Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.

Périodicité de publication : Un chapitre tous les deux jours.


Note des auteurs : Bonjour (^-^) Ben alors, c'est quoi cette baisse de régime ? On vous donne trop de lecture d'un coup ? lol Faudra vous y habituer, car désormais, ce sera bien un chapitre tous les deux jours qui sera publié *tirage de langue* Nous espérons que cette suite vous plaira. Bonne lecture!

Merci à ptitcoeurfragile, paulin54, honey1607

pour leur review.


Partie II

Bairim

Chapitre 14

Attention : ce chapitre n'a pas été corriger par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.

POV Lucius

J'ouvris les yeux et m'étirai, me passant ensuite les mains sur le visage pour finir de me réveiller. Je me redressai dans le lit et jetai un regard au berceau vide. Charlie et Bairim étaient partis en ville quelques heures plus tôt. Et maintenant que j'étais réveillé, je me retrouvais là tout seul sans rien avoir à faire. Je me levai et pris des vêtements avant d'aller m'enfermer dans la salle de bain pour prendre une douche bien chaude. Alors bien sûr, Charlie pouvait sortir d'ici et il avait raison d'en profiter, mais ça m'embêtait qu'il ait emmené Bairim. Parce qu'il allait l'amener Merlin savait où et que je ne serais pas là avec eux. J'avais été un mauvais père avec Draco parce que je l'emmenais toujours partout et lui payais tout ce qu'il voulait mais ne lui donnais aucun amour en retour. Et là j'allais juste être celui avec qui Bairim ne pourrait jamais rien faire et à qui il ne pourrait rien demander.

Charlie avait peur que Bairim lui en veuille mais je savais que ce ne serait jamais le cas, parce qu'il avait tant à offrir à cet enfant. Son amour certes mais aussi sa passion pour les Dragons et ils passeraient certainement beaucoup de temps à se promener en ville ou à aller visiter Harry et Draco pendant que je serais bloqué ici. Et personnellement, je n'avais rien à offrir à Bairim, et je ne pourrais même pas essayer de me rattraper avec des cadeaux.

Je secouai la tête et la passai sous l'eau chaude tout en pestant contre moi-même. Pourquoi étais-je encore en train de ressasser tout ça ?! J'avais un compagnon et mes deux fils près de moi, que voulais-je de plus ?!

Je coupai l'eau et sortis de la douche, m'habillant ensuite et chassant de ma tête ces pensées parasites. J'essayai de me concentrer sur autre chose et décidai de penser aux Dragons, récitant intérieurement toutes leurs caractéristiques tout en gagnant la salle à manger. J'y avisai Moliva, Carlos et Isaac en train de discuter et les saluai. Je partis en cuisine, remarquant au passage qu'il était près de une heure de l'après-midi, et me fis un thé puis réchauffai une part du repas que Carlos avait dû cuisiner pour le midi même. Je retournai ensuite dans la salle à manger et m'assis non loin des autres gardiens.

— Ça va ? demanda Carlos.

— Pourquoi ça n'irait pas ?

— Je ne sais pas, je posai la question comme ça, histoire de discuter.

— Ah. D'accord.

J'essayai de trouver un sujet de conversation à aborder mais réalisai bientôt que je n'en trouvais aucun. Charlie avait probablement raison, j'étais asocial. Sauf que je ne voyais vraiment pas de quoi je pourrais leur parler.

Carlos ouvrit et referma la bouche avant de secouer la tête et de reprendre la conversation avec les deux autres.

Il ne savait pas non plus de quoi il pouvait me parler de toute façon visiblement. Magnifique. Je finis mon assiette et ma tasse puis repartis en cuisine pour les nettoyer. Je m'appuyai ensuite contre le comptoir et attendis. Je ne voyais pas l'intérêt de repartir dans la salle à manger si je ne trouvais rien à leur dire mais ce n'était pas comme si j'avais autre chose à faire. Je pensai à aller dans la bibliothèque mais renonçai aussitôt, ne me sentant pas d'humeur à lire.

Peut-être pourrais-je leur poser des questions sur leur vie ?! Sauf que celle-ci étant majoritairement composée de ce qui leur arrivait au camp et dans la réserve, j'étais donc déjà au courant de tout. Ou alors les questionner sur leurs familles en espérant que ce ne soit pas un sujet sensible. Et en imaginant qu'ils veuillent discuter de cela avec moi.

Les derniers mois, avec tous les Weasley et mon fils ainsi que Harry au camp, m'avaient fait oublier à quel point je n'étais pas intégré ici. Je ne m'entendais avec personne à part Charlie. Je n'avais jamais eu beaucoup d'amis dans ma vie de toute façon. En y repensant bien, je n'en avais même eu qu'un seul, et il avait finalement été un espion pour Dumbledore et l'ordre, ce qui en disait beaucoup sur l'amitié qui nous unissait. Merlin, penser à Severus maintenant n'était pas non plus une bonne idée.

Je regardai l'heure et soupirai en réalisant que cela ne faisait même pas trente minutes que j'étais venu me faire à manger. Au pire, je pouvais toujours retourner me coucher et attendre le retour de Charlie et Bairim. Hm, comme si cela ne sonnait pas particulièrement pathétique. Je me décidai finalement à sortir de la cuisine et allais sortir quand Carlos m'interpela :

— Geoffroy vient de passer et a donné ça. Un hibou vient de le déposer pour toi.

Je regardai les deux enveloppes à ses côtés sur la table et les pris avant de rejoindre le salon pour les lire tranquillement. J'ouvris la première et compris rapidement que c'était le formulaire d'ouverture d'un compte à Gringotts. J'attrapai une plume et signai à l'endroit indiqué pour valider la création du compte puis remis le tout dans l'enveloppe qu'il me faudrait penser à redonner à Geoffroy. J'ouvris ensuite la seconde enveloppe et lus :

« Monsieur Lucius Malfoy,

Nous vous informons par cette missive de votre accès à présent total et entier au compte de Monsieur Charlie Weasley. Vous avez donc dès à présent le pouvoir de déposer ou retirer tout ce que le coffre peut contenir.

Bien à vous,
Gringotts. »

Je me pinçai les lèvres et inspirai profondément. Pourquoi Salazar Charlie avait-il fait cela ? Ne comprenait-il pas que je ne voulais pas de son stupide argent ?! Pourquoi se sentait-il obligé de m'humilier de cette manière ? Je ne voulais pas être entretenu, comment pouvait-il sincèrement ne pas comprendre cela ?! Je pliai la lettre et la déchirai en petits morceaux avant de la jeter dans la cheminée.

J'avais envie de parler à Draco mais je me doutais qu'il allait me dire que ce n'était rien de grave et que ce n'était pas si mal. Sauf que même si Harry était sûrement plus riche que lui, il avait de l'argent également, il pouvait offrir quelque chose en retour alors que moi, je ne pouvais pas. Parce que je n'avais rien du tout. Et je n'arrivais pas à croire que Charlie se soit senti obligé de me le rappeler de cette façon. Je me levai et pris l'autre lettre que j'allai donner à Geoffroy.

Je montai ensuite à l'étage et enfilai ma veste ainsi qu'une paire de bottes puis je sortis. J'avais besoin de prendre l'air, de sortir d'ici et de m'apaiser parce que sinon, j'allais me jeter sur Charlie à peine aurait-il passé les portes, et je ne voulais pas de ça.

Je marchai quelque peu, le bruit de mes pas sur la neige me calmant légèrement. Je décidai de repenser aux Dragons et de me repasser leurs caractéristiques en tête une nouvelle fois. J'entrai dans la forêt dans laquelle j'errai un moment, soufflant sur mes mains une fois de temps en temps quand celles-ci devenaient vraiment froides. Je finis par m'asseoir sur un tronc d'arbre quelques minutes plus tard et posai les coudes sur mes genoux puis appuyai mon menton sur mes paumes. Je regardai autour de moi tout en essayant de me rappeler les dimensions exactes d'un Boutefeu Chinois.

Au bout d'un moment, j'entendis un bruit sur ma droite et tournai la tête pour croiser le regard d'un renard sauvage. Il m'observa attentivement tout en reculant petit à petit, s'éloignant sans jamais me lâcher des yeux. Il finit par disparaître de mon champ de vision et je soufflai sur mes mains une nouvelle fois. J'avisai un morceau de bois à côté de mes pieds et sortis ma baguette après l'avoir récupéré. Je le fixai pendant plusieurs minutes puis lançai un sort visant à modeler le bois dans la forme que je désirais. J'observai le petit renard en bois que je tenais entre mes mains et pensai un instant l'offrir à Bairim avant de soupirer. Que pourrait-il bien faire de ça ?! Je me relevai et jetai le morceau puis rangeai ma baguette et repartis vers le camp.

J'arrivais dans le bâtiment un long moment plus tard et allais immédiatement ranger ma veste et changer de chaussures. Je vis qu'il n'était même pas trois heures de l'après-midi et je me retins de soupirer. Merlin, il fallait que je me trouve quelque chose à faire, et rapidement. Je regagnai la salle à manger et avisai Carlos seul à table en train de lire. Je repensai à une chose que j'avais voulu lui demander avant que Charlie ne tombe enceint et hésitai.

— Es-tu occupé ? lui demandai-je finalement.

Après tout, ce n'était pas vraiment comme si j'avais quelque chose à faire.

— Pas vraiment, je m'ennuie même.

— Ah... Dans ce cas, accepterais-tu de... Je ne sais pas trop, me montrer comment cuisiner quelque chose ou...

Merlin, que c'était stupide. Et j'étais stupide. A quoi cela allait m'avancer de toute façon ? J'allais ainsi pouvoir faire de bons petits plats à Bairim et sourire quand il m'appellerait « maman » ?! Et pourquoi étais-je d'aussi mauvaise humeur d'abord ?! J'essayai de repenser à mon sommeil et à ce dont j'aurais pu rêver mais rien ne me vint à l'esprit. Probablement était-ce juste parce que je m'ennuyais et me sentais donc obligé de réfléchir.

— Oh, c'est une bonne idée ça ! s'exclama-t-il.

— Vraiment ? Je croyais qu'après ma performance de la dernière fois tu préférerais, je ne sais pas, te couper une jambe ?!

— Je rigolai et c'est normal que tu aies tout raté, je ne t'avais presque rien montré. Allez, ne perdons pas de temps, autant faire un bon repas pour ce soir, avec dessert en prime.

Il partit en cuisine et je le suivis. En entrant dans la pièce, je le vis commencer à ouvrir tous les tiroirs et placards et en sortir toutes sortes de choses qui avaient probablement une utilité, même si je n'étais pas certain que nous ayons réellement besoin de tout cela.

— Nous allons faire un rôti de bœuf avec des ognons et un gratin de pomme de terre. Et en dessert, une tarte à la banane. Je vais te confier le dessert, comme ça, au fil du temps, tu pourras nous en préparer de temps en temps, si tu le veux.

Je haussai les épaules et attrapai le parchemin qu'il me tendit. Je le parcourrai des yeux et réalisai rapidement que c'était la recette de la tarte en question.

— Bon, dit-il ensuite, je vais te préparer les ingrédients et t'expliquer comment faire la pate à tarte et ensuite, tu suivras la recette et me demandera s'il y a quoi que ce soit que tu ne comprends pas. D'accord ?!

J'acquiesçai et l'observai pendant qu'il libérait un espace sur le plan de travail et y déposait ensuite 5 bananes, 3 œufs, du sucre, de la crème liquide, un paquet de farine et une bouteille. Je la pris dans mes mains et constatai rapidement que c'était de l'alcool, probablement moldu.

— C'est pour quand tu auras réalisé à quel point je ne suis pas doué et souhaiteras noyer ton désespoir dans l'alcool ?

— Non, c'est le Rhum qui est utile pour la recette.

— Ah. Alors c'est les autres que tu cherches à saouler ?! souris-je doucement.

— Il ne faut qu'un seul verre.

Hm, j'allais tout de même devoir surveiller cela quand Bairim se mettrait à manger comme nous. Il prit un grand plat puis le paquet de farine dont il vida une partie dans un pot en verre marqué de graduation. Il m'expliqua son fonctionnement puis versa la farine dans le saladier, ajoutant ensuite un peu de sel. Il prit du beurre qu'il fit fondre avant de le verser à son tour dans le saladier avec les autres ingrédients. Il se lava ensuite les mains puis les essuya avant de les plonger dans le plat et de commencer à pétrir la pâte, comme il venait de me l'expliquer. Carlos me montra une minute puis me demanda de m'en occuper et d'ajouter ensuite le fond de verre de lait qu'il avait préparé. Je me lavai donc les mains et les plongeai à mon tour dans la pâte, fronçant les sourcils en la sentant coller à mes doigts. Je jetai un regard à Carlos qui avait commencé à s'occuper d'autre chose et retins un soupir.

Visiblement, lui et moi n'étions pas là de devenir amis. Merlin, pourquoi donc voulais-je un ami de toute façon ? J'avais mes fils et Charlie, ce qui était déjà plus que je n'avais eu pendant longtemps, je n'avais besoin de personne d'autre. Mais je me dis tout de même que c'était peut-être de ma faute. Après tout, je ne voulais pas qu'ils approchent Bairim, peut-être se sentaient-ils vexés ou quelque chose dans ce genre-là. Sauf que ce n'était pas ma faute si je n'avais pas confiance en eux. Comment pouvais-je réellement croire qu'ils pourraient s'occuper de mon fils sans finir par le tuer ou le blesser ? La pâte devint comme Carlos l'avait décrite et je me lavai les mains une nouvelle fois avant d'ajouter le lait. Je me les relavais ensuite avant de recommencer à mélanger. La pâte devint bientôt lisse et je pus en faire une boule comme me l'avait demandé Carlos. Je laissai le saladier de côté et passai à la recette de la tarte.

— Ah, je vois que tu as fini la pâte. Elle me semble correct, même plus que correct. Tu apprends vite, fit-il en posant sa main sur mon épaule.

— Ah ? Tant mieux dans ce cas.

D'accord, peut-être qu'il m'appréciait un peu mais que c'était moi qui avait un problème. Il me sera l'épaule avant de reprendre ce qu'il faisait. J'attrapai le moule à tarte comme demandé par la recette et fronçai les sourcils en voyant qu'il fallait que j'étende la pâte sur le moule. Je regardai la boule formée et le moule, pas certain de savoir comment m'y prendre.

— Carlos ?

Il vint à mes côtés et je lui expliquai mon problème. Il étala de la farine sur le plan de travail puis attrapa la boule de pâte et un rouleau à pâtisserie dont il se servit ensuite pour l'étaler. Il me demanda après ça de continuer et je le fis. Non sans soupirer quelques secondes plus tard quand la pâte accrocha le rouleau et se déchira.

Carlos rit un peu mais m'assura que ce n'était rien et je le laissai recommencer puis étaler la pâte sur le moule. Il repartit à ses activités et je piquai le fond avec une fourchette puis laissai le moule de côté. J'épluchai trois bananes que je réduisis en purée dans un grand bol, ajoutant ensuite les autres ingrédients comme demandé. Je finis avec le rhum que j'en profitai pour goûter puis mélangeai le tout.

Je versai ensuite le mélange sur le fond de tarte et découpai les deux autres bananes en rondelles que je disposai sur le dessus. Je mis le four en route à la température indiquée puis enfournai le plat, surveillant l'heure.

Tout en attendant que la tarte cuise, j'observai Carlos découper les pommes de terre qu'il avait épluché et qu'il recouvrit ensuite d'une sauce blanche et de fromage. Il laissa ce plat de côté et sortit la viande qu'il mit à son tour dans un plat. La demi-heure pour la tarte fut bientôt passée et je sortis le moule du four, le posant ensuite de côté pour le laisser refroidir. Carlos enfourna la viande et les pommes de terre et je commençai à laver ce que j'avais sali. Je remarquai qu'il était à présent quatre heures passé et me demandai quand allait revenir Charlie.

En fait non, je voulais surtout que Bairim revienne. Je voulais Charlie également, bien sûr, mais nous allions nous disputer parce que je lui en voulais pour cette histoire de compte et je n'étais pas impatient d'en arriver là. Tout avait pourtant bien été pendant un long moment avant qu'il n'attende Bairim, mais depuis lors, nous n'étions plus autant en harmonie. Et j'avais maintenant assez peur qu'il ne décide de me quitter, ce qui faisait que j'étais encore plus réticent à l'idée de lui parler de ce qui me déplaisait. Je soupirai et commençai à essuyer la vaisselle.

— Tu soupires, quelque chose ne va pas ?

— Ah, non non ça va.

— Si tu veux, je sais que... tu ne nous apprécies pas énormément, mais je suis là, si tu as besoin de parler.

— Pourquoi penses-tu que je ne vous apprécie pas ?

— Pour plein de chose. Tu ne parles presque jamais, même pendant les gardes. Tu restes uniquement avec Charlie. Et tu ne souhaites pas que nous approchions de ton fils. Entre autres choses.

— Je ne sais pas vraiment quoi vous dire, alors je me tais. Et puisque je n'arrive pas à vous parler, je préfère ne pas rester avec vous. Et personne ne peut approcher Bairim, ce n'est pas spécialement contre vous. Si cela ne tenait vraiment qu'à moi, seuls Charlie, Draco et moi nous en occuperions.

— Pourquoi ? Enfin, je veux dire, nous n'allons pas le tuer ou quelque chose dans ce genre là.

— Je le sais, enfin... Je m'en doute. Mais vous pourriez le blesser d'une manière ou d'une autre et... Je n'ai pas particulièrement confiance en vous, alors je me vois mal vous confier mon enfant, c'est tout.

Et puis, nous étions neuf dans cette réserve si nous comptions Geoffroy, si chacun le prenait dans ses bras ne serait-ce qu'une demi-heure, nous ne pourrions ensuite plus jamais le poser au sol. Et je me voyais mal dire oui à certains des gardiens et non à d'autres. En plus, nous allions déjà devoir vivre en étant toujours avec eux. Cela ne me dérangeait pas particulièrement mais Bairim allait grandir avec eux et je ne voulais pas qu'il se retrouve à appeler « papa » tous les hommes de cette réserve et « maman » Moliva, Johanna et Abigail.

— Et je suis un peu possessif, aussi, ajoutai-je au bout de quelques secondes.

— Oui, c'est ce que j'ai cru comprendre. Avec le temps, tu nous feras peut-être confiance.

Je haussai les épaules alors qu'il ouvrait la porte du four pour vérifier que tout cuisait correctement.

Hm, peut-être.

POV Charlie

Je n'en pouvais plus.

De magasin en magasin, je n'avais rien trouvé qui pouvait signifier quelque chose pour Lucius et moi, enfin notre couple. Je n'allais tout de même pas lui acheter une douche, ni une paire de ciseau.

La journée était en train de se terminer et Bairim était plus que fatigué. Il dormait, calé contre mon torse. Il avait été sage, ne pleurant pas, hormis quand j'étais rentré dans ce magasin de musique où justement, il passait quelque chose d'horrible. J'avais l'impression d'avoir été enfermé dans un placard avec des casseroles qui se tapaient dessus.

J'avais aussi fait trois boutiques d'antiquité. Mais rien, aucune idée ne me venait ou alors rien ne me plaisait.

Je caressai la tête du petit et vis un banc où j'allai m'asseoir. Bairim regarda les voitures passer et me griffa la joue. Je souris, et me dis que je devrais lui couper ses ongles une fois rentré à la maison, c'était déjà la deuxième fois que ça m'arrivait aujourd'hui.

Deux jeunes femmes passèrent devant nous et pour ne pas changer, l'une d'elle me fit du charme. Je tournai la tête et l'ignorai, de toute façon, je ne comprenais pas ce qu'elle pouvait bien dire. Bairim éternua et je souris, tout en plaçant mieux son bonnet. Je l'embrassai ensuite et il me regarda avant de sourire, enfin ce qui s'en rapprochait le plus.

— Je ne trouve rien, rien, me plaignis-je.

Je soupirai et me relevai, me disant que j'allai certainement trouver quoi faire. Je fis trois autres magasins, dont une bijouterie qui ne me plut pas. Bien trop... moderne pour Lucius et de toute façon, un bracelet me semblait être si facile, si simple. Je ne voulais pas d'un cadeau de ce type là pour lui.

Et je me demandais même si continuer à vouloir lui offrir quelque chose pour la Saint-Valentin était une bonne idée, sachant que lui, allait ne pas aimer ne rien pouvoir me faire. Seulement, il ne comprenait pas que je m'en foutais de ça. Il était là, et c'était le plus important, et je n'allai pas m'empêcher de lui faire des cadeaux.

Je me stoppai à un marchant ambulant et pris une gaufre avec de la crème fraiche et un chocolat chaud. Je soufflai de soulagement en voyant un banc pas loin, car avec Bairim dans le bras, je n'aurais jamais réussi. Je posai la tasse en plastique et mangeai rapidement, tout en trempant mon doigt dans la crème et en donnant à Bairim mais il refusa de goûter alors je le mis dans ma bouche. Je bus rapidement et me dis que je n'allai rien trouver.

Je restai là un moment, berçant Bairim qui semblait se retenir de dormir et une fois qu'il eut fermés les yeux, je me levai. Je déambulai et vis un ensemble de magasin. Je m'y rendis et me fis rapidement accoster par une femme. Elle me parla et je lui dis que je ne la comprenais pas.

— Oh, aucun problème, je parle aussi l'anglais couramment. Désirez-vous faire prendre en photo votre fils ? C'est une promotion aujourd'hui.

Elle me montra un petit endroit reculé ou plusieurs parents attendaient avec des bébés.

— Oui, pourquoi pas.

Je la suivis et attendis dans la file, caressant la nuque de Bairim tout en embrassant son bonnet. Ce fut bientôt notre tour ou plutôt le sien. Elle me demanda de le poser, allonger sur le ventre, et je tournai délicatement sa tête. Je me reculai ensuite et le photographe prit quelques clichés. Il vint me montrer ensuite l'appareil et je vis les photos qu'il venait de prendre. La femme me demanda de choisir et je pris celle où Bairim était le plus beau. Je fus saisi quand la femme revint avec la photographie. Elle m'expliqua qu'elles étaient imprimées sur place pour plus de rapidité.

Je hochai la tête et la payai. Elle prit la photo qu'elle glissa dans une sorte de pochette avec leur coordonnée pour d'éventuels autres clichés. Je la remerciai et me dis qu'une photo de Bairim dans notre chambre serait une très bonne chose.

Je vis tout à coup une vitrine d'antiquité et entrai, me disant que parfois, on pouvait trouver certaines jolies choses.

Une fois le tour fait, je soupirai, vraiment démotivé. Je m'apprêtai à sortir quand quelque chose attira mon regard. C'était un médaillon sculpté dans de l'argent, entrelacé avec de jolies formes. Je tendis la main, en gardant une pour tenir mon fils, et regardai attentivement. Il était simple, mais les dessins le rendaient vraiment joli. Tout à fait l'ancien style de Lucius, selon ma mémoire. Je me décidai à le prendre et me rendis à la caisse pour payer. Je ne compris rien à ce que le vendeur me dit, mais il ouvrit tout à coup le médaillon et je vis que l'on pouvait y mettre deux photos. Je souris, heureux d'avoir trouvé le cadeau idéal, même si cela n'allait plus rien à avoir avec la Saint-Valentin. Je pris mon achat et le réglai, avant de me rendre dans une ruelle. Je dus marcher un bon quart d'heure pour en trouver une. Je transplanai directement devant Gringotts et soupirai de soulagement en constatent que Bairim ne m'avait pas vomi dessus une troisième fois. Je marchai d'un pas rapide vers la taverne que j'avais visitée plus tôt et contactai Draco ou Harry.

— Les garçons ? demandai-je en ne voyant ni l'un ni l'autre.

Personne ne me répondit mais j'entendis deux rires bien distincts.

— Draco ? Harry ?

Je ne désirai pas me rendre chez eux sans savoir s'ils étaient dans une position compromettante.

— Quoi ? Ah euh...

Je vis Harry se poster devant la cheminée et il demanda :

— Tout va bien ?

— Oui oui, puis-je venir ? le questionnai-je impatient d'en finir avec cette journée.

— Oh oui, bien sûr.

Je souris et me relevai avant de me rendre chez eux, lançant de nouveau de la poudre de Cheminette.

— Je ne reste pas longtemps, je viens juste demander un petit service.

— Tu sais que tu es le bienvenu, me dit Harry immédiatement.

— Oui, mais je suis parti depuis ce matin. J'ai enfin trouvé mon cadeau, mais j'ai besoin de vous pour le finir, expliquai-je en montrant le pendentif. J'ai besoin que tu places les photos Draco. Une de toi, et celle-ci en plus petite.

Je sortis la photo que je dupliquai avant d'en donner une à Draco.

— Tant que j'ai le pendentif pour la Saint-Valentin. Et... Pourriez-vous faire graver quelque chose ?

— Euh...oui ne t'en fais pas. Que veux-tu comme inscription ?

— Aucune idée, ris-je. Hum...

Je réfléchis à quelque chose mais ne trouvais rien. Je regardai les garçons la mine triste et Harry souffla :

— A doua șansă ?

— Ça veut dire quoi exactement ?

— Seconde chance en roumain. C'est moins difficile à apprendre que ce qu'on pensait, moins dur que l'histoire de la magie en tous cas.

— Il dit ça parce qu'il était nul dans cette matière, intervint Draco avec un sourire.

— Qui ne l'était pas ? Je dormais moi, pendant ce cours. Et oui, j'aime cette idée, merci Harry.

— De rien, me répondit ce dernier.

— Allez, fit ensuite Draco, ce n'était pas si compliqué. Mais ça ne m'étonne pas d'apprendre que tu dormais en cours Charlie...

Je lui tirais la langue et demandai ensuite :

— Bon, je vais y aller. Puis-je transplanner d'ici ou y a-t-il une barrière ?

— Il y a une barrière.

— Okay. Je vais reprendre la Cheminette alors.

Je me souvenais du nom de la taverne, heureusement, et fus rapidement dans l'établissement. Je sortis et transplanai sans attendre au camp. Je rentrai ensuite, et me fis rejoindre par Lucius. Je lui tendis notre fils, histoire de le rassurer et voulus l'embrasser seulement, il tourna la tête, me présentant sa joue.

— Qu'ai-je fait de mal cette fois-ci ? Suis-je sorti trop longtemps ?

Je retirai ma veste tandis que Lucius déshabillai Bairim qui se réveilla et fut content de voir son papa.

— Qu'avez-vous fait ce matin ? me demanda-t-il plutôt.

— Je suis passé à Gringotts ouvrir un compte pour Bairim. D'ailleurs, savais-tu qu'il y en avait déjà un à son nom ?

— Non, je ne savais pas. C'est étrange en effet. Et quoi d'autre ?

— Ensuite, nous avons été faire du shopping, mais je n'ai rien trouvé, répondis-je en prenant la direction du salon.

— Oh, donc rien dont tu voudrais me parler ?

Je réfléchis et repensai soudain à Gringotts.

— Ah si, tu vas recevoir les papiers pour l'ouverture du compte de Bairim, mais également... une lettre qui t'informera que tu as accès à mon compte. Comme ça, s'il m'arrive quelque chose, tu seras t'occuper de Bairim.

Entre autres choses, mais autant ne garder que cette version. Sinon, j'étais sûr qu'il allait me faire une crise.

— Déjà, je tiens à te signaler que je suis plutôt satisfait de voir que tu ne me mens pas. Enfin, pas sur tes activités de la matinée du moins. Quant à cette histoire de compte, je suppose que ce n'était pas une chose dont tu penses que nous aurions dû parler ensemble.

— Si, mais tu aurais refusé Lucius, ne dit pas le contraire. Seulement, nous sommes ensemble et ce qui est à moi, est à toi.

— Tu dis ça parce que... Très bien. Je veux que tu me répondes honnêtement. Si j'étais celui qui avait tout cet argent et que tu étais celui qui n'en avait pas, tu serais vraiment heureux de te faire entretenir ?

— Je ne t'entretien pas, répliquai-je. Je t'ai fait quelques cadeaux, mais je ne t'entretien pas. Donc, si nous étions dans la même situation, je ne verrais aucun souci à être à ta place.

— Non Charlie. Tu ne m'as fait aucun cadeau. Tu me donnes de l'argent et refuse le mien, tu appelles ça comment toi ?

— Quand est-ce que je t'ai donné de l'argent ? demandai-je.

— Tu n'as pas pris de l'argent pour me le mettre dans la main mais c'est quand même ce que tu fais. Tu sais quoi ?! Laisse tomber. Tu ne comprends pas et ne veux pas comprendre, je ne vois pas pourquoi j'ai pensé que tu essaierais de voir les choses de mon point de vue.

Il inspira profondément et plaqua un sourire sur son visage avant de demander :

— Vous vous êtes bien amusés ?

— Je te donne accès à mon compte, libre à toi de l'utiliser. Maintenant, je peux y déposer ton argent si cela te rends heureux. Je peux aussi noter tout ce que tu souhaites me rembourser. Je ne souhaite pas te rendre malheureux à ce sujet, soufflai-je en me frottant le visage.

Je ne voulais pas me disputer, vraiment pas. En plus, la journée avait été fatigante. Très même.

— Si tu mets mon argent sur ton compte, alors cela deviendra un compte commun, souffla-t-il en fronçant les sourcils.

— Oui, c'est l'idée, ris-je détendu.

— On ne peut pas faire ça.

Ce fut à mon tour de froncer les sourcils.

— Pourquoi ?

— Parce que nous ne sommes pas un tout, comme tu disais la dernière fois. Et tu ne veux pas qu'on le soit, donc je ne vois pas pourquoi tu veux faire ça.

— Quand ai-je dit... Comment ça, nous ne sommes pas un tout ? m'énervai-je.

— Officieusement sûrement, mais certainement pas officiellement. Et tu m'as bien fait comprendre il y a un peu plus d'un mois que tu ne voulais pas que cela devienne officiel, alors je ne vois pas pourquoi on parle encore de ça.

— Officiel ? Je ne comprends pas là, Lucius. Nous sommes en couple, je t'aime, nous avons un fils ensemble. Je ne compte pas te quitter, hormis si tu me trompe un jour, et encore...

— J'espère bien que tu ne comptes pas me quitter...

— Alors, qu'est-ce que c'est que cette d'histoire ? sifflai-je.

— Je veux t'épouser, toi non. C'est plus clair maintenant ou tu préfères vraiment continuer de tourner encore et encore le couteau dans la plaie ?!

Je m'étranglai avec ma salive face à cette... demande des plus bizarres, parce que s'en était une, pas vrai ?

Je secouai la tête, ne comprenant pas où il avait pu aller chercher que je ne désirais pas l'épouser. Certes, je ne pensais pas vraiment aux principes du mariage, voyant là un papier inutile, mais lors de ma blague avant la naissance de Bairim, je pus me souvenir que nous imaginer nous marier ne m'avait pas posé de problème. Ce que je n'arrivai pas à comprendre, c'était ce qu'il avait dit sur le fait que je ne voulais pas. Avais-je fait ou dit quelque chose dans ce sens ?

Je réfléchis, fermant les yeux, pouvant l'entendre claquer sa langue sur son palais. Mais je ne vis rien, ni geste, ni parole. Nous n'avions même jamais parlé du mariage. Ou en tous cas, pas à mon souvenir.

— J'ai beau chercher, avouai-je d'une voix remplie de doute, je ne vois pas ce que j'aurais pu faire ou dire pour te mettre une telle idée en tête.

— Je t'en prie Charlie, répondit-il. Tous les Malfoy sont blonds, je ne veux pas être blond. C'était plutôt clair. Et tu en as parlé à Noël et n'a jamais évoqué cette possibilité à nouveau. C'était une plaisanterie, j'ai compris, et être à moitié Malfoy ne t'attire pas particulièrement, c'est normal. Peut-on passer à autre chose maintenant ?

Je fronçai les sourcils et compris enfin. Je me mis à rire, faisant sursauter Bairim et me levai afin de l'apaiser, tout en soufflant :

— J'ai cru que tu parlais d'être blonds, et non de mariage. Et je n'en ai jamais reparlé parce que pour moi, ce n'est pas important, mais cela ne signifie pas que je suis contre.

— Pourquoi t'aurais-je demandé si tu voulais être blond ?

— Je ne sais pas, sur le moment, j'ai cru ça. J'étais fatigué, ajoutai-je.

— D'accord...

Je l'embrassai rapidement et retournai m'asseoir.

POV Lucius

Je sortis les ingrédients dont j'allais avoir besoin et souris à Bairim qui m'observait attentivement. J'avais été de nuit tandis que Charlie était d'après-midi, ce qui me laissait seul avec Bairim. Nous avions dormi et je lui avais parlé de choses et d'autres puis j'en avais eu assez et avais décidé de faire quelque chose. Charlie était de ménage pour encore au moins une semaine ce qui me laissait beaucoup de temps libre. Et même si je ne m'en plaignais pas, loin de là, puisque je pouvais passer ce temps avec mon fils, j'espérais intérieurement pouvoir en avoir autant dans quelques mois quand et lui et moi pourrions vraiment commencer à faire des choses ensemble. J'avais posé le couffin à côté de moi sur le plan de travail et avais lancé un sort dessus pour être certain que même si Bairim se mettait à bouger, il n'aurait aucune chance de tomber.

La Saint-Valentin était dans trois jours et même si nous ne l'avions jamais réellement fêtée, Charlie et moi, n'ayant de toute façon pas d'argent à dépenser pour cela, j'étais quasiment certain qu'il allait m'offrir quelque chose cette année. Ou au moins essayer de marquer le coup. Ce que je comprenais après tout, surtout après l'arrivée de Bairim et notre dispute moins d'un mois plus tôt. Mais puisque je ne pouvais, pour ma part, rien lui acheter avec mon malheureux Gallion, je m'étais renseigné et avais finalement découvert quel était son gâteau préféré. J'avais donc été voir Carlos et lui avais demandé la recette qu'il s'était empressé de me donner, me précisant au passage que je pouvais lui demander de l'aide si besoin était. Il m'avait assuré que ce n'était pas si compliqué mais j'avais quelques doutes. J'avais donc décidé d'essayer d'en faire un petit aujourd'hui. Carlos goûterait et si c'était probant, nous devrions finir le gâteau avant le retour de Charlie, afin d'être certain qu'il ne se doute de rien. Ce qui me laissait près de trois heures pour le préparer.

Je relus la recette et me dis que finalement, j'allais peut-être pouvoir m'en sortir sans avoir besoin d'aide. Je préparai les framboises que Carlos avait acheté spécialement, n'en prenant que la moitié de la dose indiquée par la recette. En divisant toutes les proportions par deux, mon test ne ferait pas trop de gâchis. Je nettoyai donc les fruits puis mis le four en route avant de mettre les autres ingrédients dans le saladier et de commencer à mélanger. Je suivis la recette à la lettre et beurrai le moule une fois que la pâte fut lisse et sans grumeaux. Je disposai ensuite les fruits au fond du moule puis les recouvris de la pâte, enfournant le tout et surveillant le temps. Je nettoyai les plats que j'avais utilisés et baissai la température de cuisson après les dix premières minutes. Je rangeai ensuite la vaisselle puis redonnai toute mon attention à mon fils qui posa ses mains sur mes joues quand j'approchai mon visage du sien.

— Tu es bien calme en ce moment. Plus de mauvais rêves ? Tu passes même de meilleures nuits non ?! Je suppose que nous allons pouvoir bouger le berceau et voir ce que cela donne quand tu ne nous vois pas directement en ouvrant les yeux.

Il posa sa main contre ma bouche et je l'embrassai, le faisant m'adresser un immense sourire. Je le trouvai trop craquant et ris en recommençant quand j'entendis une voix amusée derrière moi :

— L'image du Lucius froid est définitivement loin, plaisanta Johanna.

Je tournai ma tête vers elle et Bairim en profita pour attraper une mèche de mes cheveux sur laquelle il tira étonnamment fort. Je desserrai ses doigts délicatement puis me redressai pour faire face à Johanna qui fixait Bairim.

— Tu voulais quelque chose ? lui demandai-je en jetant un œil à la pendule.

Encore quinze petites minutes et je devrais sortir le gâteau du four.

— Non, enfin oui, un thé, fit-elle en se dirigeant vers le meuble.

Je me retournai vers Bairim et passai ma main dans ses cheveux blonds vénitiens. J'ancrai mon regard dans le sien et remarquai également que ses yeux étaient encore un peu plus verts qu'ils ne l'étaient une semaine plus tôt. Les Malfoy et les Weasley n'ayant aucun ancêtre avec des yeux verts, je supposai donc que cette caractéristique venait des Dragons. Et cela m'agaçait prodigieusement qu'il ait pris un trait physique particulier à cause d'eux, même si ses yeux étaient magnifiques. J'entendis Johanna quitter la cuisine et posai mon nez contre celui de mon fils, ce qui sembla l'amuser quelques secondes avant qu'il n'essaie une fois de plus d'attraper mes cheveux. Je me reculai et continuai de le regarder observer son environnement, son regard se posant parfois quelques secondes sur un point bien précis avant de changer une fois de direction. Au bout de quelques minutes supplémentaires, il commença à papillonner des yeux et je retins un soupir quand il les ferma totalement.

Qu'il dorme ne me dérangeait pas, loin de là. Mais j'aurais vraiment préféré qu'il économise son sommeil pour la nuit. Parce que Charlie et moi ne nous étions pas touchés depuis plusieurs jours et que nous ne le ferions pas avec le petit dans la chambre. J'avais pensé que nous aurions pu nous retrouver ailleurs un moment mais soit nous n'en avions pas eu l'occasion, soit Charlie m'évitait. Je ne voyais pas vraiment pourquoi il le ferait mais je n'étais jamais vraiment certain, avec lui. Surtout depuis que nous avions eu cette conversation à propos du mariage. Il m'avait dit ne pas être contre et j'avais retenu cette information bien précieusement mais ne l'avais pour l'instant toujours pas évoqué.

Tout d'abord parce que même si cela ne le dérangeait pas de se marier, je n'étais toujours pas certain que c'était quelque chose qui lui plairait, mais aussi parce que si demande il devait y avoir, je voulais qu'elle soit parfaite, ou presque, et je n'avais pour l'instant pas de quoi acheter une bague.

Avant ces primes, j'avais envisagé la possibilité de demander à Draco de m'avancer de l'argent, mais maintenant que Charlie avait de l'argent et allait donc probablement m'acheter une bague avec en retour, je me voyais mal demander à mon fils. Surtout qu'une fois qu'Harry se serait enfin décidé, ils allaient se marier et Draco aurait autre chose à gérer que mes problèmes d'argent, ou mes problèmes tout court d'ailleurs. Je réalisai que le temps était passé pour le gâteau et je le sortis du four, satisfait de voir qu'il n'avait pas brûlé mais semblait avoir cuit tout de même. Je le mis donc de côté et lui lançai un sort pour qu'il refroidisse plus vite puis éteignis le four avant de prendre Bairim dans mes bras le plus délicatement possible. Je le posai contre mon épaule et l'y maintins avec un bras tandis que je prenais le couffin de l'autre.

Il s'agita un peu mais je le berçai tout en rejoignant notre chambre. Je posai le couffin au sol puis vérifiai que Bairim s'était endormi avant de le poser dans son lit délicatement et de mettre les baby phones en marche. Quand Carlos nous les avait offerts deux jours plus tôt, Charlie et moi avions été un peu gênés, encore plus quand il nous avait dit que c'était pour éviter les sorts d'amplification qui avaient la fâcheuse tendance à amplifier les pleurs de Bairim jusque dans sa chambre. Il nous avait ensuite expliqué que c'était une invention moldue permettant d'entendre le bébé et de ne pas réveiller tout le monde par la même occasion. Et bien que ce soit moldu, je devais avouer que c'était très utile.

Je pris donc celui permettant d'entendre et fermai les rideaux avant de repartir. En passant par la salle à manger, je vis Carlos, Hulrick, Johanna et Isaac et les saluai tout en allant en cuisine. Je vis que le gâteau avait bien refroidi et le pris ainsi que cinq petites cuillères, autant d'assiettes et un couteau puis repartis rejoindre les autres. Je plaçai le gâteau au milieu tout en soufflant :

— Dites-moi juste si ça va ou si c'est préférable que je le jette, s'il vous plait.

Et que j'en réessaie un autre dans la foulée.

— Pas de soucis. Mais rassure-moi, tu n'essaies pas de nous empoisonner, rit Hulrick avant de se servir. Histoire d'avoir Charlie pour toi seul !

— J'ai déjà Charlie pour moi seul. A moins qu'il y ait quelque chose que tu souhaiterais me dire ?

— Aucunement, fit-il avant de goûter.

Les autres finirent de se servir et je me pris une petite part également, portant ensuite la cuillère à ma bouche. Hm, je ne trouvais pas cela mauvais mais je n'étais pas certain d'être très impartial, surtout que je n'avais strictement aucune idée du goût que c'était censé avoir.

— Alors ? demandai-je ensuite.

— Alors, répondit Carlos, tu devais être un pâtissier dans une autre vie. C'est délicieux.

— J'ai juste suivi la recette, fis-je en haussant les épaules.

Je n'avais jamais reçu de compliment, encore moins sur quelque chose que j'avais fait, et je devais avouer que cela me gênait un peu.

— Cela a le goût que c'est censé avoir ? ajoutai-je ensuite.

C'était peut-être bon, mais si ça n'avait pas le goût de clafoutis à la framboise, alors je m'étais planté quand même.

— Si si, fit Isaac. Ça a le goût que ça doit avoir et je reprends ce que viens de dire Carlos. C'est délicieux. Geoffroy devrait te mettre à la fonction dessert du camp !

— Bon d'accord, tant mieux. Finissez dans ce cas, merci. Je veux faire disparaître tout ça avant que Charlie ne revienne.

J'avais déjà regardé, pour la Saint Valentin, j'étais de nuit et lui de matin, ce qui faisait que nous aurions l'après-midi ensemble ainsi que la soirée puis j'étais d'après-midi le lendemain et lui de matin une fois de plus. Ce qui faisait qu'avant d'aller me coucher, il faudrait d'abord que je vienne préparer le gâteau. Je savais que c'était probablement stupide comme idée, mais c'était tout ce que j'avais à lui offrir, et puis, si ça pouvait le rendre ne serait-ce qu'un peu heureux, alors j'étais preneur.

— On va se faire un plaisir de finir, rit Johanna.

Je lui souris quelque peu et finis ma propre part tout en essayant de calculer dans combien de temps j'aurais assez pour acheter une bague à Charlie. Cela ne signifiait pas que je le demanderais en mariage à ce moment-là mais je voulais essayer de savoir pour combien de temps j'en aurais sachant que j'allais gagner 50 gallions par an mais en donner 24 à Draco et autant à Bairim, il m'en resterait donc deux. Une alliance digne de ce nom allait coûter environ 50 gallions.

Ah... Oui.

Donc soit j'attendais 25 ans, soit je donnais finalement moins à mes fils. Calculer n'était visiblement pas une bonne idée, finalement. Et Merlin, je devais arrêter de me prendre la tête pour des choses qui n'arriveraient même probablement jamais. Parce que oui, il n'était pas contre, mais à moins qu'il ne me dise clairement qu'il voulait m'épouser, même un peu, je n'allais pas le forcer à faire cela.

Je retins un soupir puis pris le plat et les assiettes après avoir remarqué qu'ils avaient terminé. Je les remerciai et partis en cuisine pour laver le tout avant de rejoindre Bairim qui avait commencé à pleurer. J'ouvris les rideaux en entrant dans la chambre puis me penchai au-dessus du berceau. Comme souvent, il se calma en me voyant et je passai ma main sur ses joues pour essuyer ses larmes. Je détestais le voir ainsi, encore plus quand c'était parce qu'il avait probablement peur.

Je retirai ma main puis me reculai un peu pour aller prendre un livre que j'avais emprunté à la bibliothèque la veille. Je m'assis sur le lit, là où il pouvait me voir en tournant la tête puis commençai à lire. Je relevai la tête quelques minutes plus tard et remarquai qu'il se battait contre le sommeil, ses yeux papillonnants de plus en plus.

— Dors Bairim, je reste là.

Il ouvrit ses yeux en grand et me regarda attentivement pendant quelques secondes avant que ses yeux ne recommencent à se fermer d'eux-mêmes et qu'il ne finisse par les garder clos. Je repris ma lecture tout en me demandant ce que ces foutus Dragons pouvaient bien lui avoir fait. Certes, sans eux nous n'aurions pas Bairim mais s'ils le rendaient malheureux, alors je n'étais pas certain que ce soit vraiment mieux. Le pire étant sûrement que nous ne puissions rien y faire. Le médicomage n'avait rien trouvé, hormis que sa magie était quelque peu différente.

J'étais de plus en plus impatient qu'il puisse parler et nous dire ce qu'il se passait dans sa petite tête.

POV Charlie

J'avais mal dormi, me retournant et ne trouvant pas le sommeil. Je devais avouer que cette histoire de mariage me tournait dans la tête de plus en plus en constatant que je m'étais trompé. Il ne m'avait pas fait de demande. Et il n'en parlait même plus.

Une petite voix me disait qu'il allait surement la faire aujourd'hui, mais une autre me disait qu'en réalité, ayant cru que j'étais contre, il avait penser être pour, mais maintenant qu'il avait compris que l'idée de mariage ne me dérangeait pas, il avait changé d'avis. Ce qui m'agaçait, parce que moi, maintenant, j'étais dans l'attente de sa demande. C'était idiot, mais le fait qu'il m'en ait parlé m'avait donné envie.

Je soupirais en entendant du bruit et regardant le berceau, je vis que Bairim ne dormait pas, comme une grande partie de la nuit, même s'il n'avait pas pleuré, ou si peu. Je me demandai d'ailleurs aussi qu'est-ce qui pouvait bien être la cause de ça, et ça aussi, ça m'agaçait. Du coup, ne pas sentir le corps de Lucius contre moi, ni entendre sa respiration qui m'emportait dans le sommeil, m'avais fait juste passer une nuit de merde. Je soupirai et me levai, prenant Bairim contre moi. Je retournai au lit et le posai ensuite à mes côtés, chatouillant son ventre. Il gesticula et me regarda, semblant en pleine réflexion. Je ris, mais mon sourire se fana rapidement, en sentant une odeur des plus désagréables.

Je le pris dans mes bras, embrassai sa joue, mais elle devint rouge. Je me touchai et remarquai que j'avais un duvet. J'allai le raser ce matin, parce que sa peau était des plus sensibles. Je lui fis sa toilette et changeai son lange rapidement, jouant ensuite avec lui, essayant de lui tirer des petits bruits ou des sourires.

Je nous ramenai ensuite au lit et passai un agréable moment avec lui, lui murmurant des choses sur les Dragons, ma famille, mon enfance. Les livres disaient que ça aidait l'enfant à comprendre plus vite et apprendre des mots. J'entendis du bruit et relevai la tête, voyant Lucius, les cheveux décoiffé et... mouillé. Je regardai par la fenêtre et vis qu'effectivement, il pleuvait.

— B'jour, fis-je en souriant.

Je soulevai Bairim et ajoutai d'une voix douce :

— Bairim, dis bonjour à papa !

— Je suis certain qu'il est déjà très malin pour son âge Charlie, mais de là me dire bonjour, sourit-il avant d'embrasser Bairim sur le front.

— Si regarde, il vient de cligner des yeux, ris-je.

— Ça c'est parce que ma prestance et ma beauté l'éblouissent.

— Embrasse-moi idiot.

J'hésitai à lui souhaiter une bonne Saint-Valentin et me dis que lui dire dans l'après-midi, en lui donnant son cadeau, serait bien mieux. Lucius se pencha sur moi et posa sa bouche sur la mienne pour m'embrasser profondément, léchant et mordillant mes lèvres. Je grognai et agrippai sa nuque pour un baiser plus profond. Je fouillai sa bouche de ma langue avant de nous séparer, à cause du manque d'air.

A peine lâchai-je ses lèvres qu'elles partirent parcourir ma mâchoire puis mon cou où il laissa probablement une légère marque. Je soupirai de bien être et je sentis mon entrejambe s'éveiller avec pareil traitement. Il fallait dire que ces derniers jours, nous n'avions pratiquement rien fait. Je soupirai, sachant que je devais aller travailler.

— Tu veux aller te sécher avant que je m'en aille ?

Il marmonna quelque chose et lâcha mon cou avant de prendre sa baguette et de se lancer un sort de séchage. Il reprit ensuite mes lèvres et soupira, visiblement quelque peu réticent :

— Tu sais si les autres font quelque chose de particulier ce soir ?

— Non, pourquoi ? fis-je en faisant semblant de ne pas savoir que nous étions le 14.

— Parce que j'envisage presque de leur laisser Bairim pour quelques heures s'ils sont au moins trois. Ça fait combien de temps qu'on ne s'est pas retrouvés seuls tous les deux, hm ?!

— Très, trop, répondis-je avant de reprendre ses lèvres.

Seulement, Bairim tira violement sur mes cheveux, me faisant gémir et je reculai, retirant ses doigts avant de les embrasser. Lucius l'attrapa en riant puis le porta à bout de bras tout en plaçant son visage en face du sien.

— Papa apprécie un peu de douleur, sourit-il, mais seulement quand ça vient de moi. Alors soit gentil avec lui.

— Papa va aller travailler, soupirai-je ne voulant pas bouger du lit.

Il tourna le petit et le prit contre son torse, le maintenant avec une seule main puis se pencha à son oreille et souffla :

— Fais-moi plaisir et aide-moi à envoyer papa travailler. Regarde-le fixement pendant que j'en fais de même et rappelle-lui à quel point il aime les Dragons et ne veut pas mettre Geoffroy en colère.

Je fus étonné qu'il désire me voir partir, mais je n'en montrai rien et souris, me levant et filant à la salle de bain avec des habits propre. Je me lavai rapidement, me demandant si la distance entre lui et moi qui s'était installée à cause de la présence de Bairim n'avait pas cassé quelque chose chez lui.

Je me traitai d'idiot, me disant qu'il m'aimait, et m'habillai avant de me brosser les dents. Une fois prêt, je me rendis en cuisine pour manger rapidement un toast beurré, avec une tasse de chocolat chaud. Je gémis de contentement et me rendis ensuite à la barrière. J'étais le premier arrivé et je dus attendre quelques minutes pour qu'Abigail me rejoigne, avec Isaac.

OoOoOoOoO

La pluie avait glacé mon corps, même malgré le sort de chaleur que je m'étais lancé. J'atterris devant l'entrée et n'attendis pas pour pénétrer dans le bâtiment, Abigail et Isaac en faisant de même. Je frissonnai et retirai ma veste avant de me lancer un sort de séchage, soupirant de bonheur.

Je me rendis au salon et y trouvai tous les autres, ainsi que Lucius en train de lire et Bairim installé dans son couffin, semblant regarder les personnes présentes dans la pièce avec intérêt.

— Hello !

J'allai embrasser Lucius rapidement, n'ayant pas oublié ce matin, puis Bairim, avant de le prendre et de m'installer dans un des fauteuils de libre.

— J'suis bien content d'être rentré, la pluie est juste glaciale.

— Tu m'étonnes, rit Carlos. Triste que les Dragons ne nous prêtent pas quelques écailles une fois de temps en temps.

— Ça doit être lourd, soupirai-je.

— C'est possible en effet.

Je vis Lucius poser son livre et me regarder attentivement, essayant visiblement de croiser mon regard. Comprenant, je me levai et dis :

— Quelqu'un veut quelque chose à boire ?

Ils acquiescèrent et me dirent tous ce qu'ils voulaient boire, sauf Lucius qui resta silencieux. Je n'attendis pas et allai en cuisine pour me servir un verre de jus de citrouille que je vidai rapidement, avant de m'en servir un autre. Je préparai ensuite les boissons pour les autres et les plaçai sur un plateau que je fis léviter jusqu'au salon. Je pris place près de Lucius, ne désirant pas me disputer aujourd'hui et serrai Bairim contre moi, attrapant sa main quand cette dernière s'approcha trop de mes cheveux.

Les autres me remercièrent et commencèrent à boire alors que Lucius posait sa main sur ma cuisse et se penchait à mon oreille pour murmurer :

— Ai-je fait quelque chose de mal ?

— Non, mentis-je. Pourquoi demandes-tu ça ?

— Parce que tu es visiblement en colère contre moi.

— Non, je ne suis pas en colère.

Et c'était la vérité, j'étais plus blessé, mais pas en colère.

— Mais tu m'en veux, souffla-t-il en passant son index sur la joue de Bairim.

Je secouai la tête et sentant un peu de fatigue, je lui rendis Bairim avant de souffler :

— Je vais aller faire un petit somme, j'ai mal dormi et la pluie m'a fatigué.

Lucius soupira et sembla sur le point de dire quelque chose mais se contenta d'acquiescer et de prendre le petit contre lui. Je bus mon verre en deux gorgées et allai dans la chambre, retirant mon haut, mais gardant mon bas, au cas où. Je me plaçai ensuite sur les couvertures et fermai les yeux.

OoOoOoOoO

Je me réveillai en sursaut et me rendis compte de deux choses. Je venais de faire un cauchemar et Lucius était allongé près de moi, un livre à la main. Je grognai et jetai un œil au berceau où Bairim était réveillé mais il ne pleurait pas pour venir dans les bras de son père. Je me frottai le visage et me collai ensuite au blond à mes côtés, posant ma jambe par dessus les siennes.

— T'lis quoi ?

— L'histoire du Monde magique.

— Hum.

— En meilleure forme ?

— On peut dire ça, soufflai-je en me souvenant de mon cauchemar.

Je me collai encore plus à Lucius et soupirai en sentant son odeur.

— Dois-je en déduire que tu ne me boudes plus ?

— Je ne te boudai pas.

— Ah...

— Pourquoi « ah » dit sur ce ton ? demandai-je.

— Parce que je ne suis pas convaincu. Tu m'en voulais, ou m'en veux peut-être toujours, et refuses de m'en parler. Je n'ai vraiment pas envie que nous nous disputions, mais je pense simplement que si tu me dis ce que j'ai fait de mal, je pourrais essayer de ne pas recommencer...

Je me redressai et m'assis en tailleur sur le lit, me frottant ensuite le visage. J'hésitai entre lui parler ou me taire.

— Je... Tu m'as blessé, avouai-je. Et je ne te comprends plus.

Il se redressa et mit son livre de côté puis s'assit correctement en face de moi.

— Dis-moi, souffla-t-il ensuite.

— Je ne sais pas si c'est une bonne idée.

Lui expliquer pourrait le forcer à me demander en mariage, et je ne le souhaitais pas. Je lui en voulais même un peu pour ça, parce que sans lui, je n'y aurais pas pensé, mais lui faisait désormais comme si de rien n'était.

— Je sais que c'est une très bonne idée que tu me parles de ce qui te dérange. Je t'écoute.

— Quand tu m'as parlé de mariage, j'ai cru que c'était une sorte de demande, fis-je en détournant les yeux.

— Ce n'en était pas une, parce que je pensais vraiment que tu étais contre. Et tu m'as dit que tu ne l'étais pas, certes, mais tu ne m'as pas dit que tu étais pour non plus...

— Si, je t'ai dit que je n'étais pas contre, c'est donc que je suis pour.

— Ça n'a rien à voir. Je ne suis pas contre le fait qu'Émeraude veuille voir Bairim, mais je ne suis en aucun cas pour. Mais est-ce que... Donc... tu es pour ?

Je hochai la tête et me sentant mal à l'aise, je me levai et allai prendre le petit paquet que j'avais rangé dans un de mes tiroirs. Je revins ensuite sur le lit et le lui tendis tout en soufflant :

— Bonne Saint-Valentin.

— Je savais que tu allais faire ça, dit-il avec un sourire tout en l'attrapant.

— Suis-je si prévisible ?

— Ou alors c'est que je te connais trop bien.

— Oui, peut-être. Mais je suis certain que mon cadeau par contre, tu ne t'y attendais pas.

— Puis-je ? fit-il en prenant l'un des bouts du nœud entre son pouce et son index.

— Oui oui, c'est pour toi, donc je pense que tu peux l'ouvrir.

Je ris et Bairim commença à faire comprendre qu'il voulait venir avec nous. Je me levai donc et le pris, avant de revenir au lit. Lucius retira l'emballage en s'efforçant de ne pas le déchirer puis il ouvrit la boite et haussa un sourcil.

— D'accord, tu as raison, je ne m'y attendais pas, dit-il en prenant le pendentif entre ses doigts.

— Il te plait ?

Il ouvrit le collier, dévoilant ainsi les photos de Bairim et Draco, et ses lèvres s'étirèrent en un sourire qu'il essayait visiblement de contenir, sans grand succès.

— Je suis ravi que cela te plaise. Je dois t'avouer que j'ai parcouru la ville sans trouver un cadeau qui pourrait mettre en avant notre couple. Alors, j'ai eu cette idée.

Il se mit à genoux et se pencha sur moi pour m'embrasser.

— J'aime beaucoup, murmura-t-il contre mes lèvres. Merci.

Je l'embrassai à mon tour avant de souffler :

— Regarde la gravure.

Il referma le médaillon et le tourna puis lut à voix haute :

— A doua șansă ? Qu'est-ce que ça veut dire ?

— Une personne dans le camp le sait, ris-je en repensant à l'une des fois où il m'avait dit pareil.

— Copieur. Vu la sonorité, je dirais roumain et je préfèrerais vraiment ne pas devoir aller demander à Geoffroy... s'il te plait ?

— Qu'ai-je en échange ? demandai-je en caressant la nuque de Bairim.

— Du dessert, répondit-il en embrassant mon cou.

— Quel genre de dessert, chuchotai-je en tournant la tête pour l'embrasser.

— Tu verras, mais seulement si tu es sage.

— Je ne sais pas si je serais sage, mais une chose est sûr, j'ai bien envie de te manger, grognai-je en sentant mon sexe durcir un peu.

— J'ai un peu discuté avec Carlos, Johanna et Abigail et ils seraient à priori d'accord pour s'occuper de Bairim ce soir, au moins quelques heures...

— Voilà la meilleure nouvelle de la journée, voire de la semaine, fis-je en lui caressant la cuisse.

Il passa le collier autour de son cou puis posa sa main sur ma joue pour ancrer son regard dans le mien.

— Je ne vais pas te demander de m'épouser aujourd'hui. Mais ne doute jamais que je t'aime, d'accord ?!

Je souris, et hochai la tête, avant de m'allonger, gardant Bairim contre moi.


Nous espérons que ce quatorzième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Abby and Jes