Avé, Merci les reviewers, bien sûr.
Allez, c'est presque fini. Ce chapitre est l'avant-dernier, et si ma semaine me le permet, je mettrai peut-être le dernier en ligne avant le week-end prochain. Mais je fais pas de promesse.
Un mot d'explication suite à la review de Merwyn-L qui se demande depuis combien de temps Bulma a quitté la Terre. C'est une question que Bulma se pose elle-même avant de s'échapper de Végitasei (chapitre 28 je crois), elle explique qu'elle n'arrive pas à déterminer précisément l'âge que peut avoir son fils parce que les voyages dans l'espace ont brouillé sa notion du temps et que les journées n'ont pas forcément la même durée sur toute les planètes. Elle évalue que Trunks doit avoir à peu près un an à ce moment-là. J'ai essayé de mettre des jalons de temps dans mes chapitres mais quand on les lit au rythme d'un par semaine voire plus, forcément, on oublie et j'ai fait parfois des sauts dans la chronologie aussi (notamment pour les voyage dans l'espace vers Ohms puis vers Vegitasei). Donc si vous voulez faire confiance à Bulma, je vous laisse compter...
Avertissement (je suis bavarde ce soir, désolée): Mon correcteur d'orthographe a lâché l'affaire subitement, alors je m'excuse par avance des fautes de frappe ou autres (plus nombreuses que d'habitude) qui m'auraient échappé.
Chapitre 32
Un frémissement dans l'air attire mon attention, mais lorsque je lève les yeux au ciel, je ne vois rien d'anormal. L'horizon est toujours d'un vert doux, pur et sans nuage.
Je m'aperçois que, tout comme moi, Guenta, le Namek qui m'accompagne, s'est mis à scruter le ciel. Il a les sourcils froncés et ça éveille mon inquiétude.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Je ne suis pas sûr, répond-t-il nerveusement.
Il continue son inspection de l'immensité au-dessus de nous. Tout est calme et silencieux et, pour ma part, je ne perçois rien. Mais je ne dispose pas de son hyper-sensibilité et je commence à me sentir fébrile.
- Tu crois… Que ça y est ?
J'ai à peine osé poser la question. Il reporte son attention sur moi. Son visage est crispé par le doute et ça ne me rassure pas beaucoup. En guise de réponse, il me tend la boule que nous venons d'extraire d'une fissure dans la montagne. C'est la sixième.
- Je vais aller voir, annonce-t-il. En attendant, il serait plus prudent que tu restes cachée à l'abri avec la boule.
- Tu es sûr que c'est une bonne idée ?
Il me sourit faiblement.
- Peut-être que ce n'est rien. Peut-être que c'est juste Végéta et Gokû qui mettent un peu trop le paquet. Redescend la montagne jusqu'à la forêt et ne t'inquiète pas, je saurais te retrouver, répond-t-il d'un ton réconfortant.
Je ne proteste pas mais je le regarde s'envoler avec un certain malaise. Entre mes mains, la boule émet sa vibration caractéristique. Je l'emballe dans mon sac avec un soupir. Ça fait une semaine maintenant que nous avons vu Sachoro. Il nous a annoncé très sollennellement qu'une menace se rapprochait de Namek. Une terrible menace qui risque d'anéantir la planète entière. Je ne sais pas de quoi il s'agit exactement mais il est franchement terrorisé.
Végéta est convaincu que c'est Freezer qui nous cherche, il est certain que le lézard n'a pas digéré de nous voir lui fausser compagnie. Cette hypothèse me paraît grotesque, Végéta est tellement obsédé qu'il s'imagine que Freezer est partout. En plus, le lézard l'a vu mort, il n'a aucune raison de suspecter qu'il est revenu à la vie. Quant à moi… Je me demande quel intérêt je pourrai encore représenter pour le tyran. Aucun qui vaille la peine de traverser la galaxie. Et tout ça est sans compter sur le fait que Freezer n'a aucun moyen de savoir où nous sommes. Cette planète n'a même jamais été foulée par le pied d'un saïyen.
Non, vraiment la théorie de Végéta est invraisemblable. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de redouter qu'elle soit vraie. Je me souviens les yeux jaunes et la voix nasillarde du léazrd, il hante encore mes cauchemars et ça me fait froid dans le dos.
Quoiqu'il en soit, Freezer ou pas, ça ne change rien, le vieux Namek ne nous a pas laissé beaucoup d'espoir d'en réchapper. Ou plutôt, il nous a fait comprendre que notre unique espoir était de réunir les boules avant que la catstrophe, quelle qu'elle soit, ne se réalise.
Maintenant, c'est trop tôt. On a que six boules et on ne peut rien en faire.
A force de jeter des coups d'œil insistants au ciel au-dessus de ma tête, je dérape sur la paroi rocheuse que je suis en train de dévaler et je m'étale dans les buissons. Epineux, bien sûr. J'étouffe un juron en me relevant précautionneusement.
Je réprime un hurlement en constatant que mes mains et mes jambes sont constellées de minuscules épines. Ma chair est sanguinlolante. Je fais quelques pas pour m'assoir à l'ombre d'un arbre et j'entreprends d'arracher les intruses une à une. Ça fait un mal de chien.
Après ce qui me paraît une éternité, j'ai réussi à purger la peau de mes mains des minuscules dards. Je fais une pause en examinant une fois de plus le ciel silencieux et paisible au-dessus des arbres. Tout est calme. Guenta n'a pas reparu et je me demande depuis combien de temps il est parti maintenant. Je vérifie la boule dans mon sac. Elle est toujours là, intacte et luisante.
Peut-être qu'il ne se passe rien de spécial après tout. Je suis tellement sur les nerfs ces derniers temps. Juste au moment où j'avais l'impression que le sort avait décidé de me foutre la paix, il semble qu'une fois de plus, les choses ne seront pas aussi faciles que je l'espérais.
Comme je me remets debout pour repartir, une douleur vicieuse me vrille la cheville et me fait grimacer. En baissant les yeux, je m'aperçois que l'ourlet de mon pantalon n'a pas survécu à ma chute. Le tissu est déchiré. Comment les Nameks arrivent-ils à survivre ici avec des vêtements aussi pourris ? En soulevant le bas du pantalon avec précaution, je me rends compte qu'une énorme écharde de bois s'est plantée dans ma cheville. Un filet de sang dégouline jusque dans ma chaussure.
Je me rassois avec un soupir. Il va falloir que j'arrache ce truc avant de trouver Dendé pour me soigner. Je me demande un instant si le tétanos existe sur cette foutue planète.
J'ai toujours eu horreur de faire ça. Soigner les autres, ça peut aller mais moi, je suis trop délicate. J'ai rien d'une guerrière et je déteste avoir mal.
Je serre les dents en extirpant l'aiguille pointue de ma peau. Le sang jaillit en flot avide. Je déchire ma jambe de pantalon pour me bricoler un pansement et endiguer l'hémorragie. La blessure ne semble pas grave mais elle est moche. Ce sera ma cicatrice de guerre à moi, j'imagine. Je hais les cicatrices.
En nettoyant la plaie, je réalise qu'une autre écharde parait s'être glissée sous ma peau, tout près de la première. Mais, étrangement, il n'y a pas de sang. Je me penche pour examiner ce phénomène inexplicable. Il y a définitivement quelque chose sous ma peau. Un bâtonnet de quelques centimètres à peines. Je le tâte du bout du doigt avec curiosité.
Subitement un bruit sec me fait sursauter. Je me plaque instinctivement contre le tronc de l'arbre derrière moi, le cœur battant. Je cherche des yeux l'origine de ce claquement soudain et mon regard tombe avec horreur et incrédulité sur un bras. Un bout de bras. Namek. Il vient de tomber du ciel.
Je sens une étrange vibration dans l'air et je lève anxieusement les yeux. Je ne vois rien de particulier mais je sens quelque chose. Il se passe quelque chose. Quelque chose qui fait pleuvoir des bras Namek. Quelque chose de mauvais.
J'attrape la bandoulière de mon sac et je me lève sans attendre. Je cours sans me retourner. J'ignore ce qui se trame, mais ce qui très claire dans mon esprit, c'est qu'il faut que je m'éloigne d'ici. Vite.
Les forête Nameks ne sont pas très touffues. Je sprinte à perdre haleine entre les arbres maigrichons et je ne sais même pas ce que je fuis. L'écho d'une explosion au loin me fait accélérer et je sens à nouveau, nichée au creux de mon estomac, ma copine la trouille. La bonne vieille trouille d'y passer. Je l'avais oubliée depuis le temps.
Je calcule rapidement que la forêt est définitivement une mauvaise planque. Le feuillage minable des arbustes ridicules qui la composent ne va pas me dissimuler très longtemps. Ici, le meilleur choix, c'est une grotte. Les petites collines rocheuses en regorgent et je bifurque en direction de la première que je repère.
Je ne peux m'empêcher de jeter un œil inquiet au ciel au-dessus de moi mais je n'y vois toujours rien. C'est tellement pathétique d'être la seule à être incapble de voler. Et ça me rend tellement vulnérable.
J'escalade maladroitement la pente rocheuse de la colline. Heureusement, je n'ai pas besoin de monter très haut avant de trouver une fissure dans son flanc qui fera office de cachette idéale pour un temps.
Je plonge littéralement à l'intérieur et je rampe le plus loin possible. Le boyau n'est pas très profond, mais il me permettra de reprendre mon souffle en attendant de comprendre ce qui se passe.
Depuis la pénombre de mon abri, j'écoute d'autres explosions qui résonnent au loin. Ça se présente mal.
Le tiraillement de ma cheville me rappelle à ma blessure. L'adrénaline de ma fuite m'a fait oublier la douleur le temps de ma course, mais je m'aperçois que le sang a éclaboussé toute ma jambe. Le tissu que j'avais enroulé autour de ma cheville en est imbibé et je suis obligée de déchirer un autre morceau de mon pantalon pour refaire un pansement.
Alors que je nettoie de nouveau la plaie avec attention, mes yeux retombent sur cette deuxième « écharde » mystérieuse. Il n'y aucun orifice par lequel elle aurait pu s'introduire à l'emplacement où elle se trouve. Je l'effleure du doigt, ce n'est pas une écharde. Ça fait longtemps que ce truc est là, sous ma peau, et si ça avait été un corps étranger arrivé là par accident, ça se serait infecté. Il faut que je l'extraye. Cette évidence me frappe avec urgence. Il y a une chose inconnue sous ma peau et je dois m'en débrasser.
Je prends le couteau accroché à ma ceinture et je le considère un instant. Il est pointu. Je n'ai aucune envie de faire ce que je dois faire. Ça va faire mal, et il y aura encore du sang, et je ne suis pas une guerrière.
Je dois m'y prendre à deux fois avant d'introduire la pointe dans mon épiderme. Mes gestes sont maladroits et hésitants. Totalement inefficaces. Peu à peu, pressée par la panique, je m'habitue à la douleur et je fini par plonger la lame suffisament profondément pour ménager une entaille qui me permette d'extraire le bâtonnet.
J'ai les larmes aux yeux en triturant l'intérieur de la plaie, mais finalement j'attrape l'objet entre deux doigts et je le sors de son logement.
Il est dégoulinant de sang et je suis obligée de l'essuyer sur ma tunique. C'est un minuscule cylindre métallique qui ressemble à un fusible. D'où ça peut bien venir ?
Je l'observe longuement avec perplexité.
- Oh, tu l'as trouvé ? demande une voix depuis l'extérieur de ma cachette.
Je lève la tête et je plisse les yeux. Une silhouette se tient à l'entrée de la grotte. Avec le contre-jour, je la distingue mal mais je m'aperçois tout de suite qu'il ne s'agit ni d'un Namek, ni de Végéta ou de Gokû. Mon cœur s'accélère.
L'inconnu fait un pas dans ma direction. C'est un humanoïde. Il a la peau d'un bleu pâle et des cheveux sombre. Comme il se rapproche, ses traits se précisent. Il est plutôt pas mal. Mais mon instinct ne me trompe pas et je me recule inconsciemment tandis qu'il me sourit sans bienveillance.
- Personne n'échappe à mon Maître. Une fois qu'on a été son prisonnier, il ne vous perd jamais totalement de vue, ajoute-t-il calmement.
Je frémis en réalisant qu'il porte l'uniforme des troupes de Freezer. Freezer. C'est bien lui la menace que Sachoro a annoncé et ce petit fusible entre mes doigts… C'est un traceur. Le guerrier ricane doucement.
- Tous ceux qui passent dans les geôles de Freezer sont pucés, personne ne s'échappe de ses prisons. Cet imbécile de Végéta n'a pas pensé un instant à ça, hein ? Il me déçoit presque, commente le soldat.
Ses paroles me font bondir. Je laisse tomber le bâtonnet et je le broie du talon avec frénésie tandis qu'il éclate de rire.
- Mais c'est trop tard, ma jolie. Les jeux sont faits ! s'exclame-t-il joyeusement.
Je me recule un peu plus. Il n'avance plus. Il ne peut pas, c'est trop étroit ici. De mon côté, je suis acculée, le boyau rocheux se termine en cul-de-sac. Il ne rit plus, il est devenu sérieux. La pénombre me laisse deviner son froncement de sourcils.
- Allez, donne-moi la boule, ordonne-t-il.
Je me crispe. La boule. Que sait-il des boules du Dragon ? Instinctivement, je pose ma main sur le rabat de mon sac. Je sens le précieux arrondi sous mes doigts.
- Je pourrais faire écrouler cette montagne sur toi mais je ne voudrais pas abimer ton petit chargement… Alors, je vais t'attendre à l'extérieur et toi, tu vas sortir bien gentiment, avec la boule, c'est bien compris ?
Il n'attend pas ma réponse et recule jusqu'à me laisser la voix libre dans ce goulot où nous ne pourrions même pas nous croiser. La panique me prend. Si je sors, il volera la boule et, très certainement, il me tuera aussi. Si je reste là, il risque de se frayer un chemin jusqu'à moi à coup de décharges d'énergie. Le résultat sera le même, un peu moins artistique tout au plus.
Après une faible hésitation, je me mets à ramper prudemment vers la lumière du jour. J'essaye surtout de gagner du temps.
- Dépêche-toi ! aboie le soldat.
J'obéis et je me relève en arrivant à la sortie de la grotte. Mécaniquement, j'ai fait glisser mon sac dans mon dos, comme si mon corps pour vait faire rempart entre ce monstre et la boule.
Maintenant que je le vois mieux, je réalise qu'il a tout d'une gravure de mode, sauf la couleur de sa peau et les reflets verts de ses cheveux. Il me sourit d'un air narquois.
- Freezer te prendrait volontiers à son service si l'occasion se présentait. Si tu es sage, je te ramènerai à lui en un seul morceau. Après tout, il est comme tout le monde, il aime les cadeaux, annonce-t-il.
- Je serai sage.
J'ai répondu instinctivement. Je ne lui fais évidemment aucune confiance et je crois que je préfèrerais y passer plutôt que de redevenir l'esclave de quelqu'un, encore moins de Freezer. Mais pour l'instant, je dois gagner du temps. Il réprime un rire satisfait.
- C'est bien. Mon nom est Zarbon. Dis-moi où est la dernière boule.
Je me fige en constatant qu'un sac est posé à côté de lui. Un gros sac en peau à l'intérieur duquel une lueur étrange attire mon œil. Les boules. Cet enfoiré à toutes les autres boules qui étaient restées au village des Namek. Mes lèvres sont sèches subitement et je déglutis avec peine.
- Qu'est-ce que tu as fait aux villageois Namek ?
Il lâche un petit rire sonore.
- Avant ou après qu'ils me livrent le secret des boules ? siffle-t-il, je suis sûre que ça ne te plairait pas de le savoir mais, si tu veux pas subir le même sort, réponds à ma question. Où est la septième boule?
Je n'ai même pas le temps de lever les yeux, une rafale d'énergie tombe tout droit du ciel et le frappe en plein dos. Elle n'est pas très forte et l'onde de choc se contente de m'éjecter à quelques mètres. J'entends une voix au-dessus de nous.
- Bulma ! Va-t-en !
Gokû. Je reste un instant étourdie par ma chute. Quand j'arrive enfin à lever les yeux, Zarbon s'est relevé déjà, et il s'élance vers mon ami qui flotte à quelques mètres au-dessus de nous. Gokû semble déjà blessé et l'état de ses vêtements me fait comprendre qu'il n'en est pas à son premier combat de la journée. Il esquive pourtant l'attaque du soldat de Freezer avec une rapidité époustouflante.
Leur lutte s'engage au-dessus de moi mais, très rapidement, je n'en perçois plus que des vibrations imperceptibles. Je me redresse avec maladresse et, sans réfléchir, je me jette sur le sac de boules. Je le harnache sommairement sur mon dos et je fais exactement la seule chose que je suis capable de faire : je me mets à courir le plus loin possible.
Les boules sont lourdes sur mon dos et je m'essoufle rapidement. Mais je n'ai plus de traceur. Je peux vraiment me cacher maintenant, et c'est bien mon intention. J'essaye de ne pas penser au village Namek, qui ne peut plus me servir de refuge. Je cours juste droit devant. Où pourrais-je chercher asile ?
Avant que je ne trouve la réponse, une main se referme sur mon poignet et me contraint à m'arrêter avec un cri d'effroi.
- Du calme, c'est moi, souffle Dendé de sa petite voix.
Le minuscule Namek a son éternelle mine navrée. Sauf qu'aujourd'hui, je sais qu'il a de vraies raisons de se désoler.
- Tu as récupéré les boules ? s'écrie-t-il en repérant mes sacs, viens avec moi.
Je ne pose aucune question, je le suis docilement. Il ne s'envole pas bien qu'il pourrait le faire, et je sais qu'il veut éviter de se faire repérer. Des bruits d'explosions nous parviennent, mais on ne voit rien. Le plus angoissant, c'est d'être incapable de localiser précisément le danger. Pourtant, même moi, je perçois l'incroyable émanation d'énergie qui sature l'atmosphère. C'est comme de l'électricité dans l'air, c'est palpable et ça me fait prendre conscience du choc des forces en présence.
Je pense à Gokû, j'ai peur pour lui. J'imagine que Freezer ne s'est pas contenté d'envoyer un seul guerrier bien sûr, et j'ai vu Zarbon se remettre si facilement de la décharge que Gokû lui a envoyée que je soupçonne que nos adversaires ne sont pas de simples soldats mais plutôt un genre d'élite.
Je comprends mieux pourquoi Sachoro a tenu à libérer le potentiel de combat des deux saïyens. Mais est-ce que ça suffira ? Et si Freezer venait à se déplacer lui-même ?
Au bout d'une course qui me paraît interminable, Dendé et moi arrivons à bout de souffle près d'un rivage rocheux, dans une grande clairière où nous retrouvons Sachoro et son garde du corps, Nail.
Le vieux chef Namek a été déplacé avec son trône, on dirait presque qu'ils ne font plus qu'un. Comme d'habitude, il a l'air de dormir mais ses traits sont crispés, comme s'il était en plein cauchemar.
En nous voyant, le visage de Nail s'illumine.
- Les boules ! s'exclame-t-il, comment les avez-vous récupérées ?
- C'est Bulma, explique Dendé, elle a croisé Zarbon…
Les lèvres de Nail se crispent à l'évocation de ce nom.
- Gokû est arrivé juste à temps et j'ai eu le temps de reprendre le sac de boules.
Je dépose mon précieux chargement aux pieds des Nameks. Sachoro n'a pas réagi un instant à notre présence et je ne comprends pas pourquoi, de tous les villageois, c'est lui qu'on s'est donné la peine de sauver.
- Vous êtes sûrs que votre Chef va bien ? Comment avez-vous réussi à le ramener ici ?
- Nous avons mis Sachoro à l'abri dès que nous avons perçu le débarquement des intrus, répond Nail, nous ne pouvons nous permettre de le perdre. S'il meurt, les boules redeviendront de simples pierres sans utilité.
- Quoi ?!
J'ouvre des yeux ahuris. Bordel, ce type est déjà à moitié sec et notre salut tient à ça ? Je passe nerveusement ma main dans mes cheveux.
- Bulma et Guenta ont trouvé une nouvelle boule, mais il nous en manque toujours une, relève Dendé avec un soupir.
Nos trois paires d'yeux se baissent simultanément sur les sacs devant nous. Comment espérer trouver la dernière boule alors que nous sommes pris par le temps et que la planète regorge d'ennemis ? Il me semble qu'on ne va jamais y arriver.
Je me laisse tomber sur le sol avec un soupir de désespoir. A défaut de pouvoir faire mieux, Dendé s'agenouille près de moi et saisit doucement ma cheville.
- Je vais te soigner, murmure-t-il.
Je le laisse faire avec indifférence mais je me demande si c'est vraiment utile. Est-ce que nous survivrons seulement jusqu'au lendemain ?
Subitement, Sachoro ouvre les yeux avec panique.
- La planète souffre, marmonne-t-il de sa voix éraillée, trop d'énergie. Ils dégagent trop d'énergie. Gokû et… Végéta aussi. Je ne pensais pas… Elle ne va pas résister très longtemps…
Nous nous tournons tous les trois vers le chef Namek mais il a déjà refermé les yeux et paraît se rendormir. Si c'est pour nous balancer ce genre de nouvelles, j'aime autant qu'il se taise.
Je regarde le ciel vide au-dessus de nous. Ce que Sachoro vient de dire ne m'étonne pas franchement. Après qu'il a « débloqué » le potentiel des deux saïyens, même moi, j'ai senti la différence. Végéta a eu l'air de revivre. Il est entré dans une sorte de jubilation permanente, et même inquiétante pour tout dire. C'est à partir de ce moment qu'il a commencé à développer ses certitudes au sujet de l'arrivée de Freezer sur Namek. Il était convaincu que c'était lui, la menace annoncée par Sachoro et il s'est entraîné avec Gokû sans relâche, en prévision de sa rencontre avec le lézard.
Il ne parlait que de ça. Les manipulations du vieux Namek pour lui permettre d'acquérir la maîtrise de son potentiel complet l'ont changé. Il disait en permanence qu'il ne lui manquait plus que l'immortalité. Quel mégalo…
En même temps que je repense à Végéta et à son discours d'obsédé, une idée frappe mon esprit.
L'immortalité.
Ce que Son Altesse veut, Son Altesse fera tout pour l'obtenir. Toujours. Tout le temps. Il ne poursuit jamais d'autre but que le sien.
Il y a un déclic dans ma tête.
- Je crois que je sais où se trouve la dernière boule.
Les deux Nameks me regardent avec perplexité et je leur souris avec malice. Je me relève et je m'époussète en ménageant mon effet d'annonce.
- Dendé, accompagne-moi jusqu'à la grotte de Végéta.
- Végéta ? Tu crois que c'est lui qui a la dernière boule ? Pourquoi ne pas l'aurait-il pas dit plus tôt ? s'écrie Nail avec incrédulité.
- Végéta n'est l'allié de personne, tu ne le connais pas. Moi, je le connais.
Dendé n'hésite pas à me croire, lui. Je pense qu'il préfère tenter de vérifier ma théorie, plutôt que de veiller son vieux légume de chef, avec toute l'impuissance que ça implique.
- Il faut se dépêcher, précise le petit Namek, Sachoro va mal.
Nail fait une moue contrariée. Il ne semble pas vraiment favorable à notre départ, mais il ne nous retient pas et Dendé et moi nous mettons en route.
Sur notre chemin, nous nous apercevons qu'une partie de la planète est déjà dévastée par les différents combats que les deux saïyens ont menés. Nous trouvons même le cadavre d'un des hommes de Freezer. Je reconnais Barta avec stupéfaction. Son corps est à moitié brûlé et je ne peux m'empêcher de le contourner largement, comme s'il pouvait se réveiller et se jeter sur moi.
Le sol gronde sous nos pieds, c'est comme si la croûte de la planète se fissurait progressivement. Dendé et moi n'échangeons pas un seul mot, nous percevons chacun l'angoisse de l'autre et ça nous suffit. On doit se dépêcher et essayer d'oublier le reste.
Il est obligé de me porter pour rejoindre l'ilot sur lequel Végéta s'était installé. Nous volons en rase-motte jusqu'au rivage herbeux.
Comme je mets le pied sur la terre ferme, une impression oppressante assaille mon esprit tout d'un coup. Je lève instinctivement les yeux vers le ciel mais il n'y a rien que l'azur vert au-dessus de nos têtes. Pourtant, l'air est saturé de quelque chose de suffocant. Je regarde Dendé.
- C'est l'énergie, dit-il sans que j'aie même besoin de l'interroger, elle est très puissante… Et très proche.
Je déglutis discrètement. Il n'y a pas de temps à perdre et je m'élance vers l'entrée de la grotte pendant que Dendé fait le tour du camp.
Dans la pénombre de la caverne, je ne trouve que des affaires éparpillées. Une calebasse, des couvertures, un foulard Namek. Un nécessaire de vie très sommaire. Tandis que je laisse mes yeux naviguer sur ce décor affligeant, mon regard est attiré par le fond de cet antre.
La grotte s'enfile beaucoup plus profondément dans la roche, même si Végéta n'avait aucun intérêt d'aller plus loin pour s'abriter. Je m'enfonce plus avant dans les ténèbres.
La lumière est de plus en plus faible et l'espace de plus en plus étriqué. J'entends la voix de Dendé qui m'appelle depuis l'entrée mais je ne lui réponds pas. Peut-être que je me suis trompée après tout ? Peut-être que Végéta ne s'est jamais intéressé aux boules en réalité ?
Je continue à avancer. De toute façon, on a pas non plus énormément d'option, si le saïyen ne s'est pas emparé de la dernière boule comme je le pense, la situation va devenir assez désespérée.
Soudainement, une faible lueur orange manque d'arrêter net le battement de mon cœur. La boule est là, coincée entre deux rochers qui la protégeraient de n'importe quel éboulement. J'accélère pour l'atteindre.
L'enfoiré. Le bel enfoiré. Que comptait-il faire exactement ? Nous piquer les six autres quand on les aurait récupérées ? Tuer les Nameks ? Demander l'immortalité et reconstituer Végitasei ? Avec lui, tout est possible.
Je déloge la boule de son écrin de pierre. Elle est intacte, luisante dans la pénombre. Magnifique.
Des vibrations secouent les parois rocheuses autour de moi et je prends conscience de l'urgence. On y est presque. Il faut faire vite. Je repars vers l'entrée de la grotte, le cœur battant. Déjà des particules pleuvent en pluie fine sur ma tête, je sens que la colline ne va pas tenir très longtemps. Alors que je rejoins la partie habitée de la caverne, un énorme bloc s'affaisse et obstrue le chemin par lequel je viens d'arriver. Je réprime un gémissement de frayeur.
- Dendé !
Le petit Namek n'est plus là, que se passe-t-il ? J'accélère le pas jusqu'à l'entrée, mais les trépidations s'amplifient subitement et c'est une pluie de rochers autour de moi. L'un d'eux me broie une épaule et je tombe sur le sol. Je me recroqueville instinctivement sur la boule et je plaque misérablement une main sur mon crâne. Le sol trembe sous moi et des pierres percutent mon dos. Je ferme les yeux en priant pour que tout ne s'écroule pas sur moi.
Les secousses s'atténuent progressivement et je relève la tête. Je réalise avec horreur que l'entrée de la caverne a été bouchée par un éboulement. Seuls quelques rayons de lumière parviennent à se frayer un chemin par les interstices.
- Dendé !
Je hurle à pleins poumons mais le Namek n'est pas là. Je me relève et je commence à tenter frénétiquement de dégager le passage. A chaque pierre que j'arrive à retirer, une autre coulisse à sa place. Je suis prise de panique.
Je parviens enfin à dégager un minuscule trou dans l'entassement de blocs. Je risque un œil à l'extérieur. Où est Dendé ? Je scrute la clairière herbeuse et étrangement silencieuse sans le trouver.
Subitement, à la place de Dendé, mes yeux tombent avec horreur sur le lézard. Freezer en personne se tient à quelques mètres de moi. Je plaque ma main sur ma bouche pour éviter d'émettre le moindre son qui pourrait signaler ma présence. Mon cœur va exploser et je m'aperçois que je tremble sans pouvoir m'arrêter.
J'ose à peine le regarder. Il scrute le ciel et paraît attendre quelque chose. Je retiens mon souffle.
Le silence est impitoyablement déchiré par une explosion à l'endroit exact où il se tient. La terre gicle dans toutes les directions en un instant, et la lumière aveuglante d'une décharge d'énergie perce les interstices de l'amoncellement de roches qui constitue ma seule protection.
Je suis projetée violemment en arrière. Mes pieds quittent le sol et je serre inconsciemment la boule de cristal contre moi. Mon attention se brouille et je sens un choc violent contre mon dos et à la tête.
Un instant, tout est noir et silencieux. Je lutte pour ne pas perdre conscience. Le poids de la boule contre moi est rassurant et je m'y raccroche pour ne pas perdre pied. Il ya toujours ce tremblement sourd dans le sol et, quelque part dans mon esprit, une voix hurle que tout va s'effondrer. Il faut se lever, courrir, sortir d'ici. C'est ce qu'il faut faire.
Mais mon corps ne réagit pas, et j'ai même du mal à conserver un lien quelconque avec la réalité autour de moi. J'appelle à l'aide, je m'entends murmurer quelque chose et je sais que c'est insuffisant, personne ne va m'entendre.
Il y a un faible bruit quelque part au loin. Le poids des rochers qui ont atterri sur moi disparaît comme par enchantement. Puis, une main me saisit le bras et me tire sans précaution. J'ai mal et je laisse échapper un grognement de protestation mais le mouvement ne perd pas de sa vigueur. Quand je suis assise, un bras s'enroule autour de ma taille et me soulève.
Une chaleur irradiante m'enveloppe et j'ouvre les yeux. Ma vue est brouillée, je perçois surtout de la lumière agressive. Je referme mes paupières. Mes doigts sont toujours crispés sur la boule du dragon. La boule Au moins, je ne l'ai pas perdue. Quelqu'un appelle mon nom avec affolement.
« Bulma ? Bulma ? Tu m'entends ? »
Je ne sais pas qui c'est mais je souris par réflexe. J'ai mal. Je sens le goût du sang dans ma bouche et mon épaule n'est plus qu'une explosion de douleur.
L'air frais caresse ma joue et me fait comprendre que je suis à l'extérieur. Je tente à nouveau d'ouvrir les yeux. Un visage est penché sur moi. Toujours la voix. « Bulma ? Réponds-moi ! »
Je cille pour ajuster ma vision trouble. Gokû. Je veux parler mais je me contente d'un gargouillement. Le sang jaillit entre mes lèvres et je ne vois plus rien.
Le contact d'une main sur ma poitrine me réveille. Je n'ai plus la boule. C'est la première chose qui me vient à l'esprit. Où est la boule ? J'ouvre les paupières avec panique. Dendé est là et me fixe avec préoccupation. C'est sa main sur ma poitrine, il est en train de me soigner.
- La boule !
- Elle est là, répond-t-il calmement.
Enfin. On va enfin pouvoir invoquer ce putain de dragon et arrêter tout ça. Mon soulagement ne dure qu'une minute, les grondements du sol sous moi me font sursauter et je me redresse aussitôt.
La lumière autour de nous est aveuglante. Elle vient du ciel, c'est comme un soleil maléfique. La panique m'assaille en un instant.
- Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Végéta et Freezer se battent, explique le petit Namek avec tristesse.
Je scrute le ciel avec incrédulité. On perçoit difficilement les combattants à cette distance, mais l'énergie qui se dégage d'eux est suffocante, même pour moi.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? J'ai vu Gokû.
- Gokû est venue te dégager de l'éboulement de la caverne mais…
Dendé ne finit pas sa phrase mais son ton suffit à me broyer le cœur. Je soupçonne inconsciemment ce qu'il n'ose pas me dire. Mes yeux balayent frénétiquement le décor autour de nous. Nous ne sommes plus sur l'ilot de Végéta, nous sommes dans une plaine.
Mon regard se verrouille instinctivement sur une silhouette sur le sol, à plusieurs mètres de nous. Une boule me serre la gorge instantanément. J'écarte vivement la main de Dendé, toujours posée sur ma poitrine et j'essaye instantanément de me relever.
- Bulma ! rappelle Dendé avec l'espoir de me retenir.
Mais je ne l'écoute plus déjà, je cours maldroitement en direction de cette masse étendue dans l'herbe et qui ne peut pas être ce que mon esprit pense qu'elle est. Je m'entends gémir et crier.
- Gokû ! Gokû !
Je trébuche mais je n'y prends pas garde et je finis par atteindre la silhouette. Il me semble que c'est le plus misérable spectacle que j'aie jamais vu de toute ma vie. Les vêtements sont réduits à l'état de parcelles de tissus, le sang noirci recouvre son torse à nu et ses épis indisciplinés sont à moitié brûlés. Je hurle son nom en tombant à genoux.
Je le secoue rageusement en le tenant par les épaules. Il faut qu'il se réveille. Dendé va le soigner. Mais il ne bouge pas. Sa tête ballotte au gré de mes mouvements mais ses yeux sont bel et bien clos. J'ai l'impression de revivre la mort de Végéta, avec en plus, un profond sentiment d'injustice parce que Gokû n'avait rien demandé. Il m'a sauvée, il est toujours joyeux et de bonne humeur, il n'est pas un enfoiré de prince sanguinaire et il est mon ami.
Je le serre contre moi en réprimant mes gémissements de désespoir.
- Bulma, viens maintenant, supplie doucement Dendé derrière moi.
Je n'arrive pas à lâcher Gokû. A me résigner à le laisser là, tout seul, à la merci des charognards.
- Le Dragon le ressuscitera mais il faut nous dépêcher, renchérit le petit Namek.
Je renifle longuement et j'essuie mes larmes. Dendé a raison. Il faut se dépêcher. Je dépose un baiser sur la joue de Gokû et je chuchote à son oreille.
"Je vais te ressusciter, attends-moi bien sagement."
Je repose le corps avec précaution. Au-dessus de nous, l'énergie semble s'amplifier. De temps à autres des pans entiers de collines s'écroulent au loin. Je lève les yeux vers le ciel. Dans un instant de répit, j'arrive à apercevoir Végéta. Il a enfin son heure de gloire et je suis sûre qu'il n'a jamais été aussi heureux qu'à cet instant. Pour une fois, je suis de tout cœur avec lui. Je réalise alors avec effroi que ses cheveux sont blonds. Est-ce que c'est bien lui ?
- C'est Végéta ? Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ?
- Son niveau d'énergie a augmenté d'un seul coup quand Freezer a tué Gokû et ses cheveux ont changé de couleur, explique Dendé.
Je fronce les sourcils à cette explication bizarre. Dendé m'attrape le poignet et me tire pour m'éloigner de Gokû.
- On a plus le temps, Bulma. On va prendre le risque de voler, normalement, il ne devrait plus rester beaucoup de soldats de Freezer.
Je le laisse m'entraîner et nous décollons pour rejoindre la planque de Sachoro. La planète est maintenant complètement dévastée. Par endroit le sol s'est fissuré et de la lave a jailli pour se répandre dans les plaines et dans les lacs.
La vaste clairière où se sont réfugiés le Chef Namek et son garde du corp n'est pus qu'une île au milieu d'une mer de feu. Je lis la stupeur sur le visage de Nail quand son regard tombe sur nous. A n'en pas douter, il ne nous attendait plus. Nous atterrissons et je lui tends triomphalement la dernière boule. Un sourire béat étire ses traits.
Sans perdre un instant, les Nameks étalent les boules devant nous sur le sol vibrant. Dendé étend les bras et prononce une formule dans une langue incompréhensible.
Alors, dans un bourdonnement sourd, l'affreux Dragon apparaît dans le ciel sous nos yeux émerveillés. Il est impressionnant et luit tel un holgramme comme la première fois que Gokû l'a invoqué. Il se penche vers nous et je ne peux m'empêcher de faire un petit pas en arrière.
- Quels sont tes vœux, Namek ? Parle, je t'écoute, gronde la voix caverneuse.
Dendé se tourne vers nous et nous regarde avec indécision.
- Qu'est-ce que je lui demande en premier ? demande le petit Namek timidement.
- Qu'il ressuscite les victimes que Freezer et ses hommes ont tuées sur Namek, répond aussitôt Nail.
J'ai joint mes mains avec angoisse et j'observe Dendé qui s'adresse au monstre.
- Qu'il soit fait selon ta volonté ! ordonne le Dragon.
Ses yeux s'allument furtivement.
- Quel est ton deuxième vœu ? demande-t-il alors.
Dendé se retourne à nouveau pour nous lancer un œil interrogateur. Nail et moi échangeons un regard.
- Il faut qu'il nous débrasse de Freezer, siffle le Namek.
Je le fixe avec incertitude. Je ne sais pas si c'est la priorité dans l'immédiat. Je me souviens aussi de la prémonition de Bardock. Végéta peut le tuer. Cette fois-ci, j'en suis sûre. C'est son rêve, et il dispose d'une puissance incroyable maintenant. Il va y arriver et peut-être que ça lui amènera enfin la paix.
- Végéta l'éliminera de toute façon.
- Tu es certaine de ça ? Comment pourrais-tu l'être ? Si Freezer ne disparait pas, tous nos vœux seront vains, objecte Nail.
La main de Sachoro attrape son poignet tout d'un coup et il s'interrompt sous le coup de la surprise. Le vieux Namek a ouvert ses paupières une fois de plus et elles semblent peser une tonne tant ça lui semble pénible.
- Je n'en ai plus pour longtemps… Et la planète non plus. La terrienne a raison, laisse faire le saïyen, il faut essayer de sauver notre peuple... Dendé !
Le petit Namek s'approche de son Chef avec empressement pour écouter ce qu'il a à lui dire.
- Demande au Dragon de se détacher de moi pour s'attacher à toi. Ainsi…
Le chef Namek est interrompu par une quinte de toux.
- Maître… Vous ne pouvez pas faire ça, intervient Nail avec affolement, Dendé est trop jeune et…
Sachoro s'éclaircit la voix et lève la main pour imposer le silence à son garde du corps.
- Justement, Nail. Il faut un être jeune pour porter cette responsabilité… Moi, je suis fatigué et mon heure est venue… Fais ce que je te dis, Dendé. Que le Dragon me survive par ton intermédiaire. Fais-le maintenant.
Le vieux Namek parait exténué subitement. Plus éreinté qu'il ne l'a jamais été. Dendé hésite un instant, puis il se tourne vers le Dragon et formule le vœu que lui a suggéré son Chef.
Tandis que le Dragon obéit, Sachoro laisse enfin sa tête retomber en arrière. Je l'observe avec horreur. On dirait que cette fois-ci est la bonne. Nail attape la vieille main ridée de son maître et s'agenouille avec respect et tristesse au pied du trône. Dende fixe son chef mort avec les yeux remplis de larmes.
Je laisse les Namek à leur peine et je lève la tête vers le Dragon qui attend patiemment. Deux vœux, déjà. Le sol se craquèle dangereusement sous nos pieds et je réalise que Sachoro a dit vrai. La planète n'y survivra pas plus que lui.
J'étends mes bras au-dessus de ma tête.
- Dragon, ramène tous les êtres vivants de cette planète sur Terre, à l'exception de Freezer… Et Végéta.
- Comme tu voudras, terrienne, gronde le Dragon.
Il y a un flash aveuglant et je suis obligée de protéger mes yeux de mon avant-bras. Quand je les rouvre après un instant, ma vision met un temps à se réadapter. Tout est calme. Incroyablement calme. Au-dessus de moi, le ciel est bleu. Il n'est pas noir, comme quand on invoque le Dragon. Ni vert, comme sur Namek. Non, il est bleu. Bleu comme il l'est sur Terre. J'ai jamais autant aimé cette couleur.
Je regarde autour de moi. Je suis au milieu d'une campagne verdoyante et les Nameks sont là, étonnés et incrédules, se dévisageant mutuellement avec perplexité.
Mon esprit méfiant met un temps à accepter la réalité de mon retour sur Terre. Puis, mon regard tombe sur un rouge-gorge sur la branche d'un arbre. Une connerie de rouge-gorge mais qui n'existe nulle part ailleurs que chez moi, sur Terre. Je commence à rire nerveusement.
Derrière moi, des bras s'enroulent autour de mes épaules. Je me retourne et je trouve Gokû. Il rit aussi et me soulève avec allégresse.
- Bulma ! On a réussi ! On est rentré, ça y est ! chante-t-il.
Je lui rends son étreinte en sautillant. Jamais, je n'aurais pensé que ça marcherait vraiment. Que ce dragon pouvait vraiment faire ce genre de trucs. Mais, c'est logique après tout, il exauce les vœux, oui ou non ? Je n'en reviens pas.
Les Nameks aussi sont à la joie de leurs retrouvailles et ça génère une liesse générale. Gokû s'écarte de moi, son sourire béat toujours accroché à ses lèvres.
- Où est Végéta ? demande-t-il, je l'ai pas vu.
Je me mords les lèvres et je bafouille avec embarras.
- Je… Il est resté sur Namek… Finir le boulot en quelques sortes… C'était son rêve, tu sais.
- Quoi ?! Mais… Il va y passer quand la planète explosera, s'écrie Gokû avec panique.
- T'inquiète pas, on le ressuscitera grâce au Dragon.
Gokû fronce les sourcils et sa mine grave m'alarme tout d'un coup. Il pose solennellement sa main sur mon épaule.
- Bulma, souffle-t-il, le Dragon ne peut ressusciter qu'une seule fois une personne… Et il a déjà ressuscité Végéta une fois. Il ne pourra plus rien faire.
Mon sang se glace et une chappe de plomb fige aussitôt ma bonne humeur. J'ai l'impression que je vais défaillir.
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