Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail et Yanis sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Bêta correctrice : Westyversionfrench

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.

Périodicité de publication : Un chapitre tous les quinze jours, si on arrive à garder le rythme avec nos cours respectifs : -)


Note commune des auteures : Bonjour à tous (^-^) Avant tout, désolé de ce retard, mais Jes ayant eu son ordinateur en réparation pendant sept longues semaines, la publication a été en pause. Voici la suite qui va bientôt être suivie également par le chapitre suivant. Merci encore à toutes et tous pour vos reviews, ça fait plaisir de voir que vous aimez autant cette histoire. Bonne lecture et à très vite, nous l'espérons, dans un petit mot de votre part.

Merci à paulin54, Mimix-Xera, honey1607, dobbymcl, Zem, holybleu,

Imanii, Haley Black, Christania, Athi, Shanatora, juliana, lilywen, yamashita6, Swiatlo, Malh, Imaniis pour leur review qui nous ont fait super plaisir.


Partie II

Bairim

Chapitre 8

POV Lucius

J'attrapai une chaussure et, me souvenant avoir trouvé l'autre quelques minutes plus tôt, je la posai à côté de cette dernière puis reformai la paire. Après avoir embrassé Charlie et touché son ventre pendant plusieurs dizaines de minutes, j'avais décidé de ranger. J'avais commencé par les vêtements sur le lit que j'avais triés, pliés et rangés dans des cartons alors que Charlie était toujours allongé sur lit, ses mains sur son ventre et un sourire ravi aux lèvres. Cela avait été l'une des plus belles visions qu'il m'avait été donné de voir et j'avais dû lutter pour retenir les larmes de joie qui voulaient s'échapper de mes yeux. J'étais ensuite parti à la recherche de toutes les chaussures que je venais finalement de retrouver. Je ne comprenais toujours pas comment il avait fait pour mettre un tel désordre dans la pièce mais je continuais de me répéter que cela faisait partie de son charme. Je lui jetai un coup d'œil et me figeai en le voyant de nouveau assis en tailleur au milieu du lit, son verre de lait à la main. Son regard et le sourire étrange qu'il affichait me faisaient immédiatement penser à un chat qui venait de manger la meilleure souris de sa vie. Il avait du lait au dessus de la lèvre supérieure et je ne pus retenir un immense sourire en le voyant ainsi.

— Ça va Charlie ? Pas trop dur de faire tout ça ? lui demandai-je en ramassant mes pantalons de cuir que je pliai et empaquetai à leur tour, bientôt suivis de ceux de Charlie.

— Tu plaisantes ? Je suis fatigué rien qu'à te regarder faire.

— Hm, répondis-je amusé. Je n'arrive toujours pas à concevoir comment tu as pu déranger à ce point. Surtout si on part du principe que tu voulais ranger.

— Je ne sais pas vraiment, fit Charlie rieur. Je sais juste que te voir te baisser est follement excitant.

— Si tu m'allumes, on ne va jamais déménager, je te préviens.

Il était encore bien trop maigre à mon goût et faire l'amour le blesserait probablement mais j'avais très envie de le toucher, encore plus depuis qu'il ne cessait de sourire comme si la vie était plus merveilleuse que jamais.

— Depuis quand n'a-t-on plus fait l'amour ? demanda-t-il tout sérieux.

— Depuis que je te ferais plus de mal que de bien.

Et puis, ni lui ni moi n'avions vraiment été d'humeur dernièrement.

— Depuis longtemps alors. Que me ferais-tu si tu le pouvais ?

— Je m'enfoncerais en toi après t'avoir préparé un peu, peut-être.

Je le lécherai tout entier également, mais c'était quelque chose que je pouvais faire et qui allait probablement être au programme pour ce soir. Je me léchai les lèvres et ramassai des paires de chaussettes qui étaient au sol pour me retenir de me jeter sur lui. Je défis les paires pour vérifier que les deux chaussettes étaient semblables et secouai la tête en remarquant que ce n'était pas le cas. Décidément, je ne savais ce qu'il avait fait, mais Merlin, ce n'était pas possible qu'il ait voulu ranger. Je les mis dans des cartons puis, satisfait de voir que tout était rangé ou presque, je m'installai derrière Charlie et le prit dans mes bras, passant ces derniers autour de son cou pour l'attirer contre moi.

— Et toi ? susurrai-je à son oreille. Que me ferais-tu ?

— Je me laisserais complètement faire, chuchota-il. Totalement.

— Tricheur, soufflai-je avant de lécher son cou. Mais sache que je n'oublie pas ce que tu viens de dire, et je le garde en tête pour plus tard.

— Je tâcherais de te le rappeler si jamais tu oublies. Mais... Lucius ? Tu crois qu'il se rappellera ?

— Que qui se rappellera quoi ? murmurai-je en mordillant délicatement le point entre son cou et son épaule.

— Le bébé... Est-ce qu'il va se souvenir de tout ce que j'aie pu dire ou faire ?

— Je ne sais pas, répondis-je honnêtement. Mais je pense que s'il doit se souvenir de quelque chose, ce sera les jours restant jusqu'à l'accouchement. Ne t'en fais pas pour ça, hm ?! Si tu es ensuite un bon père avec lui, et je suis certain que tu seras parfait, il ne se souviendra plus que d'à quel point tu es formidable.

— Je m'en veux, beaucoup. Maintenant, je ne pense plus qu'à lui, comment il sera, quel caractère. Mes pensées ne sont tournées que vers lui, encore et toujours lui. J'ai l'impression de rêver tellement c'est soudain.

— Dois-je comprendre que tu ne penses plus du tout à moi ? le taquinai-je. « Encore et toujours lui » ?! Je pourrais vraiment me sentir vexé.

— Désolé, je n'y peux rien. Mais tu es là, contre moi.

Il rejeta la tête en arrière et souffla :

— J'ai honte. Comme jamais encore. Du mal que je t'ai fait, ainsi qu'à ma famille et ton fils.

— Tu n'as pas à avoir honte. Je te l'ai déjà dit, ce n'est pas grave.

Voyant qu'il allait répliquer, j'embrassai sa mâchoire puis ajoutai :

— Et tu as changé d'avis maintenant, c'est ce qui compte. Même si j'ai encore du mal à y croire.

Je passai mes mains sous son haut et taquinai ses boutons de chair, embrassant et léchant son cou et l'arrête de sa mâchoire.

— Mais je ne vois pas pourquoi je suis tellement surpris finalement, tu es tellement lunatique..., soufflai-je en glissant l'une de mes mains le long de son ventre que je caressai quelques secondes avant de partir défaire son pantalon.

— Ne t'arrête surtout pas en si bon chemin.

— Aucune chance, ris-je en tirant sur son pantalon pour le baisser.

Je l'aidai à soulever son bassin à l'aide de mon autre bras puis pris son sexe en main. Je le caressai et retins un soupir de contentement en le sentant durcir entre mes doigts. J'embrassai son épaule en même temps, mais fus bientôt gêné par son t-shirt et lâchai son membre pour lui retirer son haut, souriant en l'entendant exprimer son mécontentement. Je le repris rapidement en main et continuai de taquiner ses tétons, les faisant rouler entre mes doigts et les pinçant doucement alors que ma bouche explorait toute la peau à portée.

— Putain de merde, ce que ça avait pu me manquer.

— Toujours aussi romantique à ce que je vois..., souris-je en présentant deux de mes doigts contre ses lèvres entrouvertes.

De mon autre main, je continuai de le caresser, alternant lenteur et rapidité, satisfait de le sentir onduler des hanches contre moi. Charlie prit mes doigts en bouche et commença à sucer, enroulant sa langue autour. Mais soudain, il les lâcha et me dit :

— Non, je te veux toi, je veux te prendre en bouche.

Je sentis mon sexe durcir, encore plus à ces mots, et pulser contre mon pantalon. Vu notre position, aucun doute que Charlie devait le sentir également.

— Charlie... pas que je n'en ai pas envie, loin de là, mais ça risque d'être un peu compliqué.

Très, en réalité. J'avais du mal à penser à une position avec laquelle il serait confortablement installé.

— Non, mets-toi devant moi debout, le reste ça ira. S'il te plait, j'ai trop envie de toi là !

J'hésitai une seconde mais finis par acquiescer et me relever. Je mis des coussins contre la tête de lit et Charlie s'adossa contre alors que je retirai mon pantalon. Je remontai sur le lit et pris son visage entre mes mains pour l'embrasser profondément avant de me mettre debout et de me pencher un peu en avant. Je posai mes bras contre le mur et baissai la tête, ayant ainsi une vue parfaite sur ce que Charlie allait me faire.

Il commença à me caresser les cuisses puis enfin mon sexe. Il avança ensuite son visage et stoppa à quelques centimètres, rejetant la tête en arrière et m'envoyant un sourire resplendissant.

— Charlie..., fis-je, presque suppliant.

Cela faisait une éternité que nous ne nous étions pas touchés de cette façon et ça m'avait manqué, définitivement.

Il se lécha les lèvres et ferma les yeux quelques secondes qui me parurent durer une éternité avant qu'il ne me prenne enfin entre elles. Il me lécha sur toute la longueur puis suçota mon extrémité. Je me mordis les lèvres et me forçai à garder les yeux ouverts, désirant voir tout ce qui allait suivre. Je me retins également à bouger les hanches, ces dernières voulant désespérément me pousser plus profondément dans sa bouche.

Charlie s'aida de sa main et fit aller et venir sa bouche sur ma longueur. Je sentis sa langue jouer avec moi, ainsi que ses dents. Je vis également qu'il se caressait aussi autant qu'il le pouvait, et il gémit autour de moi, m'envoyant une vague de plaisir.

Je gémis à mon tour et glissai l'une de mes mains dans ses cheveux que je caressai, tirant légèrement dessus quand je ressentais une vague de plaisir plus forte que les autres. On avait pas fait cela depuis un bon moment et je sentais que je n'allais pas être long à venir, mais vu les bruits qu'il faisait, il devait être dans le même état que moi. J'imaginais sa main sur son sexe et je gémis une fois de plus, me retenant d'onduler des hanches avec de plus en plus de difficulté, celles-ci bougeant quelque peu indépendamment de ma volonté.

Alors que je sentais la jouissance se rapprocher dangereusement et que Charlie faisait des bruits de plus en plus indécents et excitants, je me figeai en entendant un hoquet de stupeur. Je tournai la tête vers le bruit juste à temps pour apercevoir Draco, la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés, avant qu'il ne referme la porte en s'excusant.

Charlie, n'ayant sûrement rien vu, trop prit dans son plaisir, me prit plus profondément dans sa bouche, suçant et mordillant. J'hésitai à le repousser mais me laissai finalement aller, après tout, Draco en avait déjà trop vu et le rejoindre maintenant ne changerait rien. Même si, Merlin, il allait vraiment falloir que j'apprenne à ce garçon à frapper avant d'entrer. Je reposai la tête contre mon bras, regardant mon membre disparaître entre les lèvres de Charlie. Je tirai quelque peu sur ses cheveux et me reculai légèrement tout en soufflant :

— Je ne vais pas tarder Charlie, tu devrais...

Je ne finis pas ma phrase et me mordis la lèvre pour retenir ma jouissance encore un peu. Il secoua la tête et me garda en bouche, tout en se caressant plus rapidement. Je le vis ensuite venir, sentant ses grognements se répercuter autour de mon sexe.

Je me laissai aller à mon tour et vins dans sa bouche, étouffant mes gémissements et grognements contre mon bras. Je repris mon souffle et me léchai les lèvres puis me mis à genoux à côté de lui après qu'il m'ait relâché. Je l'attirai immédiatement contre moi et glissai ma langue entre ses lèvres pour l'embrasser passionnément. Je passai la main entre ses jambes et y récoltai un peu de sa semence sur deux de mes doigts que je portais ensuite à ma bouche, mon regard ancré dans le sien.

— Tu as toujours aussi bon goût, soufflai-je ensuite avant d'embrasser le coin de ses lèvres.

— M'en voilà ravi.

Je lui souris et l'embrassai réellement avant de me souvenir que mon fils nous avait surpris, une fois de plus, et Charlie n'avait même pas semblé s'en apercevoir.

— Tu... n'as rien remarqué d'anormal ? le questionnai-je en le nettoyant à l'aide un mouchoir que je jetai ensuite.

— Non... tu es toujours pareil. Et tu as le même goût. Pourquoi cette question ?

— Je parlais plutôt du fait que mon fils soit entré dans la chambre il y a moins de cinq minutes, ris-je en commençant à caresser son ventre.

— Comment ça ton fils est entré ? Tu plaisantes ? Je n'ai rien entendu.

— Par la porte. Non. Et j'avais remarqué. Je vais devoir avoir une autre discussion avec lui, et lui apprendre à frapper aux portes, aussi.

Je me penchai sur son ventre rebondi que j'embrassai avant de souffler :

— C'est l'une des premières choses que l'on va t'apprendre, à toi.

— Non, la première chose, sera de voler en balai, rit Charlie.

— Même en essayant Charlie, il y a peu de chances que cela soit la première chose qu'il apprenne. Ou alors, nous aurons vraiment été très nuls jusque là.

— Ah ouais. Ben alors, ça sera de faire caca juste quand ce sera à toi de changer les langes.

— T'as raison. L'espoir fait vivre après tout.

Il sourit et m'embrassa, baillant ensuite.

— Repose-toi, je vais voir Draco quelques minutes et je reviens.

Je l'aidai à s'installer correctement sous les couvertures après avoir lancé un sort de nettoyage à ces dernières puis l'embrassai une fois de plus avant de me rhabiller et de partir à la recherche de mon fils. Je le trouvais dans la cuisine, en train de boire un thé.

Il rougit et détourna les yeux.

— Draco..., soupirai-je en me servant un thé également. On ne va pas recommencer comme il y a maintenant plusieurs années. C'était... hm.

J'imaginais très bien ce qu'il avait pu voir de là où il était et je comprenais qu'il soit mal à l'aise. Je le serais probablement également le lendemain, mais pour l'instant, j'étais trop heureux pour que quoi ce soit ne vienne gâcher cela. Même la fatigue que je ressentais avant de rejoindre Charlie avait disparu. Il l'avait accepté, plus encore même que ce que j'avais espéré.

— Non, mais... je ne m'étais pas attendu à vous voir dans ce genre de position. Je suis désolé de ne pas avoir frappé. Je suis encore le fautif.

— Il faut vraiment que tu apprennes à frapper aux portes Draco, et à attendre que l'on t'autorise à rentrer avant de le faire. Mais ce n'est pas si grave, du moins tant que tu arrives à passer au-dessus de ça.

J'imaginai vaguement ce que j'aurais ressenti en voyant mon père dans ce genre de situation et fronçai les sourcils sans pouvoir m'en empêcher. J'aurais très probablement été traumatisé à vie. Et j'aurais sûrement tellement ri qu'il m'aurait achevé à coups de Doloris. Bon, oui, essayant d'appliquer la situation à mon père et moi-même n'était pas une bonne idée.

— J'espère que Charlie n'est pas mal à l'aise, ni ne m'en veut.

— Il ne serait même pas au courant si je ne le lui avais pas fait remarquer. Ensuite, ne t'en fais pas pour ça, je pense qu'il s'en fiche tout autant que la dernière fois.

— Et toi ?

Je le regardai attentivement et me mordis la lèvre. J'avais vraiment très envie de lui dire que Charlie avait finalement réalisé à quel point ce bébé serait quelque chose de bien et bon pour nous mais j'avais trop peur que ce dernier ne change d'avis entre temps, même si j'étais plutôt certain qu'il ne le ferait pas.

— Ça va, ne t'en fais pas. Évite juste de recommencer, veux-tu ? Ou Harry risque de finir par croire que tu le fais exprès.

— Je te promets de faire attention à partir de maintenant. Je ne souhaite plus du tout tomber sur ce genre de scène.

— Je suis sûr que tu le feras.

J'hésitai à l'attirer contre moi mais décidai finalement que ce n'était probablement pas une bonne idée pour l'instant.

— Au fait, tu étais venu pour une raison précise ?

— Oui et non, les Weasley voulaient vous inviter à boire un thé, vu que Bill et Arthur, ainsi que George sont revenus pour quelques jours.

— Charlie s'est endormi, mais nous vous rejoindrons demain matin pour le petit-déjeuner, si c'est d'accord.

Je n'étais de réserve que l'après-midi et je pouvais me permettre de prendre un peu de retard dans le ménage, sachant que Geoffroy ne m'en tiendrait pas rigueur en ce moment. Par Merlin, Charlie et moi allions finalement accepter sa proposition et rester ici, tous les trois.

— Oui oui, il n'y aura aucun souci. Je leur dirais.

— Bien. Bonne nuit dans ce cas. A demain.

Il me salua en retour et je rejoignis rapidement Charlie, me glissant à ses côtés dans le lit puis me collai instantanément contre lui et fermai ensuite les yeux, m'endormant rapidement, plus heureux que jamais.

POV Charlie

La première chose que j'avais faite en me levant, avait été de placer les mains sur mon ventre, par dessus celles de Lucius. Je ne savais pas s'il les avait laissées toute la nuit, mais elles étaient là maintenant et cela ne me posait pas de problème.

Je sentis les larmes couler, aux souvenirs de toutes les horreurs que j'avais pu dire ou penser vis-à-vis du bébé. Je ne savais pas si j'arriverais à me le pardonner un jour et je comprenais maintenant maman.

Elle aussi avait sûrement dû avoir ce genre de remords. Je devrais d'ailleurs lui demander si elle s'en voulait toujours.

Je reniflai et tentai de me rendormir, ne sachant pas l'heure qu'il était et ne devant rien faire d'autre de toute manière.

La veille, quand Lucius était revenu auprès de moi, nous étions restés silencieux, à juste caresser mon ventre. Les mots auraient été de trop de toute manière. Et puis, après le choc passé, j'avais pu réellement comprendre ce changement en moi.

J'étais enceint.

J'allai avoir un bébé, de Lucius. Avec lui.

J'avais ressentit de la peur, en grande partie, mais aussi de la joie. Cette joie qui m'avait désertée désormais.

Seulement là, au calme, les larmes coulant et les mains posées sur mon ventre, je n'arrivais toujours pas y croire. J'avais tellement perdu espoir.

Mais je l'avais senti bouger. Et j'avais compris.

Il était en vie, c'était un être vivant, un bébé. Qui n'avait rien demandé, qui était là. Quoi que je puisse vouloir le contraire, il avait été là pendant des mois. Et il m'avait répondu, à sa manière.

Je restais convaincu qu'il m'avait entendu. Peut-être pas compris et je l'espérais de tout mon cœur. Parce que je ne me voyais pas dire à mon enfant un jour que j'avais voulu qu'il ne vive jamais.

Je comprenais une fois de plus les conseils de maman. Mais plus que tout, je m'en voulais de ce que j'avais fait subir à Lucius. Cependant, je ne pouvais rien effacer. Je ne pouvais que changer.

La veille, j'avais voulu changer de chambre, me souvenant de ce que Johanna nous avait dit. Seulement, en voyant Lucius ranger, je m'étais rendu compte que j'avais mis plus de désordre qu'autre chose.

Et plus que tout maintenant, j'étais partagé.

Je voulais partager la nouvelle avec tout le monde, leur montrer que j'acceptais enfin le bébé. Que je n'étais pas un monstre en réalité. Mais je voulais aussi garder ça pour Lucius et moi, comme un secret. C'était notre bébé, pas le leur.

Je me frottai les joues, afin d'effacer les traces de larmes puis me retournai, seulement, je n'y parvins pas et quelques secondes plus tard, je me mordis la lèvre sous une vague de douleur. Lucius frotta son nez contre ma joue tout en marmonnant :

— Ça va ?

— Mal, soufflai-je.

— Où ?

— A ton avis, grinçai-je.

— Ne soit pas de mauvaise humeur..., sourit-il en se redressant.

Il se retourna et s'assit à mes côtés avant de poser les mains sur mes hanches, ses pouces le long de mon ventre et ses doigts dans le bas de mon dos. Il commença à masser tout doucement et demanda, visiblement encore un peu endormis :

— Pire ou un peu mieux ?

— Mieux, soupirai-je en sentant la douleur diminuer.

— Bien.

Il me regarda tout en continuant de me masser, détaillant mon visage pendant un moment. Il ancra ensuite son regard incertain dans le mien et murmura :

— Hier... c'est vraiment arrivé ou ... ?

Je lui souris et tendis la main pour caresser sa joue.

— Non, tu n'as pas rêvé. Nous allons avoir un bébé.

Il accentua le contact sur ma paume et sourit en retour doucement, allant ensuite poser sa joue contre mon ventre et fermant les yeux.

— Tu entends quelque chose ? demandai-je curieux.

Moi, je ne pouvais pas essayer. Mais je pouvais le sentir donner des coups, et ça, c'était déjà pas mal. C'était ça qui m'avait fait ouvrir les yeux. Lui bougeant en moi, je ne pourrais jamais l'oublier.

— Pas vraiment, marmonna Lucius.

— Tu penses qu'il va bientôt naitre ?

— Je ne sais pas trop. Je préfèrerais qu'il attende encore au moins les deux semaines prédites par le médicomage. Et toi ? Après tout, tu es le mieux placé pour savoir.

— Je ne sais pas non plus. C'est comme nouveau pour moi. Mais je préfère aussi qu'il attende un peu. Je ne suis pas prêt. Je... je l'accepte, mais pour le reste, nous n'avons rien. Je dois aller acheter tout. Et dans mon état...

— Harry et Draco iront s'en occuper. Et ta famille suivra probablement. D'ailleurs, d'autres sont arrivés et j'ai dit hier soir à Draco que nous irions prendre le petit-déjeuner avec eux. J'espère que cela ne t'embête pas trop.

— Non. Qui est arrivé ? l'interrogeai-je tout en l'attirant à moi pour un baiser.

Au diable la mauvaise haleine. Je le voulais totalement, là.

— Ceux qui manquaient, je suppose.

— Okay. Mais avant, puis-je avoir un câlin ? Je ne suis pas motivé à sortir de ce lit.

Lucius sourit puis m'embrassa plus profondément tout en laissant remonter ses mains le long de mes flancs. Il posa ensuite la tête sur mon épaule et me serra doucement contre lui. Nous restâmes comme ça de longues, très longues minutes, avant que je ne chuchote :

— As-tu hâte de le dire aux autres ?

— Je ne sais pas trop, répondit-il sur le même ton. A Draco oui, assez...

— Oui, en effet. Je suppose que ma famille n'entre pas en ligne de compte.

Ce n'était pas la sienne, ou en tous cas il ne la voyait pas comme ça. Et il ne désirait sûrement pas cacher cette bonne nouvelle à son fils.

— Allons-y alors, tu dois avoir hâte de le dire à Draco.

— Ce n'est pas tant qu'ils n'entrent pas en ligne de compte. Ron est visiblement quelqu'un de bien et ta mère est... gentille. C'est juste... toujours assez étrange pour moi d'assimiler le fait que tu es un Weasley.

Je ris, et le bébé bougea, sans toutefois me donner un coup.

— Je suis un Weasley. Et le bébé en sera un aussi, ainsi qu'un Malfoy. J'espère juste qu'il ne prendra pas ton besoin de charmer tout le monde avec ta longue chevelure.

Il claqua sa langue contre son palais et me pinça doucement le bras avant de rétorquer :

— J'espère vraiment pour ma part qu'il ne prendra ni ton caractère, ni ton sens de l'humour plus que douteux.

— Non, il prendra juste le don que j'ai de t'aimer.

Je me tus, et écarquillai les yeux face à cette réponse des plus... romantiques. Lucius plaça son visage au-dessus du mien et me regarda quelques secondes puis éclata de rire.

— C'est ça, moque toi de moi !

Il se calma quelque peu et m'embrassa, toujours un immense sourire aux lèvres, puis souffla :

— Si tu avais vu la tête que tu as fait, tu rirais aussi, crois-moi.

— Quoi comme tête ? marmonnai-je en détournant les yeux.

— Comme si tu avais dit la pire chose au monde et que tu n'arrivais pas à y croire. Et ce n'est pas un don de m'aimer, c'est naturel pour toute personne avec un minimum de bon sens, ajouta-t-il avant d'embrasser ma joue.

— Je veux qu'il ait tes yeux, soufflai-je. Et aussi ta force.

— Ma force ? répéta-t-il visiblement surpris. Une fois que tu auras repris les kilos que tu as perdu, tu seras de nouveau plus fort que moi.

— Non non, pas cette force là, dis-je en touchant ses muscles, mais celle-là, ajoutai-je en effleurant son front.

— Je ne vois pas en quoi je suis particulièrement fort à ce niveau-là, mais si cela te fait plaisir..., répliqua Lucius en passant sa main dans mes cheveux.

— Tu es passé par beaucoup de chose, Azkaban, trois fois. Tu as fait tout ce que nous avons demandé depuis ton arrivée ici, même quand nous te traitions comme un esclave. Tu es fort, expliquai-je.

— Pas autant que tu sembles le croire, mais merci. Avec un peu de chance, il prendra toutes tes qualités, les miennes, mettra de côté nos défauts et sera l'enfant parfait..., rit-il avant de m'embrasser.

— C'est exactement ça, il sera parfait.

Je déposai mes lèvres sur les siennes et les glissai ensuite sur l'arrête de sa mâchoire avant de murmurer :

— Que dirais-tu d'un bon bain-massage, puis d'un petit-déjeuner « bonne nouvelle » avec ma famille et Draco ?

Il acquiesça vaguement et soupira de contentement avant d'embrasser et lécher mon cou et mon épaule, ses mains caressant mes flancs.

OoOoOoOoOoO

Je descendais tant bien que mal les escaliers, Lucius me tenant par la hanche. J'avais failli tomber dans la salle de bain, en sortant de la baignoire et depuis, il ne voulait plus me lâcher. Nous passâmes devant la salle à manger et je saluai Carlos et Isaac, présents, continuant mon chemin. Lucius en fit de même et quand nous fûmes dans la tente, je vis Bill et papa, ainsi que George.

Je souris et allai m'installer à table. Papa vint me serrer dans ses bras. Il ne revenait que quelques weekends depuis qu'il avait dû reprendre le travail, tout comme Bill. Et les jumeaux, eux, alternaient leur présence.

— Salut tout le monde.

— Tu as bien dormi mon chéri ?

— Oui, très, répondis-je. Sinon, maman, tu as du fromage j'espère.

— Et bien euh... oui oui bien sûr.

— Je vais le récupérer, ajouta papa immédiatement en s'avançant vers la partie cuisine de la tente.

— Sinon, content que vous soyez tous là.

J'allais leur annoncer la bonne nouvelle, papa étant revenu mais je reçus un coup plus fort que les autres et murmurai, en caressant mon ventre :

— Oui oui, je suis là.

Ron, qui était à mes côtés, s'étouffa avec son jus de citrouille puis bafouilla :

— Tu... Attends, c'est quoi ça ?

Les conversations cessèrent immédiatement et tout le monde se tourna vers nous. Je compris et répondit :

— Dis maman, je peux te poser une question ?

— Bien sûr mon chéri.

— Quel lait devra-t-on acheter pour le bébé ?

Lucius posa sa main sur ma cuisse alors que maman semblait pour le moins surprise.

— Eh bien... du lait infantile, conçu exprès pour les bébés qui ne peuvent pas être allaités.

— Tu t'intéresses donc à ce qu'il va lui falloir ? interrogea Ron, quelque peu hésitant alors qu'un étrange sourire prenait place sur ses lèvres.

— Oui. Je... je vais être papa.

J'avais dit le dernier mot d'une manière bien trop aigue pour mon propre bien mais je ne pouvais pas revenir en arrière.

— Depuis quand ? me questionna maman avec un immense sourire.

— Hier soir, répondis-je.

Elle se leva et vint immédiatement me prendre dans ses bras, embrassant mes joues et me félicitant.

— On devra parler après, toi et moi, soufflai-je.

— Bien sûr mon chéri, tout ce que tu veux. Je suis tellement heureuse !

Papa me prit à son tour dans ses bras et Lucius serra quelque peu ma cuisse avant de me sourire et de se lever pour rejoindre Draco. Harry et Ron me firent bientôt part de leur joie à leur tour, tout comme Bill et les jumeaux.

Bizarrement, j'étais heureux. Mon regard se perdit dans celui de Lucius et plus rien n'exista autour que lui, le bébé et moi.

POV Lucius

Charlie était resté avec sa famille pour discuter et j'étais remonté dans notre chambre pour finir les cartons. La matinée avait été un peu chaotique mais finalement, tout s'était bien terminé. Si bien que je n'étais même pas certain que Charlie ait remarqué que j'étais parti. Être avec sa famille ne me dérangeait plus particulièrement, loin de là, mais je m'étais senti de trop, d'une certaine façon. Et ce devait être la même chose pour Draco qui m'avait immédiatement accompagné quand je lui avais dit vouloir m'éclipser.

J'étais de garde cet après-midi et si je voulais que nous ayons déménagé avant la nuit, je devais m'y mettre dès maintenant, surtout que la matinée était déjà bien entamée. Charlie n'avait plus semblé aussi pressé que la veille mais la grossesse ne le rendait que plus lunatique encore, et je ne voulais pas passer la nuit à m'occuper de cela parce que ça l'empêchait de dormir.

Je pris les cartons que j'avais déjà fait la veille et les mis dans le couloir avant de commencer à en faire de nouveau avec l'aide de Draco. Nous discutâmes quelques minutes de l'acceptation de Charlie puis je me perdis dans mes pensées.

Nous nous étions encore disputés le matin même et cela m'agaçait quelque peu. J'avais bêtement cru que puisqu'il acceptait enfin la grossesse, tout serait parfait. Sauf qu'il ne l'avait jamais été, et moi encore moins. Je le connaissais pourtant, mais le retour à la réalité avait été quelque peu brutal. Mes pensées s'égarèrent directement sur notre réconciliation semi-platonique et ce n'était absolument pas une bonne idée, surtout avec mon fils dans la pièce. J'aimais tellement quand Charlie se déhanchait ainsi et était en demande à ce point que j'envisageai de le laisser attendre encore un peu. Ou peut-être même jusqu'à la naissance...

Je secouai la tête en réalisant que Draco venait de me dire quelque chose et lui demandai de répéter tout en commençant à vérifier que tous les meubles étaient à présent vides et les cartons fermés.

— As-tu déjà des idées de prénoms ? Je veux dire, en avez-vous discutés ?

— Il n'a accepté la situation qu'hier et ensuite... nous avons été occupés. Nous n'en avons même pas encore parlé, non.

— Et des idées ? Ça non plus, tu n'en as pas ?

— Je m'étais empêché d'y penser, avant. Et je ne sais pas, j'aimerais que Charlie choisisse. C'est moi qui ais décidé pour toi, tu sais ?! Narcissa n'était pas particulièrement contre, mais je crois qu'elle aurait voulu t'appeler autrement.

— Oh... et pourquoi m'as-tu appelé comme ça ? demanda soudain Draco curieux.

— J'avais étudié la constellation Draco quand j'étais à Poudlard et, je ne sais pas, elle a toujours eu quelque chose qui m'a attiré. Et puis, ton prénom signifie Dragon, en latin. Cela me plaisait que mon fils en soit un, en quelque sorte.

— Je ne savais pas que tu t'étais intéressé à l'Astronomie. Tu ne m'en avais jamais parlé. Enfin, c'est vrai que nous ne parlions pas beaucoup, fit-il avec un petit sourire. En tous cas, j'espère que ce sera une petite fille. J'en rêve la nuit tellement ça m'obsède.

— Et je veux définitivement que ce soit un garçon. Je l'aimerais tout autant si c'est une fille mais ce sera juste... plus effrayant je suppose. Un garçon, c'est un terrain connu, même si je n'ai pas approché de bébé depuis près de vingt ans.

Draco rit et vint me serrer dans ses bras.

— Je suppose que ça ne s'oublie pas. Et puis, tu as raison, j'imagine mal une fille avec Charlie et toi. Rien que pour faire ses cheveux le matin, ce serait un vrai désastre. Quand il m'arrive de devoir coiffer Victoire, je suis à deux doigts d'abandonner.

Je passai la main dans ses cheveux puis lui demandai :

— Harry et toi, vous l'avez déjà envisagé ?

— De quoi ?

— D'avoir un enfant. Tu m'as dit qu'il était complètement gaga de la fille d'Hermione, Rose, et tu sembles l'être tout autant, répondis-je, un sourire amusé aux lèvres.

J'étais impatient de le voir s'occuper de son futur petit frère ou petite sœur, vraiment.

— Oui et non. Le système d'adoption est bouché en ce moment. Et mes... soucis avec la justice a rendu juste impossible toute demande. Même avec Harry. Donc, nous avons juste oublié cette envie. Rose est là, tout comme Teddy et Victoire. Nous servons souvent de baby-sitter en fait. Enfin pour Rose et Victoire. Teddy, Harry ne le voit que très rarement.

— Harry est son parrain non ? Pourquoi n'est-ce pas lui qui en a la garde ? Était-ce un souhait de Lupin et Tonks ?

— Ils n'avaient sûrement pas pensé que la garde serait un souci de ce genre, ils n'ont rien prévu. Harry... Non, rien… Oublie. Il n'aimerait sûrement que je t'en parle.

— S'ils n'ont rien décrétés dans un papier officiel, la garde est censé revenir à Harry, vous le savez ça n'est-ce pas ? Être parrain dans notre Monde est une responsabilité importante, justement pour cette raison.

Et je n'arrivais pas à comprendre pourquoi ce rôle lui avait été attribué s'il ne pouvait justement pas obtenir la garde de l'enfant.

— Il ne veut pas... peiner Andromeda plus qu'elle ne l'est. Elle a perdu son mari et sa fille en quelques mois. Harry sait qu'il peut juste réclamer la garde, mais il ne veut pas. Il a peur qu'elle ne se laisser aller suite à ça.

— Et Alors ?! De toute façon, elle finira par mourir, et plus rapidement qu'Harry, ce qui fera que Teddy se retrouvera seul à un moment, et il ne se tournera pas vers le parrain qu'il voit une fois tous les trois ans.

— Je le sais, Harry le sait aussi, mais... As-tu besoin d'une explication ? Harry a toujours eu tendance à vouloir se sacrifier.

— Et c'est probablement pour ça que vous vous en entendez si bien, parce que ce n'est absolument pas ton genre. Tu ne peux pas le laisser se sacrifier tout le temps, tu risques de le perdre sinon.

— J'essaie papa. Mais je dois avouer avec honte que c'est contagieux. Je commence à ressentir beaucoup trop d'empathie envers les gens. Parfois, je me cognerai dans un mur pour cesser cette horreur.

— Tu as déjà fait assez de sacrifices comme cela, alors plus jamais. Un ou deux pour Harry, pourquoi pas, mais seulement s'il te les rend, ajoutai-je avec un sourire. Et je pourrais lui parler, s'il veut.

J'en doutais, lui et moi n'ayant jamais été proches, mais je ne perdais rien à le proposer.

— Je lui en parlerai. Mais je ne te promets rien. Sinon, soit sans crainte, il m'aime et me le montre chaque jour. D'ailleurs, ne le dis à personne, mais chaque matin, j'ai le droit à une petite phrase des plus niaise. Je les dépose dans une boîte pour plus tard.

— Une phrase niaise ?

J'avisai son expression puis ajoutai :

— Et tu trouves vraiment cela niais, ou ça te plait ?

Draco rougit et dit :

— Je vais descendre cette caisse.

— C'est bien ce que je pensais, ris-je en utilisant ma baguette pour en faire léviter plusieurs à mon tour.

Je le suivis ensuite jusqu'à notre nouvelle chambre, à Charlie et moi, qui se trouvait au rez-de-chaussée.

La seule différence était la présence d'une chambre communicante juste à côté. A la base, nous avions seulement fait une erreur dans la construction, mais finalement, cela nous arrangeait.

Nous fîmes deux autres allers-retours puis je commençai à ranger nos affaires alors que Draco rétrécissait les lits de la chambre adjacente et les remontait en haut. Il partit ensuite rejoindre Harry et les autres et je finis d'installer la chambre, fusionnant les deux lits de la pièce pour n'en faire plus qu'un.

OoOoOoOoO

Isaac, Moliva et moi quittâmes la réserve et je me dirigeai immédiatement vers le bureau de Geoffroy. Je toquai à la porte et attendis qu'il m'autorise à entrer. Toutes sortes de questions m'avaient tourmenté durant l'après-midi et il était le seul à pouvoir y répondre. Je m'assis et attendis qu'il m'accorde son attention avant de parler.

— Je me demandais, après la naissance, il se passe quoi ?

— Je ne sais pas. Je n'ai pas encore eu de réponse pour le Ministère. Soit un peu patient.

— Ah oui, non mais en fait, nous n'aurons pas besoin de cela. Charlie a eu une révélation hier et tout s'est arrangé.

Je savais être un peu brusque et rapide, mais je voulais qu'il réponde à mes questions et que je puisse ensuite rejoindre Charlie pour vérifier que tout allait bien. J'aurais peut-être mieux fait de passer le voir avant, finalement.

— C'est une très bonne nouvelle. Mais du coup, je ne comprends pas bien le sens de ta question, répliqua Geoffroy.

Je me retins de lever les yeux et ciel et soufflai :

— Charlie va avoir ce bébé, et au bout de deux jours, nous savons tous les deux qu'il va demander à retourner dans la réserve. Il ne sera pas libre pour s'occuper du bébé, et vu mon emploi du temps actuel, je ne le serais pas non plus. Alors même que tu as réduit mes heures. Et je sais que je n'ai probablement pas droit à un congé. Donc ?

— Ne t'inquiète pas de ça, j'ai déjà pensé à cette éventualité. Je vais faire les horaires de tels sortes que toi ou Charlie soit libre pour le bébé. Et si vous l'acceptez, je pourrais aussi confier la garde quelques heures aux autres. Mais afin d'éviter tout problème, il vaut mieux éviter de t'alléger les heures plus qu'elles ne le sont.

— Je vous apprécie tous, mais il est hors de question qu'un de ces gardiens lunatiques, en dehors de Charlie, évidemment, approche cet enfant tant qu'il ne sait pas se défendre ou courir.

Il rit et dit :

— C'est ce que je pensais. Donc, je ferais les horaires en conséquence.

— D'accord.

Je me levais et sortis, le saluant à peine. Non mais franchement, comme si j'allais confier cet enfant à l'un d'eux, que croyait-il ?! Je pestai dans ma barbe et rejoignis la tente des Weasley. J'entrai à l'intérieur et fronçai les sourcils en remarquant que Charlie n'était pas là. Je me dirigeai immédiatement vers Harry et mon fils qui discutaient et leur demandai :

— Où est Charlie ?

— Il est sorti il y a un moment avec Molly.

— Et c'est long comment, un moment ?

Par Merlin, ne pouvait-il pas être plus clair ?! Il faisait froid dehors et j'espérai que Charlie n'avait pas eu de crise de douleur entre temps. S'ils étaient partis loin et qu'il avait mal, Molly serait-elle en mesure de nous contacter ? Ne pouvaient-ils pas juste rester ici ?

— J'en sais rien moi, une vingtaine de minutes, peut-être plus, peut-être moins.

Il était le petit-ami de mon fils, je ne pouvais donc pas me permettre d'être trop désagréable, ou de lui lancer un impardonnable. Je me pinçai les lèvres puis me tournai vers Draco, haussant les sourcils à son intention en une demande muette.

— Désolé, j'ai été en ville. Il n'était pas là quand je suis revenu et je ne sais pas vraiment depuis combien de temps je suis là.

— Vous vous moquez de moi ?

Il fallait probablement mieux pour eux que ce soit cela. Je savais que je paniquais sans raison particulière, mais Charlie avait failli tomber dans cette foutu baignoire le matin même et il avait juste décidé d'aller se promener avec sa mère Merlin savait où. Et je savais déjà que si je partais à sa recherche, nous finirions par nous disputer.

— Non, pourquoi ? demanda mon fils.

Je m'assis sur le fauteuil et me pris la tête entre les mains, inspirant et expirant profondément. Dire qu'avec Narcissa, j'avais réussi à lui apposer un sort de localisation alors qu'elle entamait le cinquième mois, et je ne savais même pas où était Charlie alors qu'il était presque à terme. Par Salazar, pour ce que j'en savais, il pouvait très bien être en train d'accoucher en ce moment-même, quelque part dans la forêt. Je me retins de taper du pied d'impatience et remarquai que mes doigts tapotaient contre mes tempes. Molly avait combattu pendant la bataille de Poudlard, elle pourrait probablement nous prévenir si quelque chose arrivait. A moins qu'elle ne panique, évidemment. Ou qu'ils se fassent attaquer et qu'elle ne soit déjà morte tandis que son fils agonisait. Merlin, j'avais définitivement besoin de me calmer. Et je n'allais plus lâcher Charlie d'une semelle, même s'il devait me détester pour cela. Je trouverai bien un moyen de me faire pardonner.

— Je suis sûr qu'ils ne vont plus tarder, fit Harry.

— Je croyais que tu ne savais pas depuis combien de temps ils étaient partis, répliquai-je immédiatement. Comment peux-tu savoir qu'ils vont bientôt revenir ? A moins que tu ais également des pouvoirs de divination.

— Non, mais Molly à quelque chose dans le four. Et je ne l'ai jamais vu oublier quelque chose qui était en train de cuire.

— Magnifique, soyons donc rassurés, Molly va revenir pour s'occuper de sa cuisine ! Je n'arrive même pas à croire que toi et les Weasley les ayez laissé partir.

— Pourquoi les aurions-nous empêchés, entendis-je provenir de derrière.

Je me levai et lançai un regard sombre à Arthur puis répondis en essayant néanmoins d'être le moins cassant possible :

— Parce que Charlie attend un enfant, peut-être ?! Et qu'il pourrait tout aussi bien être en train de se vider de son sang sans que personne ne soit au courant.

Merlin, je savais pourquoi j'avais réussi à me contenir les derniers mois et même si je m'en voulais pour cela, les choses étaient très différentes à présent. Parce que perdre cet enfant ne serait plus un soulagement pour personne, et moins encore pour Charlie.

— Écoute, s'il s'était passé quelque chose, Molly nous aurait prévenus. Mais si tu le souhaites, nous pouvons aller à leur recherche.

— Et c'est maintenant que vous vous en inquiétez, vraiment ?

Je soupirai et sortis avant de dire ou faire quelque chose que je pourrais un jour regretter. Je ne leur confierai pas mon enfant non plus, c'était décidé. Je me demandais même comment tous leurs rejetons avaient pu s'en sortir indemne. Partir à leur recherche... très amusante proposition, surtout quand on savait qu'ils n'avaient aucune idée d'où ils pouvaient bien être.

— Je suppose qu'ils ne sont pas dans le bâtiment, et qu'ils ne sont pas non plus dans la réserve. Donc, il nous reste la forêt, fit Arthur.

— Vous vous inquiétez donc finalement ? répliquai-je, acerbe.

Je m'étais éloigné pour ne pas l'insulter mais il avait décidé de me suivre, et même de me parler. Et je me retins de ne pas sortir ma baguette pour lui lancer un sort quelconque, juste pour me libérer quelque peu de toute la tension que j'avais accumulée au cours des dernières minutes. Je n'attendis pas sa réponse et partis vers la forêt, pestant en réalisant que les probabilités pour qu'on les retrouve là-dedans étaient proches de zéro, bien trop à mon goût.

Sauf qu'avant que je n'atteigne cette dernière, Charlie et Molly en sortirent, tout sourire.

Je me pinçai les lèvres violemment et me retins de hurler, fermant les yeux et serrant les poings compulsivement. Merci Salazar, ils allaient bien, mais j'avais beaucoup de mal à supporter leurs sourires. Comment avaient-ils pu ne serait-ce que penser que sortir et aller se promener en forêt serait une bonne idée ?

— Oh tu es là. Écoute, maman m'a annoncé une bonne nouvelle, fit-il en se dépêchant de se diriger vers moi.

Je le rejoignis, refusant qu'il marche plus que nécessaire, et me retins de pester en le prenant par les épaules le plus doucement possible. Était-il vraiment obligé de presque courir ? Il ne l'avait pas fait les derniers mois mais maintenant, Monsieur pensait que c'était l'idée du siècle.

— Quelle bonne nouvelle ? demandai-je en adoucissant ma voix le plus possible.

— Ils sont venus avec le nécessaire pour le bébé. Biberons, berceau, linge et le reste. Ce sera déjà ça de moins à penser.

— Magnifique. On rentre ?

— Oui, j'ai un peu froid, dit-il en se blottissant contre moi.

Je passai mon bras autour de ses épaules et le guidai doucement jusqu'à la tente des Weasley alors que Molly rejoignait son mari. Je m'incitai au calme et décidai de lui parler le soir même. Pour l'instant, Charlie semblait heureux et de bonne humeur, et je voulais que cela reste ainsi le plus longtemps possible. Je m'assis sur le canapé et le tirai sur mes genoux, espérant qu'il n'allait pas me faire de réflexion sur son espace vital, certain que je ne le supporterais pas de suite. Je ne manquai pas les regards étranges qu'Harry, Draco et Arthur me lancèrent mais je les ignorai, préférant poser mon menton sur l'épaule de Charlie et entourer sa taille de mes bras.

— Tu m'as manqué, fit-il en se laissant aller contre moi. Ta garde s'est bien passée, comment vont les Dragons ?

— Comme d'habitude.

Plus le temps avançait, et plus on pouvait sentir qu'ils étaient dans l'attente de quelque chose, mais rien ne changeait réellement dans leur comportement.

— Bien, maintenant, tu es tout à moi, chuchota-t-il en se tournant un peu. Et merci pour la chambre.

— De rien. J'espère que tu as bien profité de ta promenade.

— Oui oui. Je t'en parlerais plus tard.

Il me sourit avant d'ajouter plus fortement :

— Qui se dévoue pour me servir un lait bien chaud ?

— On a été plus rapide cette fois, dit Fred avec un sourire alors que George lui en tendait un.

— Tellement prévisible, ajouta ensuite ce dernier.

— Prends-en de la graine Lucius.

— J'en avais l'intention, ne t'en fais pas, répliquai-je avec un sourire.

Charlie allait avoir tout ce qu'il voulait et dont il avait besoin. Il aurait également tout ce que je voulais et avais besoin en ce qui le concernait, ne lui en déplaise.

— Oh il bouge, souffla-t-il. Il semble aimer les produits laitiers.

— Ou alors il est juste content de ne plus être dehors dans le froid, fis-je doucement en posant mes mains sur son ventre, un sourire étirant mes lèvres en le sentant donner un coup de pied.

— Aussi. Mais ça m'a fait énormément de bien. Nous pourrions faire une petite balade chaque jour. Tu en penses quoi ?

— Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée, répondis-je vaguement. Ou alors vraiment pas loin et toujours avec moi, si tu en as vraiment envie.

Voilà, je pouvais faire des efforts et tout irait bien. Comparer Charlie à Narcissa à la même période était tentant mais vraiment pas conseillé, surtout qu'il ne serait jamais aussi docile.

— Ah mais, je parlais de toi et moi dans la forêt, seuls.

Il rit et ajouta :

— Bon, nous allons vous laisser, cette balade m'a fatigué. A demain tout le monde !

Personne ne sembla y croire une seule seconde et ils rirent plus ou moins discrètement alors que Charlie se levait et m'entrainait derrière lui. Je saluai les Weasley et embrassai mon fils tandis que le rouxl en faisait de même avec ses parents, puis nous rejoignirent notre chambre et je fermai la porte alors que Charlie se dirigeait vers le lit.

— Alors, vas-tu reconsidérer mon offre de ce matin ? demanda ce dernier tout sourire.

— A une condition, répondis-je sur le même ton.

— Dis toujours, s'inquiéta-t-il.

Je le fis s'asseoir au bout du lit et m'installai à ses côtés, passant mon bras autour de sa taille pour caresser la peau chaude de son flanc alors que mon autre main parcourait sa cuisse.

— Plusieurs conditions en fait, mais que l'on peut regrouper en une seule.

J'embrassai son cou et léchai sa peau, mes doigts dérivant vers l'intérieur de sa cuisse.

— Plus de promenades improvisées, plus rien d'improvisé à vrai dire. Et ce jusqu'à la naissance du bébé.

Je mordillai sa peau et effleurai son membre tout en caressant son torse, taquinant ensuite ses boutons de chair.

— Je veux savoir où tu es à tout moment, tu ne prends les escaliers sous aucun prétexte, et pas de bain ou de douche ou quoi que ce soit impliquant de l'eau tout seul. Rien de dangereux, ou de possiblement dangereux.

— Bordel, j'aimerais t'envoyer chier, mais j'ai juste envie de toi là, tout de suite et je suis prêt à tout accepter à une seule condition.

Je pressai ma main contre son sexe et soufflai :

— Je t'écoute.

— Que... tu me prennes... dès que j'en ai envie et que tu es disponible.

— Marché conclu, souris-je avant de l'embrasser profondément.

A vrai dire, cette condition me convenait probablement autant qu'à lui. Il m'avait vraiment trop manqué.

Nous espérons que ce huitième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Abby and Jes


Ps : Si vous ne le saviez pas déjà, il y a eu une fic publiée entièrement, c'est une Lucius/Fenrir "Moi aussi".