Bon alors je vais essayer de réagir comme il se doit à l'accueil incroyable que vous m'avez fait.

Heuuuuu... (Typiquement français n'est ce pas XD) Le fait est que je ne sais pas quoi dire, vous êtes incroyables, vous m'avez atomisée de bonheur et de reconnaissance. Vous êtes merveilleux depuis le début et avec ce chapitre vous avez littéralement fait exploser mon coeur avec l'ascenseur émotionnel que vous m'avez offert.

Merci vraiment merci d'être aussi présents avec moi dans cette aventure. Et merci à mes coupines qui ont du subir ma phase de doutes XD

Je pensais faire un chapitre plus court mais avec tout ce que vous m'apportez j'ai finalement pondu le plus long depuis le début XD

Pour l'anecdote sur l'histoire, merci à Sonion et Benedicte sur twitter pour m'avoir aiguillée sur le comportement et développement des enfants de 2 et 3 ans. Ca m'a permit de ne pas partir sur une erreur et c'est pourquoi pour la suite de l'histoire, je vous préviens qu'Henry à 3 ans et non 2ans et quelque comme je vous avais dit.

Je vais rapidement modifier ce fait dans les précédents chapitres pour réparer mon erreur.

Excusez moi pour ce léger changement indispensable à mon histoire telle que je l'ai imaginée :)

Bonne lecture à tous :D on se retrouve en bas


Chapitre 10) C'est parti d'un rêve

Jour 18 : Train de 6h22

« Maman t'as dit que j'étais jolie ? »

Regina lança un regard plein de menaces à la blonde qui l'ignora royalement, se penchant vers l'enfant pour l'encourager à répondre.

« Oui. » Répondit-il en acquiesçant énergiquement.

« Et quand est-ce qu'elle a dit ça ? »

« Miss Swan ! » Tenta de la couper Regina.

« Quoi ? Je m'intéresse simplement à ce que dit votre adorable petit garçon. »

« J'ai du dire ça comme ça n'insistez pas. Je ne me souviens même pas l'avoir dit. »

« Si. » Répondit l'enfant en fronçant les sourcils. « A papy. »

« Henry ça suffit. Tu as raison je l'ai dit, maintenant soit sage. »

Le petit garçon sourit et se retourna vers Emma, abandonnant son dessin au plus grand désespoir de sa mère qui commençait surement à regretter cette rencontre.

« Tu fais du piano comme maman ? »

« Non Henry, moi je vends des vêtements. »

« Maman elle m'a acheté des saussures. »

« Chaussures Henry chhh chhhaussures. » Rectifia sa mère.

« Ssssausssssuuuurrreeees. » Essaya l'enfant.

« C'est pas encore ça le 'ch' » S'amusa-t-elle en regardant Emma.

« Ca viendra. »

« Oh oui, et quand il le prononcera correctement je me mettrai déjà à l'imaginer entrant à l'université tant je serai fière. On perd toute rationalisation et objectivité quand on est maman. »

Emma rit de bon cœur à ça, rapidement suivit par la brune.

« As vu ? » Coupa l'enfant visiblement désireux d'être le centre d'attention.

Elle se pencha pour voir sous la table les baskets 'Mickey' que l'enfant tendait vers elle, et s'amusa de voir qu'il souhaitait tellement les lui montrer que sa mère devait le tenir pour ne pas qu'il glisse.

« Henry tiens toi bien. » Dit-elle en le rasseyant.

« As vu Emma ? »

« Oui Henry, elles sont magnifiques. » S'extasia-t-elle.

« C'est 'Mickey'. »

« Mais oui j'ai vu. Tu le regardes à la télé ? »

« Maman l'aime pas télé. »

« Maman elle n'aime pas la télé. » Corrigea sa mère. « Et tu as quand même le droit de regarder Mickey avec papy tous les matins. » Se défendit-elle avant de se tourner vers Emma. « Nous préférons qu'il joue, lui lire des histoires, le stimuler, plutôt que de le brancher devant un écran toute la journée. Mon père est comme moi, hormis Mickey chaque matin, il préfère lui imaginer des aventures et le prendre dehors. Quand ma mère est avec eux, ils vont au parc, à la ferme, partout pourvu qu'il profite de l'extérieur. »

« Vous avez bien raison. Je n'ai jamais été aussi heureuse que dans ma famille d'accueil où c'était comme ça. »

« Moi j'ai grandit comme ça, toujours dehors, à quatre ans je montais déjà à poney. »

« PONEY. » Cria Henry soudainement.

« Tu aimes les chevaux ? » Questionna Emma.

« Oui, comme maman. »

« Tu aimes tout comme maman ? »

« Oui. » Répondit-il très fier.

« Et elle aime quoi en ce moment maman ? »

« Emma, Emma, Emma. » Chantonna l'enfant en guise de réponse.

« Oui c'est moi. »

« Non maman. »

Emma déglutit sans savoir comment interpréter cette phrase.

« Emma, Emma, Emma. » Reprit-il.

« Et pourquoi tu chantes ça ? »

Regina essaya d'intervenir mais son fils la prit de vitesse.

« Chanson de maman, c'est papy qui dit. »

« La chanson de maman ? » Questionna Emma ravie pendant que sa voisine se tassait dans son siège les doigts sur les tempes.

« Oui maman parle tout le temps d'Emma papy dit. » Dit-il en lui souriant.

« Henry ça suffit, laisse un peu Emma tranquille et finit ton dessin. »

« Je parle avec Emma. » Dit-il en prenant un air de grand. « Emma c'est l'amoureuse de maman. » Dit-il d'un air enjoué

Regina s'étouffa et toussa avant de se pencher sur son fils.

« Henry mon cœur, ça suffit, pourquoi tu dis ça? » Questionna-t-elle gênée en jetant un regard rapide à la blonde. « Tu sais bien que c'est Kathryn l'amoureuse de maman. »

Emma de son côté n'osait pas bouger, encore sous le choc de cette phrase qui avait fait exploser des milliers de papillons au creux de son estomac. Elle se demandait comment la conversation en était arrivé de « Qu'est ce qu'elle aime en ce moment maman ? » à « Emma c'est l'amoureuse de maman » en passant par « Emma, Emma, Emma, chanson de maman. ».

Elle se sentait complètement retournée, partagée entre l'envie de planer, sauter de joie, laisser sa nervosité la tuer ou s'évanouir, et la suite ne l'aida pas à reprendre ses esprits.

« Non… Emma l'amoureuse. »

« Henry tu... »

« Et pourquoi c'est moi l'amoureuse de maman? » La coupa Emma qui avait trop besoin de comprendre la raison de ses mots.

« Miss Swan. » S'indigna une Regina cramoisie.

« Quoi? » Questionna-t-elle avec un air innocent. « Je souhaite comprendre pour que nous puissions lui expliquer et rectifier. »

Regina souffla et se tourna vers son fils.

« Pourquoi tu dis ça henry? »

« C'est papy l'a dit. » Chantonna le petit brun.

« Tu m'en diras tant. » Marmonna la pianiste agacée.

« Et papy t'as dit pourquoi? » Reprit Emma.

« Miss Swan. » Pesta-t-elle plus fort.

« Confer réponse précédente, je cherche uniquement à comprendre pour éviter tout malentendu. »

« Bien sur oui. » Râla-t-elle, parfaitement consciente du plaisir que prenait la blonde face à la situation.

« Papy l'a dit quand tu parles de ton amoureuse, tu souris touuuuuuut le temps. Maman elle sourit quand elle parle de moi papy il dit! Et quand elle parle d'EMMA. » Dit-il en criant son nom et en tendant les bras vers elle, un immense sourire sur le visage. « Alors c'est son amoureuse. »

« CQFD » Dit-Emma en riant de bon cœur aux raccourcis fait par le petit garçon, ignorant l'agréable sensation de bien être et d'espoir qui l'envahissait.

« Mon chaton. » Dit une Regina cramoisie en se penchant vers lui. « Je sourit quand je parle d'Emma... » Elle jeta un rapide coup d'œil à la blonde qui arborait un air satisfait malgré elle. « C'est parce qu'elle est mon amie et que je l'apprécie. »

Henry rigola en sautillant sur son siège.

« Papy l'a dit tu dis ça. »

« Papy a dit pas papy l'a dit. » Rectifia-t-elle. « Et je vais devoir avoir une discussion avec lui. Écoutes Henry, Emma est mon amie, Kathryn mon amoureuse. »

« Pas obligé toujours. » Dit-il en arborant des yeux de chiots parfaitement exécutés.

« Henry la discussion et close, nous en reparlerons ce soir. »

L'enfant baissa les yeux en soufflant, visiblement très peu affecté dans ses certitudes mais assez obéissant pour écouter sa mère.

Emma de son côté ne pouvait détacher son regard de Regina, son cerveau bouillonnant face à cette discussion. Visiblement, la jeune femme parlait d'elle à la maison, à son fils et son père en tout cas et cela assez souvent pour qu'ils en plaisantent. Si elle se surprenait à oser rêver, Emma avait même l'impression qu'Henry sénior était déjà en un sens acquis à sa cause. Mais où s'arrêtaient les indices et le réel et où commençaient le fantasme et les rêves, ça… Elle était incapable de le savoir. Ses pensées partaient dans tous les sens quand elle entendit comme une voix au loin la ramenant doucement à la réalité.

« Miss Swan. »

« Hein heu quoi ? »

« Nous sommes en gare de Boston. » Affirma la brune qui semblait éviter au maximum son regard.

« Ohla déjà ? » S'exclama-t-elle en se levant d'un coup. « Oh put… »

« Langage. » La coupa Regina d'un coup en posant ses mains sur les oreilles de son fils.

« …naise. » Se reprit-elle comme elle pu. « Pardon, promis je vais faire attention. »

« Merci. » Lui sourit la brune.

Elles descendirent du train, Regina portant Henry qui était occupé à jouer avec son collier.

« Miss Swan par rapport à la conversation je… »

« Pas de malaise. » La coupa-t-elle face à la gêne qu'elle semblait ressentir. « C'était des mots d'enfant je sais bien. »

« C'est bien. » Dit-elle en souriant soulagée. « Je n'aurai pas voulu qu'il y ait le moindre malentendu. »

Emma ignora le poids de cents kilos qui venait de lui tomber dans l'estomac et arbora un sourire forcé qu'elle espérait convainquant.

« Pas le moindre. »

« Parfait. A ce soir alors. »

« A ce soir. » Dit-elle avant de fuir presque vers la sortie.

Jour 18 : Train de 17h15

« Miss Swan que faites vous sur le quai ? » Questionna Regina en arrivant à la hauteur de la blonde.

« Heu je…. »

Comment lui dire qu'elle avait eu peur qu'elle loupe son train et avait d'office attendu sur le quai.

« Qu'elle pertinente explication merci Miss Swan c'est tellement plus clair maintenant. Je vois que votre répartie va en s'améliorant. » La taquina-t-elle.

« J'ai eu peur que vous loupiez votre train voila. « Avoua-t-elle alors. « Vous vous en sortez déjà difficilement en temps normal alors courir sur des talons hauts avec un enfant dans les bras. »

« J'ai des tas de ressources. » Dit-elle d'un ton ronronnant en montant. « Allons montez Miss Swan, sinon vous allez louper votre train. »

Emma resta sciée par le culot de la jeune femme et la suivit juste avant que les portes ne se ferment.

Le début du trajet fut un peu tendu, Regina semblant sur la défensive de ce que pouvait dire son fils et Emma se sentant idiote d'avoir imaginé et d'imaginer encore un quelconque flirt entre elles.

« Regina. »

« Emma »

Les deux jeunes femmes avaient parlé exactement en même avant de se taire aussi vite en entendant l'autre.

« Vous d'abord. » Trancha Emma

La pianiste se racla la gorge avant de fouiller dans son sac sous le regard perplexe de la blonde. Elle en sortit un Ipod dont elle débrancha les écouteurs pour mettre un gros casque à la place.

« Henry chaton tu vas écouter la musique maman doit parler de choses importantes avec Emma. »

« Moi aussi je parle avec Emma. » Dit-il en rigolant.

« Promis ce ne sera pas long tu pourras lui parler après. »

L'enfant fit la moue mais obéit quand même. Il commença immédiatement à se dandiner quand sa mère lança la playlist faite pour lui.

« Oh mon dieu y a Mickey dehors. » Dit-alors Regina assez fort.

Henry ne réagit pas d'un pouce et elle sourit, visiblement satisfaite, elle se tourna alors vers Emma et inspira.

« J'ai pensé toute la journée à ce matin. J'étais tellement mal à cause de ce qu'a dit Henry et du malaise qu'il y avait quand nous nous sommes quittées. »

« Moi aussi pour être honnête. »

« Vous rencontrer est une des meilleures choses qu'il me soit arrivée depuis longtemps, notre amitié, aussi jeune soit-elle, me tient à cœur, il est donc normal que j'en parle aux gens que j'aime. Il n'y a pas de mal à ça n'est-ce-pas ? » Dit-elle d'une traite.

Emma sourit en essayant de se convaincre que ce n'était pas de la dualité qu'elle voyait dans ses yeux. Regina la considérait vraiment comme une simple amie et elle devait l'accepter. Ce qu'elle avait imaginé être du flirt, des troubles, devaient être les conséquences de la vie de la brune. Emma essayait de se montrer attentive et présente, inconsciemment ça avait du avoir un effet sur la brune qui se sentait délaissée par sa femme depuis trop longtemps.

« Non il n'y a pas de mal à ça. C'était des mots d'enfant je sais très bien, et il n'y a pas de malaise. »

« Et vous n'êtes même pas gay de toute façon. » Dit-elle en riant nerveusement

« Et bien… »

« Quoi vous l'êtes ? » Questionna-t-elle incrédule.

« Ahah non, pas gay… J'ai parfaitement aimé être avec des hommes tant sentimentalement que sexuellement. »

Elle rit devant la soudaine mine crispée de sa voisine, heureuse qu'elle retombe naturellement dans un échange détendu.

« Vous faites partie des lesbiennes qui ont une aversion complète pour le pénis ? »

Regina regarda immédiatement son fils pour s'assurer qu'il n'entendait rien avant de répondre.

« Non enfin… Je sais bien que c'est moi qui ne suit pas dans les « normes » » Dit-elle en mettant visuellement des guillemets. « Un homme une femme, un pénis un vagin, un spermatozoïde un ovule, et pouf un bébé. Mais pour ma part, je reste… assez… perplexe quand aux bienfaits du pénis. »

« N'ayez pas peur de me choquer ou me blesser, vous pouvez détester ça. »

« Je supporte pas ça. » Soupira-t-elle plus à l'aise. « Honnêtement, pour moi ça se résume à un bout de chair pendante et disgracieuse qui régit l'ensemble de la personne à laquelle il est attaché. »

Emma marqua un temps d'arrêt avant d'exploser soudainement de rire.

« Oh mon dieu pardon. » Dit-elle en essuyant des larmes. « J'aime trop comment vous en parlez. A vous n'aimez vraiment pas ça. »

« Non pas vraiment. » Dit-elle en souriant légèrement, semblant ravie de son effet et rassurée de la légèreté avec laquelle elles parlaient de ça. « Donc pourquoi ce 'Et bien…' alors ? »

« Et bien… » Dit-elle en se calmant

« Oui celui là même. »

Emma lui tira la langue avant de continuer.

« Je ne sais pas trop, je me demande parfois si je ne suis pas bi en fait. »

Emma savait qu'elle marchait sur des œufs en racontant cette partie de ces doutes, mais elle ne voulait surtout pas que Regina la catalogue 'pure hétéro', c'était plus fort qu'elle, elle voulait, consciemment ou inconsciemment, ne fermer aucune porte.

« A cause de quoi ? Vous avez déjà eu du désir pour des femmes, c'est peut être un fantasme à assouvir. »

« Je pense pas que ce soit un fantasme. Enfin si il y a l'aspect fantasme, mais… »

« Dites moi, avec moi vous ne serez pas jugée la dessus. »

« Disons que c'est plus une attirance émotionnelle à laquelle se greffe une attirance physique maintenant. Enfin à l'époque. » Se reprit-elle comme elle pu. « A l'époque l'attirance physique n'est venue qu'après. Et les fantasmes il y en a des tas. »

« Oh… Vous êtes peut-être bien bi alors. » Dit-elle sérieusement. « Pourquoi ne pas avoir essayé quoi que ce soit ? »

« Elle n'est…tait » Se reprit-elle encore. « Pas pour moi. »

« Pourquoi ça ? »

« Prise… »

« Oh… »

« Parlons d'autre chose. »

« Comment ça a commencé votre désir pour elle ? »

« Parler d'autre chose chez moi ça veut dire changer de sujet. »

« Je ne parle pas du émotionnel je parle du sexuel. »

« Sous vos airs, vous savez où vous allez vous. »

Regina rougit de la tête au pied en réalisant et s'enfonçant dans sa place sous le regard amusé de la blonde.

« En fait c'est parti d'un rêve, c'est là que l'attirance émotionnelle est entrée dans la dimension physique. Dans ce rêve je suis sur la place d'un marché, il fait beau, les rayons du soleil caressent ma peau et je me sens bien. L'endroit m'est familier, comme sortit de mon enfance. Il y a un homme à l'autre bout de la place, en costard, le visage caché en partie par un chapeau. Il est assez loin de moi mais je n'arrive pas à regarder ailleurs. Il croise mon regard mais je ne le vois pas bien même si je suis déjà totalement troublée. Des gens passent entre nous et quand je peux y voir de nouveau, il n'est plus là. Je le cherche un moment des yeux avant de me résigner. Sur mon chemin, je sens une présence juste derrière moi, d'abord j'ai peur, puis son odeur m'enivre et je me sens immédiatement bien, je sais que je n'ai rien à craindre, que je l'ai attendu toute ma vie. Il m'entoure de ses bras et mon cœur bat à tout rompre. Quelque chose est différent, normal et différent à la fois. Ses mains se posent sur mon ventre, son souffle est chaud dans mon cou et des décharges électriques envahissent mon corps tout entier.

Nous sommes seuls dans la rue et il pose ses lèvres dans mon cou. Je frissonne et il me tourne dans ses bras, me plaquant doucement contre le mur d'une maison. Il a la tête baissée et je ne peux pas voir son visage, j'ai besoin de voir son visage. Je prend le bord de son chapeau entre mes doigts et il frissonne mais me laisse faire. Je le lui enlève et tout me semble normal quand ses cheveux tombent jusqu'à ses épaules. Elle est belle, elle me sourit et mon esprit sait ce que mon cœur à toujours su. Tout est normal, mes sentiments sont normaux, je ne dois pas en avoir peur.

Elle s'avance et prend ma main pour la poser sur son sein, je ne bouge pas et ça la fait sourire. Alors elle s'avance lentement, terriblement lentement vers moi. Elle ouvre légèrement la bouche, ses yeux glissant de mes yeux à mes lèvres et je m'aperçois que j'imite ses gestes. Elle continue à avancer et… »

Emma s'arrêta et regarda sa voisine qui était complètement avancée vers elle, la bouche entrouverte et les yeux bien ronds.

« Et… Et quoi ? Elle avance et quoi ? » Questionna-t-elle la voix rauque.

« Et je me réveille. »

La brune poussa un râle de frustration en se ré adossant dans sa place.

« C'est sadique comme fin. »

Emma rit en voyant le trouble chez sa voisine.

« Avant mon rêve s'arrêtait à quand elle embrasse mon cou, mais maintenant je vois son visage et c'est une femme. Les premiers temps je ne la touchais pas, je me réveillais avant mais ça à progressé jusqu'à ce presque baiser qui marque systématiquement mon réveil. »

« Et bien Miss Swan, si vous n'êtes pas gay, vous êtes au moins bi ça ne fait aucun doute. »

Cette remarque eut le don de la rendre nerveuse mais elle le cacha tant bien que mal. Leurs regards se croisèrent et chacune se sourit tentativement, aucune ne sachant comment rebondir à ça.

« Marre musique. » Cria soudain Henry les faisant sursauter.

Regina lui enleva alors le casque.

« Ne cris pas Henry, on t'entend très bien. Tu veux dessiner ? »

L'enfant acquiesça énergiquement avant de tendre les bras vers la blonde.

« Avec Emma. »

« Mon cœur, Emma n'a peut être pas… »

« Non non pas de soucis, je vais dessiner avec lui. Je te prends à côté de moi ? »

« OUIIIII » Cria-t-il en levant déjà les bras.

« Côté fenêtre. » Dit rapidement la pianiste alors que la blonde se penchait déjà par-dessus la table pour l'attraper.

« Chef oui chef » Répondit-elle en l'installant.

Regina sortit des crayons de son sac et des feuilles qu'elle leur donna, en mettant une devant chacun.

« Allez les enfants, soyez sages et ne dessinez pas sur la table. »

« Oui mamaaaaaaaaan. » Répondit Emma, faisant rire Henry à côté d'elle.

« J'en ai deux pour le prix d'un. » Souffla-t-elle.

« Avouez que vous n'avez jamais vu d'enfant aussi sexy ».

« Sexy c'est sur, immature aussi remarquez. »

« Hein quoi ? Pardonnez moi je me suis arrêtée à sexy. » S'amusa-t-elle.

« NON. » Râla soudain Henry en posant sa main sur la feuille d'Emma et en la poussant vers sa mère.

« Quoi j'ai pas le droit de dessiner ? »

« On fait dessin à deux. »

« Je dessine sur ta feuille ? »

« Oui. »

Elle prit alors un crayon et l'approcha de la feuille.

« NOOOON. » La coupa-t-il de nouveau avant qu'elle ne commence. « Pas comme ça. »

« Mais j'ai rien fait encore. »

« Henry, chaton, Emma ne sait pas jouer à « dessin à deux » tu dois lui expliquer. »

L'enfant la regarda comme si elle était un alien, visiblement choqué qu'elle ne connaisse pas ce jeu.

« On fait moi puis toi. »

« Vous devez continuer ces traits puis lui les votre et après on regarde le résultat. » Précisa Regina.

« Ohhhhh. D'accord, j'ai comprit on peut commencer. »

« Moi d'abord. » Dit-il en traçant un trait vert.

Emma prit sa suite et vice versa pendant bien dix minutes, Regina observant attentivement l'avancée du dessin, jusqu'à ce qu'apparaisse un entrelacement de traits et de couleurs sans aucune logique.

Ils se taquinaient beaucoup et Emma sentait en permanence le regard de sa voisine sur elle. Elle était pourtant plus focalisée sur le petit garçon qui la faisait complètement fondre. Une fois leurs deux noms écrits en bas à droite par Emma qui guida la main d'Henry, ils présentèrent leur art à une Regina très objective qui acclama leurs talents de dessinateurs.

« Pour toi. » Dit l'enfant en le tendant à la blonde.

« C'est vrai ? Il est pour moi ? »

« Oui. »

« Merci beaucoup Henry. » Dit-elle en prenant le dessin, émue malgré elle.

Regina souriait en les regardant et sursauta soudainement.

« Miss Swan c'est votre gare. »

« Oh mince. » Dit-elle en se levant d'un coup. « A demain tout les deux. Merci pour le dessin Henry, je suis très heureuse de ton cadeau. »

« Auvoir Emma. »

« A demain Miss Swan. » Dit Regina qui se levait déjà pour ré installer Henry à côté d'elle.

Elle sortit du train le cœur et l'esprit léger et se dirigea immédiatement vers la fenêtre où elle tapa doucement. Henry et Regina tournèrent la tête en même temps, arborant alors le même sourire en la voyant et déjà Henry agitait la main. Elle répondit à son au revoir et rit en le voyant appuyer sa tête contre la vitre, son nez s'écrasant par transparence, juste avant que le train ne se remette en route.

Jour 19 : Train de 6h22

Emma entra dans le train et s'apprêtait à parler quand Regina la coupa d'un 'chut' tout doux. Elle montra Henry qui dormait bien lové sur ses genoux, comme un bébé les mains accrochées à son chemisier.

« Le réveil a été difficile ce matin. » Chuchota-t-elle.

« Quelque chose de particulier ? » Dit-elle sur le même ton.

« Vous rencontrer hier ça a été trop d'émotions. »

Le cœur d'Emma fit des loopings et cela se traduisit par un grand sourire.

« Pourquoi ça ? »

« Il était content, je dois… Je dois avouer qu'il entend parler de vous régulièrement alors il avait hâte. Du coup hier soir il a raconté à ses grands parents au téléphone, puis à Kathryn, puis à son doudou. J'ai tellement entendu votre prénom hier soir que j'en ai rêvé de vous cette nuit. »

« A bon vous rêvez de moi ? » Questionna-t-elle en y allant sans gênes sur les sous-entendus.

Regina écarquilla de grands yeux et manqua d'avaler sa salive de travers.

« Oui enfin, du train, les trajets, dans le wagon, on était là, à discuter, dans le train. Dans mon rêve… C'était dans le train. »

« Oui donc on le faisait dans ce train. » Dit-elle en s'amusant des tentatives de la brune pour se raccrocher aux branches.

Elle avait maintenant la bouche qui pendait en plus de ses yeux de chouette et semblait incapable de trouver une répartie.

« Discuter. » Dit la blonde pour abréger ses souffrances. « On le faisait dans ce train de discuter. »

« Oh oui bien sur, c'est ça, c'était mon rêve… bref, Henry a eu du mal à s'endormir. »

Elle passa sa main dans ses cheveux et câlina sa joue.

« Kathryn n'a rien dit qu'il parle autant d'une autre femme. »

« Elle m'a semblé crispée mais elle n'a rien dit. Je n'ai pas ramené le sujet sur le tapis donc pour le moment ça va. »

« J'espère ne pas vous créer d'ennuis. »

« S'il y a des problèmes ils ne viendront pas de vous ne vous inquiétez pas. »

« Très bien. »

Elles se tournèrent chacune vers Henry jusqu'à ce qu'Emma reprenne la parole.

« Il est adorable. »

« N'est-ce-pas. » Dit-elle sans le quitter des yeux. « Et il vous aime bien, je crois qu'il ne vous connait pas encore assez. »

« Comment ça ? » Questionna-t-elle, essayant de garder sa voix la plus basse possible.

« Il ne voit que la nouveauté, attendez qu'il s'aperçoive que vous n'êtes qu'une agaçante femme têtue qui n'a aucune notion de l'espace personnel et la civilité. »

« Et mais oh. » Dit-elle en lui tapant gentiment l'épaule, s'apercevant qu'elle souhaitait la taquiner encore. « Ca va oui de bon matin. »

« Vous avez pourris ma nuit à faire de mon fils d'une boule d'énergie sans bouton off, j'ai le droit de me venger. » Dit-elle avec un immense sourire mi entendu mi sadique.

« Premièrement, c'est pas ma faute s'il a succombé, comme vous, au charme Emma… »

« Dans vos rêves Miss Swan. » La coupa-t-elle, chacune retombant facilement dans leurs joutes verbales des débuts, teintées de l'amitié qui c'était tissée entre elles. « Je vous tolère tout au plus, n'en demandez pas trop. »

« Vous avez complètement succombé Madame Mills, arrêtez de vous mentir. »

Regina la fusilla du regard en entendant le titre ce qui rendit Emma très fière d'elle.

« Je disais donc, premièrement, ce n'est pas ma faute s'il a succombé, comme vous, au charme Emma, et deuxièmement, c'est une enfant, il n'a lui-même aucune notion de l'espace personnel »

« Oh… Vous vous comparez donc à un enfant de trois ans ! Je me disais bien qu'il y avait quelque chose derrière ce comportement. Ce qui m'étonne c'est que vous puissiez prendre le train toute seule sans votre doudou. Grande fille. » Dit-elle en lui tapotant le sommet du crâne.

« Je vous hais. » Pesta la blonde.

« Je sais, je fais cet effet là, c'est ça d'être face à quelqu'un qui gagne toujours. »

« Vous ne gagnez pas toujours. »

« L'espoir fait vivre. » Dit-elle d'un air hautain.

« Vous n'avez pas gagné la guerre pour la place. »

Regina se stoppa en se rendant surement compte qu'elle avait raison.

« Vous non plus. » Dit-elle finalement.

Elles soutinrent chacune le regard de l'autre pendant un moment avant de se mettre à rire silencieusement.

« Okay vous n'êtes pas une enfant. » Concéda la pianiste.

« Et vous vous ne gagnez pas tout le temps. » Persista Emma.

« Oh vous… »

« Chut chut, vous ne voudriez pas réveiller Henry. » La coupa-t-elle d'un air triomphant.

« Vous ne perdez rien pour attendre. »

« Mais si vous m'adorez. »

« Si peu. » Souffla-t-elle.

Elles discutèrent un peu avant que chacune se calle confortablement, profitant du trajet en la présence de l'autre sans faire plus de bruits et risquer de réveiller Henry.

Emma le regardait dormir depuis quelques minutes quand elle entendit un bruit derrière elle qui capta son attention. Elle se tourna et vit deux jeunes d'environ 16-17 ans occupés à s'embrasser à pleine bouche. Elle se retourna en soupirant et commença rapidement à se focaliser dessus et s'en énerver toute seule.

« Arf je ne supporte pas les gens incapables de se tenir dans un lieux public comme ça. » S'exclama-t-elle tout d'un coup à voix basse.

« De quoi parlez-vous? » Dit Regina en sortant de sa contemplation du paysage, ses doigts continuant leur jeu dans les boucles brunes du petit garçon endormit.

« Les deux adolescents pré pubères derrière, ils ne cessent de se bécoter depuis dix minutes. »

Regina jeta un coup d'œil derrière elle et sourit en revenant à ses douces caresses.

« Si je ne commençais pas à vous connaître Miss Swan, je dirais que vous êtes jalouse. »

« Moi jalouse? Jalouse de deux ados bourrés d'hormones? Non mais vous voulez rire. Je trouve juste ça indécent. »

« Indécent carrément, de la part d'une adepte de la vulgarité comme vous, ça me fait doucement rire. »

« Vanner de temps en temps ne m'empêche pas de savoir me tenir. »

« Allons, vous n'allez pas le dire que ça ne vous est jamais arrivé, d'être tellement perdue dans les bras de l'autre que plus rien n'existe autour. »

« Si bien sur mais... Enfin je veux dire, nous sommes en public et... Le bruit qu'ils nous infligent et pas franchement agréable. »

« Si c'était nous qui étions en pleine séance baisers câlins, cette discussion ne nous effleurerait même pas l'esprit! »

Emma assimila immédiatement les paroles de la brune et resta sans voix la bouche ouverte sous le choc.

Regina la regarda en ne l'entendant pas répondre et sembla comprendre son erreur des qu'elle la vit.

« Je veux dire... » Balbutia-t-elle. « Si vous ou moi, avec... Nos partenaires respectifs... Si nous embrassions... Nos partenaires respectifs. »

« Ohhh. » S'exclama Emma en comprenant sa méprise. « Oui bien sur... Chacune de notre côté. »

« C'est ça. » Dit Regina, plus fort que ce qu'elle aurait voulu, regardant immédiatement son fils pour s'assurer qu'il dormait toujours.

« Bé oui bien sur. » Dit la blonde en riant. « Chacune de notre côté... Quoi d'autre de toute façon... »

Les deux jeunes femmes étaient prises d'un rire nerveux qui s'évanouit rapidement, laissant place à un silence gêné.

Regina se racla la gorge avant de prendre la parole.

« Donc... Le bruit vous dérange? »

« Quel bruit? » Questionna Emma dont le cerveau l'assaillait de toutes sortes de bruits pouvant provenir de sa voisine auxquels elle ne voulait et devait pas penser.

« Les deux jeunes gens... Qui s'embrassent. »

« Oh oui... » S'exclama de nouveau Emma. « Oui les deux jeunes gens, oui heu non en fait. C'est bien de s'embrasser, ils ont raison. »

Elle regarda sur le côté, honteuse à vouloir s'enterrer, désespérant de la capacité qu'avait la brune à la rendre si nerveuse. Entre l'arrivée d'Henry, les sous-entendus de plus en plus présents entre elles et leurs taquineries autour des baisers et du rêve de Regina… Emma se sentait complètement perdue. Elle oscillait entre l'envie d'aller plus loin encore, oser toujours plus, et la culpabilité de penser et ressentir autant pour une femme mariée.

Certes ce mariage était en déclin, mais qui était-elle pour espérer que sa voisine ait le courage de quitter sa femme. Agissait-elle comme une amie voulant le bonheur de l'autre ou comme une amoureuse désespérée cherchant à remplacer cette femme qui ne méritait pas la place qu'elle avait. Parfois Emma était incapable de savoir laquelle de ces deux personnes elle était vraiment. Un peu des deux ? Surement.

Mais si Regina avait besoin d'un déclic pour s'envoler de cette cage qui l'emprisonnait, pouvait-elle espérer l'être ? N'était-ce pas de la prétention ? Si elle mettait de côté sa culpabilité face à la situation, elle osait se voir à cette place, elle savait qu'elle avait plus à lui offrir. Elle n'avait pas d'argent pas de famille, mais elle avait tout à lui offrir et bien plus encore s'il le fallait. Mais que représentaient ces sentiments ? Etait-elle gay ? Bi ? Ou simplement amoureuse de Regina ?

Amoureuse… A peine ce mot s'était-il insinué dans son esprits que son estomac se noua en pensant à la seule personne à qui elle avait dit je t'aime… Celui qui avait piétiné sa vie.

« Un penny pour vos pensées. »

La voix grave de la pianiste la ramena à la réalité et elle croisa son regard qui réchauffa immédiatement son cœur.

« Elles ne valent pas un penny. »

« Vous avez raison… Elles valent beaucoup plus. »

Regina posa une main sur sa joue et c'est quand elle les essuya qu'Emma s'aperçue que quelques larmes s'étaient échappées de ses yeux. Elle se pressa dans la paume de la jeune femme et lui sourit pour tenter d'alléger la situation.

« A quoi pensez-vous ? »

« A… A Neal. » Dit-elle sans mentir, omettant toute la partie concernant sa voisine.

Le visage de la brune se teinta d'inquiétude et elle câlina sa joue avec son pouce.

« Vous voulez en parler ? »

Emma regarda le petit garçon endormit et sourit.

« Pas aujourd'hui, je n'en ai pas le courage. »

« Venez là. » Répondit sa voisine en l'attirant contre elle.

Elle passa un bras autour d'elle et Emma se calla contre son épaule, préférant mettre de côté ses pensées et profiter des attentions de la brune qui câlinait ses cheveux comme elle câlinait ceux de son fils.

Elle sentit un baiser être déposé sur sa tête et ferma les yeux de bonheur.

« Je suis là, pour en parler, pour parler d'autre chose, pour rire ou pleurer, pour vous appuyer. Vous n'êtes pas seule vous avez Mary-Margareth, vos amis et vous m'avez moi. »

« Merci. » Soupira-t-elle en s'appuyant plus encore contre elle. Le cœur trop serré pour en dire plus.

Henry ne se réveilla que quand sa mère bougea en arrivant en gare de Boston. Il était complètement endormis et peinait à se tenir droit, préférant s'étaler sur l'épaule de sa mère, sa tête dans ses cheveux. Il repéra Emma et sourit en prononçant son prénom d'une voix complètement ensommeillée.

« Bonjour Henry, on se revoit ce soir. » Dit-elle gentiment.

Il ouvrit alors les yeux, sourcils froncés en regardant autour de lui.

« Finit train ? »

« Et oui mon chéri on est à Boston. » Dit sa mère en lui caressant le dos.

Des larmes emplirent ses yeux déjà très embués et il regarda sa mère comme si son monde s'effondrait.

« Dormis pendant Emma ? »

« Oui mais ce n'est pas grave tu vas la revoir ce soir. »

La jeune vendeuse fut impressionnée de voir alors des larmes couler sans cris les accompagnants. Il semblait réellement triste et submergé par son chagrin.

« Allons allons mon cœur, c'est quoi ce gros chagrin ? » Dit sa mère en descendant du train.

« Dormis… pendant… Emma. » Répéta-t-il entre ses sanglots.

« Oui mais on se revoit ce soir et la tu seras bien réveillé. » Tenta-t-elle alors.

L'enfant acquiesça sans cesser de pleurer et s'étira pour tendre sa joue. Emma regarda Regina avec incertitude et se pencha finalement pour lui faire un bisou.

« Promis ? »

« Promis. » Confirma-t-elle.

Il tendit les bras et Regina s'avança pour qu'il puisse lui faire un bisou humide à son tour. La brune rit en essuyant sa joue, comprenant surement qu'elle n'allait pas oser le faire devant le petit garçon.

« Excusez-moi Miss Swan. »

« Y a pas de mal, au contraire ça me fait plaisir, ça fait chaud au cœur comme réaction. »

« Moi aussi je veux faire un bisous sur la joue. » Dit-elle en lui en volant un si vite qu'elle n'eut pas le temps de réagir.

Elle s'éloigna alors, Henry faisant des au revoir à la blonde par-dessus l'épaule de sa mère.

« C'est son fils ? Mon dieu qu'il a grandit. » Dit une voix à côté d'elle.

Emma se retourna et vit Aurore qui arrivait à sa hauteur.

« Hum… Oui. » Dit-elle sur la défensive en commençant à marcher, pestant en voyant qu'elle la suivait.

« Vous êtes proche elle et vous n'est ce pas ? »

« Nous sommes amies. »

« Oui… amies. » Dit Aurore d'un air entendu.

« Ecoutez, je ne sais pas ce que vous voulez et vos intentions, mais Regina et moi sommes amies. Je sais parfaitement qu'elle est mariée et ça veut dire quelque chose chez moi. »

« J'en déduis qu'elle vous a parlé de Kathryn et moi. » Soupira-t-elle.

Emma acquiesça en tentant désespérément de se défaire de la jeune femme.

« Je n'ai pas prémédité tout ça, c'est arrivé sans que j'y puisse rien, j'ai jamais imaginé que j'allais développer des sentiments pour la femme de mon amie. Dans cette histoire j'ai tout perdu aussi, mon amie et Kathryn. »

« Je comprends bien, mais Regina est mon amie, alors je n'ai pas très envie de discuter de tout ça avec vous. »

« Les choses ne sont pas doutes blanches toute noires vous savez. »

« Que voulez vous dire. »

« Si Kathryn a agit comme ça elle a aussi ses raisons. »

« Vous allez me dire que c'est elle la victime ? » Commença à s'énerver Emma.

« Non bien sur que non, mais Regina à sa part de responsabilités. Bien sûr elle n'aurait rien pu y faire même si Kathryn lui en avait parlé, ce n'est pas quelque chose qu'elle fait c'est quelque chose qu'elle est. C'est assez indépendant de sa volonté, mais ça pourrait l'aider à comprendre. »

« Attendez stop. Je ne veux pas que vous me parliez de tout ça, je ne sais pas ce que vous voulez mais si je dois connaitre le fond du problème, premièrement ce sera après Regina, pas avant elle et deuxièmement ce sera par sa bouche, pas par la votre. »

« Vous préférez ignorer votre curiosité que lui être déloyale en apprenant les choses par moi ? » Questionna la jeune femme incrédule. « Vous êtes encore plus accro que ce que je pensais alors. »

« Elle est mon amie mettez vous ça dans la tête. » S'énerva-t-elle carrément.

« Allons allons ne soyez pas tant sur la défensive, j'ai fait assez de mal à cette femme pour vouloir en faire plus. J'ai perdu mon amie, vous croyez que je ne le regrette pas assez. Je pense qu'elles doivent parler et avancer, c'est pas une vie ce qu'elles ont. Je ne suis pas une ennemie, je suis comme vous. »

« Vous êtes toujours amoureuse de Kathryn ? »

Le silence de la jeune femme suffit à convaincre Emma.

« Vous souhaitez qu'elles se séparent ? »

« Même en mettant mes sentiments personnels de côté, je pense que c'est le mieux honnêtement. »

« Ecoutez. » Dit Emma en se reprenant. « Ce n'est pas à nous de faire quoi que ce soit. Regina est mon amie, je suis là pour elle et je ne suis pas à l'aise de discuter avec vous. J'espère que vous n'avez pas de mauvaises intentions à son égard sinon vous aurez à faire à moi. »

« Vous lui plaisez. »

« Quoi ? »

« Je la connais bien et je sais voir quand quelqu'un lui plait vraiment. »

« Vous… Taisez-vous. » Se coupa-t-elle toute seule. « Je ne sais pas à quoi vous jouez mais je ne veux pas avoir cette discussion avec vous. J'ai du travail au revoir. »

La dessus elle tourna les talons et partit comme si elle fuyait la peste, une seule chose tournant en boucle dans son cerveau… « Vous lui plaisez. »

Jour 19 : Train de 17h15

Dès l'instant ou Regina était entrée dans le train, Henry avait couru vers Emma et c'était assis à côté d'elle pendant que sa mère prenait la place d'en face. Emma la vit soupirer et sourire en s'asseyant, regardant son fils commencer à lui raconter sa journée. Au visage de la brune, il était clair qu'elle avait eu droit aux mêmes histoires quelques instants avant.

La jeune blonde se sentit immédiatement privilégiée, se rendant compte que le petit garçon était impatient de lui parler à elle aussi. Elle préféra ne pas parler de sa conversation le matin avec Aurore, elle le ferait mais pas en présence d'un petit Henry parfaitement réveillé.

« Et tu lui raconte ce que tu as trouvé aujourd'hui ? » Dit la pianiste, sa voix ramenant la blonde à la réalité.

« Maman ssut c'est moi je raconte. »

« Mais je n'allais pas le faire à ta place chaton, je t'y fais juste penser. »

« Emma Emma. » Dit-il pour attirer l'attention de la blonde qui avait les yeux fixés sur sa mère.

Au-delà de l'intérêt que lui portait l'enfant, Regina aussi l'incitait à le faire. Emma avait éprouvé une sensation de chaleur au creux de son ventre en entendant la jeune femme dire à son fils de lui raconter une histoire, un peu comme si elle faisait partit de la famille et qu'il était normal qu'elle sache elle aussi tout de ses aventures d'enfant.

Elle se re concentra alors sur lui en lui offrant son plus beau sourire.

« Alors qu'est ce que tu as trouvé Henry. »

« Un bébé oiseau. » Dit-il au creux de son oreille après l'avoir attiré vers lui, comme s'il lui annonçait un grand secret.

« Un vrai bébé oiseau ? » S'extasia-t-elle.

« Tout petit tout petit. » Cria-t-il avec enthousiasme.

« Et tu en as fait quoi de ce petit oiseau? »

« C'est Nicole qui garde. »

« La dame de la garderie. » Précisa Regina.

« Dit oui maman dit ouiiiiiiii. » Dit soudain l'enfant en sautillant.

« Henry on en a parlé. On ne peut pas le garder, il faut beaucoup de temps pour s'occuper d'un bébé oiseau, et je ne sais même pas comment on fait. Nicole lui trouvera quelqu'un pour s'en occuper ne t'inquiète pas. »

« Je connais quelqu'un moi. » Osa-t-elle dire, coupant la prochaine supplication de l'enfant qui inspirait déjà avant de parler.

« Qui ça ? »

« Mary-Margareth, ma meilleure amie. Elle recueille toutes les petites bêtes blessées jusqu'à ce qu'elle puisse les relâcher. »

« Vous êtes sûre qu'elle pourrait le prendre ? »

« Je peux lui en parler et voir ce qu'elle en dit. Et puis si c'est elle qui l'a je pourrai vous envoyer des photos et tu pourras savoir comment il va. » Dit-elle en regardant Henry.

« Miss Swan il ne faut pas vous sentir obligée. »

« Il n'y a aucune obligation, je vais me faire inviter à manger chez elle ce soir, je lui en parle, si elle peut, je lui emprunte une caisse à chat ou un truc comme ça, comme vous ne travaillez pas demain je passerai voir cette fameuse Nicole et je mettrai l'oiseau demain dedans et dès demain soir il sera entre de bonnes mains. Si elle ne peut pas je vous le dirai dès ce soir par un petit message. »

« Vous êtes sure que ça ne vous dérange pas ? »

« Absolument pas. »

« Très bien alors. »

« OUAIIII. » Cria l'enfant.

« Henry calme toi elle n'a pas encore dit… »

La jeune pianiste fut coupée par la sonnerie de son portable qui raisonna depuis son sac. Elle décrocha rapidement en s'excusant. Elle n'avait pas parlé depuis une minute que certains passagers commençaient à se plaindre du bruit. Un homme lui indiqua qu'il n'était pas autorisé de téléphoner depuis le wagon et qu'il lui fallait se rendre sur la plateforme entre les wagons. Elle demanda à son interlocuteur de patienter et commença à regarder autour d'elle, les sourcils froncés.

Emma comprit rapidement qu'elle réfléchissait à toute allure pour aviser au mieux la situation avec Henry et prit son courage à deux mains pour intervenir.

« Je peux m'occuper d'Henry. » Chuchota-t-elle.

Regina semblant réfléchir, une certaine inquiétude évidente dans ses yeux.

« Vous êtes sure que ça ira. » Questionna-t-elle incertaine.

« Bien sur, ne vous inquiétez pas je vais très m'occuper de lui, il sera sage et ne bougera pas. Je vous promets de faire attention à lui comme à la prunelle de mes yeux. »

La jeune femme regarda en direction de la plateforme, puis son fils et de nouveau la blonde. Elle hésitait et finit par se décider.

« Très bien, je ne serai pas longue. » Elle se leva et s'accroupit devant lui. « Mon cœur maman revient, je vais juste là. » Dit-elle en pointant le fond du wagon. « Répondre au téléphone et je reviens dans cinq minutes ça va aller ? »

L'enfant acquiesça avant de se retourner vers Emma qu'il idolâtrait du regard depuis qu'elle avait dit pouvoir trouver une maison pour son oisillon.

« Henry tu m'as comprit ? » Questionna-t-elle en re captant son regard. « Je m'en vais mais je reviens vite. »

« Oui maman. » Dit-il en se retournant vers Emma.

Regina se leva et lança un regard inquiet à son fils puis Emma avant de s'éloigner, en ouvrant la porte du wagon elle leur lançant un dernier regard toujours aussi incertain, et se décida finalement à sortir après avoir reçu un immense sourire rassurant de la blonde.

L'absence soudaine de sa mère fit comme un électrochoc au petit garçon qui perdit rapidement son sourire et sembla prendre conscience vraiment de ses paroles.

« L'est où maman ? »

« Elle est partit téléphoner, elle est juste là bas. » Répondit Emma en pointant le bout du wagon du doigt.

L'enfant regarda et ses yeux s'emplirent de larmes en ne la voyant pas.

« L'est où maman ? Maman. » Dit-il plus fort en scrutant la porte.

« Elle va vite revenir Henry, parles moi de ton petit oiseau. » Dit-elle pour essayer de l'occuper et détourner son attention.

« Je veux maman. Elle est où ? Maman, Maman. »

Les larmes qui coulaient sur ses joues rebondies commencèrent à stresser la blonde qui savait déjà qu'elle n'allait pas pouvoir le calmer.

« Elle va vite revenir Henry. » Tenta-t-elle.

Ses larmes redoublèrent et il commença à essayer de descendre de sa place. Emma réagit immédiatement en le prenant contre elle pour le retenir. Il se mit immédiatement à pleurer à chaudes larmes en appelant sa mère, se tortillant dans tous les sens pour se libérer de son emprise. Submergée par la panique de l'enfant, Emma ne réfléchit pas et le prit dans ses bras en se levant.

« N'ai pas peur Henry, je vais te montrer où elle est maman. »

Elle le calla contre sa hanche et l'amena jusqu'à la porte. De la ils purent voir Regina qui était en pleine communication, faisant les cents pas en parlant. Henry posa ses mains contre la vitre en scrutant sa mère du regard, reniflant au travers de ses dernières larmes, visiblement rassuré de la voir.

Le cœur d'Emma était lourd devant cet amour inconditionnel d'un petit garçon pour sa mère. Elle était son monde et la jeune femme ne pouvait qu'assister à cette relation fusionnelle et unique qui les unissait. Elle secoua la tête pour chasser les larmes et vit Regina s'approcher d'eux après les avoir vu. La jeune pianiste posa une main au niveau de celles de son enfant et fit une moue devant ses yeux encore bouffies de larmes.

Henry souriait déjà, tapant doucement ses mains contre la sienne à travers la vitre. La brune était toujours engagée dans sa conversation téléphonique mais commença à faire des grimaces pour faire rire son fils. L'effet fut immédiat et déjà l'enfant riait dans les bras d'Emma, reniflant encore un peu mais son chagrin vite oublié.

Emma se sentait à la fois privilégiée et troublée. Elle était spectatrice de cet amour et, si elle ne se mentait pas, elle désespérait d'en faire partie. Elle avait les yeux rivés sur Regina mais ne riait pas à ses grimaces, au contraire, elles la rendaient sérieuse car elle la trouvait encore plus belle qu'avant dans son rôle de mère. La jeune brune souriait à son fils quand son regard croisa le sien. Elle avait toujours sa main sur la vitre mais son sourire avait disparu. Elle avait ses yeux plongés dans les sien et les deux femmes se regardaient avec la même intensité, semblant lire en elle comme dans un livre ouvert.

Comme si la vitre entre elles rendait la situation moins vrai, plus facile à s'avouer, elle monta sa main et Emma posa délicatement la sienne au même niveau. Emma sentait son cœur taper fort dans sa poitrine, les battements sourds presque audibles à ses oreilles. En cet instant elle lisait dans les yeux chocolat autant de troubles qu'elle en voyait dans son propre reflet. Elle n'avait pas rêvé ces espoirs, ce n'était pas son cœur tombant désespérément amoureux qui avait imaginé ses instants de flirt, ces échanges, ces sentiments à demi-dévoilés.

Tous ses instants qu'elle avait l'impression d'avoir subit seule n'étaient finalement pas des sentiments à sens unique. La peur prédominait dans le regard de la brune, cette peur face à la complexité de la situation, mais en cet instant, dans les yeux de Regina, elle voyait le reflet de ce qu'elle essayait si fort de taire en elle depuis longtemps déjà.


Et voilà un chapitre de plus qui se clôture et j'ai hâte de savoir ce que vous en pensez.

Merci encore pour tout, vous n'imaginez pas tout ce que vous m'apportez