Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.


A LIRE – A LIRE – A LIRE – A LIRE – A LIRE – A LIRE - A LIRE – A LIRE – A LIRE

Note des auteurs : Bonsoir à toutes et à tous. Nous revoici même si c'est avec du retard, comme cela arrive de plus en plus souvent. Avec les cours, la vie privée et le peu de temps libre que nous avons, c'est plus difficile de garder une publication régulière. C'est pour cela que nous avons décidé de vous mettre en ligne la totalité de l'histoire, même si elle n'est pas encore passée par une correctrice. Les chapitres ont bien entendu été relus et corrigés à plusieurs reprises, mais il est fort probable que vous tombiez encore sur des fautes ou des phrases qui auraient pu être formulées d'une meilleure façon. Désolées pour ça. Nous vous souhaitons malgré tout une bonne lecture et espérons que cette histoire vous plaira au fur et à mesure des douze chapitres qui vous sont offerts. Merci à tous d'avoir suivi cette fanfiction. Et un grand merci à tous pour les reviews et alertes/mises en favoris que vous avez laissés et que vous laisserez. Sachez également que nous nous tenons à votre disposition pour répondre à toutes vos reviews et vos questions. *clin d'oeil*

Merci à Paulin54, ptitcoeurfragile, holybleu, lilywen pour leur review.


Partie II

Bairim

Chapitre 18

Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.

POV Lucius

Charlie venait de disparaître et je ne lâchai pas Geoffroy du regard, tendu à l'extrême. D'accord, il avait parfaitement le droit d'être en colère, mais pas de nous infliger ce genre de punition et encore moins de parler à Charlie de cette manière, et certainement pas de le toucher ainsi. Cette colère que je sentais en moi me rappela celle que j'avais ressentie contre Bellatrix des années plus tôt, et contre Charlie dans une moindre mesure. Mais c'était encore différent, parce que cette colère là était froide et incontrôlable. J'avais froid et en même temps, je me sentais bouillonner de l'intérieur. En moins de trois minutes, j'avais déjà imaginé plusieurs façons de tuer Geoffroy d'au moins trois manières différentes. Et si je me débrouillais bien, j'arriverais facilement à faire passer cela pour un accident. Après tout, nous étions dans la réserve et les accidents avec les Dragons eh bien, ça arrivait.

— Je suis extrêmement déçu de toi. Et que ce soit bien clair, cesse de me regarder comme ça, où je serais moins clément.

Un sourire froid étira mes lèvres et je continuai de le regarder avec condescendance.

— Tu penses que j'ai peur de toi ? Je me fiche que tu sois déçu, si tu savais à quel point...

Il ne connaissait pas mon père, il n'avait aucune idée de qui était l'homme qui m'avait élevé et de l'homme que je pouvais devenir si les bonnes conditions étaient réunies.

— Je m'en fous que tu ais peur de moi. La chose qui me retient de ne pas juste te renvoyer et virer Charlie, c'est Bairim. Donc, regarde-moi autrement ou tu le regretteras.

Merlin, Bairim. Je ne pouvais pas risquer de le perdre, pas à cause de ce connard. Je resserrai la prise que j'avais sur ma baguette et me demandai pour la première fois si cette dernière été totalement débridée. Dans le cas contraire, est-ce que je serais capable de lui lancer un Avada ? Non, pas un Avada, le sort de Severus serait beaucoup plus apprécié. Les Dragons sentiraient l'odeur de son sang et viendraient finir le travail. Oui, lui lancer un Sectumsempra serait parfait.

— Allez, rentrons !

Geoffroy me tourna le dos et grimpa sur son balai.

— Si tu retouches Charlie de cette façon ou que tu t'approches de mon fils à moins de cinq mètres, sifflai-je d'une voix dangereusement basse en rendant à mon balai sa taille normale, je te détruirai, peu importe ce que cela entraîne.

— C'est noté. Et toi, si tu touches Charlie pendant ce mois, tu sauras de quoi je suis capable quand je suis en colère Lucius.

Oh, parce qu'il croyait réellement que je n'allais pas toucher Charlie pendant un mois ? Ce qu'il ne savait pas ne risquait pas de lui faire de mal, me mettre en colère par contre. Je décollai et le sentis dans mon dos jusqu'à ce que je me pose et passe le portail. Je commençai déjà à réfléchir à plusieurs façons de me venger sans cependant laisser de preuves derrière moi. La nourriture pouvait être un bon début. J'étais également impatient qu'il me laisse seul dans son bureau, surtout quand j'aurais Bairim avec moi. Après tout, mon fils apprenait à faire léviter beaucoup d'objets en ce moment, ce ne serait pas ma faute s'il se mettait soudainement à saccager la pièce.

Je regagnai ma chambre et claquai la porte en réalisant que Charlie n'était pas là. Je pourrais toujours monter, me glisser discrètement dans sa chambre et le prendre dans mes bras, au moins quelques minutes. Mais j'étais certain que Geoffroy allait nous surveiller, surtout au début. Oh Merlin, j'allais vraiment devoir lui faire payer cela, même si ce ne serait que dans quelques mois ou années. Je me déshabillai puis me glissai sous les couvertures mais me relevai rapidement en sentant mon corps trembler. J'enfilai un pantalon et partis dans la salle de bain afin de prendre une douche froide. Bairim allait revenir le lendemain et la situation allait devenir infernale. Il était certain qu'il n'allait pas comprendre pourquoi Charlie et moi n'étions plus seuls avec lui et surtout pourquoi son papa ne venait plus s'en occuper la nuit. Cela allait le rendre malheureux, et rendre Charlie malheureux. Je me remis à trembler et serrai mon poing compulsivement, le laissant ensuite s'écraser contre la paroi de la douche.

Salazar, si je n'avais pas une si grande chance de retourner à Azkaban, j'aurai pu... Oh oui, j'aurais pu faire beaucoup de choses. Mais je n'avais pas ce luxe, et il m'avait traité comme... Hm, comme le prisonnier que j'étais, probablement. Sauf que ces ordres et son ton étaient vraiment mal passés. Je sortis de la douche après avoir coupé l'eau puis enroulai une serviette autour de mes hanches. J'avais très envie de détruire... et bien, tout. J'attrapai l'un des flacons que je jetai contre la glace qui explosa en milles morceaux. Je virai ensuite tout ce qui se trouvait sur le meuble et donnai un violent coup de pied dedans, ce qui fit qu'il se brisa à son tour. J'inspirai profondément plusieurs fois et allai ouvrir la porte de la salle quand j'entendis de légers coups y être frappés pour me retrouver face à Hulrick et Abigail.

— On a entendu du bruit, ça va ? Enfin...

Je récupérai mon bas de pantalon puis ouvris la porte en grand pour sortir. Un sourire étira mes lèvres et je répondis, très calmement :

— Très bien, merci.

Du moins, cela allait mieux. Si seulement je pouvais faire ça avec le reste du bâtiment. Je tournai la tête vers là où je savais se trouver la chambre de Geoffroy et hésitai. Il saurait forcément que c'était moi, mais sans preuves, pouvait-il réellement me punir ?

— Tu regardes quoi là exactement ?

— En quoi est-ce censé vous regarder ? rétorquai-je immédiatement.

— Dans la mesure où nous vivons tous ensemble, je dirais que l'humeur qui planera ici nous concerne aussi.

— Voyez donc cela avec Geoffroy. Et dans la mesure où m'énerver maintenant n'est clairement pas une bonne idée, je vous suggérerai activement de retourner vous coucher et de m'oublier.

— Comme tu veux. Mais si Charlie fait profil bas, tu devrais t'interroger sur ses raisons.

— Nous avons fait une grave erreur, j'en conviens, tout comme le fait qu'une sanction était primordiale. Mais ce genre de punition ? Certainement pas. Et je ne suis pas Charlie. Pour en savoir plus à ce sujet, demandez à Isaac, il semblait en savoir beaucoup sur ma famille après tout.

Voyant qu'ils n'ajoutaient rien et ne voulant pas particulièrement les entendre, je repartis dans ma chambre et allai me coucher, sans grand espoir de m'endormir cependant.

OoOoOoOoO

Je me tournai et me retournai dans le lit, encore et toujours. Cela faisait quatre jours que Geoffroy nous avait puni et trois que Bairim était revenu. Et c'était juste un calvaire. Charlie et moi nous étions juste croisés et Geoffroy était intervenu chaque fois que nous avions failli nous approcher. Mon envie de le tuer était tout bonnement de plus en plus forte. J'entendis des pleurs venir de la chambre de Bairim et je posai mon coussin sur ma tête en soupirant. D'habitude, si l'un de nous n'était pas là la nuit, c'était moi, et même, Bairim semblait avoir senti que la situation était différente parce qu'il passait des nuits horribles. Il commença à crier papa en boucle tout en pleurant et je me levai pour aller le chercher. Je le pris immédiatement dans mes bras pour le réconforter mais il continua de pleurer et de demander après son père. Nous avions parlé avec Charlie le dimanche, en présence de deux témoins, quant au fait de savoir si nous laissions Bairim dans sa chambre ou si nous alternions pour qu'il passe certaines nuits avec Charlie et d'autres avec moi. Sauf qu'il n'était encore qu'un enfant et le changer de chambre toutes les nuits aurait sûrement été très déconcertant pour lui.

Je le ramenai avec moi dans ma chambre et l'allongeai à mes côtés mais il continua de bouger et essaya de m'échapper tout en criant après son père. J'avisai l'heure et serrai les mâchoires avant de me relever et de prendre Bairim avec moi. Après tout, si j'étais réveillé, je ne voyais pas pourquoi les autres ne le seraient pas également. Et puis, Geoffroy avait refusé que Charlie descende s'en occuper puisqu'il n'avait aucune confiance en nous.

J'allais donc jusqu'à sa chambre et frappai violemment contre le battant de bois. Je savais pertinemment qu'il n'était pas de garde, donc soit il était là, soit dans son bureau. Mais intérieurement, j'espérais vraiment pouvoir avoir le plaisir de le réveiller. J'entendis grommeler et la porte s'ouvrit.

— Quoi ?

— Bairim mon cœur, écoute Geoffroy, il va t'expliquer pourquoi tu ne peux pas voir papa !

— Très bien. Ton papa a fait une chose grave, très grave et il est puni, comme quand tu fais quelque chose de mal. Maintenant, si tu veux vraiment voir ton papa, arrête de pleurer.

Je ris d'un rire froid et fixai durement l'homme puis dis, sans pouvoir m'en empêcher :

— Du chantage ? Arrête de pleurer et tu pourras voir ton père ? Merlin, heureusement que tu n'as pas eu d'enfants, ils auraient vraiment été malheureux ! Je vais déposer Bairim chez Charlie, si tu veux venir, libre à toi !

— Pas la peine, je vais le chercher moi-même. Je vous donne un quart d'heure pour calmer le petit et le rassurer, ensuite, tout le monde repart se coucher.

— Trop gentil, grognai-je en repartant vers le salon.

Je m'assis sur le canapé, et serrai Bairim contre moi tout en le rassurant et en lui disant que papa allait arriver. Ils revinrent rapidement et Charlie sourit tout en disant :

— Hey mon chéri, papa est là, regarde.

Il tendit les bras et Bairim tendit les siens. Charlie le prit de ses bras et lui fit des bisous avant de prendre place sur le fauteuil, en face de moi.

Je retins un grognement et serrai les mâchoires tout en fixant mon regard noir sur Geoffroy. Je sentis la colère monter en moi de nouveau. Oui, on avait fait une énorme erreur et Merlin, oui nous méritions une punition mais il n'avait pas le droit de s'attaquer à ma famille et d'essayer de nous séparer comme il le faisait. Bairim ne nous voyait même plus ensemble Charlie et moi et Salazar savait ce qu'il pouvait penser de cette situation. Pourquoi Geoffroy ne pouvait-il pas juste partir cinq minutes ? Histoire que je prenne mon compagnon et notre fils dans mes bras.

Charlie commença à chuchoter des mots de réconfort au petit qui s'apaisa. Il me regarda ensuite et je vis dans son regard de la colère également, mais aussi une sorte de résignation.

Alors il abandonnait ?! Juste comme ça. Je secouai légèrement la tête et me levai pour embrasser Bairim sur le front, frôlant les doigts de Charlie au passage. Il recula sa main et embrassa notre fils sur le font également. Je reculai, blessé mais refusant de le montrer, et soufflai :

— Garde-le. Tu devrais même descendre et je montrai. C'est toi qu'il veut la nuit.

— Okay. Pas de soucis.

Il me sourit, et je détournai les yeux face à son regard brillant.

— Super. Bonne nuit mon cœur, soufflai-je à Bairim en l'embrassant une nouvelle fois mais en faisant bien attention de ne pas approcher Charlie.

J'étais trop fatigué et énervé pour prendre autrement sa façon d'agir que comme un rejet. Il ne voulait pas me toucher, très bien, mais j'avais vraiment pensé qu'il chercherait mon contact ou se battrait. J'avais pensé qu'il en aurait quelque chose à faire. Visiblement, je m'étais trompé. Je sortis et jetai un autre regard à l'autre connard au passage. Il devait être ravi, il avait finalement eu ce qu'il voulait. De toute façon, Charlie avait ou allait se rendre compte qu'il n'avait pas besoin de moi, le mariage serait annulé et chacun finirait par aller vivre sa vie de son côté une fois ma peine terminée.

Mariage, comme si cette idée n'avait pas été stupide dès le début. Je le savais pourtant, que tout allait mal tourner mais je m'étais tout de même accroché à mes stupides espoirs.

Merlin, je devais vraiment arrêté de penser si je ne voulais pas tout foutre en l'air une fois de plus. A moins que tout ne soit déjà brisé...

Je fis un détour par la cuisine et récupérai la bouteille de rhum à moitié pleine puis sortis et allai m'adosser contre la barrière, le plus loin possible du portail, avant de commencer à boire. Je voulais vraiment parler à Draco et le voir, ou mieux, pouvoir être avec Charlie et Bairim. Cette situation me donnait vraiment l'impression que nous étions séparés, qu'il m'avait quitté pour une raison ou une autre et qu'on se partageait la garde de notre fils. Je bus un peu plus puis fermai les yeux. Je n'étais de garde que le lendemain après-midi de toute façon, normalement du moins, je pouvais donc finir la bouteille tranquillement puis aller m'échouer sur mon lit et dormir une bonne partie de la matinée.

OoOoOoOoO

Trois autres jours étaient passés depuis ma cuite près de la barrière et j'étais juste épuisé à présent. J'étais toujours en colère, mais je n'avais plus envie de le montrer. Je n'avais plus eu envie de parler non plus alors j'avais arrêté, Bairim mis à part. Après tout, ce n'était en aucun cas de sa faute et cela m'embêtais déjà assez qu'il soit impliqué de cette façon.

J'étais en train de remplir des papiers dans le bureau de l'autre connard pendant que mon fils dormait dans son couffin. J'écrivais extrêmement lentement et faisais des pauses toutes les cinq minutes. Quand il allait se rendre compte à quel point je n'avançais pas, il allait sûrement se mettre en colère et avoir des tonnes de travail à rattraper, ce qui me faisais très plaisir rien que d'y penser. Et s'il décidait de me virer ou de m'envoyer ailleurs, alors je supposais que le sectumsempra serait ma seule option, et étrangement, l'utiliser sur lui ne me dérangeait pas. J'avais cru l'apprécier mais finalement, probablement pas tant que ça. Ou alors c'était juste parce que j'étais toujours aussi peu d'accord avec sa sanction. Il avait dit que ce serait visiblement la seule que l'on comprendrait, et j'avais dû me retenir pour ne pas simplement lui coller mon poing en plein visage. Tout ce que j'allais retenir, personnellement, c'était quel genre de personne il était, et à quel point je n'aimais pas cela. Mais il n'allait probablement pas revenir là-dessus puisque Charlie était en train de lui prouver à quel point il avait raison. Il faisait soi-disant profil bas, mais tout ce que je voyais, c'était qu'il devenait sage et docile et l'autre connard devait être tellement satisfait de voir à quel point sa sanction fonctionnait qu'il allait forcément la réutiliser, encore et encore.

Je fis un geste brusque et renversai l'encre sur les papiers que j'étais en train de remplir. Je jurai et Bairim se réveilla puis commença à pleurer. Je soupirai et me levai pour aller le prendre dans mes bras, réalisant rapidement qu'il avait faim. Bien, donc soit je pouvais nettoyer, soit j'allais nourrir mon fils. J'attrapai le couffin et quittai le bureau sans un regard en arrière. Si Geoffroy revenait avant que je n'ai pu y retourner et nettoyer, et bien ce serait tant pis.

J'allai en cuisine et avisai Carlos discutant avec Johanna dans la salle à manger mais je ne m'en préoccupai pas. Je préparai le biberon de Bairim tout en le réconfortant et il se calma instantanément quand je lui tendis sa tétine, ce qui me tira un léger sourire. Il était toujours aussi gourmand, et il lui fallait toujours au moins un biberon par jour, même s'il préférait maintenant qu'on y ajoute du chocolat en poudre. Il était bien comme son père...

Mon sourire se fana et je posai le petit sur le plan de travail, caressant ses cheveux pendant qu'il buvait.

— Tu lui manques, souffla Carlos.

Je relevai la tête que je secouai puis soupirai :

— C'est ça...

— Non non, tu lui manques vraiment, il évite juste de vous séparer en marchant de travers. Évite donc de lui faire la tête le peu qu'il te voit, mais ce n'est que mon avis.

— Je t'en prie, la dernière fois, on aurait pu se toucher et l'autre connard ne l'aurait même pas vu mais il a refusé.

Je jetai un regard à Bairim puis soufflai avec une grimace :

— Désolé mon cœur, je deviens vulgaire.

— S'il vous avait vus, ce serait fini de votre histoire pour de longues années.

Il quitta la cuisine sans rien ajouter d'autre.

— Connard, rit Bairim.

— Bairim..., soufflai-je quelque peu dépité.

Sérieusement ?! Charlie en disait cinquante par jour et c'était quand moi j'avais le malheur de faire un écart qu'il décidait de répéter ce mot.

— Tu n'as le droit de dire ça qu'à Geoffroy, ajoutai-je ensuite avec un sourire.

Oui, c'était mal, surtout d'utiliser un enfant de moins de deux ans pour ma vengeance personnelle, mais je n'en avais rien à faire, en fait.

— Il fait beau, ça te dirait d'aller jouer dehors ?

— Oui Pada.

Il me tendit son biberon et je l'attrapai puis le lavai avant de poser Bairim au sol et de prendre ses mains dans les miennes pour marcher derrière lui. Nous allâmes chercher sa veste et enfiler ses chaussures puis il prit son avion et nous sortîmes.

POV Charlie

Une semaine et je n'en pouvais déjà plus. Surtout depuis que Lucius me lançait ce regard... celui qu'il m'envoyait depuis que j'avais reculé ma main quelques jours plus tôt.

Je soupirai, sachant pourquoi je faisais ça.

La première nuit, j'avais eu le temps de penser, de réfléchir à ce que nous avions fait. Et je devais avouer que... nous avions vraiment merdés sur ce coup-là. Joaquim avait été viré pour moins que ça. Et je ne comprenais même pas pourquoi Geoffroy ne m'avait pas viré directement. Mais je ne m'en plaignais pas. Loin de là. Si jamais j'étais viré, je ne pourrais plus m'occuper de Lucius. Quel patron accepterait de m'engager alors que je n'avais aucune expérience… avec en plus, un prisonnier ?

Nul doute que Lucius serait placé sous la garde d'une autre personne, et Merlin seul savait ce que cette dernière lui ferait. Et puis, je ne voulais pas être séparé à nouveau de lui, pas maintenant qu'il y avait Bairim, que nous allions nous marier.

D'ailleurs, en y repensant, nous étions une famille tout ce qu'il y avait de plus normal, chose que je n'avais jamais voulue jusqu'ici. Mais je le voulais, je voulais Lucius de toutes mes forces, le prendre dans mes bras, l'embrasser, lui prendre la main. Mais j'avais peur que Geoffroy le remarque ou l'apprenne. Et ça, c'était trop risqué. Je prenais donc sur moi, mais la semaine était passée et je n'en pouvais déjà plus. Sans compter que Bairim pleurait chaque nuit. Je le prenais avec moi après deux réveils de sa part, mais sa place était dans son berceau, et Lucius dans notre lit. Seulement, nous ne dormions plus ensemble, nous parlions à peine. J'évitai que cela arrive, parce que ma force n'était pas si grande quand j'entendais sa voix.

Je soupirais et regardai le ciel. J'étais de garde, mais à la place de faire mon travail, je volai sans même regarder où j'allais. De toute manière, pourquoi avoir peur, je savais que les Dragons ne me feraient jamais rien. Pas après ce qu'il s'était passé. Si attaque il y devait y avoir, ça aurait dû être à ce moment là, quand nous étions désarmés et sans défenses.

Je n'avais qu'une hâte : rentrer, serrer mon fils dans mes bras et poser le regard sur Lucius, seule chose que je pouvais faire. Même s'il allait me regarder avec cette colère dans les yeux.

J'étais moi aussi en colère... mais plus contre moi que contre Geoffroy. Parce que je comprenais, parce que je voyais là la chance qu'il nous donnait. Et plus que tout, je comprenais sa punition.

Qu'en aurait-il été s'il m'avait privé de réserve une fois de plus ?

Je n'étais pas certain que le message serait passé comme maintenant. Plus jamais je ne mettrais ma vie en danger de cette manière. Mais les conséquences étaient dures. Voyant arriver la relève au loin, je bifurquai et les rejoignis.

— Rien à signaler, soufflai-je.

Je n'attendis pas et volai vers la sortie. Une fois de l'autre côté des portes, je tombai sur Lucius et Bairim dehors. Ce dernier me vit d'ailleurs et courut vers moi, tombant, sans toutefois pleurer. Je me posai et le rejoignis, le prenant dans mes bras.

— Hey, chuchotai-je.

Mon fils sourit et toucha ma joue. J'embrassai sa main puis sa joue et son front, avant de manger son nez. Ce qui le fit éclater de rire.

Je relevai ensuite le visage et là... Bordel, là... j'eus envie de tout envoyer balader, rien que pour poser mes lèvres sur les siennes. Juste un baiser. Mais je pus voir derrière Lucius le rideau du salon bouger, alors je ne fis rien à part sourire aussi tendrement que je le pouvais.

— Ça va ? demandai-je.

— Il vient de manger et a dormi un peu cet après-midi.

Je hochai la tête tout en reposant Bairim au sol. Il courut vers Lucius et revint vers moi avant de retourner à son Pada.

Il alla ensuite chercher son avion, posé au sol pas très loin et le fit voler. Je ne résistais donc pas et allai le prendre, le soulevant et le faisant rire, avant de le faire voler à mon tour.

— T'as vu, tu voles aussi, ris-je.

Bairim était le seul à susciter en ce moment de vrais rires.

— Vi ! répondit-il en riant. Voler encore !

Je le refis, avant d'avoir faim. Je reposai alors le petit bout au sol et soufflai :

— Je vais te laisser avec Pada, je vais aller manger mon cœur. D'accord ?

— Non !

— Comment ça non ?

— 'Vec pada, fit-il en tendant les bras vers moi.

— Okay.

Je le pris et marchai vers le bâtiment. Comme je l'avais pensé, Geoffroy était au salon, à regarder par la fenêtre.

— Le petit veut manger avec Lucius et moi, expliquai-je.

— Et ?

— Et il nous faut quelqu'un.

— Très bien, je suis là. Allons-y.

Je soupirai, ayant inconsciemment espéré qu'il dirait que c'était bon, que nous pouvions le faire sans personne. Lucius entra à ce moment là et nous suivit, non sans regarder Geoffroy comme s'il avait une baguette à la place des yeux, prête à lancer un sortilège des plus douloureux.

Je pouvais le comprendre, mais je ne pouvais pas aller dans le même sens que lui. Pas cette fois. Et si lui n'était pas assez fort pour nous, je le serais. J'avais déjà reculé ma main, je ferais tout ce qui était en mon pouvoir pour suivre les ordres de Geoffroy, même si j'avais du mal. Il ne devait pas faire ça de gaîté de cœur, même si j'avais espéré qu'il retirerait sa punition après quelques jours, ce qui n'avait pas été le cas.

Ce dernier s'installa en bout de table et Lucius partit en cuisine, revenant quelques minutes plus tard avec une assiette pleine pour moi, une plus petite pour Bairim et deux yaourts ainsi qu'un thé. Je commençai à manger puis regardai notre fils qui essayait de se débrouiller. Il ne voulait plus qu'on lui donne, mais il n'arrivait pas spécialement à bien manger tout seul non plus.

— Vous avez fait quoi aujourd'hui ? demandai-je en prenant une autre bouchée.

Je pouvais me retenir pendant quelques minutes et puis, j'avais le besoin d'entendre sa voix, même s'il ne me ne me disait pas de mots d'amour ou de cochonnerie.

— Rien de particulier.

— Okay.

Je fus déçu qu'il ne parle pas plus, mais ne le montrait pas.

— J'ai rempli des papiers, il a dormi, il a eu faim, bu son biberon et on est allé dehors. Rien de particulier donc, soupira-t-il. Et toi ?

— J'ai volé, volé et encore volé. J'ai aussi eu une nuit de mer-chien.

— D'accord.

— Voler ! dit Bairim avec entrain.

— Oui, voler, ris-je.

OoOoOoOoO

Le soleil se levait alors que moi, j'avais envie d'hurler, crier, pleurer.

Deux semaines.

Et c'était bien trop dur. Nous ne nous parlions plus, se contentant des politesses d'usages et j'en avais peur. Lucius avait commencé à répondre de moins en moins jusqu'à ne plus répondre du tout.

Je grognai et plaçai l'oreiller sur ma tête. J'étais de nouveau dans notre ancienne chambre, Bairim pleurant ces quelques jours passés, après son Pada.

Pada qui me manquait affreusement.

Je me retournai et essayai de me convaincre que nous en étions à la moitié, sachant malgré tout que je n'arriverais plus à tenir. Et Bairim qui appelait Geoffroy connard avait été la goutte qui avait failli tout gâcher.

Merlin Lucius, à quoi joues-tu ?

Voulait-il tout gâcher ? Nous séparer ?

Je ne le comprenais pas. Et Johanna m'avait même dit qu'il avait été jusqu'à gâcher son travail de bureau. Geoffroy lui en avait parlé pendant une garde et j'avais eu envie d'aller secouer Lucius.

Geoffroy avait été bien pour lui. Sans lui, jamais je n'aurais traité Lucius différemment, et sans lui, nous ne serions pas ici. Il avait ses tords, et cette punition touchant à la partie personnelle de nos vies était rude, mais... avait-il eu le choix ?

Je bougeai les jambes, mais elles ne rencontrèrent que du vide alors que d'habitude, elles s'emmêlaient à celle de Lucius.

Je sentis mes yeux s'embuer en repensant aux regards qu'ils m'envoyaient de plus en plus. Il m'en voulait, et je savais à présent pourquoi, mais bordel de merde, ne comprenait-il pas que j'agissais ainsi dans notre intérêt ?

Mon ventre gargouilla, mais c'était normal. Je n'avais plus mangé de repas consistant depuis quelques jours. L'appétit n'était plus là et je n'avais envie de rien d'autre que mon fils et Lucius. Même aller dans la réserve était devenu dur. Cela faisait deux jours que je n'y allai plus. Et Geoffroy n'avait rien dit. Deux jours que je m'occupais du ménage.

Tout cela devait cesser.

Décidé, je me relevai et m'habillai, avant de descendre et de frapper à la porte.

— Entrez !

Je le fis et allai m'asseoir sur la chaise.

— S'il te plait, me contentai-je de dire.

J'avais déjà essayé de réduire la punition il y avait cinq jour de ça, en le croisant dans un couloir juste pour essayer sans grande conviction, mais là, j'étais on ne peut plus sérieux. Je n'en pouvais plus.

— S'il me plait quoi ?

— Laisse-moi être comme avant. Je sais que j'ai merdé, je sais aussi que tu me fais une fleur immense. Mais... je n'en peux plus. Il me manque Geoffroy. S'il te plait. Je ne veux pas outrepasser ton autorité mais là, mon couple est en péril.

Et je le pensais. Lucius semblait vraiment m'en vouloir. Mes yeux s'embuèrent de nouveau de larmes, mais elles ne coulèrent pas, merci Merlin.

— Pas ma faute si votre couple n'a pas de bonnes bases.

— Je suis à deux doigts de tout lâcher, avouai-je. Punis-nous autrement, je te promets que plus jamais je ne ferais une chose pareille.

— A deux doigts de lâcher quoi, exactement ?

— Je ne sais pas. Le camp, mais cela me ferait être loin de Lucius. Du coup, ça reviendrait au même, me rendis-je compte.

Je serrai les poings et baissai la tête, comprenant que je n'avais pas le choix. Mais je n'arriverais jamais à tenir deux autres semaines. Jamais. Et nous nous étions enfin décidés à nous marier… Tout était gâché, et nous n'en avions même pas profité. Je sentis les larmes amères couler le long de mes joues et les frottai, avant de poser la tête sur le bureau.

— Ne vois-tu pas que tout se détruit ? Ne vois-tu pas que je suis à bout ? La réserve ne me tente même plus. J'ai compris, je sais que si cela n'avait pas été moi, je serais dehors et Lucius renvoyé à Azkaban. Je sais... Mais...

Je me tus, sanglotant. J'étais fatigué physiquement et émotionnellement.

— Charlie... si je cède, qui me dit que vous n'allez pas recommencer ? Ou faire autre chose de pire encore ? Soyons honnête, s'il n'y avait pas Bairim, je vous aurais probablement viré tous les deux mais je n'en suis même pas certain. Je suis beaucoup trop laxiste avec vous. La preuve, Lucius est toujours là alors qu'il devient...

— Oui je sais, et... C'est Lucius, expliquai-je. Pourquoi d'ailleurs ? Je veux dire, pourquoi es-tu comme ça avec moi et pas avec les autres ?

— Je suis faible je suppose. Tu es là depuis près de treize ans maintenant et je te considère un peu comme mon fils, voilà pourquoi. Et malheureusement, tu es aussi indéniablement mon meilleur gardien. Mais ce n'est pas censé t'empêcher d'obéir au règlement, ou au moins de le respecter un minimum.

— Je le ferais à partir de maintenant. Et... oui, tu es aussi important pour moi, la preuve, je ne t'en veux même pas et te comprends. Seulement, c'est trop dur. Je... je n'en peux plus, tu comprends ? Et s'est aussi difficile pour Bairim et pour toi. Admets-le.

— Lucius t'a dit que j'avais interdiction d'approcher Bairim ? Il a détruit une salle de bain, m'a mis dans la merde pour ce mois-ci au niveau de mes papiers et la dernière fois, je suis revenu dans mon bureau pour le trouver plein d'encre. Pourquoi devrais-je le récompenser ? Mais je suis curieux, quelle punition proposes-tu pour vous deux ? Qu'est-ce que je pourrais bien faire qui vous sanctionnerait quand même ?

— Il est en colère... et je ne peux pas le calmer. Et pour être honnête, je ne sais pas ce que tu pourrais nous donner comme punition. Mais... ne la continue pas pour punir Lucius, ça ne fera qu'aggraver la situation. Il m'en veut déjà à moi.

— J'aurais bien une idée, mais je ne suis pas certain que cela irait tout de même particulièrement mieux.

— Dis toujours, répondis-je rapidement. Je serais prêt à faire n'importe quoi en échange de pouvoir à nouveau être avec Lucius. Tout.

— Te coller de paperasse pendant un mois. Et coller Lucius de réserve pendant autant de temps. Sauf que j'ai des doutes sur ce deuxième point. Parce que j'ai déjà utilisé cette punition avec lui et il était tellement mécontent qu'il a préféré se rendre malade que se reposer quand il le devait. Et Hulrick a même fini par venir m'engueuler parce que ça devenait dangereux à cause de « mes conneries ». Je présume que tu comprends où se situe mon problème.

— Je parlerais à Lucius. Je l'obligerai à faire ça correctement. Et... la paperasse ? Vraiment ? Tu me fais confiance ?

— Avec le retard que Lucius m'a fait prendre, t'avoir en renfort serait un plus. Tu t'occuperais également du ménage et Lucius viendrait t'aider à la place d'avoir du temps libre. Et je suis certain que tu t'appliquerais.

Je hochai la tête et soufflai :

— S'il te plait... ne laisse pas mon couple, mon fils en pâtir de mes conneries. C'est ma faute. Pas la leur.

— Tes conneries ? Vous étiez deux il me semble.

— Je l'ai allumé jusqu'à ce qu'il cède. Il ne voulait pas et j'ai insisté. Si je ne l'avais pas fait, nous ne serions pas restés longtemps. Donc, c'est ma faute avant tout.

— Pour quoi je vais passer si je cède encore ? soupira-t-il, visiblement hésitant.

— Quelqu'un de bien, de gentil. De magnanime surtout. Et puis, tu ne cèdes pas vraiment, me foutre à l'administratif n'est pas mieux, même si ce n'est pas pire.

— Très bien. Dans ce cas, sanction levée. Ce que nous venons de décider s'applique à partir de demain, je ferais de nouveaux plannings, une fois de plus. Et tu feras une garde d'une ou deux heures par semaine, mais ce n'est pas une récompense, je préfère que tu ne perdes pas trop la main, même s'il n'y a normalement aucun risque pour toi. Et tu diras à Lucius que j'aimerai lui parler.

— Quand tu dis demain, cela signifie-t-il que je ne pourrais le voir seul que demain ?

— Cela signifie que Lucius t'expliquera comment remplir ces papiers aujourd'hui, et tu commenceras à travailler dessus demain. Tout comme lui commencera son nouveau planning spécial « j'aime m'occuper des dragons » demain également.

Je me levai sans attendre et passai derrière le bureau, prenant Geoffroy dans mes bras.

— Merci.

— C'est ça, sauve-toi avant que je ne change d'avis, répliqua-t-il en me rendant néanmoins mon étreinte. Et s'il vous plait, arrêtez les conneries ou je vais vraiment devoir sévir.

Je ne répondis rien, et le serrai encore un peu avant de le relâcher. Je quittai ensuite le bureau et me rendis dans la chambre, ouvrant la porte délicatement. Je vis immédiatement Bairim en train de dormir, le pouce en bouche, la main de Lucius posée sur son ventre. Lui aussi dormait.

Ne voulant pas réveiller le petit, je fis le tour du lit silencieusement et me glissai derrière Lucius, ayant un peu de place. Je soupirai de contentement en le touchant enfin et enserrai sa taille avec mon bras, posant l'autre au dessus de nous. Je déposai ensuite mes lèvres sur sa nuque et respirai son odeur. Il marmonna quelque chose et se colla inconsciemment plus encore contre moi. Je glissai mon nez dans ses cheveux et murmurai ensuite au creux de son oreille :

— Mon amour...

Je le sentis se figer quelques secondes plus tard et il souffla :

— Que fais-tu là ?

— Je te tiens dans mes bras.

Je souris et embrassai une fois de plus sa nuque, tout en caressant son ventre. La douceur de sa peau m'avait manquée, comme son odeur, sa voix. Tout.

— Pourquoi ?

— Pourquoi ? Mais parce que je t'aime, répondis-je en fermant les yeux et en respirant son odeur.

— Je dois en déduire que tu ne m'aimais pas il y a une semaine ou que Geoffroy est finalement mort ?

— Rien de tout cela, il a levé la punition.

Je soupirai, mais de fatigue cette fois et ajoutai :

— Tu dois arrêter de te comporter ainsi avec lui... s'il te plait.

Il repoussa ma main et dit :

— Lève-toi s'il te plait.

— Pourquoi ? demandai-je surpris.

— S'il te plait Charlie.

— Non, dis-moi pourquoi d'abord !

— Parce que je veux te serrer contre moi à t'en étouffer, et si je fais ça, je vais réveiller Bairim et je n'ai aucune envie de m'en occuper maintenant, alors bouge que j'aille le coucher dans son lit.

Je me levai en quelques secondes. Il en fit de même à son tour et prit Bairim dans ses bras le plus délicatement possible, puis partit dans sa chambre. Je le suivis et le regardai mettre le petit au lit. Quand ce fut fait, Lucius se tourna vers moi. Je lui souris et tendis le bras qu'il accepta en venant se coller à moi. Je nous fis reculer jusque dans la chambre et fermai les portes avant d'enfouir mon visage dans son cou et de respirer une fois de plus sa peau, tout en le serrant de toutes mes forces, le faisant rire.

Il bougea et s'assit sur le lit avant de m'attirer sur ses genoux et de me prendre dans ses bras, me serrant à son tour aussi fort qu'il le pouvait puis posant ses lèvres contre les miennes, gémissant quand elles se touchèrent. Je gémis également, et pénétrai rapidement sa bouche, allant caresser sa langue qui m'avait manquée elle aussi. Le baiser dura un long moment avant que je ne recule afin de reprendre un peu d'air. J'allai ensuite embrasser sa mâchoire tout en disant, avant d'oublier :

— Il lève cette punition, mais tu es de corvée réserve pendant un mois et moi, je suis collé à l'administratif pour rattraper tes bourdes. Alors s'il te plait, n'en commets plus. Parce que sinon, Geoffroy risque de ne plus être si magnanime. Okay ?

Il attrapa mon menton et le serra fortement tout en plongeant son regard dans le mien.

— Je suis un peu moins furieux contre lui, parce que tu es là. Mais ça ne change rien à ce qu'il a voulu faire, pas pour l'instant. J'essaie déjà d'oublier à quel point tu m'as mis en colère, alors soit gentil.

Il embrassa immédiatement mes lèvres puis dériva sur ma mâchoire jusqu'à mon cou et ma clavicule qu'il mordit.

— Je serais gentil tout autant que tu le souhaites, soufflai-je.

Je souris ensuite et dis :

— Content que tu essaies de ne plus être en colère contre moi, bien qu'il n'y avait aucune raison, sauf si tu m'en veux d'avoir essayé de ne pas te perdre pendant plusieurs années.

Je savais que j'aurais mieux fait de me taire, mais je ne pouvais juste pas, pas quand il agissait comme un con qui ne réfléchissait pas plus loin que le bout de son nez.

POV Lucius

Je plissai légèrement les yeux et me levai avant de le plaquer contre le matelas et de m'allonger au-dessus de lui. Je lui retirai son t-shirt, souhaitant juste sentir sa peau contre la mienne, puis je pris ses poignets et les maintins dans l'une de mes mains au-dessus de sa tête.

— Tu m'as rejeté. Comment étais-je censé réagir ? Et tu t'es comporté de façon qui a prouvé à Geoffroy que ceci était la parfaite punition. Que crois-tu qu'il fera si nous faisons encore une erreur ? Ou si seulement l'un de nous fait quelque chose qui ne lui plait pas ? Et bien je te le dis, il recommencera, encore et encore.

Jusqu'à ce que je le donne à manger à Émeraude, du moins. Il avait cédé, alors j'étais un peu moins en colère contre lui, surtout que j'avais Charlie avec moi. Je l'embrassai puis descendis poser ma bouche sur son épaule, léchant sa peau et m'imprégnant de son odeur.

Alors oui, Geoffroy avait cédé, mais il ne pouvait pas utiliser ce genre de punition, ou nous faire de chantage avec cela, il n'en avait pas le droit. Et je ne serais certainement pas tranquille tant que je ne serais pas certain qu'il n'allait plus nous sanctionner de cette manière. J'avais vaguement entendu Charlie parler de passer un mois dans la réserve mais là, tout de suite, je m'en fichais. Je fis glisser mon nez et ma langue partout sur la peau de ses épaules, de son cou et de son visage. Merlin ce qu'il avait pu me manquer.

— Il ne le fera plus...

— Il te l'a promis ? A signé un papier l'attestant ?

— Je le connais et suite à notre conversation, il ne refera plus une telle chose.

— Hm, marmonnai-je pas le moins du monde convaincu.

Je glissai mes mains le long de son corps et défis son pantalon sur lequel je tirai ensuite. Je ne voulais pas coucher avec lui maintenant, je voulais seulement me coller contre lui et profiter de sa présence et de sa peau contre la mienne.

— Évite de saboter ton travail par contre, que ce soit en étant malade pour éviter la réserve, ou en merdant avec les papiers, sinon, je serais collé à la foutue paperasse pendant un long long long moment.

Je me figeai et fronçai les sourcils avant de souffler :

— Comment ça, en étant malade pour éviter la réserve ?

— Oui, la fois précédente, tu t'es rendu fatigué et du coup, ben... oh bordel, laisse tomber et mets-toi à poil !

— Je ne me suis pas rendu fatigué Charlie. J'ai stupidement essayé d'être là pour Bairim et pour toi.

Je n'allais pas dire que j'avais fait cela pour lui puisqu'en réalité, c'était avant tout pour moi, mais c'était parce que j'avais voulu être un bon compagnon et un bon père, et j'avais vraiment du mal à croire qu'il me reprochait ça. Sauf qu'on pouvait se disputer et se toucher. Je me relevai donc et finis de retirer son bas et enlevai le mien également avant de me recoucher et de l'attirer contre moi, collant nos torses l'un contre l'autre.

— Oui, et j'en suis le premier heureux, mais tu ne dois pas t'occuper de nous ou être présent au détriment...

Il stoppa et entoura mes hanches de ses jambes avant de continuer :

— De ta santé. Tu es un bon père et un bon futur mari.

— Je me fiche de ma santé, répondis-je honnêtement.

Je glissai l'une de mes mains dans son dos afin que tout son torse soit en contact avec le mien et je passai l'autre dans ses cheveux pour attirer sa bouche à la mienne, l'embrassant tendrement et avec le plus d'amour possible. Futur mari, j'aimais cela.

— Pourquoi le 22 septembre ? soufflai-je contre ses lèvres avant de les lécher.

— Oh, tu n'as pas oublié, rit-il.

— Je n'oublie rien, jamais.

Ma main dans son dos glissa sur ses fesses que je caressai. Merlin, il m'avait tellement manqué, tout m'avait manqué chez lui.

— J'aurais vraiment préféré que tu ne m'ignores pas, soupirai-je en le pinçant doucement et en enfouissant mon visage dans son cou. J'ai vraiment cru que...

Je me pinçai les lèvres et l'embrassai puis retournai mordiller la peau de son cou et sa mâchoire.

— Tu as sûrement cru la même chose que j'ai crue à ton sujet en voyant tes regards emplis de colère envers moi à certains moments. Tu ne me parlais même plus, alors que ta voix était tout ce que je pouvais avoir de toi. C'est moi qui devrais t'en vouloir, espèce de petit blond sexy, termina-t-il en me pinçant également les fesses.

— Tu m'as ignoré et évité, je ne pensais pas que tu voulais m'entendre. Et tu n'étais pas le seul à qui je ne parlais pas, seul Bairim a eu droit à un traitement de faveur.

— Oui, d'ailleurs, je suis jaloux. Très... Bordel, ce que tu as pu me manquer mon amour. Ta voix, ton odeur, ta peau... ton caractère. Tout.

— Tu m'as manqué aussi, souris-je en retour. Même ton caractère, c'est pour dire.

Je collai de nouveau ma bouche à la sienne et caressai ses cuisses, montant et descendant le long de sa peau.

— A-t-on quelque chose de prévu pour la journée ? le questionnai-je avant de lécher ses lèvres.

Pour ma part, il était hors de question que je le lâche de la journée.

— Oui, tu vas devoir m'expliquer le côté administratif. Et nous commençons dès demain.

— Tu pourras faire ça sur mes genoux, collé à moi...

Mes mains remontèrent jusqu'à ses flancs que je caressai un instant puis elles redescendirent le long de ses fesses et de ses cuisses jusqu'à ses genoux avant de remonter. Encore et encore.

— Pour le 22 septembre ? redemandai-je.

— J'aime tes attentions... discutons après, souffla-t-il en imitant mes gestes.

— Pourquoi refuses-tu de me le dire ? Tu as dû choisir cette date pour une raison particulière, je veux savoir laquelle. S'il te plait.

J'embrassai sa mâchoire puis sa pomme d'Adam, laissant ensuite un sillon humide reliant son diaphragme à son menton que je mordillai.

— La procès, répondit-il après quelques secondes d'hésitation.

Je fronçai les sourcils d'incompréhension et dis :

— Le procès ? Quel procès ?

Pourquoi me parlait-il d'un procès pour notre date de...

— Oh. Ce procès-là.

Je m'étais tellement efforcé de ne plus y penser ou à ce qu'il s'était passé pendant les huit mois le précédent que j'avais finalement réussi à l'oublier, au moins en partie.

— Tu aurais pu rester croupir à Azkaban, mais tu es là, avec moi. Nous avons un fils, et un futur mariage à préparer. Cette date est... importante pour moi.

— Hey, tu n'as pas à te justifier. D'ailleurs, je ne suis pas certain de t'avoir déjà remercié pour cela, alors merci.

Après tout, sans lui, j'y serais toujours. Et je préférais ne pas penser à l'état dans lequel je serais si j'y étais resté plus longtemps.

— Dis-le-moi...

— Te dire quoi ?

— Devine et tu auras une surprise. Mais tu n'as qu'une seule chance, sinon... tu peux oublier ta surprise.

Je mordillai sa lèvre puis réfléchis un instant, décidant finalement de tout tenter.

— Tu es l'homme de ma vie et tu m'as horriblement manqué. Et je t'aime, dragostea mea, plus que je n'ai jamais aimé qui que ce soit d'autre et je suis vraiment très heureux que tu deviennes mon mari.

Honnêtement, je ne voyais pas ce qu'il pouvait vouloir m'entendre dire d'autre.

— Tu m'énerves espèce de sale Serpentard. J'espère de tout mon cœur que Bairim n'ira pas là-bas !

Il marmonna ensuite quelque chose que je ne compris pas et mordis ensuite mon épaule.

— Tricheur. Je vais devoir te laisser me faire tout ce que tu veux sans broncher, sourit-il ensuite.

— J'espère sincèrement qu'il ira là-bas et prouvera à tous que les Serpentard ne sont pas tous de vilains Mangemorts. Et tout ce que je veux, vraiment ?!

J'avais déjà quelques idées qui me traversaient l'esprit et je n'y avais même pas encore réfléchi.

— Oui... tout. Des œufs au plat, des toasts, du gâteau, des crêpes. Tout ce que tu veux.

— C'est ça t'as raison. Je te ferais tout cela de bon cœur si ça te fait plaisir, et je garde ton offre pour plus tard, et pour d'autres choses plus agréables encore.

Il inversa soudain nos positions et me plaqua contre le matelas.

— Où crois-tu aller comme ça ? demanda-t-il.

Je souris et me mordis la lèvre avant de me jeter sur les siennes.

— Nulle part, pas sans toi... dragostea mea.

Il grogna et bougea des hanches, frottant nos sexes ensembles avant de susurrer contre mes lèvres :

— Encore, encore et encore.

Je mordis sa lèvre inférieure tout en gémissant puis plaquai mes mains sur ses fesses pour qu'il soit plus proche de moi encore, glissant un doigt entre elles pour caresser son entrée quelques secondes plus tard.

— Je t'aime tellement, soupirai-je en collant de nouveau ma bouche contre la sienne. Si tu savais ce que tu m'as manqué...

— Tout pareil, gémit-il.

Nous nous frottâmes l'un contre l'autre de plus en plus vite et nous vînmes rapidement sur le ventre de l'autre. Nous ne bougeâmes ensuite pas jusqu'à ce que Bairim ne commence à pleurer et que nous ne devions vraiment nous lever. Le sourire qu'eut notre fils en nous voyant tous les deux venir le chercher, son père dans mes bras, fit s'envoler toute pensée sombre qui aurait pu encore résider dans mon esprit.

OoOoOoOoO

Charlie était sur mes genoux et remplissait l'un des dossiers de Geoffroy pour que nous puissions vérifier qu'il s'y prenait bien tandis que Bairim s'amusait avec ses jouets sur le canapé dans le coin de la pièce. Il m'avait fallu une petite heure pour tout expliquer à Charlie qui avait paru de plus en plus accablé au fil des minutes. J'avais mes bras autour de sa taille et mon menton sur son épaule et je ne pouvais m'empêcher de sourire en avisant son air extrêmement concentré, embrassant son cou et sa joue par moment.

— C'est un truc de fou... autant de document pour une poignée de galions.

— Hm, c'est toujours pareil. Le pire étant quand tu n'arrives même pas à obtenir une poignée de mornilles.

— Ce mois va être long, très long. Encore heureux que vous soyez là tous les deux avec moi, sinon, je me couperais les veines avec ce coupe papier.

— Ne dis pas de bêtises. Je viendrai t'aider, ça ira plus vite.

— Encore heureux !

— Je dois t'avouer que je m'attendais à un merci, en fait. Mais je me contenterais de ça. Tu as bientôt fini ?

— Alors merci, rit-il. Et je n'en sais rien, tiens regarde.

Je jetai un regard par dessus son épaule et lus ce qu'il avait rempli. Il tourna la page et je souris.

— Félicitations, tu as rempli avec succès ta première demande de subvention. Il ne te reste plus qu'à écrire une petite lettre mais tu pourras en copier une que Geoffroy ou moi avons écrite.

— Oh doux Merlin.

J'embrassai son cou puis tournai sa tête afin de pouvoir l'embrasser correctement, ne le relâchant qu'en entendant la porte s'ouvrir. Je relevai la tête pour voir Geoffroy entrer dans le bureau au moment précis où Bairim descendit du canapé et courut vers nous en disant :

— Ai Faim !

— Tout se passe bien ? demanda-t-il en souriant à Bairim.

Charlie se leva et je pris mon fils dans mes bras tout en jetant un regard froid à Geoffroy. Il était peut-être revenu sur sa décision, mais je ne pouvais pas juste oublier les deux dernières semaines.

Il soupira et secoua la tête avant de dire, d'un ton plus froid :

— Allez, sortez de mon bureau !

Je suivis Charlie, Bairim accroché à mon cou, mais alors que je passais à côté de lui en évitant consciencieusement de le regarder, Geoffroy m'interpela et demanda à me parler. Je soupirai et jetai un regard à Charlie qui tendit les bras pour prendre Bairim et m'embrassa avant de partir et de fermer la porte derrière lui. Je me retournai et observai Geoffroy qui s'était installé à son bureau.

— Nous devons parler, je ne peux tolérer ce genre de comportement au sein du camp. Assieds-toi s'il te plait.

Ça commençait bien. Je m'incitai néanmoins au calme et m'assis sur l'un des sièges en face de lui.

— Vas-y, déballe, ça te soulagera peut-être, claqua-t-il en se massant les tempes.

— Je doute que cela me soulage suffisamment mais si ça te fait plaisir. Notre comportement était peut-être inacceptable, mais le tien l'était tout autant, et pour un soi-disant chef, je trouve ça plutôt pitoyable. Je sais que je suis un prisonnier et que tu peux m'envoyer loin, tu pourrais même probablement me rendre à Azkaban si l'envie t'en prenait, mais je m'en fiche. Tu n'as pas le droit d'essayer de détruire ma famille, peu importe que tu sois frustré, jaloux ou Merlin sait quoi.

— Détruire ta famille ? Cela n'a jamais été mon intention. C'est vous qui avez transformé ça en cette presque destruction. Je voulais seulement vous marquer avec cette punition. Je n'ai même jamais eu l'intention de la faire entière.

— Et que croyais-tu exactement ? Tu nous as interdit de nous toucher et de rester seuls. Que pensais-tu qu'il allait se passer ? Bairim a pleuré pendant des heures au cours des deux dernières semaines et c'est à cause de toi !

— Non, je comptais cesser tout ça après une semaine grand maximum, mais ton comportement m'a fait continuer. Et c'est vous qui avez cessé de discuter. Le fait de ne pas rester seul, ne devait en aucun cas mettre votre couple en danger.

— Sauf que Charlie avait tellement peur de te mettre en colère, qu'il a préféré me repousser et m'éviter. Et j'aime que mes discussions avec Charlie restent privées, aussi étrange que cela puisse te sembler. Et dire que tu as continué à cause de mon comportement, c'est vraiment ignoble de ta part. Comment pensais-tu que j'allais réagir ? Si tu croyais que j'allais juste accepter que tu te comportes ainsi et que tu décides de ce je pouvais faire avec mon fils et Charlie, chose qui ne te regarde de toute façon absolument pas, alors c'est que tu ne me connais pas.

Merlin, il m'accusait moi du fait que cette sanction avait duré une semaine de plus ? S'il nous avait contraints à cela pour une semaine, je n'aurais pas été ravi, loin de là, mais je n'aurais pas réagi ainsi sur le long terme. Sauf qu'il avait dit un mois et au bout de deux jours je pouvais déjà constater à quel point tout dégénérait entre Charlie et moi. Qu'étais-je censé faire et comment aurais-je pu deviner qu'il nous baratinait et aurait cessé cette stupide punition après quelques jours ?

— Tu es sous l'autorité de Charlie, mais sans mon accord, tu ne serais plus ici. Et je te faisais confiance, plus à toi qu'à Charlie. Je n'admets pas que tu ais agi ainsi à mon encontre. Et c'est toujours le cas. Sans moi, tu serais encore en train de construire le bâtiment à main nue. Et j'ai tu certaines choses qui se sont passées ici. Je te libère même des heures pour qui tu puisses voir Charlie et ton fils.

Il soupira et dit :

— Sort d'ici, je n'ai plus envie de tout cela.

— Je sais que tu n'es pas juste le connard que tu as été les deux dernières semaines. D'ailleurs, tu es toujours vivant.

Je me levai et posai ma main sur la poignée de porte puis ajoutai :

— Honnêtement Geoffroy, tant que tu n'admettras pas que tu as eu tort en choisissant cette sanction bien précise, je ne changerai pas d'avis ou de comportement vis à vis de toi.

— Tord ou non, le message est passé. Maintenant ce qui est fait est fait. Mais attention Lucius, si tu continues sur cette voie, attends-toi à être de réserve pendant de long mois. Ce sera cette punition qui te sera donnée au cas où tu me manques de respect devant les autres et ici même.

Un sourire étira mes lèvres et je sortis. Me croyait-il aussi stupide ? Je savais ignorer comme personne et je savais également être courtois, même si lui et moi saurions que ce n'était que de la comédie.


Nous espérons que ce dix-huitième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Sachez également que nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions et à chacune de vos reviews. *clin d'œil*

Abby and Jes