Auteur : Abby and Jes
Titre : Bairim
Couple : Lucius/Charlie
Genre : Romance/Drame
Rated : M
Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.
Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.
Statut : Finie à l'écriture.
Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.
Périodicité de publication : Un chapitre toutes les semaines ou tous les quinze jours, dépendant du rythme de nos cours respectifs -)
Note des auteurs : Bonsoir bonsoir ! Nous revoici avec un nouveau chapitre. Désolées pour ce retard, mais la vie a parfois ses imprévus. Nous remarquons que vous êtes de moins en moins nombreux à laisser un petit commentaire. Nous espérons que l'histoire vous plaît toujours autant et que cette suite vous plaira. Si c'est le cas, n'oubliez pas qu'un petit mot peut extrêmement faire plaisir *clin d'œil*
Merci à Paulin54, ptitcoeurfragile, holybleu, lilywen pour leur review.
Partie II
Bairim
Chapitre 17
Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.
POV Lucius
Je m'assis sur l'un des fauteuils du salon avec un livre tout en gardant un œil sur Bairim qui jouait sur le tapis. J'avais été de garde toute la nuit et de ménage une bonne partie de l'après-midi, ce qui faisait que j'étais raisonnablement fatigué. Charlie était de garde pour encore une petite heure et Carlos qui avait surveillé le petit pendant que j'étais de ménage et il m'avait informé qu'il s'était passé des choses étranges. Il entendait par là que la plaquette de chocolat qu'il avait éloigné de Bairim s'était de nouveau retrouvée juste à côté de lui après qu'il ait tourné les yeux une seconde. Ce qui voulait probablement dire que notre petit bout commençait à se servir de ses pouvoirs. Autrement dit, le vrai calvaire commençait parce que non seulement il marchait à présent très bien, profitant de la moindre seconde d'inattention pour s'enfuir, mais en plus, il allait se mettre à faire léviter toutes sortes de choses et Merlin savait quoi encore.
Bairim tira sur mon pantalon et je le pris sur mes genoux, continuant de lire en caressant ses cheveux alors qu'il jouait à faire voler son avion. Il le posa quelques minutes plus tard sur mon bras gauche puis se figea. Il posa sa main sur la peau de mon bras et parcourut la marque des ténèbres de ses petits doigts. C'était une chose qu'il avait commencé à faire peu après son premier anniversaire, il y avait un peu plus de six mois de cela. Je devais avouer que j'avais presque oublié avoir ça sur le bras puisque Charlie ne s'attardait jamais dessus, ni personne d'autre d'ailleurs. Mais Bairim la parcourait et la regardait attentivement chaque fois qu'il la voyait. Je le laissai faire, appréciant sa jeunesse et l'innocence qu'il mettait dans ses gestes. Je savais que c'était sûrement idiot mais je ne pouvais m'empêcher de craindre qu'il ne me repousse une fois qu'il saurait ce que j'avais fait et dans quoi j'avais entrainé son grand frère adoré. Parce qu'il allait forcément poser des questions un jour, et même s'il ne le faisait pas, j'allais devoir lui expliquer tout cela quand il serait en âge de comprendre.
Au bout de quelques minutes, il me sourit puis recommença à jouer avec son avion alors que je reprenais ma lecture. Cependant, comme souvent depuis quelques temps, mes pensées s'égarèrent et je passai mes doigts sur la poche de mon pantalon. J'avais parlé à Draco de mon envie de mariage peu après la nouvelle année et après moultes recherches et allées-et-venue de mon fils, j'avais finalement acheté la bague que je voulais pour Charlie. C'était un simple anneau en or blanc de 6 millimètres incrusté de trois pierres d'émeraude. Cela m'avait finalement couté plus de 50 gallions mais je m'en fichais. Le seul problème était que je n'avais toujours pas trouvé le courage de me lancer et de lui demander, même si ce n'était pas l'occasion qui manquait.
Et puis, le mariage de Draco avait lieu quelques semaines plus tôt et mon envie était revenue en force, surtout que leur mariage avait été magnifique. Ils avaient vraiment fait les choses en grand et l'Angleterre avait beaucoup apprécié. Harry était finalement parvenu à convaincre le Ministère de me laisser y assister, même si deux Aurors avaient dû être présents. Bairim avait même été désigné pour leur apporter les alliances, entouré de Rose et Victoire. Mon fils qui n'avait au début trouvé aucun intérêt au mariage marchait pourtant depuis comme sur un nuage, et les sourires que lui et Harry affichaient étaient tout bonnement indécents. Mais j'étais vraiment heureux pour eux.
Bairim jeta son avion qui atterrit quelques mètres plus loin puis me regarda avec une moue suppliante.
— Non Bairim, dis-je d'une voix douce mais ferme, tu l'as jeté alors tu vas le chercher.
— Pada teuplait.
— Je ne te punis pas pour l'avoir jeté, tu devrais plutôt me dire merci.
Il fit une moue contrarié puis observa son avion sans bouger de mes genoux tandis que je reprenais ma lecture. Quelques minutes plus tard, je pouvais presque sentir sa concentration tellement il s'était tendu contre moi et je relevai la tête pour essayer de comprendre ce qu'il faisait. J'écarquillai quelque peu les yeux en voyant l'avion en l'air au-dessus du sol et venir vers nous. Il oscillait quelque peu et n'avançait pas très vite mais il venait quand même. Il fut bientôt entre les mains de Bairim et je serrai mon fils contre moi en le félicitant, embrassant ses joues tandis qu'il riait. Je me repris après quelques secondes et ajoutai :
— Je suis fier de toi parce que tu as su utiliser ta magie correctement, pas pour avoir jeté ton avion et si tu recommences, je te punis.
Il se mordit la lèvre et eut une moue contrariée une fois de plus alors j'ajoutai :
— Mais si tu es sage, alors une fois par jour nous travaillerons sur ta magie et tu auras le droit de faire voler ce que tu veux. Mais que quand papa et moi sommes là et que nous t'y autorisons.
Je me doutais qu'il allait avoir dû mal à obéir à cette demande et qu'il aurait de toute façon quelques ratés, la magie n'attendant pas toujours notre accord pour se manifester, mais au moins, la règle était posée.
— Accord.
— C'est bien mon cœur, souris-je avant d'embrasser son front.
Je posai mon livre puis, avisant l'heure, lui demandai :
— Ça te dirait de faire un gâteau ?
— Oui oui oui !
Je me relevai, lui dans mes bras, puis nous allâmes jusqu'à la cuisine alors qu'il s'amusait à faire voler son avion et à en imiter le bruit. Je l'assis ensuite sur le plan de travail, même si je savais que c'était une très mauvaise idée de lui en donner l'habitude. Je fouillai les placards tout en le tenant d'une main puis en sortis toutes sortes d'ingrédients qui pourraient m'être utiles. Nous nous lavâmes ensuite tous les deux les mains et commençâmes la préparation. Je mélangeai plusieurs ingrédients puis le laissai malaxer la pâte puisque nous avions finalement décidé de faire des cookies aux trois chocolats. Bairim se mit à genoux sur le plan de travail et plongea ses mains dans la mixture. Après quelques minutes, je me plaçai correctement derrière lui et décidai de l'aider un peu en malaxant avec lui. J'entendis la porte s'ouvrir derrière nous et je sentis bientôt des bras passer autour de mes hanches.
— Quel plaisir de rentrer et de vous voir préparer quelque chose de bon.
Il m'embrassa la nuque et souffla :
— Cette nuit tu m'as manqué.
— Hm, tu m'as manqué aussi.
Et c'était vrai, j'adorais passer mes nuits avec Charlie mais je préférais être de nuit, cela me permettant de passer moins de temps en réserve et plus avec mon fils. Et puis, je n'étais pas toujours de nuit, Hulrick et moi nous partagions l'horaire. Carlos et Johanna étaient ceux qui étaient le plus souvent de nuit et Hulrick l'avait été lui aussi mais il avait voulu au fur et à mesure, reprendre des horaires de jour. J'étais certain que c'était pour Moliva mais après tout, ce n'était pas mes affaires, surtout que cela m'arrangeait.
— Et notre fils sait faire voler son avion à présent, littéralement j'entends.
— Comment ça ?
— Comme lévitation. Monsieur a jeté son avion à travers la pièce et puisqu'il n'avait pas envie de bouger et que je n'allais pas le faire pour lui, il a fait venir l'avion jusqu'à nous. Je lui ai cependant demandé de ne pas recommencer à moins qu'on ne l'y autorise.
— Oh... oui, en effet, il vaut mieux. Je me demandai aussi quand est-ce que ça magie se ferait connaitre. J'aurais préféré que cela arrive plus tard. Mais au fait, je n'ai pas le droit à mon bisou ? ajouta-t-il en chatouillant Bairim.
Il rit et se leva pour me prendre dans ses bras et embrasser son père par-dessus mon épaule, étalant de la pâte dans mes cheveux et ceux de Charlie. Je décidai de me venger gentiment et je pris un peu de pâte que j'étalai sur le bout du nez de mon fils. Il loucha pour regarder et ses yeux se remplirent de larmes. Je me mordis la lèvre et le prit dans mes bras avant de reprendre de la pâte que j'étalai sur le nez de Charlie, le montrant ensuite à Bairim qui se mit à rire.
— Ce petit nous mène à la baguette, soupirai-je ensuite avec un sourire, c'est affligeant.
— Mais si mignon.
Il trempa son doigt dans le mélange et m'en mit sur le nez avant de l'enlever avec ses lèvres tout en disant :
— Regarde Bairim, je vais manger le nez de Pada !
A peine eut-il dit ça que Bairim se mit à pleurer.
— Oh... Je… Non, pleure pas bébé.
— Mon cœur, souris-je en le serrant contre moi, le laissant enserrer ma chemise dans ses petits poings et la recouvrir de pâte. Papa ne va pas manger mon nez, il plaisante c'est tout. Même si comme d'habitude, ce n'est pas très drôle...
— Regarde, Pada a toujours son nez, souffla Charlie en caressant la joue du petit. Et puis, je ne ferais jamais de mal à Pada. Je l'aime, comme je t'aime toi. Et toi, tu nous aimes ?
— Vi, dit-il en reniflant et en passant l'un de ses bras autour du coup de Charlie pour l'attirer contre nous.
— Alors, plus de larmes, d'accord ? Et tu vas nous faire de bons cookies avec Pada ! Okay ?
— Cookie ! s'exclama-t-il avant de se tourner pour pouvoir regrimper sur le plan de travail.
Il voulut plonger ses mains dans le plat mais je les interceptai à temps pour les lui laver. Il recommença ensuite à malaxer, un air extrêmement concentré sur le visage alors que Charlie et moi l'observions.
OoOoOoOoO
J'ouvris les yeux et, avisant l'heure, me forçai à me lever. J'avais été de nuit et Harry et Draco nous rendaient visite aujourd'hui. Charlie avait été du matin ce qui signifiait qu'il devait être sorti de la réserve depuis une petite heure maintenant. J'allai prendre une douche rapide et m'habillai puis allai au salon où je trouvais Charlie, Harry et mes deux fils. Je saluai tout le monde, embrassant Charlie au passage avant de m'asseoir avec eux quelques minutes.
Deux semaines étaient passées depuis que Bairim avait commencé à utiliser ses pouvoirs et il était étonnamment obéissant quant au fait de ne pas s'en servir sans autorisation. Enfin, quand on était là du moins puisque la dernière fois, je l'avais surpris en train de faire venir à lui ses vêtements en plein milieu de la nuit. Il avait visiblement voulu enfiler la tenue de cuir que Charlie lui avait offerte pour son anniversaire et qui s'adaptait à sa morphologie. Et en regardant par la fenêtre, j'avais vite compris en apercevant Storme près de la barrière. Après cela, j'avais quelque peu grondé Bairim et l'avais laissé pleurer quelques minutes tout en retirant de sa chambre tout objet avec lequel il pourrait se blesser. Ça me tordait le cœur de le voir pleurer avec sa moue triste et blessée mais je ne pouvais pas juste tout lui passer afin qu'il soit toujours souriant et en train de me faire des câlins. N'est-ce pas ?!
Je demandai aux garçons comment fonctionnaient les affaires et ils furent ravis de me dire que le magasin n'avait jamais autant rapporté. Ils étaient mariés depuis un peu plus d'un mois maintenant et semblaient toujours aussi heureux.
— On se demandait si Bairim pourrait venir passer le weekend à la maison, fit Draco.
— Le weekend ? hésitai-je. Comme dans... deux jours et une nuit ?
— Oui.
— Ah, soupirai-je en me tournant vers Charlie. Et tu en penses quoi ?
Je connaissais déjà la réponse mais je voulais tout de même la poser, juste au cas où.
— Eh bien... cela ne me dérange pas en soi.
— Mais ?
— Mais, n'est-ce pas trop tôt ?
— Ne me pose pas la question à moi, soufflai-je, tu connais ma réponse.
— On s'en occupera bien, intervint Draco. Et Charlie, tu pourras l'accompagner chez nous et j'en ai parlé à Bairim. Je ne sais pas s'il a tout bien compris mais il n'avait pas l'air contre. Et puis, cela pourrait vous laisser un peu de temps... seuls... tous les deux, insista-t-il en me regardant.
Merlin, Draco me poussait depuis plusieurs mois à demander Charlie en mariage et j'étais certain que c'était un autre de ses coups de pouce improvisés et je l'en remerciais, mais je n'étais toujours pas certain que ce soit une bonne idée.
— Et si vraiment ça se passe mal, reprit Harry, on vous le ramènera immédiatement.
— Oui, approuva Draco. Et nous ne sommes pas obligés de le prendre ce weekend, vous pouvez prendre le temps d'y réfléchir. Il pourrait venir dormir dans une semaine ou vers la fin du mois. S'il vous plait.
— Moi ça me va, fit Charlie. Si quelque chose se passe mal, ils n'ont qu'à transplaner et changer d'environnement sera peut-être bon pour lui.
— D'accord, soupirai-je après quelques minutes de réflexion. Mais vers la fin du mois, pour le weekend du 21, ça vous va ?
Draco avait raison, j'étais stupide de repousser cela ainsi. J'avais cette bague sur moi depuis presque quatre mois à présent et je ne devais qu'à la chance le fait que Charlie ne l'ait pas déjà trouvé.
— Tu veux aller dormir chez Draco ? demanda ce dernier à Bairim.
Notre fils nous observa puis regarda son frère qui lui adressa un immense sourire.
— Vi ! dit-il ensuite, un sourire similaire étirant ses lèvres.
— Je suis certain que tu l'as déjà soudoyé, soufflai-je à Draco, quelque peu amusé.
— Je ne ferais jamais une telle chose, répondit-il en me faisant un clin d'œil. Je suis un Malfoy.
— C'est bien ce que je dis, les Malfoy ont appris de génération en génération comment soudoyer correctement. Je pensais que ce don avait atteint son paroxysme avec moi, je me suis visiblement trompé.
— Je prends ça comme un compliment.
— Tu peux, dans une certaine mesure.
Je jetai un regard à Bairim puis à Draco une nouvelle fois, avant de souffler :
— Dans deux semaines alors, nous sommes tous d'accord ?
— Oui oui, dans deux semaines.
— Merci, fit Harry.
— De rien. Quelqu'un veut boire quelque chose ?
— Un jus de citrouille, s'il y a, répondit le brun.
Charlie me demanda un chocolat et j'embarquai Draco avec moi en cuisine, le laissant s'occuper de nos thés.
— Vous retirerez tout ce avec quoi il peut se blesser d'accord ? Il aime faire léviter toutes sortes d'objets...
— C'est noté. Et toi, profites-en pour tu-sais-quoi !
— J'avais bien compris, il faut dire que tu étais très subtile.
— Charlie ne se doute de rien, donc oui.
— Comment es-tu sûr qu'il ne se doute de rien ?
Merlin, je préférais vraiment qu'il ne se doute de rien, histoire de me laisser une porte de sortie. Bon sang, il n'allait pas me dire non, probablement pas du moins, alors de quoi avais-je si peur ?
— Il n'en a rien montré en tous cas, et n'en a pas parlé à Harry à ma connaissance.
— Hm.
Charlie m'avait dit non seulement ne pas être contre mais en avoir un peu envie aussi, même s'il n'avait jamais abordé le sujet avec moi. Et pourtant, cela faisait un an et demi à présent. Alors bon, je n'en avais pas parlé non plus mais j'avais mes raisons, même si je regrettai à présent ne pas l'avoir questionné subtilement à ce sujet dernièrement, juste pour être bien certain. Et puis zut, il m'aimait et je l'aimais et j'allais lui demander de m'épouser un jour où il était habituellement de très bonne humeur parce que c'était celui-là que les Dragons avaient choisi pour insuffler leur magie en lui. Que pouvait-il mal se passer ?!
Draco ne dit rien et je préparai un verre de jus de citrouille ainsi qu'un chocolat pour Charlie et un autre pour Bairim. Nous repartîmes ensuite au salon et discutâmes de choses et d'autres. Salazar, dans deux semaines, j'allais enfin demander à Charlie de m'épouser. Je sentis un sourire étirer mes lèvres et je ne manquai pas celui que m'adressa Draco en retour, visiblement fier de ses magouilles.
oOoOoOoOo
Nous étions le 21 juin et Charlie était de garde avec Hulrick et Moliva pendant encore une petite heure. Il avait emmené Bairim chez Draco le matin même pendant que j'étais de garde et à présent, je m'ennuyais. J'avais fait un peu de ménage et j'étais à présent de repos jusqu'à demain matin.
C'était vraiment étrange de ne pas avoir mon fils près de moi mais bon, au moins, je pouvais essayer de réfléchir à comment m'y prendre pour demander Charlie en mariage. J'y pensais depuis plusieurs semaines et j'avais changé d'avis une dizaine de fois. J'avais vraiment envie que ce soit parfait mais je ne voulais pas tomber dans le romantisme à outrance. Non, sûrement pas.
Je sortis la bague et la fixai pendant plusieurs minutes, relisant l'inscription que j'y avais fait graver. J'observai attentivement les pierres et me traitai mentalement d'idiot. Je savais parfaitement ce qui allait faire plaisir à Charlie, après tout, les Dragons étaient presque tout pour lui. Je me levai et rejoignis le bureau de Geoffroy à la porte duquel je frappai. Il m'invita à entrer après plusieurs secondes et je m'assis à son bureau tandis qu'il remplissait des papiers.
— Toujours aussi envahi par la paperasse à ce que je vois, soufflai-je après plusieurs minutes.
Je ne voulais pas l'agacer, surtout vu ce que j'étais venu lui demander, mais je n'allais pas attendre ici indéfiniment non plus.
— Comme tu le vois. Tu ne peux pas t'imaginer tout ce qu'il y a derrière ce camp comme administratif.
— Et ça te plait de faire tout ça ? Je n'aurais pas cru pourtant...
— Oh que non, je déteste ça, je n'ai jamais aimé être derrière un bureau. Mais ça doit être fait. Tu vois cette pile là ? fit-il en pointant du doigt le coin droit de son bureau.
— Oui.
En même temps, c'était plutôt difficile de la manquer.
— Ce devrait être fait depuis deux semaines.
— Pourquoi ne délègues-tu pas ? demandai-je surpris.
— Déléguer à qui exactement ?
Il rit et se laissa aller dans le fond de son siège.
— Pourquoi es-tu là ?
— Quoi, tu es le seul à pouvoir remplir des papiers ? Mais si ça te fait plaisir de t'occuper de cela seul, je ne vais pas te retirer ton plaisir. Et j'aimerais que Charlie et moi puissions aller... faire un tour dans la réserve ce soir.
— Personne n'a envie de le faire, nuance. Au début, j'avais délégué, mais j'ai vite arrêté. Et que... La réserve, ce soir ? Pourquoi ?
— Je voudrais... le demander en mariage.
Il sembla surpris et sourit ensuite.
— Pour ce genre de chose, je peux faire une entorse et puis, je sais qu'ils ne vous feront rien. Mais... tout à un prix, souffla-t-il les yeux brillants.
Je m'en serais douté. J'attrapai l'un des dossiers de la pile sur son bureau et le feuilletai succinctement, réalisant rapidement que c'était beaucoup de demandes de subvention et de compte-rendu d'inventaire.
— Je t'écoute, dis-je au bout d'une minute en voyant qu'il ne disait rien.
— Tu sais, les biscuits que tu as faits il y a plusieurs mois, à la noix de coco. J'aimerais en avoir une petite réserve personnelle.
— Sérieusement ? le questionnai-je, clairement amusé.
— Oui. Chaque homme à sa faiblesse. Tu t'attendais à quoi exactement ?
— Je ne sais pas trop, mais cela me convient... Quant à ça, fis-je en indiquant le dossier que j'avais en main et reposai sur la pile. Comment sais-tu que personne n'a envie de s'en occuper ?
— J'en en avais discuté avec eux... c'était un peu avant l'incendie, je crois.
J'imaginai facilement la tête qu'avait pu faire Charlie quand Geoffroy le lui avait proposé. J'étais déjà étonné qu'il ait été remplir les papiers pour Bairim à Gringotts, surtout avec sa fâcheuse manie d'oublier trois cases sur quatre. La paperasse n'était pas particulièrement excitante, c'était certain, mais si je pouvais en tirer un avantage, alors pourquoi pas.
— Est-ce que... ma peine et le pourquoi de ma présence ici t'empêcheraient de me confier cette tâche ?
Après tout, j'étais toujours un ancien Mangemort et je purgeai ma peine ici, alors je comprendrais parfaitement qu'il préfère ne pas me confier le bon fonctionnement de sa réserve. Il fronça les sourcils.
— C'est-à-dire ?
— J'ai fait ça une bonne partie de ma vie, remplir des papiers pour récupérer de l'argent notamment alors si tu veux...
— Oh. Et bien, disons que cela m'allégerait et me permettrait d'aller un peu plus dans la réserve et de dormir plus. Mais toi, ce te fera travailler moins dans la réserve. Es-tu prêt à ça ?
— Tu veux dire, être moins dehors à voler pendant des heures et plus ici à remplir quelques papiers et m'occuper de mon fils ? Je pense que je m'en sortirais, oui.
— Alors il n'y a pas de problème. Le Ministère n'a jamais donné d'interdit en ce qui concerne tes tâches. Seulement, tout ce que tu feras ici devra rester confidentiel. Pas que j'ai des choses à cacher, mais je préfère donner les informations voulues au moment voulu.
— Comme tu veux. Il y a de toute façon peu de chance que Charlie me pose des questions là-dessus...
— Très bien. As-tu un moment que je t'explique le fonctionnement ?
— Oui oui.
Après tout, Charlie était encore de garde et Bairim était chez son frère, je n'avais donc rien de mieux à faire.
— Tu dois déjà savoir que les subventions sont le plus gros du travail, car il faut faire des demandes chaque mois, à plusieurs endroits. L'agence mondiale de la protection des créatures magiques, il y a aussi l'organisme des créatures en voie d'extinction. Ensuite, toujours mensuellement, il faut envoyer une demande de subvention à chaque Ministère relié à chaque employé. Donc, aujourd'hui : en Angleterre, en Roumanie, en Australie, en Finlande, en Espagne et en Amérique. Il faut lier le nombre d'heure de chaque gardien, mais aussi le détail de l'inventaire que ce soit pour les Dragons, mais aussi pour nous. Ils nous allouent ensuite un montant mensuel qui change trop souvent à mon goût, et surtout petit. J'arrive à tenir le camp dans le vert et à offrir une prime justement en faisant tout ça.
— Okay.
Cela semblait plutôt long et fastidieux mais pas insurmontable
— Et sinon, as-tu des notions en comptabilité ? Parce que je peux aussi te laisser enregistrer les diverses transactions. Sans oublier aussi les divers paiements à effectuer pour le territoire que nous occupons.
— Pas de problèmes
— Bon... tu penses qu'il te faudrait combien d'heure par jour ? Deux, trois ? Plus ?
— Cela dépend. Puisque je dois rattraper ton retard, je dirais quelques heures par jour. Et ensuite... nous verrons bien je suppose.
— Très bien. Tu commences demain, je vais ranger le bureau pour que tu t'y retrouves.
— D'accord. Bonne fin de journée.
— A toi aussi, même si je doute qu'elle se passe mal. Ne passez juste pas la nuit là-bas.
— Ce n'est pas dans mes plans, ne t'en fais pas.
— Allez fiche le camp, avant que je ne te donne le ménage à faire ici !
— Si tu me donnes trop de ménage, je n'aurais pas le temps de faire tes gâteaux...
— Alors que fais-tu encore ici ? sourit-il.
Je ris et me levai puis sortis pour rejoindre la salle à manger dans laquelle je trouvais tous les gardiens hormis Johanna, Carlos et Isaac. J'allai embrasser Charlie puis m'installai à ses côtés.
— Où étais-tu ? demanda-t-il.
— Avec Geoffroy.
— Que voulait-il ?
— Rien en particulier. Mais je vais l'aider avec tous ses papiers à partir de maintenant.
— Comme tu veux, on est pas du même avis là-dessus, rit-il.
— En effet. Tu as quelque chose de prévu ce soir ?
— Pas spécialement. Je te préviens, ne compte pas sur moi pour t'aider avec ces conneries !
— Merlin non, tu ne ferais que me donner dix fois plus de travail, répliquai-je alors que les autres riaient sous cape.
— Oui, alors, j'aurais du temps.
— Bien.
— Bien.
OoOoOoOoO
Nous avions terminé de manger une heure plus tôt et Charlie et moi étions à présent dans le salon. Si j'avais eu un tant soit peu plus de volonté, nous serions partis depuis longtemps dans la réserve mais cette stupide crainte qu'il me dise non était revenue en force et je la combattais intérieurement depuis plusieurs dizaines de minutes. Je me levai brusquement et partis dans notre chambre. J'ouvris le tiroir de ma table de nuit et pris la petite boite carrée, prenant ensuite la bague dans ma poche et la mettant correctement à l'intérieur. Je ressortis ensuite de la pièce, mon balai et celui de Charlie en main, avant d'avoir l'occasion de changer d'avis. Je revins au salon et restai dans l'encadrement dans la porte pour souffler :
— Une promenade, ça te dit ?
— Une promenade ? Ouais !
Il se leva et vint me rejoindre, m'attirant à lui pour m'embrasser.
— Tu vois qu'il y a des bons côtés au fait que Bairim soit chez Draco et Harry.
— Je n'ai jamais dit le contraire..., répondis-je en passant mon bras autour de ses hanches avant de le guider hors du bâtiment puis vers le portail.
— La réserve ? Sérieux ! Tu veux encore faire des gardes supplémentaires ou quoi ?
— Geoffroy est d'accord.
— Tu me surprends là, et j'aime ça.
— Heureux de te l'entendre dire.
J'ouvris le portail puis nous pénétrâmes à l'intérieur de la réserve.
— Tu veux voler ou marcher ? lui demandai-je ensuite.
— Marchons un peu et volons ensuite, non ?
Je lui pris la main et nous avançâmes doucement en silence. Charlie semblait parfaitement détendu et plutôt heureux, ce qui était un bon point. Quant à moi, j'essayai de me remémorer ce que j'allais bien pouvoir lui dire. J'avais écris plusieurs « discours » au fil des derniers mois mais je les avais tous froissé, déchiré puis jeté au feu. J'avais écris des choses plus stupides les unes que les autres et de toute façon, j'aurais été incapable de m'en souvenir. Et puis, cela ne devait pas être si difficile. J'allais juste lui dire que je l'aimais et que je voulais que cela soit officiel. Je devais tout simplement éviter de dire des choses stupides ou mièvres qui le feraient très certainement exploser de rire.
— Regarde qui voilà, souffla-t-il.
Je relevai la tête et vis Émeraude venir se poser à quelques mètres de nous.
— Lucius ? demanda Charlie.
— Hm ? fis-je en tournant la tête vers lui.
— Accepterais-tu de voler avec Émeraude et moi ?
— Comment ça, voler avec vous ?
J'avais peur de comprendre ce qu'il entendait par là, je devais l'avouer.
— Sur son dos.
Il se tourna ensuite vers le Dragon et demanda :
— Tu acceptes toi, pas vrai ?
La bête expira par le nez et remua sa longue queue. Mon cœur rata un battement et j'inspirai profondément. Les Serpentard, et les Malfoy plus encore, étaient connus pour leur instinct de survie parfaitement développé et faire cela... Faire cela irait à l'encontre de tout. Mais après tout, je voulais devenir à moitié Weasley non ?! Je sentis mes lèvres s'étirer en une grimace à cette pensée et regardai alternativement Charlie et son Dragon puis hochai la tête légèrement, tout de même incertain.
— Oh bordel, ça va être fantastique.
Il lança un sort sur nos balais pour les réduire et me dis :
— Tu peux les mettre dans la poche de ton pantalon ?
— Sûr, soufflai-je en les y mettant dans celle de gauche, celle qui ne contenait pas la bague.
Il prit ensuite ma main et nous mena jusqu'à Émeraude.
— Touche-le...
Je tournai ma tête vers celle du Dragon et croisai son regard, me faisant immédiatement repenser au jour où j'avais été chercher Charlie dans la réserve, des années plus tôt. Des années qui me semblaient être une éternité à présent. Je resserrai ma prise sur la main de Charlie puis approchai l'autre du Dragon, sans cependant oser le toucher. Faire cela serait comme franchir une ligne, celle qui me séparait de la raison et de la folie.
Émeraude posa sa tête au sol et ferma les yeux.
Bon, après tout, sortir avec Charlie Weasley et vouloir l'épouser pouvait également s'apparenter à de la folie pure. Un sourire étira mes lèvres alors que je touchais la peau du Dragon du bout des doigts. Ce n'était pas particulièrement désagréable, contrairement à ce que j'avais pensé.
— Si je pouvais, je te ferais l'amour ici et maintenant pour cette preuve de confiance. Allez viens !
Il me tira à sa suite et grimpa sur le dos d'Émeraude avant de m'aider à monter à mon tour. Je m'assis derrière lui et entourai ses hanches de mes bras avant de poser mon menton sur son épaule.
— Accroche-toi, c'est autre chose qu'un vol...
Il ne finit pas sa phrase, la bête ayant décollée. Je déglutis difficilement et resserrai ma prise sur ses hanches tandis que je nous sentais voler vite, vraiment très vite. Le Dragon vira brutalement à gauche et j'enfouis la tête dans le cou de Charlie. Je nous sentis monter en l'air brutalement et je resserrai plus encore ma prise sur ses hanches. Je redressai la tête et ouvris les yeux quelques secondes plus tard. Grave erreur cependant, puisque c'est ce moment précis que choisit ce foutu Dragon pour redescendre en piqué. J'entendis Charlie rire et je mordis la peau de son cou pour me venger. Il grogna et cria ensuite :
— T'es content maintenant, je bande !
Je mordis plus fort puis le relâchai alors qu'Émeraude entamait des roulades sur le côté. J'attendis qu'il se remette à voler normalement puis dis à l'oreille de Charlie, assez fort pour qu'il entende malgré le vent qui sifflait à nos oreilles :
— Très content, oui.
Le Dragon remonta haut dans le ciel et entama un looping qui me fit déglutir difficilement. Cela faisait à présent plusieurs minutes que nous volions et je n'étais pas certain que mon cœur tienne encore bien longtemps à ce rythme.
— Charlie, ça t'embête si on... redescend sur la terre ferme ?
— Non... Émeraude, tu as entendu ? Repose-nous mon grand.
Nous perdîmes rapidement de l'altitude et le Dragon se posa au sol quelques minutes plus tard. Je descendis immédiatement et posai les pieds à terre, plus heureux que jamais d'être au sol. Je n'avais jamais particulièrement apprécié voler et même si j'avais cru que je m'y étais fait après tous ces mois dans la réserve, il n'en était visiblement rien. Merlin, voler sur un balai et voler sur... ça, c'était totalement différent.
— Alors ?
— Alors je ne ferais pas ça tous les jours. Mais si cela te fait plaisir, je suppose que je pourrais recommencer.
Après encore une ou deux fois, je commencerai certainement à me faire aux sensations. Et puis, nous n'étions pas morts, ce qui était un bon point. Charlie m'attira à lui et m'embrassa longuement, jouant de sa langue dans ma bouche.
Une fois la surprise passée, je répondis à son baiser et glissai mes mains sur ses fesses pour le coller plus à moi encore.
Il gémit et entoura mon cou de ses bras.
Nous nous embrassâmes pendant un temps incalculable et je me sentis durcir dans mon pantalon au fur et à mesure du baiser. Sauf que je ne l'avais pas amené ici pour cela et en plus, je doutais que coucher avec lui en plein milieu de la réserve soit une merveilleuse idée. Parce qu'il était indéniable que c'était ce qui allait suivre si nous poursuivions ainsi. Je partis donc lécher et mordiller son cou quelques minutes avant de le repousser doucement. Il avait les lèvres rougies et le regard brillant et je dus me retenir pour ne pas juste lui sauter dessus.
— Sais-tu à quoi je pense ? murmura-t-il.
— A quoi ?
— Toi, moi et le sol. Tu en dis quoi ?
— Tentant, vraiment, mais non. Tout d'abord, je te rappelle que trois gardiens sont en train de survoler la réserve en ce moment, et Geoffroy ne serait clairement pas d'accord avec ça...
Bon, ça allait être le moment. Je passai ma main sur ma poche et sentir la petite boîte me rassura et me stressa à la fois.
— Tu as raison, tu as foutrement raison même, mais cela n'enlève pas mon envie, souffla-t-il en venant de nouveau se coller à moi. Tu m'as excité et maintenant, tu me trouves des excuses idiotes. Je te veux, prends-moi.
— Tu ne me facilites pas la tâche, jamais, n'est-ce pas ? soupirai-je en me mordant la lèvre, mes mains se posant instinctivement sur ses hanches.
Salazar, si on faisait cela, j'allais me dégonfler une fois de plus, Draco me traiterait d'idiot et il aurait parfaitement raison.
— Te faciliter la tâche à quoi ? demanda-t-il en mordillant mon cou.
— Après, d'accord, soufflai-je en le repoussant un peu plus.
Je posai mes mains sur ses épaules et le maintint à une distance raisonnable. Il sourit et regarda ensuite Émeraude s'envoler. Je l'observai et le trouvai dangereusement beau ainsi. L'une de mes mains glissa sur son cou tandis que l'autre alla se poser sur sa joue que je caressai de mon pouce.
— Tu es beau, murmurai-je en me rapprochant imperceptiblement de lui.
— Je sais, mais tu l'es bien plus.
— Et je t'aime, ajoutai-je, un sourire aux lèvres. Bien plus que je ne l'aurais pensé possible. Dire que je ne croyais même pas en l'amour...
— Oui, c'était une idiotie, souffla-t-il en riant. Et moi aussi je t'aime mon amour. Comme je n'aurais pas cru aimer qui que ce soit.
— Tu le dis encore.
Ma main sur son cou alla s'égarer dans ma poche et je resserrai mes doigts autour de la petite boîte recouverte de soie.
— Dire quoi encore ? demanda-t-il en se reculant un peu.
— Ce n'était pas une critique, loin de là, souris-je en faisant un pas en avant pour être de nouveau proche de lui. Mon amour...
J'avais remarqué qu'il m'appelait ainsi de plus en plus souvent depuis un moment maintenant. J'avais préféré me taire au début, certain qu'il ne réagirait pas forcément bien, mais c'était différent maintenant, n'est-ce pas ?!
— Ah bon ? Je ne sais pas, je ne m'en rends plus vraiment compte. Cela te gène-t-il ? Ou est-ce le contraire... mon amour.
— Plutôt le contraire en effet, soufflai-je en posant mes lèvres contre les siennes.
Je me décollai de lui avant que le baiser ne prenne trop de profondeur puis je sortis ma main de ma poche et embrassai son cou doucement. Je me baissai ensuite et posai un genou à terre puis ouvris la boite que je présentai à Charlie.
— J'ai déjà été marié une fois, parce que je le devais. Mais avec toi, aujourd'hui et ici, j'aimerais me marier parce que je le veux. Alors, je te le demande. Charlie, veux-tu m'épouser ?
POV Charlie
J'avais apprécié qu'il ait demandé à Geoffroy l'autorisation pour venir dans la réserve. Et j'avais aimé au delà des mots qu'il me fasse assez confiance pour s'approcher d'Émeraude, le toucher et monter sur son dos.
Pendant le vol, j'avais perçu sa tension, mais il n'avait rien dit et m'avait laissé profiter de ce moment unique jusqu'ici. La sensation de vol, sentir Émeraude sous moi et Lucius dans mon dos m'avaient donné le sentiment d'être complet, sans vraiment l'être. Pour que cela ait été le cas, il aurait fallu que Bairim soit avec nous. Et j'espérai qu'un jour, cela se produise.
Mais la question n'était pas là, elle était sur ce que venait de me demander Lucius. Enfin, après autant de temps, j'en avais presque oublié cette histoire de mariage. Seulement, quand j'étais tombé sur la bague deux mois plus tôt, j'avais été excité. Mais ça s'était vite transformé en de l'attende, puis de l'abandon. J'avais cru... à tord, qu'il avait changé d'avis, qu'il ne voulait pas se remarier en fin de compte.
Mais pourquoi attendre tout ce temps ? Qu'est-ce qui l'avait retenu ?
Était-ce moi ? Avait-il douté de mon amour pour lui ? Avais-je dit ou fait quelque chose de mal ?
Je n'en savais rien, mais il l'avait enfin faite, d'une manière que je n'aurais même pas imaginée. Seulement... à sa question, je n'avais rien ressenti. Pas de joie, ni de bonheur, ni quoi que ce soit d'autre. Parce qu'il avait trop attendu, parce que j'avais arrêté d'espérer ? Je n'en savais rien, mais ce moment que j'avais attendu avec impatience était maintenant réel et bien moins joyeux.
Je soupirai et me frottai le visage.
Je voulais dire oui... une grande partie de moi le voulait. Il était l'homme que j'aimais, le père de Bairim. Seulement, il y avait le temps qui avait joué, amenant l'amertume, puis l'oubli. Du coup, là, tout de suite, j'étais mitigé entre le prendre dans mes bras et accepter, ou lui demander pourquoi.
Pourquoi avoir attendu aussi longtemps, pourquoi maintenant ?
Qu'est-ce qui l'avait décidé ?
J'étais conscient qu'il devait attendre ma réponse et trouvais touchant qu'il soit encore le genou au sol. Je pris la même position et caressai sa joue du bout des doigts :
— Je ne sais pas quoi te répondre Lucius pour être franc. Je suis désolé.
Son visage se referma instantanément et il ferma les yeux quelques secondes avant de refermer la boîte en un claquement. Il rouvrit les yeux et ses lèvres s'étirèrent en un sourire qui sonnait faux.
— Tu n'as pas à t'excuser, j'ai été stupide.
Il déposa un baiser sur mes lèvres puis se releva rapidement, son regard refusant de croiser le mien.
— Je demanderai à Draco de la rapporter.
— Je ne refuse pas, m'empressai-je de dire. Je t'ai dit que je ne savais pas quoi répondre, c'est différent.
J'avais pris une voix froide, et je m'en voulus. Mais la colère montait car c'était lui le coupable dans cette histoire, alors je n'avais pas à culpabiliser d'avoir été franc.
— Sauf que si tu le voulais, tu dirais oui, dit-il d'une voix tremblante avant d'inspirer profondément, son regard toujours braqué sur le sol.
— Et toi ? Si tu l'avais vraiment voulu, tu me l'aurais demandé bien avant. Pourquoi dirais-je oui, alors que toi, tu ne sembles pas le vouloir. Un an, même plus, depuis ta promesse. Que crois-tu ?
Il redressa la tête et son regard humide croisa le mien. Il serra les mâchoires et répliqua :
— J'avais besoin d'argent pour t'acheter cette stupide bague et ensuite, je voulais juste que le moment soit parfait. Et oui, c'est vrai, j'avais peur que tu me dises non. Je pensais que c'était une peur irraisonnée mais apparemment, mon instinct est meilleur que je ne le pensais. Mais oublie d'accord. Tu n'as pas à m'épouser si tu ne le veux pas, certainement pas. Et ça ne change rien à ce que je ressens pour toi ou à ce que tu ressens pour moi.
— Mais je t'aime ! Et je veux t'épouser. Et cette histoire d'argent, tu as la bague depuis des semaines, sifflai-je les larmes aux yeux. Ne prends pas ça comme excuse. Et si ma mémoire est bonne, je t'ai dit que je voulais, mais tu n'as pas fait ta demande à ce moment là. Alors, arrête de me mentir et dis-moi ce qui t'as fait hésiter ? Quelque chose que j'ai fait ou dit ? Quoi !?
— Tu ne m'écoutes pas ! Tu n'as rien dit et n'as rien fait. J'avais peur que tu dises non parce que c'est comme ça. Tu aurais pu avoir changé d'avis, décidé que tu ne voulais pas de mariage ou pas de mariage avec moi ou que sais-je encore. Je ne sais pas d'accord ?! J'avais peur parce que je savais que je ne supporterais pas de me faire rejeter comme...
Il frotta ses yeux humides de ses mains et reprit :
— On est en train de se disputer. Je voulais juste que... Mais qu'est-ce que j'ai cru à la fin ? C'est toujours pareil. Chaque fois que tout va bien ou même que je crois que tout va bien, ça finit juste par s'effondrer...
Je l'agrippai par le col de sa chemise et plaquai ma bouche contre la sienne, brutalement d'abord, puis je me fis doux contre ses lèvres. Je me séparais ensuite de lui et murmurai :
— Alors c'est un oui. De plus profond de mon cœur, je dis oui.
Il avait eu peur, comme moi de mon côté j'avais eu peur qu'il change d'avis. Et cela nous avait fait perdre du temps, chose que je ne voulais plus. Lucius me repoussa légèrement et souffla :
— Bon sang Charlie, comment veux-tu que... Tu es tellement lunatique, je ne sais jamais comment tu vas réagir, comment voulais-tu que je n'ai pas peur ?! Si tu me quittais demain, je n'en serais même pas surpris. Je ne sais jamais ce que tu penses ou comment tu réagiras si je dis quelque chose que tu n'apprécieras pas ou ne comprendras pas. Je t'aime, je veux t'épouser et je ne veux en aucun cas te changer, mais tu dois arrêter de faire ça. Tu ne peux pas me faire croire que tu ne veux pas pour ensuite m'embrasser ainsi et...
Il s'interrompit et essaya visiblement de maitriser sa respiration qui s'était faite haletante au fur et à mesure qu'il parlait. Une larme roula sur sa joue et il l'essuya d'un poing rageur tout en jurant.
— Justement, je ne t'ai jamais dit que je ne voulais pas, j'ai dit que je ne savais pas quoi répondre. Je voulais te dire oui, mais le fait que tu ais attendu autant de temps m'a fait douter de toi et non de moi.
Je caressai ses joues de mes pouces et posai ensuite mon front contre le sien.
— Quand je suis tombé sur la bague, j'étais heureux, et excité à l'idée que tu fasses ta demande. Mais les jours ont passé et rien n'est arrivé. Alors j'ai cessé d'y croire, pensant que toi, tu avais changé d'avis. Et ensuite, j'ai oublié et j'ai essayé de ne pas t'en vouloir.
— Tu as essayé de ne pas m'en vouloir. Mais tu n'es pas venu m'en parler. Donc, tu aurais pu finir par m'en vouloir et juste partir. Et j'ai cette stupide bague depuis près de six mois.
— Six mois ?
Si jamais je l'avais vu dès le départ, je ne savais pas comment j'aurais réagit à sa demande. J'aurais sans doute craché un « non » avant de reprendre le chemin de la barrière.
— Tu aurais dû me le demander dès que tu l'as acheté. Ou alors, me faire comprendre que tu préférais que ce soit moi qui le fasse. Je ne suis pas un adorateur des mariages, mais en discutant avec Harry, j'ai compris que tant que cela ne serait pas fait, tu n'aurais pas beaucoup de droit en ce qui me concerne, s'il m'arrivait quelque chose. Et je t'aime. Toi, tout entier. Ton passé, ton présent et notre avenir. Et j'espère qu'il en est de même pour toi, parce que nous allons nous marier.
— J'ai essayé, plusieurs fois. Mais tu ne me facilites vraiment jamais la tâche, Charlie. C'est même plutôt le contraire. Je sais que tu ne le fais pas exprès, et c'est pourquoi je ne t'en veux pas pour ça, mais quand même.
— Comment ça, je ne te facilitais pas la tâche ? Qu'est-ce que j'ai fait exactement ?
— La première fois, tu as disparu. On parlait et je me suis retourné pour prendre la bague et en me retournant, tu n'étais plus là. Quelques semaines plus tard, j'ai envisagé à nouveau cette possibilité et quand j'allais te parler, tu es parti pour aller chercher Bairim. Et les deux fois suivantes, tu m'as sauté dessus, un peu comme là en fait. Sauf que je n'ai pas pu te résister et j'ai laissé tomber. Alors oui je sais, c'est ma faute et j'aurais dû te retenir ou Merlin sait quoi mais... Je ne sais pas, je me suis dit que ce n'était sûrement pas le bon moment.
— Et je viens de tout gâcher, compris-je.
Si ce qu'il disait été vrai, j'avais à chaque fois agit pour l'empêcher de faire sa demande, sans même m'en rendre compte. Parce que si j'avais eu ne serait-ce que l'idée qu'il allait me demander ma main, jamais je n'aurais agi de la sorte.
Et maintenant, je l'avais fait limite pleurer, tout ça parce que je n'avais pas parlé en voyant la bague sans voir sa demande suivre. Mais lui non plus ne m'avait pas parlé de ses doutes. Je m'en voulais d'avoir répondu comme ça, mais je me devais d'être honnête et si j'avais répondu oui, j'aurais eu ce doute en moi comme quoi il se forçait. Et ça ne nous aurait menés à rien de bon.
Rien.
Tandis que là, le moment était foutu, la magie qui aurait dû être présente était absente, mais je ne doutais plus et certainement que pour Lucius, c'était pareil. Donc, certes... les choses ne s'étaient pas passées comme elles l'auraient due, mais maintenant, je n'allais plus avoir de doute.
Je tendis la main, en une demande muette pour qu'il me donne la bague.
— Tu ne pourras plus revenir en arrière ensuite Charlie. Enfin si, bien sûr, tu pourras, mais si on divorce, ce sera fini alors...
Je gardai la main tendue et il y posa la boîte. Je souris et mis à mon tour un genou à terre.
— Lucius, commençai-je en ouvrant l'écrin et en lui présentant, je sais pertinemment que je suis un connard lunatique. Sans oublier le côté bordélique que tu détestes tant chez moi. Mais quelque chose t'a mis sur ma route et je suis tombé amoureux de toi, sans m'y attendre. Et je sais, dans mon cœur, que tu es certainement la seule personne que j'arriverais à supporter. Parce que... je suis fait pour toi et tu es fait pour moi. Veux-tu m'épouser ?
Au fur et à mesure de mon discours, un sourire avait de plus en plus étiré ses lèvres. Il hocha la tête et me tira à lui, me remettant sur mes pieds, pour poser sa bouche sur la mienne et m'embrasser profondément.
Je le collai à moi, entourant ses hanches de mes bras et répondis à ses lèvres, sa langue. Je caressai ses hanches, passant sous son haut et le sentis frissonner. Je nous obligeai à nous accroupir, puis nous allonger sur l'herbe. Je me plaçai au dessus de lui, l'embrassant avec encore plus de passion. Ses mains se posèrent sur mes fesses et me plaquèrent contre lui. Je nous fis rouler et il se retrouva au dessus de moi, emprisonné de mes jambes, que je venais de passer autour de son bassin.
— Quand veux-tu le faire ?
A peine ma question posée, que je ne lui laissai pas le temps de répondre, reprenant ses lèvres d'assaut. Je le sentis sourire avant que sa main ne se pose derrière ma nuque, me gardant ainsi contre sa bouche. Il la caressa de ses doigts et passa ensuite sa main dans mes cheveux, alors que les miennes passaient la barrière de son pantalon pour palper ses fesses fermes et musclées.
— Quand tu veux, souffla-t-il contre mes lèvres. Avant la fin de l'année, si possible...
— Que dis-tu du 22 septembre ? proposai-je tout en picorant son cou.
— Et bien... oui mais enfin, pourquoi cette date en particulier ?
— Tu ne te souviens pas ? soufflai-je avant de mordiller son lobe d'oreille.
— Charlie, tu ne m'aides pas à me concentrer là...
— Ah bon ? fis-je d'une voix innocente tout en ondulant des hanches.
— Non, rit-il, m'embrassant ensuite.
Il se redressa quelque peu, semblant chercher quelque chose des yeux. Lucius se pencha légèrement sur le côté puis ouvrit la boîte qu'il venait de récupérer pour en sortir la bague. Il attrapa ma main gauche et présenta l'anneau à mon annulaire, ancrant son regard dans le mien.
Je hochai la tête, sachant malgré tout que j'allai avoir du mal à la supporter dans un premier temps.
Il la fit glisser le long de mon doigt qu'il porta ensuite à sa bouche pour l'embrasser. Il en avala le bout qu'il suça puis resserra ses dents à la limite de ma première phalange, mordant doucement. Il entremêla après nos doigts et se repencha sur moi pour m'embrasser profondément.
Je grognai et me plaquai contre lui afin qu'il sente bien mon désir. J'étais plus que dur dans mon pantalon et je ne désirais plus qu'une chose : qu'il me prenne ici et maintenant. Dans la réserve, sur l'herbe avec le danger que les autres gardiens nous surprennent. Lucius gémit puis décolla ses lèvres des miennes et souffla contre elles, souriant :
— Pourquoi cette date ? J'ai beau y réfléchir, enfin essayer avec ce que je sens contre ma cuisse, mais je ne vois toujours pas.
— Prends-moi et je te le dirais, fis-je.
— Chantage ? rit-il avant d'aller embrasser mon cou.
— Tout à fait. As-tu un problème avec ça ? demandai-je en montant des hanches.
— Je pense que je m'en remettrai. Merlin, Geoffroy va nous tuer s'il l'apprend mais je m'en fiche !
Il se jeta sur ma bouche et ses mains tirèrent sur mon t-shirt pour me le retirer. Je l'aidai et en fis de même avec lui. Je passai les mais sur son torse chaud avant qu'il ne me plaque au sol, s'attaquant à mon cou, le mordant, le suçotant. Je fermai les yeux et gémis, tout en caressant ses fesses. Je baissai ensuite son pantalon du mieux que je le pus et y glissai la main pour prendre son sexe gorgé de sang. Il mordit fortement mon cou et j'haletai tout en rejetant la tête en arrière.
— Bordel c'que c'est bon !
Lucius rit doucement et mordit mon cou une fois de plus tout en défaisant mon pantalon pour prendre mon membre en main à son tour. Je mordis son épaule, alors qu'il passait son pouce sur mon extrémité.
— Prends-moi, suppliai-je. Je te veux.
— A quel point ? haleta-t-il contre mon oreille.
Il caressa de nouveau mon extrémité alors que de son autre pouce, il taquinait mon entrée sans cependant me pénétrer.
— Au point que je me fous d'être préparé. Je te veux en moi mon amour, s'il te plaît, ajoutai-je.
Je me rendis aussi compte que je n'avais plus de problème pour le supplier dans ce genre de situation et j'en étais heureux. Lucius se figea et m'observa quelques secondes tout en se mordant les lèvres, visiblement hésitant.
— On n'a même pas de lubrifiant, dit-il dans un souffle.
Ah, en effet, j'avais oublié ce détail. Et certes la douleur était source de plaisir, mais pas à ce point là.
— Prépare-moi alors, mais fais vite...
A peine avais-je fini ma phrase qu'il fit entrer son pouce en moi, qu'il remplaça bientôt par deux autres de ses doigts. Je m'empêchai de grimacer, et souris, avant d'attirer son visage pour l'embrasser. Il ajouta rapidement un troisième doigt et frôla ma prostate, ce qui me procura du plaisir. Il commença à me masturber plus fortement et je gémis, bougeant des hanches, allant vers ses doigts. Lucius les retira alors et bougea pour coller son gland contre mon entrée, me pénétrant ensuite lentement, vraiment très lentement.
Je rejetai la tête en arrière, ouvrant la bouche pour crier, alors qu'aucun son ne passa la barrière de mes lèvres. Je pris une bonne respiration et me détendis rapidement. Quand Lucius fut entièrement moi, j'entourais ses hanches plus étroitement et bougeai, tout en suçotant toute la peau à ma portée. Il tira quant à lui sur mes cheveux et colla sa bouche à la mienne puis se retira tout aussi lentement qu'il était entré avant de revenir de nouveau.
Je ne fus bientôt plus qu'une loque gémissante, me déhanchant de manière désordonnée. Néanmoins, je sursautai quand un Dragon atterrit à nos côtés.
— Bordel de merde, soufflai-je tout en retenant Lucius. N'y pense même pas et termine ce que tu as commencé.
Il sembla hésiter et me mordis violemment l'épaule puis recommença à bouger en moi, heurtant ma prostate à chaque fois. Il effleura mon gland de son pouce mais ne me caressa pas, préférant taquiner mes tétons tout en soufflant :
— On aura l'air malin s'il raconte ça à Bairim...
— M'en fou, soufflai-je.
Le Dragon rugit soudain et cracha des flammes, en direction du ciel. Je grognai et gémis, avant de crier, Lucius venant de donner un coup de rein plus puissant que les autres. Je bougeai, de plus en plus vite et suppliai qu'il me touche, qu'il me fasse jouir.
— Tu n'as pas besoin que je te touche pour jouir..., murmura-t-il avant de lécher le lobe de mon oreille.
Il accéléra ses coups de bassin qui se firent plus puissants et plus profonds encore. Je ne retins pas mon plaisir et mon corps commença à trembler quand le Dragon s'approcha de nous. Il rugit alors que Lucius me mordait profondément. Je gémis comme un fou et me sentis me vider entre nous. Il continua malgré tout à bouger en moi et se vida quelques coups de reins plus tard, m'emmenant au septième ciel.
Mon blond se laissa retomber sur moi, essayant néanmoins de ne pas faire peser tout son poids tout en léchant les différentes marques que je devais avoir au niveau du cou et des épaules. Quant à moi, je tentai de reprendre un rythme de respiration normal. J'y parvins quelques minutes plus tard et embrassai la clavicule de Lucius, tout en caressant son dos.
— C'était...
Je ne finis pas ma phrase, ne sachant pas quel mot employer.
— Je suis assez d'accord, sourit-il doucement.
Il posa ses lèvres contre les miennes et m'embrassa lentement, sa langue massant la mienne délicatement. Cela dura plusieurs minutes, avant que l'air frais ne nous fasse frissonner. Et nous ne devions pas être malades, surtout avec Bairim, alors je quittai les lèvres si tentantes de Lucius et le repoussai délicatement. Je me relevai ensuite, et sentis couler entre mes fesses son sperme. Je cherchai ma baguette et me lançai un sort de nettoyage avant de me rhabiller. Quand j'eus fini, je remarquai que Lucius était lui aussi vêtu mais figé, le regard braqué sur quelque chose derrière moi.
— Oh Merlin, souffla-t-il en se pinçant les lèvres. On est mal.
J'eus peur et me retournai lentement, très lentement. Quand je vis ce qui avait fait se figer Lucius, je déglutis.
— Je rêve, gronda Geoffroy en s'avançant vers nous. Putain dites-moi que je rêve !
— Tu rêves, soufflai-je en rentrant la tête dans les épaules.
— Toi ! Ne commence pas ! Mais qu'est-ce qu'il vous a pris ? A quoi est-ce que vous pouvez bien penser ?! Si tant est qu'une telle chose vous arrive !
Il se tourna vers Lucius et reprit :
— Tu m'avais assuré que vous ne traineriez pas trop dans la réserve, alors je ne l'avais pas précisé, mais je pensais que ça incluait également le fait de ne pas BAISER dans la réserve !
Lucius voulut répondre et Geoffroy parla roumain, d'une manière qui n'inaugurait rien de bon.
— La ferme ! Je t'avais fait confiance, vous avais fait confiance. Et vous ? Vous baisez, sans même prendre attention au Dragon à vos côtés. Sans défense, hurla-t-il.
Il sortit sa baguette, la serrant de toutes ses forces avant de dire, les yeux lançant des éclairs :
— Attendez-vous à être puni en conséquence. A partir de maintenant, Charlie, tu dormiras dans votre ancienne chambre. Vous ne pourrez plus vous voir sans être accompagné et sans vous toucher. Et si jamais vous faites une infraction à cette consigne, je vous vire de ce camp, est-ce clair ?
— Att... attend... Quoi ? fit Lucius visiblement perdu.
N'ayant jamais vu pour ma part Geoffroy autant en colère, je ne savais pas comment réagir.
— Je... Tu n'es pas sérieux ? Nous sommes adultes, et nous allons même nous marier, tentai-je.
— Rien à foutre. Soit s'est mes conditions pendant un mois, soit tu fais ta valise et dégages du camp. J'enverrais Malfoy ailleurs également. Vous avez poussé un peu trop loin mes limites.
Un mois ?
Était-il sérieux ?
J'allais ouvrir la bouche, mais il avança vers moi et m'agrippa par le col de mon T-shirt avant de siffler, la colère dans la voix :
— Ne me force pas à te virer sur le champ Charlie ! Maintenant, dégage de ma vue, je ramènerais Lucius moi-même. Change de chambre.
Je me tournai vers Lucius et vit que ce dernier avait le regard plus dur et froid qu'il ne l'avait eu depuis longtemps. Ses mâchoires étaient crispées et ses poings se serraient compulsivement alors que son regard de glace était rivé sur Geoffroy.
— Je peux au moins... le... toucher ?
— Certainement pas ! Plus de contact pendant un mois j'ai dit ! Maintenant dégage !
Je regardai mon blond une fois de plus, et baissai ensuite la tête en murmurant :
— Il a mon balai, rétréci dans sa poche.
— Oh ? Vous n'êtes donc pas totalement stupide ! Alléluia. Lucius, rends-lui son balai, maintenant !
Ce dernier se contenta de le fixer en retour mais ne fit pas un mouvement.
— Fais-le, soufflai-je en sachant que cette fois, Geoffroy était vraiment prêt à me virer, me séparant ainsi de lui.
Lucius se tourna vers moi et m'observa quelques secondes avant de sortir sa baguette et le balai auquel il rendit sa taille normale. J'allai jusqu'à lui et le lui pris, sans le toucher lui-même. Je tentai de lui envoyer tout mon amour par un simple regard tout comme mes regrets.
— Je suis dés...
— Charlie, fous-le camp ! hurla Geoffroy.
Je secouai la tête et serrai les mâchoires avant de fermer les yeux et de décoller, tout en murmurant à Lucius que je l'aimais. Le trajet jusqu'aux portes fut lent. J'avais la tête lourde et pensais déjà à la difficulté de la punition. Je n'étais pas certain d'être assez fort pour le côtoyer pendant un mois sans le toucher, l'embrasser, le sentir.
Je passai le portail et le fermai avant de voler jusqu'au bâtiment. J'atterris ensuite et rentrai, posant le balai dans l'entrée. Je n'attendis pas et allai dans la chambre, afin de prendre mes affaires. Je les montais ensuite et croisai Hulrick sortant de la salle de bain.
— Charlie ça va ? Qu'est-ce que tu fais ?
— Je change de chambre, répondis-je tout en le dépassant.
— Il s'est passé un truc avec Lucius ? Je suis certain que ça va s'arranger, vous vous aimez, ça se voit.
— Ce n'est pas à cause de Lucius.
Je pénétrai dans la chambre et jetai tout au sol, prenant ensuite place sur le lit. Je regardai ma main, où la bague était là et la caressai. Hulrick vint prendre place près de moi et souffla, tout en me donnant un petit coup amical dans l'épaule :
— Alors quoi ? Surtout que si ce que tu as au doigt est ce que je pense... Quand est-ce arrivé ?
— Un peu plus tôt dans la soirée.
Comment tout avait pu déraper aussi vite ?
Je regrattai amèrement d'avoir chauffé Lucius dans la réserve. Bordel, tout ça pour du cul ! Je serrai les mâchoires, en me souvenant de la manière dont Geoffroy nous avait engueulés, ou plutôt crié dessus.
— J'ai merdé Hulrick, vraiment cette fois. Et... et Geoffroy nous a vu.
Je secouai la tête et me laissai ensuite tomber en arrière.
— Geoffroy vous a vu...? hésita-t-il.
Il se tourna vers moi brutalement et ouvrit la bouche avant de reprendre :
— Vous avez couchez ensemble dans la réserve ? Et Geoffroy vous a vu ? Oh merde...
— Comme tu dis. Et la punition est à la hauteur. Il n'a pas le droit, mais si je veux garder ma place et assurer la présence de Lucius ici, j'ai intérêt pour une fois à me faire tout petit.
— C'est quoi la punition ? Chambre à part ?!
— Si ce n'était que ça. Contact interdit, pendant un mois. Non mais tu le crois, m'énervai-je.
— T'es sérieux ? Attends il a sûrement dit ça sous le coup de la colère. Je veux dire, il ne peut pas faire ça, si ?!
— Non, mais il a le droit de me virer et de renvoyer Lucius ailleurs. Et... je n'ai jamais vu Geoffroy aussi en colère, même pas après l'incendie. Jamais.
— Okay, vous n'auriez pas dû faire ça mais ce n'est pas comme si vous l'aviez fait au milieu des Dragons... Pas vrai ?
Je fermai les yeux et répondis :
— Non, mais y en a un qui s'est posé près de nous pendant... et... Et il rugissait tout en crachant des flammes.
Je me rendis compte à cet instant du danger de la situation. Il aurait pu mal réagir et nous attaquer. Et dans cette position, nous avions été sans défense.
— Ah..., soupira Hulrick.
— Tu peux me laisser seul ? demandai-je.
Je voulais Lucius, mais je ne pouvais pas. Alors, je préférais être seul.
— Bien sûr, sourit-il doucement.
Il posa sa main sur mon épaule qu'il enserra légèrement avant de se lever et de sortir, fermant la porte derrière lui. Je me roulai en boule et souhaitai de toutes mes forces que Geoffroy ne soit pas tombé sur nous.
Nous espérons que ce dix-septième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p
Abby and Jes
