Merci encore et toujours pour votre accueil si merveilleux.
Plus le temps passe, plus cette fic avance et plus je prend de plaisir à écrire et pourtant je ne croyais pas ça possible, et c'est grâce à vous alors merci merci :)
Je suis désolée de n'avoir pas pu répondre au review cette semaine, le boulot a prit le dessus sur le temps mais promis je vais mieux m'organiser cette semaine. En tout cas à tous, merci infiniment pour le bonheur que vous m'apportez avec vos merveilleux messages.
Rien ne m'appartient
Je vous souhaite une bonne lecture à tous
Chapitre 12) Je ne voudrais pas être ailleurs.
Jour 23 : Train de 17h15
Emma se décala pour obliger Regina à lui faire face.
« Qu'est ce que tu veux dire par là ? »
« Ca va être compliqué, j'ai peur que le chemin soit long, et difficile pour toi, je comprendrais que tu ne tiennes pas au travers de… »
« Ca n'arrivera pas. Regina, ça n'arrivera pas tu dois me croire. Si tu… » Elle inspira pour se donner le courage de dire la suite. « Si tu veux de moi à tes côtés alors c'est là où je serai. »
« Serre-moi. » Dit la pianiste en plongeant son regard dans le siens.
Emma ne prit même pas le temps de réfléchir, elle se tourna dans sa place et enveloppa la mère et son fils dans ses bras.
« Je veux de toi. » Murmura-t-elle la tête contre son torse. « Je veux tellement de toi. »
Emma la garda contre elle et savait qu'elle pouvait entendre son rythme cardiaque s'accélérer. Elle savait qu'il était inutile de faire comme si de rien n'était alors elle attendit patiemment que la brune la questionne. Elle n'eut pas à prendre son mal en patience longtemps car déjà Regina se déplaçait pour poser son oreille contre son cœur.
« Ton cœur bat si vite. »
« J'ai compris que tu… Que tu as peur de mettre des mots sur tout ça mais… » Elle sentit la pianiste se tendre mais, voyant qu'elle ne disait rien, elle comprit qu'elle pouvait continuer sans la brusquer. Elle ravala la question qu'elle souhaitait lui poser sur l'idée d'une chance pour elles, et se décida pour un nouvel angle d'approche. « Pourquoi ne veux-tu pas mettre des mots ? »
« Je ne suis pas prête. »
« C'est pourtant toi qui… fait le plus d'élans. J'essaie de rester en retrait Gi… Regina, mais... Quand tu poses tes mains sur moi tout devient… beaucoup plus difficile. »
Emma s'imagina que la pianiste allait essayer de mettre de la distance entre elles et fut surprise que ce soit l'inverse qui se produise.
La jeune femme se rapprocha plus encore d'elle et se lova une partie de son dos contre son ventre, son fils bien sécurisé dans ses bras.
« J'ai l'impression… D'en avoir besoin. Te toucher, te câliner, sentir ta main, ta peau, ça me rassure sur le fait que… »
« Que quoi ? »
« Que tu es bien réelle. » Dit-elle d'une petite voix.
« Pourquoi ne le serai-je pas ? »
« Parce que c'est trop beau pour être vrai. »
Emma posa sa tête dans le creux de son épaule. Sa position n'était pas la plus confortable et pourtant elle ne s'était jamais sentie aussi bien. Regina inspira et câlina les cheveux de son fils, comme pour se donner le courage de continuer.
« Mettre des mots… Ca rend tout plus vrai… Tant que ça n'est pas vrai, alors… Ca ne peut pas être brisé. On ne peut détruire que ce qui existe, mettre des mots, c'est faire exister et rendre tout plus… vulnérable. »
« Sauf que tu sais que ça existe. » Répondit-elle gentiment. « La seule chose qui deviendra vrai en mettant des mots, ce n'est pas les sentiments car ils sont là et tu le sais, c'est simplement ton acceptation de leur présence. »
Regina ne dit rien pendant quelques instants, mesurant surement les paroles de la blonde.
« Est-ce tromper d'avoir des sentiments ? »
« Que veux-tu dire ? »
« J'en veux à Kathryn de m'avoir trompé, mais… Eprouver des sentiments pour une autre femme, vouloir mettre fin à mon mariage pour cette autre femme, n'est-ce pas tromper ? »
Emma sentait qu'elle était proche du malaise tant son cœur tambourinait, Regina ne souhaitait pas mettre des mots sur ses sentiments mais ce qu'elle venait de dire valait toutes les déclarations du monde.
« Dit moi la vérité, ce que tu penses vraiment. »
« Je pense que… que ça peut être tromper. Si quelqu'un de mariée, tombe amoureuse d'une autre, reste dans quelque chose très ambigüe avec cette autre, et reste avec sa femme sans rien dire, alors émotionnellement c'est tromper. Par contre, soit quitter sa femme soit tout arrêter avec l'autre, être honnête, souhaiter faire les choses bien, c'est faire en sorte de ne pas tromper, c'est être quelqu'un de bien. »
Emma avait l'impression que tout se jouait en cet instant, Regina pouvait accepter ce qu'elles avaient et décider d'avancer une bonne fois pour toute avec elle, où la repousser et retourner auprès de Kathryn et ne plus jamais la revoir. Rester amies, quoi qu'elle dise, ne serait pas possible à long terme elle le savait, elle tiendrait autant que possible s'il le fallait mais ses sentiments allaient la ronger tôt où tard. Elle savait qu'un entre deux n'étais pas possible, plus possible depuis qu'elle avait accepté l'étendue de ses sentiments.
Quand Regina bougea elle cru que le monde se brisait autour d'elle, son cœur battant d'un coup violemment et si fort qu'elle ressentait comme un engourdissement dans les doigts. Les sons lui provenaient plus étouffés, comme si son sang affluait à l'arrière de son crâne et plus dans ses oreilles. Des sueurs froides la traversaient par vagues et elle ne se rendit pas compte qu'elle retenait son souffle.
La pianiste se dégagea de ses bras et l'observa alors.
« Je dois être honnête, je veux faire les choses bien Emma, il faut… Pourras-tu tenir pour moi ? »
Un poids immense s'enleva soudain des épaules de la jeune vendeuse qui sentait une euphorie et un soulagement intense s'emparer d'elle. Elle s'approcha de la brune qui du croire qu'elle allait l'embrasser car elle posa sa main sur sa bouche pour l'empêcher d'avancer plus.
« Non Emma non, j'en ai envie aussi mais non. »
A ce stade la blonde ne pouvait plus retenir son sourire que Regina ne sembla pas remarquer, continuant dans son argumentation.
« Je ne peux pas faire ça comme ça, c'est trop… fort pour faire les choses mal. Je déteste tellement ces femmes, je les hais au plus profond de moi, je ne veux pas que tu deviennes l'une d'elles par ma faute, je ne supporterai pas de faire de toi l'une de ces… ces… Ne serai-ce que le temps d'un… »
En parlant les yeux de Regina s'étaient perdus sur les lèvres d'Emma qui sentait une chaleur dans son ventre devant la preuve qu'elle lui donnait de son respect et son affection. Elle s'approcha et se décala pour lui embrasser le front.
« Et ça n'arrivera pas. Toi… Moi… ça sera bien, et je serai à tes côtés tout le temps qu'il faudra pour qu'on fasse les choses bien. »
Regina lui sourit en murmurant un merci presque inaudible. Elle se cala de nouveau contre elle jusqu'à ce que sa gare soit annoncée. La blonde se leva, sentant les yeux chocolats sur elle qui ne la quittait pas. Emma croisa son regard et se pencha pour embrasser sa joue. La brune la laissa s'éloigner et la retint, elle porta sa main à sa bouche et y déposa un baiser puis vint coller ses doigts contre ses lèvres.
Un simple substitut de baiser et Emma sentait affluer toutes les promesses qu'il y avait derrière. Elles se sourirent et elle du se dépêcher de sortir avant que le train ne reparte. Une fois sur le quai, elle n'eut pas à toquer à la fenêtre car Regina la regardait déjà et, comme quelques jours auparavant elles posèrent leurs mains l'une contre l'autre à travers la vitre.
Jour 23 : 23h15
*Je suis désolée je n'ai pas pu t'écrire ce soir*
Emma bondit en voyant le message de Regina, heureuse d'avoir enfin de ses nouvelles. Elles avaient un peu textoté en fin d'après midi jusqu'à ne plus avoir de nouvelles du tout après un message la prévenant qu'elle allait avoir du mal à beaucoup répondre.
'Il n'y a pas de problèmes. Tu vas bien ?'
*Kathryn m'a fait une crise*
'A cause de quoi ?'
*Du fait que j'étais trop sur mon téléphone, elle voulait savoir qui c'était, je lui ais dit que c'était toi, elle a voulu savoir si je la trompais avec toi, j'ai répondu que je n'étais pas comme elle et ça a découlé sur une conversation… Enrichissante.*
'Tu as envie d'en parler ?'
*Oui mais la c'est trop long, je lui ai demandé des explications et je les ais enfin eu, Emma mon mariage est mort depuis tellement plus longtemps que ce que je pensais*
'Pourquoi tu dis ça ?'
*Parce que les dernières années de ma vie reposent sur des mensonges, des tissus de mensonges dans lesquels elle m'a enfermé*
'Elle n'osait pas te dire les choses ?'
*Elle ne voulait pas me dire les choses, je te raconte tout ça demain, Henry a été difficile à coucher, il doit ressentir les tensions, donc il y a de bonnes chances pour qu'il dorme demain matin.*
'Mais toi comment tu vas ?'
*En un sens je suis soulagée, je n'ai plus vraiment de remords ou de craintes à ce stade là. Pardonne-moi de te dire ça sans tout te dire, c'est bien trop long, et j'ai besoin de t'en parler en vrai*
'C'est pas grave, tout ce qui compte pour moi c'est de savoir que tu vas bien'
*Je vais bien*
'Comment ça c'est fini ?'
*Je dors dans la chambre d'amis car elle ne voulait pas quitter le lit, elle voulait savoir si les choses allaient s'arranger et je lui ais répondu que rien n'était moins sur, que j'avais besoin de réfléchir à tout ça. J'ai gagné du temps on va dire car j'avais besoin de te parler, réfléchir à tout ça, comment je vais m'organiser*
Emma relis plusieurs fois le message pour bien en saisir toute la portée. Elle serra son téléphone contre elle en poussant un cri de joie pour lequel elle ne culpabilisait même pas. Elle remuait dans son lit avec excitation et euphorie et se surprit même à poser un baiser très appuyé sur son téléphone.
Elle souffla pour se calmer assez le temps de taper une réponse.
'Tu as raison, il faut parler de tout ça, et tu m'as à tes côtés dans chaque étape qu'il y aura à passer'
*J'ai l'impression que je vais pouvoir me libérer de mon passé et penser à l'avenir… A nous… Peut-être*
Emma était heureuse qu'il n'y ait pas de témoin pour voir le sourire niait qu'elle devait à coup sur arborer en imaginant l'incertitude dans les beaux yeux chocolats qui hantaient ses pensées.
'A nous oui :) Passe une douce nuit Regina'
*Passe une douce nuit toi aussi, à demain *
Jour 24 : Train de 6h22
Emma était en avance et tapait du pied en attendant le train, assez impatiente d'enfin pouvoir voir et discuter avec Regina. A peine entrée dans le train elle repéra la jeune femme et un Henry qu'à demi réveillé.
« Emma » S'exclama-t-il en la voyant arriver. « Câlin Emma »
Il tendait les bras vers elle et la jeune femme questionna son amie du regard sans trop oser agir. La pianiste sourit et acquiesça.
« Tu veux qu'Emma te prenne sur ses genoux ? »
« Oui. » Répondit l'enfant.
La blonde le prit alors dans ses bras et s'assit à sa place à côté de Regina.
« Maman et Kathryn elles sont fâchées. »
« A bon ? » Répondit Emma au petit garçon qui était assit sur ses genoux face à elle.
« Mais Maman a dit qu'on allait te voir alors elle est heureuse. »
« Et toi Henry ? »
« Moi ? »
« Tu te sens comment ? »
« Je suis content de voir Emma. » Dit-il avec sommeil.
« Et moi je suis contente aussi de te voir. Mais je vois là un petit garçon qui a besoin de dormir »
« Non je suis pas fatigué. » Dit-il en baillant d'une oreille à l'autre.
« Le dos. » Murmura la brune à son oreille.
Emma continua donc de lui parler doucement en commençant à câliner le dos de l'enfant comme lui avait montré sa mère. Henry l'écoutait lui raconter les aventures du petit zazou et sa tête commença à dodeliner. Il finit par arrêter de lutter et se lova contre. Elle le cala pour qu'il soit confortablement installé et se surprit à ne pas pouvoir détacher ses yeux de son visage angélique.
« Tu veux que je le prenne ? » Questionna Regina quand il fut endormit.
« Je peux… Je peux peut être le garder là. Il n'a pas l'air si mal. »
« Il a même l'air très bien. »
La brune s'appuya contre elle et soupira de contentement.
« C'est une bonne chose que vous vous entendiez si bien. »
« Comment ne pas l'adorer ce gamin ? »
« Il t'adore aussi. »
« Tu crois ? »
« Il ne cesse de parler de toi. J'ai réussi à lui faire comprendre qu'il ne devait pas le faire autant devant Kathryn, mais dès qu'il a mes parents au téléphone ça ne manque pas. »
Emma regardait l'enfant avec tendresse et se tourna vers Regina qui la regardait de la même façon.
« Est-ce que… Est-ce que je peux ? »
La pianiste compris où elle voulait en venir car elle sourit en faisant oui de la tête.
Emma se pencha jusqu'à déposer un léger baiser sur le front du petit garçon. Henry bougea un peu mais sans se réveiller, enfouissant sa tête contre son bras.
Comme la veille, Regina lui posa le casque sur les oreilles et testa son sommeil. Voyant qu'il dormait à poings fermés, elle se redressa pour embrasser la joue de la jeune vendeuse.
« Alors hier… » Commença Emma.
« Ca a été horrible. » Souffla-t-elle en s'enfonçant dans son fauteuil. « Kathryn était comme un lion en cage, je sentais qu'elle voulait me parler mais elle ne commençait pas et je ne voulais pas lui facilité la tâche. Elle m'a ordonné tout d'un coup de poser mon téléphone. Je lui ai répondu que j'étais en pleine conversation alors elle s'est agacée. Elle a essayé de me prendre mon portable et s'est emportée quand je l'en ai empêché.
C'est cette Emma dont Henry parle tout le temps ? Ta fameuse 'amie' dans ce foutu train que tu refuses d'arrêter de prendre. »
En disant la dernière phrase, Regina avait imité sa femme, mimant les guillemets comme elle avait du faire en parlant.
« Quand je l'ai entendu prononcer ton nom ça m'a fait perdre ma patience, je lui ai demandé si elle osait me faire une crise de jalousie et elle m'a demandé si je la trompais avec toi. C'est la que je lui ai répondu que je n'étais pas comme elle et que le jour ou je coucherai avec une autre femme ce sera après l'avoir quittée. Elle m'a dit que je lui avais offert une nouvelle chance et que je n'avais pas le droit de revenir dessus maintenant. Que je ne pouvais pas lui dire que je la reprenais et lui reprocher ses actes ensuite. »
« Elle est gonflée. »
« Elle pleurait, j'ai commencé à culpabiliser malgré moi. J'ai essayé de me calmer et lui laisser une chance de s'expliquer même si ça ne change pas mes décisions. Je me suis dit qu'en discutant, je pourrais mieux la comprendre et peut être… Je sais pas, mieux tourner la page. J'avais ce sentiment que j'avais besoin de comprendre le pourquoi de tout ça. Alors je lui ai demandé. »
« Quoi comme ça ? Directement ? »
« Directement oui, je lui ai demandé pourquoi elle m'avait trompé, la première fois et autant de fois. Je lui ais dit que je n'arrivais pas à arrêter de me poser des questions sur tout ça, que je me sens perdue. Je ne lui ais pas encore dit que je voulais rompre, j'avais besoin qu'elle me parle. »
« As-tu eu les réponses à tes questions ? »
« Oui. » Souffla la brune. « Elle… Elle a beaucoup lutté, on s'est criées dessus, elle s'énervait que je veuille savoir, je lui en voulais qu'elle me refuse cette honnêteté. Elle a essayé de se dérober mais je n'ai pas lâché le morceau, je refusais qu'elle s'esquive encore. Alors j'ai insisté, j'ai été ferme, soit elle me parlait soit je partais. Donc au prix de nombreux cris, de nombreuses larmes des deux côtés, elle a craqué et m'a littéralement crié la vérité au visage. »
Regina pleurait silencieusement et Emma préféra ne rien dire, la laissant venir à elle à son rythme.
« Elle me déteste, tout simplement. »
« Comment ça ? Si elle te déteste elle ne peut pas te supplier de la garder à chaque fois. »
« Elle m'aime autant qu'elle me déteste. Et elle me déteste d'autant plus que je ne peux rien changer à la raison pour laquelle elle ressent ça.
Je lui criais qu'elle me devait la vérité, qu'elle me devait de m'expliquer ce que j'ai bien pu faire pour mériter tout ça. Et la elle s'est tournée violement vers moi et m'a hurlé que ce n'était pas quelque chose que je faisais mais quelque chose que j'étais. Elle a soupiré avant de commencer à enfin m'expliquer vraiment. Elle… Elle m'en veut d'être… moi. »
Emma attendit un moment la suite et se décida à briser le silence.
« Comment peut-elle t'en vouloir d'être… toi ? »
« Elle… Elle a le sentiment de vivre dans mon ombre depuis des années. De n'être que Kathryn, la femme de la talentueuse pianiste Regina Mills. Elle… Elle avait la sensation de ne plus exister, elle ne supportait plus mes parents et surtout ma mère qui parlait piano dès qu'elle était à la maison. C'est pour ça qu'elle ne vient jamais m'écouter jouer.
Alors quand j'ai invité Aurore à la maison, qu'elles se sont bien entendue et qu'elle a vu de l'intimidation à son égard dans ses yeux, elle a eut envie de comprendre d'où ça venait. Elle a progressivement comprit que c'était du désir et de l'attirance et ça lui a fait du bien d'être le centre d'intérêt pour une fois. Alors un jour où je travaillais et elle non, elle l'a invité à la maison, Aurore a accourue et il c'est passé ce qui c'est passé. A partir de la a commencé leur relation. Kathryn s'est aperçue qu'Aurore n'était pas la seule à avoir de l'attirance pour elle. Etant très décontractées sur notre homosexualité, nous n'avons jamais caché notre couple. Comme j'ai une certaine notoriété, tout le monde savait que nous sommes gays aux galas où nous allions. Elle a surprit d'autres regards et c'est aperçue que des jeunes femmes pouvaient n'avoir d'yeux que pour elle. Elle s'est sentie revivre la dedans.
Revivre, tu te rends compte ? Revivre… Alors ça veut dire qu'elle était morte à mes côtés ? »
Emma n'eut pas le temps de répondre que Regina reprenait son discours.
« Elle s'en voulait car je n'ai jamais cherché à être le centre des attentions, j'essayais de l'intégrer à ma vie et je m'intéressais tout le temps à la sienne. La seule fois où elle m'a dit que ma mère lui tapait sur le système, j'ai réduit le nombre d'invitation par égard pour elle. Et tout ça l'a fait m'en vouloir plus encore car elle culpabilisait d'autant plus de son comportement. Mais ces femmes, généralement hétéro et en mal de découverte, leurs regards, la façon dont elles désespéraient qu'elle leur apprenne ce qu'elle savait… Elle ne pouvait pas s'en passer.
D'un côté elle avait ces relations qui la faisaient se sentir unique et importante, et d'un autre elle m'avait moi qui n'avais envie d'être la femme de personne d'autre qu'elle.
J'ai été tellement stupide. »
Emma posa immédiatement sa main sur son menton pour l'obliger à la regarder.
« Ecoute moi bien Regina, tu n'as pas été stupide, tu étais amoureuse et en confiance. Elle a mal agit, elle n'a pas su gérer ses ressentiments, elle s'est perdue dans une rancœur sur laquelle elle n'avait pas vraiment de contrôle. »
« Tu insinues que c'est ma faute ? » Questionna la brune perplexe.
« Non non, jamais. Elle est fautive de ne pas t'avoir parlé, elle est fautive de t'avoir trompé, mentit. Mais elle n'est pas fautive d'avoir eu ce sentiment d'infériorité qui l'a rongé. Tout le monde n'est pas pareil face aux évènements, beaucoup de personnes ont un réel mal-être, certaines y réagissent par de mauvaises actions. Tu n'es pas fautive bien au contraire car si elle t'avait parlé, vous auriez pu arranger ça ensemble. Mais… »
Emma s'arrêta, n'osant pas dire le fond de sa pensée.
« Emma parle moi. » Questionna la pianiste en lui prenant la main.
« Ce que je vais dire est terriblement égoïste mais… Si elle t'avait parlé à l'époque, toi et moi ne nous serions peut être jamais rencontrées, encore moins rapprochées. »
Regina sourit et porta sa main à sa bouche pour l'embrasser.
« Tu as raison. Mais je lui en veux tellement, plutôt que de me parler, me quitter, arrêter ce mensonge, elle a préféré me tromper encore et encore. »
Elles furent coupées dans leur conversation par l'arrivée en gare de Boston. Emma se sentait bien avec Henry dans ses bras et fut heureuse de voir que Regina ne cherchait pas à le reprendre pour descendre du train. Au contraire elle la suivit tranquillement en s'assurant qu'elles n'oubliaient rien. Le petit garçon était complètement endormit, parfaitement serein, la tête sur son épaule, ses petits bras autour de son cou et la jeune femme adorait cette sensation.
« Je crois que je vais le prendre à la boutique, ma patronne va en être dingue. »
Regina rit de bon cœur avant de tendre ses bras pour récupérer son fils.
« Mon fils est un séducteur, si je le laisse toute une journée dans un magasin de lingerie, tu n'auras de cesse de le trouver avec tes clientes dans les cabines d'essayage. »
« Don juan… Ca m'étonne pas. »
« Merci Emma. »
« Pourquoi ? »
« Je me sens mieux de t'avoir parlé, merci d'être là. »
La blonde se pencha sur elle et embrassa sa joue plus longuement que nécessaire.
« Je ne voudrais pas être ailleurs. »
« A ce soir Emma. »
« A ce soir. »
Jour 24 : Train de 17h15
A peine assise à sa place, Emma se mit à regarder l'heure jusqu'à ce qu'elle entende son prénom être crié à travers le wagon. Elle vit Henry accourir vers elle, tirant sa mère qui le suivait de prêt en lui tenant la main.
« Henry on ne court pas tu vas tomber. »
« Mais non y'a Emma » Souffla-t-il.
« Oh et parce que Emma est la tu ne tomberas pas ? »
« Non, elle va m'attraper. »
Et pour prouver ses dires, l'enfant sauta en avant en se laissant tomber comme s'il ne risquait rien. Emma ne réfléchit pas, calculant à peine le cri de Regina et son mouvement pour retenir son fils, et se jeta vers lui, le rattrapant de justesse en se cognant la tête au passage à l'accoudoir du siège à côté d'elle.
« Henry. » S'exclama la pianiste en s'accroupissant vers eux. « Qu'est ce qui t'a prit ? Tu aurais pu te faire très mal. »
Emma s'assit dans l'allée, l'enfant dans ses bras, une main sur sa tête qui lui faisait un mal de chien.
« Non y a Emma. » Répéta-t-il, visiblement fier qu'elle ait prouvé ses dires.
« Elle aurait pu ne pas réussir à te rattraper, ne refais jamais ça tu m'entends ? »
La brune était complètement affolée, redescendant difficilement du pic d'adrénaline et d'angoisse qu'elle venait d'avoir.
« Mais maman, papy a dit que… »
« Papy a dit ? Qu'est ce qu'il t'a dit encore ? » Le coupa-t-elle en colère.
L'enfant ne répondit pas, ses yeux embués de larmes, accroché à Emma qui ne savait pas trop comment réagir. Regina inspira un grand coup pour se calmer et tendit ses bras vers son fils qui vint immédiatement se blottir contre elle.
« Henry je n'aurai pas du crier, j'ai eu très peur. Tu ne dois pas faire ça, même si tu penses que moi, où Emma, on va te rattraper, il ne faut pas prendre des risques qui servent à rien. Regarde, c'est Emma qui s'est fait mal en te rattrapant. On ne joue pas quand ça peut être dangereux tu me comprends ? »
Elle lui avait parlé très calmement, le faisant la regarder pour qu'il se concentre bien. Elle s'était assise côté fenêtre, Henry sur ses genoux, pendant que la blonde s'installait à la place à côté.
« Oui maman. » Répondit-il l'air coupable.
« Maintenant tu vas t'excuser auprès d'Emma. »
« Pardon Emma. Je suis désolée. »
Il baissait la tête, l'air complètement coupable et abattue, et la jeune femme eut du mal à se tenir pour ne pas le prendre dans ses bras et le rassurer immédiatement. Elle ne voulait pas interférer sur l'autorité de Regina et le laisser comprendre qu'il avait effectivement fait une bêtise.
« C'est pas grave Henry. Mais ta maman à raison tu dois faire attention et pas recommencer. »
L'enfant la regarda et semblait tellement anéanti qu'Emma ne put s'empêcher de lancer un regard de chien battu à la pianiste, qui détourna le regard comme pour mieux lutter elle aussi.
« T'es fâchée maman ? » Demanda timidement l'enfant.
« Non Henry, je ne suis pas fâchée pour cette fois, mais si tu recommences je le serai et tu seras punis. »
« Oui maman. »
« Qu'est ce qu'il t'avait dit papy quand tu l'as eu au téléphone ? »
« Que je dois pas avoir peur quand tu es triste parce que Emma elle te rattrapera. »
« Ecoute mon chaton, tout ça c'est des histoires de grandes personnes. Papy voulait te rassurer c'est bien. Maintenant il ne devrait pas te parler de tout ça. Je vais bien, ce n'est pas grave d'être triste parfois, ça arrive, et après ça va mieux. Tu ne dois pas t'inquiéter d'accord, et puis avec toi je suis toujours la plus heureuse du monde. »
Henry lui fit un câlin, se remettant doucement de ses émotions. Regina lança un regard à Emma et rougit sans pour autant détourner les yeux. Visiblement le père de la brune était déjà dans son camp sans qu'elle ne l'ait jamais rencontré. La jeune vendeuse se demandait ce qu'avait bien pu lui dire sa fille depuis un mois pour qu'il pense ça d'elle. Au regard doux et timide que Regina posait sur elle, elle commença cependant à s'en faire une idée et elle aimait ça.
Henry resta silencieux un moment sur les genoux de sa mère avant de se relever pour lui parler à l'oreille.
« Tu peux lui demander directement. » Répondit-elle avec un sourire rassurant.
Henry regarda sa mère en se cachant à moitié contre elle et sembla rassembler tout son courage pour parler.
« T'es fâchée Emma ? »
La jeune femme put littéralement sentir son cœur se transformer en une masse informe constitué exclusivement de guimauve. Toutes ses tentatives pour rester ferme furent balayées par son regard et sa petite lèvre tremblante.
« Non gamin, je ne suis pas fâchée du tout. »
Un sourire s'afficha doucement sur son visage et il se décolla un peu de sa mère.
« T'as mal. »
« Un peu oui mais c'est pas grave. »
« Pardon. »
« Tu sais, je pense qu'un gros câlin me ferait le plus grand bien. »
Il sourit alors d'une oreille à l'autre et se rua vers elle, visiblement heureux et rassuré. Emma enroula ses bras autour de lui et passa un moment à le serrer aussi fort que ce qu'il faisait. Elle mit son nez dans son cou et souffla pour le faire rire aux éclats et se tortiller pour s'échapper.
Il s'installa ensuite sur ses genoux et Regina lui sortit un livre qu'il commença à feuilleter en rigolant tout seul devant les images.
« Ca va ? » Questionna Regina.
« Oui oui très bien. »
« Merci de l'avoir rattrapé. »
« C'est normal. »
« Emma je t'en suis réellement reconnaissante, ce que tu as fait, tout le monde l'aurait pas fait. »
« Hey. » Dit-elle en lui prenant la main. « C'est rien je t'assure. Et puis ce petit gars là à confiance en moi. » Ajouta-t-elle avec fierté. « C'est normal que je lui montre qu'il peut. »
« Oh ça oui il peut. » Répondit la brune en serrant sa main.
Emma se sentait bien, fière et honorée à la fois. Depuis qu'elle avait perdu le sien, elle ne s'était jamais autorisée à approcher un enfant, craignant la souffrance du souvenir. Henry était le premier pour lequel elle avait réussit à abaisser ses défenses, et voir l'attachement qu'il développait pour elle lui coupait littéralement le souffle.
Regina passa sa main sur l'arrière de son crâne et commença à la masser doucement.
« Ca fait du bien. » Dit-elle en fermant les yeux.
« Tu as une bosse. » Répondit-elle en effleurant la zone.
Immédiatement, Henry leva les yeux de son livre et la regarda avec inquiétude.
« Je vais bien Henry, juste une petite bosse, c'est pas grave. »
« Maman fais un bisou magique. » Dit-il à sa mère avec un regard suppliant.
« Henry je ne crois pas que… »
« Oh oui maman fais un bisou magique. » La coupa Emma en souriant.
La pianiste souffla et se redressa pour embrasser son crâne la où elle s'était cognée. En même temps, Regina avait glissé sa main dans sa nuque et câlinait sa peau sensible. Emma frissonna de la tête aux pieds ce qui fit rire la jeune femme qui continua ses attentions.
La jeune vendeuse se concentra sur Henry, bien installé sur ses genoux, à qui elle se mit à lire une histoire. Emma se prenait au jeu, vivant avec l'enfant les aventures des animaux de son livre d'image. Elle lisait les quelques phrases en accentuant chaque émotion, se sentant bien sous le regard du petit brun qui buvait ses paroles.
Regina de son côté se contentait de les observer sans intervenir, répondant aux quelques sollicitations de son fils. Elle n'avait pas enlevé sa main de sa nuque et alternait entre caresses et jeux dans ses longues boucles blondes. Emma la laissait faire, accueillant cette agréable tendresse, consciente maintenant de son besoin de la sentir et du pourquoi.
En arrivant en gare elle couvrit le visage d'Henry de bisous puis embrassa naturellement le front de sa mère avant de se lever. A peine sur le quai elle avait déjà hâte d'être au lendemain.
Jour 25 : Train de 6h22
« La soirée c'est bien passée ? » Questionna Emma en entrant dans le train et en s'asseyant à côté de Regina qui portait Henry endormit.
« Pas vraiment. On s'est évitées au début. Puis elle a voulut me faire dire que tout allait bien entre nous et ça m'a énervé, je lui ais dit que non tout n'allait pas bien, que je ressentais beaucoup de choses à son égard mais plus de l'amour. On a commencé à se disputer encore et Henry s'est mit à pleurer. J'ai voulu y aller et elle m'a retenu pour qu'on parle, il pleurait tellement, y avait tellement de bruits dans cette maison c'était oppressant. J'ai du regarder vers l'escalier car elle m'a dit d'aller vite rejoindre ma dernière 'réussite en date'. J'ai ignoré ses paroles et elle m'a devancé dans les escaliers pour être dans sa chambre la première. Il était effrayé car quand elle a vue qu'il avait fait pipi au lit, elle lui a crié dessus en lui disant qu'un enfant de trois ans normal doit être propre. Je l'ai chassée de la chambre et me suis occupée de lui. J'ai mit deux heures à le calmer et il n'a pas cessé de se réveiller cette nuit. »
« As-tu parlé avec elle ? De son comportement ? » Questionna Emma en serrant les dents.
« Après oui, elle m'attendait sur le lit de la chambre d'amie. Elle m'a demandé s'il allait bien et comme je l'ignorais elle s'est mise à pleurer. »
« Attendrissement ou remords ? »
« Remords pour le coup. Elle m'a dit qu'elle était désolée, qu'elle avait beau essayer elle n'arrivait pas à aimer Henry comme une mère. Elle a de la tendresse pour lui mais elle… »
« Elle quoi ? Regina ? »
« Elle lui en veut. »
« De quoi ? » Questionna-t-elle, comprenant que la jeune femme avait besoin de parler sans trop savoir par où commencer.
« De la place qu'il a prit dans mon cœur. Elle a fait ce bébé avec moi pour moi, elle s'est sentie délaissée dès l'instant ou il est entré dans nos vie et c'est pour ça qu'elle a recommencé à me tromper après sa naissance. »
« C'est une forme de jalousie ? »
« En un sens oui, mais c'est surtout qu'elle n'arrive pas à se sentir mère. Et plus elle n'arrivait pas à l'aimer, plus elle s'en voulait, plus elle lui en voulait aussi et plus elle m'en voulait à moi. Il est MON fils, MA réussite, encore… »
« Regina tu… »
« Est-ce que c'est de ma faute tout ça alors ? J'ai été égoïste à vouloir Henry ? »
« Non, bien sur que non, c'est… La vie n'est jamais blanche ou noire. Elle a mal agit, mais ne croit pas que c'est ton envie d'enfant qui a entrainé tout ça. Tu sais ce qu'il en est, elle ne supportait pas ton succès qu'elle vivait comme dévalorisant pour elle. Si vous n'aviez jamais eut Henry, ce mal-être qu'elle avait aurait quand même été là. Elle t'a trompé avant Henry, sa naissance n'a fait que la faire recommencer. Tu ne sauras jamais si elle l'aurait refait sans ta grossesse, mais ça n'a pas d'importance. Il ne faut pas vivre dans des hypothèses »
« Je pense qu'en fait le fait est que veux la quitter, quand mes parents rentreront et que je pourrai leur laisser Henry, j'aurai cette discussion avec elle. »
« Ils rentrent quand ? »
« Normalement samedi ou dimanche. Tu sais… Je crois que je veux la quitter depuis longtemps. Mais avant je n'avais pas prit conscience que rester en pensant à Henry ne rimait à rien… Et puis avant toi… Je n'aurai pas eu ce courage, j'espère l'avoir quand le moment sera venu. »
« Tu l'auras, pour Henry et pour toi tu l'auras. »
« Ca me fait tellement peur. »
Emma l'attira contre elle pour la prendre dans ses bras sans réveiller Henry et la serra.
« C'est normal la peur, il faut la transformer en courage. »
Regina se colla autant qu'elle pu contre elle en soupirant de bien être dans ses bras. Emma embrassa sa tête et commença à doucement masser son crâne. Après presque quinze minutes elle entendit sa respiration se faire profonde et régulière et comprit qu'elle s'était endormie. Elle enfouit sa tête dans son cou et respira profondément son odeur avant de murmurer.
« J'espère que tu y arriveras, j'aimerai oser te dire toute l'importance que tu as prit dans mon cœur, j'attendrai le temps qu'il faudra pour ça, ma douce et belle Regina. »
Elle la garda contre elle pour la laisser se reposer un peu plus et chasser les émotions de la veille, et ne la réveilla qu'à l'approche de la gare de Boston.
La brune ouvrit les yeux et voulu se redresser rapidement en s'apercevant qu'elle s'était endormie mais se retrouva retenue par les bras d'Emma.
« Je me suis endormie ? » Questionna-t-elle par automatisme.
« Oui, c'était mignon. »
« J'ai… Hum… »
« Non, tu dors comme une princesse. » Mentit-elle en omettant d'évoquer un léger ronflement qui lui avait échappé et qu'elle avait adoré entendre.
Regina sembla rassurée et se leva doucement pour la suivre jusque sur le quai, Henry toujours endormit, aucune ne semblant prêter attention au fait qu'elles se tenaient la main. Elles se séparèrent après un baiser sur la joue de l'autre et ne se lâchèrent la main qu'au dernier moment.
Jour 25 : 17h15
« Tu sais Emma, ce soir je dors chez papy et mamie. » Dit Henry alors qu'elle s'asseyait en face de sa mère.
« C'est vrai ? »
« Oui, mais pas maman. »
« Mes parents sont rentrés plus tôt. » Dit Regina.
Les deux femmes se regardèrent et Emma n'eut pas besoin de mots pour comprendre tous les sous-entendus qu'il y avait derrière cette nouvelle. Elle la questionna du regard et la pianiste acquiesça, lui confirmant silencieusement ses intentions. La jeune vendeuse prit sa main sous la table pour marquer sa présence à ses côtés, et le sourire qu'elle lui offrit en retour trahissait son anxiété. Elle câlina sa main avant d'entrelacer leurs doigts et serrer. Voyant qu'Henry dessinait sagement, elle se pencha pour capter son regard.
Il y avait tant à lire dans ses yeux chocolats quand ils se plongèrent dans les siens. Il y avait la peur, l'appréhension qui lui tiraillait le ventre à l'idée de peut être chambouler sa vie ce soir. Il y avait la crainte de ne pas y arriver tintée d'une culpabilité à laquelle elle ne pouvait échapper. Mais parmi toutes ces émotions troublées, Emma cru en entrevoir qu'elle n'osait pas s'avouer vraiment, par peur de souffrir. Elle avait beau essayer de se contrôler, elle les voyait pourtant, l'espoir… L'espoir que ce soir marquerait un tournant dans leur vie. Elle voyait également de la tendresse qui n'était peut être pas destinée qu'à Henry… Surement pas destinée qu'à Henry.
Durant tout le trajet, seul le petit garçon brisa de temps en temps le silence et l'angoisse pesante dans laquelle elles s'étaient installées. Il sollicitait parfois sa mère, parfois Emma, inconscient des peurs et de l'espoir qui leur tiraillaient le ventre.
Dès qu'elle avait lâché sa main, Regina avait étendu ses jambes pour les amener au contact des siennes. Des qu'elle la regardait, Emma inspirait profondément, l'incitant à faire de même pour se calmer. Elle était heureuse d'arriver à lui décrocher des sourires et n'avait de cesse de la rassurer par ses regards.
« Merci » Dit silencieusement la pianiste pour ne pas attirer l'attention de son fils.
« Derien » Répondit-elle de la même façon.
Sa gare fut annoncée et Emma se leva pour faire un bisou à Henry puis un plus prononcé sur la tempe de la brune.
« Tout va bien se passer. » Lui murmura-t-elle à l'oreille. « Ecris moi, Appelle-moi ou même passe si tu le veux. » Dit-elle en lui donnant un papier sur lequel elle écrivit rapidement son adresse.
« Merci. Je pense aller chez mes parents, je ne sais pas, je verrai. Je t'appellerai de là-bas. »
Regina tenait sa main sans la lâcher alors Emma se rapprocha d'elle pour embrasser son front.
« Tu veux que je reste au moins jusqu'à ta gare. »
La brune sembla hésiter et fit finalement non de la tête.
« Ca va aller. » Reprit la blonde en caressant sa joue. « Tout ira bien après. »
Elle lui rendit finalement sa main, non sans un dernier regard inquiet et Emma descendit du train le cœur lourd.
L'attente difficile pouvait commencer.
Jour 25 : 22h57
Emma fit un bond de son canapé en entendant toquer avec force à sa porte. Elle n'avait plus de nouvelles de Regina depuis bien quatre heures maintenant. Dans ses derniers messages elle lui disait qu'elle attendait le retour de Kathryn, qu'elle en pouvait plus d'attendre et qu'elle voulait partir directement chez ses parents. La jeune femme l'avait convaincue de rester et d'affronter Kathryn, la motivant et la rassurant jusqu'à recevoir le dernier message de la soirée.
*Elle arrive, je te réécris dès que je suis chez mes parents.*
Depuis Emma tournait en rond dans son appartement à vérifier régulièrement que son téléphone était bien en mode général. Elle s'imaginait tout et n'importe quoi, que les choses se passent mal, que Kathryn fasse du mal à Regina, que Regina n'y arrive finalement pas, qu'elle retombe dans les bras de sa femme. Elle ne cessait de poser son téléphone, s'en éloigner pour tenter de l'ignorer, et y revenir quelques minutes plus tard pour voir s'il n'y avait rien. Dès qu'elle l'avait en main elle ouvrait machinalement la conversation avec Regina, voyait que le dernier message était celui qu'elle avait envoyé une heure plus tôt pour avoir des nouvelles, commençait à taper quelque chose et se ravisait finalement.
C'est son état de stress qui la fit bondir ainsi quand on tapa à la porte. Elle se dépêcha d'aller ouvrir, perplexe, non sans un dernier regard pour son téléphone.
Elle ouvrit la porte et se figea en découvrant une Regina en larmes de l'autre côté, un immense sourire sur le visage contrastant ses yeux rouges.
« Regina… »
« Je l'ai fait. » La coupa-t-elle. « Je l'ai fait, je l'ai quitté. »
Elle n'eut pas le temps de réagir que déjà elle avait la brune dans ses bras. Elle réussit juste à fermer la porte derrière elle et la serra aussi fort qu'elle pouvait, la soulevant presque. Elle lâcha doucement son étreinte, laissant la plus petit reposer ses talons au sol et mit ses mains sur ses joues. Elle poussa quelques mèches de cheveux collées par ses larmes et embrassa sa joue.
« Pourquoi pleures-tu ? »
« Ca a été horrible. »
« Elle t'a fait du mal ? » Questionna-t-elle soudain inquiète et déjà en colère.
« Non Emma… Non. » La rassura-t-elle. « Elle a surtout crié, pleuré, supplié, elle s'est énervée. Elle sait pourquoi je la quitte. »
« En même temps elle pouvait s'en douter. »
« Non… Elle sait pourquoi je la quitte… Maintenant. »
Emma comprit sans trop oser y croire et cela dut se lire sur son visage car Regina rit doucement.
« Elle sait que je la quitte maintenant car j'ai trouvé la personne qui m'en donnerait ce courage. »
Regina plongea son regard dans le sien, elle dégagea son visage de ses longues boucles blondes et laissa glisser ses yeux jusqu'à ses lèvres. Emma retenait sa respiration sans s'en rendre compte et commença à lentement avancer, imitant les gestes de la pianiste. Elle glissa ses bras dans son dos jusqu'à ce que ses mains reposent sur le haut de ses fesses. Elle l'attira plus encore contre elle, sentant leurs deux corps s'épouser parfaitement. Regina posa une main sur son épaule et entortilla l'autre dans ses cheveux. Emma la sentit presser doucement sur sa tête pour l'amener à se pencher progressivement vers elle.
Leurs yeux ne se quittaient plus, la jeune vendeuse avait l'impression que son cœur faisait des bonds anarchiques dans toute sa cage thoracique. La jeune pianiste pencha légèrement la tête en fermant les yeux et vint d'un mouvement fluide coller ses lèvres contre les siennes.
Un seul contact, la douceur tendre qu'il lui procurait, et des milliers de papillons explosèrent dans son ventre. Quand Regina commença à bouger contre elle, elle répondit à son tour et se perdit dans l'instant comme si plus rien n'existait autour.
Un baiser, un simple baiser, et tout son corps réagissait avec la même force que celle des sentiments qu'elle éprouvait. Leurs lèvres dansaient l'une contre l'autre, sa tête lui tournait, son cœur tambourinait, sa peau s'électrisait, son ventre se réchauffait et ses orteils se crispaient.
Regina se décolla doucement d'elle, restant à peine à un souffle d'elle.
« Je l'ai fait. »
Sa voix fut comme un électrochoc la réveillant et Emma prit de nouveau possession des lèvres qu'elle désirait en silence depuis trop longtemps, serrant dans ses bras son avenir qui s'annonçait aussi chaotique que merveilleux. Il y avait trop d'émotions en elle, trop de sentiments qui jaillissaient sans plus aucune retenue en cet instant.
« Je crois que je suis en train de tomber amoureuse de toi. » Murmura-t-elle à son oreille.
« Je crois… » Commença la pianiste d'une voix tremblante et presque inaudible. « Je crois que je veux me laisser tomber avec toi. »
En raison de mon rendu de stage qui approche à grand pas, je risque de faire des chapitres un peu moins long car les études passent avant les loisirs malheureusement on ne peut pas vivre de ses loisirs donc pas mal de mon temps s'articule autour de mon rapport de stage.
Je vais cependant faire en sorte de continuer à publier chaque semaine ne vous inquiétez pas :D
De gros bisous à tous et à jeudi
