impossible de pisser debout depuis quelques temps.
Quand je retournai au lit, Lucius me prit dans ses bras, sans pour autant se réveiller et je me tournai pour le regarder, détaillant ses traits. Est-ce qu'il aurait l'expression émerveillé de l'homme dans mon rêve une fois que le bébé serait là ? Est-ce qu'il me regarderait comme ça ? Je n'en savais rien et une partie de moi le voulait. Mais je savais aussi que le moment ne serait pas heureux, parce que notre amour n'allait certainement pas être assez fort pour surmonter cet obstacle. L'enfant que les Dragons nous avaient offert, était juste une putain de malédiction.
Je soupirai et me retournai, afin d'être mieux installé. Je voulais que tout se termine, j'étais fatigué de tout ça. Je fermai les yeux et essayai de retrouver le sommeil. J'y parvins un moment plus tard avec, les yeux du bébé de mon rêve en tête.
OoOoOoOoO
Les rêves étranges de cette femme avec le bébé avaient continué chaque nuit et ce depuis une semaine et demi. J'en avais assez. Si je devais rêver d'un monde étrange, je préférais nettement quand j'étais avec les Dragons. Alors que là, si je comprenais bien, j'étais la… femme de celui qui communiquait avec eux. Je n'étais rien. Et puis, il y avait toujours ce bébé dont je m'occupais. Je m'étais d'ailleurs réveillé en sursaut la troisième nuit alors que la femme s'était mise à nourrir son enfant… au sein. J'en tremblais encore. Mais je devais avouer aussi que parfois, les sourires de l'enfant étaient agréables. C'était si petit et ça donnait l'impression de déborder de joie et de bien-être, même quand ça puait et bavait. C'était à n'y rien comprendre.
Je secouai la tête et cessai d'y penser tout en reprenant ma lecture. Je devais avouer que je ne faisais presque plus que ça ces derniers temps et bizarrement, cela ne me déplaisait pas. Certes, je préférais nettement le faire contre Émeraude quand ce dernier me rendait visite à la barrière ou plus encore contre un Lucius plus qu'attentionné, mais le calme était une bonne chose.
Le bébé recommença à me donner des coups et je ne pus que revoir celui de mes rêves gesticuler dans mes bras. Est-ce qu'il bougeait pareil dans mon ventre ? C'était plus que déstabilisant comme pensée. En fait, j'avais du mal à croire que les enfants arrivaient comme ça. Qu'un… bébé était dans mon ventre tel que je le voyais dans mes rêves. Ou comme Rose.
— Hey beau brun, souhaites-tu de la compagnie ? entendis-je soudain.
Je levai la tête et aperçus Isaac, un grand sourire collé au visage. Ce dernier tenait dans ses mains un pot de fromage et une cuillère et je souris, tout en posant mon livre sur mon ventre, afin de cacher au mieux si l'enfant bougeait encore.
— Et comment ! Oh bon sang, si je n'avais pas Lucius, je t'épouserai ! ris-je alors qu'il prenait place près de moi.
— Désolé de te décevoir, mais si tu n'avais pas Lucius, je serais en train de lui courir après. Tu as très bon goût.
— Fais gaffe, je risque d'être jaloux.
Isaac rit, avant de commencer à me parler de la réserve. J'aimais beaucoup quand il faisait ça, ça m'aidait à me tenir au courant mais surtout, à savoir comment se débrouillait mon blond à l'intérieur.
OoOoOoOoO
J'étais assis sur le canapé, comme la plupart du temps. Draco m'avait apporté un énième bouquin qu'il avait été acheter en ville et je devais dire que j'aimais beaucoup cette histoire, même si l'héroïne était maman. Je pouvais comprendre qu'il veuille que j'accepte l'enfant, parce qu'il voulait certainement le bonheur de son père. Moi aussi je le voulais. Seulement, j'allais devoir lui dire d'arrêter ça. J'en avais déjà suffisamment avec le bébé en moi et mes rêves qui, même si je ne désirais pas l'avouer, me chamboulaient de plus en plus.
Comme s'il savait exactement quand donner des coups pour m'enlever ma tranquillité, le bébé se fit connaître. Je soupirai, désormais habitué et me remis à caresser mon ventre, sachant que c'était le seul moyen que j'avais trouvé pour faire cesser les coups. Cela réussit après une bonne minute et je me réinstallai convenablement puis continuai ma lecture.
Dès que le bébé recommençait, je le faisais stopper et je lus ainsi pendant un moment, des questions parfois venant m'interrompre. Je me forçai à ne pas y penser, essayant de me focaliser sur ma lecture. J'y parvins pendant une bonne heure, avant de soupirer et de me frotter les yeux.
Je n'arrivai pas à lire, ayant l'esprit ailleurs.
L'enfant allait-il être turbulent ou plutôt calme ?
Blond ou roux ?
Une multitude de questions m'assaillit et je tentai de trouver les réponses. Je me rendis compte plusieurs minutes plus tard que je préférais avoir un petit garçon souriant comme celui de mes rêves, et aimant bouger. Blond de préférence et amoureux des Dragons autant que moi.
Je fermai les yeux et l'imaginai sur un balai, heureux. Son premier vol...
— Merlin, soupirai-je alors que cette vision me plaisait bien trop pour mon propre bien.
Une vague de chaleur monta en moi. Je me vis aussi tenir un petit corps dans les mains, le lavant, tout en souriant… heureux, Lucius derrière moi, débordant de bonheur également. Comme dans mes rêves, mais en étant moi. Je voulais que Lucius ait tout ça. Je voulais ça...
Je lâchai mon livre qui tomba au sol et me touchai le ventre des deux mains.
— Mon bébé ? chuchotai-je perturbé.
Pas celui d'une femme inconnue, pas celui de ma famille. Le mien, et celui de Lucius. C'était notre enfant là. Je reçus de nouveau un coup et ris, me choquant moi-même. Je caressai la peau tendue et regardai mon ventre. Ce n'était plus un gros truc, c'était quelque chose avec des yeux, une bouche. Un bébé qui allait sourire, rire, baver même. J'espérais juste qu'il ne le ferait pas autant que celui de mes rêves. Je me rendis alors compte que l'idée d'avoir ce bébé, n'était plus si horrible.
J'y étais donc enfin, après avoir abandonné.
J'allais être papa ! Et pour une des premières fois, ça ne me faisait plus aussi peur. Parce que maintenant, tout ne pouvait qu'aller mieux. Il ne restait plus qu'il naisse et… je supposai que je m'y ferais avec le temps. S'il était aussi silencieux et souriant que l'enfant de cette femme, ça ne pourrait qu'aller.
Enfin, je l'espérais.
POV Lucius
Je venais de finir une garde de quatre heures avec Carlos et Hulrick, et j'étais épuisé. J'avais extrêmement mal dormi, pour changer, et j'avais dû passer ma matinée à faire l'inventaire, ce qui m'avait passablement agacé. Je passai par la cuisine puis rejoignis le salon dans lequel j'avais quitté Charlie après le déjeuner. Seulement, la pièce était vide alors je récupérai le verre de lait vide et le pot de crème qui avait été glacée et retournai en cuisine. Je fermai le pot et lançai un sort de conservation et de refroidissement puis lavai le verre pour le remplir de lait frais. Je me passai la main sur le visage, épuisé, et montai à l'étage, le verre dans une main et mon balai dans l'autre. J'ouvris la porte de notre chambre et restai figé devant la scène qui m'était présentée. La pièce était littéralement sans dessus dessous, il y avait des vêtements partout et des cartons vides ou pleins dans tous les coins. Charlie était assis au centre du lit, un air indéchiffrable sur le visage, et tentai visiblement de plier un T-shirt, avec plus ou moins de facilité.
— Tu déménages, me fous dehors ou tu essaies de ranger ? Je dois t'avouer que je n'arrive pas trop à savoir là.
Il releva la tête vers moi alors que je fermai la porte et posai mon balai contre le mur, faisant ensuite attention à ne pas trébucher en avançant jusqu'au lit.
— Cesse de plaisanter, rien n'est prêt ! Rien !
Je posai le verre de lait sur la table de nuit et me grattai distraitement la nuque, perdu.
— Qu'est-ce qui n'est pas prêt ?
— Nous. Bon sang, je... Rien n'est prêt, fit-il en posant sa main sur son ventre.
Je vis ce dernier bouger et Charlie rit, avant de souffler :
— Oui, je me dépêche. T'inquiète pas.
J'écarquillai les yeux et ouvris la bouche, pas certain de ne pas avoir eu une hallucination à l'instant. Je me risquai tout de même à souffler :
— Tu... lui parles ?
Et par Merlin, il avait ri en le touchant.
— Oui depuis deux jours en fait, répondit-t-il en se grattant soudain la tête plus que mal à l'aise, et il me répond... enfin, il me donne des coups. Je...
Il cessa de parler et se mit soudain à pleurer. J'allai immédiatement m'asseoir à ses côtés et le pris dans mes bras :
— Pourquoi tu pleures ?
J'avais été à deux doigts de faire la même chose deux minutes plus tôt, mais les larmes auraient été de bonheur. Je n'étais pas certain que les siennes le soient, cependant. Et je ne savais toujours pas comment interpréter son comportement. Il avait eu l'air plus heureux qu'il ne l'avait été depuis longtemps quelques secondes plus tôt, mais maintenant, il pleurait. Quant à moi, j'essayais vainement de contrôler l'espoir que je pouvais sentir grandir dans mon cœur.
— J'ai été aveugle. Un monstre. Mais il est là, et il... Et rien n'est prêt. Il sortira Merlin sait quand, dans quelques heures ou quelques jours, voire semaines et rien n'est prêt. Par ma faute !
— D'accord, Charlie s'il te plait calme-toi. Je suis totalement perdu là. Tu...
Je posai mes mains sur ses joues et ancrai mon regard dans le sien, humide, et repris :
— Explique-moi.
J'indiquai le désordre dans la pièce du menton puis lui adressai un sourire encourageant.
— Il s'est mis à bouger à un moment, expliqua-t-il. Mais j'ai tenté de me pas y faire attention, mais c'était plus fort que moi. Et puis, il y a eu toutes ces questions, et mes rêves. Il... Tiens, touche-moi, il bouge à nouveau.
Il prit l'une de mes mains qu'il posa sur son ventre et je sentis quelque chose bouger sous sa peau. Je sentis immédiatement un sourire naître sur mes lèvres mais je le contrôlai de suite. Charlie n'aimait pas trop que je sois heureux à cause de ce genre de choses et... Je vis qu'il souriait lui aussi et mes lèvres s'étirèrent de nouveau instantanément.
— Tu..., soufflai-je alors que je sentais l'enfant donner un autre coup. Tu le veux ?
J'avais peur d'avoir compris ce qu'il m'avait dit et ce que je venais de voir alors je me devais de poser la question, parce que je voulais l'entendre de sa bouche. J'en avais besoin.
Charlie hocha la tête et se remit à pleurer.
Il le voulait. Il voulait notre enfant. Je n'allais pas avoir à partir et à l'élever seul. J'allais pouvoir essayer d'être un bon compagnon et un bon père. Et nous allions pouvoir être heureux, tous les trois. Je posai immédiatement mes lèvres sur les siennes et le fit s'allonger doucement sur le dos, m'installant à ses côtés sans cesser de l'embrasser. Après plus de trois mois à batailler, prendre sur moi et prier pour que Charlie change d'avis, il l'avait finalement fait, et de la plus belle des manières.
Nous espérons que septième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p
Abby and Jes
