Chapitre 8 mes choupinettes et mon choupinet XD

Alors je plaide coupable, ce chapitre je me suis un peu lâchée. Il est MEEEEGGGGGGAAAA long mais je savais pas comment couper, je voulais que tous ces évènements se passent comme ça et après sondage sur twitter, je suis partie pour assumer et faire un Méga chapitre XD

Votre accueil est toujours aussi incroyable vous me comblez de bonheur et je ne pourrai jamais assez vous remercier. Je vous adore, vous êtes mes soleils

Merci aux reviews, aux follow, aux tweet, aux MP, aux favorites et aux lecteurs dans l'ombre.

Rien ne m'appartient.

Léger M à cause d'un thème abordé

Bonne lecture à tous.


Chapitre 8) Je ne suis personne pour vous juger.

Jour 12 : Train de 6h22

Emma était en avance à la gare ce matin là. Elle avait tellement repensé à toutes les révélations que lui avait fait Regina la veille qu'elle avait très peu dormit. Elle se demandait si elle allait parler à sa femme le soir même, elle se demandait si elle n'en avait pas trop dit, si elle n'avait pas dépassé des limites lors de leur discussion. Elle voyait la brune malheureuse et enfermée dans un mariage qui la faisait souffrir, mais avait-elle eut raison de la faire aller vers une mise à plat dans son couple ?

Emma était tiraillée entre l'envie qu'elle avait de protéger cette femme qui avait si vite prit une telle importance dans sa vie, et la peur que leur discussion n'ait un aussi gros impact sur une famille qu'elle ne connaissait même pas.

Perdue entre la culpabilité d'un espoir qu'elle essayait d'étouffer, l'angoisse d'un revirement de situation ou Regina lui reprocherait ses conseils et la peur d'avoir mal agis, elle se retrouva incapable de dormir plus dès quatre heures du matin.

Elle était maintenant sur le quai de la gare, complètement pétrifiée à l'idée de revoir la brune. Le train arriva finalement devant elle et elle inspira profondément pour calmer les battements de son cœur avant de monter. A peine entrée elle vit la jeune femme assise qui semblait guetter son arrivée, elle la vit se décaler contre la fenêtre pour libérer sa place.

« Je m'installe là ça limite les chances que quelqu'un se mette à côté de moi et que vous ayez à refaire votre numéro. » Dit-elle en souriant.

« Bonne idée. » Dit-elle avec un léger rire nerveux.

« Tout va bien miss Swan ? »

« Oui et non. »

« Envie d'en parler ? »

« J'ai peur de ne pas avoir été à ma place lors de notre discussion hier. »

« Pourquoi ? »

« Car je ne suis pas dans votre couple et… J'espère que dans ce que j'ai dit vous n'avez pas imaginé que je vous disais quoi faire quoi dire. C'était simplement mon avis de personne extérieure, je ne suis pas à votre place, je ne peux qu'imaginer ce que c'est pour vous tout ça. Alors depuis ma place, effectivement je suis d'avis que Kathryn ne peut pas s'en tirer comme ça, que vous avez droit au bonheur et une vie amoureuse dans laquelle vous serez épanouie et non trompée. Je pense toujours qu'il est possible qu'Henry sente tout ça, simplement c'est au travers de ses yeux d'enfant. De ce que vous m'avez dit, il n'a pas de relation avec elle, c'est donc que dans son cœur elle n'est peut être même pas sa maman. Mais tout ça c'est des avis personnel, je ne vous connais que depuis moins de quinze jours, je ne devrais même pas m'autoriser de dire tout ça. Vous n'avez même pas à écouter mon opinion, encore moins en faire cas je… »

« J'ai parlé à mes parents de tout ça hier soir. » La coupa-t-elle.

« A bon… Et qu'avez-vous dit. »

« Je leur ai dit que je voulais faire le point. Avant tout je voudrais vous dire que je vous remercie pour notre discussion de hier. Ca m'a fait du bien d'avoir un avis extérieur, ça me fait me rendre compte que je stagne dans une situation que me rend malheureuse depuis trop longtemps maintenant. Je sais que je dois faire quelque chose, je ne sais juste pas quoi. Je suis perdue car je suis en train de chambouler une très grande partie de ma vie et c'est terrifiant. Ne vous sentez pas fautive, ne culpabilisez pas, ça fait longtemps que mes parents me disent bien plus que ce que vous m'avez dit. Le fait que vous soyez extérieure m'a plus marqué cependant. »

« Je ne voudrais pas que par ma faute votre… »

« Miss Swan ne vous inquiétez pas, notre discussion m'a seulement amenée à discuter avec mes parents et c'est une bonne chose. »

« Okay, sourit Emma. Et du coup ça c'est passé comment ? »

« Bien et mal on va dire. Mes parents sont du même avis que vous, je dois parler à Kathryn. Mon père était modéré, il m'a dit de ne pas laisser la situation continuer comme ça, de la confronter, lui dire ses fautes et voir où mène la conversation en restant ferme. Ma mère était plus catégorique, elle pense qu'il me faut rompre, que ma femme me trompe depuis trop longtemps et qu'elle n'arrêtera pas. Elle pense que je serai plus heureuse avec une autre, pour elle il me faut trouver une femme qui n'aura d'yeux que pour moi, qui m'aimera et aimera mon fils comme une deuxième mère, une femme honnête, sincère, droite et avec assez de caractère pour savoir se dresser devant moi quand il le faut. »

« J'aurai imaginé qu'elle voudrait pour vous quelqu'un qui va dans votre sens et ne vous fait pas d'ombre. »

Regina rit sincèrement à cette remarque avant de répondre.

« Ahah non, c'est vrai qu'elle aime me voir sur le haut des podiums mais, elle me connait, elle sait que j'ai besoin de quelqu'un qui sait s'opposer à moi. Sinon je me repose sur ma situation sans chercher à évoluer. Avec une personne au caractère aussi fort que le mien, ça ne peut que m'amener à avancer et viser toujours plus haut. Elle n'aime pas les personnes trop lisses qui se soumettent trop facilement. »

« Kathryn est trop lisse à son gout ? »

« Oui, beaucoup trop. Disons qu'au départ, elle allait toujours dans mon sens. Kathryn a du caractère, elle l'a montré dans leurs nombreuses joutes verbales, mais elle est aussi très en retrait. Elle fait les choses plus par derrière et pas en face, elle fait en sorte d'arriver à ses fins mais en faisant des courbettes par devant. Ma mère préfère une personne franche qui s'oppose à elle que quelqu'un de plus manipulateur, elle a tendance à plus respecter ceux qui n'ont pas peur d'elle. »

« Elle est spéciale votre mère. »

« C'est un numéro à elle toute seule. Mais il faut apprendre à la connaître, elle a beaucoup changé par rapport à mon enfance, elle vaut le coup qu'on passe au-delà de son air strict de prime abord. »

« Et du coup quel a été le bilan ? »

« Je veux lui parler, je dois lui parler. Mon père à proposé quelque chose de pas mal, la prochaine fois que Kathryn m'annoncera qu'elle rentrera plus tard pour X,Y mensonge, ce soir là mon père prendra Henry chez eux et moi je confronterai ma femme à son retour. »

« C'est bien de ne pas coincer Henry dans tout ça. »

« C'est normal, il n'a pas à souffrir des problèmes de ses mères. Le plus longtemps je pourrai le préserver de tout ça le mieux c'est. »

« Vous dites que c'est normal mais tous les parents ne sont pas comme vous. »

Regina ne dit rien mais la regarda longuement, comme pour lui indiquer qu'elle pouvait parler si elle en avait envie.

« J'ai été dans des familles qui se moquaient bien du ressentit des enfants. »

« C'est-à-dire ? »

« Quand j'avais douze ans, j'étais dans une famille assez particulière. Le père faisait ça par amour des enfants, il souhaitait adopter mais sa femme ne voulant pas, ils faisaient famille d'accueil et il espérait pouvoir l'amener à envisager de garder un enfant. Lui et moi nous entendions vraiment bien, je lui racontais tout, il m'aidait, me conseillait. C'est même vers lui que je suis allé lors de mes premières règles. Mais sa femme elle c'était une tout autre histoire, elle ne me détestait pas mais ne voulait pas m'adopter, un jour ils ont commencé à se disputer à cause de ça. Marco a voulu la prendre à part mais elle a dit que je pouvais parfaitement entendre ce qu'elle avait à dire. Elle disait que je n'étais qu'un revenu, un complément financier pour qu'ils puissent partir en vacances quand elle ne m'aurait plus dans leur pattes. Ca m'a brisé le cœur, Marco c'est mit en colère, il lui a dit qu'elle était monstrueuse. Je me sentais sale, inutile, rejetée, mais aussi fautive de leur dispute. Après ça elle a ordonné que je devais partir si ma présence donnait des envies d'adoption à son mari. J'ai été mise dans une autre famille mais je n'ai jamais coupé le contact avec lui jusqu'à ce qu'il meure quand j'avais seize ans. J'ai reçu un message de sa part à elle me disant 'Plus besoin de lui écrire il est mort, tu n'es pas la bienvenue à l'enterrement.' »

« Quel monstre. » S'exclama la brune.

Emma acquiesça en soupirant. « Je sais, et comme vous pouvez vous en douter… J'y suis allé. Elle s'est avancé méchamment vers moi mais un amis à eux l'a retenu et je l'ai entendu lui dire que j'avais le droit d'être là. »

« Bien sur que vous aviez le droit. »

Emma sourit devant la conviction dans les paroles de la brune.

« Bref, tout ça pour dire que tout le monde n'est pas comme vous. »

« Je suis désolée que vous ayez eu à vivre tout ça »

« Il ne faut pas, ça a fait de moi qui je suis aujourd'hui. Et je préfère toujours ne pas revenir sur le passé, c'est mieux ainsi. »

Regina lui sourit et Emma ressentit une soudaine envie d'admirer ses lèvres rouges et pulpeuse. Son esprit s'y perdait et elle lutta pour rester concentrée sur ses yeux chocolats.

« Et donc... » Commença-t-elle pour changer de sujet. « La prochaine fois que Kathryn vous fait ce coup la vous ma confrontez. »

« C'est ça. Ce sera peut être ce soir comme demain comme dans une semaine. »

« J'aimerai que ce soit ce soir. » Dit-elle dans un souffle.

Regina haussa un sourcil en réponse à sa remarque.

« Je veux dire... » Balbutia la blonde. « Pour vous des ce soir c'est mieux. Au moins vous arrachez le pansement d'un coup. Vous souffrez depuis trop longtemps pour vivre un jour de plus comme ça. Elle vous fait pleurer et... Une personne qu'on aime ne devrait pas nous faire pleurer si ce n'est de joie. »

Elle lutta contre la boule qui se formait dans sa gorge à la pensée de ses propres larmes qu'elle avait versées sans compter pendant si longtemps. Elle sentit une chaleur agréable sur sa main et s'aperçut que la brune l'avait prise avec la sienne.

« Il est malheureusement des gens qui semblent destinés à souffrir pour les autres. Ceux là ne doivent jamais perdre espoir, le bonheur est pour chacun, il ne nous attend simplement pas au même stade du chemin d'une âme à l'autre. »

Pendant un instant, Emma eut l'impression que sa voisine pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert. Elle avait envie de se blottir contre elle, d'oublier qu'elle était mariée, d'oublier qu'elle était une femme, d'oublier qu'elle ne voyait en elle qu'une connaissance, tout au plus une amie. La brune ne pouvait même pas imaginer a quel point elle était brisée. Emma eut envie de pleurer de l'importance qu'elle avait donnée si vite à cette femme. Depuis deux semaines elle avait une raison de se lever le matin, elle n'avait plus eut de réel accès de colère et d'amertume comme d'ordinaire.

Elle avait fait de cette pauvre inconnue la bouée de sauvetage dont elle désespérait depuis deux ans, oubliant qu'elle n'était qu'une parenthèse dans sa vie qui ne la maintiendrait à flot qu'un temps. Le temps qu'il faut pour qu'une voiture soit réparée.

« Tout va bien miss Swan? » Questionna Regina, la faisant sortir de ses pensées.

« Quand votre voiture sera-t-elle réparée ? » Demanda-t-elle d'un coup.

« Vous avez hâte de vous débarrasser de moi ? »

Emma ne pouvait pas s'être trompée, il y avait eu de la déception et de l'incompréhension dans sa voix.

« Non non. » S'empressa-t-elle de répondre. « Au contraire, je commence juste à craindre que mes trajets de train redeviennent ennuyeux et monotones. »

« Ca ne risque pas. »

« Pourquoi ? Votre voiture à un gros problème ? Ca fait presque quinze jours déjà. »

« Et bien… disons que… Il se pourrait qu'elle soit réparée depuis trois jours déjà. »

« Pourquoi continuez-vous à prendre le train alors ? » Dit-elle pleine d'espoir.

« Et bien… » Regina semblait légèrement mal à l'aise en changeant constamment de position dans sa place. « Disons que dans un soucis financier… » Reprit-elle d'une voix très professionnelle. « Il me revient moins cher de prendre le train, je suis également moins fatiguée ainsi car je n'ai pas à me concentrer, je peux valoriser mon temps de trajet et d'un point de vue environnemental, quand au réfléchit aux rejets de CO2 émis par une voiture il apparait comme beaucoup plus écologique de prendre le train dans la conjoncture act… »

« Moi aussi j'aime les moments que nous passons dans ce train. » La coupa Emma avec douceur.

Regina se stoppa d'un coup et pencha légèrement la tête en l'observant. Elle sourit et poussa une mèche de cheveux qui barrait le visage de la blonde, avant de se racler la gorge et se redresser.

« Moi aussi. » Dit-elle doucement. « Il est vrai que le facteur 'blonde envahissante' est passé rapidement des 'contre le train' aux 'pour le train'. »

Emma rit de bon cœur, se sentant soudainement très légère à l'idée d'avoir la brune comme voisine de train à long terme.

« Je ne serai pas là ce soir. » Dit-Regina.

« Pourquoi ça ? » Demanda Emma dont la bonne humeur retomba d'un coup.

« Je prend un train tard à cause d'une répétition pour le concert de demain. »

« Oh oui c'est vrai c'est demain. Vous devez être impatiente. »

« Et pétrifiée. »

« Vous serez merveilleuse j'en suis sure. »

« J'espère que vous avez raison. Du coup je ne pense pas parler à Kathryn ce soir, après le concert à la première occasion, mais pas ce soir. »

« Vous avez parfaitement raison. » Dit Emma en posant sa main sur la sienne. « Demain c'est votre soirée, et rien ne doit vous détourner de ce but là pour le moment. »

Regina tourna sa main pour amener sa paume contre la sienne et la serra comme pour démontrer sa gratitude.

« On se voit demain matin alors ? »

« Oui demain matin. »

Elles se levèrent pour attraper leurs affaires en arrivant en gare de Boston.

« C'est ou votre concert ? »

« A l'opéra de Boston. »

« Oh ouah carrément. »

« Oui, à 20h30 à l'opéra de Boston, récital de piano par Regina Mills sur les œuvres de Chopin, Scarlatti et Beethoven. Dit-elle avec une grande fierté.

« Ca va être votre grand moment Regina, surtout j'espère que vous le savourerez. »

« Je vous le promet. »

Jour 13 : train de 6h22

« C'est le grand jour. » Dit Emma en s'installant aux côtés de la brune.

« Je vais mourir d'angoisse, j'ai le ventre noué. Ce matin Henry m'a demandé pourquoi je ressemblais à une tomate. »

« Il est trop mignon. »

« Ca a bien fait rire mon père. »

« Votre père le garde tous les jours ? »

« Et oui. Ma mère travaille et mon père a perdu son emploi il y a six mois maintenant. Il n'arrivait pas à en retrouver et gardait Henry en attendant pour occuper ses journées. Mon père s'éclate tellement dans cette tâche que ma mère lui a demandé de ne pas continuer à chercher un job. Ils ont… beaucoup d'argent, vraiment beaucoup, et maintenant, chaque midi elle les rejoints et ils mangent tous les trois, ils m'appellent, et Henry est aux anges de les avoir. Depuis l'arrivée de mon bébé, mes parents ont changé toutes leurs habitudes. »

« C'est des grands-parents gâteaux. »

« Oh ça oui. S'amusa-t-elle. D'ailleurs, je vous ais dit que vous alliez rencontrer Henry ? »

« Comment ça ? »

« La semaine prochaine, à partir de jeudi mes parents partent en vacances dix jours. Ils voulaient reporter à cause de ma discussion à venir avec Kathryn mais j'ai refusé, je veux qu'ils profitent. Du coup Henry viendra avec moi en train et je le mettrai à la crèche. Alors… » Dit-elle soudainement mal à l'aise. « Je sais que… Le sujet enfant est… sensible pour vous et… Si vous préférez que je prenne la v…. »

« Non. » La coupa-t-elle d'un coup. « Je veux dire… Oui enfin non… Venez en train, tout va bien pour moi, et je serai plus que ravie de rencontrer Henry. »

« Vous êtes sûre ? »

« A 100% Regina. Surtout ne reprenez pas votre voiture. »

« Très bien. » Dit-elle en souriant. « Jeudi donc, présentations officielles. Donc… » Continua-t-elle le visage soudain dur. « Interdiction de faire du vulgaire et chaque gros-mot entrainera des conséquences. »

Emma s'étouffa en riant, mais devant l'air très sérieux de sa voisine elle se ressaisit rapidement.

« Vous êtes sérieuse ? »

Regina haussa un sourcil en réponse.

« Oh Okay vous êtes sérieuse. Non mais vous me prenez pour qui ? Je serai irréprochable devant votre fils. »

« Moui. » Dit-elle perplexe.

« Non mais je vous jure. » S'exclama Emma en lui poussant doucement l'épaule. « Je serai un modèle de politesse. »

« Je ne crois que ce que je vois. » La taquina-t-elle.

« Et bien vous verrez vous… »

Elles furent coupées par le téléphone de Regina qui se mit à sonner.

« Excusez-moi. C'est Kathryn elle veut peut-être me dire de ne pas stresser. » Dit-elle en décrochant.

« Oui Kathryn que me vaut cet ap… » Elle perdit progressivement le sourire qu'elle avait eu en répondant. « Mais comment ça tu ne peux pas ?... Mais ce concert est prévu depuis des mois je… Mais c'est le plus grand jour de ma carrière tu ne peux pas ne pas… Quoi comme réunion ? » Emma la voyait s'énerver de plus en plus. « Oh et tu vas me dire que ca ne se prévoit pas à l'avance ce genre de choses ?... Permet –moi de douter de tes excuses… Tout ce que je vois c'est que ma femme ne sera pas là lors du tournant de ma carrière… Comment ne peux-tu pas comprendre que dans un moment pareil j'aimerai que tout le monde soit là ?... Allez laisse tomber, bonne réunion. »

Elle raccrocha d'un coup et tenait ses poings serrés de rage. Elle respirait vite et Emma ne savait absolument pas comment réagir. Elle s'avança doucement en prononçant un léger 'Hey' et fut surprise par sa voisine qui se tourna d'un coup vers elle.

« Une réunion, elle a une 'Reunion'. Je me demande bien comment s'appelle cette 'Reunion' ? Encore une pétasse qu'elle aura levé je ne sais où. Ma femme est une garce qui préfère avoir la tête entre les jambes des filles plutôt que d'être là pour son épouse. Je n'arrive pas à croire qu'elle me fasse ça, aujourd'hui, lors de ce concert. Elle ne sera même pas là, mon bonheur ne représente rien pour elle. Tout ce qu'elle voit avec ce concert c'est l'opportunité de chevaucher pendant des heures une bimbo brune sans risque de se faire surprendre. »

Elle avait dit tout ça d'un coup, presque sans respirer entre ses phrases et Emma ne savait pas du tout ce qu'il était bon de faire dans un cas comme ça. Un désastreux 'Heuuuuu' sortit de sa bouche mais il sembla suffisant à la pianiste qui reprit de plus belle.

« C'est trop demander un peu d'attention de sa part ? »

« Non vous… »

« Suis-je une si mauvaise épouse qu'elle doit tout faire pour se changer les idées dans les bras d'une multitude d'amante ? »

« Je suis sûre que non vous… »

« Ou alors c'est ça, je dois être une catastrophe au lit pour ne jamais lui suffire ainsi. » Sa voix se brisa en parlant et ses yeux se remplirent de larmes. « Elle ne m'a pas trompée qu'une fois miss Swan, elle m'a trompé tellement qu'elle serait incapable de compter combien de fois. Je ne sais pas comment je fais pour tenir debout avec les cornes que j'ai. »

Elle secoua la tête comme pour chasser les larmes sans succès et se tourna vers la fenêtre. Emma posa sa main sur la sienne et une sur son menton pour l'amener à la regarder.

« C'est elle la femme déplorable Regina. Elle a… la plus belle, la plus merveilleuse femme du monde et elle ne sait pas se rendre compte de sa chance. Tellement de femmes donneraient tout pour être à sa place, et si elles y étaient, elles ne vous tromperaient jamais, elles vous traiteraient comme une déesse, comme vous le méritez. Elles vous aimeraient à votre juste valeur, elles auraient peur de vous perdre tellement être avec vous est comme un rêve. Vous méritez un amour sincère, vous méritez une relation tellement sincère que la question de confiance ne se poserait jamais. »

Regina cligna un mot des yeux en assimilant ses paroles et s'approcha doucement d'elle. Emma la vit perdue et perturbée et posa sa main sur sa joue pour l'empêcher d'avancer plus.

« Vous avez droit au bonheur et il arrivera. »

« Merci Miss Swan. » Dit la brune en posant sa main sur la sienne.

Le regard qu'elle lui lançait était tellement intense qu'Emma se sentait vulnérable dessous.

« Ne pensez plus à tout ça Regina. » Dit-elle en caressant sa joue de son pouce. « Aujourd'hui c'est votre journée, vos parents seront au premier rang, votre public sera là et vous serez grandiose. »

Une dernière larme s'échappa avant que la brune ne retrouve le sourire.

« Merci Emma. »

La blonde ne put s'empêcher de sourire.

« Quoi ? »

« Vous m'avez appelée Emma. »

« C'est vrai. »

« J'aime bien miss Swan mais j'aime encore mieux entendre 'Emma'. »

« Merci de m'avoir redonné le sourire Emma. Vous avez raison, c'est ma journée et je ne la laisserai pas me la gâcher. »

« Voilà ce que je préfère entendre. » Dit-elle en enlevant finalement sa main.

Elles arrivèrent en gare de Boston et la jeune blonde prit sa voisine dans ses bras pour lui souhaiter bonne chance. Elles se séparèrent non sans un dernier regard et un sourire avant de sortir de la gare.

Jour 14 : train de 00h44

Emma était assise à sa place, son wagon était vide et elle s'était allongée, les yeux fermés, repensant à la soirée qu'elle venait de vivre.

Elle avait passé la journée à se dire qu'elle voulait aller au concert de Regina sans oser sauter le pas et acheter des places. En sortant du travail elle était finalement allé jusqu'à l'opéra et avait demandé s'il restait des places. Elle avait ressentit une profonde déception en apprenant que le récital était complet depuis plusieurs jours déjà. Elle était fière pour Regina mais en colère contre elle-même d'avoir loupé cette occasion. Elle s'éloignait doucement quand une voix l'avait interpellée. Elle était retournée vers la guichetière qui lui avait annoncé qu'elle venait juste d'avoir une annulation et que si la place l'intéressait toujours, elle serait à elle.

C'est ainsi qu'Emma s'était retrouvée quelques heures plus tard au milieu du parterre de l'opéra, assise entre deux jeunes hommes bien habillés qui n'avaient eut de cesse d'essayer d'engager la conversation avec elle.

Dès l'instant où Regina était montée sur scène cependant, elle n'avait plus eut d'yeux que pour elle. Les premières notes avaient raisonné dans la salle et elle s'était sentie emportée. Elle n'avait jamais été particulièrement intéressée par la musique classique, mais quand Regina s'était mise à jouer, elle avait eut l'impression d'être touchée par une lumière si pure qu'elle en avait eut envie de pleurer. Ce n'étais que quand ses yeux s'étaient mis à lui brûler qu'elle s'était aperçue que c'était le cas.

Au premier rang, elle avait reconnu le père de Regina qui serrait la main d'une femme qui devait être sa mère. Cora pleurait à chaude larme elle aussi et s'avançait sur son siège comme si elle voulait monter aux côtés de sa fille. Le couple irradiait la fierté et cela l'avait fait sourire sans qu'elle ne comprenne pourquoi.

Le récital avait à peine commencé qu'il s'était terminé et Emma avait été incapable de bouger pendant un moment. Elle avait reprit ses esprits et c'était éclipsé en espérant ne pas s'être faite remarquée.

Une fois dans le train, les sons lui revenant aux oreilles, le souvenir de la grâce avec laquelle ses doigts frôlaient les notes du piano. Elle se remit à pleurer sans chercher à calmer ses larmes. Elle n'avait personne dont elle devait se cacher et accepter toutes les émotions que ce récital avait réveillé en elle.

« Bonsoir Miss Swan. »

Emma se leva d'un coup en séchant ses larmes, choquée de voir Regina devant elle.

« Regina vous… Je… Mais que faites… Vous… »

« Mes parents devaient me ramener jusqu'à la gare où j'ai laissé ma voiture ce matin, mais quand je vous ais vu partir de l'opéra, j'ai eu envie de prendre le train. »

La jeune femme resta bouche bée en se décalant pour la laisser s'asseoir.

« Pourquoi pleurez-vous ? » Dit-elle inquiète.

« Je… C'est votre… Les sons et… Ca m'a… » Elle inspira profondément. « Votre musique ça m'a… Ca m'a transportée. Regina vous jouez tellement bien c'est… c'était… Ca m'a coupé le souffle. »

La jeune femme acquieçsa et luttait pour retenir un immense sourire, ses yeux remplis de larmes trahissant son émotion.

« Oh Regina ne vous retenez pas. » Dit-elle plus à l'aise. « Vous étiez époustouflante, et cet accueil, j'ai cru que les gens n'arrêteraient pas d'applaudir. C'était tellement mérité. Vous avez un don, vous nous touchez dans notre cœur avec votre musique, votre talent. J'ai vécu un moment unique. »

« Merci. » Dit-elle dans un souffle. « Je suis vraiment touchée que vous soyez venue me voir, et encore plus par vos compliments. »

« Merci à vous. »

Elles se regardèrent un moment, perdue dans les yeux l'une de l'autre jusqu'à ce que Regina s'avance pour la prendre dans ses bras.

« Votre venue représente beaucoup pour moi. »

Emma se contenta de la serrer plus fort encore.

« Qu'avez-vous ressentit en jouant ? » Demanda-t-elle quand elles se séparèrent.

« C'est difficile à exprimer. J'étais… C'était… Comme une euphorie constante. J'étais angoissée en entrant, puis dès la première note, je suis entrée dans un autre monde, je réalisais mon rêve et j'ai prit tout ce que ce moment pouvait m'offrir. A chaque applaudissement j'avais l'impression de vivre un conte de fée. »

« Et bien vous nous avez emporté avec vous je peux vous l'assurer. »

« Oh merci Emma. » Dit-elle avec un sourire encore plus grand.

Elles parlèrent longuement des ressentit de chacune vis-à-vis du concert, Emma ne cessant de la complimenter et Regina ne cessant de rougir.

La brune prenait constamment ses mains dans les siennes, comme si les mots à eux seuls ne pouvaient exprimer suffisamment sa gratitude.

« J'avais envie que ça ne s'arrête jamais. » Dit-Emma.

« Moi non plus. »

« J'aurai aimé vous entendre jouer tellement plus. »

« Vous savez quoi, un jour vous viendrez me voir au travail et je vous jouerais tous les morceaux que vous voulez. Qu'est-ce-qui vous ferai plaisir ? »

« Je ne sais pas… Je ne connais rien au piano. Le seul morceau que je connais c'est 'La Valse' de Yann Tiersen. Je présume que c'est un morceau très simple pour vous mais… C'est le seul auquel je pense. »

« Je vous le jouerai. Promis Emma. »

Elles étaient tellement proches qu'Emma avait l'impression que son cœur allait exploser dans sa poitrine. Elles tanguaient l'une vers l'autre presque inconsciemment et la blonde sentit les doigts de la pianiste frôler son front pour pousser une mèche derrière son oreille.

« Je vais parler à Kathryn ce week-end. » Dit-elle dans un murmure.

« Ne parlez pas de ça, c'est votre journée Regina. »

« Je sais, et tout ça m'a convaincue sur le fait que ça ne peut pas continuer ainsi. Je vais rentrer chez moi, retrouver une femme qui ne me respecte pas, qui ne m'aime peut être même plus, que je crois aimer en souvenir de nos années heureuses. Puis je vais me coucher dans un lit où elle aura prit du plaisir avec une autre femme. Je ne peux plus me contenter de cette vie là. Aujourd'hui elle m'a prouvé qu'elle ne mérite pas toute la souffrance que je garde en moi. Ca va être dur, il y aura des cris, des pleurs, mais je dois affronter la situation. J'ai besoin d'avancer. »

« Je serai là lundi à 6h22 pour vous changer les idées alors. Je vous souhaite bon courage. »

Elles se serrèrent encore dans leurs bras avant qu'Emma ne descende du train, le cœur battant pour cette femme qui s'apprêtait à chambouler sa vie.

Jour 15 : train de 6h22

Quand Emma monta dans le train, elle fut surprise de découvrir une Regina tout sourire assise à la place 108. Elle avait imaginé beaucoup de chose, des cernes, des larmes, un sourire crispé, mais pas un sourire.

« Bonjour Emma. » Dit-elle avec entrain en la voyant approcher. « Attention aujourd'hui il ne faut pas oublier que le train n'a pas Boston comme terminus. »

« Comment ça ? »

« On est lundi. »

« Ah oui c'est vrai, j'oublie tout le temps le lundi. Je me suis souvent retrouvée à devoir repartir en arrière pour rejoindre Boston. »

« Tête en l'air. » S'amusa la brune.

« Dis donc vous. » Demanda-t-elle perplexe. « Que nous vaut cette gaieté matinale ? »

« Quoi ? Qu'elle gaieté ? » Questionna la musicienne en rougissant malgré elle.

« Pas à moi… Vous avez parlé à Kathryn ? Vous lui avez dit vos ressentit ? » Questionna-t-elle en tapant gentiment son épaule contre la sienne.

« C'est un peu ça et pas ça à la fois, mais rassurez vous, c'est une histoire qui se termine bien. »

« Qui se termine bien ? Comment un règlement de comptes peut bien se terminer ? »

« Samedi matin en rentrant elle dormait déjà, je me suis couché et j'ai attendu dimanche matin. Au petit déjeuner elle est arrivée complètement endormie l'air grognon, au lieu de ne rien dire comme d'habitude, je lui ais dit que vu sa tête, sa partenaire ne devait pas être un bon coup, et qu'au moins celle là elle ne la ramènera plu à la maison en mon absence. »

« Oh mon dieu vous avez dit ça ? » S'étouffa Emma en la regardant avec fierté.

« Mot pour mot oui. Vous auriez du voir sa tête. Elle m'a demandé ce qui me prenait et je lui ai répondu que j'en avais marre d'être prise pour une idiote, que je savais parfaitement qu'elle me trompait encore et que je ne pouvais plus fermer les yeux. Elle a essayé de nier, de dire que j'étais fatiguée par mon concert et que ça me faisait dire n'importe quoi. J'ai tenu bon, je lui ais dit que si elle ne me trompait pas, alors on allait faire comme la dernière fois et elle ne verrait aucun inconvénients à ce que je me balade un peu dans ses messages. »

« A bien trouvé ça. »

« Oui n'est ce pas. » Dit la brune en souriant. « Jamais je ne l'avais vu si crispée, elle a essayé de trouver des parades mais à vite abandonné. Elle m'a dit que ce n'était ré arrivé qu'une fois, que c'était une erreur. J'étais tellement en colère qu'elle continue à me mentir encore une fois que je lui ais tout balancé, les noms de celles que j'avais identifié, les fois ou je l'avais entendu répondre discrètement à son téléphone la nuit, la bague que j'avais ré enlevé sans qu'elle ne s'en aperçoive, tout. Jamais je n'ai crié sur quelqu'un comme ça, la trahison est double et ma colère aussi. Ca a duré toute la journée, j'ai tout dit et elle m'a tout avoué. Elle pleurait, elle m'a supplié de lui offrir une seconde chance, elle m'a promit que ça n'arriverait plus.

Je lui ai répondu que c'était déjà sa seconde chance et qu'elle avait eu le même discours la dernière fois. Elle pleurait tellement, elle s'agrippait à moi en me suppliant de l'écouter. »

« Et vous l'avez renvoyée dans les cordes n'est-ce-pas ? » Questionna Emma, son cœur battant de plus en plus vite dans sa poitrine.

« Et bien… »

La blonde cru recevoir une douche froide. Elle culpabilisait de ressentir ça mais elle ne voulait pas y croire, elle ne pouvait pas pardonner si facilement, elle ne pouvait pas être aussi aveugle.

« Regina… Vous l'avez renvoyé dans les cordes n'est-ce-pas ? » Questionna-t-elle fébrile.

« Oui, enfin… Oui et non. Elle sait qu'elle est à l'essai encore une fois et que c'est sa dernière chance, elle sait que je vais avoir du mal à lui pardonner mais… C'est ma femme, c'est treize ans de ma vie. Je dois laisser une chance à ce mariage. »

« Parce qu'elle lui en a laissé elle ? C'est un recommencement, et vu ce que vous me dites d'elle, dans un mois elle est dans les bras d'une autre mais plus discrètement encore. » Dit-elle avec colère, comme incapable de se maitriser. Toutes ses résolutions avaient été balayées en un instant, ne pas s'en mêler, ne pas dépasser de limites… Envolé, elle ne ressentait que la colère de voir une telle femme accrochée à une épouse qui ne la méritait plus depuis longtemps.

« Emma… » Dit la brune perdue. « Elle a fait des erreurs mais nous allons essayer de repartir sur de nouvelles bases. »

« Qui vous dit qu'elle ne recommencera pas… Encore ? »

« Nous avons beaucoup parlé, nous avons longuement mit les choses à plat Emma et… Je l'aime… Je crois, et je sais qu'elle m'aime… Je crois. Nous pouvons survivre à ça. »

« Vous vous entendez ? Vous croyez, vous n'êtes même pas sure de l'aimer Regina. Et c'est quoi ce sourire ? C'est ces nouvelles bases qui vous rendent si gaie ? » Dit-elle en essayant de contenir sa colère et la peine qu'elle avait honte de ressentir.

Regina rougit légèrement en souriant.

« Entre autre. »

« Vous avez… Elle et vous après votre dispute vous avez. »

« Emma… Même si j'estime que ça ne vous regarde pas. »Dit-elle faussement choquée. « Non pas après notre dispute. »

Le sourire de la brune en disait long et la jeune blonde avait envie de vomir.

« Mais… »

« Disons que… Ce matin par contre… »

« J'ai pas envie de savoir. »

« Oh allons, ne faites pas la choquée. » S'amusa la pianiste qui ne saisissait pas le réel blocage de sa voisine. « C'est vous qui aviez dit que vous vouliez 'tout savoir' quand vous avez apprit que j'étais gay. »

« Je n'ai pas envie d'entendre parler de vos galipettes de ce matin. » Répliqua-t-elle plus agressivement que ce qu'elle aurait voulu.

« Pourquoi m'agressez-vous ? »

« Pour rien. »

« Emma. » Insista la brune agacée et perplexe.

« Parce que vous vous faite avoir et vous laissez faire. Alors quoi ? C'est un si bon coup au pieu pour qu'un petit coup et vous lui retombez dans les bras. Je ne pensais pas que c'était aussi facile que ça avec vous. Je pensais que vous aviez plus de caractère que de libido. »

« Je ne vous permets pas. » S'énerva Regina. « Vous ne me connaissez pas, vous ne connaissez rien à mon couple et à ma vie. J'ai le droit de laisser une chance à mon mariage, contrairement à vous, tout ne se résume pas au sexe dans ma vie. »

« A bon ? Alors comment vous expliquez qu'elle n'ait besoin de vous sauter qu'une fois pour que vous oubliez les années de tromperies, la récidive et les mensonges. Elle recommencera elle… »

La seule chose que le cerveau d'Emma enregistra après ça fut un bruit sec mais aucune douleur. Elle regarda autour d'elle et vit que les passagers du wagon regardaient dans sa direction. Elle tourna la tête vers Regina qui respirait péniblement, la main en l'air. La brune avait eu envie de la gifler, elle en avait eu tellement envie qu'elle avait tapé contre le siège de devant pour s'empêcher de lever la main sur sa voisine.

Emma la regarda sans plus rien oser dire, heureuse que ce soit le fauteuil qui ait prit et pas sa joue.

« Je vous interdit de me juger. Vous ne connaissez rien à tout ça, vous êtes une fille sans attache qui ne s'est quasiment jamais investie dans une relation durable. Vous êtes incapable de comprendre l'idée de sacrifice pour sauver un couple. »

« Ca doit être ça oui. » Dit Emma faiblement, le cœur assaillit par de douloureux souvenirs.

Regina sembla prise de court par son ton sec. La brune ne l'avait jamais vu abandonner et elle savait et ça ne lui ressemblait pas du tout.

Emma ne lui laissa pas le temps de réagir, baissa les yeux pour ne pas affronter son regard, attrapa ses affaires et commença à se lever.

« Emma attendez. »

« Non, vous avez raison, je ne suis personne pour vous juger, vous l'avez bien dit, je n'ai connu aucune vraie relation. »

« Emma… » Essaya la pianiste.

Mais la jeune femme se leva et partit s'asseoir un peu plus loin en attendant sa gare. Elle sentait son cœur se serrer de toutes les souffrances qui remontaient en elle suite aux paroles de la brune. Elle sentit les larmes silencieuses coulant sur ses joues mais les ignora, sachant pertinemment qu'il était inutile d'essayer de les sécher. Regina vint s'asseoir prêt d'elle mais elle l'ignora, ses yeux fixés sur le paysage qui défilait bien trop lentement pour la première fois depuis longtemps. Du coin de l'œil elle l'a vit essayer de capter son regard et soupira avant de parler.

« Vous me demandez de ne pas vous juger, alors ne me jugez pas non plus. Je suis désolée mais ce que je dis est vrai, une femme qui vous a trompé autant qu'elle l'a fait ne changera pas de si tôt. »

« Pourquoi pleurez-vous ? »

« ... »

« Pardonnez-moi de vous avoir jugée. » Dit-elle en caressant sa joue.

« Vous ne me connaissez pas. Vous ne… Je ne suis pas celle que vous croyez mais vous vous permettez de me juger. »

« Emma je… »

« J'ai eu une longue relation, une vraie relation. » La coupa Emma sans la regarder. « J'avais 23 ans quand j'ai rencontré Neal, nous étions follement amoureux, nous vivions d'amour et d'eau fraiche. J'avais l'impression d'avoir rencontré mon prince charmant, l'amour de ma vie. Deux mois plus tard nous aménagions ensemble, deux ans plus tard nous nous sommes mariés. Je suis tombée enceinte, un bébé lune de miel. » Dit-elle avec un sourire triste et nostalgique qui fit s'angoisser Regina. « Trois mois après Neal à perdu son travail, il n'arrivait pas à en trouver un autre car plus le temps passait, plus il se perdait dans sa rancœur contre son ancien patron. Il s'est mit à boire, beaucoup et vite, il ne cherchait plus de travail, il restait vautré sur le canapé nuit et jour avec ses bouteilles de whiskey pendant que je partais travailler. »

« Enceinte ? »

« Oui... Un jour… » Elle commença à trembler, ce qui sembla accentuer l'angoisse de la brune. « Il était saoul, il voulait partir acheter une énième bouteille. J'ai voulu m'interposer, l'empêcher de prendre la voiture dans cet état. Il titubait, il m'a poussée, il m'a giflé, c'était la première fois qu'il levait la main sur moi. Il a voulu passer de force et j'ai dégringolé les escaliers. »

Regina hoqueta de terreur en craignant la suite.

« Neal est partit s'acheter son alcool je suppose, quand je me suis réveillée il n'était plus là et j'avais atrocement mal. Il y avait du sang partout, tellement de sang, trop de sang…

J'ai lutté, j'ai rampé et j'ai réussit à atteindre le téléphone, j'ai été emmenée à l'hôpital mais c'était trop tard. Ma petite fille était morte dans mon ventre il a fallut… »

Elle ne put finir sa phrase car sa voix se brisa d'un coup. Elle éclata en sanglots et Regina réagit par instinct. Elle la prit dans ses bras et la laissa pleurer en la berçant doucement. Elle ne savait pas comment réagir, mais comment lui en vouloir, comment soulage-t-on une telle souffrance ? Alors plutôt que des mots vides de sens, Emma la sentit embrasser tendrement sa tête en la laissant se blottir contre elle.

« J'ai accouché sans Neal, il n'est revenu que trois jours plus tard, inconscient de ce qui c'était passé. » Murmura-t-elle, le visage enfouit dans le cou de la brune. « C'est depuis ce jour que… Quand je vois du sang je… »

« Shhhhh. » Dit-elle pour lui montrer qu'elle avait compris. « Vous étiez seule chez vous ? »

« Non, j'étais chez Mary-Margareth, je l'ai appelé en attendant l'ambulance et elle m'a immédiatement rejoint à l'hôpital. Elle a été avec moi dans cette épreuve… sans elle… Sans elle je n'aurai pas eu le courage de regarder ma fille, je ne voulais pas la voir, je… Je ne voulais pas devoir tenir dans mes bras le bébé que j'avais tué. Mary a insisté, elle m'a dit que si je ne le faisais pas je le regretterai un jour. J'avais peur… Si peur… Mais je l'ai fait, et je la remercie maintenant car ça m'a permit de réaliser que l'horreur qui m'arrivait était vraie. Je me rends compte maintenant qu'il aurait été plus dur de survivre sans ça… Elle aurait eu deux ans le mois prochain. »

Regina la serra plus fort encore et Emma se sentit bien dans ses bras, les larmes coulaient librement, c'était la première fois qu'elle parlait de ce traumatisme, la première fois qu'elle racontait son histoire. Depuis deux ans elle survivait plus qu'elle ne vivait, et pour une fois, elle se sentait moins coupable, moins responsable. Elle ne ressentait plus rien en fait, juste une chaleur réconfortante que lui procurait la brune. Elle pleura de plus belle, culpabilisant de se sentir bien dans les bras d'une femme mariée alors que sa petite fille n'avait même pas eu le droit de voir la lumière du jour.

Emme pleurait sans retenue et sentit la jeune pianiste l'attirer plus encore contre elle pour encercler sa taille d'un bras et ses épaules de l'autre, glissant sa main dans ses longues boucles blondes pour la tenir étroitement. Elle la vit se décaler et embrasser sa joue humide.

« Pardonnez-moi d'avoir été cruelle avec vous. »

Elle embrassa son autre joue.

« Pardonnez-moi de vous avoir jugée sans savoir. »

Elle embrassa sa pommette.

« Pardonnez-moi d'avoir fait remonter tout ça. »

Emma la vit s'approcher d'elle et c'est comme si le temps se suspendait, leurs lèvres étaient à quelques centimètres, son regard glissait sur la bouche rouge et pulpeuse de la musicienne et elle n'avait qu'une envie, la sentir contre la sienne. Regina porta alors ses lèvres à son front et Emma soupira, déçue et heureuse à la fois du respect qu'elle lui témoignait. Elle se faisait peut être des idées, mais elle avait cru voir une tendresse nouvelle dans ses yeux chocolats, elle savait les troubles que lui procuraient la jeune femme et ne pouvait qu'espérer malgré elle qu'ils soient réciproques.

« Je vous pardonne. »

« Non, j'ai été horrible avec vous je… »

« Moi aussi, je juge votre couple mais pas pour les bonnes raisons. Je pense toujours que Kathryn va recommencer, je pense que vous la pardonnez trop vite, mais c'est surtout parce que je pense qu'elle ne mérite pas une femme comme vous. Vous êtes trop bien pour elle, je sais que je ne suis personne pour dire ça, mais je le pense. »

« Emma je ne… Je ne sais pas je… Je ne sais pas. Je ne veux pas y penser pour l'instant. »

Elle ne lâcha pas son étreinte autour d'elle et Emma se permit d'enrouler à son tour ses bras autour de sa taille. Elles se réconfortèrent ainsi, l'une contre l'autre, dans une embrasse amicale bien que troublée pour l'une, troublante bien qu'amicale pour l'autre.

L'annonce d'arrivée en gare de Boston raisonna dans le train, mais aucune ne bougea, aucune prête à laisser partir l'autre. Les portes se referment et plus rien n'existait, plus de travail, plus de maison, plus de responsabilités, juste le besoin de réconfort et l'envie d'en donner.

« Nous avons loupé notre gare. » Dit doucement Emma.

« Shhh » L'arrêta-t-elle en la gardant contre elle. « C'est pas grave, le monde ne s'arrêtera pas de tourner sans nous. »


Et voilà, bon j'avoue plein d'info dans ce chapitre mais c'est voulu XD et ne vous inquiétez pas il en reste à découvrir ;P

J'espère que ça vous aura plu :D

A jeudi prochain pour un chapitre de taille revenant à la normale XD