Hallo. La canicule a eu raison de moi, de tous mes neurones et de toute mon énergie. J'ai quasiment dû réécrire tout le chapitre tellement c'était mauvais mais nous y voilà (enfin je crois). Enjoy.
Chapitre 22
Je me sens seule. Seule et menacée. Faible.
L'étrange créature en face de moi enflamme douloureusement ce sentiment au creux de mon estomac.
C'est un géant de presque trois mètres aux muscles impressionnants. Une sorte d'homme-chat, ou homme tigre, je saurais pas trop dire. En tout cas, il représente exactement l'image que je me fais d'une tentative ratée de croisement entre un être humain et un félin et il me rappelle un film d'horreur que j'ai vu il y a des siècles.
Il est recouvert d'une fourrure épaisse et la seule note de fantaisie dans tout ça est le vêtement qu'il porte : un ridicule pagne à paillettes qu'il aurait pu récupérer dans un club transformiste. Je n'ai même pas le cœur à m'en amuser, parce qu'en réalité son allure menaçante éveille une terreur sourde en moi.
Il se tient devant moi et me toise de toute sa hauteur avec ses yeux jaunes fendus qui me glacent le sang. Il a une sorte de sourire accroché aux lèvres. Enfin, je crois que c'est une sorte de sourire parce qu'il n'a pas vraiment de lèvres non plus.
C'est un ohmsien. Nous venons d'arriver sur sa planète et cet être monstrueux m'est tombée dessus dès l'aire d'atterrissage pour m'escorter jusqu'au quartier des esclaves.
Quand il s'est présenté à moi avec sa voix rocailleuse qui racle tous les « r » du saïyajinn, j'ai complètement paniqué, j'ai même eu du mal à retenir un hurlement d'effroi. Par réflexe, j'ai cherché Végéta des yeux. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça, il m'a très clairement expliqué qu'il ne me protégerait pas ici, que c'était trop risqué pour ses petits projets de me manifester le moindre intérêt. Ici, je ne peux être que son esclave, une chose dont il n'a rien foutre.
Il se tenait au milieu de sa petite troupe d'officiers. Quand l'ohmsien a refermé sa main phénoménale sur mon bras pour me tirer à l'écart, je me suis retenue de justesse de crier le nom du Prince et le regard de Végéta a croisé le mien. Il a observé l'ohmsien un court instant sans cesser de discuter avec l'un de ses officiers, mais il n'a pas bougé. Il n'a pas cillé.
Je ne sais pas si ça m'a désespérée ou rassurée sur le coup, mais je n'avais de toute façon aucune chance de résister au géant qui m'a entraînée dans une direction différente de celle des saïyens. J'ai fini par le suivre docilement et ça a eu le mérite de le faire lâcher mon bras.
Il me semble que nous avons marché des kilomètres le long de corridors sinistres aux murs de pierres grises et nous voilà devant une grande porte en bois sculpté. Il a frappé tranquillement et nous attendons maintenant patiemment une réponse.
Il n'a pas lâché un mot pendant tout le chemin mais j'ai eu l'impression qu'il me jetait des coups d'œil curieux. Maintenant il me dévisage franchement avec ce genre de sourire accroché à ses lèvres qui n'en sont pas.
Je m'efforce de dissimuler ma frayeur et de soutenir son regard mais je dois admettre que je n'y arrive pas vraiment.
Les saïyens me font peur, mais je les connais. Je sais comment ils fonctionnent, je sais à peu près dire quand ils deviennent vraiment dangereux et quand ils sont «au repos». Je connais les règles. Cet ohmsien… Je sais juste qu'il pourrait m'arracher la jugulaire en une fraction de seconde et je n'ai aucune idée de ce qui pourrait le décider à passer à l'acte.
Une voix assourdie se fait entendre de l'autre côté de la porte et mon compagnon entre aussitôt en me poussant devant lui.
J'arrive dans une grande pièce qui ressemble à un immense salon. C'est très richement décoré et très coloré aussi. Des tapis épais, des meubles en bois massif et des éclairages flamboyants réchauffent un peu l'ambiance des vieux murs de pierre humides.
Dans un coin de la pièce, une ohmsienne est assise à un bureau. Elle nous observe intensément, la joue appuyée sur une main avec nonchalance. Je veille à ne pas m'approcher trop près d'elle mais l'homme derrière moi me pousse dans sa direction.
La femme est à peu près aussi laide que l'homme. Elle a, comme tous ceux de sa race j'imagine, des traits félins, un peu monstrueux à mon goût. Des pommettes très saillantes, des lèvres tombantes et à peine dessinée, un nez remonté. Sa tignasse abondante retombe jusqu'à sa taille et elle a entortillé ses cheveux couleur miel en tresses mêlées de fils d'or. Elle porte aussi une masse incroyable de bijoux rutilants et de pierreries. Autour du cou, autour des bras, autour des chevilles, ça fait un bruit de grelot quand elle se lève. Elle aussi est immense évidemment.
Ses yeux pétillent et, comme l'autre ohmsien, elle a l'air de sourire. Elle échange quelques mots avec l'homme qui m'a amenée dans une langue que je ne connais pas. Un mélange de ronronnement et de feulement assez horripilant.
Finalement, elle contourne le bureau et marche jusqu'à moi avec un déhanché très félin. Elle croise les bras tranquillement. Je ne lui arrive même pas aux épaules. Je déglutis péniblement en levant les yeux sur elle.
- Tu es l'esclave du Prince ? me demande-telle.
Je hoche la tête. Ma bouche est sèche et je ne suis pas sûre d'être capable de lâcher un seul mot cohérent. De toute façon, j'imagine qu'elle pose la question pour la forme, elle sait parfaitement d'où je viens. Ses yeux me contemplent attentivement et j'ai l'impression d'être une souris tout d'un coup. Je recule prudemment sans m'en rendre compte.
Elle soupire et échange un coup d'œil furtif avec son congénère derrière moi.
- Je suis Cato, la gouvernante ici. Merrick, qui t'a accompagnée jusqu'ici, est l'intendant. Nous veillons au bon fonctionnement de cette maison. Bienvenue sur Ohms.
Je hoche stupidement la tête à nouveau. Je me sens tétanisée. Autant, je déteste Végéta, autant, j'aimerais qu'il soit là. Je suis mal à l'aise d'être séparée de lui. Ma situation est merdique mais je dois avouer que, bizarrement, elle a toujours l'air moins merdique quand il est dans le coin.
- Tu n'as rien à craindre ici, petite terrienne. Bulma, c'est ça ? insiste Cato.
Je sursaute en entendant mon nom. Elle me sourit complètement maintenant. Elle veut sûrement se donner un air rassurant mais ses canines luisantes et acérées sont loin de me faire cet effet-là. Elle passe doucement sa main autour de mes épaules… Oh mon Dieu, sa main terriblement griffue… Je réprime tout juste un réflexe de recul mais elle ne semble pas s'en rendre compte.
- Je crois que la première chose dont tu as besoin pour commencer, c'est d'un bon bain, note-t-elle en fronçant son espèce de nez-truffe.
Je ne peux pas lui donner tort. Sa proposition me détend un peu. Sans attendre ma réponse, elle m'entraîne vers l'extérieur de la pièce et nous traversons un couloir désert jusqu'à arriver à une autre porte.
Quand elle l'ouvre, nous nous retrouvons dans une grande salle carrelée au milieu de laquelle trône un bassin d'eau fumante. Il y a déjà deux ohmsiennes qui marinent dans le bassin. Des effluves de parfums ambrés flottent dans l'air brumeux.
A notre arrivée, les baigneuses interrompent leur discussion et tournent leurs yeux jaunes et perçants vers nous avec intérêt. Leurs regards se posent instantanément sur moi et j'ai un frémissement. Je ne sais pas pourquoi elles me mettent aussi mal à l'aise. Elles sont bizarres bien sûr, et j'en ai croisé des races bizarres quand j'ai été esclave mais les ohmsiens ont une façon étrange de m'observer. Je suscite leur curiosité sans pouvoir vraiment me l'expliquer. Je ne perds pas de vue que chacun d'entre eux pourraient m'arracher la tête d'un coup de griffes et j'ai le sentiment d'être Gretel qui arrive dans la maison de la sorcière. Ça me glace.
Cato leur dit quelque chose dans la même langue qu'elle a utilisée avec Merrick. J'ignore le sens de ses paroles mais son ton n'est pas aussi mielleux que celui sur lequel elle s'adresse à moi. On dirait qu'elle crache presque.
Les deux filles se lèvent aussitôt pour sortir du bassin avec un ennui à peine dissimulé. Je détourne les yeux. Ces ohmsiennes sont suffisamment monstrueuses en temps normal, je ne tiens pas à vérifier ce que ça donne, nues. J'attends qu'elles sortent une à une sans se presser et je perçois les coups d'œil appuyés de chacune d'entre elle.
- N'aie pas peur de nous, siffle la voix de Cato, même si nous sommes différentes.
- J'ai pas peur.
J'ai menti d'une voix vacillante et elle se contente de me sourire sans commenter la crédibilité de ma réponse.
- Il y a des vêtements sur l'étagère et tu as tout ce dont tu as besoin dans les flacons.
Je laisse naviguer mon regard sur le décor. C'est aussi kitsch et richement décoré que le salon d'où nous venons. Je dois admettre que le quartier des esclaves ohmsiens est nettement plus confortable et luxueux que tout ce que j'ai jamais connu jusqu'ici. Je comprends que la domination saïyenne n'est pas aussi franche que d'habitude. En temps normal, les saïyens concèdent très peu de privilèges aux races des planètes colonisées. A l'image de leur Prince, ils aiment rappeler leur puissance en toutes circonstances; ils aiment rappeler qu'ils sont les maîtres, et ça implique d'imposer des conditions misérables à ceux qu'ils ont vaincus. Ici, le traitement des esclaves laisse entendre qu'ils ont un peu plus de droits qu'ailleurs, que peut-être la domination saïyenne est un peu plus vacillante qu'ailleurs.
Mes yeux finissent leur tour d'observation en retombant sur la géante féline à côté de moi. Son sourire ne l'a pas quittée et à nouveau, j'ai le désagréable sentiment que ce bassin d'eau fumante pourrait aussi bien être une marmite dans laquelle elle s'apprête à me faire bouillir.
- Nous sommes rrraaavviiis de t'avoir parmi nous, Bulma.
Sa phrase me fait frissonner imperceptiblement. Elle a dit ces mots comme si j'étais personnellement attendue, comme si j'étais une bonne nouvelle. Elle n'en dit pas plus et repart vers l'entrée d'un pas cliquetant de breloques.
- Si tu as besoin de quoi que ce soit, fais nous signe, conclut-elle avant de sortir et de refermer précautionneusement la porte derrière elle.
Je me masse les paupières. Il se passe quelque chose mais je ne veux pas savoir. Pas tout de suite. J'ai besoin de ce bain. J'ai besoin de calme et de sérénité. Une minute. J'ai besoin d'une minute sans question et sans angoisse.
Les ohmsiens sont flippants mais le bain est un pur délice. L'eau fumante engourdit tous mes muscles en un instant et je me laisse même aller à somnoler légèrement. Tout est silencieux et agréable pour une fois.
J'essaye de me vider la tête mais l'image de Gokû finit par revenir dans mon esprit alerte. Où est-il ? Est-il toujours en vie ? Je dois le retrouver. Absolument. En dehors du fait que c'est mon ami et que je lui dois la vie, mon destin n'avancera jamais dans le bon sens sans lui. Il est la carte maîtresse de mon avenir. Je doute maintenant que Végéta soit vraiment volontaire pour se lancer à sa recherche. Je dois le convaincre, le pousser.
Mais la situation avec les saïyens reste tendue. Très tendue. Végéta ne m'a pas menti, ses officiers me sont éminemment hostiles. Je le perçois à chaque seconde passée avec eux. D'ailleurs après notre discussion, j'ai repris un à un tous mes réflexes d'esclave docile dans l'espoir de m'assurer un semblant de sécurité parmi eux et auprès de Végéta, puisque c'est la seule solution. Je joue le jeu. Végéta aussi.
Fidèle à sa promesse, il ne m'accorde pas plus d'attention qu'à un meuble. En retour, je veille à ce que mon comportement colle aux explications qu'il a données à ses sujets : je suis son esclave. Je le vouvoie en public, je me fonds dans son ombre, je me plaque au mur sur le passage de saïyens, je baisse les yeux quand on me parle et évidemment, je me tais tant qu'on ne me demande rien. Ça m'écorche, je dois dire, mais pas autant qu'un coup de poing dans le ventre.
Je ne fais vraiment pas ça de gaieté de cœur, je fais ça parce que j'ai la trouille. Parce que j'ai envie de sauver mon cul. Parce que, même si ça fait chier, j'ai encore l'impression de faire semblant, alors que si ça tourne mal, je pourrais bien me retrouver à vraiment redevenir un meuble.
C'est comme nager parmi les requins. C'est exactement ça. Les requins sont partout. Ils m'épient, ils n'ignorent rien de ma présence. Pour l'instant, ils sont calmes, tout juste méfiants, mais à tout instant, je sais qu'ils peuvent fondre sur moi pour me mettre en pièce. Et je n'ai aucun moyen de m'éloigner d'eux ou de regagner la terre ferme. Je me contente d'attendre un miracle en essayant tant bien que mal de passer inaperçue.
Et j'ai maintenant l'impression oppressante que des poissons-chats carnivores se sont mêlés aux requins dernièrement.
Ces ruminations me rendent nerveuse et dissipent tout le plaisir de ma petite baignade. Je me décide donc à sortir pour m'habiller.
J'observe un instant silencieusement les vêtements qu'on m'a réservés. Quelque chose ne va pas. Je soulève le tissu ohmsien et je m'aperçois avec surprise qu'en fait de tissu, c'est un genre de voilage aux couleurs cuivrés. C'est un peu kitsch. Façon ohmsienne j'imagine. Tant qu'il ne s'agit pas d'un pagne à paillettes… Sur une planète aussi grise, j'imagine que les habitants ont envie d'un peu de couleurs. Restons positive. Le « voile » est en fait une tunique longue. Je l'écarte en quête des « vrais » vêtements que je suis censée porter en dessous.
Il n'y en a pas. Quasiment pas. Tout ce qu'il y a, ce sont des sous-vêtements en spandex sombre. Mon cœur s'arrête. Ils ont juste oublié les vêtements.
Je me tortille dans ma serviette avec indécision. Je balaye la pièce du regard. Pas un seul peignoir bien sûr.
J'ai survécu à Nappa, j'ai survécu à Raditz, j'ai survécu à Végéta même, j'ai survécu à la horde saïyenne aussi, alors… j'imagine que je vais pouvoir survivre 10 minutes dans cette tenue, le temps qu'on me fournisse les vêtements qui manquent. J'enfile les sous-vêtements et la tunique transparente par-dessus.
J'observe le résultat dans le miroir. Si je ramène les pans de la tunique contre moi et que je les garde serrés contre mon corps, je suis à peu près à l'abri des regards indiscrets. Ça me donne une démarche ridicule mais c'est temporaire.
Je sors dans le couloir désert et, rasant les murs, je regagne le salon où j'ai rejoint Cato à mon arrivée. J'ouvre timidement la porte et je passe juste la tête par l'entrebâillement.
Cato est assise là, à un petit bureau dans le coin et elle discute à voix basse avec Merrick l'ohmsien à paillettes. Il me tourne le dos avachi sur une chaise en face d'elle.
Je m'éclaircis la voix pour attirer l'attention de Cato. Elle lève des yeux surpris vers moi et, évidemment Merrick se retourne également dans ma direction.
- Il y a un problème.
Cato fronce les sourcils et se lève pour me rejoindre avec empressement.
- Un problème ? demande-t-elle avec inquiétude.
- Les vêtements… Il manque les vêtements.
Malgré ma réticence, elle force l'ouverture complète de la porte pour me contempler. Je la laisse m'observer un instant avec préoccupation.
- Vous voyez… Il manque…
- C'est charrrmant, susurre-t-elle d'une voix suave.
Elle se tourne vers Merrick pour l'inviter à constater par lui-même.
- Parfait, confirme distraitement Merrick depuis l'autre côté de la pièce.
- Mais… Il faut que je mette autre chose par-dessus… On voit tout !
Je commence à m'énerver. Je ne remarque qu'à cet instant que Cato n'est elle-même pas vraiment habillée, mais elle, elle est couverte d'une sorte de fourrure qui la protège du froid et des regards.
- On ne voit pas "tout", on devine, c'est le principe… Les hommes adorent deviner, explique Cato avec un air complice qui m'exaspère.
Je me sens subitement affolée.
- Je ne suis pas… Je ne sais pas ce qu'on vous a raconté mais je ne suis pas une courtisane, je suis ingénieur de son Altesse.
Le statut de courtisane est loin d'être méprisé dans toutes les cultures. Pour la plupart des races, c'est un métier comme un autre. Chacun vend ses talents et ce que la nature lui a donné pour survivre. C'est une conception que j'ai jamais vraiment assimilé quand j'étais esclave. Je reste terrienne, alors soyons clairs, une courtisane, c'est une pute. J'aurais toujours du mal à considérer que c'est un métier comme un autre et mon indignation transpire dans mes paroles.
Cato éclate simplement de rire et Merrick ricane à son tour derrière elle. Leur réaction m'irrite et me déroute. Je me sens vulnérable, à la merci de leur bonne volonté et en même temps, une colère sourde rampe en moi sous le coup de l'humiliation. Cato reprend son souffle et son regard s'adoucit.
- Nous savons que tu n'es pas une courtisane, tu es un peu plus n'est-ce pas ? reprend-t-elle d'une voix caressante.
- Un peu plus ?
Le souffle me manque. Un peu plus. De quoi est-elle en train de me parler ? Devant mon air incrédule, l'ohmsienne échange un coup d'œil furtif avec son compagnon.
- Nous savons qui tu es, terrienne, lâche Merrick d'une voix subitement sérieuse.
- Ou qui tu es censée être, rectifie Cato.
Sous le coup de la stupeur, je laisse retomber les pans de ma tunique que j'ai gardés serrés contre moi. Leurs paroles m'embarrassent encore plus que ma tenue maintenant et je ne suis pas sûre de vouloir comprendre. Dans le doute, je préfère rester prudente.
- Je ne sais pas ce que vous êtes en train d'imaginer, je ne suis pas une courtisane et je ne peux pas me balader comme ça ici.
Cato serre les lèvres et plisse les yeux avec méfiance.
- C'est tout ce que nous avons ici, répond-t-elle finalement, comme tu le vois, nous ne portons pas grand-chose nous-même…
Elle croise tranquillement les bras et penche la tête de côté sans me lâcher des yeux.
- Mais tu peux demander des vêtements à ton maître saïyen, il en a sûrement, lui, ajoute-t-elle avec défi.
Chiotte. Est-ce qu'il n'existe pas des gens normaux ici ?
- Parlant de ça, reprend Merrick de sa voix grave, il t'a fait demander. Je dois t'accompagner jusqu'à lui.
Tout le monde a fait un jour ce rêve épouvantable de se retrouver nu dans une foule. Moi, en tout cas, je l'ai fait, cet horrible cauchemar. Jamais je n'aurai pensé qu'il puisse devenir réalité. C'est pourtant l'impression que j'ai en suivant le tigre à paillette qui marche devant moi dans les couloirs sombres de la forteresse ohmsienne pour rejoindre Végéta. Je serre le voile de ma tunique autour de mon corps en espérant rendre le tissu le plus opaque possible pour dissimuler mon corps. Je sais que c'est peine perdue mais je suis incapable de prendre un air décontracté alors que je suis littéralement en train de me balader publiquement en sous-vêtements dans un QG saïyen.
Toujours ce même sentiment que, quand on croit que les choses ne peuvent pas empirer, le destin s'amuse beaucoup à vous démontrer le contraire.
En plus, honnêtement, il fait froid ici. Il gèle. Le climat pourri d'Ohms imprègne d'humidité et de courants d'air sournois la forteresse où les saïyens se sont installés. Et je n'ai pas de fourrure.
Le premier soldat saïyen qu'on croise ne m'accorde même pas un coup d'œil. Je trotte dans l'ombre géante de Merrick, et le saïyen n'a même pas dû vraiment remarquer ma présence. Bizarrement, ça me rassure un peu.
Je rase les murs enroulés dans ce tissu de rideau ridicule. Je m'aperçois que Merrick me lance des regards furtifs et semble amusé de mon comportement un peu grotesque. Ça me met soudainement hors de moi.
- Je ne suis pas une courtisane.
Je ne peux m'empêcher de marteler cette vérité pour la millième fois, comme une incantation censée améliorer magiquement ma situation ridicule.
- Peu importe, répond l'ohmsien calmement, tu dois ta survie et ton pouvoir au fait que le prince te trouve à son goût. C'est le même principe. Il faut continuer à lui plaire.
Je sursaute à ces paroles. Au fait qu'elles sont vraies. Au fait qu'il sache tout ça. Comment peut-il savoir quoi que ce soit sur moi ? Nous sommes à des milliers de kilomètres de la Terre. Dieu, j'ignorais jusqu'à l'existence de cette planète il y a seulement une semaine, comment cet ohmsien pourrait-il savoir quoi que ce soit sur ma vie intime ? L'indignation me submerge.
- C'est n'importe quoi ! Qu'est-ce que tu sais de mon histoire de toute façon ?
Il cesse de marcher subitement et se tourne vers moi en plissant les yeux. Il est si immense par rapport à moi, je suis obligée de lever la tête pour le regarder en face. Il a pris une expression sérieuse qui lui donne un air effrayant maintenant et je regrette de lui avoir parlé avec tant d'emportement tout d'un coup.
- Tu as été son esclave. Longtemps. Il a presque tué le Seigneur Nappa pour toi, il s'est séparé de son intendante pour toi, il a puni tous ceux qui ont cherché à te nuire et il t'a laissée partir. A combien de femmes crois-tu qu'il a accordé autant d'attention ? grogne-t-il à mi-voix.
Ma bouche s'entrouvre sous le choc d'entendre ce que je viens d'entendre. Je ne sais pas ce qui me choque le plus. La liste des prétendues générosités de Végéta, ou le fait que l'ohmsien les connaissent toutes aussi précisément.
- Tu es sa femme, n'est-ce pas ? Celle de la vision ? ajoute-t-il sur un ton plein d'espoir.
L'évidence me frappe soudainement. Je réalise à quel point je n'ai rien compris toutes ces années. Les esclaves communiquent entre eux bien au-delà de ce que j'ai toujours soupçonné. Il n'y a jamais de longues discussion, jamais d'échanges d'informations officielles mais ils se parlent en privé. Dès qu'ils sont deux ou trois et qu'ils se font suffisamment confiance, évidemment, ils parlent.
Surtout quand ils sont de la même race et qu'ils sont les seuls à utiliser la même langue, c'est tellement facile. Je n'ai jamais compris ça parce que personne ne m'a jamais fait confiance, tout simplement. Parce que je suis une terrienne, race hautement suspecte au travers de l'univers, parce que, de ce fait, personne ne m'a jamais jugée suffisamment fiable pour se lier avec moi et me parler toutes ces années.
Et n'ayant jamais travaillé avec d'autres terriens, je n'ai jamais eu l'occasion de me rendre compte que les esclaves colportaient les renseignements qu'ils récoltaient dans leur service. Quand ils changent de maîtres ou d'affectations, quand ils croisent ceux d'une autre Maison que la leur, l'information circule. Quand ils laissent trainer leurs oreilles et entendent les conversations des saïyens, ils apprennent des choses. Et voilà comment l'univers est devenu l'équivalent d'un village de commères, voilà comment les ohmsiens n'ignorent rien de mon histoire et imaginent sans l'ombre d'un doute que je suis la femme de la vision.
Cette idée me glace. D'abord parce que m'apercevoir que ma vie est une affaire quasiment publique génère un malaise incontrôlable en moi, mais aussi parce que je prends conscience que la prémonition de Bardock me met au centre des préoccupations du monde saïyen, elle fait de moi une menace pour eux et un messie pour leurs ennemis. Et je sais que ça, c'est très mauvais pour la santé.
- Je ne suis pas cette femme. Il… Nous… Cette vision n'est qu'une superstition…
L'ohmsien écoute mon objection attentivement et sourit malicieusement.
- Les superstitions peuvent être aussi puissantes que les vérités, souligne-t-il, mais, de toute façon, Bardock ne s'est jamais trompé dans ses prémonitions. Si tu survis, je suis sûr que tu seras celle qui nous débarrassera des saïyens.
Je déglutis péniblement. Ce que Merrick me dit est juste sur un point. Que Bardock raconte des conneries ou qu'il voit juste, peu importe. La vérité, c'est que tout le monde y croit et il n'y a rien que je puisse faire contre ça.
- Le Prince va nous attendre maintenant, allons-y, conclut l'ohmsien.
Nous repartons d'un pas rapide et je n'ose même plus protester. Je me contente de serrer le tissu léger de la tunique contre moi, comme s'il avait la moindre chance de me réchauffer. Je rive mes yeux au sol en captant quelques coups d'œil des soldats de plus en plus nombreux que nous croisons.
Je suis moins focalisée sur ma tenue grotesque maintenant. Maintenant, ce qui agite mon esprit, vraiment, c'est ce qui va se passer quand Végéta découvrira que les ohmsiens… Que tous ceux qui cherchent à abattre sa race reposent tous leurs espoirs sur moi et me poussent vers lui. Est-ce qu'il va s'en apercevoir d'ailleurs ? Sûrement, il est si rusé avec ses airs de ne jamais faire attention à rien. C'est difficile de lui cacher des choses et la méthode des ohmsiens, qui consiste à me déguiser en courtisane, n'est pas franchement discrète.
Et si c'est pas Végéta qui s'en rend compte, ce sera l'un de ses officiers. Ils veulent déjà ma peau, ils sont méfiants et attentifs à tout ce qui me concerne. Alors que se passera-t-il ? Exactement ce contre quoi Végéta m'a mise en garde. Je serai assassinée ou il se débarrassera de moi lui-même. Ça ne sera pas long, c'est sûr.
C'est désespérant. Si j'avais au moins la moindre idée de la façon d'éliminer les saïyens une fois pour toute, comme je suis censée le faire si l'on croit cette vision de merde. Non, non, j'ai tous les inconvénients et aucun avantage.
Tout d'un coup, Merrick me tire de mes méditations anxieuses en me saisissant le poignet pour me forcer à mettre un genou à terre. Sans que je m'en rende compte, nous sommes arrivés dans une grande salle au centre de laquelle trône une table gigantesque. Debout devant elle, plusieurs officiers saïyens discutent autour de Végéta.
Je baisse aussitôt la tête, non seulement pour veiller à garder mon rôle d'esclave docile mais aussi parce que je ne veux pas lire dans leurs yeux leur surprise de me voir dans une telle tenue. Pourtant je ne peux ignorer que les discussions s'interrompent à mesure que les gens présents prennent conscience de ma présence.
Une seconde, le silence est total. Je ferme les yeux. J'étais censée être son ingénieur, c'était ma couverture pour rester auprès de lui. Quel crédit maintenant que je me pavane façon reine de Saba ? D'ailleurs, j'arrive même plus à me sentir honteuse d'être si légèrement vêtue, c'est la peur qui me torture maintenant.
- Tu as tort d'avoir peur d'eux, c'est eux qui ont peur de toi, murmure Merrick qui est agenouillé à côté de moi.
Va te faire foutre. C'est tellement facile de ne pas avoir peur quand on est une montagne de muscles de trois mètres avec des crocs et des griffes comme des rasoirs, quand on est au milieu des siens en sachant qu'ils seront toujours là pour veiller au grain.
- Relevez-vous ! crache la voix de Végéta.
Nous obéissons. Je tremble un peu et je dois déployer un effort prodigieux pour redresser la tête et le regarder. J'évite de croiser les yeux des autres officiers cependant et je serre pathétiquement les pans de la tunique sur mon corps. Végéta me toise d'un œil noir et se tourne vers Merrick.
- Qu'est-ce que c'est que cet accoutrement ? aboie-t-il à l'attention de l'ohmsien.
- Altesse, ce sont des vêtements ohmsiens. Nous n'avons rien d'autre… Nous avons pensé que vos soldats n'apprécieraient pas qu'elle porte le même uniforme qu'eux… C'est une esclave, après tout.
Végéta fronce les sourcils d'un air offensé. Je lis son hésitation, ce connard de Merrick a bien joué sa carte.
- Ce qu'il dit est juste, Altesse, intervient l'un des officiers, ce serait offensant qu'elle porte notre uniforme. Elle est si… faible. Je ne vois pas le problème de la laisser comme ça, après tout ?
Je sursaute à cette proposition. Celui qui a parlé est le même qui paraissait être le chef quand nous sommes arrivé. Son nom est Litché. C'est un connard évidemment. Non, c'est le chef des connards. Et bien sûr, il ne m'aime pas. Il a peur de Végéta mais il me déteste. Je vois bien qu'il guette sournoisement la réaction de son prince à sa proposition.
- J'ai besoin d'elle et j'ai pas envie que l'un de vos abrutis la prennent pour une courtisane et me l'abîme, grogne Végéta avec humeur.
- Altesse…
Litché s'interrompt sous le regard furieux de Végéta. Il s'apprêtait à objecter quelque chose mais finalement il se tait. Je vois bien qu'il le fait de mauvaise grâce. Je vois bien qu'il est lui-même en colère. Son œil glisse sur moi avec un dédain assassin qui me glace le sang. Ce type est dangereux, je le sens. Tout le monde est dangereux ici. Je suis entourée de fous dangereux si je résume. Je me souviens que je nage au milieu des requins.
- Je veux que vous lui confectionniez des vrais vêtements. Normaux. Vous avez du tissu, vous avez des couturières, démerdez-vous ! siffle Végéta d'un ton menaçant.
Comme un gros hypocrite qu'il est, Merrick baisse docilement la tête pour marquer que ces ordres seront exécutés. Visiblement pressé de clore l'incident, Végéta s'adresse alors aux officiers.
- Allons voir le vaisseau, maintenant, marmonne-t-il.
Il traverse la pièce et je m'écarte de son chemin avec empressement. Il en profite pour me fusiller du regard au passage comme si j'étais responsable de la situation. Je me mords la langue pour m'imposer de me taire. Merrick et moi emboitons le pas des saïyens.
- Il est jaloux, hein ? chuchote l'ohmsien malicieusement.
- Ta gueule.
- Cato sera contente, elle avait des doutes, reprend-t-il sans s'émouvoir.
- Des doutes ? Des doutes sur quoi ?
- Des doutes sur toi. Elle trouvait que tu n'avais pas le profil pour être celle de la prophétie mais tu es bien la femme de Végéta, explique-t-il tranquillement.
- Certainement pas.
- Il tient à toi et c'est totalement inespéré pour un Prince saïyen, c'est suffisant à mes yeux, insiste Merrick en haussant les épaules avec un demi-sourire.
- Vous êtes tous des malades, je veux rentrer chez moi.
Sa femme ou quel que soit le terme. Sa partenaire, sa petite copine, sa concubine, sa maîtresse. N'importe, si j'étais vraiment ça, jamais il n'envisagerait une seconde de me vendre, voire de me tuer, juste pour atteindre le but qu'il s'est fixé. Mais je renonce à raconter cette partie de l'histoire à ce croisement homme-tigre. Je lui jette un coup d'œil tandis que nous marchons humblement à distance des officiers saïyens qui marmonnent entre eux à voix basse.
Personne ne prête vraiment attention à nous et je remarque que le traitement des esclaves ici est vraiment beaucoup plus clément que celui que j'ai connu sur Végitasei ou dans la suite du Prince. On ne nous aurait jamais permis de discuter comme nous sommes en train de le faire. Je réalise que n'importe qui pourrait nous entendre parler.
Et subitement, l'air satisfait de Merrick m'horripile parce qu'en réalité il met ma vie en danger avec ses conneries et il n'a pas l'air de s'en rendre compte.
- En tout cas, je te rappelle qu'en attendant de provoquer l'extermination de la race saïyenne, je suis à la merci du premier soldat venu alors ce serait pas mal d'être discret.
J'ai baissé la voix cette fois-ci pour éviter que quelqu'un ne capte mes paroles. L'ohmsien baisse des yeux graves sur moi.
- Ne t'inquiète pas petite terrienne, je suis là pour veiller que personne ne te fasse du mal, réplique-t-il avec le plus grand sérieux.
- Oh.
Honnêtement, qu'il me dit ne me rassure qu'à moitié. Parce que, même s'il fait presque trois mètres de haut, je vois difficilement comment il pourrait me protéger des saïyens. Il est un esclave après tout, et il y a une raison à cela. Et son pagne à paillettes continue à me faire douter de son potentiel de combat. Je me mords la lèvre pour dissimuler mon incrédulité.
- Essayons quand même d'être discrets, hein ?
Il ne répond même pas. Nous arrivons dans un hangar sombre après avoir monté des volées de marches gigantesques. Tout est démesuré pour moi ici. Les ohmsiens sont si grands évidemment. Les corridors sont interminables et les marches d'escalier trop hautes. Je suis un peu essoufflée quand nous pénétrons dans le hangar à la suite des saïyens. Quelqu'un a actionné un interrupteur qui illumine un à un des néons bourdonnant fixés au plafond.
Sans grande surprise, le hangar est pharaonique. Il y a quelques vaisseaux garés en rang. Rien d'impressionnant. Je les compte instinctivement. Il y en a sept. De tailles différentes et à usage différent. L'un d'eux est particulièrement grand en comparaison des autres. Je sais que c'est un transporteur. Il y a aussi deux patrouilleurs minuscules avec leurs canons menaçants. Je n'ai pas le temps d'identifier les autres.
- Bulma ! aboie la voix de Végéta.
J'ai horreur quand il m'appelle comme si j'étais son chien. Mais j'obéis bien sûr. Je contourne les officiers avec prudence pour me présenter à lui. Je n'oublie pas la foutue génuflexion et je mets un genou à terre.
- Nous allons prendre celui-là, indique Végéta à Litché.
- Un éclaireur ? C'est pas un peu risqué ? répond l'officier.
- Je dois aller sur Mû explique Végéta, le plus tôt sera le mieux et la Horde me cherche toujours.
J'ai toujours un genou à terre sur le sol gelé du hangar. Je maudis Végéta qui ne juge même pas bon de m'autoriser à me relever. Mais la conversation éveille mon intérêt subitement.
- Vous tenez donc toujours à y aller vous-même ? reprend Litché. Vous pourriez rester ici à l'abri et…
- Tu crois vraiment que ça m'intéresse de rester à l'abri ? glapit Végéta.
Je m'aperçois qu'il n'est pas question de Gokû et je relève la tête. Je devrais pas, mais je brûle d'envie de savoir ce que Végéta a l'intention de faire à son sujet. Il ne me regarde pas et continue à discuter avec son officier.
- Je vais à Mû. Je dois en savoir plus sur les déplacements du lézard, c'est moi qui le tuerais… Maintenant que je n'ai plus le fils de Bardock, j'aurais besoin de renfort.
- Vous pouvez compter sur nous pour organiser ça depuis Ohms, Altesse.
Je tressaille. Qu'est-ce que ces abrutis sont en train de dire ? Ils vont attaquer Freezer seuls ? Sans même Gokû ? C'est donc ça ? Il a renoncé à Gokû ? Je me mords la langue pour continuer à me taire en ignorant le froid glacial qui m'a saisie.
Végéta semble soucieux quand même. Il peut, ce connard. Je suis sûre qu'il envoie ses hommes à la mort, sans même sourciller. Il ne tuera jamais Freezer, j'en suis convaincue. Mon cœur devient lourd à l'idée que je ne reverrai peut-être jamais Trunks. Ni Gokû. Ni mes parents. Je soupire sans m'en rendre compte.
Végéta semble alors se souvenir de ma présence et m'autorise à me relever d'un hochement de tête.
- Elle va m'accompagner, elle fera la maintenance et la navigation jusqu'à Mû, annonce-t-il en me pointant du doigt.
Litché hausse des sourcils incrédules et tout d'un coup tous les officiers présents se tournent vers moi.
- Prépare ce vaisseau pour notre voyage, ordonne Végéta en s'adressant à moi.
Je baisse la tête en signe d'obéissance. Toute l'attention est focalisée sur moi et je comprends que pas un de ces connards n'avait cru Végéta quand il leur a dit que j'étais son ingénieur. Ça attise ma haine pour eux. Evidemment, aucun de ces crétins n'a cru que j'étais vraiment ingénieur. Et même si le costume ohmsien n'a pas aidé à mon crédit, leur incrédulité sur mes compétences intellectuelles me fait bondir.
Mais ce sentiment recule très vite devant un autre, plus intense : la peur. Parce que oui, c'est flagrant maintenant, leurs yeux suspicieux me disent tous la même chose. Pas un de ces abrutis n'est dupe du jeu que Végéta et moi prétendons jouer. Ils n'osent rien dire pour l'instant par crainte de leur Prince mais je perçois leur inquiétude grandissante à me voir naviguer dans le paysage. Ils deviennent fébriles. Ils ont bien compris que, même si je suis un ingénieur hors pair, ma présence aux côtés du Prince n'est en fait due qu'à ce lien inexplicable et bizarre entre lui et moi.
Je sais parfaitement que mon existence est un défi aux règles de fonctionnement de la culture saïyenne. Je suis faible mais je suis vivante. Il a couché avec moi mais je ne suis pas une courtisane. Je lui ai donné un fils mais je ne suis pas une saïyenne. Je n'ai aucune valeur mais il m'a sauvée la vie. Je suis une terrienne mais il me confie des responsabilités.
Je ne ressemble à rien et je n'ai aucune place dans le monde des saïyens. Je n'en revendique aucune d'ailleurs, si on me demandait mon avis, mais je suis là, comme une injure et une menace à leur ordre établi.
Ils me regardent maintenant avec plus de méfiance encore. Les requins commencent à s'agiter.
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