Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.


Périodicité de publication : Un chapitre tous les deux ou trois jours

Note des auteurs : Bonjour tout le monde ! Il est encore tôt mais voici la suite de Bairim. Nous espérons qu'elle vous plaira tout autant que les chapitres précédents vous ont plu. Nous vous souhaitons une bonne lecture et nous vous retrouvons plus bas ou peut-être dans une de vos reviews *clin d'œil* (si vous ne l'avez pas remarqué, jetez un œil à la périodicité de publication) (^-^)

Merci à ptitcoeurfragile, DrussLeDoudou, Imaniis, Guest, paulin54, holybleu pour leur review.


Partie II

Bairim

Chapitre 13

Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.

POV Lucius

J'étais assis sur le fauteuil dans la chambre de Bairim et réglais la veilleuse que Draco et Harry lui avaient ramenée dans la matinée. Ils avaient déjà ramené presque toutes leurs affaires dans leur nouveau logement et ils allaient partir avant la fin de la journée. Ne plus les avoir toujours au camp allait être étrange au début mais après tout, ils n'étaient vraiment pas loin s'il y avait besoin de quoi que ce soit. Je mis la veilleuse en route puis observai Charlie bercer Bairim doucement. Plus le temps passait, et plus il était naturel et adroit avec le petit, ce qui faisait que j'adorais de plus en plus le regarder s'en occuper. J'avais été de garde le matin et Charlie allait être d'après-midi, ce qui l'avait mis immédiatement de bonne humeur puisqu'en effet, avec tout le ménage qu'il avait à faire, il n'avait passé que peu de temps dans la réserve. Il lui restait donc une heure avant de devoir y aller et il avait tenu à endormir Bairim, plaisir que je n'allais pas lui retirer.

Je retins un soupir quand mon esprit et mes pensées dévièrent de nouveau vers mon envie d'épouser Charlie. Sauf que j'avais à présent bien compris que ce n'était pas dans ses plans. Tout d'abord parce qu'il n'en avait pas reparlé alors que c'était presque lui qui avait lancé l'idée, mais aussi parce que quand je lui avais demandé si cela le dérangerait de porter mon nom, il avait répondu qu'il ne s'imaginait pas blond. Alors soit il était encore plus obtus que je le pensais, soit il avait voulu me faire comprendre de manière plus ou moins subtile et détournée qu'il n'en avait aucune envie. Après tout, pour lui, tous les Malfoy étaient blonds non ? Alors s'il ne voulait pas être blond, cela signifiait certainement qu'il ne voulait pas être un Malfoy. Je savais que j'aurais dû lui en parler ensuite, parce que cela m'avait tout de même blessé, mais nous venions juste de nous réconcilier et je ne voulais pas le faire fuir, ni prendre le risque qu'il me dise non de vive-voix, je devais bien l'avouer. Mais après tout, je n'avais pas besoin de l'épouser, nous nous aimions et nous le savions. Sauf que j'avais été marié à quelqu'un que je n'aimais pas d'amour, et j'avais voulu l'être. Mais il était vrai que Charlie ne l'avait jamais été, et ne voulait certainement pas l'être non plus. Un peu comme Draco.

Je me levai en repensant au fait qu'Harry avait visiblement essayé de lui parler mariage plus ou moins discrètement et je devais avouer que je voulais savoir s'il avait changé d'avis ou non, ou s'ils en avaient parlé. Je me levai et embrassai Charlie qui continuait de bercer notre fils, ce dernier ayant toujours les yeux grands ouverts. Je souris en le voyant ainsi et embrassai son front puis demandai à Charlie d'apposer un sort d'amplification sur la pièce quand Bairim se serait endormi. Je sortis ensuite et partis à la recherche de Draco, ou peut-être plutôt d'Harry. Je passai d'abord par la salle à manger et n'y apercevant que Moliva, Johanna et Abigail en train de discuter, je me dirigeai vers le salon mais fus intercepté par Geoffroy qui me demanda de le suivre dans son bureau.

Je le suivis donc et m'assis en face de lui alors qu'il sortait plusieurs bourses des tiroirs de son bureau. Il en posa cinq visiblement remplies de pièces et lourdes d'un côté, et une autre plus légère de l'autre. Je haussai un sourcil et il m'expliqua :

— J'ai enfin pu finir tous mes comptes et récupérer vos primes. Elles correspondent à 50 gallions pour chaque année passée dans la réserve. Ce qui en fait 800 pour Charlie et 25 pour toi.

Je serrai des mâchoires mais ne dis rien. C'était logique, je n'avais passé que quelques mois dans la réserve après tout, mais ce n'était pas ainsi que j'allais rembourser tout ce que j'avais à rembourser.

— Je me suis dit que je pouvais te les donner et tu verserais sa part à Charlie.

— Évidemment, soufflai-je en me levant. C'est tout ?

— Et j'ai retenu une centaine de gallions sur la prime de Charlie pour ce que j'ai déboursé pour Bairim jusqu'à présent. Charlie aura deux ou trois heures de congés supplémentaires par mois pour qu'il puisse aller acheter ce qu'il faut pour le bébé. Ce sont des fournitures bien spécifiques et ce n'est pas à Carlos de s'en occuper alors...

— Bien sûr.

Je rétrécis les différentes bourses et repartis dans notre chambre où je les ré-agrandissait après les avoir posé sur le lit. Je jetai un œil à la mienne et soupirai. Merlin, je n'allais pas aller loin avec 25 gallions. J'allai ouvrir doucement la porte de la chambre de Bairim et souris en voyant Charlie penché sur son berceau en train de le regarder. Il me vit et me rejoignit, refermant la porte derrière lui.

— C'est quoi ces trucs ?

Je lui expliquai ce que Geoffroy m'avait dit puis sortis 12 gallions de ma bourse que je lui tendis :

— Je sais que ce ne sera rien comparé à ce que tu donneras pour lui, mais c'est ma part pour les dépenses qui viendront pour Bairim. Ou une minuscule partie de ceux qui ont déjà été dépensé, comme tu préfères.

Il fronça les sourcils et dit, d'une voix agacée :

— Sommes nous ensemble ?

— Charlie. Cela n'a strictement rien à voir. Ça m'agace déjà assez comme ça de ne pas pouvoir donner plus, alors prend ça.

Je m'abstins de lui rappeler que nous n'étions de toute façon pas mariés et que nos comptes ne risquaient pas d'être communs un jour.

— Non, nous sommes un couple, Bairim est notre fils, mon argent est aussi le tien. Je ne veux pas de tes gallions Lucius, garde-les. Fais-toi plaisir, ou à Draco ou Bairim, ou même moi, mais garde-les s'il te plait.

— Très bien, dans ce cas, prends-les et tu les utiliseras pour lui acheter des vêtements ou quelque chose. Ce n'est pas comme si je risquais de le faire moi-même. Et je vais donner la même somme à Draco quand je le croiserais.

— S'il te plait, souffla-t-il en ancrant son regard dans le mien. Ne me force pas à devenir méchant.

— Charlie, s'il te plait.

— Lucius, s'il te plait.

Je soupirai et repris :

— Tu ne comprends probablement pas, mais je ne vois pas les choses de la même manière que toi. Nous sommes en couple, certes, et c'est pourquoi tu n'as pas à tout payer pour moi. Je ne peux déjà pas donner plus alors que j'en meure d'envie, donc s'il te plait Charlie, prend-les.

— Et toi, tu ne comprends pas. Je t'aime, tu es l'homme de ma vie, le père de Bairim. Mes biens sont à toi. Un jour, je te laisserais me rembourser, si tu le souhaites, quand tu seras libre. Je te le promets. Mais d'ici là, garde le peu que tu as.

— J'ai déjà assez de dette comme ça Charlie, tu veux vraiment que j'en ai encore plus histoire de ne pas être en mesure de rembourser et de me sentir mal à cause de cela ?

Il prit mon visage en coupe et posa son front contre le mien.

— Tu n'as rien à rembourser. C'est ça que tu ne comprends pas. Nous sommes ensemble par Merlin, mes parents n'ont jamais fait ce genre d'histoire !

— Tes parents n'ont pas été élevés de la même façon que moi. Et je ne ferais pas d'histoire si tu dépensais une cinquantaine de gallions de plus que moi. Sauf que tu vas en dépenser près de mille et je ne peux même pas t'en donner dix ? En quoi est-ce juste ?

— Tu m'énerves, murmura-t-il. Bon sang Lucius !

— Je t'énerve parce que tu sais que j'ai raison.

— Non, tu m'énerves parce que nous sommes un tout et que tu me montres que pour toi, nous sommes deux.

— Donc maintenant, soit je dis d'accord et je garde ces stupides gallions soit je dis que je ne suis pas d'accord avec toi et je serais un connard parce que je ne suis pas autant impliqué que toi dans notre couple.

Il sembla peiné et me lâcha, avant de dire :

— Je n'ai pas envie, ni la force de me battre avec toi. Je vais travailler.

— Tu sais quoi ? Très bien. Je vais garder ces stupides gallions, chose qui te rendra probablement très heureux, et je les donnerai à Draco. Je ne pourrais pas participer pour Bairim, mais je pourrais au moins réduire ma dette envers mon autre fils, histoire d'être un peu moins lamentable. Et nous resterons un tout. Bonne garde.

J'embrassai sa tempe et sortis, les gallions dans une main et ma bourse dans l'autre. Salazar, ne pouvait-il juste pas comprendre à quel point cela me rabaissait de ne pas pouvoir payer une partie de ce qui allait servir à Bairim ?! Je n'avais que vingt-cinq gallions alors que j'aurais besoin d'au moins dix fois plus pour rembourser ce que je devais, et il ne pouvait même pas en accepter une partie pour que je me sente mieux ? Je soupirai en entrant dans le petit salon et remarquai Draco et Harry en train de parler. Je jetai les gallions dans la bourse avec les autres et en gardais un que je glissai dans ma poche avant de tendre la bourse à Draco.

— C'est quoi ça ?

— Ne me fais pas de scène, s'il te plait. Et ça, c'est vingt-quatre gallions. Utilises la moitié pour ton frère et l'autre pour toi, peu importe ce que tu veux faire avec.

— Es-tu sérieux ?

— Oui, je suis très sérieux. Prends-les.

— D'accord. Mais... je ne comprends pas. D'où vient cet argent ?

— J'ai reçu une prime pour le temps que j'ai passé dans la réserve, ce qui revient à ça, soupirai-je en m'asseyant en face d'eux.

— Et tu me donnes tout ? Enfin, à Bairim et moi ?

— J'ai voulu donner ce qui revenait à Bairim à Charlie mais il a refusé alors je te le donne à toi pour éviter qu'il aille encore se planter une tente devant le bâtiment. Et je me suis gardé un galion. Probablement inutile mais j'aurais voulu acheter quelque chose à Charlie. Sauf que ce n'est pas comme si je pouvais sortir d'ici, avoir assez pour lui acheter quelque chose et le forcer à acheter le cadeau de toute façon.

Merlin, cette stupide dispute m'avait vraiment agacé.

— Vous êtes ensemble, pourquoi faire ce genre de séparation des comptes ? demanda-t-il véritablement surpris.

— Écoute, tu ne comprendras peut-être pas, tout comme Charlie mais c'est... Je t'ai toi, j'ai Charlie et j'ai Bairim et je vous aime vraiment beaucoup tous les trois et vous êtes très important pour moi. Mais à part ça, je n'ai plus rien. Plus d'argent, plus de maison, plus de biens à part deux malheureux pantalons et la même chose en t-shirt. Est-ce vraiment si incompréhensible que je désire avoir l'impression de ne pas juste profiter de tout le monde ? C'est peut-être de la fierté mal placée, mais j'aimerais en garder un peu, merci.

Il réfléchit deux minutes et souffla :

— Je te comprends papa, parce que j'ai été dans le même cas. Mais tu dois aussi te mettre à notre place et surtout à celle de Charlie. Je... C'est un peu comme si tu lui expliquais clairement que tu ne voulais rien de lui, que tu souhaites donner autant, pour être son égal. Hors, il t'aime, Merlin que j'ai dû mal à m'y faire. Harry a vécu ça aussi, avoua-t-il, et... Laisse tomber. Merci, je me chargerais d'acheter deux trois trucs à Bairim.

— Alors moi je dois accepter près de 700 gallions de sa part mais lui ne peut pas en prendre dix de moi ? Si vraiment je voulais être son égal, ce ne serais pas avec douze malheureux gallions que j'y serais parvenu.

— C'est bon papa, laisse tomber. Je te comprends parfaitement.

— D'accord, merci de te charger de cela.

— Souhaites-tu quelques en particuliers ?

J'y réfléchis quelques secondes puis soufflai :

— Trouve-lui un body ou un T-shirt ou ce que tu veux mais avec un Dragon dessus, s'il te plait. Vert si possible. Et pour le reste... Je ne sais pas, tu me diras ce qu'il te reste et j'aviserai.

Il sourit et se leva, s'étirant avant de dire :

— Je vais aller me laver, prendre un bon bain avant notre départ. On n'a pas de baignoire, ajouta-t-il l'air déçu.

Je lui souris et il partit, nous laissant ainsi seuls Harry et moi.

— Alors, demandai-je ensuite à ce dernier. Tout est prêt ?

— Oui. J'ai hâte d'être installé et d'ouvrir le magasin.

— Je comprends. C'est vraiment gentil à toi d'avoir accepté de venir vivre ici.

— Je n'ai rien accepté, c'est mon idée, sourit-il. Mais de rien, je ne pouvais pas laisser Draco loin de sa famille.

— Tu l'aimes vraiment donc. Pas que j'en doutais mais je suis heureux d'en avoir la preuve.

— Je n'aurais jamais cru dire ça un jour, mais je l'aime comme je n'ai jamais aimé personne et pourtant, si vous m'aviez dit ça il y a quelques années, j'aurais eu envie de vous envoyer un bon sortilège douloureux.

— Il y a quelques années, je n'aurais pas eu à te dire cela pour que tu veuilles m'envoyer l'un de ces sortilèges. Mais je comprends ce que tu veux dire, crois-moi.

— Et sinon, comment va le petit bout de chou ?

— Il va bien. J'espère que la veilleuse va l'aider à se calmer un peu, même si je n'ai pas trop d'espoir. Mais ne changeons pas de sujet, ajoutai-je avec un sourire. Donc... tu aimes mon fils. Et tu veux l'épouser.

— Non, non, se dépêcha-t-il de dire tout en se retournant. Enfin, je l'aime, mais le mariage est une bêtise inutile. Cela ne changera rien à nos sentiments.

— Harry, pas la peine de jouer à cela avec moi, vraiment.

— Je ne joue... Okay, qu'est-ce qui m'a trahi ? souffla-t-il en se massant les tempes.

— Le fait de continuer d'en parler. Et... j'ai peut-être vendu la mèche à Draco, donc je pense que maintenant, il sait que cela te tient à cœur.

— Quand ça ? Il ne m'en a pas parlé. Il...

Il sembla peiné et murmura :

— Il est contre le mariage. Et le fait qu'il ne m'en ait pas parlé montre une fois de plus qu'il vaut mieux aussi que j'oublie cette idée.

— Il ne m'a pas semblé particulièrement contre. Et il a été peiné que tu lui mentes.

Parler de ce que Draco me disait avec Harry n'était pas une chose que je ferais habituellement mais non seulement dans ce cas précis, je me sentais très près d'Harry, mais en plus, cela pouvait les rendre plus heureux ou les empêcher de se déchirer dans cinq ans parce qu'ils ne le seront plus ou pas complètement. Et je voulais vraiment que mon fils soit heureux, même si ce bonheur passait par celui d'Harry.

— Je sais que j'aurais dû lui dire, mais la peur d'avoir un autre non est trop grande. Je suis peut-être un Gryffondor, mais je devais être envoyé à Serpentard avant tout.

— Vraiment ? Draco et moi nous doutions que tu n'avais pas été correctement réparti mais nous pensions plus à Poufsouffle...

— Poufsouffle ? Vraiment ? rit-il.

— Vraiment oui. Je pense que vous devriez en parler et je ne pense pas qu'il dira non. Il ne semblait pas particulièrement pour mais n'avait pas l'air contre non plus, et il m'a même dit que c'était certainement quelque chose que vous feriez dans quelques années...

Ses yeux s'illuminèrent et il hocha la tête, avant de dire :

— Je lui en parlerais alors. Et vous ? En avez-vous déjà parlé ?

— Charlie a fait une blague douteuse à ce sujet à Noël puis m'a fait comprendre qu'il n'y pensait déjà plus alors... Mais comme tu dis, cela ne change rien à notre amour et Bla Bla Bla. J'espère que vous me préviendrez quand cela deviendra officiel.

— Oui oui, je n'y manquerais pas.

— Bien. Et de l'or blanc, l'or jaune ne lui va pas au teint. Enfin je dis cela... juste au cas où.

— Je sais, mais merci du conseil. De toute manière, j'ai déjà la bague. Je l'avais achetée avant de faire ma demande la première fois. Enfin, mon semblant de demande. Je n'ai pas vraiment fait les choses de manière officielles.

— Ah... Comment t'y étais-tu pris si cela n'est pas trop indiscret ?

— J'ai paniqué au moment de faire ma demande. Du coup, j'ai glissé le mariage dans la conversation, m'étant rendu compte qu'on n'en avait jamais parlé. Il n'y a pas vraiment eu de demande à proprement parler.

— Je vois, souris-je en secouant légèrement la tête. Je suppose que le mieux à ce moment-là aurait été soit de faire une vraie demande et de prendre le risque, soit de réfléchir un peu plus et de te renseigner. Mais je présume que l'on ne peut pas trop en attendre d'un Gryffondor qui a failli aller à Serpentard mais qui aurait dû aller à Poufsouffle. Je me permets d'ailleurs de signaler que Serdaigle n'entre nulle part dans cette équation...

Il me tira la langue et rit, avant de dire :

— Vous devriez mettre en pratique vos conseils.

— Quels conseils ?

— De faire une demande à Charlie. Ou de lui parler mariage plus clairement. Je ne suis pas certain qu'il soit contre, surtout ce que vous nous avez dit sur le fait qu'il ne voulait pas de votre argent.

— Si demain, Draco te demandait si cela te dérangerait de porter son nom, que comprendrais-tu ?

— Je ne sais pas, ça dépend du contexte. Mais bon, ayant le mariage en tête, je dirais que j'aimerais.

— Il m'a répondu qu'il s'imaginait mal en blond. Et d'après lui, tous les Malfoy sont blonds. Je pense que c'était assez clair. Et je préfère éviter de prendre le risque qu'il fuit ou que nous nous disputions.

— Comment ça, tous les Malfoy sont blonds ? Et... Par Merlin, avait-il bu pour répondre une chose pareille.

— Parce que Draco, Narcissa et moi l'étions. Mes parents également, et leurs grands-parents. Oui bon d'accord, les Malfoy sont blonds je l'avoue. Même si cela a visiblement changé avec Bairim. Et non, il n'avait pas bu, donc je suppose que c'est assez clair.

Merlin, pourquoi étais-je en train de me plaindre auprès de Harry Potter ?

— En effet, je suppose que c'était une manière de te faire comprendre qu'il est contre le mariage.

— Je sais. Je ferais sans, soufflai-je en haussant les épaules.

Ce n'était pas vraiment important après tout, et cela ne changerait rien pour nous. C'était juste une formalité stupide. J'entendis Bairim grâce à l'amplificateur que Charlie avait apposé sur la pièce et me levai.

— Harry ? Pourrais-tu, s'il te plait, ne pas en parler à Draco ? S'il te pose la question, je ne te demande pas de lui mentir, mais juste de ne pas lui en parler de toi-même. Je préfèrerais vraiment que lui et Charlie restent en bon terme.

— Pas de problème.

Je lui souris et sortis de la pièce pour rejoindre mon fils.

POV Charlie

J'étais dans la réserve mais la joie n'était pas là, pas après ce que Lucius venait de faire.

Je soupirai, sachant que je ne pourrais pas le faire changer d'avis là-dessus. Mais j'étais blessé qu'il prenne les choses comme ça. Pour moi, je n'avais plus d'argent, nous avions de l'argent, nous avions un enfant. Nous nous aimions. Nous...

Nous, nous nous.

Mais lui, il pensait encore à lui, à ce qu'il devait donner, sa part. Pas la nôtre.

Je n'avais pas eu la force de lui faire comprendre que ses paroles m'avait fait du mal, certes peu, mais du mal quand même.

Dette.

Il n'avait aucune dette envers moi, c'était plutôt moi qui en avait une envers lui. Il m'avait sauvé la vie, enfin... si tant est qu'elle ait été en danger quand Émeraude m'avait ramené au portail.

Je secouai la tête en entendant un rugissement. Je regardai sur la gauche et vis que c'était justement le Cornelongue qui volait vers nous, avec son fils qui avait bien grandit depuis. Ils nous passèrent au dessus et je pus voir qu'Isaac était tendu, mais aussi émerveillé. Je souris et me promis en même temps de ne plus reparler de ça avec Lucius, il avait été assez clair à ce propos.

Je volai à la suite d'Isaac, me promettant de venir saluer Émeraude avant la fin de ma garde.

OoOoOoOoO

Trois jours étaient passés et j'avais eu l'idée d'offrir quelque chose cette année à Lucius, pour marquer notre couple et peut-être lui faire voir que pour moi, nous étions un nous. Et j'avais pensé à ça, sans vraiment trop y croire.

Je pris place au bureau de Geoffroy, ne sachant pas comment formuler ma demande. Je pesai le pour et le contre, et me dis que jouer la franchise m'aiderait peut-être.

"Monsieur le Ministre,

Je me permets de vous écrire cette missive en étant plus le compagnon de Lucius Malfoy qu'en titre de gardien.

Je souhaiterais pouvoir l'emmener en ville une fois au moins et au mieux, de manière fixe, que ce soit mensuel ou autre.

J'espère que vous prendrez ma demande en considération et l'analyserez de manière neutre.

Lucius s'est tenu de manière exemplaire, mise à part sa venue en Angleterre pendant mon hospitalisation.

Je serais prêt à accepter une escorte d'Auror si cela vous rassure.

Bien à vous, avec tout mon respect,

Charlie Weasley."

Je n'avais jamais aimé écrire des courriers formels et là encore, je n'aimais pas la tournure de mes phrases, mais je ne savais pas quoi mettre d'autre non plus.

J'avais pensé à ce cadeau, qui lui permettrait de changer d'air, mais aussi de faire une sortie avec Bairim et moi. J'avais l'intention de le confronter au monde réel. Le tenir ainsi à l'écart n'était pas bon, ou en tous cas, c'était ce que j'avais lu dans un des livres.

Je pensais aussi à la prochaine visite de mes parents qui allaient bientôt arriver. Enfin, ils ne m'en avaient rien dit, mais vu leur demande de venir ici chaque mois, il ne faisait aucun doute qu'ils allaient bientôt arriver.

Penser à ça me fit aussi penser que je devais parler à Geoffroy de certaines choses. Cette histoire d'argent avec Lucius m'avait fait me poser des questions.

Je pliai la lettre et la scellai par le sceau du camp, vu que c'était un courrier en mon nom et non en ma qualité de gardien de Lucius. Je me levai ensuite et sortis de la pièce, devant nettoyer la cuisine avant la préparation du repas par Carlos.

Cela fut rapide, même si j'y passais une bonne demi-heure. Je pris après avoir fini une petite pause et allai voir si Bairim allait bien, Lucius étant de garde.

Il dormait, mais il semblait agité. J'eus l'envie de le toucher pour le rassurer, mais cela pourrait le réveiller, alors je m'abstins. Je restai là, quelques minutes, à le regarder, sentant cette vague de chaleur à l'intérieur de moi avant de quitter la pièce et croisai Geoffroy qui revenait d'un rendez-vous.

— Je suis content de te voir. As-tu une minute à m'accorder avant que tu n'ailles dans la réserve ?

— Bien sûr, que se passe-t-il ?

— J'aimerais que tu me donnes les dépenses occasionnées par ma famille pendant leur séjour. Je sais qu'ils ont mangé avec nous certaines fois et j'aimerais te rembourser. Pareil pour Harry et Draco.

— Tes parents ont déjà tenu à me donner quelque chose pour leur séjour, ne t'en fais pas pour cela.

— Oh très bien, soufflai-je. Et sinon, toujours pas envie de lever ma punition ?

— Toujours pas non. Mais tu en es presqu'à la moitié maintenant, courage.

Je n'insistai pas et allai lire un peu dans le salon, avant d'aller faire l'étage.

OoOoOoOoO

Lucius faisait la nuit et moi, le matin, alors que j'aurais dû faire l'après-midi. Mais Hulrick avait dû parti la veille dans sa famille, sa mère étant malade, alors j'avais pris son tour de garde.

Je me retournai dans le lit, ressentant un vide et soupirai en entendant quelques minutes plus tard Bairim pleurer.

Je le laissai faire deux trois minutes, avant de me lever et d'enfiler un pantalon. Nous allions devoir investir dans des pyjamas, cela serait beaucoup mieux.

Je fus rapidement à ses côtés et le vis agité, pleurant. Je souhaitais tellement que l'on trouve ce qui n'allait pas. Yanis nous avait informés qu'il n'était pas malade et ne souffrait d'aucune douleur. Il n'y avait aucun problème. Donc, cela venait d'autre chose. Et nous avions remarqué également qu'il ne pleurait pas à cause du noir, seulement, nous avions décidé de lui laisser tout de même la veilleuse, histoire de le rassurer, quoi que soit sa peur.

— Papa est là mon chéri, viens.

Je le pris dans mes bras et l'embrassai, puis le calai contre moi, le berçant et décidai de le prendre avec moi dans la chambre. Je m'allongeai, le gardant contre moi et j'embrassai ses mains alors qu'il s'était blotti, sa joue sur mon torse. Je sentis son cœur battre et à un moment, ce dernier accéléra. Je jetai un regard et vis que Bairim avait bougé un peu, ouvrant les yeux, avant de les refermer.

Le sommeil ne fut pas long à venir et pour une des rares fois, Bairim ne se réveilla que deux fois. A cause d'un pipi et d'une faim nocturne. Quand Lucius passa la porte, je souris, sachant qu'il me restait quelques minutes avant de prendre mon tour. Il vint nous rejoindre et souffla, tout en caressant la tête de Bairim délicatement :

— Encore une mauvaise nuit ?

— Oui, je ne sais plus quoi faire pour qu'il soit serein.

— Nous mettrons le berceau dans notre chambre et verrons bien, je suppose.

Je fus surpris par une telle proposition et soufflai ensuite :

— Tu penses que ça peut le faire dormir plus normalement ?

— Je pense qu'il crie moins quand nous sommes là et qu'il nous voit.

Je hochai la tête et chuchotai :

— N'ai-je pas droit à un baiser ?

— Tous les baisers que tu veux, souffla Lucius avant de poser ses lèvres contre les miennes.

J'en profitais pour caresser sa nuque et ses cheveux, puis de mordiller ses lèvres avant de me séparer de lui et de demander :

— Tu le prends ? Je dois me préparer.

Il acquiesça et changea de pantalon puis retira son t-shirt avant de prendre Bairim délicatement et de le maintenir contre son torse tout en s'asseyant au bord du lit. Je souris, à cette vue et filai vers la salle de bain pour me laver rapidement. Une fois de retour dans la chambre, je tombai sur eux, endormis. Je les regardai un instant, m'abreuvant de les voir tout deux si détendus et pris ensuite quelques affaires, avant de quitter la pièce.

Je retournai dans la salle de bains et m'habillai, avant de descendre. Je bus un chocolat chaud et Carlos me rejoignit. Je lui souris, et nous discutâmes quelques minutes puis je quittai la pièce ensuite pour aller travailler.

Johanna était déjà devant le portail et je comprenais pourquoi. Émeraude était là, à quelques mètres de la barrière. Je me plaçai près d'elle et soufflai, d'une voix calme :

— Il ne fera rien, nous pouvons ouvrir les portes.

— D'ac-d'accord, hésita-t-elle cependant.

Je la serrai dans mes bras, comprenant que ce genre de situation était nouvelle pour elle et me plaçais devant, tout en ouvrant le portail. Émeraude fonça sur nous avant de se stopper, regardant le bâtiment.

— Recule, s'il te plait, fis-je en avançant d'un pas.

Je sentis Johanna me retenir par ma veste. Il fallait dire qu'Émeraude semblait agité.

— Charlie, il n'a pas l'air prêt à ne rien faire là, c'est même plutôt le contraire...

— Recule Émeraude. Je sais que tu me comprends, alors recule, répétai-je en avançant d'un pas.

Johanna tira un peu plus sur ma veste mais décida finalement de se rapprocher. Seulement, le Cornelongue rugit sans reculer. Il fit un geste pour avancer vers le bâtiment et je me plaçai devant lui, tout en soufflant :

— Tu veux voir Bairim ?

— T'es sûr que c'est une bonne idée Charlie, intervint Johanna.

Émeraude quant à lui se redressa au nom de Bairim et recula d'un pas, tout en baissant la tête.

— Si tu retournes dans la réserve, je vais chercher Bairim. Alors, recule, s'il te plait.

Comme je l'avais imaginé, il ne recula pas, mais s'envola pour se poster à une dizaine de mètre des portes, dans la réserve. Je souris, heureux et soufflai :

— Merci. Attends-là, je vais le chercher.

En espérant que Lucius me laisse faire. Je fermai le portail et regardai Johanna en disant :

— Reste ici au cas où, d'accord ?

— Oui, bien sûr.

Je me dirigeai ensuite vers la chambre et me plaçai aux côtés de Lucius, avant de le secouer légèrement.

— Lucius ? soufflai-je.

— Hm ? fit-il en ouvrant les yeux. Charlie ?

— Réveille-toi, s'il te plait. Il se passe quelque chose.

Il se redressa doucement et caressa la tête de Bairim quand celui-ci s'agita.

— Qu'y a-t-il ?

— C'est Émeraude, il veut voir Bairim. Il attend devant les portes.

Inutile de lui dire ce qu'il venait de se passer.

— On n'a pas toujours ce qu'on veut, souffla-t-il.

— Oui, sauf que là, soit je lui amène, soit il va venir ici.

Il me tendit Bairim que je pris contre moi puis se leva pour enfiler un T-shirt tout en marmonnant :

— Il me gonfle, ton stupide Dragon !

Je ris quelques secondes, avant de stopper, à la vue de son regard noir. Mais je ne pus m'empêcher de souffler :

— Stupide Dragon, mais c'est grâce à lui que nous avons Bairim.

— Peut-être, mais s'il veut se la jouer parent, il ferait tout aussi bien d'apprendre à lui changer ses couches.

Je n'ajoutai rien et une fois qu'il fut prêt, il se plaça devant moi, tendant les bras. Je compris par là qu'il voulait prendre Bairim et lui donnai, l'embrassant ensuite sur les lèvres, de manière aérienne.

— Prêt ?

— C'est ça, soupira-t-il.

Nous prîmes le chemin pour sortir et croisâmes Geoffroy à la porte de son bureau. Il nous sourit et s'y engouffra et j'hésitai une minute avant de soupirer et de frapper. Il m'invita à entrer et je passai la tête tout en disant :

— Émeraude veut voir Bairim. Il attend devant les portes. Je te mets au courant.

— Quoi ? Ah euh... Oui d'accord.

Je fermai rapidement la porte, avant qu'il ne dise quoi que ce soit d'autre et passai un bras autour de Lucius, tout en reprenant notre marche. Une fois dehors, à une trentaine de mètres des portes, Johanna nous rejoignit et nous dit :

— Il recommence à s'impatienter depuis deux bonnes minutes, heureusement que vous êtes arrivés.

— Okay. Je... on y va ? demandai-je à Lucius qui tenait Bairim comme si ce dernier allait nous être enlevé.

— Comme si on avait le choix.

Pas faux, pensai-je en avançant vers la barrière. Je l'ouvris et Émeraude fut devant moi en un instant, soufflant sa respiration et me décoiffant. Lucius se plaça derrière moi et cela ne sembla pas plaire au Dragon qui tenta de se mettre à mes côtés.

— Du calme, demandai-je.

Émeraude sembla comprendre car il positionna sa tête face à la mienne, se baissant, puis souffla une fois de plus, avant de s'allonger au sol.

— Lucius, puis-je avoir Bairim ? demandai-je d'une petite voix.

— J'ai confiance en toi Charlie, mais je ne suis pas certain de vouloir ça.

— Alors, place-toi devant moi. Il veut le voir Lucius et je ne sais pas combien de temps il acceptera d'être calme pour ça.

Il soupira mais vint se placer à mes côtés.

Émeraude les regarda avant de s'avancer suffisamment pour être à moins d'un mètre de nous. Il regarda Bairim plus franchement et ce dernier commença à s'agiter avant de pleurer. Je posai la main sur son dos, tout en entourant Lucius de mes bras et dis :

— Il pleure souvent. Est-ce à cause de ta magie ?

J'étais idiot de demander ça à un Dragon qui ne saurait pas me répondre, mais je devenais persuadé que tout venait de là. Il se tourna vers moi et m'observa avant de se baisser pour poser sa tête entre ses pattes avant, sans me lâcher du regard. Bairim se calma rapidement et je le regardai, caressant sa joue avant de murmurer :

— Je t'apprécie vraiment Émeraude, mais s'il souffre par ta faute...

Je laissai ma menace en suspend et me dis ensuite que faire une telle chose à un Dragon était suicidaire, encore plus avec l'homme que l'on aimait et son fils à ses côtés. Lucius dut penser à la même chose car il siffla d'une voix coléreuse et menaçante, en me regardant :

— C'est ça, menace le Dragon quand il est à moins d'un mètre de notre fils, t'as raison.

— Désolé.

Le silence reprit place, Bairim s'étant calmé et Émeraude s'envola quelques minutes plus tard, sans plus un regard pour nous. Je soupirai de soulagement et Johanna nous rejoignit rapidement, les yeux émerveillés.

— Bon, on commence notre garde, soufflai-je ne voulant pas affronter Lucius maintenant.

— Fais attention à toi. Nous, on retourne se coucher. Même si je suis à peu près sûr que tu ne me laisseras pas dormir de si tôt, ajouta-t-il à l'intention de Bairim.

Je hochai la tête et pris ensuite mon balai que me tendit Johanna.

OoOoOoOoO

Émeraude nous avait rapidement suivi de loin, et avait même été accompagné de Storme pendant une petite heure, avant que ce dernier ne nous quitte pour aller faire je ne savais quoi.

Johanna était sur ses gardes et moi, je me demandai ce que Bairim avait. Le Dragon avait paru comprendre et même s'en vouloir. Avais-je eu raison ? Mon fils souffrait-il de leur magie qui était en lui ?

J'étais préoccupé et en colère. Mais je ne pouvais rien faire et le médicomage non plus. Seulement, entendre son fils pleurer pour quelque chose qu'on avait aucun moyen de stopper, était vraiment horrible.

La garde finie, nous rentrâmes et je filai rapidement dans la chambre, saluant à peine Hulrick et Moliva présents dans la salle à manger. Une fois dans la pièce, je vis que Lucius avait amené le berceau de Bairim, mais que ce dernier était sur le torse de son père, dormant, un petit sourire aux lèvres.

Je m'installai près d'eux et me collai à mon blond préféré. J'embrassai son bras et posai ensuite la tête sur ce dernier, ainsi que la main sur son ventre. Je restai comme ça, un moment, à regarder leurs visages avant de sentir Lucius bouger contre moi.

— Il est quelle heure ? murmura-t-il.

— Il est presque une heure de l'après-midi, répondis-je.

— Hm. Ta garde s'est bien passée ?

— Oui. Et votre nuit ?

J'en profitai pour passer la main sous son haut, caressant sa peau chaude du bout des doigts.

— Il a d'abord fallu qu'il mange, que je le change et que je le berce pendant plus d'une demi-heure pour qu'il accepte finalement de fermer les yeux. Mais ça a été.

— Il est si beau quand il dort, chuchotai-je. Tu ne trouves pas ?

— C'est vrai.

Ma main descendit caresser la ligne de poil disparaissant sous la ceinture pour remonter avant de stopper.

— Je viens de penser à un truc, lui appris-je en embrassant sa joue.

— Et à quoi donc ?

— Avec le petit dans notre chambre, nous ne pourrons plus... faire tu-sais-quoi.

— Je sais. Mais quand il dort dans le même lit que nous, nous ne pouvons pas non plus faire tu-sais-quoi. Il va rester avec nous le temps de comprendre que nous sommes là. Dans quelques semaines si tout va bien, nous le remettrons dans sa chambre en laissant la porte ouverte. Et s'il continue de passer de meilleures nuits, alors nous refermerons la porte ensuite. Et je suis certain qu'on trouvera un autre endroit où nous amuser pendant qu'il dort en attendant d'en arriver là.

— J'espère bien, je ne me sens pas la force de me passer de ton corps une fois de plus.

— Une fois de plus ? fit-il en fronçant les sourcils.

— Oui, pendant ma grossesse, j'ai dû me passer de toi un moment, expliquai-je.

— Nous nous sommes ensuite bien rattrapés, si je me souviens bien, sourit-il.

— En effet.

Je restai ensuite à ses côtés et repensai à cette période. J'avais été si sensible, au point de jouir à peine avait-il été en moi.

— Il aura bientôt un mois. Je n'arrive pas à y croire.

— Tu m'étonnes. Tu verras ce que ça fera quand il aura un an. Et avant même que tu n'ais pu en profiter, il en aura vingt.

— Arrête, tu me fais peur.

Je ris et m'en voulus, car Bairim se réveilla avant de pleurer.

OoOoOoOoO

"Monsieur Weasley,

Le ministère a bien reçu votre requête. Nous l'avons bien étudié et avons pris vos arguments en considération, cependant, au vu des circonstances, nous sommes dans le regret de refuser votre demande concernant de possibles sorties du prisonnier Lucius Malfoy.

Bien à vous,
Le Ministre."

J'étais déçu, bien que je me sois attendu à une telle réponse. En plus, ils avaient mis du temps, ce qui faisait qu'il ne me restait plus qu'une petite semaine avant la Saint-Valentin.

Je serrai la lettre entre mes mains avant de la réduire en cendre. Je ne voulais pas que Lucius tombe dessus et soit triste d'être enfermé au camp. Certes, Draco venait souvent, même une petite heure, avec Harry mais je voyais bien que quand je partais en ville pour acheter les choses utiles à Bairim, il me regardait avec cette peine dans les yeux. Je soupirai et entendis un petit bruit. Je regardai Bairim, dans son couffin, et remarquai qu'il me fixait, de ses beaux yeux vert-bleu.

— Je vais devoir aller en ville et trouver une idée. Tu en as une toi ?

Je sursautai en entendant une voix amusée me répondre :

— S'il te répond, je fais tout ton ménage pour l'année à venir.

Je me retournai et vis Hulrick hilare. Il prit place face à moi, non sans caresser la tête de Bairim au passage. Je regardai mon fils et suppliai :

— Allez, fais un effort et répond à papa !

Il continua de me regarder pendant quelques secondes puis il bougea ses bras et porta son attention sur Hulrick.

— Traître, soupirai-je.

Hulrick explosa de rire et remercia Bairim.

— Tu prends ta garde à quelle heure ? demandai-je en buvant une gorgée de mon chocolat, plus si chaud que ça.

— Je suis de nuit alors vers neuf heures.

— As-tu des nouvelles de ta mère ?

— Oui, elle va un peu mieux mais ce n'est pas encore trop ça.

Je hochai la tête, ne sachant pas quoi dire. J'étais triste pour lui, car si une chose comme ça m'arrivait, je ne savais pas comment j'arriverais à la surmonter. Il sembla perdu un moment, avant que Moliva n'arrive et ne l'embrasse sur la joue, un peu trop longuement de mon point de vue. Elle me vit et vint m'en faire un, puis en fit de même avec Bairim. Elle fila ensuite vers la cuisine mais je ne manquais pas le regard d'Hulrick posé sur elle.

— Il se passe quelque chose entre vous ? fis-je curieux.

— Jaloux ?

— Non, pas du tout. Donc, Moliva et toi ?

— Je ne sais pas trop. On s'entend bien et je l'apprécie, c'est vrai. On verra si cela devient sérieux.

Je souris, heureux. Et puis, je m'étais bien mis avec Lucius à force de le côtoyer.

OoOoOoOoO

Lucius faisait la nuit et n'allait donc pas tarder et moi j'étais prêt ainsi que Bairim, si Lucius acceptait qu'il vienne avec moi, quoi que je doutais laisser le petit ici malgré son avis. Je ne voulais pas qu'il s'habitue au camp et son environnement. Il devait voir la ville, plus de gens, entendre du bruit... sinon, j'avais peur qu'il ne soit apeuré plus tard.

Je souris à mon fils, le gardant contre moi. Nous étions au salon, attendant son père. Je regardai la neige tapisser le sol et le soleil qui avait du mal à percer les nuages présents. Je vis au loin Johanna, Carlos et Lucius sortirent de la réserve et souris, tout en embrassant le front de Bairim qui agrippa mes cheveux. J'enlevai sa main, veillant à ne pas le blesser et entendis la porte d'entrée s'ouvrir.

— Lucius ? appelai-je.

— Déjà debout ? demanda-t-il en embrassant ma tempe et en caressant la tête de Bairim. Et habillé..., souffla-t-il en nous observant.

— Oui, je dois aller en ville et j'aimerais l'emmener avec moi.

Je vis une ombre passer dans son regard mais il se contenta de nous sourire et de dire :

— D'accord, garde-le bien au chaud, ce serait dommage qu'il tombe malade. Amusez-vous bien.

Il embrassa Bairim sur la joue et déposa ses lèvres sur les miennes avant de partir. Je ne le retins pas, comprenant sa tristesse et souris ensuite à Bairim avant de nous lever pour lui enfiler son bonnet, sa petite écharpe que maman avait pris le temps de tricoter ainsi que ses moufles. Une fois prêt, j'enfilai ma veste en cuir et sortis, serrant le petit bout de chou contre moi.

Je fermai les yeux et transplanai, atterrissant devant Gringotts. Bairim sembla secoué, mais il ne pleura pas. Non, au lieu de ça il me vomit juste dessus le lait qu'il avait bu une petite heure plus tôt. Je caressai son dos et sortis ma baguette avant de nous lancer un sort de nettoyage.

J'entrai ensuite dans la banque et demandai à voir un Gobelin. Je fus rapidement appelé, et entrai dans un bureau magnifiquement décoré d'or et de marbre.

— Que puis-je pour vous ? me demanda le Gobelin.

— Plusieurs petites choses. J'aimerai tout d'abord ouvrir un coffre à mon fils ici présent.

— Je vais avoir besoin de votre nom, de celui de votre compagne et du sien, ainsi que d'un premier dépôt.

— Je n'ai pas de compagne. J'ai un compagnon. Charlie Weasley et Lucius Malfoy. Et le petit bout ici, c'est Bairim Sven Severus Weasley-Malfoy.

— Bairim... c'est un choix de prénom intéressant.

Je regardai mon fils et répondis :

— Comme ses ancêtres.

Si on pouvait appeler ça comme ça. Le Gobelin émit un bruit étrange puis observa attentivement Bairim avant de marmonner quelque chose dans sa barbe. Il prit ensuite un parchemin et une plume bizarre. Je restai silencieux, lui laissant faire son travail.

— Connaissez-vous le nom de la mère biologique ?

— Il n'y en a pas. J'ai porté l'enfant, répondis-je.

— Je vois... Veuillez signer ici, fit-il en me tendant le document. Il me faudra aussi la signature de votre compagnon.

— Cela ne sera pas possible, il est dans l'incapacité de se déplacer. Pourriez-vous l'envoyer par hibou ?

— Nous le ferons.

— Merci.

— Je vais à présent faite signer votre enfant.

Il se leva et alla prendre quelque chose dans une armoire. Il revint vers nous et expliqua :

— Le coffre lui appartiendra, il me faut donc un peu de sa magie pour l'activer. N'ayant pas encore de baguette, je vais devoir faire un transfert. Cela sera un peu douloureux. Puis-je ?

Il tendit les bras pour prendre Bairim. J'hésitai une seconde et lui donnai ensuite. Il le prit, délicatement, puis retourna s'asseoir. Il posa ensuite l'objet sur le font de Bairim et sa propre main sur le parchemin. Je vis une petite lueur verte, et le parchemin s'illumina, avant que Bairim ne commence à pleurer. Le Gobelin le garda malgré tout contre lui et posa sa propre main sur le front du petit, avant de marmonner :

— Comme je le pensais, il y a un coffre disponible depuis fort longtemps pour votre fils. Souhaitez-vous le visiter ?

— Co-comment ça, il y a un déjà un coffre ?!

— La magie de votre fils correspond à celle de l'un de nos coffres, ce qui fait de lui le détenteur de ce coffre et de ce qu'il contient. Voulez-vous donc le visiter ?

— Eh bien... ce coffre se trouve-t-il en Roumanie ?

Je ne pouvais pas me permettre de quitter le pays.

— Ce coffre se trouve avec tous les autres, dans un endroit qui est commun à toutes nos succursales.

— Oh...

Je me repris ensuite et répondis :

— Oui, je désire le visiter.

— Très bien, dans ce cas suivez-moi, dit-il en se relevant et en me tendant Bairim avant d'ouvrir une porte à l'arrière de son bureau.

Je le suivis et il nous mena à un wagon. J'hésitai avant de dire :

— N'y a-t-il pas un autre moyen ? Avec le petit, je ne suis pas sûr que cela soit une bonne idée.

— Il n'y aucun risque pour lui. Et pas d'autre moyen, non.

— Très bien, soufflai-je en m'installant.

Je calai Bairim contre moi, le serrant, mais pas suffisamment pour lui faire mal. Le Gobelin s'installa derrière nous et le wagon se mit en marche. Je déglutis quelques secondes plus tard quand nous commençâmes à chuter, puis virer à droite rapidement. Heureusement, le trajet ne fut pas long et nous nous stoppâmes. Bairim ne pleura pas et c'était bon signe. Je fus aussi heureux quand il ne me vomit pas dessus.

Le Gobelin nous invita à descendre et nous mena devant un coffre qu'il ouvrit. Il nous invita à entrer et je trouvai un coffre pratiquement vide. Il y avait quelques livres que j'allai prendre mais ne compris rien à ce qu'ils contenaient, tout étant dans une langue que je ne connaissais pas. Je vis aussi un peu plus loin un coffret avec quelques pièces d'or.

— Ces pièces sont anciennes, murmurai-je en allant les voir de plus près. Cela fait combien en gallions ?

— 1000 gallions et quelques mornilles, à peu de choses près.

J'écarquillai les yeux.

— Et ce coffre est à mon fils ? Je... Puis-je connaître qui en était le détenteur avant lui ?

Parce que, par Merlin, je n'arrivais pas à croire qu'une telle chose arrive.

— C'est une information à laquelle vous ne pouvez avoir accès.

— Très bien. Puis emporter ses livres ?

C'était le coffre de Bairim, je ne savais donc pas si je pouvais ou non les emmener avec moi.

— Seul le détenteur du coffre peut directement prendre ce qui est à l'intérieur. Vous ne pouvez qu'effectuer des dépôts jusqu'à sa majorité sorcière.

C'était logique.

— Aucun problème. Est-ce qu'il aura un second coffre, celui que je suis venu ouvrir, ou celui-ci sera-t-il le seul coffre à son nom ?

— Il n'y a aucun besoin d'ouvrir un second coffre. Celui-ci lui offrira les mêmes avantages qu'un autre et il sera le seul à pouvoir prélever quoi que ce soit.

— Très bien. Je compte y déposer cent gallions.

Même si avec ce qu'il contenait déjà, il n'en avait pas vraiment besoin.

— Bien. Nous ferons cela dans mon bureau si vous êtes prêt à partir.

— Nous sommes prêt à partir.

Je sortis et remontai dans le wagon. Le Gobelin nous rejoignit, démarrant ensuite. Nous fûmes quelques minutes plus tard dans son bureau.

— Donc, je désire faire un dépôt sur le coffre de Bairim. Cent gallions.

Je posai la bourse sur le bureau et souris. Il la prit et posa sa baguette contre avant de remplir un formulaire et de faire ensuite disparaître le tout avec sa baguette.

— Le dépôt a été effectué. Puis-je faire autre chose pour vous ?

— Oui. J'aimerai avoir une carte valable dans le monde moldu liée à mon coffre, pour de futurs achats. Je sais que ce moyen existe contre paiement. J'aimerais effectuer cette démarche.

— Bien sûr. Vous devez remplir ce formulaire et nous vous enverrons la carte dans quelques jours. Elle arrivera probablement en même temps que les papiers pour votre compagnon.

Je pris le document et le remplis rapidement, tout en caressant le dos de Bairim qui commençait à s'agiter. Il avait sûrement faim. Quand j'eus fini, je rendis le parchemin au Gobelin et soufflai :

— J'aimerai maintenant donner un accès à mon coffre sans restriction à Lucius Malfoy. Est-ce possible sans sa signature ?

J'étais certains qu'il n'accepterait pas.

— Et bien, oui, il va seulement me falloir la vôtre sur... ce document-ci.

Je signai rapidement, vérifiant que c'était bien à Lucius Malfoy que je donnais un accès.

— Et bien, nous avons presque finis, souris-je. J'aimerais échanger une centaine de gallions en monnaie roumaine.

Il reprit le document qu'il tamponna puis prit mes gallions qu'il posa sur son bureau. Il lança un sortilège sur la bourse qu'il me tendit ensuite, m'expliquant que la conversion avait été faite.

— Merci.

Je me levai et le saluai, sortant ensuite. Il nous raccompagna jusqu'à la sortie, chose que je trouvai bizarre, et nous laissa ensuite sur les marches. Je me décidais à emprunter le réseau de cheminette, Harry et Draco l'ayant activé pour leur appartement. Je me rendis donc dans une taverne pas très loin et lançai une poignée de poudre pour les appeler, vérifiant que je pouvais venir.

— Y a quelqu'un ? demandai-je.

Draco entra dans le salon et vint se placer devant la cheminée avant de dire :

— Oh, Charlie. Je peux t'aider ?

— Oui, je suis en ville et le petit a faim. Je me suis dit que je pourrais venir ici, afin d'être à l'aise et vous voir en même temps.

— Bien sûr, viens.

Je souris et n'attendis pas pour relancer une poignée poudre de cheminette.


Nous espérons que ce treizième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Abby and Jes