Un immense merci à vous tous pour votre accueil toujours au rendez-vous. Le dernier chapitre vous à bizarrement remplis d'une affection toute particulière pour Kathryn :P! On va essayer de creuser un peu tout ça dans ce chapitre XD

Je vous adore, vous êtes une motivation sans limites et je ne me lasserai jamais de vous le dire.

Je suis désolée je n'ai pas pu répondre à vos reviews, pour ceux dont je lis et commente les fics, je ne vous ais pas oubliés, je suis juste un peu submergée par mon rapport, la semaine prochaine je rattraperai mon retard promis :D

De gros bisous à tous et bonne lecture

Rien ne m'appartiens.


Chapitre 14) Mettre des mots

Jour 26 : Train de 6h22

Regina la tira à sa suite à une vitesse folle, s'enfonçant dans les rues de Boston.

« Regina ralentis. »

« Il faut mettre de la distance, je ne veux pas qu'elle nous cherche, c'est le terminus elle va devoir attendre un prochain train et elle ne restera pas sagement sur le quai crois moi. »

Elles étaient arrivées dans la rue où se trouvait sa boutique de sous-vêtements quand la brune se stoppa et se blottit contre elle. Emma la serra en espérant que les conséquences de cette discussion ne tourne pas au désastreux pour elles.

« Je n'arrive pas à croire qu'elle ait osé venir. Avec Aurore qui plus est. Je ne l'ai pas reconnue, je sais qu'elle est impulsive, mais venir ainsi, faire une scène, menacer… Elle va tout rendre tellement plus difficile. »

« Rien n'est jamais facile dans un divorce, j'en sais quelque chose. Tu ne vas pas passer par les meilleurs moments mais tu ne peux pas les éviter. Et puis je serai là pour toi. »

« Si elle touche à un seul de tes cheveux je… »

« Elle ne le fera pas. » La coupa-t-elle gentiment. « Si tu savais les menaces que Neal à put me faire où à Mary-Margareth à l'époque. Il lui avait dit qu'il allait l'attendre à la sortie de l'école et lui rouler dessus. Elle lui avait répondu de se débrouiller pour la tuer sur le coup pour qu'elle puisse revenir le hanter. Il n'a jamais rien fait, c'est des paroles pathétiques de personne en colère. »

Elle la garda contre elle un petit moment de plus, avant de voir du coin de l'œil sa patronne et sa collègue jeter des coups d'œil dans leurs direction à tour de rôle depuis la porte du magasin.

« On mange ensemble ce midi ? » Dit Regina en repérant à son tour le manège et en se décollant légèrement.

« Je peux venir voir où tu travailles ? »

« Tu aimerais ? » Questionna-t-elle le sourire aux lèvres.

« Carrément. »

« Avec plaisir alors. » Dit-elle en prenant son téléphone. « Je t'envoie l'adresse, tu finis à qu'elle heure ? »

« Midi et je vais demander à Ruby de reprendre à 14h si c'est bon pour toi. »

« C'est parfait. Je t'attendrais devant l'école c'est assez grand. Y a des petits restos tout autour, ou alors on peut s'acheter quelque chose et manger dans une salle prévue pour. »

« Ce n'est pas un problème que tes collègues me voient ? »

« Nous attendrons d'être seules pour nous embrasser. » Dit-elle d'un air taquin. « Tant que je n'ai pas annoncé officiellement mon divorce, il vaut peut être mieux ne pas s'afficher sur mon lieux de travail. »

« Ca me va. Et au fait, tu t'es souvenue de comment venir rien que grâce à la fois ou tu m'as déposée en taxi. »

Regina se mordit la lèvre inférieure, preuve que la réponse était non.

« Et bien… » Commença-t-elle. « Non je… Un après midi j'ai un cours de 2h qui a été annulé la semaine dernière, alors j'avais… J'étais venue voir et finalement je n'ai pas osé entrer dans le magasin quand je t'ai vu avec tes collègues. »

« Pourquoi ? »

« J'en sais trop rien, peur de ce que je ressentais à l'époque, de peut être… Ne pas réussir à me tenir si tu avais du désir dans les yeux en me voyant en sous-vêtement, ou peur d'être déçue s'il n'y en avait pas… »

« Tu aurais eu du mal à te tenir alors. »

La jeune femme rougit furieusement et l'embrassa comme pour détourner sa gêne. Elle lança un regard vers la boutique où deux têtes dépassaient de l'entrée.

« Je crois que tes collègues n'en peuvent plus. »

« Je vois ça, je vais avoir droit à une super inquisition en y allant. »

« Tu crois qu'on peut leur en donner pour leur torticolis ? »

« Elles en seraient heureuses… »

« Et toi ? »

« Moi aussi. »

Regina observa rapidement la rue et se colla complètement à elle en voyant qu'il n'y avait que quelques inconnus. Elle s'approcha lentement et vint l'embrasser tendrement, ses mains glissant dans ses cheveux. Elle approfondit le baiser et Emma se laissa faire avec plaisir, encerclant sa taille pour la garder contre elle. La brune se décala doucement et se lécha la lèvre supérieure. L'effet fut immédiat sur la blonde qui s'attaqua à cette langue taquine.

« Je vais être incapable de me concentrer sur mes élèves. »

« Et moi sur mes clientes. »

La blonde pu voir un flash nouveau traverser les yeux de la brune et se demanda si ce n'était pas de la jalousie.

« Tes clientes en sous-vêtements… » Dit-elle, confirmant sa pensée.

« Je peux t'assurer que tu n'as rien à craindre. »

« Je sais. » Dit-elle semblant peu convaincue.

« Je t'assure. » Insista Emma en posant sa main sur son menton pour l'obliger à la regarder.

« Oui excuses moi… Je crois que c'est toute cette histoire avec Kathryn. C'est ton métier c'est normal. »

Regina l'embrassa particulièrement langoureusement avant de lui sourire et arrêter un taxi. Elle lui fit un petit clin d'œil en montant dans l'auto et disparue de son champ de vision. Emma resta quelques instants immobile à se remettre de se baiser, et fut rappelée à l'ordre par des applaudissement depuis l'entrée de la boutique. Elle secoua la tête et se dépêcha de les rejoindre.

« Belle prise Swan, c'est une belle femme mariée que tu avais collée à la bouche. » L'accueillit Ruby.

« Elle a quitté sa femme. »

« Quitté quitté ? »

« Hier soir elle lui a dit qu'elle voulait divorcer, que c'était finit et elle a débarqué chez moi. »

« Et vous avez… »

« Non. Ca ne va pas ! Elle vient juste de rompre. Elle veut faire les choses bien et moi aussi. »

« C'est chouette. C'est une très belle femme. »

« N'est ce pas. » Répondit Emma en regardant la porte comme si Regina allait apparaitre.

Elle raconta à son amie les évènements du matin avec Kathryn et s'amusa des réactions excessives de sa patronne, déjà prête à aller la frapper. Elle se mit ensuite au travail, pestant toute la matinée après le téléphone qui sonnait sans qu'il n'y ait personne à l'autre bout du fil une fois sur deux.

Jour 26 : 11h50

Ruby l'avait laissé tranquille jusqu'en fin de matinée quand elle la rejoignit en réserve « Et toi Emma ? » Questionna telle alors qu'elle observait l'horloge en attendant qu'il soit midi.

« Quoi moi ? »

« Toi dans tout ça, tu le vis bien tout ce chamboulement ? »

« Et bien… Ce n'est pas évident, j'ai peur de Kathryn, du pouvoir qu'elle peut encore avoir sur elle, qu'elle la fasse souffrir. »

« Je parle de toi Emma, tu aimais les hommes avant, ça doit être perturbant malgré tout non ? »

Elle fut un peu surprise par cette question, se rendant compte qu'elle n'avait pas cessé de repousser ses propres doutes pour se concentrer sur Regina. Elle essaya de balayer ses pensées pour ne pas les laisser la submerger.

« Ca va. » Répondit-elle. « Tout ce qui m'importe pour le moment c'est elle, elle vit assez de bouleversements, je veux être là pour elle. »

« Je sais que tu ne changeras pas d'avis mais… Ne t'oublie pas en route, si tu gères ses problèmes en ignorant les tiens ça peut être catastrophique. »

« Ca va je t'assure. Il est midi j'y vais. » Se dépêcha-t-elle de dire avant de partir en hâte pour éviter cette discussion.

La vérité était qu'elle ne savait pas du tout où elle en était. Elle savait ce qu'elle ressentait pour la jeune femme, mais ne comprenait pas cette soudaine attraction pour une personne du même sexe. Jamais dans sa vie elle ne s'était posé la question en dehors de l'adolescence. Mais à l'époque elle se souvenait en avoir parlé à son assistante sociale qui lui avait répété que presque tous les ados se posent la question un jour où l'autre, que cela n'en faisait pas des personnes anormales.

Anormales… La façon dont elle lui avait parlé de tout ça, les termes qu'elle avait employé trahissant son avis sur le sujet, l'avait légèrement effrayée à l'époque et elle s'était concentrée sur la gente masculine avec laquelle elle avait un fort succès.

Avait-elle toujours été dans l'erreur par rapport à ses préférences ? Non, elle avait aimé être avec des hommes, au lit comme dans la vie. Alors pourquoi ce changement ? Avait-elle simplement attendu Regina toute sa vie ?

Elle commençait à avoir peur malgré elle, et si la vie avec une femme ne se passait pas bien ? Et si partager son lit avec une femme n'était pas ce qu'elle imaginait ? Les questions se bousculaient en elle quand elle entendit son nom. Elle leva les yeux et vit Regina qui agita la main avant de venir dans sa direction. Le sourire sur son visage chassa ses doutes et ses craintes qu'elle préférait garder pour elle pour le moment. La brune faisait battre son cœur ça elle ne l'avait pas imaginé, et elle avait besoin d'elle.

« Tu es venue à pied ? » Dit-elle en arrivant à sa hauteur.

« Oui, ça m'a juste prit quinze minutes. »

« Ca va ? »

« Maintenant oui. » Dit-elle avec sincérité, heureuse d'être avec elle. « Alors c'est ici que tu travailles ? »

« Et oui, le conservatoire de Boston. Je sais que je t'avais dit qu'il y a des petits restos autour mais si ça te dis je t'ai préparé une petite surprise. »

« Je suis toute à toi je me laisse guider. »

La jeune femme lui prit le bras et l'entraîna dans les couloirs de son lieu de travail. Elles croisèrent quelques personnes à qui Regina dit bonjour poliment jusqu'à ce qu'elles arrivent dans la salle de représentation de l'école, qui ressemblait à un vrai théâtre aux yeux de la blonde. Elles arrivèrent directement sur la scène où trônait un magnifique piano à queue.

« Tu peux avancer. » Dit la brune, la faisant sursauter. « Tu es tout penchée en avant pour voir la salle mais tu peux y aller tu sais. »

La pianiste posa une main dans le bas de son dos et l'incita à faire un pas en avant.

« Je me sens un peu intimidée. » Avoua-t-elle. « La salle semble tellement immense vue d'ici. »

« Quand tu commences à jouer, il n'y a plus que la musique qui existe, tu oublies la salle et le trac et tu joues, tu laisses les notes te guider et s'exprimer à travers toi. »

« C'est beau comme tu en parles. » Dit Emma en venant se coller contre elle.

Regina l'embrassa tendrement, profitant qu'elles soient seule avant de prendre sa main pour l'attirer jusqu'au bout de la scène.

« Je nous ais pris à manger. » Dit elle en arrivant devant une petite table sur laquelle reposaient deux sacs posés de par et d'autre d'une bouteille de vin, une bougie et deux verres.

« Tu n'aurais pas du. » Dit Emma sincèrement touchée.

« C'est rien du tout. J'espère que j'ai bien choisit selon tes goûts. »

La brune s'avança vers une chaise qu'elle poussa et lui indiqua de s'installer. Elle s'assit en face et leur servit un verre à chacune.

« Tu n'as pas peur qu'on nous surprenne ? »

« Je suis la seule à avoir la clef du théâtre aujourd'hui, alors on ne risque rien. »

Emma se détendit et trinqua avec elle avant de découvrir ce qu'elle lui avait prit. La pianiste avait une salade thaï au poulet et elle fut surprise de découvrir un cheeseburger et une portion de frites pour elle.

« Comment… »

« Je plaide coupable, j'ai appelé à ton magasin jusqu'à ce que je tombe sur ta patronne pour lui demander ce que tu aimes manger. »

« C'était toi qui parlait pas quand je répondais ? »

La jeune femme baissa la tête avec un léger sourire trahissant sa culpabilité.

« Donc tu te renseignes à la source… Merci beaucoup ça me touche. »

« Première petite surprise, je ne voulais pas me tromper… »

« Il y en aura d'autre ? »

« Ca me semble bien partit. »

Elles se sourirent et chacune profita de la présence de l'autre. Elles discutèrent de leur matinée, de leur métier, laissant redescendre ensemble la tension accumulée dans le train.

Une fois leurs repas finis, la brune se leva et l'attira contre elle. Elle se blottie et soupira de contentement. Quand elle se décolla un peu, Emma se pencha doucement et posa ses lèvres sur les siennes dans un baiser tendre. Regina gémit légèrement en ouvrant sa bouche, et la blonde saisit immédiatement l'invitation. Elles s'embrassèrent un moment, sans urgence, laissant se dévoiler et se développer l'affection qui naissait entre elles.

Quand elles se séparèrent, Emma cru défaillir face au regard que lui lançait la brune. Il y avait de la douceur, mais aussi du désir dans ses yeux chocolat. Elle la vit pousser délicatement ses cheveux derrière son épaule, et la laissa faire. Son cœur bondit dans sa poitrine quand elle se pencha sur le côté et posa ses lèvres dans son cou. Elle inspira d'un coup et ne s'aperçut pas qu'elle retenait maintenant sa respiration.

Les lèvres de la brune faisaient de la magie sur sa peau, alternant entre des baisers, de légers jeux avec sa langue, et de petites succions. La blonde glissa sa main dans ses cheveux et hoqueta en sentant le bout de sa langue tracer un trait imaginaire jusqu'à son oreille. Elle ne put retenir un gémissement qu'elle n'identifia pas directement comme venant d'elle.

« Regina. » Soupira-t-elle.

La pianiste gémit à son tour et se décolla un peu. Elle posa un dernier baiser sur son épaule et se recula pour la regarder.

La jeune blonde savait que ses yeux devaient trahir son désir mais elle s'en moquait. Au lieu de trop réfléchir elle l'embrassa encore avec plus de passion cette fois ci. Elle ne s'aperçut qu'elles avaient bougé que quand elle sentit le piano contre ses fesses.

Une multitude d'émotions s'entrechoquaient en elle, des mots qu'elle souhaitait dire mais qu'elle ne devait pas. Elle se contenta donc de câliner son visage en se séparant.

« J'ai regardé ton morceau. »

« Lequel ? »

« La valse de Yann Tiersen, j'ai trouvé la partition et je l'ai apprise. »

« Tu la connais par cœur ? »

La pianiste acquiesça et s'assit devant le piano.

« Veux tu que je te le joue ? »

« Oh oui j'aimerai beaucoup. »

Emma s'accouda à l'instrument et la regarda se préparer.

« C'est un peu notre histoire cette musique. »

« Que veux-tu dire ? »

« Tu vas trouver ça idiot mais, la mélodie, le rythme, j'ai l'impression que les sentiments exprimés par cette musique raconte notre histoire. »

Regina posa ses mains sur le clavier.

« Je ne pense pas que ce soit idiot. J'ai juste du mal à me rendre compte. »

« Laisse-moi te la raconter alors. Ma main gauche va jouer le rythme, l'accompagnement, présent tout au long, régulier, c'est toi. Et ma main droite pour la mélodie, beaucoup plus variable, moins constante, c'est moi. »

Elle avait commencé à jouer l'introduction et se mit à raconter en même temps que les notes s'enchainaient.

« Au début tu avais ton rythme, tes habitudes, c'était ton train, ta place, ta routine rassurante. Et je suis venu chambouler tout ça, nous nous sommes tenues tête, nous chamaillant pour un oui pour non sans vraiment se détester au fond, jusqu'à ce que je commence à me confier à toi. »

En parlant, la mélodie était passée des notes graves et fortes du morceau, à des plus aiguës et douces.

« Avec le début des confidences, c'est toute notre dynamique notre rythme qui s'accélère. » Dit-elle en jouant, ses mains dansant, accélérant sur le clavier. « Je me suis confiée de plus en plus à toi, comme si plus je te parlais, plus j'en avais besoin, tu étais une écoute constante à mes côté, me donnant des conseils, échangeant avec moi. Tu me poussais à m'ouvrir à toi sans pour autant me forcer, dans un respect dont j'avais besoin, un accompagnement à ma vie dont je désespérais. Nous avons commencé ainsi, jusqu'à ce que le rythme s'accélère encore. Je me suis mise à te parler de mon mariage qui se brise, de Kathryn, ses maitresses. Je dévoile malgré moi mes souffrances et tente de garder force et contenance malgré tout. Tu me dis ce que tu en penses, tu oses élever ta voix pour me dire que je fais des erreurs. Je m'énerve car au fond je sais que tu as raison, je sais que je me fais avoir, je sais que ça ne rime à rien et je m'en veux de ne pas avoir le courage d'y mettre fin. » Dit-elle alors que la mélodie était de plus en plus forte et montait dans les aigus.

Emma se sentait prise par l'univers de la pianiste, tout ce qu'elle avait pu voir dans ce morceau, dans cette mélodie. En lui pointant du doigt ses pensées, elle avait la sensation qu'elle lui racontait bel et bien leur histoire au fil des notes. Elle revivait chaque étape avec elle, illustrées par les changements de rythmes.

« Et puis le doute s'installe, je suis de moins en moins sûre. » Dit-elle alors que la mélodie baissait doucement, se faisant comme hésitante. « J'ai peur des choses que je commence à ressentir, et tu restes un pilier pour moi dans ce train, un rythme auquel je m'accroche comme une bouée de sauvetage, troublée par l'attachement que je développe à ton égard. Alors j'arrête doucement de lutter, j'accepte au-delà d'une vitre ces sentiments. Je me rends compte que tu les as aussi, que cette sensation est peut être vraie, tu es ma partition, tu seras là, et nous finissons dans le rythme du début mais en douceur et tendresse, toi et moi. »

Emma ne dit rien alors que le théâtre redevenait silencieux, elle regarda la pianiste qui lui souriait timidement. Elle s'apprêtait à parler mais la blonde ne lui en laissa pas le temps et l'embrassa passionnément.

« C'est magnifique… la façon… dont tu… perçois la musique. » Dit-elle, sa phrase entrecoupée par des baisers.

Regina se leva et glissa ses mains sur sa taille en répondant activement. Elle caressa ses côtés jusqu'à atteindre le haut de ses fesses d'où elle ne bougea pas.

Emma avait entortillé ses doigts dans la chevelure brune et gémit quand les mains aventureuses s'égarèrent un peu plus bas. Elle avait la sensation de n'avoir jamais été embrassée comme ça. Elle avait connu des hommes assez doués pour ça, Graham restant le meilleur, mais même lui c'était rien à côté des baisers que lui offrait la jeune femme. Sa langue se faisait taquine dans sa bouche, possessive parfois puis plus soumise, créant en elle un mélange de sensations qui lui donnait l'impression d'être plus engagée dans une séance de préliminaires que dans un simple baiser.

« Ce que je me demande… » Coupa la pianiste légèrement essoufflée par le manque d'air. « Je me demande cependant quand le rythme révèlera-t-il ses doutes à lui. »

Emma se décala, surprise par cette remarque.

« Depuis le début. » Précisa Regina. « Comme l'illustre bien le morceau, nous sommes restées focalisées sur moi mais… Toi, je me demande si tu ne fais pas taire tes craintes pour être un roc pour moi. Tu as toujours été avec des hommes, j'ai peur que tu minimises le chamboulement que c'est de… Tout ça. » Dit-elle, semblant ne pas encore oser exprimer à haute voix ce qu'il y avait entre elles.

La jeune blonde se trouva prise au dépourvu. Avoir ses doutes en elle était une chose, entendre sa partenaire en parler leur donnait une toute autre dimension.

« Ca va je t'assure. » Dit-elle un peu incertaine malgré elle.

La brune lui câlina la joue avec tendresse.

« Tu n'es pas obligée d'être tout le temps forte, on est deux dans cette histoire. »

Emma se sentit assaillie par ses émotions, elle avait beau lutter et lutter une larme s'échappa et coula sur son visage. Regina se mit sur la pointe des pieds pour la recueillir avec ses lèvres et la serra contre elle.

« Parle-moi s'il-te-plait. On ne peut rien commencer si on ne communique pas. »

« Je crois que j'ai un peu peur, peur de Kathryn et de la place qu'elle a encore dans ton cœur. »

« Je ne vais pas te mentir, elle a eut une place vraiment très importante pour moi. Mais c'est terminé. Il y a quelques jours je t'ai dit vouloir faire les choses bien, sache que je ne suis pas venu chez toi sans réfléchir hier. J'avais envie d'être avec toi, vraiment envie. Je ne veux plus retourner auprès d'elle. Je veux voir où… Ou tout ça peut nous mener… »

« Est-ce-que… » Commença Emma avec incertitude. « Est-ce qu'on peut commencer à mettre des mots sur tout ça ? »

Emma savait que la jeune femme avait du mal avec ça, encore terrorisée face à la rapidité des choses. Mais elle avait besoin de savoir, besoin d'être sûre que tout était bien réel, que tous ces risques qu'elle prenait en valaient la peine, et cela passait par des mots pour elle.

Regina soupira très profondément et lui offrit un sourire rassurant.

« Pardon de t'avoir fait rester dans de tels doutes. Je sais que tout va très vite, c'est ça qui me fait peur et me bloque. Je ne mesurais pas tout ce que tu mets en jeu toi aussi. Je veux… » Elle expira et inspira deux trois fois, se calmant doucement. Elle prit sa main et la porta à son cœur et Emma put sentir combien son cœur battait aussi vite que le sien. « Je veux être avec toi. Je veux vivre cette relation avec toi, voir où ça nous mène, t'inviter à un rendez-vous, t'emmener danser, te faire découvrir mon monde et découvrir le tien. J'ai des sentiments pour toi. » Dit-elle, sa dernière phrase sortant dans un soupir.

Emma lutta contre les larmes qui accompagnaient son soulagement d'entendre tout ça et l'embrassa tendrement.

« J'ai des sentiments pour toi moi aussi. »

Regina lui sourit en rougissant et lui vola un baiser rapide avant de l'emmener voir la salle ou elle donnait ses cours. Elle l'accompagna ensuite jusqu'à la sortie et elles se séparèrent en s'empêchant tout débordements devant les collègues de la brune.

Jour 26 : Train de 17h15

Elles n'étaient pas installées depuis cinq minutes, discutant tout juste de leur après-midi respective, quand le portable de la brune les interrompit.

« C'est Kathryn. » Souffla-t-elle en laissant sonner. « Elle m'appelle presque tous les quarts d'heures depuis ce matin. »

« Tu n'as pas du tout répondu ? »

« Pas pour le moment. Ce matin j'étais encore en colère et cette après midi je ne voulais pas que ça me gâche le plaisir de notre déjeuner. »

« Tu veux attendre ce soir ou répondre là tant que je suis là ? »

A peine sa question sortit, Emma craint légèrement de se donner trop d'importance.

« Ca te dérangerai pas ? Je me sens angoissée à l'idée de répondre, mais si je le fais de chez mes parents ma mère risque de s'en mêler, Kathryn peut même décider de se déplacer, Henry va me déconcentrer… »

« Non ça ne me dérange pas du tout. » Dit-elle soulagée, sans avouer qu'elle était même rassurée de pouvoir être la quand elle parlerait à sa femme.

Elles allèrent donc s'installer dans la plateforme qui heureusement était vide et discutèrent jusqu'au nouvel appel de la blonde.

La brune inspira profondément avant de décrocher.

« Allo. »

*Oh mon dieu Regina enfin, j'ai cru que tu n'allais jamais me répondre.*

Emma resta silencieuse pour ne pas signaler sa présence, heureuse malgré elle de pouvoir entendre ce qu'elle disait à l'autre bout du fil.

« J'ai bien cru aussi mais ce n'est pas une solution. »

*Comment vas-tu ?*

« Pourquoi appelles-tu ? »

*Il fallait que je te parle de ce matin*

« Je suis toute ouïe. » Répondit-elle froidement.

*J'aimerai te présenter mes excuses pour mon comportement et essayer de t'expliquer mes raisons.*

« Pour une fois tu te décides à communiquer c'est tout à ton honneur. » Dit-elle sans perdre son ton sec.

*J'apprends de mes erreurs tu vois.* Plaisanta-t-elle visiblement mal à l'aise.

« C'est bien même s'il est trop tard. »

Emma était heureuse de voir que sa partenaire restait froide et distante même si elle craignait la suite de la conversation.

*Premièrement.* Commença Kathryn comme si elle n'avait pas entendu sa dernière phrase. *Je voudrais que tu saches que je n'ais pas couché avec Aurore hier soir, ni ce matin.*

« Oh. » Dit la pianiste visiblement surprise. « Alors pourquoi étais tu avec elle ? »

*J'ai été chez tes parents très tôt ce matin mais il n'y avait pas ta voiture alors je n'ai même pas sonné. J'ai été à la gare attendre ton train en pensant te voir sur le quai et tu n'y étais pas non plus. J'ai commencé à comprendre que tu devais être avec cette… Femme. » Ce reprit-elle toute seule. « Ca m'a mise en colère, en colère parce que je t'en voulais mais aussi parce que je m'en voulais. Je sais que tout ça est de ma faute car je t'ai trahie, mais je t'aime Regina, je t'aime vraiment je… »

« Ecoute Kathryn. » La coupa la brune beaucoup plus gentiment. « Je sais ce que tu vas me dire mais je… »

* Attend s'il-te-plait. Laisse-moi juste t'expliquer. *

Regina inspira un grand coup et regarda Emma qui l'incita à continuer. Même si ça lui coutait de l'entendre s'excuser et essayer de se justifier, elle savait que sa partenaire avait besoin de cette discussion.

« Je t'écoute et je ne te couperai pas. »

* Merci Regina. Quand j'étais sur le quai, quand le train est arrivé, j'ai vu Aurore dedans et ma colère est montée, je ne contrôlais plus rien. Sentir les choses s'écrouler comme ça, j'ai tellement peur. En la voyant dans le train j'ai voulu savoir si elle vous avait vu. Je me doutais qu'elle n'avait pas pu prendre le même que vous pendant un mois sans jamais te croiser. Elle m'a confirmé qu'elle t'avais vu avec elle et… Je ne sais pas… Je lui en ais voulu de ne pas m'en avoir parlé, elle avait du voir quelque chose, si elle m'en avait parlé j'aurai pu agir j'aurai pu… *

« M'empêcher de prendre le train ? » Questionna la pianiste sans pour autant lever la voix.

* Je… J'en sais trop rien, sur le moment mes pensées me semblaient logiques. Je lui ais demandé où vous étiez et elle m'a dit que ta… voisine… Prenais le train dans la prochaine gare, qu'elle le savait car elle était descendue au même arrêt qu'elle un jour. J'ai donc attendu et quand je vous ais vu sur le quai, main dans la main ça m'a fait bouillir encore plus.*

« Pourquoi ne pas être venue directement ? »

* Vous n'êtes pas montées dans la même voiture que nous alors j'ai du attendre la gare d'après pour vous rejoindre. Tout le long j'ai la pression qui est montée, je l'imaginais t'embrassant, te touchant…*

« Kathryn nous étions dans un train… »

*Je sais bien, quand je dis toucher j'entends ta main, ta joue, n'importe quel contact. Je ne cessais de penser à ça et plus le temps passait plus j'avais du mal à me contrôler. Aurore n'avait de cesse de me dire de me calmer, de ne pas agir sous l'impulsion, elle m'a même suivit quand j'ai enfin pu rejoindre ton wagon. Quand j'ai… Tu avais tes mains dans ses cheveux, vous aviez cet air… et ces sourires… C'est moi que tu regardes comme ça.

Alors j'ai craqué, j'ai plus rien retenu et je suis venue, il s'est passé… Ce que tu sais. Je ne suis pas fière de mon comportement, ce n'était pas le lieu, ni la façon de faire, mais je pense ce que j'ai dit d'elle. Même si je sais que je suis mal placée pour dire quoi que ce soit, je t'aime, et je vais me battre pour toi. On est une famille, tu ne peux pas laisser cette femme tout détruire.*

« Kathryn. » Soupira la brune. « Je… comprends. »

*C'est vrai ?* Coupa son interlocutrice avec espoir

Emma luttait contre l'envie de fuir et de ne pas entendre la suite. Elle respirait profondément pour se concentrer sur ce que Regina lui avait dit, elle ne comptait pas revenir avec sa femme, elle voulait voir où leur histoire pourrait les mener.

« Oui, je comprends ton point du vue, et je comprends ce qui t'a fait t'emporter. Mais ça ne t'excuses pas, nous sommes adultes et faire une scène pareille, un discours pareil venant de toi… Je t'ai encore moins reconnue. »

*Je sais, j'ai fais n'importe quoi. Au départ je voulais simplement te parler, tu ne répondais pas à mes appels, la pression est tellement montée en moi. Tu le savais quand tu t'es mises avec moi, je suis une impulsive, je fonce je réfléchis après. Tu as suffisamment pu t'en apercevoir quand je fonçais tête baissée me battre contre les personnes qui disaient du mal de toi ou de nous.*

Regina rit légèrement et Emma luttait contre les larmes qui lui venaient malgré tous ses efforts.

*Ca fait du bien de t'entendre rire.* Dit Kathryn avec une voix douce qui donna la nausée à la blonde.

« Je sais que tu es comme ça, tes parents t'ont suffisamment mit en garde que je n'étais pas de ton statut social et que j'allais te faire souffrir à essayer de t'imposer mes manières. »

*Ta mère aussi le pensait.*

« Elle a comprit plus vite que les tiens que son avis n'y changerait rien. »

*Ils ne s'imaginaient pas à l'époque que c'est moi qui allais te faire du mal.*

Emma avait envie de jeter le téléphone par la fenêtre tant le numéro de Kathryn commençait à l'agacer et l'angoisser.

« C'est sur, moi non plus je n'imaginais pas que tu m'en ferais autant. »

*Je suis tellement désolée, je voudrais te voir, qu'on parle de tout ça, qu'on gère les choses ensemble, comme on a toujours fait.*

La blonde s'apprêtait à se lever pour repartir s'asseoir à sa place quant elle sentit la main de la brune sur son épaule. Son visage devait encore une fois trahir ses émotions car Regina câlina sa joue comme pour la rassurer. Elle posa un doux baiser sur ses lèvres qui réussit à un peu calmer ses craintes.

*Regina ?* Questionna la jeune femme en ne l'entendant pas répondre.

« Nous discuterons Kathryn, il le faut pour régler toute cette situation. »

*Régler ?*

« J'ai été claire avec toi, tu le sais, les choses ne riment plus à rien il faut arrêter les frais maintenant. »

*Tu ne peux pas parler ainsi de notre mariage mon am…*

« Kathryn arrêtes. » Souffla-t-elle sans agressivité. « Je veux avancer, je veux plus toute cette souffrance. Je t'ai laissé une chance, tu l'as balayée, j'en t'en ai laissé une autre, en quelques jours tu m'as fait le regretter. Je t'ai aimé, sincèrement, toute cette période de ma vie sera toujours en moi. Mais nous ne serons heureuses que séparément et tu le sais. »

*Non non ne dis pas ça.* Répondit-elle, sa voix trahissant ses larmes. *Toi et moi c'est pas possible séparément, tu es mon âme sœur, tu es l'amour de ma vie, jusqu'à ce que la mort nous sépare.*

« Je sais que c'est difficile. » Dit-elle comme luttant contre ses propres larmes. « Mais ce n'est pas une décision prise à la légère crois moi. Je suis désolée de te faire du mal, mais je me sens mieux maintenant que je l'ai prise, vraiment mieux, et tu avanceras toi aussi. J'aimerai que la séparation se passe bien, mais je me rends compte que je ne peux pas te demander ça. J'aimerai que ça ne se termine pas par un déchirement, de la haine et des rancœurs, mais je sais que si c'est comme ça que tu veux que ça se passe, alors j'affronterai et j'assumerai. »

*C'est pour elle n'est-ce-pas, elle t'a retourné la tête. Je ne la laisserai pas te prendre à moi Regina. Je sais que j'ai fait n'importe quoi mais je n'arrêterai pas de lutter pour nous.* Dit-elle avec colère.

« Elle m'a donné le courage de ne plus accepter la souffrance comme une vie. Pas parce qu'elle m'a convaincue, mais parce qu'elle a su m'écouter. Et concernant un nous, il n'y a plus de nous. Plus vite tu le comprendras et moins nous souffrirons. »

*Et quel avenir crois-tu avoir avec elle ? Comme par hasard une femme gay te tombe dessus dans le train que tu prends exceptionnellement. Qui te dis que c'est pas une de tes 'fans' qui cherche n'importe quel moyen pour t'approcher.*

« Arrêtes de dire n'importe quoi, elle est hétéro à la base, tout le monde n'est pas aussi tordu que toi. »

*Hétéro ? Encore mieux.* Ricana amèrement la jeune femme. *Et elle se découvre soudainement gay ?*

« Arrêtes de mettre des étiquettes sur les choses, c'est comme ça point. »

*Tu ne sais même pas n'est-ce-pas ?* Dit-elle soudain plus enjouée. *Vous n'en avez même pas parlé de son potentiel et si soudain coming-out ? Tu ne te souviens pas de ce que c'était de faire son coming-out ? Cette angoisse, cette peur auprès de la famille, cette peur en soi de ne pas comprendre au début pourquoi on est comme ça et pas comme n'importe qui ? L'angoisse des attaques, du regard des autres au début, de voir les gens changer dans notre entourage à la nouvelle. Tu es passée par tout ça, j'ai été à tes côtés pas à pas. On ne se découvre pas gay du jour au lendemain, qui te dis qu'elle ne se joue pas de toi ? Elle est peut être excitée par la découverte, mais ça ne durera pas, elle ne parlera jamais de toi à sa famille, elle ne construira jamais rien de sérieux avec toi, tu…*

« Tais-toi. » La coupa-t-elle avec force. « Tu ne la connais pas, tu ne sais rien, tu ne sais pas de quoi on a parlé ou non, ton opinion n'est pas requit ici, les choses sont claires entre elle et moi. Toi et moi c'est terminé, l'histoire s'arrête là. Tu veux rendre les choses difficiles, parfait, je ne me laisserai pas faire. Au revoir. »

Kathryn n'eut pas le temps de répondre qu'elle avait déjà raccroché. Les deux jeunes femmes restèrent un moment silencieuses après avoir regagné leurs places. Emma avait l'esprit qui allait dans tous les sens. Elle s'était tellement concentrée sur Regina, qu'elle avait mit de côté ses doutes qui lui tiraillaient l'estomac depuis un mois. Elle ne savait pas comment engager la conversation quand la voix de Regina la fit sursauter.

« Quand je jouais du piano, je t'ai expliqué combien ce morceau me rappelait notre histoire. Tu m'as parlé de tes craintes, du besoin de mettre des mots. Je me répète mais ce morceau… Il montre à quel point tout c'est focalisé sur moi depuis le début, mes histoires, mes problèmes, mon acceptation de mes… sentiments. » Dit-elle sans la regarder, les yeux rivés sur le dossier devant elle. « A aucun moment je n'ai pensé à ce que toi tu pouvais ressentir au fond de toi et au final nous n'en avons pas vraiment parlé ce matin. Eprouver… quoi que ce soit pour une personne du même sexe est perturbant et angoissant au début, sauf si c'est de l'ordre du fantasme. Je m'avance peut être, mais je n'envisage pas que ça puisse être ça pour toi. » A ce stade là, elle parlait tout doucement. « Si c'était un fantasme, tu ne serais pas aussi… »

« Ma famille. » Coupa Emma, une boule à l'estomac à l'idée que Kathryn puisse faire douter la brune. « Se résume à deux personnes, Mary-Margareth dont je t'ai parlé, et Ruby ma patronne à qui tu as demandé mes goûts en cuisine. Elles sont tout ce que j'ai, à la fois ma famille, mes amies, mes confidentes. Elles savent… »

« Elles savent… Toutes les deux ? » Questionna-t-elle en la regardant pour la première fois depuis qu'elles s'étaient assises.

« Toutes les deux. Je leur ai parlé de mes doutes, puis de mes certitudes, et de mes peurs. Regina c'est beaucoup de choses tout ça, mais ce n'est certainement pas un simple fantasme. »

La jeune femme lui sourit et l'attira vers elle pour l'embrasser.

« Pour moi non plus. » Dit-elle entre deux baisers. « Mais j'ai eu tord d'oublier tes sentiments dans tout ça, c'est un chamboulement, tu as le droit d'avoir des incertitudes. Si tu veux en parler, saches que je suis là. Je suis passée par là. »

« Non je vais bien je t'assure je… »

« Emma. » La coupa-t-elle en prenant ses mains dans les siennes. « Je sais que tu as l'impression de devoir être un roc pour moi, mais on ne peut rien construire si tu ignores tes propres fissures. On est d'accord pour faire les choses bien, alors ça passe par le fait que toi aussi tu dois pouvoir me le dire quand tu as besoin de moi. »

La jeune blonde sentait qu'elle avait besoin de parler, besoin de lâcher la pression qu'elle ignorait depuis un moment. Elle fut coupée dans son envie par l'annonce de sa gare.

« Je vais devoir y aller Regina, ça va, on parlera de tout ça plus tard. »

« Non attend pars pas, parle moi. »

« Je vais louper ma gare. »

« Je te ramènerai, tu peux rester dormir à la maison. »

« Chez tes parents ? »

« … Pas faux, c'est peut être un peu tôt pour ça. » Dit-elle en riant doucement.

« Ca va je t'assure, nous parlerons de tout ça lundi c'est promis. »

« C'est loin lundi. »

« Je sais, mais on sait toutes les deux que tu vas être très prise entre Henry et tout ce week-end. Je le comprends parfaitement, mais promets moi une chose, tiens moi au courant, si Kathryn refait des siennes, si quelque chose se passe mal, promets moi de m'en parler. »

« Je t'appellerai. » Dit-elle en la suivant jusqu'à la porte. « Et toi promets moi que tu ne vas pas taire tes doutes. Il faut parler, c'est important, je ne suis pas la seule à avoir besoin d'être écoutée. »

« Je te le promets. »

Emma l'embrassa avec tout ce qu'elle avait, toute son affection, tous ses sentiments. C'était plus fort qu'elle, elle espérait que Regina repenserait à ce baiser tout le week-end au cas ou sa femme essaierait de nouveau de la faire douter ou l'approcher.

Elle se sépara d'elle au dernier moment et glissa juste à temps entre les portes qui se refermaient. Elle regarda le wagon et vit avec joie sa compagne l'air agar, les doigts sur les lèvres, à la fois troublée et perdue. Elle la regarda disparaitre, fière de son effet.

Elle s'en alla gaiement jusqu'à sa voiture qui l'attendait, heureuse à l'idée de pouvoir faire le point, discuter avec Mary et Ruby et pouvoir parler de toutes ces choses confuses à Regina dès le lundi. La jeune femme n'avait pas tord, elle devait elle aussi affronter ses peurs et ses doutes. Elle appela immédiatement sa meilleure amie pour lui annoncer qu'elle passerait le week end chez elle. Elle avait beau savoir que la brune n'allait pas retomber dans les bras de sa femme, l'idée de ne pas pouvoir être avec elle l'angoissait et elle ne se sentait pas d'être seule à ruminer pendant deux jours.

Elle raccrocha et s'aperçut qu'elle avait un message de Regina. Elle l'ouvrit le sourire aux lèvres avant de le perdre et déglutir en lisant.

*Après un baiser pareil, je ne tiendrai pas deux jours sans te voir…*

Emma sentit son cœur s'emballer de nouveau à imaginer encore une fois la signification de ces trois petits points quand un nouveau message arriva.

*Je sais que tu as peur, je sais que tu n'oses pas parler de tes doutes car je n'ai pensé qu'à moi depuis le début. Mais la communication doit aller dans les deux sens sinon regarde ce que ça peut donner. Tu as besoin qu'on mette des mots et même si j'ai peur je veux en mettre pour toi. A mes yeux et dans mon cœur nous sommes un couple maintenant, ce qui veut dire qu'autant que tu es là pour moi depuis le début, je suis là pour toi.*

Emma se sentit submergée par tous ces sentiments, serrant son téléphone contre son cœur avant de se dépêcher de taper une réponse.

'Je comprends ce que tu veux me dire et je te promets de ne pas faire les mêmes erreurs qu'elle car tu as raison… Nous sommes un couple.'


Voilà voilà, un nouveau chapitre :D

Soyez indulgent sur la scène liée au morceau de piano, c'est la première fois que je m'essaie à ce mélange là mais je tenais vraiment à la mettre dans ma fic.

En effet c'est comme ça que m'est venue ma fic, j'avais l'idée du train, du huit clos de départ, des personnages. Mais c'est en écoutant ce morceau que la trame c'est dessinée dans ma tête et c'est un petit clin d'oeil à mon imagination :P

Mon cerveau à peut-être un fonctionnement bizarre... J'en sais rien XD, je vis avec lui depuis tellement longtemps que ça me parait normal à moi :P héhéhé

Bref, à jeudi prochain :D