Auteur : Abby and Jes
Titre : Bairim
Couple : Lucius/Charlie
Genre : Romance/Drame
Rated : M
Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.
Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.
Statut : Finie à l'écriture.
Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.
Périodicité de publication : Un chapitre tous les quinze jours, si on arrive à garder le rythme avec nos cours respectifs -)
Note des auteurs : Comme promis avec le chapitre précédent, voici la suite. Nous espérons qu'elle vous plaira. Bonne lecture. (Ps pour honey1607 : nous avons réussi toutes deux nos examens. Merci d'avoir demandé)
Merci à Swiatlo, paulin54, holybleu, Guest, honey1607 pour leur review. C'est super de voir qu'en à peine 24 heures, vous êtes toujours au rendez-vous (^-^)
Partie II
Bairim
Chapitre 11
Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une béta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.
POV Charlie
J'étais de garde dans l'après-midi, alors je passais du temps avec Bairim. Enfin, il était dans son couffin et moi je lisais, assis sur le canapé devant la fenêtre. J'avais vu Lucius si peu les derniers jours qu'il commençait à me manquer.
Et le petit qui ne désirait pas faire ses nuits, pleurant toujours autant, allait vite nous rendre fous.
Je lisais un livre sur les bébés, m'étant rendu compte que je ne savais presque rien sur eux. Et avec Bairim, il valait mieux que j'en sache le plus, afin d'éviter qu'il ne me manipule avec ses yeux magnifiques, remplis de larmes. J'avais l'impression qu'ils me disaient de le prendre dans mes bras et le serrer, sans plus le lâcher. Et je devais aussi avouer que depuis que Lucius et moi avions fait l'amour sur le bureau de Geoffroy, je ressentais un peu moins de culpabilité. Je relevai la tête en entendant du bruit et souris à Harry, qui était toujours présent, avec Draco.
— Salut ! dis-je en fermant le bouquin, marquant la page pour reprendre ma lecture plus tard.
— Salut Charlie. Intéressant comme lecture ?
— Oui et non. C'est un livre sur les bébés que maman a apporté.
— Il t'explique comment l'éteindre ? me demanda Harry avec un sourire amusé.
— Malheureusement non. Le pire, c'est que là, il est tout calme. Mais la nuit, c'est juste un enfer, soupirai-je.
— C'est ce que j'avais cru comprendre, en effet.
— Et vous ? Vous partez quand ? Pas que votre présence me gène, mais j'avais cru que vous repartiriez avec les autres.
— Tu... ne sais pas ?
— Non, savoir quoi ? demandai-je en m'installant mieux.
— Et bien, je pensais que Lucius t'en avait parlé mais Draco et moi sommes en train de nous installer à Petroşani, la ville la plus proche de la réserve, à une soixantaine de kilomètres de là.
— Sérieux ? Vous venez vous installez en Roumanie ? À quelque secondes en transplanage d'ici ?
J'étais plus que content de cette nouvelle. Bairim allait avoir son grand frère proche de lui, et pas présent qu'une fois par mois pendant les prochaines années.
— Oui, je suis sérieux. Mais n'en parle pas aux Weasley s'il te plait, seuls Ron et Hermione sont au courant pour l'instant. À la base, on ne devait vous le dire que quand c'était sûr et certain mais Draco a craqué face à son père alors...
— Oh...
Je me rendis alors compte avec tous ça, que Lucius avait été au courant.
— Je... Aucun souci, je vais garder ça...
— Charlie ! Viens me voir dans mon bureau, me coupa Geoffroy avant de filer.
Je regardai Harry et il sourit, tout en disant :
— Je vais te garder Bairim, ne t'en fais pas. Et merci.
— Tu es sûr ? demandai-je en regardant le couffin et en me rendant compte que le petit dormait toujours.
— Certain, je devrais m'en sortir même s'il se réveille. Et s'il y a un problème, je sais où te trouver.
— Okay.
Je me levai et sortis rapidement pour me rendre au bureau. Je rougis, repensant à Lucius et moi. Je soufflai ensuite et frappai à la porte, entrant quand Geoffroy m'y invita. Bizarrement, je sentais mal la conversation que nous allions avoir. Je pris place rapidement et attendis qu'il parle.
— Tout d'abord, j'ai reçu une montagne de courriers des autres réserves qui me disent tous la même chose. Les Dragons se comportent étrangement, savez-vous pourquoi ? J'hésite quant à ce que je devrais leur répondre. Leur parler de ton fils et de tout ce qu'il s'est passé au cours des derniers mois me paraît compliqué et risqué, je ne suis pas certain de savoir comment ils réagiraient. Qu'en penses-tu ?
— Je ne sais pas trop. D'un côté, c'est plus ou moins la cause de leur changement de comportement, mais j'ai peur qu'ils arrivent tous en masses pour faire passer toutes sortes de tests à Bairim. Essaie plutôt de savoir s'ils sont agressifs et intenables. Si c'est le cas, nous aviseront, il ne faut pas que cela soit un danger encore plus grand pour les gardiens.
— Je suis d'accord avec toi. Je vais leur dire que je ne sais pas et d'essayer d'être patient, nous verrons comment ils réagissent.
— Pas de soucis, fis-je en me relevant.
— Rassis-toi ! Tu ne crois tout de même que c'est pour ça que je t'ai convoqué ? J'aimerais que tu me reparles de ce « comme quand je me suis réveillé et qu'ils étaient tous autour de moi ».
Je blanchis et m'assis.
— J'avais espéré que tu aurais oublié.
— Bel espoir. Et donc, depuis quand penses-tu que t'endormir dans la réserve est une bonne idée ?
— Je ne l'ai jamais pensé. C'était juste un accident.
Et je ne disais que la vérité. J'avais fermés les yeux une seule seconde. Bordel, il n'allait pas me virer pour ça en prétextant qu'avec Bairim, c'était le mieux à faire. C'était mon fils, mais je restais avant tout un gardien de Dragon !
— Un accident qui rentre définitivement dans la catégorie des comportements inadmissibles !
— Je n'ai pas été blessé, rétorquai-je. Et il ne m'est rien arrivé. Ne fais pas ça, sifflai-je en le fusillant du regard. Il y avait des circonstances atténuantes bordel !
— Et c'est pourquoi je ne vais pas te renvoyer.
Je soufflai de soulagement et demandai :
— Que vas-tu faire alors ? Pourquoi m'as-tu fait venir ?
— Parce que je ne vais pas laisser cela impuni. Crois-moi, les autres gardiens vont t'adorer puisque tu vas prendre tous leurs tours de ménage pour le mois à venir, et tu seras également de corvée vaisselle dès que tu seras disponible. Je vais modifier les plannings pour être sûr que cela fonctionne correctement, tant pis si tu passes moins de temps dans la réserve pour ce faire. Et de rien, je ne touche pas aux heures que tu as avec ton fils mais je me suis dit que lui n'avait rien fait de mal, après tout.
— Tu plaisantes ? Ménage ? Vaisselle ?! Il en est hors de question, je ne suis pas une foutue femme de ménage !
J'étais de mauvaise foi, mais si j'avais une chance pour qu'il retire sa « punition », je devais la tenter. Après tout, je n'avais rien contre le faire, je ne voulais juste pas le faire, c'était différent.
— Très bien, je comprends. Ta lettre de renvoi est quelque part sur mon bureau, je l'envoi au Ministère dès que je mets la main dessus et tu pourras partir. Bonne fin de journée.
— Attends ! Enfoiré, fis-je en le voyant sourire. Très bien, je ferais ton foutu ménage.
Je me levai et m'apprêtai à sortir quand il me dit, la voix remplie de contentement :
— Bien, ravi que nous ayons trouvé un compromis.
— Au fait, fis-je en ouvrant la porte, ton bureau fait un peu mal au dos.
Je sortis sans attendre et me rendis au salon où je vis Harry faire des grimace à Bairim, réveillée mais pas en pleurs.
— Il s'est réveillé il y a quelques minutes mais il est calme pour l'instant, me dit-il avec un sourire avant de redonner toute son attention à Bairim.
— Pourquoi ? soufflai-je en prenant place sur le fauteuil près d'eux.
— Pourquoi quoi ?
— Charlie ! tonna Geoffroy en entrant dans le salon.
Il me balança une lettre à la figure et ajouta :
— C'est pour toi ! Et tu commenceras par mon bureau que je veux nettoyé de fond en comble avant demain !
— Ouais, grognai-je.
Puis, je regardai Harry et demandai, une fois Geoffroy parti :
— Pourquoi venez-vous habiter en Roumanie. Votre magasin est en Angleterre et... tes amis y sont aussi.
— On peut ouvrir un magasin n'importe où et... mes amis sont en Angleterre, c'est vrai, mais Draco n'a personne là-bas. Et je peux aller au Terrier ou chez Ron et Hermione quand je veux.
— Non, tu dois avoir un Portoloin. Il n'y a pas de réseau de cheminette ouvert entre ici et l'Angleterre. Alors, pourquoi fais-tu ça ?
— L'Angleterre me fatigue. Et même si j'ai besoin d'un Portoloin, je peux tout de même aller les voir plusieurs fois par mois si je le veux. Draco n'a le droit qu'à une visite par mois et... je ne pense pas qu'il le supporterait. Bairim est bien trop craquant.
— Je sais, il tient de moi, ris-je. Et pour le Ministère. Je suppose que tu feras en sorte de me rendre visite, afin que Draco t'accompagne.
— Le Ministère n'a aucun besoin de connaître mes allées-et-venues, peu importe qui je visite. Et ils auront mieux à faire que de surveiller Draco jour et nuit. Puisqu'il va pouvoir venir ici en transplanant, le Ministère ne pourra pas le savoir. Après tout, seuls les Portoloins sont surveillés.
— Et si de votre faute, un Auror était assigné au camp, fis-je en pensant que cela serait invivable.
— De ce que j'en ai entendu, si un Auror doit être assigné au camp, ça ne sera pas à cause de nous. Après, si cela ne te plait pas, dis-le clairement. Draco s'inquiétait que son père refuse mais je dois t'avouer que je n'avais pas pensé que cela pourrait être un problème pour toi.
— Et il n'y en a pas, je n'ai juste pas envie que Lucius voit sa peine être encore plus dur moralement avec un Auror dans les pattes. Je suis content que vous restiez en Roumanie, mais je dois aussi penser à lui, je suis son gardien et l'homme qui l'aime
— Je comprends. Mais d'après Draco, Lucius était ravi, alors je te souhaite beaucoup de courage si tu veux empêcher son fils de venir le voir.
— Je n'ai pas dit ça non plus, soupirai-je.
Je me frottai le visage et dis :
— J'ai juste peur qu'un tel changement rende les choses encore plus compliquées. Mais t'avoir ici, ainsi que Draco, n'est pas un problème.
— Nous n'allons pas être dans vos pattes, nous aurons notre propre vie à gérer et notre magasin. Et on ne passera pas à l'improviste non plus. Et puis, le Ministère veut rester en bons termes avec moi, tant que je ne dépasse pas les bornes, évidemment. Il n'y aura pas de problèmes, promis.
— Vous pouvez même être ici vingt quatre heure sur vingt quatre, tant que Lucius n'a pas d'ennui à cause de ça, moi, ça me va, expliquai-je. Donc, comme ça, vous allez ouvrir un magasin en Roumanie. Sans parler roumain, ajoutai-je rieur.
— Nous allons apprendre. Et en attendant, nous allons apposer un sort sur le magasin qui va nous permettre de comprendre et d'être compris par tous.
— Un magasin de quoi ?
Je haussai les sourcils et murmurai :
— Un Sex Shop ?
— Ça t'aurait plu, avoue, sourit-il en rougissant légèrement.
— Tu ne peux pas imaginer tout ce que j'aurais aimé acheter quand j'y suis allé avec Draco. D'ailleurs, tu ne m'as jamais remercié pour le cuir.
— J'ai préféré éviter de me rappeler que tu avais vu Draco porter ça, en fait.
— Oh...
— Après, j'en ai bien profité, donc merci. Mais j'aimerais que vous n'en preniez pas trop l'habitude, ou je me sentirais obligé d'aller faire les magasins avec Lucius.
J'explosai de rire. Je pris ensuite la lettre et l'ouvris. Je découvris que c'était en fait le Ministère qui m'informait que la Magenmagot avait statué sur le fait que je restai impartial et que le bébé n'allait rien changer. Je devais néanmoins leur fournir chaque planning et les informer des changements éventuels. Ils avaient joint aussi le document pour enregistrer Bairim et je soupirai de soulagement.
— Bonne nouvelle ? me demanda Harry.
— Oui. Le bébé ne change rien à la peine de Lucius.
— Et c'est... une bonne nouvelle ? Je veux dire, que croyais-tu que cela changerait ?
— Un Auror est venu et je l'ai mal reçu. Il a dit que vu notre situation, je ne pouvais plus être impartial envers Lucius. J'ai eu peur, qu'il le place ailleurs ou que sais-je.
— Ah, je vois. Tant mieux s'ils ne font rien dans ce cas.
— Oui, souris-je.
Bairim se mit soudain à pleurer et Harry tendit les bras pour le prendre.
— Non ! Attends deux trois minutes, c'est dans le livre et Lucius dit la même chose.
— Euh... d'accord, dit-il en se rasseyant correctement et en observant Bairim.
— Sinon, quel genre de magasin ? redemandai-je.
— Des vêtements moldus, comme en Angleterre, même si on se fournira aussi en cuir, notamment pour vous, les gardiens. Nous avons vu qu'il n'y avait pas de magasins qui en faisait en ville, ce qui ne doit pas être très pratique pour vous, d'ailleurs. Enfin bon, il ne nous manque plus que une ou deux autorisations et nous devons signer un contrat avec encore deux fournisseurs. Mais dans deux ou trois semaines, tout devrait être réglé.
— Des cuirs ? Oh, cela pourrait en effet être intéressant. Je suis content !
Je me levai et pris Bairim dans les bras avant de dire :
— Tonton Harry va s'occuper de toi pendant que je prépare ton biberon. D'accord ?
Je n'attendis pas et le posai dans les bras de ce dernier avant de quitter la pièce en disant :
— Il a fait caca.
— Je me vengerai ! répliqua-t-il.
Je souris et filai rapidement préparer le biberon. Je me trompai dans le dosage et dus recommencer. Je sentis soudain une paire de bras m'entourer et sachant qui c'était et voulant jouer, je soufflai d'une voix séductrice :
— Harry, pas ici, on pourrait nous voir.
Il me lâcha immédiatement et partit. Je le suivis et vis Lucius, le visage rempli de colère sortir du salon.
— Attends, calme-toi, dis-je.
Mais il ne m'écouta pas et je vis avec effroi Harry revenir avec le petit. Lucius lui prit des mains avant d'aller le déposer dans son couffin. Je me plaçai entre Harry et lui, comprenant que ma blague était mal passée.
— Attends Lucius, ce n'est pas ce que tu crois !
— Pas ce que je crois ? Que tu me trompes, passe encore, même s'il est clair que cela sonne la fin de ce qu'on peut être pour toi, mais si vous vous êtes moqué de mon fils...
— Pardon ? fit Harry ne comprenant pas.
— C'était une blague, dis-je en même temps. Bordel Lucius, je blaguais !
Il plissa les yeux et m'observa attentivement, fixant ensuite Harry quelques secondes avant de siffler :
— Comme s'il y avait une seule chance pour que je trouve ça drôle ! Ravi de constater que tu me connaisses aussi bien.
Il prit Bairim dans ses bras et repartit vers la cuisine sans un regard en arrière.
— Heu, désolé, soufflai-je en direction d'Harry avant de filer rejoindre Lucius.
Quand je fus dans la cuisine, je fermai la porte et murmurai :
— Je ne pensais pas que tu allais fuir comme ça. Je... Plutôt que tu me prennes ou m'embrasses pour marquer ton territoire. En fait, je n'ai rien pensé du tout, avouai-je. Je suis toujours le seul à comprendre mes blagues. C'est assez minable.
— Tu avais l'air sérieux, répliqua-t-il en finissant de préparer le biberon de Bairim comme il le pouvait avec une seule main. Et je ne marquerai pas mon territoire si tu veux quelqu'un d'autre, je partirai. Je te l'ai dit, la fidélité n'est pas quelque chose avec laquelle je peux plaisanter.
— Je sais. J'suis con, soupirai-je.
Je voulus lui prendre le petit, mais il l'éloigna.
— Arrête ça ! claquai-je d'une voix froide. C'est mon fils aussi, tu ne peux pas m'interdire de le prendre, compris ?!
— Tu as passé l'après-midi avec lui mais je ne peux pas le garder cinq minutes ? C'est aussi ton fils ou juste ton fils ?
Je restai figé quelques secondes avant de quitter la pièce, la colère bouillonnant. Sa question à la con n'avait rien à avoir avec ce qu'il venait de se passer. Il m'avait empêché de prendre Bairim, alors que j'avais voulu le faire pour qu'il puisse terminer le biberon avec ses deux mains.
Je pris la direction du bureau de Geoffroy, commençant le ménage, le corps en ébullition. Si j'avais répondu qu'il était notre fils, il gagnait, si j'avais répondu l'inverse, je perdais.
Foutu Serpentard de merde !
Je rangeai et dépoussiérai, trouvant que le bureau était un vrai capharnaüm. J'eus fini une bonne heure plus tard, ou ce que je pensais être une heure mais qui en réalité, en était deux. Je soufflai et partis me servir une bonne tasse de chocolat avant de prendre la direction du salon, où était Hulrick, Johanna, Draco, Harry et Lucius qui tenait Bairim contre son torse, dos à lui. Le petit jouait avec les mains de son père. J'eus envie de crier ma colère, en repensant à ce qu'il s'était passé en cuisine et pris place loin d'eux, buvant à petite gorgée de mon chocolat, sans même leur lancer un regard. Harry vint s'installer à côté de moi et me demanda :
— Ça va ?
— À ton avis ? répliquai-je plus froidement que je ne l'aurais voulu.
— Vous êtes tous les deux sur les nerfs et ça a semblé avoir un lien avec moi. Ai-je fait quelque chose ?
— Non, j'ai juste fait une blague qui a mal tournée. Et il... il a...
Je me tus et serrai les mâchoires, voulant la tout de suite aller lui mettre un bon coup de poings en plein visage. Oh comme je le voulais, là. Oh oui !
— Il a ? hésita-t-il.
— Il m'a empêché de prendre Bairim, répondis-je à voix basse.
— Il t'en a empêché ? fit Harry, visiblement surpris.
— Oui, il le tenait dans ses bras et j'ai voulu le prendre. Il s'est reculé.
En parler raviva en moi la colère et je serrai ma tasse fortement, tout en fusillant Lucius du regard. Il chuchotait quelque chose dans l'oreille du petit et je sus qu'il parlait de moi, disant sûrement que j'étais un mauvais père.
— Ah... Il voulait sûrement juste le garder un peu, pas t'empêcher de le prendre. Tu devrais en parler avec lui, non ?
— Sûrement pas. Il... Je suis certain qu'il lui chuchote des trucs négatifs sur moi, je vais aller faire un tour.
Je me levai et quittai le bâtiment rapidement. Je transplanai et me rendis dans une taverne où j'allais de temps en temps avec Sven avant qu'il ne meurt. La serveuse passa près de moi et je lui commandai une bière, dans un roumain des plus approximatifs, Sven se chargeant toujours de prendre les commandes. Elle me sourit et me servit rapidement. Je bus d'une traitre et en recommandai une qui fut tout aussi rapidement vidée.
Bientôt, j'avais un nombre de verre vide sur ma table et une jeune femme s'installa à mes côtés. Je la repoussai peut-être un peu trop violement car je fus mis rapidement à la porte. Je souris, un peu éméché, en me disant que du coup, je n'avais payé aucune consommation.
Je filai dans les rues sombres, la nuit étant tombée. J'allai du côté sorcier et me rendis à Gringotts pour retirer de l'argent, me rendant compte que j'avais quand même rien eu sur moi pour payer à la taverne. Une fois quelques gallions en poche, j'allai dans le premier bar et commandai un Scotch, avant de continuer au Whisky Pur Feu.
Ma tête tournait, et je voyais trois mains voire quatre. Je me mis à rire, tombant finalement de mon tabouret, et un homme barbu me releva, avant de m'aider à m'asseoir. Il me parla, mais je ne compris rien et recommandai un verre que je bus cul sec avant de me sentir tomber, une fois de plus.
POV Lucius
Je tournai en rond dans la chambre de Bairim depuis près de trente minutes, essayant vainement d'endormir ce dernier. Charlie était parti depuis des heures et il n'avait donné aucune nouvelle depuis. Et personne ne savait où il pouvait bien être parti, ce qui ne m'aidait absolument pas à me calmer. Je ne savais pas ce qu'il avait aujourd'hui, mais entre sa blague tout sauf amusante, sa crise ensuite parce que Bairim était son fils et ce qu'il avait dit à Harry. Merlin, comment pouvait-il sérieusement penser que j'essayerai de monter Bairim contre lui ? Pour quel genre de personne me prenait-il ? Je serrai les mâchoires et inspirai profondément tout en continuant de bercer notre fils qui avait enfin fermé les yeux. J'entendis la porte s'ouvrir et me retournai pour me retrouver face à Draco qui me sourit doucement et me chuchota :
— Geoffroy est parti en ville chercher Charlie, un de ses amis l'a reconnu et l'a appelé. Harry est parti avec lui.
— Où était-il ? lui demandai-je sur le même ton.
— Dans un bar.
— Tu pourrais les attendre et leur dire d'être silencieux quand ils l'amèneront dans la chambre, je préfèrerais vraiment qu'il ne réveille pas Bairim.
— Oui, pas de problème. Ça va toi ?
— Non, mais je ferais avec.
Il y avait un problème avec Charlie et plutôt que de m'en parler, il avait préféré aller dans un bar faire Merlin savait quoi. Ce qui faisait que je me demandais si cette histoire de mariage n'était pas une autre de ses stupides blagues.
— Bon, je vais y aller avant qu'ils ne reviennent avec lui.
— Bonne nuit, et merci.
— Oui. Et papa ?
— Hm ?
— Essaie de ne pas être top en colère, ça ne vous mènera nulle part.
— Je ne suis pas en colère Draco, souris-je doucement.
Et c'était vrai. J'étais inquiet, blessé et vexé, mais pas en colère.
— D'accord. Bon, j'y vais, ils ne vont plus tarder.
Je marmonnai mon assentiment vaguement tandis qu'il refermait la porte puis je déposai Bairim dans le berceau le plus délicatement possible. Il s'agita un peu mais ne se réveilla ni ne commença à pleurer. Charlie allait bientôt revenir et je n'étais pas certain de savoir comment réagir. Je suppose que j'allais aviser selon son état. Je sortis de la chambre de Bairim et refermai la porte puis ramassai deux trois vêtements qui trainaient avant de me changer, enfilant un pantalon lâche et un t-shirt. De légers coups furent frappés à la porte et j'allais ouvrir pour trouver Geoffroy et Harry essayant de maintenir Charlie debout, ce dernier étant visiblement dans les vapes.
— Posez-le sur le lit, s'il vous plait, fis-je en les aidant du mieux que je le pouvais.
Une fois qu'il fut allongé, je les remerciai et ils partirent alors que je l'observai. Pour se retrouver dans cet état, il devait vraiment avoir bu plus que de raison. Je soupirai et lui retirai son pantalon ainsi que sa veste et son T-shirt, le laissant nu sur le lit. Je tirai les couvertures pour le couvrir puis hésitai quelques minutes.
Je n'étais vraiment pas certain de vouloir dormir avec lui ce soir, encore moins vu l'odeur qu'il dégageait. Sauf qu'il n'y avait plus d'autres lits disponibles et puis même, il était hors de question que je laisse Bairim seul avec lui ce soir. Geoffroy avait accepté que je ne sois pas de nuit cette fois-ci et Johanna m'avait remplacée avec plaisir. Je savais qu'elle, Hulrick et Carlos adoraient être de nuit, et je pouvais comprendre pourquoi.
Je m'assis sur le lit à côté de Charlie et passai la main dans ses cheveux. Il marmonna et se tourna, avant de grogner. J'embrassai sa tempe puis me relevai, rejoignant la chambre de Bairim et fermai derrière moi après avoir récupéré une couverture. Je m'assis sur le fauteuil que nous avions mis dans un coin de la pièce et me couvris avant de fermer les yeux.
OoOoOoOoO
Je me réveillai et me redressai, clignant des yeux en réalisant que j'étais assis et non pas allongé comme j'aurais dû l'être. Je me remémorai ensuite les évènements de la veille et me frottai les yeux avant de me lever pour prendre Bairim qui venait de se réveiller. Je le berçai quelque peu mais il continua de pleurer alors je regardai dehors tout en posant ma main sur son front. Il n'avait aucune raison d'être malade mais je préférais vérifier. Il faisait toujours aussi nuit et je constatai bientôt qu'il n'était que trois heures du matin. J'étouffai un bâillement et partis en cuisine avec le petit pour lui préparer un biberon. Il se calma un peu alors que je le berçais mais continua de chouiner jusqu'à ce que je lui mette la tétine dans la bouche. Je retournai dans sa chambre et m'assis, lui dans mes bras, puis fermai les yeux en continuant de le nourrir. Je baillai et rouvris les yeux quelques minutes plus tard en le sentant recracher la tétine. Je posai le biberon vide à terre et me levai pour le recoucher mais réalisai qu'il ne sentait pas particulièrement bon.
— T'as vraiment de la chance que je t'aime toi, soupirai-je en l'allongeant sur sa table à langer.
Je le changeai et jetai la couche usagée puis le recouchai. Il m'observa et je le regardai en retour mais il ne cria pas pour que je le prenne dans mes bras. Je restai néanmoins près de son berceau pour qu'il puisse me voir et finis par m'appuyer dessus, m'endormant.
Je sursautai et secouai la tête, regardant à l'intérieur du berceau pour constater qu'il s'était endormi. Je vis qu'il était près de quatre heures du matin et compris que je devais m'être assoupi également. J'avisai le biberon au sol et pris ma baguette pour le nettoyer avant de jeter un œil à l'intérieur de ma chambre. Je vis la forme de Charlie emmêlé dans les couvertures et refermai la porte, allant me rasseoir sur le canapé et me rendormant immédiatement.
OoOoOoOoO
Je sursautai en entendant des cris et soupirai en réalisant que c'était encore Bairim. J'hésitai à le laisser pleurer mais s'il le faisait, il allait finir par réveiller Charlie et je ne le voulais pas. Je me levai et le pris dans mes bras, le berçant alors que mes yeux se fermaient tous seuls. Il s'était réveillé deux fois de plus entre le biberon et cette fois-ci sans aucune raison. Rien n'avait pu le réveiller, rien de ce qui se passait dans sa chambre du moins et je me demandais s'ils ne faisaient pas des cauchemars. Je ne savais pas comment son petit cerveau fonctionnait et enregistrait les informations mais après tout, nous l'avions présenté à des Dragons, cela l'avait effrayé d'une façon ou d'une autre et il me faisait du coup des mauvais rêves.
Bairim finit par se calmer mais ne ferma pas les yeux pour autant. Je vis qu'il était plus de sept heures et me mordis la lèvre en réalisant que j'étais censé aller travailler dans la réserve dans moins d'une heure. Je reposai le petit dans son lit et voyant qu'il allait se remettre à pleurer, je le suppliai presque de ne pas le faire et me précipitai dans ma chambre le plus discrètement possible pour récupérer mon pantalon et ma veste en cuir ainsi qu'un pull blanc en laine. Je revins dans la chambre de Bairim et refermai la porte en l'entendant recommencer à pleurer. Il s'arrêta quand il me vit et je lui souris avant d'aller dans un coin de la pièce pour me changer. Je le repris ensuite dans mes bras et m'affalai à moitié sur le fauteuil, le maintenant contre mon torse. Il me restait exactement 45 minutes avant de devoir prendre mon poste, ce qui me laissait environ 30 minutes de sommeil dont je comptais bien profiter au maximum. Je fermai les yeux et réalisai que je n'avais pas mis mon réveil mais décidai de ne pas me relever, Bairim allait sûrement bientôt me réveiller à nouveau de toute façon.
OoOoOoOoO
Je me sentis secoué et entendis une voix comme étant celle d'Abigail souffler :
— Lucius, réveille-toi, tu es en retard.
J'ouvris les yeux, les clignant ensuite plusieurs fois. Je sentis quelque chose de chaud contre mon torse et baissai le regard pour voir Bairim, tranquillement endormi contre moi. Je relevai la tête et regardai Abigail puis murmurai en étouffant un bâillement :
— Il est quelle heure ?
— Plus de 10 heures.
— Quoi ? Oh Merlin je... je vais donner Bairim à Draco et j'arrive.
— Il est parti avec Harry depuis un moment, souffla-t-elle.
— Parti ? Je fais quoi avec Bairim du coup ?
— Tu peux me le confier, si tu veux. Ou réveil Charlie, il dort toujours. Il ronfle même.
— Tu étais de garde quand pour la dernière fois ?
— En fin d'après-midi, hier. Comme aujourd'hui. Pourquoi ?
Je me levai et posai Bairim dans le lit le plus délicatement possible puis répondis :
— Ce n'est pas contre toi, mais je préférerais vraiment que tu t'asseyes quelque part et que tu te contentes d'aller secouer Charlie s'il se réveille. Et si tu vois qu'il n'est pas en état pour s'occuper de lui, viens me chercher s'il te plait.
Je me passai les mains sur les yeux, espérant que cela finirait de me réveiller, puis plaçai ma main devant ma bouche quand je baillai. Merlin, je n'avais pas réalisé jusque là à quel point être deux à se lever la nuit était moins fatiguant que le faire tout seul. Et je ne pouvais m'empêcher d'en vouloir à Charlie pour ne pas avoir été capable de s'en occuper un peu et j'en voulais aussi à Draco et Harry pour être parti.
Salazar, j'étais de mauvaise humeur.
— Euh... et bien pas de problème, mais vraiment, je peux m'en occuper. J'ai eux deux frères en bas âge. Mais... Laisse tomber, va-y. S'il se passe quoique ce soit, je réveille Charlie et viens te chercher.
— Merci. Est-ce que tu sais avec qui je suis dans la réserve ?
Selon avec qui j'étais, j'allais devoir trouvé une plus ou moins bonne excuse. J'espérais juste que Geoffroy était dans son bureau perdu dans sa paperasse.
— Geoffroy et Isaac, je pense.
— Magnifique.
Je jetai un dernier regard à Bairim puis partis chercher mon balai, me retenant pour ne pas frapper Charlie avec. Je me hâtai ensuite et entrai dans la réserve trois minutes plus tard. Je baillai une fois de plus et cela m'agaça plus que de raisons. Je rejoignis Geoffroy et Isaac et vis immédiatement que mon retard avait été parfaitement remarqué. Rien d'étonnant en même temps, puisque j'avais plus de deux heures de retard. Je sentis mon estomac se contracter et me demandai vaguement quand était la dernière fois que j'avais mangé. Je n'avais rien avalé la veille, trop inquiet pour Charlie et agacé, et je le regrettai à présent. Je serrai mes poings sur le balai et inspirai profondément. La journée venait à peine de commencer et si je me laissais m'énerver ainsi, j'allais finir par tuer quelqu'un avant qu'elle ne se termine.
— Te voilà enfin, cria Geoffroy pour que je l'entende. Bon, les Dragons sont toujours aussi énervés si pas plus. Restons sur nos gardes !
Je fus rassuré qu'il ne me reproche rien et nous fîmes le tour de la réserve plusieurs fois. Les Dragons étaient en effet sur les nerfs et cela m'énerva également. Pourquoi se comportaient-ils ainsi ? Je repensai à la nuit infernale que j'avais eue avec Bairim et espérai sincèrement qu'il n'y avait aucun lien. Notre garde se finit quelques heures plus tard et nous sortîmes de la réserve heureusement sans encombre. Je descendis de balai alors que Geoffroy refermait la porte et je m'étirai, me sentant courbaturé de partout. Ah oui, j'avais dormi sur le fauteuil pas si confortable que cela, additionné à la garde... j'avais juste envie de retourner me coucher.
— Lucius, tu as ordre d'aller te reposer, fit Geoffroy en me rejoignant. Tu étais à la limite de t'endormir en plein vol à certains moments.
— Ah... hm. Bonne fin de journée.
Je n'attendis pas plus et décidai d'aller tout d'abord en cuisine pour avaler quelque chose. Je me figeai néanmoins en entrant dans la salle à manger. Charlie était assis, une tasse de chocolat probablement devant lui et il se tenait la tête entre les mains. J'aperçus le couffin à ses côtés et en déduisis que Bairim était avec lui. Je partis en cuisine où Carlos sortait un plat avec une odeur alléchante du four. J'avais prévu de prendre un morceau de pain et d'aller me coucher mais finalement, j'allais attendre que nous passions à table, ayant vraiment trop faim.
— Tu penses que ce sera près bientôt ? lui demandai-je doucement.
— Oui, quelques minutes. Pourquoi ?
— Pour rien, besoin d'aide pour quelque chose ?
— Non, tout est prêt, je n'ai plus qu'à mettre la table.
— C'est bon, je le fais, soupirai-je en attrapant les assiettes et les couverts.
Plus vite je mangeais, plus vite je pouvais aller me coucher dans un vrai lit. J'espérais seulement que Charlie avait changé les draps ou les avait au moins nettoyés.
Je posai les assiettes sur la table le plus discrètement possible pour ne pas réveiller Bairim. Merlin, s'il n'avait pas été là, j'aurais probablement fait le plus de bruit possible, juste pour me venger un peu de Charlie. Je m'installai ensuite au bout de la table, à l'exact opposé de là où il était. Je ne voulais pas discuter avec lui maintenant, en fait, je ne voulais parler avec personne. C'était d'ailleurs pourquoi j'avais mis la table de façon à être seul. Cela me rappela vaguement mes débuts ici et je secouai la tête que je pris ensuite dans mes mains, fermant les yeux.
— Salut, firent Draco et Harry. On arrive juste à temps, ajouta mon fils.
— C'est ça, soufflai-je en sentant une migraine monter.
Merlin, j'avais pourtant quand même dormi cette nuit. Je comptai mes heures de sommeil et retins un grognement en réalisant qu'elles ne dépassaient pas quatre heures.
— Ça va papa ? Tu sembles... Oh...
— Quoi ? aboyai-je presque. Je semble quoi ?
— Fatigué, souffla-t-il.
Je ne répondis rien et me passai la main sur le visage. Les autres gardiens arrivèrent et je me servis sans attendre avant de commencer à manger tandis qu'ils se servaient à leur tour.
Je finis rapidement mon assiette et me levai de table immédiatement. J'amenai ma vaisselle en cuisine et la posai dans l'évier puis retraversai la salle dans l'autre sens. Je sentis des regards peser sur moi mais ne m'attardai pas et rejoignis ma chambre. Je fermai la porte et me déshabillai avant de m'allonger. Je soupirai en constatant que les draps puaient l'alcool et je me relevai pour attraper ma baguette pour leur lancer un sort de nettoyage. J'avisai un autre pantalon et un T-shirt par terre et les ramassai tout en pestant contre Charlie. Il ne pouvait pas ramasser ses affaires, une fois dans sa vie ?! Je fermai les rideaux et me recouchai, enfonçant le coussin sur ma tête et m'endormant presque immédiatement.
OoOoOoOoO
Je me réveillai en entendant du bruit. Je retirai le coussin de sur ma tête et clignai des yeux face à la luminosité. J'avais à présent un peu mal au crâne mais je n'étais plus aussi fatigué et n'avais plus faim non plus, ce qui faisait que j'étais tout de même de meilleure humeur. Je m'appuyai sur mes coudes et mon regard se posa sur Charlie qui se tenait debout devant le lit.
— Je... venais juste prendre de quoi me changer.
— Ah, soufflai-je en me laissant retomber sur le matelas. Il est quelle heure ?
— 17 heures.
— Bairim est où ?
— Il est avec Draco.
— D'accord.
Alors maintenant quoi ? Je ne savais pas de quoi je pouvais bien lui parler et visiblement, lui non plus. Je repensai à ce qu'il avait dit à Harry la veille et à son escapade dans les bars puis soupirai. Dire que je pensais que nous étions assez proches pour qu'il me parle plutôt que de me fuir. Je ne me souvenais plus pourquoi j'avais pensé cela mais j'avais visiblement été stupide, une fois de plus.
— Bon ben, j'y vais, fit-il en ouvrant la porte, sans même prendre de linge.
— C'est ça, soufflai-je. T'oublies rien ?
— Non. Pourquoi ?
— Je croyais que tu voulais te changer ?
Il sembla surpris et détourna les yeux en disant :
— Ouais, c'est vrai. J'suis con.
Il prit le premier tissu qui lui passa sous la main, et retourna devant la porte, sans toutefois la passer.
— Charlie, soupirai-je, agacé et las en même temps. Si tu as quelque chose à dire, dis-le.
— Je n'ai rien à dire. Tu n'aurais même pas dû te réveiller, s'agaça-t-il.
Et maintenant il s'énervait ! Je me relevai puis attrapai un pantalon lâche et un pull avant de lui passer à côté pour sortir et aller m'enfermer dans la salle de bain. Je mis l'eau en route et me glissai sous la pomme de douche, soupirant de bien-être en sentant l'eau chaude délier mes muscles. Charlie et moi venions d'avoir la conversation la plus étrange et inconfortable que jamais, et cela me faisait mal au ventre rien que d'y repenser. Merlin, je m'étais attendu à des excuses, je devais l'avouer, mais une fois de plus, je n'avais eu droit qu'à un Charlie agacé. Parce que de son point de vue, c'était probablement ma faute.
Sauf que je n'allais pas lâcher cette fois-ci, et s'il ne voulait pas s'excuser ou m'expliquer ou me parler, et bien soit. Et dire que tout cela était parti d'une blague stupide. En fait non, c'était parti du fait qu'il avait voulu me prendre Bairim des bras alors que je l'avais depuis à peine deux minutes. Alors oui, il l'avait porté, mais il était mon fils également ! Et il ne s'en était certainement pas occupé cette nuit. Je tournai le thermostat et serrai les mâchoires en sentant l'eau froide toucher ma peau. Je me calmai petit à petit et finis par sortir de là et me sécher. Je m'habillai ensuite mais attendis avant de sortir. Je décidai que rejoindre Draco et Bairim était une bonne idée et espérai seulement que Charlie ne serait pas avec eux.
Je finis par décider de sortir de la pièce et me figeai en voyant Charlie appuyé contre le mur en face de la porte que je venais d'ouvrir.
— Hm.
Je retins un soupir et commençai à partir en disant :
— C'est libre.
— On va continuer comme ça longtemps ? demanda-t-il.
— Ça dépend.
— De quoi ? De si j'évite de vouloir prendre Bairim dans mes bras ?
J'écarquillai imperceptiblement les yeux et ouvris la bouche face à tant de mauvaise volonté.
— Tu m'as attendu là pour me dire ça ? m'énervai-je. Et tu oses me reprocher de...Tu sais quoi ? Pendant que tu dormais confortablement cette nuit après être allé te saouler dans Merlin sait combien de bars, je me suis occupé de notre fils. Je me suis levé toutes les deux heures pour essayer de le calmer, je lui ai fait son biberon et je l'ai changé ! Mais le prendre dans mes bras pour l'avoir près de moi quelques minutes ? Ça non, parce que tu le voulais ! Je suis l'un de ses parents Charlie, pas sa foutu nourrice !
— Je voulais t'aider, cria-t-il en serrant les points. Mais non, tu t'ais reculé, comme s'il était ta propriété !
— Il n'est pas ma foutue propriété ! Mais il n'est pas la tienne non plus ! Et si vraiment tu avais voulu m'aider, tu te serais occupé du biberon. Sauf que tu ne voulais pas m'aider, tu voulais Bairim.
— Non ! Non je... je voulais t'aider, tu avais du mal à faire le biberon. Je...
Il se tut et baissa la tête avant de murmurer :
— J'ai voulu t'aider.
— C'est ça, c'est avec le biberon que j'avais du mal. Mais tu vois, je peux presque comprendre ta crise à ce moment-là. Ce qui a beaucoup de mal à passer, c'est ton comportement, mais aussi que tu crois que j'essaie de monter Bairim contre toi ?! Vraiment ? Quel genre de personne est-ce que tu crois que je suis à la fin ? Et ta sortie dans les bars, ça, c'était juste le pompon ! Mais vas-y, continue de m'expliquer à quel point tout ceci est ma faute, soufflai-je ensuite.
Merlin, j'étais juste épuisé et n'avais aucune envie de batailler avec lui pendant des heures, mais il était hors de question que j'oublie ce qu'il s'était passé. Il m'avait passé certaines choses, c'était certain. Et pendant sa grossesse, j'avais fermé les yeux plus d'une fois sur son comportement, mais là, il n'en était pas question. Alors soit il s'excusait ou me trouvait une bonne explication, soit il allait devoir attendre que je sois en mesure de lui pardonner.
— Je n'ai pas pensé au biberon, simplement parce que j'ai encore du mal avec ça. Et oui, j'ai cru que tu montais Bairim contre moi, mais j'ai cru que tu m'avais empêché de le prendre dans mes bras. Et ensuite, j'étais trop en colère. J'ai eu envie de te frapper, chose que je n'ai plus eue depuis longtemps. Alors, je suis parti. Je veux bien m'excuser pour la tournée des bars, mais le reste non. Nous sommes tous les deux en tord. Au lieu de reculer avec le petit dans tes bras, tu aurais plutôt dû me dire de t'aider avec le biberon.
— Excuse-moi d'avoir cru que ça coulait de source ! Mais tu as raison, j'aurais dû deviner ce qui te passait par la tête, parce qu'une fois de plus, ce n'est pas comme si tu allais m'en parler !
— Comment aurais-tu réagi si je m'étais reculé quand tu aurais voulu prendre Bairim ? Moi, je ne parle pas, pas quand je suis en colère, ce n'est pas nouveau. Maintenant, si tu désires continuer à me faire la gueule, dis-le, parce qu'apprendre que tu as dormi dans la chambre du petit, a du mal à passer.
— Pourquoi ? Parce que pour une fois, je ne t'ai pas juste pris dans mes bras pour te consoler alors que tu m'ais...
Je m'interrompis et inspirai profondément avant de reprendre :
— Que croyais-tu au juste ? Que j'allais te faire un câlin, t'apporter un café au lit et te sucer pour te récompenser d'être une fois de plus parti ?! J'ai passé la nuit dans la chambre de Bairim parce que je ne voulais pas me coller à toi, c'est vrai, parce que je savais que j'allais ensuite te pardonner comme je le fais à chaque fois. Mais j'ai passé cette foutue nuit à m'occuper de Bairim et à me débrouiller pour qu'il ne te réveille pas ! Et tu n'as pas eu à t'en plaindre si je me souviens bien, alors de rien !
— Quoi ? Je...
Il inspira et expira avant de souffler, le visage défait :
— Je dormirais ailleurs cette nuit. Et je m'occuperais de Bairim, salut.
Je me mordis la lèvre violemment puis soufflai :
— Et tu me fuis encore...
— Tu veux que je te dise quoi avec ce que tu viens de dire ? Viens me faire un câlin et suce-moi Lucius ?! Selon toi, je ne suis capable que de ça et je n'ai donc pas du tout pensé que juste ta présence à mes côtés aurait été souhaitée, que je suis venu dans cette foutu chambre pour te regarder dormir parce que tu me manques espèce de connard. Alors non, je ne reste pas et je préfère fuir, comme d'habitude.
— Tu veux savoir ce que j'aurais aimé que tu me dises ? Je suis désolé, tu me manques, viens me faire un câlin. Je voulais juste un tout petit désolé, ou une explication. Autre que je voulais te frapper alors je suis parti et tu me manques espèce de connard. Tu n'aimes pas les surnoms affectueux et je peux comprendre ça, mais je ne comprends pas pourquoi tu m'insultes de cette façon.
Je me laissai glisser contre le mur et m'assis au sol. Merlin, il m'avait dit plus souvent que j'étais un sale con ou un connard que quoi que ce soit d'autre. J'étais de nouveau épuisé et cette conversation avait été pire encore que ce à quoi je m'étais attendu. J'appuyai mes paumes contre mes yeux et soufflai :
— Si c'est tout ce que tu penses de moi, je ne comprends vraiment pas pourquoi tu te donnes autant de mal.
Je me mordis la lèvre et déglutis difficilement. S'il partait maintenant, j'étais à peu près certain que tout serait fini et je ne voulais pas ça, Salazar non, mais il n'allait pas s'excuser. Il allait me blâmer et j'allais le blâmer et ce serait terminé. Je sentis mes yeux commencer à me brûler et j'inspirai profondément. Merlin, j'étais pathétique. Et je savais que j'avais juste à me relever et m'excuser pour que tout aille bien, mais si excuses il devait y avoir, elles ne devaient pas seulement venir de mon côté. Hm, je ne savais même pas pourquoi j'étais censé m'excuser de toute façon.
POV Charlie
Je restai là, le regardant contre le mur, assis au sol.
— Je te dis connard parce que je t'aime. Je sais, c'est débile, mais tu es un connard, je suis un connard. C'est pour ça qu'on s'aime.
Je soupirai et pris place comme lui, juste en face, appuyé contre le mur.
Je fermai les yeux, et repensai à ses paroles. Non, je n'aurais pas souhaité un putain de câlin ou qu'il me suce, juste sa présence à mes côtés. J'étais mal, j'avais bu pour oublier cette douleur, cette colère. Alors qu'en réalité, je m'étais énervé pour rien, tout comme j'avais bu.
Mais à ce moment là, ça avait semblait si vraie. Et le lendemain quand Abigail était venue me réveiller et qu'elle avait sous entendu que Lucius avait passé la nuit dans la chambre du petit, j'avais senti mon monde s'effondrer.
Je n'avais pas envie que notre histoire s'arrête. C'était en partie pour ça que j'étais parti, pour éviter de dire des choses blessantes, ou le blesser physiquement. Mais lui, avait fait chambre à part, délibérément. Je n'en aurais rien eu à foutre que Bairim m'ait réveillé ou non, j'assumais ma gueule de bois.
Et maintenant ça !?
Il me voyait donc comme ça ? Quelqu'un qui n'attendait de lui que des câlins et des pipes ?
Bordel, il y avait plus que ça. Et jamais je n'aurais pensé ça un jour. Il y avait une complicité, une tendresse, une passion, de l'amour. Même en silence parfois, nous discutions. Un geste, un sourire, un regard.
Son geste de recul avec Bairim m'avait ébranlé. Puis... maintenant, je comprenais mon erreur, mais à cet instant précis, je n'y avais juste pas pensé. Qu'allions-nous faire maintenant ?
Avant ses paroles, j'aurais pu m'excuser, mais là... Bordel, j'étais blessé au delà des mots ! Encore pire que quand je m'étais rendu compte qu'il m'avait cru capable de le renvoyer en prison alors que nous étions allés chercher sa baguette. Je sentis une larme couler et la frottai avant de me cogner la tête contre le mur. Je le fis plusieurs fois, essayant de trouver une solution, pace qu'il était désormais hors de question que je m'excuse pour tout. Cet enfoiré venait de dire des choses ignobles.
Bordel, il était à présent hors de question que sa bouche atterrisse une fois de plus sur mon sexe ! Ah bon, je voulais de lui qu'il me suce et me câline ?! Qu'il me pardonne tout ?!
Foutaise ! Je ne lui demandai jamais pareille chose, il les faisait toujours de lui-même quand nous nous disputions. Bon, peut-être pas pendant la grossesse, mais ce n'était pas vraiment moi à ce moment là.
Sentant tout à coup quelque chose couler contre ma nuque, je passai la main sur cette dernière et compris que je saignais. Je soupirai et me relevai, partant en direction de l'infirmerie. Une fois sur place, je regardai après une compresse et un onguent désinfectant. Je l'appliquai sur la blessure et sentis cette dernière un peu picoter. Je me rendis ensuite au bureau de Geoffroy et frappai, avant d'entrer :
— Tu as une minute ?
— Oui, c'est pour quoi ?
— J'aimerais savoir si je pouvais récupérer une tente, pour y loger.
— Il y a un problème ?
Je restai bloqué un instant, avant de souffler, une boule dans la gorge :
— Je pense que Lucius et moi c'est fini.
— Pardon ? Vous venez d'avoir un enfant Charlie...
— Je le sais ça, sifflai-je. Alors, pour la tente ? Oui ou non ?
— Oui oui bien sûr, elles sont pour les gardiens, si tu en veux une, tu la prends.
— Elles sont où ?
Il se leva et en sortit une qui était rétrécie de l'un de ses tiroirs et me la tendit.
— Merci, fis-je en le prenant.
Je quittai la pièce, ne souhaitant pas discuter avec lui et me dirigeai vers l'extérieur. Il neigeait, mais je m'en foutais en ce moment. J'étais partagé entre la colère, la rage, la tristesse et la peine. Entre hurler ou pleurer. Je ne savais même pas comment je pouvais encore rester debout.
Je déployai la tente, mon corps refroidissant rapidement, n'ayant qu'un simple T-shirt. Une fois installée, à plusieurs dizaine de mètres du bâtiment, je pénétrai dedans. Je lançai un sort de chauffage sur la pièce et pris place au sol, au milieu. Je n'oubliai pas de jeter un sort pour empêcher quiconque d'entrer et me roulai ensuite en boule, fermant les yeux.
Tout était parti d'une blague débile et maintenant, tout n'allait plus. Notre couple avait été sur des bases bancales sans même le savoir. Il avait tenu à un putain de fil. Comment Lucius avait-il pu rester avec moi en me pensant ainsi ? Jamais je n'aurais pu rester avec lui si j'avais pensé ça. Pourquoi l'avait-il fait ? Avait-il pensé me quitter avant l'arrivée du bébé ? Cela ne pouvait pas être le cas, il avait quitté le camp pour me rejoindre à Sainte-Mangouste. M'en voulait-il en fin de compte pour sa peine rallongée ?
Je ne cessai d'entendre cette phrase tourner en boucle et cela était douloureux, très douloureux.
« Que j'allais te faire un câlin, t'apporter un café au lit et te sucer pour te récompenser d'être une fois de plus parti ? »
Tout partait en vrille et la seule chose à laquelle je pouvais penser, était qu'il allait me manquer encore plus que maintenant.
— Charlie ? m'interpela Harry que j'entendis entrer dans la tente.
Je clignai des yeux et soufflai, ne sachant plus très bien ce qui était vrai ou pas :
— Tu es arrivé comment ? J'ai lancé un sort sur l'entrée.
— Tu pensais vraiment que c'était ce qui allait m'arrêter ? Surtout avec ce qu'il se passe ?!
— Ouais, ça aurait dû t'arrêter, je ne veux voir personne. Je pense que la tente et le sort le faisaient comprendre.
— On n'a pas toujours ce qu'on veut. Et c'était moi ou Draco, et crois-moi, tu ne veux pas le voir pour le moment. Pourquoi as-tu installé cette tente d'ailleurs ?
— Lucius et moi c'est fini et je ne souhaite pas le voir tout le temps pour le moment, c'est déjà assez douloureux comme ça. Maintenant, laisse-moi !
— C'est douloureux parce que c'est stupide. Vous l'êtes tous les deux. Alors allez discuter et arrangez ça.
— On vient d'essayer et c'est fini. Il a dit des choses horribles, j'en ai dit aussi. Fin de l'histoire. De toute manière, de la façon dont il me voit, je ne comprends pas ce qu'on pouvait foutre ensemble.
— Et de quelle façon te voit-il ?
— Comme un gars qui n'attends de lui que des câlins, une tasse de café et une pipe ! Voilà comment il me voit, sifflai-je. Maintenant casse-toi avant que je n'aie l'envie de te frapper pour passer ma colère.
— Si vraiment tu veux me frapper, alors vas-y, mais je répliquerai. Et arrête, il ne te voit pas comme ça. S'il a dit ça, c'était probablement parce qu'il était en colère. Tu ne le vois que comme un connard qui veut te voler ton enfant ?
— Mais il a agit comme tel bordel ! Que devais-je croire ? Et sous la colère ou pas, il le pensait. Je l'ai vu dans ses yeux.
Oh que oui, je l'avais vu. Il avait été des plus sérieux en me disant ça, persuadé que j'aurais agi ainsi. S'était-on trompé à ce point l'un sur l'autre ? Comment allions-nous faire avec Bairim ? Et bordel, comment en étions-nous arrivé à ça ? Avant le bébé, tout allait bien.
— Vous étiez tous les deux en colère, vous avez dit plein de choses que vous ne pensiez pas. Après, peut-être que tu as raison et qu'il te voit ainsi, mais je pense vraiment que tu devrais lui demander. Mais si toi, tu ne le vois que comme ça, alors je suppose que ça ne sert plus à grand-chose. Je ne suis pas de son côté et je ne suis pas vraiment du tien non plus mais la nuit dernière, tu t'es saoulé, et lui était visiblement épuisé. Je pense seulement que vous n'auriez probablement pas dû parler à ce moment-là. Mais tu fais comme tu veux.
— Oui je me suis saoulé et j'en ai le droit. Je suis parti pour éviter de lui en vouloir et de dire des choses blessantes.
Je me retournai et fermai les yeux, marmonnant :
— Nous nous sommes clairement expliqués. J'ai mes tords, il a les siens. Seulement, il a été trop loin.
Je voulais dormir et oublier et Harry m'en empêchait.
— Et je suis certain qu'il le regrette. Écoute je... j'aimerais savoir, s'il vient pour te parler, que feras-tu ?
— Il ne viendra pas. Et s'il le fait, je me laisserais câliner et sucer, comme ça, il ne sera pas déçu, fis-je amèrement.
— Je pense qu'il viendra. Et s'il le fait, j'espère juste que tu l'écouteras. Tout comme j'aimerais qu'il t'écoute si tu allais le voir...
Je ne répondis pas et me roulai en boule une fois de plus, fermant les yeux fortement, et essayai de me réveiller de ce cauchemar. Mais je ne me réveillais pas et mes habits humides par la neige me firent frissonner. Je sentis bientôt les larmes couler le long de mes joues et mon corps trembler dû à mes sanglots silencieux. Je ne voulais pas que quelqu'un m'entende. Je me sentais déjà assez minable comme ça.
Je venais de me rendre compte que l'homme que j'aimais, malgré le fait qu'il avait reculé avec Bairim dans les bras, me voyait comme un putain de monstre. Et cela faisait mal, juste très mal. Je pus entendre plusieurs minutes plus tard qu'Harry était de retour et j'avais envie de lui dire de dégager, mais ma voix ne sonnerait pas comme je le voudrais, alors je me tus et restai dans ma position.
— Tu vas avoir mal si tu dors comme ça...
Je reniflai et fus tenté de me retourner pour me blottir contre lui, mon cœur ayant fait une embardée au son de sa voix, mais je restai immobile, essayant de ne plus pleurer, geste vain. Il était certainement assis au sol à mes côtés car sa voix était toute proche. J'avais envie de lui dire de partir, de rester, de remonter le temps. Mais j'avais surtout envie de lui demander pourquoi ? Pourquoi restait-il avec moi s'il me voyait de cette façon.
Seulement, je restai silencieux, parce qu'en fin de compte, j'avais peur de la réponse. Plus que tout, j'avais peur de ce qu'il pourrait répondre. Peur que notre histoire devienne horrible. Peur de me rendre compte qu'au final, je n'avais été rien pour lui.
— Tu sais ce que j'avais prévu de faire aujourd'hui ? Demander à Draco d'aller en ville acheter quelque chose pour moi, enfin pour toi. Ou pour nous, je ne sais plus trop...
Je ne répondis rien pendant quelques minutes, mais je ne pus tenir longtemps, avant de souffler :
— Pourquoi faire ça alors que tu me vois comme un monstre.
— Je ne te vois pas comme un monstre, répondit Lucius.
— Câlin, café et pipe, ça te dit quelque chose ?
— Tu ne bois pas de café, soupira-t-il. Et je ne disais pas ça contre toi. C'est ce que moi je fais, je te pardonne tout, tout le temps. Même quand tu me brises le cœur. Mais je sais que tu ne t'en rends pas forcément compte alors je te pardonne. Encore et encore et encore. Comme tu le fais sûrement avec moi. Sauf que cette fois-ci, je ne voulais pas être celui qui devait faire le premier pas.
— Et après, c'est à moi que tu dis que je ne parle jamais ? Tu ne te fous pas un peu de ma gueule là ?
Je me tournai vers lui et dis :
— J'ai voulu faire le premier pas, quand je suis venu te voir dormir. Mais tu as commencé à me reprocher des choses et...
Et nous avions fini par nous balancer des trucs horribles à la gueule.
— Dans la chambre, soupira-t-il en ramenant ses jambes contre son torse, je t'ai demandé si tu avais quelque chose à me dire et tu m'as reproché de m'être réveillé. Et quand je suis sorti de la salle de bain, tu as directement attaqué en me disant que j'avais voulu t'empêcher de prendre Bairim. Je sais que la meilleure défense, c'est l'attaque, mais ce n'est pas censé fonctionner ainsi entre nous. Je m'attendais vraiment à des excuses tu sais, ou à ce que tu me prennes dans tes bras mais... j'ai été surpris je suppose...
Je fronçai les sourcils et me rendis compte qu'il disait vrai. Dans la chambre, j'y étais allé pour le voir dormir, mais il s'était réveillé et j'avais menti, ne voulant pas me montrer faible. Et quand il avait fui la pièce, je l'avais attendu pour m'excuser, avant de me souvenir de la vielle. Je l'avais alors attaqué directement la dessus.
— C'est moi le connard, soufflai-je choqué. Je... bordel, c'est moi, juste moi.
Pourquoi dans ma tête, c'était lui qui avait commencé à me reprocher des choses ? Je ne comprenais pas. Était-ce un moyen de défense ? C'était une grosse merde oui. Je me redressai et m'avançai pour le prendre dans mes bras, mais me ravisai, ne sachant plus si j'en avais le droit, pas après ce que je venais de faire.
— Je te dois des excuses, chuchotai-je en baissant la tête. Tout est de ma faute, si je comprends bien.
— Je présume que j'ai mes tords également, répondit-il sur le même ton.
— Tu peux me dire lesquels, car je n'en vois pas. Je t'ai accusé à tord de vouloir m'interdire de prendre Bairim, j'ai été me saouler, tu as dû t'occuper de notre fils seul la nuit, je t'ai ensuite... attaqué sans même m'excuser pour ma tournée des bars.
— Je suis censé savoir comment tu fonctionnes, j'aurais pu être plus patient, probablement...
Je haussai les épaules.
— Je... je ne suis pas comme ça, murmurai-je. Je ne t'utilise pas, je n'attends pas à chaque fois ton pardon et bordel, je n'attends pas de toi une putain de pipe.
— Je fais ça parce que et quand je le veux, et je sais que tu n'attends pas que ça de moi. Même si je dois t'avouer que j'ai souvent l'impression que tu attends mon pardon instantané, ou que tu le prends simplement pour acquis.
— Ce n'est pas le cas, avouai-je. Je ne savais pas non plus que tu devais autant me le donner. Quand est-ce que ça arrive ? demandai-je.
— Cela n'arrive pas non plus tous les jours, ce n'est pas ce que je voulais dire. Mais quand tu me fuis, quand tu t'énerves contre moi ou m'insultes et que je ne dis rien. Ce n'est pas que ça ne m'a rien fait, c'est que je préfère qu'on ne se dispute pas. La dernière fois, cette immense et stupide dispute mise à part, je crois que c'était le jour de la naissance de Bairim...
— Sa naissance ? Y a eu quoi ce jour là ? demandai-je ne m'en souvenant pas.
J'étais aussi soulagé que ce ne soit pas aussi fréquent que je ne l'avais compris. Par contre, pour mon côté fuite, je préférai agir ainsi que de dire des choses blessantes, car les gestes s'oubliaient, les paroles restaient.
— Je sais que c'est stupide mais après tout, tu as raison, je te demande de me parler et je ne le fais pas particulièrement alors... Tu as dit que Bairim s'appellerait soit Weasley, soit Weasley-Malfoy. Et je comprends vraiment, je sais que maintenant mon nom de famille s'apparente juste à monstre et Mangemort mais... Je ne sais pas, tu l'as dit d'une façon qui m'a bien fait comprendre que tu ne voulais pas de ce nom de famille, j'ai senti que tu en avais honte et... c'est le mien, c'est moi. Je suppose que c'est comme si tu avais honte d'être avec moi alors, je l'ai un peu mal pris, même si je comprends.
— Tu quoi ? Mais non, c'est juste que je ne savais pas si tu voulais lui donner ton nom ou pas, nous n'en avions pas parlé. J'aime l'idée qu'il s'appelle Weasley-Malfoy. Et j'aurais été peiné si tu n'avais pas voulu qu'il prenne ton nom. Tu es quelqu'un de bien maintenant. Certes, le passé n'est pas tout clair, mais c'est le présent et le futur le plus important.
— Ah... Et toi ?
— Quoi moi ?
Il m'observa attentivement puis souffla :
— Tu comptes rester dans cette tente ou...?
Je secouai la tête et dis :
— Si tu veux toujours de moi et mon sal caractère, prêt à m'énerver et t'accuser, alors non.
Il se releva puis me tendit la main. Je la lui pris et une fois debout, le serrais dans mes bras, fortement. Je soufflai ensuite :
— Je suis désolé, vraiment. J'ai compris de travers et ensuite, j'ai juste creusé un peu plus sans même m'en rendre compte. Désolé.
Il me serra très fort en retour et enfouit sa tête contre mon cou. Je pris son visage en coupe et l'embrassai doucement, avant de le faire plus brutalement, liant nos langues, passant les mains dans ses cheveux puis sa nuque et son dos, pour finir sur ses fesses, et remontais ensuite. Seulement, le manque d'air se fit sentir et je séparai nos bouches, avant de poser ma joue contre la sienne et de murmurer :
— Je t'aime Lucius et j'ai le cœur déchiré à l'idée que toi et moi c'était fini.
— Je t'aime aussi, souffla-t-il.
Je l'embrassai de nouveau, du bout des lèvres cette fois, et le serrai contre moi, enfouissant la tête contre son cou et respirais son odeur. Il me serra en retour et glissa sa main sous mon T-shirt pour caresser mon dos, embrassant ensuite le point sous mon oreille.
— Nous devrions rentrer, soufflai-je. Bairim, ajoutai-je.
Seulement, je n'avais pas envie de cesser ce moment. Je voulais rester dans cette tente avec lui, sans jamais plus en sortir.
— Harry et Draco s'en occupent pour la nuit.
— C'est vrai ? demandai-je un sourire aux lèvres.
— Oui, ils voulaient nous laisser seuls si nous nous réconcilions et si cela n'avait pas été le cas, ça aurait tout de même été mieux. Toujours est-il, reprit Lucius après m'avoir embrassé, qu'ils ont monté son berceau dans leur chambre.
Je l'embrassai et pris sa main avant de fonçai dehors, pour ensuite entrer dans le bâtiment et je nous conduisis directement à notre chambre. Je fermai la porte une fois Lucius entré et le plaquai doucement contre la cette dernière, embrassant son cou. Il gémit et je nous dirigeai vers le lit puis me blottis contre lui, recouvrant son corps du mien avant de l'embrasser délicatement et de le serrer contre moi. Il remonta mon T-shirt et caressa mes flancs ainsi que mon dos tout en frottant sa joue contre la mienne.
Je quittai ses lèvres avant d'enfuir mon nez contre son cou pour respirer son odeur. J'embrassai ensuite sa peau sensible et soupirai, avant de fermer les yeux. Je voulais m'endormir comme ça, avec lui, contre lui. Je voulais le sentir.
Nous espérons que ce onzième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p
Abby and Jes
