Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.

Périodicité de publication : Un chapitre tous les deux jours


Note des auteurs : Bonsoir à vous (^-^) Désolées pour le petit retard, mais nous étions occupées et n'avons donc pas eu le temps de publier dans les temps. Merci de continuer à suivre cette histoire. Voici la suite qui nous l'espérons, vous plaira. N'hésitez pas à nous laisser un petit mot avec vos alertes car c'est assez déprimant d'en recevoir sans un mot d'accompagnant. *clin d'œil*

Merci à Imaniis, ptitcoeurfragile, paulin54, Paprika Star, holybleu
pour leur review.


Partie II

Bairim

Chapitre 15

Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.

POV Lucius

Nous avions fini de dîner quelques minutes plus tôt et Carlos, Johanna et Abigail ayant accepté de s'occuper de Bairim, il était temps de le leur laisser. Ce qui s'avérait plutôt compliqué pour moi. Ce n'était pas tant que ça que je n'avais pas confiance en eux, c'était plus que j'avais peur qu'il arrive quelque chose qu'ils ne sachent pas gérer, ou qu'ils le fassent tomber et le blessent. Bon d'accord, je n'avais pas particulièrement confiance en eux. Abigail le prit dans ses bras et je me retins de grincer des dents mais elle le tenait correctement alors je ne dis rien. Elle le passa ensuite à Carlos qui fut moins adroit mais je me rendis rapidement compte que même s'il ne le tenait pas parfaitement bien, Bairim ne risquait pas de tomber. Très bien, je devais pouvoir gérer le leur laisser quelques heures. Je tirai doucement sur le bras de Charlie qui avait fini de parler avec Johanna et lui soufflai à l'oreille :

— Et si tu allais dans notre chambre ? J'arrive...

— Heu... d'accord. Mais s'il te plait, ne les noient sous les recommandations.

— Je ménagerai leurs cerveaux, ne t'en fais pas.

Il salua tout le monde, embrassa Bairim puis quitta la pièce. Je me tournai de nouveau vers mon fils qui jouait avec l'index de Carlos et me mordis la lèvre.

— Il ne boit que du lait alors ne lui donnez rien d'autre, et vérifiez la température pour qu'il ne se brûle pas. Et laissez-le dormir s'il est fatigué. Et s'il se met à pleurer mais qu'il n'a ni faim ni aucun autre problème, bercez-le un peu et il devrait se rendormir, ou au moins se calmer. Si ce n'est pas le cas ou qu'il y a le moindre souci ou que vous avez un doute, vous venez nous chercher. D'accord ?

— Oui, pas de soucis, répondit Carlos.

— Nous ferons cela, ajouta Johanna.

Abigail quand à elle, me sourit et soupira, avant de souffler :

— Nous ferons selon tes instructions et viendrons vous chercher s'il y a le moindre souci.

— Hm, marmonnai-je en m'approchant de Carlos pour embrasser Bairim sur le front.

Je lui souhaitai ensuite une bonne soirée et quittai le salon avant de changer d'avis. Je partis en cuisine et récupérai deux assiettes, autant de petites cuillères ainsi qu'une grande pour le service. J'attrapai également la bouteille de champagne que m'avait envoyé Harry ainsi que deux coupes et le clafoutis. J'avais trouvé très étrange qu'il m'envoie une bouteille, ce qui faisait que je me demandais si cela ne venait pas en réalité de Draco. Ou alors peut-être voulait-il me faire comprendre que nous aurions quelque chose à fêter bientôt et qu'il allait faire sa demande. Ou bien, il voulait juste nous offrir cela à Charlie et moi pour une raison que je ne parvenais pas à identifier.

Je décidai de ne pas plus me prendre la tête pour ce soir et partis rejoindre Charlie, les mains pleines. J'arrivai devant la porte fermée et soupirai en me rendant compte qu'il m'aurait été bien plus pratique d'utiliser ma magie et de réduire tout cela. Sauf que perdu dans mes pensées, je n'y avais même pas pensé. J'utilisai mon coude pour ouvrir la porte puis pénétrai dans la pièce pour trouver Charlie allongé sur le lit en train de lire mon livre sur l'histoire du Monde magique. Je posai ce qui m'encombrait sur le bureau après avoir refermé la porte du pied puis dis, quelque peu surpris :

— Cela t'intéresse ?

— Pas le moins du monde. Par contre ce que tu viens d'apporter, oui.

— Et que viens-je d'apporter ? souris-je.

— Quelque chose à manger, fit-il en posant le livre.

— Tu ferais quelque chose pour moi ? lui demandai-je tandis qu'il s'asseyait en tailleur.

— Demande, on verra pour le reste.

— Ferme les yeux.

— Si ce n'est que ça, souffla-t-il en le faisant.

Je pris une petite cuillère et le gâteau que je déposai sur le lit. Je plongeai ensuite la cuillère dedans et la portai à ses lèvres.

— Ouvre la bouche.

— De mieux en mieux, sourit-il en ouvrant comme demandé.

Je souris et mis la cuillère dans sa bouche tandis qu'il refermait ses lèvres dessus. Je la récupérai ensuite et me levai pour aller ouvrir la bouteille de champagne à l'aide de ma baguette.

— Alors ?

— Alors, je suis en plein rêve. Ça fait une éternité que je n'en ai pas mangé. Où l'as-tu acheté ?

— Je ne l'ai pas acheté, répondis-je en nous servant une coupe à chacun avant d'attraper l'autre petite cuillère et de le rejoindre sur le lit.

— Comment te l'ais-tu procuré alors ? Il est délicieux !

Je lui tendis sa coupe qu'il prit puis je récupérai la cuillère et repris un morceau de clafoutis que je glissai entre ses lèvres une nouvelle fois. Je la reposai ensuite et attrapai instinctivement le pendentif qu'il m'avait offert quelques heures plus tôt. Il n'avait probablement aucune idée d'à quel point son cadeau m'avait fait plaisir. Et j'étais ravi qu'il semble apprécier le mien.

— Je l'ai fait.

Il écarquilla les yeux et sourit, avant de m'embrasser, glissant sa langue dans ma bouche. Je répondis au baiser avec plaisir puis soufflai :

— J'en déduis que tu apprécies mon cadeau.

— Oui, très. En plus, tu l'as fait toi-même et tu ne peux pas imaginer comme ça me fait plaisir.

— Tant mieux. Bairim m'a assisté, alors tu pourras le remercier...

— Je n'y manquerais pas. Mais là, tout de suite, il n'y a que toi et moi et rien d'autre, à part ce délicieux clafoutis à la framboise.

Je fis un son qui ressemblait à un ronronnement et reposai mes lèvres contre les siennes pour l'embrasser profondément tout en faisant attention à ne pas mettre de champagne partout.

— Finis ton dessert, murmurai-je après avoir léché le lobe de son oreille, que je puisse profiter du mien...

— J'attends que tu me le donnes, chuchota-t-il en léchant mes lèvres.

Il lécha ensuite les siennes avant de me faire un clin d'œil. Je souris et posai nos coupes au sol puis bougeai afin de m'asseoir, les jambes quelque peu écartées. J'agrippai ensuite ses cuisses et l'attirai à moi de façon à ce que ses jambes entourent mes hanches et que les miennes en face de même. Je l'embrassai encore puis lui redonnai un morceau de gâteau alors que mon autre main caressait sa cuisse à travers son pantalon. Elle remonta ensuite jusqu'à son ventre alors qu'il avalait un morceau supplémentaire de clafoutis et je lâchai la cuillère dans le plat afin de pouvoir lui retirer son haut.

— Nous devrions manger un dessert plus souvent, marmonna-t-il en tendant les mains afin de me retirer mon T-shirt.

— Je ne peux qu'approuver, soupirai-je en levant les bras pour l'aider.

J'agrippai ses hanches et l'attirai plus près de moi encore, prenant l'un de ses boutons de chair entre mes lèvres. Je caressai sa peau chaude et douce de mes mains alors que ma langue traçait des sillons humides sur chaque parcelle de peau qui était à ma portée.

— Je... Oh bordel mon amour, tu es... ne... oh !

Je souris contre sa peau en entendant le surnom affectueux et continuai ma douce torture, décidant pour l'instant de ne pas descendre sous la ceinture.

— Encore faim ? lui demandai-je après quelques secondes supplémentaires.

— Oui, avoua-t-il en caressant mon ventre.

Je repris la cuillère et mis un morceau de clafoutis entre mes lèvres que j'approchai ensuite de celles de Charlie. Il m'embrassa, prenant la part dans sa bouche. Il la mangea rapidement, avant de venir caresser ma langue de la sienne. Il agrippa aussi ma nuque et me retint, avant de passer sa main dans mon dos en de douces attentions.

Je gémis contre ses lèvres puis me séparai de lui pour attraper le plat et le poser au sol à côté du lit. Je poussai ensuite Charlie en arrière pour le forcer à s'allonger puis repris mes attentions, léchant, mordillant et caressant sa peau. Je le lâchai une nouvelle fois en arrivant à son nombril et me penchai à côté du lit pour prendre l'une des coupes, laissant ensuite couler un peu de champagne le long de son torse et sur son nombril puis léchant le liquide avec ma langue.

— A partir de maintenant, je veux que tu boives tout de cette manière, gémit-il.

— Cela signifie-t-il que je devrais t'allonger sur la table de la salle à manger s'il m'arrive d'avoir soif au cours d'un repas ? demandai-je innocemment en reversant de la boisson sur sa peau que je léchai ensuite une fois de plus.

— Oh rien que l'idée d'être observé m'excite là.

— Pourquoi cela ne m'étonne-t-il pas...

Je remontai à son visage et plongeai mon doigt dans le verre, étalant ensuite un peu de liquide ambré sur ses lèvres qu'il lécha. Cette vision m'excita plus que de raisons une fois de plus et je me jetai sur ses lèvres, caressant sa langue de la mienne. Je finis ensuite la coupe en la léchant sur son torse puis posai le verre au sol avant de défaire l'un des boutons de son pantalon. J'ancrai mon regard dans le sien et défis le second, lentement.

— Je souhaite vraiment que tu me prennes en bouche, tout en me permettant d'en faire de même.

Je sentis mon sexe durcir instantanément à cette proposition et ma respiration se fit plus rapide. Je remontai jusqu'à lui et l'embrassai, collant mon membre contre le sien, puis soufflai :

— Tricheur...

— Non.

— Si, mais cela ne me dérange pas, souris-je contre ses lèvres. Une préférence ?

— J'aime que tu sois au dessus, pour ce genre de position, mais cela ne me dérange si tu préfères l'inverse.

— Pourquoi aimes-tu cela ? demandai-je en tirant sur son pantalon pour le baisser un peu et glisser ainsi mon index le long de sa hampe.

Il sembla réfléchir et souffla :

— Quand tu es au dessus, j'ai l'impression de ne pas avoir le choix, de devoir te sucer jusqu'à ta libération. Je... j'aime cette sensation même si je sais qu'il n'en est rien. Je ne sais pas comment l'expliquer autrement.

Je pris sa lèvre inférieure entre mes dents et tirai doucement dessus. Je me relevai ensuite et lui retirai complètement son pantalon puis me mis debout au pied du lit pour en faire de même. Je défis le premier bouton puis relevai la tête vers Charlie qui m'observait attentivement. Je me léchai les lèvres et baissai ma braguette lentement, très lentement.

Je fis ensuite glisser mon pantalon le long de mes jambes et l'enlevai avant de remonter sur le lit. J'embrassai Charlie une fois de plus puis me tournai et m'allongeai au-dessus de lui. J'embrassai son aine et me léchai les lèvres. Il aimait que je sois au-dessus et je devais avouer que l'être m'excitait à un point difficilement concevable. Et son explication n'allait m'aider en rien.

Il lécha mon membre et monta des hanches pour que j'en fasse de même. Sa main alla aussi flatter mes fesses, passant entre et caressant mon entrée. Je soupirai de plaisir et pris son gland entre mes lèvres. Je m'appuyai sur un coude et fis courir les doigts de mon autre main le long de sa peau jusqu'à ses bourses que je malaxai un peu.

Je léchai sa longueur tandis qu'il me prenait complètement en bouche et mes doigts allèrent s'égarer entre ses fesses, mon index passant son anneau de chair quelques secondes plus tard. Sentir sa chaleur autour de mon doigt, sa bouche autour de mon sexe et le sien entre mes lèvres me firent perdre pied quelques secondes et je dus me concentrer pour ne pas jouir sur le champ ni m'enfoncer dans sa bouche plus durement.

Il grogna et gémit ensuite, m'envoyant des vibrations et enfonça un doigt en moi. Je gémis à mon tour et le pris en bouche plus profondément encore tout en ajoutant un second doigt en lui. Salazar ce que c'était bon.

Charlie me prit plus profondément, serrant ses lèvres autour de mon membre, tout en ajoutant lui aussi un second doigt. Je grognai contre son érection et il en fit de même presque aussitôt. Nous continuâmes ainsi quelques minutes et je sentis le plaisir monter en moi par vagues. Charlie accéléra les mouvements de ses doigts et de sa bouche, et je compris que nous en étions probablement au même point. Je fis frotter mes dents contre son membre sans cependant le blesser et accélérai moi aussi. Nous jouîmes ensemble moins de deux minutes plus tard. Ses parois se resserrèrent autour de mes doigts alors que j'avalai ce qu'il me donnait. Je le nettoyai ensuite sommairement puis retirai mes doigts, gémissant quand il en fit de même. Je roulai après afin de me placer sur le dos puis me réinstallai correctement à côté de Charlie, passant une jambe autour de ses hanches et mon bras entourant ses épaules. J'enfouis mon visage contre son cou et frottai mon nez contre sa peau que je mordillais parfois.

— J'aime beaucoup cette Saint-Valentin, soufflai-je quelques minutes plus tard.

— Pareil pour moi. Je ne comprends pas pourquoi on a mis autant d'année à la fêter.

— Parce que tu n'aimes pas trop les trucs romantiques, si je me souviens bien.

— Ouais, mais là, je trouve qu'on est loin du romantisme qui donne envie de vomir, plutôt celui qui donne envie de gémir.

— Tt, je savais que tu n'en voulais qu'à mon corps..., souris-je en mordant sa peau un peu plus fortement.

— Me voilà démasqué, souffla-t-il tout en caressant le bas de mon dos.

Je sentis mon médaillon froid contre mon torse et l'attrapai pour le poser sur celui de Charlie, à l'emplacement de son cœur.

— Je t'aime...

— Moi aussi, moi aussi je t'aime.

POV Charlie

— Dada, sourit Bairim avant de mettre sa main en bouche.

J'essuyai la bave qui coulait, encore et toujours depuis deux petits mois et je le pris ensuite dans mas bras. Depuis que Lucius avait accepté que les autres gardiens s'en occupent, quatre mois plus tôt, nous vivions mieux. Nos horaires avaient repris normalement et je devais avouer que je m'en sentais mieux.

En plus, pour ne rien ajouter, l'été débutait aujourd'hui, et ayant fait le matin, avec Lucius et Moliva, nous étions donc de repos pour le reste de la journée.

Bairim gesticula dans mes bras et je caressai sa tête pour l'embrasser, avant de descendre. Toute ma famille était là, et Ron n'attendit pas pour me prendre le petit des bras. Je ris, et rejoignis Lucius, qui était en pleine discussions avec mon père.

— Vous parlez sur mon dos, soufflai-je en prenant place sur l'accoudoir du fauteuil où Lucius était assis.

— Évidemment, répondit ce dernier très sérieusement. Tu ne crois tout de même pas que nous pourrions parler d'autre chose que toi... Et puis les compliments, c'est surfait.

Je le frappai gentiment à l'épaule et demandai :

— De quoi parliez-vous ?

J'étais assez curieux, sachant que depuis que mes parents nous rendaient visites chaque mois depuis la naissance, qu'ils ne s'étaient jamais parlé de cette manière. Le plus souvent, à part les civilités d'usages, ils restaient chacun de leurs côtés.

— De ton manque d'éducation évident et du fait que je ne laisserai pas Bairim finir ainsi.

Je fronçai les sourcils et voyant qu'il ne plaisantait pas, je grognai et dis :

— Très bien, alors mon cul mal éduqué va aller s'asseoir ailleurs.

Je le décoiffai, et partis prendre place sans attendre entre Bill et Ginny.

— Alors ! Quoi de neuf ?

— Pas grand chose, dit Ginny.

— Et toi ? me demanda Bill.

— Moi ? Eh bien, Bairim dors plus de quatre heures la nuit sans pleurer, ce qui est déjà pas mal. Du coup la journée il dort beaucoup. Sinon, pas grand chose.

Je regardai ma petite sœur et demandai :

— Tu as reçu la photo que je t'ai envoyée ou toujours pas ?

Je n'avais pas pensé qu'elle viendrait, du coup, le hibou n'était peut-être pas arrivé avant leur départ.

— Oui oui je l'ai reçu, il est trop craquant. Moins qu'en vrai, mais quand même. Merci.

— De rien. Harry m'a dit que tu restais quelques jours en plus. J'espère que tu repasseras nous voir avant de partir, soufflai-je en la serrant contre moi.

— Oui bien sûr, répondit-elle en me rendant mon étreinte.

— Rose ! fit Ron d'une voix dure.

Je tournai la tête et vis qu'elle tirait les cheveux d'Harry.

— Eh ben, tes cheveux sont assez voulus : Rose, Bairim. Draco te les tire aussi ?

— Ça lui arrive oui, grogna-t-il en se massant la tête. Pourquoi, jaloux ?

— Non, pas le moins du monde. Je préfère être mordu.

J'entendis Lucius s'étrangler et me jeter un drôle de regard.

— Quoi ? Je ne pouvais pas le dire ?! ris-je.

— Si si... raconte ce que tu veux, répondit-il avec un grand sourire.

J'entendis Bairim gazouiller et le vis sourire à Ron, qui lui sourit en retour avant de se lever et de me le rendre. Je l'assis sur mes genoux et le calai contre moi, son dos contre mon torse et il commença à jouer avec mes mains, ce qu'il aimait faire. Il aimait aussi attraper tout ce qu'il voyait, ce qui devenait agaçant à certains moments, ainsi que sa bave qui ne cessait pas. J'espérais qu'une fois ses dents passées, cela allait stopper. Encore heureux qu'avec les gouttes de potions à mettre dans son lait, il ne souffrait pas. Je n'avais pas envie de voir de nouveau Émeraude, avec Storme, se déchainer sur la barrière. Nous avions même dû leur montrer Bairim pour qu'ils se calment.

Mon ventre gronda et je me levai, ayant décidé de préparer le repas aujourd'hui, Carlos étant partis dans sa famille depuis la veille. À la base, c'était eux qui devaient venir, comme depuis quelques années, mais une fois de plus, ils avaient annulé, demandant à Carlos d'y aller. En fait, à part ma famille, personne ne voulaient venir ici. Avaient-ils peur des Dragons ?

Je fus en cuisine rapidement, et me fustigeai en remarquant que j'avais Bairim avec moi. Je souris et allai partir quand Lucius me rejoignit, avec Draco.

— Tu comptes faire quoi ? me demanda Lucius en caressant la joue du petit.

— J'avais pensé à un parmentier de poulet et une purée de carottes pour Bairim. Vous en pensez-quoi ?

— J'en pense que j'ai encore plus faim maintenant que tu en as parlé, sourit Draco en s'approchant de Bairim pour prendre ses mains dans les siennes.

— Tu veux bien t'en occuper ? demandai-je. J'ai oublié le couffin. D'ailleurs, vous êtes venu pour quoi ?

Draco m'adressa un grand sourire et prit son frère dans ses bras immédiatement avant de répondre :

— Papa a dit qu'il allait s'occuper du dessert, et je voulais voir ça.

Je me léchai les lèvres, Lucius s'était donné comme loisirs de cuisiner souvent des desserts et je me demandai ce que ça allait être quand Bairim serait en âge de les manger.

— Que vas-tu nous faire de bon ?

— Carlos avait acheté de la glace alors je vais faire un gâteau au chocolat. Enfin, j'en ferais deux.

— S'il est aussi bon que le dernier que tu as fait, trois ne sera pas de trop, affirmai-je.

— Ah papa, justement, Harry et moi voulions te demander quelque chose, fit Draco en prenant place sur le plan de travail.

— Bien sûr, fit-il en commençant à sortir divers plats. Je t'écoute.

— On voudrait proposer des biscuits ou des minis gâteaux au magasin et vu que les tiens sont délicieux, on voudrait savoir si tu accepterais de nous en faire deux à trois fois par semaine. On fournirait les ingrédients et tu serais payé.

Je regardai Lucius, pensant que c'était une très bonne idée. Mais allait-il accepter ? Je me lavai les mains et attendis sa réponse. Il observa son fils attentivement puis demanda :

— Pourquoi ? Je veux dire, si c'est juste pour que j'aie plus d'argent ou quelque chose du genre...

— Non non, c'est juste qu'il y a pas mal de concurrence et proposer gratuitement ce genre de chose est un plus. Si tu ne souhaites pas le faire, nous pouvons aller en acheter dans une pâtisserie.

— Ce n'est pas que je refuse. Cependant, si vous les proposez et ne les vendez pas mais que vous me payez et m'achetez les ingrédients, vous allez perdre de l'argent.

— Non, fit-il. Malgré cela, nous ferons des bénéfices, ne t'inquiète pas. Et cela nous coûterait moins chère qu'en allant les acheter justement. Alors, ça te tente ou pas ?

Je préparai quant à moi les pommes de terre que je lavai et épluchai, avant de les couper.

— D'accord oui, merci.

— Merci à toi !

Je souris et tendis mon visage quand Lucius passa près de moi. Il comprit et m'embrassa avant de souffler contre mes lèvres :

— Maintenant que je sais que tu aimes que je te morde à ce point, je ne vais plus m'en priver...

— J'y compte bien.

Je l'embrassai rapidement et me mis au travail vu qu'il fallait plus d'une heure de préparation.

OoOoOoOoO

Je serrais chaque membre de ma famille, un sourire aux lèvres. J'avais passé une agréable journée avec eux.

— Merci d'être venu. Et Bill, ajoutai-je, essaie de répondre toi-même à mes lettres, au lieu de demander à Fleur. J'ai reconnu son écriture, ou plutôt l'absence de la tienne si horrible.

— Tu vois, si je t'avais répondu moi-même, tu aurais encore plus critiqué ma manière d'écrire, répliqua-t-il. Et Fleur aime répondre, je ne vais pas lui retirer ce plaisir...

— Dis plutôt que tu es un flemmard ! rétorquai-je.

— Absolument pas.

Je pris Rose dans mes bras, et l'embrassai, sachant que Ron allait en être heureux et saluai ensuite Hermione.

— Merci pour les cuillères.

Elle m'en avait envoyée deux mois plutôt en me disant qu'elle les trouvait géniales. Elles changeaient de couleur selon les températures et étaient prévue spécialement pour les bébés. Elles les avaient achetées côté moldu.

— Je t'en prie.

Elle rejoignit les autres et à peine deux minutes plus tard, le portoloin les avait emportés. Ne restaient qu'Harry, Draco et Ginny.

— Bon, nous allons aussi y aller, fit Harry.

Il tendit les bras à Bairim, dans ceux de Lucius et le prit, le câlinant. Draco le prit ensuite, l'embrassant, et Ginny en fit de même. Lucius le reprit et salua tout le monde. J'en fis de même et ils transplanèrent tous.

— Bon, fis-je. Vu qu'il fait encore bon et chaud, on va se balader.

Je montrais la réserve de la tête.

— Se balader... dans la réserve ?

— Pourquoi pas ?

Si je me souvenais bien, c'était à cette date qu'ils m'avaient permis d'avoir Bairim et je savais en les voyants, que les Dragons étaient impatients de voir Bairim sur leur territoire.

— Pourquoi pas ?! Hmm, laisse-moi réfléchir... Ah oui, la dizaine de Dragons qui trainent à l'intérieur peut-être. Ou encore le fait que puisque c'est leur territoire, ils pourraient tout aussi bien le prendre et le garder et on se retrouverait bien stupides parce qu'on aurait probablement aucun moyen de le retrouver. Je continue ou tu penses que c'est assez ?

— Je... C'est à cette date qu'ils m'ont... gorgé de leur magie et tu le sais aussi bien que moi, ils sont liés à Bairim. J'aimerais les remercier. Nous n'irons pas loin et resterons à l'entrée si tu le souhaites. On pourrait s'asseoir et rester là quelques minutes et voir ce qu'il se passe. Tu sais aussi bien que moi qu'ils ne lui feront rien, sinon, ils seraient venus le chercher eux même. Ils ont déjà franchis les portes de forces, je te rappelle.

— Il y a une différence entre aller chercher quelque chose, et se le faire offrir sur un plateau Charlie.

— S'il te plait ? soufflai-je en allant caresser la joue du petit. Qu'est-ce que je pourrais dire qui te ferait changer d'avis ?

— Honnêtement ?

Je soupirai, sachant que rien de ce que je pourrais dire ne pourrait le faire changer d'avis. Mais tout à coup, je repensai à quelque chose.

— Tu te souviens de la première fois où nous l'avons montré à Émeraude. Je lui ai dit que le petit souffrait et... je ne sais pas si tu as remarqué, mais Bairim a commencé à moins pleurer les nuits.

— C'est aussi la période où il a commencé à dormir avec nous. Et je me fiche que ton stupide Dragon ne lui veuille pas de mal. Je me souviens parfaitement t'entendre dire qu'un accident était vite arrivé, un malheureux coup de tête ou de griffe et hop, plus de Bairim.

— Ils resteront à distance si je leur demande.

J'en étais même persuadé. Depuis cette histoire de bébé et d'amitié avec Émeraude, je ne craignais plus rien avec les Dragons. Et parfois, j'avais même l'impression qu'ils me surveillaient pendant mes gardes, afin de m'aider en cas de problème.

— Très bien, fais ce que tu veux...

— Hey, fis-je en me collant à son dos. Je ne te force à rien. Je... te le demande. Tu as le droit de refuser et dans ce cas, nous rentrons, mais ne te force pas.

Je ne voulais pas qu'il le fasse à contre cœur. D'ailleurs, je me demandai à l'instant pourquoi je lui avais demandé, vu que je connaissais sa réponse. Je soupirai et dis, tout en me détachant de lui :

— Allez viens, rentrons.

— J'ai de plus en plus de mal à les supporter, souffla-t-il en attrapant ma main.

— A supporter qui ? demandai-je.

— Ces stupides Dragons. Tu vois, je n'arrive même plus à en parler sans en profiter pour les insulter. Je sais que sans eux on n'aurait pas Bairim, mais... laisse tomber. Allons-y, tu voulais les remercier. Mais je ne le lâche pas. J'ai confiance en toi mais je préfère vraiment que tu aies tes deux mains libres.

— Pourquoi ressens-tu ça pour eux ? le questionnai-je curieux.

— Ils sont toujours là, partout, et ils veulent tout le temps voir Bairim.

— Oui, mais combien de fois leur a-t-on montré en six mois de temps ?

— Cinq fois. Et de mon point de vue, c'est au moins quatre de trop.

— Alors rentons, fis-je en caressant sa main que je tenais.

— Pour que tu m'en veuilles dans trois mois ou que tu décides d'y aller tout seul avec lui ?! Non merci. Je préfère encore qu'on y aille maintenant...

— Je ne ferais pas une telle chose, répliquai-je néanmoins d'une voix douce. Mais si tu insistes, allons-y.

Je serrai sa main et regardai le bâtiment.

— Isaac ? criai-je.

— Quoi ? hurla ce dernier en ouvrant la porte.

— Ça te tente de venir dans la réserve avec nous, au sol ?

Une baguette supplémentaire en cas de soucis était un plus. Et puis, Hulrick, Johanna et Abigail étaient en pleine garde. Et je savais que Moliva avait peur de ce type de contact. Et puis, Geoffroy était absent pour la journée entière, il avait été appelé sur la réservé en Suède pour la conférence sur le caractère différent des Dragons depuis six mois.

— Carrément ! dit-il en nous rejoignant tout en sortant sa baguette.

— Je savais que ça te tenterait.

Je regardai ensuite Lucius et dis, tout en le rejoignant :

— Un peu plus rassuré ?

Il haussa les épaules puis embrassa la tête de Bairim et lui murmura quelque chose à l'oreille.

— Lui parles-tu de ma beauté ? fis-je en marchant vers les portes.

— Il est trop jeune pour que je lui dise ce que je pense de toi.

— Que lui as-tu dit alors, je suis curieux. Il sourit, ajoutai-je en montrant notre fils.

— Il a dû aimer ce que je lui ai dit, je suppose.

Nous arrivâmes aux portes et je soufflai avant de les ouvrir. Nous entrâmes et je refermai derrière nous. Nous nous installâmes ensuite à une dizaine de mettre. Enfin, je fus le seul à m'asseoir dans l'herbe.

— Ne restez pas debout, soufflai-je.

Isaac sembla hésiter quelques secondes mais s'assit finalement à quelques centimètres de moi.

— Mon amour, s'il te plait.

Je vis au loin une ombre dans le ciel.

— Une minute, merci, répliqua-t-il visiblement tendu.

— Okay.

Je regardai l'ombre et vis rapidement que c'était la Norvégienne à crête, accompagnée de sa fille. Lucius resta debout et je le regardai. Son visage était tendu et il recula même d'un pas quand nous pûmes entendre un rugissement. Il ferma les yeux quelques secondes et murmura une fois de plus quelque chose à Bairim avant de venir s'asseoir à une dizaine de centimètres de moi également.

Je passai mon bras autour de ses épaules et chatouillai Bairim qui rit avant de gazouiller un peu. La femelle se posa à une trentaine de mettre de nous, sa fille à ses côtés. Je pus voir au loin plusieurs ombres et me dis que je ne m'étais pas trompé. Ils arrivèrent tous à peine une minute plus tard, avec Émeraude en tête.

— Ne vous approchez pas trop, fis-je en faisait rire Bairim une fois de plus.

Émeraude s'avança, avec Storme qui le rejoignit, mais les autres restèrent en retrait. Storme se stoppa à une dizaine de mètres et je vis clairement Bairim tourner la tête vers lui, et sourire. Je fronçai les sourcils, mais il regarda ensuite Émeraude qui venait de se stopper à environ cinq mètres. Il s'allongea et posa la tête entre ses pattes.

— Dada guegue…

— Dragon, soufflai-je amusé. C'est un Dragon.

J'aimais bien lui nommer les choses qui demandaient son attention, j'avais l'espoir qu'il apprenne plus rapidement, même si je savais que cela ne changerait pas grand chose. Le suédois à museau court cracha des flammes en direction du ciel, avant de s'envoler et de nous survoler, tout en rugissant. Cela dura une petite minute avant qu'il ne se pose à une quarantaine de mètre et ne s'allonge.

— C'est trop cool..., murmura Isaac, visiblement ébahi. Je ne regrette carrément pas d'avoir rejoint cette réserve, ça c'est clair !

— C'est vrai que c'est exceptionnel de vivre ça, affirmai-je des étoiles plein les yeux.

Je décidai de me lever et d'approcher Émeraude. Il ne bougea pas alors je souris et tendis le bras pour le caresser, me rendant compte que je ne l'avais plus fait depuis un moment.

— Salut toi, chuchotai-je.

Il expira et je pris ça pour un salut. Je le caressai plus franchement et soudain, il bougea son aile, me demandant ainsi de lui monter dessus.

— Oh, je ne suis pas sûr que ma moitié soit d'accord, répondis-je en le caressant sur le flanc.

— Tant que je ne dois pas me reprendre cinq ans supplémentaires de peine parce que j'ai dû aller te chercher à Sainte Mangouste, tu fais ce que tu veux.

— Et te laisser seul ?

— J'avais prévu de partir. Mais s'ils ne s'approchent pas plus, je pourrais gérer. Dans le cas contraire, je me servirais de ma baguette. Je suis un grand garçon.

Je hochai la tête et soufflai tout bas à Émeraude :

— Accepterais-tu que je prenne mon amis Isaac ? Si c'est oui, bouge la queue.

Je regardai et la vis bouger. Je souris et me retournai :

— Isaac ?

— Tu es sérieux ? me demanda-t-il, un immense sourire aux lèvres.

— Plus que jamais, répondis-je.

Je regardai ensuite les autres Dragons et dis, assez fort :

— Je vais voler avec Émeraude. Si vous voulez que Bairim reste, restez loin de lui.

Ils ne me répondirent pas, mais je savais qu'ils m'avaient compris. Depuis Émeraude, j'avais cette certitude qu'ils nous comprenaient. D'ailleurs, dans mon rêve... J'écarquillai les yeux et regardai Bairim.

— Oh bordel de Merlin !

— Langage Charlie ! siffla Lucius après avoir claqué sa langue contre son palais.

— Je sais ce qu'à Bairim, lui appris-je en me précipitant vers lui.

— Et ça te vient juste comme ça ?! C'est Émeraude qui te l'a dit ?

— Non non, je l'ai vu dans mes rêves, soufflai-je en prenant Bairim dans mes bras.

Ou tentant de le prendre plutôt, Lucius ne le lâchant pas.

— Et donc ?

— Quand j'étais enceint, tu te souviens que je faisais des rêves étranges ?

— Oui...

— Le maître Dragon pouvait communiquer avec eux, mais sans parler. Par la pensée.

Je me tournai vers Émeraude et dis :

— C'est ça, hein ? Vous lui parlez ou l'appelez auprès de vous et ça lui fait peur.

Il ne me répondit bien sûr pas, mais Bairim gazouilla et regarda plus attentivement Storme. Émeraude le regarda et cracha ses flammes en direction du Dent-de-Vipère du Pérou et je sus que j'avais raison. D'ailleurs Storme rugit, mais ne broncha pas et Bairim rit.

— Magnifique. Donc il entend leurs pensées ?

— Non, pas leurs pensées, ce qu'ils désirent lui dire.

Enfin, je l'espérais.

— Parfait dans ce cas, ils n'ont plus qu'à se taire.

Je ne pensais pas que cela soit possible. Je regardai Isaac et fis :

— Prêt ?

— Plus que ça même.

Il se leva et j'embrassai Lucius puis Bairim et retournai auprès d'Émeraude. Isaac resta en retrait.

— Approche, doucement. Tends ta main pour le caresser, comme ça, s'il te mord, on saura qu'il ne veut pas de toi, ris-je.

— S'il me mord, Geoffroy t'en voudra beaucoup d'avoir perdu un gardien aussi compétent que moi, répliqua-t-il en faisant néanmoins ce que je lui avais dit.

— En parlant de Geoffroy, dis-je redevenant sérieux. Je ne peux rien te garantir, si jamais il arrivait maintenant.

— Tant pis, je me fiche de ce qu'il peut dire, hors de question que je renonce à ça.

— Très bien.

Je pris sa main et la posai sans ménagement sur le Cornelongue. Isaac s'exclama, les yeux brillants comme jamais encore :

— Il est chaud et dur et en même temps, il ne l'est pas... Bon sang Charlie, je pourrais définitivement tomber amoureux de toi là maintenant.

— Je suis déjà pris mon mignon !

Je regardai Lucius et lui envoyai un baiser, rigolant face à ce cliché, avant de monter sur le dos d'Émeraude. Je fus heureux qu'il ne s'envole pas et tendis la main à Isaac. Ce dernier l'attrapa immédiatement et s'assit derrière moi. Le Dragon décolla immédiatement et Isaac m'entoura de ses bras alors que moi, je m'agrippai autant que je le pouvais à Émeraude.

— Accroche-toi bien, criai-je pour qu'Isaac m'entende.

Émeraude monta rapidement, et fit un looping avant de foncer en piquer vers le sol et de se redresser. Il plana ensuite plus calmement et je sentis Isaac trembler derrière moi.

— Ca va ? demandai-je.

— Putain ouais c'est juste... Je m'attendais pas à ça mais… wahou.

— Oui, je sais. Si je n'avais pas Lucius, tu me violerais !

Je caressai Émeraude, heureux de revoler avec lui et il nous mena jusqu'aux montagnes où une fois encore, il nous montra sa dextérité de vol. Seulement, les minutes passaient et je devais retourner auprès de Lucius.

— Ramène-nous mon vieux.

Je caressai de nouveau ses écailles et il monta en piqué, avant de tourner sur lui même. Isaac cria son plaisir et Émeraude cracha des flammes. Je sentis la chaleur, tout comme mon compagnon de vol car il me dit ensuite :

— T'es certain qu'il ne risque pas de nous cramer par erreur ?

— C'est un risque à prendre, répondis-je.

Nous fûmes rapidement à l'entrée de la réserve et je fus plus qu'heureux de constater que Lucius était encore là, avec Bairim, ainsi que tous les autres Dragons. Par contre, je pus clairement voir Geoffroy marcher vers les portes.

— Oh, on va avoir des problèmes.

Et pas des petits. J'espérais juste ne pas être de corvée ménage pour un autre mois, ni qu'Isaac se fasse virer. Nous descendîmes mais même si Geoffroy était encore à une trentaine de mettre de la barrière, j'étais sûr qu'il nous avait vus.

— C'est vrai que j'ai dit que je m'en fichais, souffla Isaac, mais tu crois vraiment qu'il pourrait virer ?

— Je n'en sais rien.

Une fois près de Lucius, je souris et dis :

— Je suis content que tu sois resté, vraiment. Tu pourras me demander n'importe quoi mon amour.

— J'en prends note.

J'entendis du bruit et me rendis compte qu'ils s'étaient tous envolés. Je souris et tendis les bras :

— Puis-je le prendre maintenant, ou toujours pas ?

Il jeta un regard au portail, puis à Bairim, puis à moi, et recommença la même chose deux fois avant de souffler :

— Ça t'embête si on sort de là d'abord ?

— Non.

Il se releva et nous prîmes ensuite tous les quatre la direction des portes, où nous attendait Geoffroy. Quand Isaac ouvrit le portail, je déglutis, face au regard empli de colère du chef. Il ne nous dit rien, mais prit le chemin du bâtiment d'un pas rageur. Une fois devant la porte, il cria assez fort pour qu'on l'entende :

— Je vous veux tous les trois dans mon bureau immédiatement, sans le bébé ! Est-ce clair ?!

POV Lucius

— Pourquoi tous les trois ? soufflai-je en passant Bairim à Charlie. N'a-t-il pas vu à quel point je ne voulais pas être là-dedans ?

— Je suppose que non, répondit Charlie.

— Bon, à qui on le confie du coup ?

— Il reste que Moliva, fit Isaac.

Nous partîmes vers le bâtiment et Charlie partit à la recherche de Moliva alors qu'Isaac et moi rejoignions le bureau de Geoffroy. Nous fûmes bientôt devant la porte et je frappai à cette dernière avant de me fustiger intérieurement. Attendre Charlie aurait peut-être été plus judicieux. Geoffroy nous dit d'entrer, ou plutôt il l'hurla, et nous pénétrâmes dans son bureau, laissant la porte ouverte pour Charlie.

— Où est Charlie ? beugla-t-il.

— Il est en train de chercher Moliva pour lui confier Bairim, tu nous as dit de venir sans lui, et on n'allait pas l'abandonner dehors.

Il grogna mais Charlie arriva. Bon, les festivités allaient donc commencer. En même temps, je ne comprenais pas bien pourquoi il était si en colère. Nous n'avions rien fait que nous n'avions jamais fait. A part peut-être pour Isaac et son escapade mais si c'était ça le problème, je ne voyais pas ce que je faisais là.

— Je peux savoir ce que vous foutiez tous les trois, sans balai, dans la réserve ? En mon absence ? Sans mon autorisation ?

— Les Dragons voulaient voir Bairim, expliquai-je après quelques secondes en réalisant que ni Isaac ni Charlie n'avaient ouvert la bouche.

— Et ?

Hm, en effet, bonne question. Dire que je n'avais déjà pas voulu aller dans cette réserve, je me retrouvais maintenant à devoir expliquer pourquoi j'y étais. Pour faire plaisir à Charlie était la réponse la plus honnête mais je n'allais pas tout lui mettre sur le dos.

— J'y suis allé pour aider, dit Isaac, hésitant. Enfin... au cas où quelque chose tournerait mal...

Il ouvrit la bouche une fois de plus mais fronça les sourcils et la referma, ce qui d'après moi était une très bonne décision dans ce cas précis.

— J'ai demandé à Lucius de venir avec moi pour montrer Bairim, je ressentais au fond de moi que c'était quelque chose à faire, répondit enfin Charlie.

— Et vous avez décidé d'aller vous promener dans la réserve comme si c'était un parc animalier. Si quelque chose avait mal tourné, comment étais-je censé me justifier quant à la présence d'un bébé dans la réserve ?

— La vérité, fit Charlie. Que ce bébé existe grâce aux Dragons, à leur magie. Ils communiquent même avec lui, il est juste trop petit pour nous transmettre. J'en suis maintenant certain et c'est ça, qui le fait surement pleurer la nuit. Entendre des voix et ne voir personne a dû lui faire peur ou quelque chose comme ça.

— C'est ça, j'allais leur dire que le bébé était dans la réserve parce qu'il parle aux Dragons. Hormis le fait que probablement personne ne m'aurait cru, je te conseillerais de garder cette information pour toi, surtout si elle s'avère véridique. Et Bairim mis à part ainsi que le fait que les Dragons auraient pu décider de s'en prendre à Lucius puisque vous l'avez laissé seul et qu'ils ne semblent avoir aucune affinité particulière pour lui, qu'est-ce qui vous a fait croire qu'aller faire un tour à dos de Dragon était une bonne idée ?

— Je le savais. Je n'aurais pas risqué la vie de Lucius et encore moins celle de Bairim. Geoffroy, fit-il en s'avançant. J'ai vu des choses en rêve quand j'attendais Bairim. Des choses que je n'aurais jamais pu imaginer. Ils ne feront jamais rien à Bairim, ni à moi, Lucius et même vous pas extension, car vous êtes nos amis. Je le sais, c'est tout. Regarde, Isaac a volé avec Émeraude et moi !

— Sauf que c'est une réserve ici, pas un camp de vacances. Nous ne sommes pas censé voler à dos de Dragons et les câliner toute la journée. Si je ne fais ni ne dis rien, soit vos collègues penseront que c'est maintenant autorisé voire encouragé, soit ils penseront que je suis extrêmement laxiste. Aucune de ces deux solutions ne me convient. Et je suis actuellement à la recherche de subventions en ce moment, vous avez oublié ? Que se serait-il passé si j'étais revenu avec quelqu'un ?

Charlie ouvrit la bouche, mais la referma, avant de soupirer et de se frotter le visage.

— Bien, souffla ensuite Geoffroy. Puisque nous sommes tous d'accords, passons maintenant aux sanctions. Carlos revient demain matin alors à partir de demain après-midi, Charlie et Isaac, vous serez retiré de la réserve pour une période de dix jours. Vous irez tout de même faire votre garde demain matin mais après, niet.

— Qu-quoi ?! Non, non. Je... s'il te plait, ne fais pas ça, gémit Isaac ! Sinon, j'me casse d'ici !

— Et bien casse-toi ! gronda Geoffroy. Mais si tu le fais, ne remets pas les pieds ici et crois-moi, tu le regretteras bien avant moi.

— Oh, doucement, je plaisantais. Mais bon, j'avais une chance que tu retires ta punition. Bon ben, dix jours, c'est gérable.

— Ah oui ?! Parce que je peux monter à quinze si vraiment tu veux me faire du chantage.

— Non non, dix je prends.

Il recula d'un pas en levant les mains.

— Je... je vais finir par perdre la main, fit Charlie, à force que tu me prives de la réserve. Mais soit, dix jours c'est mieux qu'un mois. Tu penses punir Bairim de biberon où lui, c'est bon ?

— Très amusant Charlie, vraiment. Et quand tu arrêteras de briser le règlement, tu pourras peut-être passer un peu plus de temps dans la réserve.

J'avais suivi l'échange depuis le début et me sentais quelque peu déçu que Geoffroy ne se soit pas adressé à moi. Personnellement, être privé de réserve pendant dix jours ne m'aurait pas particulièrement déplu. Enfin, je supposais que je devais me sentir rassuré de ne pas avoir été sanctionné.

— Le règlement est peut-être à revoir, comme ses foutus lois ! Les Dragons sont différents de ce que l'on pensait. Mais je vais fermer ma gueule et ruminer ma colère en silence. Mais ne vient pas te plaindre si j'ai une humeur de merdre, claqua-t-il avant de quitter la pièce.

— Ça ne changera pas de d'habitude ! cria Geoffroy avant d'inspirer fortement et de se tourner vers moi.

— Bon bah..., dit Isaac en reculant vers la sortie, je vais vous laisser...

Il sortit et referma la porte derrière lui. J'hésitai quelques secondes puis décidai que partir également serait probablement une bonne idée. Seulement, à peine avais-je fait un pas que Geoffroy m'interpela :

— Où crois-tu aller comme ça exactement ?

— Nulle part, je présume, soufflai-je en me retournant face à lui.

— Tu présumes bien. Je te croyais plus malin que Charlie, mais visiblement, je me suis trompé. Comme tu t'en doutes, avoir deux gardiens en moins pendant dix jours va être compliqué à gérer. C'est pourquoi tu vas faire quelques heures supplémentaires. Après tout, ton planning était quand même toujours quelque peu allégé, je vais changer ça de suite. Tu vas passer à une garde et demi par jour. Tu étais de nuit demain soir et tu seras également avec Moliva le lendemain matin pour la première partie de sa garde. Le nouveau planning pour les dix prochains jours sera affiché demain dans la soirée.

Je devais faire une garde et demi ? Comme si les gardes n'étaient pas assez longues et épuisantes comme cela. Merlin, j'avais l'impression d'être encore plus puni que Charlie et cela ne me plaisait absolument pas.

— Je croyais que c'était dangereux si nous passions trop d'heures dans la réserve..., tentai-je tout de même.

— Vu que tu y vas en dehors de tes heures de garde, cela ne te poseras pas de problème. Et puis, pendant dix jours, en te reposant, il n'y a pas de soucis.

— Oh alors quoi, m'énervai-je. Réserve, je dors, un peu de ménage et réserve une nouvelle fois ?! Et Bairim je le vois quand ?

Surtout que je devais également préparer les gâteaux pour Draco deux fois par semaine.

— Oublie le ménage, Isaac et Charlie s'en chargeront. C'est une punition Lucius, fait avec !

Je serrai les mâchoires et partis, non sans oublier de claquer la porte derrière moi. Je calculai intérieurement combien d'heures j'allais devoir passer en réserve, y ajoutai les heures de sommeil dont j'allais indéniablement avoir besoin et grognai en entrant dans le salon. Si je voulais voir mon fils plus d'une heure par jour, il allait falloir que je dorme moins, beaucoup moins. Je vis Charlie assis au sol, Bairim essayant de ramper sur le tapis à ses côtés et j'allais quant à moi m'asseoir sur le fauteuil, les mâchoires toujours aussi serrées. « Vu que tu y vas en dehors de tes heures de garde, cela ne te posera pas de problème » avait-il dit. Connard !

— Qu'est-ce qu'il y a ? souffla Charlie d'une voix étonnement douce.

— Il y a que j'espère que tes Dragons et toi avez bien profité des dernières heures parce que ce n'est pas là de se reproduire !

— Tu vas râler parce que tu es de corvée ménage ?!

— Non, je n'ai plus de ménage à faire pour les dix prochains jours, Isaac et toi vous en chargez à ma place !

— Oh, tu as quoi ? Parce qu'il a dû te punir pour que tu fasses... Oh, bordel, il n'a quand même pas osé nous interdire de dormir ensemble !

— Bien sûr que non ! Puisque toi et Isaac ne serez pas en réserve, c'est à moi de rattraper une partie de vos heures !

— Oh, la chance, fit-il avant de froncer les sourcils. Pourquoi tu fais la gueule alors ?

— Tu te moques de moi ? sifflai-je. Non tu sais quoi, tais-toi, ça vaut mieux.

Bien sûr que monsieur aurait fait des cabrioles si ça avait sa punition, sauf qu'il ne comprenait rien, comme d'habitude ! Bairim avait rampé un peu et était maintenant près de mes pieds, je me baissai donc et le pris contre moi.

— Dada.

J'eus un léger sourire et embrassai sa tempe puis je pris ses mains dans les miennes, les embrassant également. Tant pis si j'étais fatigué, il était hors de question que je perde du temps avec lui. Il avait déjà tellement grandi ces derniers mois. Je le tournai face à moi et ancrai mon regard dans le sien.

— Papa, dis-je ensuite. Pa-pa.

Il était de plus en plus proche de le dire et je ne désespérais pas.

— Dada, rit-il en laissant couler un filet de bave. Dada guegue

— Hm.

J'attrapai l'un de ses bavoirs sur la table basse et essuyai son menton et sa bouche. A peine avais-je fini qu'il se remit à baver et je secouai la tête doucement, faussement dépité.

— Tu es trop jeune pour te moquer de moi, soufflai-je en l'essuyant une fois de plus.

Il gazouilla puis fit de petites bulles avec sa bave qui explosèrent après quelques secondes. Il regarda sa bouche et loucha quelque peu tout en refaisant d'autres bulles puis il rit quand elles explosèrent à leur tour.

— Quand il louche, il a exactement ton regard, rit Charlie.

Je lui jetai un regard noir mais ne dis rien. J'avais pris sur moi pour aller dans cette foutue réserve avec Bairim, je me retrouvais sanctionné à cause de ça et c'était tout ce qu'il trouvait à me dire ?! Je me levai, ayant besoin d'un thé. Je commençai à partir avec Bairim puis me souvins que non seulement Charlie ne l'avait pas eu beaucoup dernièrement, mais en plus il était en train de jouer avec lui quand j'étais arrivé. Je soupirai et embrassai mon fils sur le front puis le déposai aux pieds de Charlie avant de partir en cuisine. Je mis l'eau à chauffer et me sortis une tasse dans laquelle je mis mon thé.

Je repensais ensuite à la semaine à venir et retins un soupir. Demain était mon dernier jour de « congé » avant que cette stupide sanction ne s'applique et j'allais en profiter au maximum, essayant de passer le plus de temps avec Bairim. J'hésitai un instant à joindre Draco pour lui demander de me donner congé pour les dix prochains jours mais renonçai. Après tout, ce n'était pas sa faute si je me retrouvais à devoir travailler plus, et puis, cela me faisait une rentrée d'argent, moindre certes mais tout de même. Si cela continuait ainsi, je serais en mesure d'acheter une bague à Charlie en fin d'année sans devoir piocher sur ma prime. Enfin, si je voulais toujours épouser ce stupide Gryffondor à ce moment-là.

La bouilloire se mit à siffler et je la retirai du gaz, versant ensuite l'eau dans ma tasse.

— Je suis désolé, entendis-je. Je sais que s'est ma faute et tout. Et tes yeux sont magnifiques.

— D'accord, soupirai-je après avoir soufflé sur mon thé. Je préfèrerais juste que tu évites de me répéter à quel point je suis chanceux. Ta punition me plait beaucoup plus que la mienne...

— Je sais. C'est juste que... J'suis un con.

Il vint se coller à moi, après avoir assis Bairim sur le plan de travail, tout en gardant une main sur lui.

— Dix jours, ça passera vite.

— Hm, sûrement...

Je passai l'un de mes bras autour de Bairim et l'autre autour de Charlie que j'embrassais doucement. Il avait raison, dix jours, ça allait passer vite.

OoOoOoOoO

Le temps ne m'avait jamais paru aussi long. Cela faisait cinq jours que le planning « sanction » avait commencé, et ils m'avaient semblé durer une éternité. Être dans la réserve m'agaçait, surtout quand cela signifiait que j'étais loin de Bairim. Je soupirai fortement et avisai Moliva et Hulrick en train de surveiller Merlin savait quoi quelques mètres plus bas. Je resserrai ma prise sur mon balai et m'autorisai à fermer les yeux quelques secondes. J'avais été de nuit et de début de matinée et alors que Geoffroy m'avait envoyé me reposer, j'avais préféré jouer avec Bairim, décidé à attendre qu'il s'endorme pour en faire de même. Sauf que j'avais oublié qu'il dormait de moins en moins la journée. Ce qui avait fait que quand j'avais eu prévu d'aller me coucher, je m'étais de nouveau retrouvé de garde pour la nuit. Et maintenant, je regrettai un peu de ne pas être allé me reposer, surtout que Carlos s'était proposé pour s'en occuper un moment. Et en plus, je devais faire les gâteaux pour Draco une fois que ma garde serait terminée, ayant pris un énorme retard de ce côté-là. Je savais que j'aurais pu organiser mon temps mieux, bien mieux, mais je ne l'avais pas fait. J'aurais probablement dû faire ces gâteaux cet après-midi pendant que Bairim babillait plutôt que de simplement le regarder faire...

Je me sentis tomber et j'ouvris les yeux tout en redressant le bout de mon balai. Merlin, m'endormir dans la réserve n'était déjà pas une bonne idée mais alors en plein vol... Je repris de l'altitude et décidai de tourner en rond histoire de me maintenir éveillé. Je devais juste tenir trente minutes de plus ici et ensuite faire les gâteaux pour la boutique, ce qui allait me prendre... une petite heure normalement. Et ensuite, j'aurais toute la journée pour dormir et jouer avec Bairim puisque je n'étais de nouveau de garde que la nuit même. Charlie avait évoqué l'idée que Geoffroy ait décidé de nous empêcher de dormir ensemble et je l'avais contredit mais finalement, cela s'approchait assez de la réalité.

— Lucius, ça va ? demanda Hulrick en venant à ma hauteur.

— Oui oui, répondis-je agacé. On en a encore pour longtemps ?

J'avais été plutôt inutile pendant au moins la moitié de la garde mais je devais tout de même resté jusqu'à la fin. Merlin, je devais vraiment me reposer parce que pour le coup, j'étais censé être celui qui surveillait qu'aucun Dragon ne les attaque et avec les yeux fermés, c'était plutôt difficile à remarquer, je devais l'avouer.

— Ouais ben, je ne te crois pas. Tu vas immédiatement rentrer. Geoffroy, j'en fais mon affaire s'il te dit quelque chose, mais de toute façon, il ne te dira rien. Allez, casse-toi, ajouta-t-il gentiment.

— Comme tu veux, soufflai-je en partant.

Après tout, je n'allais pas le supplier pour rester. Je sortis plus ou moins rapidement de la réserve, m'étant perdu quelques minutes, puis j'ouvris le portail. L'Aube était toujours le pire moment de la journée, surtout en été. Le soleil montait rapidement dans le ciel et la réserve avait une fâcheuse tendance à engorger toute la lumière. Je sortis de la réserve puis regagnai le bâtiment. Arrivé devant la chambre, je vis qu'il n'y avait aucune lumière sous la porte et en déduisis que Charlie dormait encore, je posai donc mon balai contre le mur à côté de la porte avant d'aller dans la salle de bain pour me passer de l'eau sur le visage et me laver les mains. J'allai ensuite en cuisine et saluai Isaac et Abigail au passage qui prenaient leur petit-déjeuner. J'avisai l'heure et retins un soupir en réalisant qu'il n'était qu'un peu plus de sept heures. Pas étonnant que Charlie dorme encore.

Je sortis les plats dont j'allais avoir besoin ainsi que les ingrédients puis je me préparai un thé et un café. Je n'appréciai pas particulièrement cela mais je voulais me réveiller un peu, au moins assez pour terminer ce que j'avais à faire. Je bus le café puis mon thé afin de faire passer le goût désagréable que j'avais en bouche et me mis ensuite à cuisiner, vérifiant deux fois que je mettais bien les bons ingrédients avec les bons dosages. Cela me prit plus de temps mais au moins, j'étais certain de n'empoisonner personne, et puis, une fois concentré sur ce que je faisais, une partie de ma fatigue avait disparu. Je remarquai vaguement que deux ou trois personnes entrèrent dans la cuisine pour se préparer à boire ou se faire un petit-déjeuner mais je n'y portais pas plus attention que cela. Vers huit heures, j'enfournai la deuxième et avant-dernière fournée alors que Charlie passait la porte, un Bairim en pleurs dans les bras.

— Oh regarde qui voilà, papa est là. Bonjour papa, tu as vu, je sais encore comment pleurer le matin pour montrer ma grande faim.

Je refermai le four et attrapai Bairim tandis que Charlie commençait à préparer le biberon. Mon fils me regarda et se calma quelques secondes puis comprenant certainement que je n'allais pas le nourrir de suite, il se remit à pleurer de plus belle. Je le berçai tout en gardant un œil sur l'heure, préférant vraiment ne pas brûler les gâteaux et devoir les recommencer.

— Bien dormi ? demandai-je ensuite à Charlie tandis que l'eau pour le biberon finissait de chauffer.

— Tu m'as putain de manqué, comme les autres nuits.

— Tu as de la chance que je sois trop fatigué pour te faire une remarque sur ton langage. Et tu m'as manqué également.

Il caressa ma joue puis m'embrassa, avant de tester le lait sur son poignet.

— C'est pour qui le biberon ? Bairim, mon petit cœur.

Bairim se tourna vers lui et arrêta de pleurer dès qu'il vit le biberon puis il ouvrit la bouche. Charlie lui mit la tétine entre ses lèvres et je lui pris ensuite des mais, m'adossant contre le comptoir alors que Bairim tétait goulument. Je souris en le regardant faire et embrassai son crâne. Il avait une bonne touffe de cheveux à présent et ses yeux étaient devenus verts émeraude, comme les écailles du Dragon de Charlie.

— Il a babillé une bonne partie de la nuit, avant de tomber de sommeil.

— Il te parlait à toi ou tout seul ?

— Il était dans sa chambre avec la porte ouverte, donc tout seul je présume.

— Magnifique, soufflai-je en fermant les yeux quelques secondes.

Je les rouvris en sentant Bairim cracher la tétine et je le tendis immédiatement à Charlie pour pouvoir retirer les gâteaux du four qui étaient, heureusement, parfaits. Enfin, au moins à l'aspect. Bien, plus qu'une fournée et je pouvais rejoindre mon lit.

— Tu fais quoi aujourd'hui ? demandai-je à Charlie en faisant des formes avec la pâte que je posais ensuite sur la plaque de cuisson.

— Hum, je dirais ménage, cuisine, jeu avec Bairim, et... rien d'autre.

— Cuisine ? baillai-je. On va finir par monter un restaurant si ça continue, ce sera plus rentable que la garde de Dragons.

— Ben, disons que je n'ai rien d'autre à faire et Isaac s'est proposé pour m'apprendre deux trois trucs sur la cuisine américaine. De toute façon, on a que ça à faire, vu que Bairim dors la journée.

— Il n'a pas dormi pourtant hier..., murmurai-je en déposant les derniers biscuits sur la plaque pour ensuite les enfourner.

Je regardai l'heure puis commençai à faire la vaisselle.

— Laisse, va te coucher, je vais la faire.

— C'est gentil mais je dois encore sortir les gâteaux du four et les mettre en boite de toute façon...

— Je peux m'en charger aussi, si tu me fais assez confiance.

— Sûr ? demandai-je en lâchant néanmoins la vaisselle et en me rinçant les mains.

— Oui oui, va te coucher, tu as une mine affreuse.

— Merci Charlie, tu sais toujours comment être agréable, ça fait plaisir, souris-je avant de l'embrasser.

— De rien. Allez, file au lit avant de tu ne tombes de sommeil. Bairim, dit bonne nuit à papa !

— Dada ! fit-il en tapant dans ses mains.

Je ris doucement puis embrassai son front avant de dire à Charlie quand retirer les biscuits du four puis de leur souhaiter une bonne journée et de quitter la cuisine. Je croisai Geoffroy dans la salle à manger mais je l'ignorai et continuai mon chemin. L'idéal aurait été que j'aille prendre une douche mais je n'en avais vraiment pas le courage alors je rentrai dans la chambre, retirai mes chaussures puis mes vêtements et jetai un pantalon lâche sur le bout du lit au cas où je devrais me vêtir rapidement. Je me jetai ensuite sur les draps et soupirai en réalisant que j'avais oublié de fermer les rideaux. Tant pis. J'enfouis la tête dans le coussin de Charlie puis enfonçai le mien sur ma tête pour me protéger du soleil, m'endormant quelques secondes plus tard seulement.


Nous espérons que ce quinzième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Abby and Jes