Aloha. Merci infiniment pour vos adorables encouragements. J'ai retrouvé mes stats et je ne me sens plus aussi "alone in the dark". Donc à moins que vous ne soyez inspirés à laisser des commentaires, la lecture silencieuse me va bien. Je dois quand même rajouter un petit mot:

Cara: Oui, merci pour ta review, désolée d'emmerder mon monde avec mes états d'âmes mais ces putains de stat à 0 arrivaient pile à un moment où je commençais à me dire que cette fic était définitivement trop longue. Maintenant je suis carrément convaincue que cette fic est définitivement trop longue mais je sais qu'il y en a que ça dérange pas, donc je laisse filer. Merci pour les compliments et ravie que la fic ait pu te changer les idées. Et pour info, si tu veux suivre des fics, je te conseille d'ouvrir un compte. J'ai une adresse exclusivement dédiée a ffnet et pas une pub dessus donc redoute même pas de te faire spamer la boite aux lettres.

Ludvina: Welcome. Ravie que ça te plaise et pourvu que ça dure.

Cheshire: Moi non plus je pensais pas que ça serait aussi long. Contente que tu sois encore là.

Alex: Merci, réponses à tes interrogations dans ce chapitre.

Zonguldak: Je lâche pas. Mes petites névroses sont toutes sous contrôle ^^ (entre autre grâce à des reviews comme les tiennes)

Alors... euh... Chapitre 27 ? Chhh...


Chapitre 27

Le soleil puissant de Végitasei s'est définitivement couché et le ciel vierge de tout nuage n'est plus qu'une immensité obscure au-dessus de ma tête. Au-dessous de moi, les rumeurs de la ville bourdonnent jusqu'au balcon sur lequel je me tiens. Je suis prise d'une espèce de vertige, c'est comme si je me tenais à la limite entre deux mondes.

Je ferme les yeux pour couper court à mon étourdissement et je savoure encore un instant la faible brise sur ma peau avant de me détourner du spectacle pour regagner l'intérieur du Palais. Ma réalité.

Le laboratoire dans lequel je travaille toute la journée est complètement calme et silencieux, à peine éclairé par quelques lampes de travail.

Je suis seule. Ça fait longtemps que j'ai libéré les deux ingénieurs saïyens avec qui je « collabore ». Enfin, par orgueil typiquement saïyen, ils préfèrent appeler ça comme ça mais en réalité, ils m'assistent. Comme Végéta l'a ordonné, je dirige les travaux et je donne les directives. Eux, ils s'exécutent et ils m'aident. Qui aurait pu penser qu'un jour j'aurais pu dire ça de saïyens ? Ils sont mes assistants. Les choses ont bien changé.

Quand je repense à mes années d'asservissement, à tout ce temps où j'étais un meuble à peine doté de paroles, ça tient même à de la science-fiction. L'effet de Végéta sur ma vie.

Au départ, j'avoue que j'étais méfiante. A chaque fois que leur Prince m'a gratifié d'un traitement humain, les autres saïyens s'en sont offensés et ça m'a à peu près toujours valu de sérieux ennuis. Assez invariablement même, on peut dire que l'intérêt de Végéta m'a porté la poisse et je m'attendais à ce que les ingénieurs saïyens ne supportent pas mon autorité.

Pourtant, assez miraculeusement, ils se sont très vite intéressés à mes explications. Mes inspirations frénétiques de bricoleuse névrosée les ont intrigués et ils ont su mettre leurs préjugés de côté pour devenir une aide précieuse.

Pour autant, il n'y a chez eux évidemment rien de chaleureux, ni même d'aimable. Ce sont des saïyens, mon agitation exubérante les laisse imperturbables et ils s'appliquent constamment à masquer leur admiration derrière leurs expressions sinistres. Ils sont une aide mais pas vraiment de la compagnie. Des assistants, pas des amis. On en est pas là.

D'ailleurs, dès qu'il ne s'agit plus de boulot, je redeviens la Sela-Jinn. C'est comme ça que tout le monde m'appelle depuis que Bardock a annoncé que je n'avais rien à voir avec sa vision. Une Sela-Jinn, c'est une star de bordel ou une favorite de harem. Charmant, n'est-ce pas ? Peu importe, je suis tellement inclassable ici que c'est tout ce qu'ils ont trouvé pour me nommer. Ça leur convient bien de me qualifier comme le dessus du panier des putes et, dans le fond, je m'en fous. Je suis plus à une insulte près.

Ce qui m'importe pour l'instant, c'est cette salle de gravité. Et travailler avec ces ingénieurs saïyens, dans une relation d'égal à égal est inestimable malgré tout. Quand nous sommes ensemble, quand la porte du laboratoire se referme sur nous et que nous nous penchons sur notre petit bijou, il n'y a plus de saïyens ni de terriens, il n'y a plus ni fort ni faible, plus de hiérarchie, juste des ingénieurs et un défi à relever.

La vérité, c'est que le mystère que représente la technologie saïyenne a rallumé mon obsession du bricolage.

Comme je l'avais déjà compris, la science saïyenne est un mélange insensé de connaissances pillées dans une multitude de civilisations. A ce titre, elle est unique. Rien à voir avec l'ingénierie terrienne. Et les matériaux dont on dispose ici sont aussi tout à fait stupéfiants et inédits pour moi.

Construire cette salle de gravité, ici, avec les moyens de Végitasei, c'est comme…. C'est comme reproduire une recette ancestrale avec des ingrédients qu'on a jamais utilisés. Ça me fait vibrer comme jamais. Je me demande par moment si Végéta ne soupçonnait pas l'effet que ça me ferait. Il me connait mieux qu'il n'en a l'air, l'enfoiré.

Depuis qu'il m'a assignée à la construction de sa salle de gravité, je le vois très peu de toute façon, même en vivant chez lui. J'enchaine les heures au laboratoire, et lui les heures d'entrainement.

On a un deal. Je me fais la plus discrète possible, en échange de quoi je peux aller et venir librement dans le Palais. Je dois dire qu'il ne prend pas trop de risques, parce que je me contente volontiers du trajet de ses appartements au laboratoire. Je n'ai aucune intention de faire du tourisme ici, je dois finir cette salle de gravité.

Le seul que j'aie interdiction d'approcher, c'est le Roi. Mais je dois avoir à peu près autant envie de le rencontrer que lui de faire ma connaissance. Je crois que mon scandale dans le quartier des femmes a fait pas mal de bruit. Enfin… J'en sais rien, en fait, Végéta veille à me tenir dans l'ignorance des affaires de la Cour et il a l'air lui-même passablement ennuyé par toutes ces histoires. Tout ce qui l'intéresse, c'est Freezer. Il en bouffe matin, midi et soir. Psychopathe.

Je referme doucement la porte fenêtre du balcon. L'air frais du soir m'a un peu réveillée. Je force trop ces derniers temps et j'ai tendance à m'endormir sur mon plan de travail tous les soirs. Ça fait déjà plus d'un mois que j'ai commencé la construction et j'approche du but.

Son Altesse aura bientôt livraison de son joujou et il me laissera peut-être filer après ça. Ou pas.

C'est étrange cet entêtement à vouloir me garder près de lui alors qu'il ne m'accorde aucune attention. On se croise à peine, il est focalisé sur son entraînement et ne sait que me demander des nouvelles de sa salle de gravité. Il mange, il dort, il s'entraîne, le tout en rêvant à la mort de Freezer. Malgré tout, j'ai l'impression que ma présence le rassure d'une certaine manière.

Il faut pourtant que j'arrive à rejoindre Trunks. Il va avoir un an bientôt, je crois. J'ai du mal à garder la notion du temps avec tous ces voyages à répétition dans l'espace. Et ici, les jours sont plus longs que sur Terre donc les calculs de temps sont compliqués.

Ça me rend toujours triste de penser à Trunks, de penser qu'il marche peut-être et que, quand il me reverra, il ne saura pas qui je suis sauf si quelqu'un le lui explique. Mais il est en sécurité. Il est en sécurité et c'est l'essentiel.

J'éteins les lampes du laboratoire une à une et je quitte la pièce après que le système de sécurité ait scanné mon ki.

Les couloirs impressionnants sont éclairés de loin en loin, et quasiment déserts à cette heure-ci.

Je croise quelques soldats et je m'écarte de leur chemin, comme un vieux réflexe indéracinable. Ils ne me saluent pas, certains m'adressent tout au plus un coup d'œil furtif. Ils ne me parlent pas non plus. Mais ils ne m'agressent pas et parfois même, ils dévient leur route de la mienne en miroir de mon propre écart pour leur laisser la voie libre. Nous nous épions, nous nous surveillons, nous nous ignorons mais chacun sait que l'autre est là et lui tient une distance respectueuse. Je crois que c'est le maximum que j'obtiendrai jamais d'eux mais c'est pas si mal à bien y réfléchir.

Je m'engage dans un escalier au sol marbré qui me conduit vers les quartiers royaux, là où vit Végéta, là où j'habite. C'est dingue quand j'y pense. Ouais, vraiment, les choses ont bien changé quand je repense au réfectoire où je m'entassais avec les autres grouillots.

A l'étage, il n'y a quasiment plus personne. Ici, les gardes sont de principe, postés pour la galerie, pour défendre des intouchables qui n'ont pas besoin d'eux pour repousser n'importe quel agresseur. De fait, il y a très peu de sentinelles et en temps normal, on a plus de chance de croiser des esclaves affairés, mais à cette heure, il est trop tard pour eux. Je ne sais pas quelle heure il est exactement mais je sais que la journée du Palais a pris fin depuis un moment maintenant.

Il règne un silence surréaliste et mes pas résonnent sous le haut plafond qui se perd dans l'ombre. Ça donne des allures un peu lugubres de vaisseau fantôme au décor. Etrangement, un frisson me parcourt.

Je suis cet itinéraire tous les jours depuis un mois. Matin et soir. Parfois même dans la journée, j'ai remonté ces corridors une centaine de fois. De jour ou de nuit, déserts ou peuplés, je ne m'y suis jamais senti menacée. Personne ne m'a plus jamais menacée depuis que je suis devenue la Sela-Jinn. Une simple pute, hein. Plus si importante, plus si inquiétante. C'est presque comme si on avait oublié ma présence. Je me sens presque chez moi, presque à l'aise. Pas complètement mais presque.

Pas ce soir. Pour une raison que j'ignore, je me sens nerveuse. C'est comme un mauvais pressentiment inexplicable. Je jette des œillades furtives dans les coins avec l'impression stressante d'une autre présence.

C'est si oppressant que je m'arrête tout d'un coup. Je me retourne lentement pour sonder le large couloir derrière moi. Il n'y a rien. Tout est paisible et silencieux, à moitié plongé dans l'ombre.

Alors que je m'apprête à me remettre en route, des doigts se referment fermement sur ma bouche pour me bâillonner tandis qu'un bras musclé s'enroule autour de ma poitrine, en emprisonnant implacablement mes bras.

Mon réflexe est de hurler mais mes cordes vocales me lâchent. J'arrive à peine à émettre un grognement assourdi qui meurt aussitôt sous la pression de la main sur ma bouche. Mon assaillant est derrière moi, et je n'ai aucune latitude pour me tourner vers lui. Tout ce que je peux dire c'est qu'il est grand. J'essaye de me débattre sans résultat, son bras autour de moi est plus efficace qu'une chaine de fer. Il me soulève sans attendre et me tire en arrière à l'ombre des colonnades qui bordent le corridor.

Mon grognement ridicule a à peine retenti sous les voûtes. Je cherche désespérément à capter un frémissement, le signe d'une présence providentielle pour me porter secours, mais tout est obstinément immobile dans la pénombre.

Je continue à agiter frénétiquement mes pieds dans le vide. Mon agresseur semble tout à fait indifférent à mon manège, il reste figé, dos au mur, sans me lâcher. Ça dure un moment, comme s'il attendait quelque chose. Je tente encore de me tortiller mais je finis par me résoudre à rester tranquille, consciente que tous ses mouvements désordonnés et inutiles ne font que me couper le souffle. Sa poigne sur ma bouche me permet tout juste de respirer par le nez.

Je sens les battements accélérés de mon cœur à mes tempes, la respiration de mon agresseur qui soulève sa poitrine plaquée contre mon dos, sa chaleur envahissante. Il ne fait rien pourtant. On dirait qu'il attend.

Je balaye les environs du regard. Quelqu'un va arriver et me tirer de là. C'est sûr. Me tirer de quoi ? Je ne sais pas très bien. Mon assaillant reste silencieux et immobile et je commence à croire qu'il n'a peut-être pas l'intention de me blesser.

Peu à peu, je sens ses doigts s'écarter imperceptiblement de mes lèvres pour mieux ajuster leurs prises sur mon menton. Je suis hypnotisée par ce geste, essayant avec affolement de comprendre ce qu'il fait. Il positionne lentement ses doigts, très lentement. Ça me laisse le temps de réaliser. Une alarme se met à hurler dans son crâne et je ne peux m'empêcher de gémir à nouveau.

A la façon dont il me tient maintenant, il n'a qu'un geste de vis à faire, un geste sec et il m'éclate les cervicales une fois pour toute. En une seconde. Propre, sec, net.

Mes pieds se remettent à battre dans le vide. Je peux pas croire que ce genre de trucs est sur le point d'arriver. Maintenant. A cet endroit. A quelques mètres de la porte de Végéta. A quelques mètres de la sécurité la plus absolue. C'est impossible. Depuis un mois, on ne m'a même pas adressé une seule insulte. Pas une menace, même voilée, pas un seul manque de respect. Je m'étais convaincue que tout danger était enfin écarté. Au milieu des saïyens ? Naïve. J'en ai les larmes aux yeux.

Ce sadique ne passe pas à l'acte. Il a compris que j'ai compris et il s'est figé à nouveau, comme s'il hésitait. Il prend certainement plaisir à me sentir trembler comme une feuille contre lui. Ses mains sont gantées de noir mais il attend peut-être que mes larmes les mouillent, comme un souvenir qu'il gardera de son forfait. L'attente est insupportable.

- Ne faites pas ça, chuchote une voix dans la pénombre.

Je sursaute et je sens que mon assaillant se raidit également. A ma grande stupéfaction une silhouette se détache tranquillement de l'ombre et je finis par reconnaître ses yeux dorés avant même de la distinguer complètement. Sadri se tient calmement face à nous.

Mon cœur fait un bond. Pourtant, mon agresseur ne lâche rien. Passée la surprise, il reste dans sa position de tueur, sans desserrer sa poigne d'un pouce, toujours silencieux. Et Sadri ne semble pas pressé de voler à mon secours, ma terreur s'anime à nouveau. Va-t-il vraiment me sauver ? Ou est-ce que ces deux-là vont finir par prendre le thé ?

- Moi aussi, j'en meurs d'envie, Seigneur. Ça créera plus de problèmes que ça n'en résoudra, vous le savez, poursuit Sadri à mi-voix.

Je suis hypnotisée par le saïyen en face de moi. Il a l'air si calme. Comme s'il discutait de la meilleure couleur à choisir pour ses rideaux. Comme si la décision de me tuer ou de me laisser vivre n'était pas si importante. Il baisse les yeux avec résignation.

- C'est triste à dire mais… L'unité du royaume tient à la vie de cette… Sela-Jinn, maintenant, conclut-il.

A ces mots, je sens les doigts de mon assaillant se crisper sur mon menton et je ne peux m'empêcher de gigoter faiblement. Mes larmes ont roulé jusqu'à ses gants et son bras qui me retient fermement prisonnière m'oppresse terriblement.

Sadri soupire et lève à nouveau le regard vers l'homme derrière moi.

- C'est elle, n'est-ce pas ? J'en étais sûr… La tuer n'est plus la solution, vous êtes le mieux placé pour le savoir.

Subitement, l'emprise étouffante sur mon corps me libère et je tombe à genoux sur le sol. Sans réfléchir un instant, je m'éloigne le plus possible de mon agresseur, rampant à quatre pattes, à toute allure, hors de sa portée et derrière Sadri.

Je n'arrive même pas à me relever. Je me retourne avec effroi pour voir qui vient d'essayer de me tuer.

Dans l'ombre, c'est la cicatrice que je reconnais en premier. Puis ses épis indisciplinés. La ressemblance avec Gokû me saute à nouveau à la figure et c'est encore plus choquant à cet instant parce qu'il vient de tenter de m'assassiner.

Bardock a les dents serrées. Il me fixe avec une haine mélangée de désespoir et de frustration.

- Qu'est-ce que vous voyez ? demande Sadri en posant les yeux sur moi.

- Elle ! Je la vois elle ! siffle-t-il avec hargne. Toutes les nuits et parfois même quand je suis réveillé ! Toujours elle ! Cette femme répugnante, cette… Sela-Jinn de bas-fonds !

Il me désigne d'une main tremblante et son ton excédé me fait reculer un peu plus, recroquevillée contre le mur derrière Sadri.

- Que fait-elle ? demande Sadri sans me lâcher des yeux.

- Elle parle au Prince, elle lui dit qu'elle est désolée et elle pleurniche en disant qu'elle fait ça pour lui, qu'elle n'a pas le choix… Elle lui dit qu'elle… L'aime… Qu'il ne doit pas mourir…

La voix de Bardock est tremblante de colère, de mépris, de je ne sais quoi. Comme si tout était de ma faute, comme si ce qu'il racontait était vraiment arrivé.

- Et après ? insiste Sadri.

Bardock se mord les lèvres et détourne la tête.

- Après, elle appuie sur une commande et Végitasei explose.

Sadri ferme les yeux. Il n'ose plus rien dire. Bardock a presque murmuré la fin de la phrase avec une émotion évidente.

- C'est long, reprend le père de Gokû. J'assiste à l'embrasement de toute la planète, j'en ressens chaque trépidation. Elle se disloque entièrement et explose en minuscules particules. Elle se désintègre littéralement, il y en a partout…. Et puis…

Il a repris un ton plus affirmé mais il s'interrompt une fois de plus. Nous ne voyons plus son visage tandis qu'il raconte cette horreur. Après une pause, il se retourne et nous fait à nouveau face. Il poursuit.

- Elle pleure. Beaucoup. Bruyamment. Elle se retourne vers le Prince qui est étendu sur le sol. Et il est mort. Il est mort en même temps que la Planète. Elle crie et elle pleure en même temps, c'est assourdissant jusqu'à ce que je revienne à moi.

Bardock expire silencieusement et je prends conscience que ce récit a été pénible pour lui. Je perçois sa souffrance.

- Tous les jours, marmonne-t-il. Tous les jours. Je la vois faire ça tous les jours et je n'ai pas la MOINDRE idée de ce que je dois faire… Je ne vois rien d'autre qui pourrait me permettre de comprendre comment on en arrive là, comment on peut peut-être l'éviter ! Que cette scène, toujours la même...

Son exaspération monte à nouveau en lui et je me crispe dans la crainte qu'il ne tente à nouveau de s'en prendre à moi. Mais il ne fait rien. Il ne fait même pas mine de contourner Sadri pour se rapprocher de moi.

- Vous n'avez rien dit, remarque Sadri, vous avez dit que ce n'était pas elle.

- J'ai voulu que ce ne soit pas elle. Comment expliquer au Roi que notre race tient à… ça ? Quelle déshonneur pour nous et puis… Tu l'as dit toi-même, si quelqu'un se débarrasse d'elle, le Royaume explosera et j'ai bien peur que ça ne nous emmène au même point. Notre prince est si… Stupidement têtu, des fois.

Je me relève maladroitement en m'appuyant au mur. Le discours de Bardock me glace le sang. Sadri se tourne vers moi et ses yeux dorés me considèrent avec malice.

- Tss… Il doit pourtant y avoir une solution, siffle-t-il.

Je me mords les lèvres. Je comprends qu'il s'adresse à moi. Je comprends qu'il essaye de me passer un message mais je ne sais pas ce qu'il veut dire. Mon esprit est confus. Je suis encore sous le coup de l'agression de Bardock, sans même parler de ce qu'il vient de raconter. J'ai le cœur au bord des lèvres tout d'un coup.

Sans savoir pourquoi, je suis prise d'une terreur subite et je m'élance pour courir vers les porte de Végéta à quelques dizaines de mètres de là. Les deux saïyens n'esquissent pas un geste pour me suivre, ils me laissent filer. Le son de mes pas retentit dans le silence et en me voyant arriver, la sentinelle s'écarte sans un mot, sans une question, pour m'ouvrir la porte.

Le hall circulaire de l'entrée est à peine éclairé et tout aussi silencieux et désert que le couloir. Je m'adosse à la porte pour tenter de rassembler mes esprits.

J'ai du mal à reprendre mon souffle. Ce que Bardock vient de me raconter me terrifie. Bien sûr, c'est des conneries…. Bardock ne voit rien. Il croit voir. Bardock ne s'est jamais trompé. La voix de Végéta résonne dans les limbes de ma mémoire. Il ne s'est jamais trompé. Bardock avait l'air si convaincant, il savait l'air si terrifié lui-même. Et si c'était vrai ? Non. Mais SI c'était vrai ? Si c'était vraiment l'avenir ? Impossible.

Je déglutis péniblement et je me passe la main sur le front comme pour en chasser ces idées sinistres. Mais j'ai toujours ce poids dans l'estomac. Si c'était vrai ? Végéta mourrait aussi. Végéta est increvable. Vraiment ? Vraiment ? Il n'y a que les Dieux qui sont increvables. Et Gokû ? Où est Gokû ? Il est increvable aussi, c'est ça ?

J'essuie ce qui reste de mes larmes séchées et je m'avance prudemment vers le salon. Il est illuminé. J'entre timidement. J'aperçois une femme de chambre au garde à vous contre le mur. La femme de chambre de nuit. Si elle est là, Végéta n'est pas couché. J'entre silencieusement, presque sur la pointe des pieds.

Je me fige en le repérant sur le divan. Il est calé dans le sofa, la tête renversée en arrière et les bras étendus de chaque côté sur le dossier. Il a les yeux fermés et semble réfléchir. Ou se reposer un instant. Il tient un verre dans l'une de ses mains.

Je remarque qu'il n'a plus sa tenue d'entraînement. Il doit être rentré depuis un moment déjà.

Je le fixe sans un bruit. Mes yeux remontent son torse, son cou. J'observe sa poitrine qui se soulève à chaque respiration. Pour une fois, il n'est pas en colère, ni contrarié, ni anxieux… Il est juste tranquille, décontracté. Comme ça lui arrive si rarement.

Ses traits sont apaisés, on dirait qu'il dort mais je sais que ce n'est pas le cas.

Et soudainement, je l'imagine mort. S'il mourrait ?

J'ai une envie irrésistible de pleurer. Je tremble comme une feuille et je contiens mon émotion du mieux que je peux dans ma gorge douloureuse.

Il sait que je suis là. Derrière ses paupières closes, il sent ma présence à quelques mètres de lui.

- Et alors ? grogne-t-il, qu'est-ce qui t'arrive ?

Sans calculer mon geste je me précipite sur ses genoux et je l'enlace de toutes mes forces. Il se raidit et proteste aussitôt.

- Qu'est-ce qui se passe encore ? siffle-t-il, t'as foutu le bordel quelque part ?

Dans un premier temps, il essaye de me repousser. Il a horreur de ce genre de manifestations. Même en privé, ça l'insupporte. Mais très vite il renonce à me faire lâcher prise. Est-ce qu'il a compris que quelque chose de particulier m'avait bouleversée ? J'en sais rien, mais il finit par soupirer avec résignation et me laisse m'agripper à lui avec l'énergie du désespoir.

J'ai besoin de sentir sa chaleur, de le sentir vivant. D'entendre battre son cœur, d'entendre son souffle. C'est une besoin urgent et irrépressible et tandis que je niche mon nez dans ses cheveux, je sens mes larmes dévaler mes pommettes et se perdre dans sa tignasse. Je sais qu'il ne les voit pas, alors je renonce à les retenir.

- Ne meurs pas…

J'ai à peine murmuré mais mes mots ne lui ont pas échappé. Il ricane en essayant à nouveau, mais de manière plus douce, de se défaire de mon étreinte étouffante.

- J'en ai pas l'intention…C'est plutôt Freezer qui a du souci à se faire… Mais bordel, qu'est-ce qui t'arrive à la fin ?

Je pose mes lèvres sur les siennes pour le faire taire. Cette arrogance… Toujours cette arrogance implacable… Il n'a pas entendu Bardock comme je l'ai entendu. Et je suis sûre que même si ça avait été le cas, il aurait haussé les épaules avant de retourner s'entrainer.

Cette fois-ci, il me repousse avec plus d'énergie. Je reste assise face à lui sur ses genoux. Il ne ricane plus, il n'a plus l'air amusé du tout, plutôt vaguement irrité.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? demande-t-il gravement.

J'approche mes doigts de sa joue mais il esquive mon contact avec agacement. Je chuchote.

- Dors avec moi, ce soir.

Il plisse les yeux avec suspicion. Non pas au sujet de ma proposition, mais à cause de la façon dont je lui demande. J'ai conscience que mon comportement est très inhabituel. En temps normal, je veille à ne jamais l'approcher de trop près en présence des femmes de chambre. Je n'arrive pas à m'habituer à leur présence constante, alors que lui continue inlassablement à les considérer comme des meubles, sans yeux, sans oreilles. Mais ce soir, je n'ai pas hésité à me jeter sur lui sans prendre aucune précaution. Ça éveille ses soupçons et je dois les détourner. Je ne veux pas parler de Bardock, de ce qu'il a fait, ni de ce qu'il a dit. Instinctivement, je refuse d'en discuter avec Végéta.

- J'ai bientôt fini la salle, tu sais.

A cette nouvelle, il se renfrogne légèrement et plonge son nez dans son verre.

- Après… Il faudra que je parte…

- Arrête de parler de ça, grogne-t-il. Tu parlais d'autre chose, il y a une minute.

Il est prévisible. Je ne suis pas très fière de jouer là-dessus mais il est prévisible. Il m'emmène dans sa chambre et il oublie déjà tout ça. Et j'en ai encore plus envie que d'habitude parce que j'ai eu tellement peur. Ce con de Bardock m'a vraiment foutu la trouille. La trouille de mourir suivi de la trouille de perdre Végéta. Je ne veux pas le perdre. Je ne peux pas imaginer le perdre, pas un instant.

Je suis incohérente, je sais. Bordel, je sais que je change d'avis continuellement avec lui, je sais que mon but depuis le début est de lui fausser compagnie pour rentrer sur Terre, mais malgré tout, je veux pas qu'il meure. Qu'il fasse la guerre, qu'il monte sur ce putain de trône saïyen, qu'il tue Freezer, qu'il se fasse couronner Empereur de l'univers s'il veut, mais il a interdiction de mourir.

A mesure que je sens son corps contre le mien, sa mort me parait de plus en plus impossible. Bardock est un taré. Végéta ne peut pas mourir. Il est bien trop vivant.

Je le regarde se balader à poil devant la femme de chambre qui vient nous apporter à bouffer. J'ai horreur quand il fait ça, j'ai envie de le frapper parce qu'il le fait et qu'il sait que ça me met hors de moi. Et je me dis que c'est impossible qu'il meurt.

Il avale la bouffe comme s'il jeûnait depuis une semaine sans même m'attendre, sans même me laisser le temps de m'extirper des draps maintenant que nous sommes enfin seuls. Je me lève et je sais que si je ne me dépêche pas, il ne restera rien. Comment un connard pareil peut-il mourir ?

Mes yeux détaillent ses muscles saillants. Une force de la nature. Indestructible. Bardock n'a rien compris. Il s'est trompé.

Et comme je prends place à côté de lui après avoir enfilé un T-shirt et une culotte, mon regard glisse sur cette abominable cicatrice qu'il a sur le côté. Et c'est comme une ombre au tableau tout d'un coup. Il n'est pas si invulnérable que ça peut-être. Je passe mon doigt le long de l'entaille refermée.

Il tressaille et se décale pour échapper au chatouillement que ça génère.

- Où as-tu eu ça ?

Il s'essuie la bouche du revers de la main et baisse les yeux sur la cicatrice.

- Freezer. Quand j'étais môme. Mais t'inquiète, celle que je lui ferai, elle n'aura pas le temps de se refermer, il ira en enfer avec, grince-t-il.

Freezer. J'oubliais. Le lézard nous suit jusque dans le lit ces derniers temps. Ça me rappelle que Bardock a dit qu'il a vu Freezer mourir de la main de Végéta donc… si Bardock voit vraiment l'avenir, tant que ça n'est pas arrivé, Végéta ne peut pas mourir.

De toute façon, Bardock est un escroc. Il vend la mort des gens à des abrutis superstitieux. Non ?

- Tu crois vraiment aux visions de Bardock ?

- J'ai pas vraiment le choix, je te l'ai dit, il ne s'est jamais trompé, répond-t-il sans cesser de bâfrer. Donc… Je m'en méfie au moins.

Il ne s'est jamais trompé. Végéta s'immobilise et me regarde enfin.

- De toute façon, il a dit que ce n'était pas toi la femme de la vision. Et tu sais quoi ? ça te met doublement à l'abri. Non seulement, mon crétin de père n'a plus aucune raison de te tuer, mais en plus… Il a toutes les raisons que tu restes avec moi parce que… D'une certaine façon… ça évite que je cherche une autre partenaire régulière, explique-t-il triomphalement.

- Ho. « Régulière » Très classe.

Son expression se rembrunit.

- C'est comme ça qu'on appelle ça ici, tu crois pas qu'un Prince saïyen a une seule femme ? marmonne-t-il.

Je laisse tomber ma fourchette bruyamment. Est-il vraiment en train de me dire qu'il a… Qu'il y en a d'autres que moi ? Ma fierté s'enflamme en une fraction de seconde. Je pince les lèvres. Je me sens blessée mais je ne sais pas quoi répondre sur le coup.

En réalité, si on fait le compte, notre couple n'a rien de vraiment régulier et personne n'a jamais rien promis à personne. Je veux dire : il passe son temps à essayer de me passer une laisse au cou, et de mon côté, je passe mon temps à essayer de le plaquer et de construire ma vie sans lui. Il n'y pas de romance, pas de déclaration flamboyante, encore moins d'engagement. Dans tout ça, en réalité la question de la fidélité ne s'est jamais vraiment posée et… Ce n'est certainement pas une notion qu'on a enseignée à Son Altesse, le Prince de tous ces enfoirés de connards de saïyens qui doivent tirer tout ce qui passe. Je comprends mieux qu'on m'appelle Sela-Jinn maintenant.

Je déglutis avec peine. Finalement, je réponds la première chose qui me vient à l'esprit, de l'air le plus assuré possible.

- Alors tu vas voir ailleurs, c'est ça ? Finalement, ça tombe bien la fidélité n'est pas mon fort non plus.

Il fronce aussitôt les sourcils et serre les dents avec colère. Je le défie du regard.

- Joue pas à ça avec moi, siffle-t-il.

- Toi, joue pas à ça avec moi. Y a des mecs super bien foutus ici.

- Pas un n'osera… gronde-t-il.

- T'es toujours si sûr de toi, hein ? Toujours si… Arrogant et insupportable. Tu peux t'envoyer tous les bordels de Végitasei, j'en ai rien à foutre. De toute façon, je finis la salle de gravité et je me barre.

Je me lève brusquement et je l'abandonne pour regagner ma chambre. Il me rappelle furieusement mais je n'ai pas un regard pour lui. Pourquoi faut-il toujours qu'il finisse par pourrir tous les bons moments ?

Je m'enferme dans ma salle de bains et je me laisse glisser sur le sol. Je le déteste. Qu'il crève. Qu'il crève mille fois avec sa planète de dégénérés.

Je ne peux m'empêcher de le visualiser accueilli à bras ouverts dans un bordel chic ou se glissant sournoisement dans le quartier de femmes. Je repense aux regards entendus et aux rires niais des connasses qui accompagnaient la Reine quand je l'ai rencontrée. Qu'est-ce qu'elles ont dit ? Combien de temps avant que le prince se lasse ? Il peut être très capricieux, tu sais ? Très capricieux. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que j'ai été stupide au point de croire… Peut-être qu'il tient à moi plus qu'à une autre. Peut-être qu'il m'a accordé plus de confiance qu'à n'importe qui auparavant, mais est-ce que ça veut dire qu'il a l'intention de changer ses habitudes ? Il est tellement tout-puissant ici et la morale saïyenne n'est pas la morale terrienne, hein ? Ce qui me tue le plus, c'est même pas que j'ai rien compris, non, ce qui m'enrage le plus, c'est que découvrir ses infidélités me vrille le ventre à ce point. Ça me fait mal. Bordel, je pourrais hurler. Au lieu de ça, je reste assise sur le sol de la salle de bains et je pleure comme une fillette. Eperdument. Je peux plus arrêter les larmes, ni les hoquets de mon corps.

Je ne sais pas combien de temps je reste comme ça. En tout cas, jusqu'à ce que mon corps soit vidé de toutes ses forces, de toutes ses larmes et de toute son énergie. Jusqu'à ce que mes yeux humides se mettent à errer dans le vide tandis que mon esprit lutte pour essayer de comprendre ce qui m'arrive.

Je finis par me lever péniblement et je me passe le visage sous l'eau. Je contemple mes yeux rougis et boursouflés dans le miroir. Je me trouve affreuse. Comme souvent dans ces cas-là.

On cogne à ma porte.

- Sela-Jinn, vous allez bien ? demande timidement la femme de chambre.

Sela-Jinn. C'est exactement ça. La favorite du harem. Je vais vomir. La colère me reprend à nouveau.

- J'ose pas croire que c'est cette enflure de Prince qui vous envoie… Mais si c'est lui dites-lui bien d'aller se faire foutre, hein ?

Il n'y a pas de réponse mais je sais qu'elle est toujours là. Elle reprend.

- Je veux juste être sûre…

- Dégage où je te fais exploser la tête !

J'ai à peine reconnu ma voix et cette rage… Mon Dieu… Je suis en train de ressembler à Végéta. La femme de chambre est partie au moins. Je soupire avec lassitude.

Soudain dans le miroir un détail attire mon attention derrière moi. Le coffret de Sadri.

Quelqu'un a eu la délicatesse de me le ramener du quartier des femmes. Je ne sais pas qui. Mais fouiller son bric-à-brac était toujours douloureux et je l'ai relégué loin de mes yeux, sur une étagère de la salle de bains. Je l'avais complètement oublié.

Par association d'idée, je ne peux m'empêcher de repenser aux dernières paroles du commandant.

Il doit pourtant y avoir une solution.

Et elle est là la solution. Dans toute sa splendeur. Eclatante. Végéta lui-même me l'a servie sur un plateau. Je vais partir. Loin de lui. Vite.

Dans la vision de Bardock, j'assiste à la mort de Végéta. Si nous sommes séparés, il n'y a pas de mort. Si je suis loin de Végitasei, je ne peux pas la faire exploser sous mes yeux. Et le double avantage, c'est que cette enflure pourra se taper qui il veut, ça ne me touchera plus. Il ne pourra plus m'atteindre.

Je ne suis pas dupe, je sais que je vais souffrir un temps. Mais… C'est pour le mieux. Je vais m'occuper de Trunks, je vais tenter de retrouver Gokû si je peux, je vais… Juste vivre. Normalement. Le plus normalement possible. Avec des gens normaux. Sur une planète normale.

Je me retourne et je m'empare du coffret. En même temps que je le prends un petit paquet tombe au sol mais je n'y prête pas garde tout de suite. J'ouvre la boite avec précaution. Tout est là. Le coquillage, le disque, la carte postale, les cigares… Même le revolver dans son écrin. Je prends un des cigares et je le renifle. Il est un peu passé. Je n'ai jamais trop aimé les cigares, mais je n'ai pas fumé depuis si longtemps. J'en prends un et je l'allume avec un briquet doré que je trouve dans le coffre.

Je tousse un peu. Immonde. Mais je ne renonce pas. Je repose le coffret sur l'étagère et je ramasse distraitement le petit paquet qui est tombé sur le sol. Je regagne la chambre pour ouvrir la fenêtre.

La fumée âcre me racle la gorge mais après quelques bouffées, le goût s'adoucit. Ça m'a toujours fait rire de fumer ces trucs de gros maccios ridicules. Mais ici, il vaut mieux être plus maccios que les pires maccios. C'est une condition de survie.

Je contemple la vue sur les jardins suspendus qui bordent les appartements. La nuit est douce, il ne fait jamais vraiment froid ici.

Le chagrin s'est calmé un peu. Je vais rentrer chez moi. Je vais partir et rentrer sur ma planète. C'est qu'il faut faire. C'est ce que je dois faire.

Après un moment, je m'aperçois que je tiens toujours le petit paquet de la salle de bains à la main. Ce sont des petits linges blancs. Pliés impeccablement et immaculés. Il y en a toute une liasse.

Je détourne aussitôt les yeux. Je ne sais pas ce que c'est. Mon esprit refuse de savoir ce que c'est. Je les avais déjà remarqués mais je les ai toujours ignorés.

Je ne sais pas ce que c'est. D'un geste brusque, je les balance par la fenêtre comme si j'éprouvais le besoin de m'en débarrasser. Ils s'envolent légèrement dans la brise et je ne prends même pas la peine de regarder où ils atterrissent.

Je vais rentrer chez moi. Je vais partir loin de lui. Je vais avoir une vie normale. C'est décidé.

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