Olà! Nous y voilà. Un dernier chapitre un peu plus court que les autres.

Merci à tous ceux qui ont suivi fidèlement, Word me dit que ça fait 417 pages et ça témoigne de votre ténacité. J'espère que le plaisir que vous avez pris à lire a été à la hauteur de la peine que j'ai eue à écrire, ça n'a pas toujours été facile de se mettre dans la tête de Bulma et je ne suis pas convaincue d'avoir vraiment respecté sa personnalité.

Remerciements tout particuliers aux revieweurs infatigables tels Yuirii, Alex (je m'aperçois qu'Alex avait déjà posé des reviews sur d'autres fics plus vieilles si c'est la/le même), AmbroseGraves et aux autres que j'ai oubliés et je m'en excuse.

Et crédit spécial au cultissime Massive Attack pour l'ensemble de son œuvre incroyable qui m'a souvent aidée à trouver le ton juste.


Chapitre 33

- Tu crois vraiment que ça vaut quelque chose, ces vieilleries ?

La voix de Yamcha dans mon dos me tire de ma contemplation. Je me retourne et je lui souris faiblement.

- J'espère. J'espère du fond du cœur.

Il enfonce ses mains dans ses poches d'un air pensif et fixe le contenu du sac de toile ouvert devant moi. Je le referme avec précaution en tirant le cordon à fond et en le nouant fermement. Mon geste coupe court à ses interrogations et il reporte son attention sur moi.

- Ta mère dit qu'on peut passer à table, annonce-t-il.

Je repose mon précieux chargement sur mon lit et je me dirige vers la porte, mais il reste là, immobile, appuyé au chambranle et dans mon passage.

- Bulma, tu es sûre que ça va ? demande-t-il avec préoccupation.

- Arg… Arrêtez de me poser cette question à longueur de temps… Je vais bien.

Malgré ma réponse sarcastique, il n'a pas l'air convaincu. Il pose une main sur mon épaule pour m'empêcher de sortir de la chambre.

- Depuis que tu es revenue de Namek, je trouve…

- Ça fait un an, Yamcha ! ça fait presque un an… Je sais que vous vous faites du souci pour moi et je sais que je ne suis sûrement plus tout à fait celle que vous connaissiez mais je suis là. Je vais bien, Trunks va bien. Tout le monde est en bonne santé et heureux, pourquoi pas moi ?

Son air compatissant m'excède mais je le dissimule du mieux que je peux. Il sonde mes yeux et je sais qu'il n'y croit pas. Je sais qu'il me connait suffisamment pour déceler ce que j'essaye de cacher à tout le monde. Mais quoi ? Ce n'est pas sur son épaule que je vais m'épancher du manque que j'ai de Végéta, non ?

Il n'a jamais compris comment j'ai pu me laisser séduire par le saïyen et je suis sûre qu'il s'imagine que Végéta a dû profiter d'un de mes instants de faiblesse et de solitude pour concevoir Trunks. C'est tellement plus comode comme version de l'histoire, tellement moins dérangeant, tellement moins offensant pour lui. Alors, je ne le détrompe pas. Parce que c'est mon ami et parce que je n'ai aucune envie de discuter de Végéta avec lui, ni avec personne d'autre qui me regarderait comme une pauvre fille un peu folle.

Ça m'isole terriblement dans le fond, et depuis que nous sommes revenus sur Terre, je ne peux me défaire de cette impression de vivre dans un monde où je n'ai pas vraiment ma place. Quelle ironie. J'ai courru tout ce temps après mon rêve de rentrer chez moi et maintenant que mon but est atteint, c'est comme si j'étais une étrangère parmi les miens.

Comme Gokû me l'avait expliqué, le Dragon des Nameks n'a pas pu ranimer l'âme de Végéta. Il a été capable de reconstituer une planète entière et d'y renvoyer les bonshommes verts mais il n'a rien pu faire pour moi. Végéta a tué Freezer et il est mort quand la planète Namek a explosé. Mort et bien mort. Et il me manque. Et Trunks n'aura pas de père. Et c'est de ma faute...

Alors qu'est-ce que Yamcha, ou les autres, pourraient bien faire pour moi ? Personne n'y peut plus rien. C'est pour ça que j'ai préféré ne m'ouvrir à personne de ma blessure. Ils s'inquiéteraient et ils ne comprendraient pas, à quoi bon ?

Yamcha me sourit doucement et me caresse furtivement l'épaule.

- Pendant ces trois dernières semaines, tu étais redevenue la Bulma que je connaissais avant, dit-il, celle qui courrait l'aventure sans avoir jamais peur de rien et qui ne s'en faisait pour rien.

Je ne peux m'empêcher de lui rendre son sourire. Il a raison. Il m'a accompagnée dans cette espèce de chasse au Trésor stupide que je lui ai proposée et c'est vrai que tout le temps que ça a duré, j'ai oublié mes soucis. Maintenant que nous sommes rentrés, j'ai conscience que ma solitude sera peut-être encore plus cruelle qu'auparavant.

Un rire d'enfant nous parvient depuis le rez-de chaussée et nous ramène à la réalité.

- Allons manger, Yamcha, tu t'en fais trop.

Au rez-de-chaussée, mon père m'attend avec sa mine imperturbable. Il revient de chez Gokû où Trunks a passé quelques jours avec Goten, le deuxième fils de mon ami. Goten est né quelques mois après notre départ de la Terre et ça a été un vrai cadeau de bienvenue pour son père. Il est son portrait craché. Gokû le mérite. Il mérite ce temps de paix avec sa famille. Je l'envie.

- Maaaamaann ! hurle Trunks en me voyant.

Nous avons été séparés trois semaines mais il se jette sur moi comme s'il s'attendait à ne jamais me revoir. Il avait presque deux ans quand je suis rentrée sur Terre. J'ai eu tellement peur de l'avoir perdu mais il m'a accueillie sans réserve. Les premiers mois après que je sois rentrée, nous ne nous sommes plus quittés. Je dormais avec lui toutes les nuits. Même aujourd'hui, ça m'arrive encore souvent de le prendre avec moi dans mon lit, même si je sais que je dois me sevrer de cette habitude parce qu'il commence à grandir.

Je me sens tellement seule parfois que je cherche souvent Végéta dans ses traits. Il commence à lui ressembler. Il a presque trois ans et il est déjà moins joufflu, son visage s'affine d'avantage et son père apparaît peu à peu au travers de son masque d'enfant. C'est à la fois terrible et réconfortant.

- Tu as mangé, Trunks ?

Trunks ne me répond pas, il fixe Yamcha avec méfiance. Il ne le connait pas beaucoup et, instinctivement, il tente de l'impressionner en durcissant son regard. Tout le monde trouve ça adorable et marrant. Moi, ça me rappelle trop son père, cette façon de dévisager les autres de cet air qui se veut menaçant. Je lui dis d'arrêter.

Comme on passe à table avec mes parents et avec Trunks, comme le bruit des conversations et des rires résonnent autour de moi, comme les plats succulents de ma mère passent de mains en mains, mon esprit dérivent peu à peu.

Je pense au sac resté sur mon lit. Mon dernier espoir. Mon unique espoir. Si dérisoire et si vif à la fois. Le contenu de ce sac pourrait m'anéantir, je le sais.

Je remarque le regard inquiet de Yamcha sur moi. Il y a plus que de la préoccupation là-dedans. Il y a une invitation. J'ai un peu perdu l'habitude des relations humaines mais j'ai fini par décrypter sa façon pressante d'être partout où je pouvais avoir besoin de lui. Et ma mère… Elle a une manière de m'encourager à me rapprocher de lui qui est presque étouffante.

Ils ne savent pas. Ils ne soupçonnent rien. J'ai sûrement vécu l'enfer ces dernières années, mais je ne changerai l'histoire pour rien au monde si c'était pour renoncer à rencontrer Végéta. C'est incroyable qu'il ait fallu qu'il disparaisse pour que je prenne conscience de ça. Je l'ai haï et maudit si souvent quand il était à mes côtés, mais maintenant tout me paraît vide. Comment pourrai-je revenir sur mes pas et envisager un seul instant de retourner avec Yamcha ? ça me paraîtrait totalement contre-nature.

Mais je ne peux pas en vouloir à Yamcha. Il croit juste que notre histoire peut reprendre là où elle s'était arrêtée. Il croit que c'est seulement un tour du destin qui nous a éloignés mais qu'entre ses bras, je pourrais oublier tout ça et continuer à mener la vie tranquille que j'avais avant. Comme si tout ce que j'ai vécu n'avait été qu'une parenthèse qu'il serait temps de refermer. Il ignore l'importance que Végéta avait pour moi.

Je couche Trunks après le repas. Je commence à être nerveuse à l'idée que je serai bientôt tranquille et que je pourrai enfin m'intéresser au contenu du sac. Je contemple longuement mon fils, enfoui sous ses couvertures avec son pyjama en pilou. Sans me vanter, le plus bel enfant que la Terre ait jamais porté.

- Maman ? Pourquoi j'ai pas de papa comme Goten ? demande-t-il de sa petite voix.

Je me force à lui sourire doucement.

- Tu as un papa… Il est juste… Loin.

Je chuchote d'une voix rauque et il me fixe avec le plus grand sérieux. Il réfléchit à ce que je lui dis comme si c'était la première fois que je lui servais cette salade.

- Il est pas mort, alors ? Gohan dit qu'il est mort.

Je m'éclaircis la voix, un peu déstabilisée par la question. Je caresse ses cheveux sans cesser de sourire.

- Il est temps de dormir, chéri. Il est trop tard pour parler de tout ça… Mais, là où il est, il veille sur toi, ne t'inquiète pas.

En réponse à mes paroles, Trunks lève les yeux pour regarder le ciel sombre par la fenêtre et je me sens la pire mère au monde. Absente les premières années de sa vie, responsable de la mort de son père. Menteuse.

Je dépose un baiser sur sa tempe et je quitte sa chambre. En redescendant, je trouve Yamcha qui m'attend dans l'entrée. Il a remis ses mains dans ses poches, ce qui est un signe d'anxiété chez lui.

- Je m'en vais, Bulma, annonce-t-il d'un air indécis.

- Très bien. Merci Yamcha.

Je m'efforce de rester le plus distante possible. Dieu que je connais cet air hésitant sur sa tête.

- Tu… Tu n'as besoin de rien ? bégaye-t-il.

- De rien, merci.

Je le pousse doucement vers la porte. Il résiste légèrement au mouvement et se tourne à nouveau vers moi.

- Tu sais...

- Quoi, Yamcha ? Je sais quoi ?

Je l'ai coupé franchement et je sais que ça suffira à le faire reculer, quoiqu'il ait l'intention de me confier.

- Tu sais où me trouver, soupire-t-il finalement.

- Je sais que tu es là et je te remercie. Je suis fatiguée.

Il part enfin. Il est triste. Moi aussi je suis triste. Trunks aussi est triste. Il semble que le monde entier soit triste autour de moi. Peut-être que ça changera.

Je m'empare du sac et je m'enfonce dans la nuit. C'est la fin de l'été et il ne fait pas trop frais. Il y a une petite brise qui me chatouille la peau. J'ai une boule dans le ventre. Je me fais l'impression d'être tarée.

Je marche longtemps jusqu'à me retrouver en pleine campagne. J'erre sans but. Aucun endroit ne me convient jamais et je poursuis mon chemin sans faiblir. C'est presque comme une façon de retarder l'échéance que d'être aussi exigeante sur le choix du lieu où je vais tenter ma pathétique expérience.

Je finis par m'arrêter sur les rives d'un lac. Je ne suis même plus sûre de savoir où je suis. Et si une bête m'attaquait ? Je n'ai qu'une lampe de poche pour unique arme. Je me trouve lamentable, mais il n'y a pas de témoin. Si ça ne marche pas, personne ne saura jamis, n'est-ce pas ? ça restera mon petit secret.

Je m'agenouille et j'ouvre le sac. Je le renverse d'un seul coup sur l'herbe. Les boules roulent dans tous les sens. Elles sont beaucoup plus petites que celles de Namek mais, en dehors de ça, ce sont des copies conformes. Je ne sais pas expliquer ce mystère mais pour une fois, mon cerveau renonce à comprendre. Ce même cerveau diabolique où a germé cette idée stupide.

Lorsque nous avons invoqué le Dragon des Nameks pour la seconde fois, pour renvoyer les bonshommes verts chez eux, je me suis souvenu subitement. J'avais déjà vu une boule semblable quelque part et la mémoire m'est revenue. J'en avais une dans mon grenier. Tout à fait identique, sauf la taille.

J'ai laissé passer du temps avant de me décider à essayer de la retrouver dans le bazar de mon père. Quand je l'ai découverte, mon cœur s'est accéléré. Elle était identique à mon souvenir. Alors peut-être qu'il y en avait d'autres, ici sur Terre. Comment le savoir ? Et si c'est le cas, comment les trouver ?

Et puis, j'ai remarqué cette vibration imperceptible que la boule émettait, comme celles des Nameks. Et puis, j'ai conçu un radar pour détecter cette vibration au travers du monde. Et puis, j'ai embarqué Yamcha avec moi pour aller récupérer toutes les boules que j'ai pu localiser. Pauvre Yamcha, il ne soupçonne pas un instant l'entreprise à laquelle il a participé. Je lui ai raconté que c'était des reliques anciennes que je voulais récolter pour un musée.

Il y en a sept. Comme chez les Nameks. Est-il possible qu'elles aient le même pouvoir que celles des Nameks ? ça me paraît extraordinaire.

Je me relève et je contemple les boules luisantes dans l'herbe. Je ne suis pas sûre de la meilleure façon de procéder et je me sens un peu ridicule. Mais je suis toute seule au milieu de nulle part.

Je prends mon souffle et je lève les bras.

- Dragon, apparaît, je te l'ordonne !

Il ya un grondement. Le ciel de la nuit s'assombrit un peu plus et sous mes yeux incrédules, un Dragon immense et lumineux se dessine comme un hologramme gigantesque entre les nuages. Il semble interminable et sa grosse tête se baisse dans ma direction.

Je me recule aussitôt prudemment d'un pas.

- Quel est ton vœu ? Parle ! grogne-t-il d'une voix caverneuse.

Je me mords les lèvres. L'espoir m'envahit irrésistiblement mais je ne cesse de me marteler qu'il ne pourra peut-être pas m'accorder ce que je veux.

- Ressuscite Végéta ! Ranime-le là, à mes pieds.

Il y a un silence qui me paraît interminable. Je sens qu'il ne peut pas, il y aura sûrement un problème. Il ne dit rien. Ses yeux rouges sans pupille se mettent à briller puissamment.

- Ton vœu est exaucé, répond-t-il.

Je reste sans voix tandis qu'il disparait en un éclair. Ton vœu est exaucé. La phrase se fraye un chemin pénible dans ma cervelle. Je baisse les yeux sur les boules sur le sol devant moi mais elles ont disparu. A leur place il y a une silhouette qui se redresse lentement dans la pénombre.

Je plaque ma main sur ma bouche. Est-ce possible ? Est-ce vraiment en train d'arriver ?

- Encore ? marmonne une voix avec désinvolture.

Mon sang se fige. J'avance d'un pas chancelant et je tends la main.

- Végéta ? C'est… Tu es vraiment… Vivant ?

Il lève la tête et je vois enfin son visage à la lueur de la lune. Il me sourit de son air narquois.

- Je l'ai eu, annonce-t-il triomphalement.

Je tombe à genoux devant lui et je ne peux m'empêcher de l'étreindre de toutes mes forces. Il râle faiblement.

- Tu étais mort… Tu étais mort depuis presque un an… Et te voilà…

- La planète a explosé après que j'ai tué le lézard, maugrée-t-il. Tu as besoin de... me serrer comme ça ?

Il me repousse doucement et se lève. Il observe les environs et lève la tête vers le ciel.

- Où est-on ? demande-t-il.

- Sur Terre. De retour sur Terre.

- Et Kakarott ?

- Il… Il est avec sa famille.

- Vivant ?

- Vivant.

Végéta me sourit et subitement, un halo l'enveloppe et ses cheveux se décolorent jusqu'à devenir d'un blond presque blanc. Je lève mon avant-bras pour me protéger de l'onde d'énergie qui se dégage de lui. Je ressens une certaine panique à le voir comme ça.

- Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Je suis puissant, siffle-t-il. Kakarott doit voir ça.

Sans me laisser le temps de réagir, il s'envole en trombe et disparaît à l'horizon. J'ai à peine le temps de l'appeler en levant la main vers lui.

Je reste un instant abasourdie, assise toute seule dans l'herbe, au milieu de la campagne. Quand il devient évident qu'il ne reviendra pas, je me relève et je me remets en route vers ma maison.

Je ne sais pas le sentiment qui domine en moi. D'un côté, je suis rassurée de le savoir en vie, et de l'autre, je suis si blessée qu'il soit déjà reparti. Mais surtout, tout me paraît irréel. Est-ce que je n'ai pas rêvé finalement ? Est-ce que je ne me suis pas tout simplement imaginé qu'il était revenu, aveuglée par mon envie de le revoir ? Est-ce que le chagrin n'est pas en train de me rendre folle ?

Peut-être. Je ne sais plus. Je suis confuse. Partagée entre la joie et le chagrin, entre mes rêves et la réalité. Est-ce qu'il est vraiment parti ?

Quand je rentre, la maison est plongée dans l'obscurité la plus totale. Tout le monde dort déjà. Je me glisse dans ma chambre et dans mon lit, sans même prendre le soin de me déshabiller. Pourtant, je n'arrive pas à dormir. Je fixe le mur de la chambre comme s'il pouvait m'apporter une réponse. Bien sûr, il reste silencieux, ce n'est qu'un mur.

Les minutes et les heures passent avant que mes paupières ne se ferment, vaincues par le sommeil.

Un mouvement près de moi me réveille. Je me retourne et m'aperçoit avec incrédulité que Végéta est là, assis sur le drap à côté de moi, les mains derrière la tête. Il est réveillé et paraît réfléchir.

- Tu es revenu ?

Il tourne les yeux vers moi.

- J'avais nulle part où aller. La femme de Kakarott est insupportable, marmonne-t-il.

Je ne peux m'empêcher de sourire en frottant mes yeux.

- Si tu as débarqué chez eux en pleine nuit, j'imagine l'accueil qu'elle t'a réservé.

Je me hisse hors de la couverture pour m'assoir à côté de lui. Il est encore très tôt et toute la maison est endormie. Je le regarde. Il est le même. Ces résurrections… J'avoue que ça me met toujours un peu mal à l'aise mais la première fois il est revenu exactement fidèle à lui-même et cette fois-ci n'a pas l'air différente. J'ai envie de le toucher mais je me retiens. Je réalise que des larmes ont coulé sur mes joues. Je sens que ça l'agace mais il me fait la grâce de ses habituels commentaires désagréables.

- Tu m'as manqué.

Mes mots sortent dans un murmure inaudible, presque un souffle. Ses traits s'adoucissent imperceptiblement. Il approche sa main de ma joue et essuie mes larmes d'un doigt.

- Je l'ai tué. Comme Bardock l'avait annoncé. Il fallait que je le tue. Je n'aurais pas pu vivre sans ça, dit-il doucement.

- Je sais.

- Je nous ai vengés de tout ce qu'il nous a fait, ajoute-t-il.

Je lui souris tristement.

- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?

Il caresse mes cheveux d'un geste précautionneux.

- Je crois que j'ai besoin de repos, répond-t-il.

- Reste.

Il se penche vers moi et m'embrasse lentement. Je me fige et je le le laisse faire. Je n'ose plus bouger, comme si ça pouvait le faire disparaître en un instant. Je me contente d'absorber tout ce que je peux de sa chaleur et de son odeur. Sa présence puissante à mes côtés est à la mesure de l'intensité avec laquelle il m'a manqué et j'ai envie de lui crier de rester, de ne plus me laisser, mais je sais que ça ne marche pas comme ça avec lui. Il est insaisissable et je ne peux qu'espérer qu'il acceptera mon offre.

Il rompt le baiser et me dévisage d'un air pensif.

- J'ai besoin de dormir, souffle-t-il.

Il s'écarte de moi et s'allonge sur le lit. Je ne dis rien mais je ne le lâche pas des yeux. Ses paupières se ferment peu à peu. Je souris. Il n'a pas répondu à mon invitation mais je sais qu'il ne le fera pas. Il ne me promettra jamais rien, il a tellement horreur des mots, et il ne se sent redevable envers personne. Pourtant je lis une quiétude inhabituelle sur son visage. Un mélange de fatigue et de satisfaction qui me fait pressentir qu'il restera.

Je m'étends précautionneusement près de lui et je cale ma tête sur son bras. Il ne bouge pas et semble dormir déjà. Je me sens incroyablement bien. Par la fenêtre, je m'aperçois que les premiers rayons du soleil rosissent le ciel comme la promesse d'un jour radieux.

ooo0ooooo0ooo

Vous devinez à peu près la suite qui est plus conforme à l'arc de l'histoire. Encore merci à tous.