Auteur : Abby and Jes
Titre : Bairim
Couple : Lucius/Charlie
Genre : Romance/Drame
Rated : M
Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.
Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.
Statut : Finie à l'écriture.
Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.
Note des auteurs : voir chapitre 18
Partie II
Bairim
Chapitre 19
Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.
POV Charlie
Cela faisait trois jours que je dormais de nouveau avec Lucius et j'en étais le plus heureux. Je me levai, le lit étant vide de sa présence et allai dans la chambre de Bairim. Je fronçai les sourcils en le voyant dans son lit, assis, jouant avec une de ses peluches.
Où étais Lucius ?
Je sortis sans faire de bruit et pris la direction de la salle de bain. Je frappai mais ne reçus aucune invitation à entrer. Je ne risquai donc pas de le faire et soupirai, tout en frottant ma barbe naissante, avant d'aller en cuisine. J'avais besoin d'un bon chocolat, froid de préférence, vu la chaleur. Je m'y rendis et tombai sur Lucius en train de...
— Tu fais quoi là ? demandai-je mi vexé, mi amusé.
Il avait quitté le lit pour cuisiner ?
— Je cuisine. Des œufs au plat, des toasts, du gâteau et des crêpes. Je finis ces dernières et je suis à toi.
— Pourquoi autant ? ris-je en allant l'enlacer par derrière.
— C'est ce que tu m'as demandé, il y a trois jours. Mieux vaut tard que jamais non ?
— Hum...
J'embrassai son cou que je mordillais par la suite, tout en collant mon bassin à ses fesses. Il laissa sa tête partir en arrière sur mon épaule puis il embrassa ma mâchoire avant de se remettre à la préparation de la pâte.
— Tu penses que je vais manger tout ça, alors que je n'ai qu'une envie, te manger toi ? soufflai-je au creux de son oreille.
— Tu as souvent plus faim encore quand tu as fini de me manger, rit-il doucement. Et Bairim pourra goûter à tout.
— Sais-tu quand ton fils passera ? demandai-je en changeant de sujet tout en me décollant de lui pour me préparer mon chocolat.
— Je ne suis pas certain, avec tout ce qu'il s'est passé dernièrement, je lui avais demandé de ne pas venir, trouvant cela préférable. Mais je lui ai renvoyé une lettre il y a deux jours alors soit il m'en renverra une, soit il passera bientôt.
— Lui as-tu parlé de notre mariage ?
— Non, je préférais lui dire de vive voix et... enfin, non.
Je me retournai vers lui et tendis le bras pour le poser sur le sien.
— Et quoi ?
Il lâcha ce qu'il faisait et posa l'une de ses mains sur ma joue et l'autre sur ma hanche avant de m'embrasser doucement.
— Je ne veux pas me disputer avec toi.
Je fonçai les sourcils et me pinçai la lèvre avant de grogner :
— Maintenant, j'exige de savoir. Donc, dis-moi !
— Tu te souviens quand tu m'as trainé dans la réserve il y a plus d'un an maintenant ? Tu m'as dit que je pouvais te demander ce que je voulais alors je vais utiliser cette possibilité maintenant, parce que je ne veux pas me disputer avec toi. Donc tu vas m'écouter et ne pas t'énerver, même si ce que je te dis ne te plait pas.
— Salaud, soufflai-je néanmoins amusé. Allez, je t'écoute.
Je me servis rapidement mon chocolat et volai un toast. Autant avoir le ventre plein. Il sortit une poêle qu'il graissa puis commença à faire cuire les crêpes.
— Je pensais juste que peut-être, te marier avec moi ne te tentait plus, alors j'ai préféré ne pas en parler, c'est tout.
— Tu es en train de me dire que tu as douté de moi, une fois de plus ?
Je contenais difficilement ma colère.
— Non Charlie, je suis en train de te dire qu'une fois de plus, j'ai douté de moi. Et oui, peut-être un peu. Tu refusais de me toucher et je me suis dit que tu en avais peut-être assez de toutes les complications que j'engrangeais.
— Foutaise ! Je t'ai souris, regardé avec amour. Bordel, ne me dis pas que... Tu fais chier, criai-je en sortant de la cuisine.
J'allai dans la salle à manger et pris quelque respiration. La fois où il avait douté de moi, je l'avais quitté. Sauf qu'ici, je savais qu'il m'aimait, donc c'était différent. Je restai là quelques secondes de plus et revins dans la cuisine.
— As-tu ta baguette avec toi ? demandai-je brusquement.
— Je croyais qu'on avait décidé que tu ne t'énerverais pas...
— Réponds.
Il soupira et secoua la tête puis sortit sa baguette et la fit glisser le long du plan de travail.
— La prochaine fois je me tairai, j'ai compris la leçon, souffla-t-il ensuite.
Je ne dis rien et pris sa baguette avant de lancer un sort de verrouillage sur la porte et un de silence. Je posai ensuite sa baguette sur le plan de travail et m'approchai de lui d'un pas menaçant.
— Tu vas immédiatement poser tes fesses là-dessus ! ordonnai-je tout en montrant ledit plan de travail.
— Pardon ?
— Tu as très bien compris, sifflai-je. Tout de suite !
Il me regarda comme si j'étais fou mais coupa néanmoins le feu et vint s'asseoir là où je lui avais demandé. Je me plaçai entre ses jambes et commençai à défaire ses boutons.
— Je vais te faire comprendre que tu ne dois plus jamais douter de moi... parce que ça me mets vraiment en colère.
— Amusant, j'étais pourtant certain de t'avoir demandé de m'écouter. Je doute de moi, l'ancien Mangemort que tu détestais et a décidé d'aimer pour des raisons que je ne comprends pas toujours. Et... pourquoi tu me déshabilles ?
— Je me suis fait prendre à quatre patte, je t'ai dit "je t'aime" à toi et personne d'autre. Je t'ai pris en bouche un nombre incalculable de fois. Je me suis battu pour toi, pour que tu sortes d'Azkaban. J'ai porté ton fils. Je t'ai accepté pour époux. Je... j'ai puisé dans toutes mes forces pour ne pas te toucher pendant ses putains de quinze jours, malgré tes regards emplit de colère, pour toi, pour nous, même si pour toi, j'aurais dû envoyer balader Geoffroy. Tu vois où je veux en venir ? demandai-je en faisant glisser son pantalon.
Je retirai ses chaussures rapidement et lui retirai son vêtement.
— Je t'ai laissé me prendre à quatre pattes également je... Je ne vois toujours pas pourquoi tu veux que je sois nu. Et je préfèrerais qu'on arrête de parler de Geoffroy, et ce au moins jusqu'à la fin de l'année.
— Que fait-il marqué sur ton collier ? demandai-je tout en embrassant ses cuisses.
— A doua șansă, souffla-t-il en agrippant mes cheveux. Pourquoi ?
— Et qu'est-ce que ça signifie ? soufflai-je en léchant l'intérieur de sa cuisse.
— Seconde chance. Pourquoi tu me demandes ça ?
— Alors laisse-lui une seconde chance, grognai-je avant de prendre son membre entre mes lèvres.
Il gémit et resserra sa prise sur mes cheveux tout en écartant un peu les jambes.
— Et si je ne veux pas...
Je le lâchai et souris, avant de reculer d'un pas, après avoir détaché sa main de mes cheveux.
— Charlie..., soupira-t-il en essayant de m'attraper.
— Je ne veux plus que tu doutes de moi, ou de toi, et j'aimerais vraiment que tu cesses avec Geoffroy. Il n'a certes pas agi de la bonne façon... mais nous non plus.
— Si tu ne t'éloignes plus, mes doutes partiront probablement, mais je ferais un effort quoi qu'il en soit. Et je ne veux vraiment pas parler de Geoffroy.
— Moi oui, parce que je lui ai promis. C'était une des conditions au fait que la punition soit levée. Donc, si tu veux que je termine ce que j'ai commencé, tu vas aussi faire un effort, même plus qu'un effort.
— Quoi, il ne peut pas se défendre tout seul ? Et il a fait un effort, je te l'accorde, il a levé la punition. Mais déjà, et tant pis si tu m'en veux pour ça, sache qu'elle a duré une semaine de plus à cause de moi et mon comportement apparemment. Toujours est-il que je fais un effort de la même teneur du sien, j'arrête d'imaginer comment le tuer, je ne le défie ni n'agis plus contre lui. Tu vois, je fais un effort, reviens maintenant, s'il te plait.
J'hésitai une seconde mais fis un pas en arrière.
— Tant que je ne serais pas convaincu, je resterai où je suis. J'en ai assez de vivre avec cette ambiance. Et vu que je dois te punir pour le fait que tu ais douté, c'est le bon moment pour aborder ce sujet également. C'est nous les fautifs bordel. Qui sait comment le Dragon aurait pu réagir à nos gémissements ou autre. Nous pourrions être morts Lucius. Et c'est ton silence et ta manière de prendre les choses qui les ont rendues si dures, avouai-je. Il ne nous a jamais interdit de nous parler. Mais tu as préféré couper limite les ponts.
Il descendit du plan de travail et enfila son pantalon avant de remonter dessus.
— Puisque nous devons discuter, je préfère être habillé, et je suis certain que tu te feras un plaisir de me le retirer plus tard, du moins j'espère. Quant au reste, c'est cela que vous ne comprenez pas ou n'écoutez pas mais je sais que nous avons fais une énorme erreur et que Geoffroy devait nous sanctionner. Mais j'avais confiance en lui, assez pour penser qu'il nous punirait de manière juste, assez pour penser qu'il avait également un minimum d'estime pour moi. Il m'a bien remis à ma place cependant, et il nous a imposé une sanction que je n'approuve pas, mais alors pas du tout. Et il nous a dit que ça allait durer un mois alors qu'il n'avait réellement prévu qu'une semaine ? A quel jeu jouait-il exactement ? Il aurait pu nous dire la vérité, qu'il allait nous punir de cette façon pendant une semaine et même nous mettre un mois de réserve et paperasse derrière, ça m'aurait fait chier, mais je l'aurais accepté. Et je pense qu'il le savait. Il m'a provoqué, il m'a trouvé. Et je ne sais pas si tu as remarqué, mais dès que je te parle ou me retrouve dans la même pièce que toi, mes mains se retrouvent sur toi d'une manière ou d'une autre. Tu m'as fait comprendre que tu ne voulais pas me toucher, alors je me suis incliné.
— Et Geoffroy a prôné la peur à la réalité. C'est la peur de ne pas tenir un mois qui m'a poussé à me surpasser. Avoue que s'il avait donné une semaine, je n'aurais pas pris ça de la même manière. Pour toi, je ne sais pas, mais moi, j'aurais encore continué de faire des conneries de ce genre.
— Peut-être, mais moi non. Je sais à quel point c'était stupide de se rendre aussi vulnérable, et je n'allais certainement pas recommencer. Il t'a puni, il m'a puni, et il a puni Bairim également. Il l'a rendu malheureux, il nous a tous rendu malheureux. Et il a bien vu après une semaine ce que sa punition était en train de nous faire, mais il a continué de vous sanctionner vous pour me punir moi de ne pas juste m'aplatir. J'en connais un autre qui a puni mon fils à ma place une fois, et je ne vais pas laisser ça se reproduire sans réagir.
— Alors, si tu continues de dire qu'il a eu tord, laisse-lui une seconde chance.
Je n'avais plus que ça à argumenter. Lucius était... il voyait les choses autrement que moi et c'était son passé et son éducation qui le faisait être de cette manière. Il s'humidifia les lèvres qu'il pinça ensuite, semblant hésiter.
— Peut-être, soupira-t-il.
— Bien, maintenant, déshabilles-toi.
Je haussai les sourcils d'une manière suggestive et me léchai les lèvres. Il sourit, visiblement satisfait, et défit l'attache de son pantalon, se laissant ensuite tomber au sol pour se retrouver de nouveau sur ses pieds.
— Alors ? J'attends, murmurai-je en le voyant rester debout, sans rien faire de plus.
Il ancra son regard dans le mien et glissa ses pouces sous la couture de son pantalon qu'il baissa, s'aidant ensuite de ses jambes pour s'en débarrasser complètement.
— Pourquoi suis-je le seul à être nu ? souffla-t-il ensuite d'une voix boudeuse.
— Parce que c'est toi qui as douté, répondis-je des plus sérieusement. Assieds-toi, ordonnai-je ensuite.
Il fit ce que je lui demandai puis pencha légèrement la tête sur le coté et sourit :
— Oh et cela va tellement me torturer de te voir habillé que tous mes doutes vont s'envoler ?
Je restai figé quelques secondes, en me rendant compte qu'il avait raison. Ce que j'étais ou plutôt avais commencé à faire ne le ferait pas cesser de douter. Au lieu d'avancer vers lui, je pris place contre le mur derrière moi.
— Tu as raison.
Il parut surpris et fronça les sourcils.
— Je dois t'avouer que je ne m'attendais pas à ça. Même si j'aime toujours autant t'entendre me dire que j'ai raison, j'aurais préféré que tu viennes contre moi.
— Cela ne rime à rien. J'avais prévu de te sucer et te prendre comme un fou, mais cela ne te fera pas arrêter de douter, n'est-ce pas ?
— Et bien, je ne suis pas certain de ce que je devrais répondre parce que ton programme m'attire indubitablement. Écoute Charlie, je ne suis pas certain de ce qui me ferait arrêter de douter, honnêtement. J'ai parfois encore l'impression que je pourrais perdre Draco alors qu'il est mon fils et qu'on ne s'est pas disputé depuis une éternité. Mais je t'assure que ce n'est pas contre toi, je sais que tu m'aimes, crois-moi je le sais parfaitement et peu de choses dans ma vie m'ont rendu aussi heureux que le simple fait de savoir cela.
— Qu'est-ce qui te fait douter alors ? demandai-je curieux.
— Je ne sais pas, probablement le fait qu'aimer ne fait pas tout. Et je ne sais pas si tu as remarqué, mais les choses ont la fâcheuse tendance de mal tourner et j'ai un don inné pour tout gâcher. Regarde, ce matin, tout allait bien jusqu'à ce que j'ouvre la bouche.
— Je ne comprends toujours pas, dans le sens où tu pourrais douter, malgré tout ce qu'on a construit ensemble, vécu. Le procès, le bébé, le mariage. Et nos années de couples ici.
Il descendit du plan de travail et vint me rejoindre, se glissant entre mes jambes puis entoura ma taille de ses bras.
— Je n'arrive pas à croire que tu me fasses me promener nu dans cette cuisine, sourit-il, ni le nombre de fois où je suis monté et descendu de là-dessus pour ton bon plaisir. Mais passons, loin de moi l'envie de nous replonger dans de mauvais souvenirs, mais le procès et le bébé ne nous ont pas empêché de presque nous séparer définitivement l'année dernière.
Il prit ma main gauche dans la sienne et embrassa mon annulaire, là où se trouvait la bague.
— Je ne sais pas, peut-être que ça ira mieux après le mariage, une fois que tu ne pourras plus m'échapper. L'as-tu déjà retiré ?
— Retiré quoi ?
— La bague.
— Non, pourquoi l'aurais-je retirée. Et... je ne trouve pas que le bébé et le procès n'ont pas failli nous séparer. Je ne pense pas que j'aurais laissé faire ça. Je serais venu te libérer de prison avec Émeraude je pense.
Il rit et prit la bague entre ses doigts pour me l'enlever délicatement.
— Je suis ravi de savoir que tu serais venu me chercher à Azkaban à dos de Dragon, mais je ne parlais pas de ça, plutôt de notre énorme dispute moins d'un mois après la naissance de Bairim.
— Grosse dispute ?
Je tentais de me souvenir, mais ne me souvins pas. Mais avant qu'il ne réponde, je me souvins.
— Oh... celle-là.
Je rougis, me souvenant aussi que cela avait ma faute en grande partie. C'était peut-être pour cette raison que je l'avais enfouie afin de l'oublier. Il me sourit, indulgent, et me tendit la bague.
— Pourquoi tu me l'as tend ? demandai-je.
— Je suis à peu près sûr que tu n'as pas lu l'inscription à l'intérieur de la bague, et je pense qu'il est temps.
Une inscription ? Je regardai et lu "dragostea mea pe vecie". Je savais déjà ce que voulait dire la première partie, mais la seconde était inconnue.
— Mon amour...
— ... pour toujours, finit-il. Je sais que je doute et cela doit être épuisant pour toi, mais tu es ce que j'ai de plus précieux, avec Draco et Bairim.
— Mais tu doutes, soufflai-je peiné. Et cela me chagrine.
Je le serrai contre moi et embrassai sa tête.
— Bairim, fis-je en me tendant. Nous l'avons laissé seul.
— Là tout de suite, et depuis trois jours maintenant, je ne doute plus non. Et tu as pris le baby phone avec toi, n'est-ce pas ?
Je secouai la tête, me traitant intérieurement d'idiot. Il se pinça les lèvres et me remis mon alliance puis embrassa mon front.
— Tu as de la chance que je t'aime.
Il alla ensuite chercher ses vêtements pour se rhabiller.
— Je suis désolé.
— Ne t'excuse pas, dit-il en enfilant ses chaussures. Je suis aussi fautif que toi et je suis certain qu'il s'en est sorti comme un chef, de toute façon, s'il n'allait pas bien, on aurait probablement déjà Émeraude sur le dos, littéralement.
Il avait raison, mais je m'en voulais tout de même un peu. Je déverrouillai la porte, enlevant ensuite le sort de silence. Lucius me suivit de près, posant sa main sur ma hanche et nous arrivâmes dans la chambre où, Merlin soit loué, nous n'entendîmes aucun pleurs. Je murmurai alors, en me retournant :
— Tu as raison, il s'en est sorti. On le laisse encore un peu où on va le trouver ?
— Il serait peut-être préférable de vérifier qu'il va bien.
— Okay.
J'ouvris la porte et restai figé.
— Salut, soufflai-je à Geoffroy assit sur la chaise, Bairim sur les genoux, blottit contre lui. Désolé, on était... occupés dans la cuisine.
Je regardai Lucius immédiatement, ayant peur qu'il réagisse mal au fait que Geoffroy soit si proche de Bairim. Il se contenta de regarder Geoffroy et de se coller contre mon dos.
— Il pleurait, alors je suis venu voir si tout allait bien pour lui.
— Merci, chuchotai-je en avançant.
Je caressai la joue de Bairim et il papillonna des yeux et sourit en me voyant.
— Hello mon chéri.
— Papa ! dit-il en tendant les bras vers moi.
Je le pris rapidement et Geoffroy se leva. Bairim se tourna vers lui et sourit, avant de dire :
— Zentil Geo. Câlin.
Je ris et embrassai Bairim avant de le rendre à Geoffroy.
— La vérité sort de la bouche des enfants, affirmai-je en jetant un rapide regard à Lucius.
Il leva les yeux au ciel et soupira :
— Je vais finir de préparer le petit déjeuner. Ceux qui ont faim peuvent venir dans la salle à manger dans cinq minutes, ce sera prêt.
Il m'embrassa puis alla déposer un baiser sur l'une des mains de Bairim avant de partir. Je regardai Geoffroy et caressai la tête de Bairim, tout en disant :
— Merci encore. Et tu vois, Lucius n'est pas un cas désespéré. Je suis sûr qu'il arrivera à comprendre. Tu m'aides à lui faire sa toilette ? demandai-je ensuite.
— Et bien... si tu veux, hésita-t-il. Et il a l'air un peu moins en colère, je te l'accorde. En fait, je ne sais pas ce qui me surprend le plus, qu'il soit aussi furieux ou que tu ne sembles absolument pas l'être.
Je lui frappai l'épaule amicalement et avouai :
— Je sais que j'ai eu tord et je sais aussi que tu aurais pu choisir une autre punition. Mais je sais avant tout que je n'aurais pas aussi bien compris la gravité de la chose autrement que comme ça. Maintenant, je ne dis pas que c'est une bonne idée de l'avoir prolongé juste en réponse au comportement de Lucius. D'ailleurs, c'est quoi cette histoire.
— Il devenait incontrôlable, je ne vois pas pourquoi j'aurais dû le récompenser en levant la punition.
— Oui, mais tu étais sûrement au courant que c'était ta punition qui le rendait comme ça.
— Ce n'était pas une raison pour se comporter ainsi, et je pensais qu'il allait se calmer.
— Tu devrais le connaitre depuis le temps, dis-je en prenant Bairim.
Je le déposai ensuite sur sa table à langer et lui chatouillai le ventre avant de demander :
— Qui veux-tu pour changer ton lange ? Papa et Geoffroy ?
J'avais une chance d'échapper au caca du matin, je n'allai pas la laisser passer.
— Papa ! répondit-il joyeusement.
— Visiblement, je ne le connais pas si bien. D'habitude, il est celui qui est calme et raisonnable. Et bien essayé, rit Geoffroy.
— Ouais...
Je souris néanmoins et commençai à déshabiller mon fils.
— Tu sais ce qui lui ferait plaisir ? A Lucius.
— Non, hésita-t-il. Quoi ?
— Que tu lui dises, même sans le penser, que tu ne t'y ais pas bien pris. Là, je pense qu'il sera de nouveau le Lucius qui évite de te tuer du regard. Mais cela n'est qu'un conseil, ne te sens pas obligé.
— Il veut que je m'excuse ? fit-il, visiblement surpris.
— Oui et non. Disons que c'est ce que j'ai compris. Sinon, avec tout ça, es-tu certains de vouloir me confier tes papiers ?
— Je rêve ou tu essaies d'y échapper ? Après seulement trois jours.
— Non non... bon oui, clairement. C'est barbant, chiant, casse couille et ennuyeux. Et je peux continuer.
— J'espère bien, puisque tu as encore 27 jours à tenir. En plus, je croyais que Lucius t'aidait, enfin, quand il le peut. Et puis honnêtement, si tu finis de remplir tous les dossiers qui doivent l'être avant la fin du mois, tu pourras retourner en réserve.
— Marché conclut.
Puis, j'explosai de rire tout en finissant de changer Bairim :
— Et je parlais de la liste de qualificatif, pas dans le sens que je pouvais continuer à le faire.
— Ah ? fit-il d'un ton faussement innocent.
— Allez, vient mon bébé, Pada a fait des crêpes.
— Pada ! Crêpe ! Crêpe !
Nous sortîmes de la chambre et je souris à Geoffroy, tout en posant Bairim au sol pour qu'il rejoigne lui-même la salle à manger.
POV Lucius
Je pris Bairim dans mes bras et nous rejoignîmes la cuisine. Deux semaines étaient passées depuis que la sanction avait été levée et même si l'ambiance au camp était bien meilleure, j'étais bien conscient que c'était loin d'être loin parfait, surtout entre Geoffroy et moi. J'étais toujours en colère contre lui, même si moins, et au cours de ma garde qui m'avait pris près de la moitié de ma journée, je m'étais souvenu que je lui avais promis quelque chose en échange de son autorisation pour aller dans la réserve. Chose que je ne lui avais toujours pas donné. Les Malfoy étaient connus pour avoir beaucoup de défauts mais nous tenions notre parole... relativement souvent du moins.
J'assis Bairim sur le plan de travail et ce dernier demanda immédiatement à ce que nous fassions un gâteau au chocolat. Le connaissant, il voulait juste pouvoir plonger ses doigts dans la pâte et en mettre autant dans sa bouche que sur ses vêtements mais après tout, si cela lui faisait plaisir.
Je sortis donc un plat dans lequel je versai le chocolat fondu, le beurre, la farine et le sucre. Je descendis mon fils de son perchoir et alla chercher une chaise que je métamorphosai en tabouret assez haut pour que Bairim soit à la bonne hauteur par rapport au comptoir et avec des barreaux sur les côtés pour l'empêcher de tomber. Je l'installai dessus puis lui laissai la cuillère pour qu'il puisse mélanger à son aise.
Je me sortis un autre plat et y versai du beurre, de la farine, du sucre, de la vanille et de la noix de coco puis je mélangeai le tout.
— Pada ! Fini, me dit Bairim au bout d'un moment.
Comme je m'y attendais, il était plein de chocolat et quand j'arrivai près de lui, il se fit un plaisir de m'en mettre sur le nez et les joues, riant de son œuvre. Je ris un peu avec lui puis nous cassâmes ensemble les œufs qu'il mélangea ensuite au reste tandis que je finissais la pâte des autres gâteaux. Une fois fait, je pris les petits moules de différentes formes et les gâteaux prirent rapidement les formes de Dragons, de bébé et de plume que j'enfournai.
Je retournai aider Bairim à finir la pâte au chocolat que nous versâmes ensuite dans un moule.
— Papa ! dit Bairim alors que je venais de nettoyer ses mains et son visage.
— Oui mon cœur, on finit les gâteaux et on va voir papa.
Charlie était toujours dans le bureau de Geoffroy, comme très souvent dernièrement, en train de remplir différents papiers. Ce qui l'agaçait foncièrement, cela va sans dire. Je sortis les sablés à la noix de coco du four et enfournai le fondant au chocolat dans la foulée tandis que Bairim partit jouer sur son dragon à bascule qui restait dans la cuisine la plupart du temps. Après tout, c'était également là que je passais le plus clair de mon temps. Je mis les sablés dans une grande boite et allai jeter un œil au planning. Être dans la réserve ne me dérangeait pas autant que la dernière fois que j'avais eue cela comme sanction. Cela ne me plaisait pas particulièrement, mais je n'avais plus vraiment quelque chose contre les Dragons. Et puis, je savais qu'une fois cette sanction terminée, je retournerai aux papiers et n'y passerai plus tant de temps.
Je repartis en cuisine et sortis le fondant du four, le laissant refroidir une vingtaine de minutes avant d'en couper trois parts. Je préparai un verre de chocolat froid pour Charlie, un de lait pour Bairim puis mis l'eau à bouillir pour me faire un thé quand j'entendis la porte de la cuisine s'ouvrir. Je me retournai pour voir Bairim se précipiter vers Carlos qui le prit dans ses bras.
— Ola ! Alors, comment va ma petite terreur préférée ?
Bairim commença à parler à toute vitesse et je pus seulement intercepter les mots papa, Pada et chocolat. Je ris doucement et posai les trois assiettes de gâteaux sur la boite de gâteaux alors que mon eau finissait de bouillir.
— Ca sent bon, on peut se servir, je suppose ?
— Tu peux prendre du gâteau au chocolat oui.
— Et ça, c'est quoi ? fit-il en montrant la boîte. Une nouvelle création ?
— Non, c'est pour Geoffroy.
— Oh...
— Quoi ?
— Rien. Les as-tu empoisonnés ?
— Non, grimaçai-je. Je les lui avais promis, il les aura, c'est tout.
— Ah, tu les as ratés alors, rit-il.
— Même pas, mais merci pour le vote de confiance, ça fait plaisir.
Il ouvrit et ferma la bouche, avant de dire :
— Je ne voulais pas dire ça dans ce sens là, enfin... pas complètement. Pardonne-moi.
— C'est bon ce n'est pas grave, j'y ai pensé il y a quelques semaines.
J'avais également pensé à bien pire.
— Je ne veux plus rien savoir, rit-il en prenant une part de gâteau au chocolat. Au fait, tu sais que si tu n'étais pas coincé ici, je t'aurais conseillé d'ouvrir une sorte de pâtisserie ?
— Je t'en prie, il y a une grande différence entre apprécier un gâteau gratuit et donner de l'argent pour l'avoir.
— Dialogue de sourd, clama-t-il en sortant de la cuisine.
Je marmonnai sous cape et baissai les yeux en sentant quelque chose s'écraser contre mes jambes. Bairim tendit les bras vers moi avec un grand sourire et je l'attrapai, sortant ensuite ma baguette et faisant léviter les gâteaux et nos boissons jusqu'au bureau de Geoffroy. A peine entrai-je dans la pièce que Bairim descendit de mes bras pour se jeter dans ceux de Charlie tandis que je déposai la nourriture sur la table basse devant le canapé sur la gauche.
— Cela sonne l'heure de ma pause, sourit Charlie en prenant Bairim dans ses bras, puis le lançant en l'air.
— Tu t'en sors ? lui demandai-je en prenant un morceau de parchemin sur le bureau ainsi qu'une plume et de l'encre.
J'y écrivis à Geoffroy que c'était les gâteaux qui lui étaient dus et que je ne les avais pas empoisonné mais que s'il n'en voulait pas, il pouvait tout aussi bien les ramener en cuisine plutôt que les jeter à poubelle. Je posai ensuite la note sur la boite que je mis sur un buffet contre le mur à gauche du bureau.
— A ton avis ? Bien sûr que non. Enfin, si, mais je n'en peux déjà plus. Ils demandent presque tous les mêmes renseignements. Et faire ça en plusieurs exemplaires, sans sortilège de copie... Pourquoi font-ils ça nom de Merlin ?
— Parce que ça leur permet de faire un premier tri, seuls les plus courageux ou ceux qui ont du temps à perdre prennent cette peine. Ils reçoivent moins de demandes, et ont donc moins d'argent à verser.
— C'est dégueulasse ! Quand je pense que Geoffroy fait ça depuis des années, en plus de la gestion de la réserve, les échanges qui plus est. On peut vraiment dire merci à nos primes. Mais je ne suis pas fait pour ça, jamais. La réserve me manque, avoua-t-il. Autant pendant la punition, je n'avais plus envie d'y aller, mais là... je le sens en moi, ce besoin presque vital d'y mettre les pieds.
Je le fis se lever alors qu'il avait toujours Bairim dans les bras puis le pris sur mes genoux, jetant un coup d'œil aux papiers par dessus son épaule.
— Tu avances bien, l'encourageai-je. Et je croyais que Geoffroy t'autorisait à faire une garde par semaine ?
— Oui, mais elle n'est que dans deux jours. Et... pour changer de sujet, logiquement demain mes parents viennent pour leur visite mensuelle. As-tu des nouvelles de ton fils qui n'est toujours pas venu ?
— Il vient demain aussi. Ils ont été très occupés au magasin avec les touristes.
La ville dans laquelle ils étaient installés attirait étonnamment beaucoup de touristes pendant les mois de juillet et août, et ces derniers avaient semblé ravis de découvrir le magasin de Draco et Harry.
— Et... as-tu une idée de comment leur annoncer ? A tout le monde ou à Draco et Harry d'abord ?
— Et bien, ils nous l'ont annoncé d'abord alors je suppose qu'il serait bien de leur rendre la pareille. Ils devraient arriver dans la matinée...
— Ouais, c'est ce que je pensais aussi. Du coup, comment fait-on pour éloigner mes parents ? Parce qu'ils seront là, et je me vois mal leur dire de rester dehors pendant qu'on parle aux jeunes.
— On leur prête Bairim et une fois qu'ils sont complètement gaga, on enlève Harry et Draco pour leur parler.
— Je t'aime encore plus quand tu manigances des choses comme ça !
Je raclai mes dents contre la peau de sa nuque que j'embrassai ensuite.
— Je t'ai fait un chocolat, dis-je ensuite en indiquant vaguement la table basse.
— Je te dirais bien que je t'aime encore plus, une fois de plus, mais ça perdrait de son charme.
— Jamais.
— Alors je t'aime encore plus, quand tu me fais de petites choses comme ça. Ça me donne envie de... tu-sais-quoi, sur ce bureau.
— Ne m'en parle pas, soufflai-je contre sa nuque. Puisque ça devient plus notre bureau que le sien, tu penses qu'il nous en voudrait beaucoup ?
— Je ne sais pas, répondit Charlie avant de chatouiller Bairim.
Ce dernier rit et essaya de lui échapper et de me rejoindre en escaladant Charlie. J'attrapai Bairim et le laissai descendre au sol puis il attrapa la main de son père et dit :
— Gâteau papa !
— Oui oui, je viens, dit-il en se levant.
Il m'embrassa rapidement et partit ensuite prendre place sur le canapé. Bairim attaqua immédiatement son morceau de gâteau et but un peu de lait tandis que je jetai un œil aux dossiers de Charlie et en attrapai un pour le remplir. Après tout, je me fichais de la paperasse et je savais que Geoffroy avait dit à Charlie qu'il pourrait rejoindre la réserve plus tôt s'il terminait sa paperasse pour le mois. Charlie avait besoin d'être en réserve et étais bien moins heureux quand il ne l'était pas, alors j'avais décidé de l'aider.
— Moi qu'a fait ! dit Bairim tout fier à son père quand celui goûta un morceau de gâteau.
— C'est vrai ? Et bien, il est délicieux mon chéri. Tu as fait comment ?
— Socolat, beurre, œufs et mélanger. Pis valà. Pada aidé un peu.
Je souris et finis la lettre pour un dossier de financement pour le mois d'août puis commençai à m'occuper des formulaires à remplir pour chacun des gardiens présents.
Charlie le félicita une nouvelle fois en me jetant un regard et je lui souris en retour. Inutile de préciser qu'il y avait un peu plus de choses que cela dans la recette. Je terminai le dossier de Carlos tandis que Charlie et Bairim discutaient puis je déposai un baiser sur le front de mon fils quand il vint m'apporter mon thé. J'attrapai au passage un tissu et lui essuyai les mains avant qu'il ne décide de tripoter à tout. Je m'attaquai au dossier de Johanna et remplis les champs de bases tout en demandant à Charlie :
— Au fait, pour le mariage. On a une date et c'est très bien mais on fait ça où et comment ?
Il allait falloir trouver un sorcier pour nous marier et lancer les sortilèges nécessaires au bon déroulement de la cérémonie. Trouver un endroit également, et ce dernier point dépendrait de qui Charlie voudrait inviter. Je ne me souvenais pas particulièrement d'amis qu'il aurait en Angleterre ou ailleurs mais je n'étais pas certain.
— Ah ouais... il me semblait bien que le mariage avait ses mauvais côtés. Je n'en ai aucune idée. Et toi ?
— Il faudrait voir avec Geoffroy, grimaçai-je légèrement, mais si nous n'invitons que des gens qui sont déjà venus, nous pourrions peut-être le faire là.
Parce que de toute façon, il faudrait se battre avec le Ministère pour qu'il m'autorise à quitter la réserve une fois de plus. Et j'avais du mal à croire qu'il serait d'accord pour que je parte à peine cinq mois après que je sois sorti pour le mariage de Draco et Harry.
— Je ne pense pas à inviter une personne extérieure à ma famille. Enfin, je ne vois personne. Donc, nous pourrions le faire ici. Si Geoffroy est d'accord, ajouta-t-il d'une drôle de voix.
— Je vois que nous sommes d'accord sur ce dernier point, soupirai-je.
Lui et moi étions toujours en froid et même si me marier ici était le seul moyen de me marier, je n'irais pas me trainer devant lui et le supplier, hors de question.
— On a plus qu'à espérer qu'il veuille te faire plaisir, fit Charlie.
— Ce sera le cas. Donc, pas de soucis à se faire.
— Pourquoi as-tu dit "Si Geoffroy est d'accord" sur ce ton là dans ce cas ? demandai-je.
Je finis le dossier de Johanna et commençai celui d'Isaac. Bien sûr, il allait ensuite me falloir ajouter à chaque dossier une lettre et une copie de leur planning mais si je me dépêchai, je pouvais finir ça pour le soir même et Charlie aurait ça de moins à faire.
— Parce que ça m'attriste de voir que vous êtes toujours en froid. Et que c'est en grande partie ma faute. Du coup, ça me fait chier. Mais je fais avec.
— Ah... Il s'en fiche de toute façon, ajoutai-je avec désinvolture.
— Si tu le connaissais un peu mieux, tu verrais que non. Mais je n'ai plus envie de débattre avec toi là-dessus. Hey Bairim, ça te dit de voler ?
— Voler voler voler ! s'exclama Bairim en sautillant sur place.
Charlie se leva et le prit dans ses bras, le soulevant ensuite en l'air. Bairim rit et je me replongeai dans mes papiers. Si Geoffroy ne s'en était pas moqué, il serait très probablement venu me parler. Je m'étais montré moins agressif pour lui montrer que je n'allais pas l'attaquer s'il m'approchait mais il n'avait pas fait un geste envers moi. Il n'en avait donc rien à faire. Tant mieux de toute façon, ce n'était pas comme si moi, ça m'intéressait.
— Voler ! rit Bairim une fois de plus. Plus haut, balai ! Dragon !
Je terminai le dossier d'Isaac et pris celui d'Abigail mais relevai la tête pour observer mon fils avant de le commencer le dossier.
— Ah non, mon chéri. Pour l'instant, faudra te contenter de Papa ou Pada pour ça. Tu es trop petit, expliqua Charlie.
— Non ! Stom a dit je peux ! Raude aussi.
Je me pinçai les lèvres et jetai un regard à Charlie.
— Ne me regarde pas comme ça, chuchota-t-il.
Il regarda ensuite Bairim et demanda :
— Oui, mais tu es trop petit. Ils t'ont dit quoi d'autres, Storme et Émeraude ?
— Bébé Raude y peut voler lui, rétorqua-t-il d'un ton boudeur en croisant les bras.
Merlin, Carlos avait tellement raison, il était le portrait craché de son père quand il faisait cette tête-là.
— Bébé Raude. Le fils d'Émeraude ? Il te parle aussi ? Mais il est plus grand que toi, souffla Charlie. Tu es né bien plus tard que lui mon chéri.
Bairim fronça les sourcils, visiblement pas convaincu, et se tourna vers moi avec un air suppliant.
— Non mon cœur, ris-je doucement, papa sera d'accord bien plus tôt que moi pour que tu montes sur un Dragon ou un balai. Toi tu dois le convaincre lui, et ensuite lui devra me convaincre.
Il fronça les sourcils, signe qu'il réfléchissait et sourit ensuite en allant prendre une part de gâteau.
— Tiens papa ! Dis, peux voler ?
Je ne pus me retenir bien longtemps et explosai de rire, ne parvenant à me calmer que quelques minutes plus tard.
— Notre fils t'a visiblement bien cerné, souris-je ensuite à l'intention de Charlie.
— J'espère surtout qu'il ne trouvera pas comment moi, je te soudoie.
— J'espère aussi, soufflai-je amusé. Bairim, les Dragons t'ont dit autre chose ?
Il sembla réfléchir puis vint vers moi et tendit les bras pour que je le prenne, ce que je fis sans attendre.
— Qui-pique est désolé.
Il me serra contre lui avec ses petites mains et me fit un bisou sur la joue puis me dit, très sérieusement :
— Peux voler ?
— Toujours pas mon cœur.
Il fit une moue ennuyée et descendit de mes genoux pour reproposer du gâteau à son père. Rusé et déterminé, ça commençait bien.
— Qui est qui-pique ? demanda Charlie en prenant le gâteau. Et non, tu ne peux toujours pas voler, ajouta-t-il en posant la part sur la table.
— Da...dagon...dragon jaune, bafouilla-t-il. Qui-pique.
Il se fichait de sa prononciation pour beaucoup de mots mais Dragon, il tenait absolument à le dire correctement.
— Il parle du Magyar, souffla Charlie les yeux brillants. Il te dit quoi mon chéri ?
— L'est désolé et tiste t'as peur de lui. Y voulait pas manger toi. Juste jouer.
— Juste jouer...
Il sembla perdu et hocha la tête avant de dire :
— Eh bien... dis-le que je lui pardonne. Je n'aurais plus peur.
— Accord. Peux voler ?
— Non Bairim. Et tu ne pourras pas pour le moment, tu es trop jeune.
Il eut une moue contrarié puis lui demanda :
— Viens zouer dehors vec moi.
Charlie rit puis me regarda et dit :
— Une petite heure ne peux pas faire de mal, si ?
— Bien sûr que non, va l'épuiser un peu histoire qu'on puisse en profiter ce soir...
Il se leva et prit Bairim avant de le serrer contre lui et de dire :
— On ne sort que si tu fais un gros câlin et un énorme bisou à Pada.
Je haussai un sourcil et réceptionnai Bairim qui se jeta sur moi pour faire ce que son père lui avait demandé. Je l'embrassai en retour puis le laissai filer, souriant en le voyant tirer sur la main de son père pour qu'il le suive plus vite et trébuchant au passage.
— Amusez-vous bien. Et Charlie, interpelai-je ce dernier. Je t'ai demandé de l'épuiser lui, pas l'inverse.
— C'est noté, j'épuise Bairim, pour t'épuiser toi ensuite.
Un sourire plein de luxure étira mes lèvres tandis qu'il sortait et refermait la porte derrière lui.
POV Charlie
Je n'arrivais pas à fermer l'œil, malgré le fait que Lucius m'avait littéralement vidé de toute énergie. Je ne cessai de me souvenir de l'attaque du Magyar. Et surtout de ce qu'avait dit Bairim. J'avais déjà du mal à me faire à l'idée qu'ils pouvaient communiquer avec les Dragons et d'un côté, je n'aimais pas ça, dans le sens où nous ne savions pas justement ce qu'ils lui disaient. Mais je n'arrivais pas non plus à me dire que c'était la vérité, qu'il n'avait pas voulu me manger ou me blesser, mais juste de jouer.
J'avais eu peur cette fois là, plus que les autres. Je soupirai et me tournai sur le côté, essayant de dormir. Il valait mieux que je sois en forme si je ne voulais pas inquiéter maman.
Et puis, je voulais pouvoir garder les yeux ouverts, parce que nous allions leur annoncer la bonne nouvelle. Et j'étais certains que j'allai me faire engueuler de ne pas leur avoir dit dans la lettre, même s'ils allaient affirmer qu'il valait mieux le dire de vive voix.
Je sentis une main caresser mon bras et tournai la tête pour voir que Lucius ne dormait plus.
— T'ai-je réveillé ? demandai-je en chuchotant.
— Tu t'agites.
— Désolé.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Rien. Enfin si, avouai-je en me retournant pour lui faire face. Bairim, commençai-je.
— On savait qu'il leur parlait Charlie, et inversement.
— Oui, je sais. Mais je n'avais encore jamais réalisé que justement, nous ne savions pas ce qu'ils pouvaient lui dire.
Lucius rit doucement puis embrassa le bout de mon nez tout en caressant mon bras.
— Mieux vaut tard que jamais je présume.
— Ouais, ben ça me plait moyen. Regarde le résultat avec son idée de voler.
— Tant qu'il n'essaie pas de cracher du feu...
Je ris à mon tour et l'embrassai chastement, avant de reculer et de dire :
— C'est clair que dans ce cas, nous aurions un souci de taille.
— Je vais te dire ce que je me suis dis à moi-même il y a quelques mois pour arrêter de me prendre la tête avec ça. Nous ne pouvons rien y faire. A part peut-être déménager et l'emmener dans un autre pays avec nous, et encore, les Dragons suivraient probablement. Alors laisse faire.
La main qui caressait mon bras glissa sur mon cou puis alla se poser sur ma joue qu'il caressa de son pouce.
— Quant à Bairim et ses désirs, nous allons devoir apprendre à dire non, c'est tout.
— Tu as vu ses yeux ? J'ai eu beaucoup de mal à ne pas juste trouver un moyen pour qu'il puisse venir avec moi sur un balai.
— Il fait la même tête que toi, vraiment. Alors imagine à quel point c'est dur pour moi, rit-il doucement. Je propose que l'on se fixe des limites, et qu'on lui impose les mêmes. Par exemple, je suis d'avis qu'il ne monte pas sur un balai avec nous avant au moins ses cinq ans.
— Cela me semble raisonnable. Je suis d'accord. Et... je fais cette tête là, vraiment ?
— Vraiment. Et pareil quand vous êtes contrariés, de vrais clones.
Je ne répondis rien et me blottis contre lui.
— Je n'aime quand même pas ça, soufflai-je après plusieurs minutes de silence.
— Je sais. Je n'aime pas ça non plus, du tout. Mais nous ne pouvons vraiment rien y faire. A moins que tu n'arrives à demander à Émeraude de nous écrire tout ce qu'ils comptent lui dire d'abord.
Je secouai la tête et emmêlai nos jambes avant de dire :
— J'essaierais de faire avec. Allez, dormons, demain une longue journée nous attend.
Il posa son index sous mon menton et me fit redresser la tête afin d'ancrer son regard dans le mien et de souffler :
— Je veux que tu m'en parles, si vraiment ça t'embête. Je ne vois pas trop ce qu'on pourrait y faire mais je chercherai, au cas où.
Il lécha ensuite mes lèvres et m'embrassa délicatement tout en passant sa main dans mes cheveux.
— D'accord, murmurai-je.
Je l'embrassai, liant nos langues avant d'enfouir la tête dans le creux de son cou.
Nous espérons que dix-neuvième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p
Sachez également que nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions et à chacune de vos reviews. *clin d'œil*
Abby and Jes
