Auteur : Abby and Jes
Titre : Bairim
Couple : Lucius/Charlie
Genre : Romance/Drame
Rated : M
Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.
Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.
Statut : Finie à l'écriture.
Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.
Note des auteurs : voir chapitre 18
Partie II
Bairim
Chapitre 23
Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.
POV Charlie
Nous étions tous dans le salon, Draco ayant accepté de rester pour surveiller Bairim et Penelope alors que Geoffroy venait de renter.
— Que fait-on ? demandai-je.
— Honnêtement, je ne vois pas trop ce qu'on pourrait faire. Je vais écrire un courrier au médicomage en charge des soins aux créatures magiques. Si je me souviens bien, il a rejoint l'Australie il y a quelques jours pour un combat qui y aurait mal tourné mais il devrait pouvoir se libérer, du moins je l'espère.
Il nous observa Lucius et moi puis reprit :
— Bairim ne vous a rien dit à ce sujet ?
— Pas à moi en tous cas.
Je regardai Lucius pour attendre sa réponse.
— Non plus.
Je fus rassuré et posai la main sur sa cuisse, la serrant un peu.
— Si jamais... ils ont attrapé quelques choses qui est hors de contrôle ? soufflai-je ne désirant pas vraiment connaître la réponse.
— Ils ont parfaitement mangés hier et refusent tous aujourd'hui, ce qui fait que ce n'est sûrement pas un virus. Ou alors c'en est un très méchant et nous sommes tous morts dans deux jours.
— Arrête de te moquer de moi, tu sais très bien qu'il existe des virus propre à certaines espèces.
Mais d'un côté, j'étais rassuré. La veille ils avaient tous mangé, donc, cela ne pouvait pas être si grave.
— Je suppose que tu as raison, parla Hulrick. Nous devons attendre.
— Ouais, et les garder à l'œil, ajouta Johanna.
— Reprenez les gardes comme d'habitude, dit Geoffroy, mais si vous sentez un comportement étrange de leur part, vous sortez. Ils ne sont pas dangereux mais s'ils ont en effet attrapés quelque chose, je préfère ne prendre aucun risque.
— C'est noté. Autre chose ?
— Venez m'informez si vous réalisez que la nourriture a disparu, cela laissera supposer qu'ils ont finalement mangés. Et pas moins de trois dans la réserve tant que nous n'avons pas trouvé ce qui cloche, je vais refaire des plannings, soupira-t-il en levant les yeux au ciel.
Je hochai la tête et me levai, m'étirant. Lucius en fit de même et nous quittâmes la pièce rapidement, nous rendant dans le salon. Bairim s'amusait à construire une sorte de muraille avec ses cubes magiques, qui changeaient de couleur, et quand il nous vit, il sourit.
— Oh, tu t'es construit un mur ? C'est une réserve ?
J'allai près de lui, me plaçant au sol alors que Lucius allait remercier Draco.
— Oui, pour Raude, Storme et nous !
Je souris et lui décoiffait ses cheveux.
— Un jour tu pourrais aller voler avec eux, le rassurai-je. Tu es presque grand.
— Quand je serais cinq, fit-il en montrant sa main et ses cinq doigts.
— Quand j'aurais cinq ans, tu dois dire. Et pas quand j'aurais cinq.
— Merci papa ! fit-il en se jetant dans mes bras.
— Non non, dis-je rapidement. Je t'ai repris sur ton langage. Mais ce sera juste le balai à cinq ans, et la réserve à dix.
Merlin, si Lucius avait vent de ma bourde, j'étais mort.
— T'as dit quand j'aurais cinq ! répliqua-t-il avec une moue très contrariée.
— Non Bairim, je t'ai repris sur ton langage.
— Quoi ? Non, tu l'as dit !
— Non, tu as dit quand j'aurais cinq, et je t'ai repris en te disant qu'il fallait dire quand j'aurais cinq ans. Je n'ai pas dit "oui, tu iras dans la réserve à cinq ans".
— Pada ! s'exclama-t-il en fonçant vers son père. Papa a dit j'irais dans la réserve à cinq ans !
Je me retournai rapidement et dis :
— Bairim, ne mens pas, je n'ai pas dit ça !
— Siii ! répliqua-t-il durement ! C'est papa qui ment Pada.
Il tendit les bras vers Lucius, les larmes aux yeux. Il prit son fils dans ses bras et me lança un regard réprobateur.
— Okay. Je n'ai pas dit ça.
Je lui expliquai clairement tout ce qui c'était dit et terminai en soufflant :
— Tu vois, je n'ai jamais dit ça. Il a mal compris et en profite, ce petit manipulateur.
Draco rit, et Lucius répondit :
— Je présume que lui dire que je suis fier de lui serait malvenu...
Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas. Il dut s'en rendre compte, car il me dit :
— Il se comporte en parfait Serpentard, ça me fait plaisir, c'est tout. Surtout quand on sait qu'il est majoritairement entouré de Gryffondor. Et puis, tu as dit ce qu'il voulait entendre et tu es si facilement entré dans son jeu... ce n'est pas vraiment sa faute.
— Mais je n'ai rien dit, m'énervai-je. N'as-tu pas écouté ce que je t'ai expliqué ?
— C'est toi qui n'écoute pas, répondit-il calmement. C'est comme si je te disais : je ne t'ai pas dit "oui, tu peux faire tout ce que tu veux". Tu lui dis que tu ne l'as pas dit en le disant, c'est un peu compliqué pour un garçon de trois ans tu ne penses pas ?
Je compris enfin et regardai Bairim, qui avait posé sa tête sur l'épaule de Lucius.
— Bon, ben... tu pourras y aller, soufflai-je.
De toute façon, je n'avais pas été spécialement contre et vu que Lucius ne réagissait pas, autant faire plaisir à Bairim. Mais bordel, je n'en revenais pas de m'être fait manipulé de la sorte.
— Quoi ? Non non, répliqua Lucius en me lançant un regard sombre. Pas de réserve avant au moins ses huit ans, je croyais qu'on était d'accord là-dessus Charlie ?
— Bon bah... je vais y aller moi, dit Draco en se dirigeant vers la porte.
— Tu viens de dire que tu étais fier que ton fils m'ait manipulé au lieu de venir dans mon sens ! répliquai-je. Faut savoir, hein !
— Fier qu'il t'ait manipulé oui, pas que ça te fasse céder ! S'il réussit à t'embobiner aussi facilement, autant aller lui construire tout de suite une cabane dans la réserve !
— Alors, dis-le toi même, moi, j'ai assez donné là !
— Je confirme en effet, râla-t-il avant de se tourner vers Bairim. Écoute mon cœur, sur un balai quand tu auras cinq ans, et la réserve quand tu seras encore plus grand, au moins huit ans.
— Non, Papa a dit que je pouvais à cinq ans.
— Écoute Pada, fis-je en allant caresser sa joue. Tu ne devras pas attendre longtemps, ajoutai-je.
— Mais tu as dit je pouvais !
— Et moi je dis que non, rétorqua Lucius.
— Non mon chéri, je reviens sur ce que j'ai dit. Pardonne-moi.
— Bon vous savez quoi, on en reparlera quand tu auras cinq ans, je n'ai pas envie de me battre maintenant, lui dit Lucius.
— Oui, tu ne veux pas plus tôt qu'on joue ? fis-je souriant.
J'avais une chance sur deux que ça fonctionne. Il hésita quelques secondes puis sourit :
— D'accord mais vous m'aidez à faire un très grand mur pour les Dragons, répondit quant à lui Bairim.
— Oui, répondis-je.
Lucius le posa à terre et nous le rejoignîmes ensuite à son mur, l'aidant à l'agrandir. Quelques minutes plus tard, Lucius dit :
— Et tu veux cacher quoi derrière ce mur-là ?
— Mes amis les Dragons.
— Ils ont déjà la barrière et la réserve. Mais je suis certain qu'ils seront ravis de savoir que tu as voulu les aider.
— Pas eux.
— Commença "pas eux" ? demandai-je soudain curieux.
— Ceux avec la neige et les méchants.
Je regardai Lucius, lui demandant silencieusement si je pouvais poser des questions ou pas.
— Pourquoi méchants ? lui demanda-t-il en me souriant doucement.
— Ils font bobo aux Dragons et puis après ils sont plus là.
Je me tendis et demandai :
— Comment ça "ils font bobo aux Dragons et après ils sont plus là ?"
Il me jeta un regard comme si j'étais stupide puis répondit :
— Ils font du bobo et des bagarres. Pis après, plus de Dragons.
Je me relevai précipitamment et quittai la pièce. Je vis que Geoffroy était dans la salle à manger, en train de boire.
— Ils font bobo aux Dragons et puis ils sont plus là.
Je secouai la tête, et grognai avant de dire :
— Des gens font du mal aux Dragons et après, si j'ai compris ce que mon fils vient de dire, les bêtes décèdent. Il a parlé de bagarre aussi.
Il me regarda étrangement puis hocha la tête doucement.
— Où ça ? demanda-t-il ensuite.
— Ah, ça je ne sais pas. Bairim a dit les méchants et la neige.
— Hm. Ce que je vais proposer est sûrement stupide mais penses-tu que Bairim pourrait demander aux Dragons le nom de là où ils sont afin de nous le répéter ? Parce qu'on est en février et de la neige, y'en a à plusieurs endroits du Monde en ce moment.
— Je ne sais pas, faut voir avec Lucius.
Je quittai la pièce et revins au salon.
— Du nouveau ? demandai-je à Lucius. A-t-il dit autre chose ?
— Pas vraiment non, à part que Raude et Storme sont tristes et en colère, comme toi quand il a fait une bêtise.
— Okay. C'est grave Lucius, tu t'en rends bien compte ? Est-ce que tu accepterais que je prenne Bairim pour aller voir Émeraude ? A l'entrée de la réserve, ajoutai-je.
— Oui oui c'est bon, fit-il en se relevant et en attrapant Bairim au passage.
Je le laissai porter et sortis.
— Geoffroy, on va voir Émeraude, tu veux venir ? demandai-je.
— Oui je viens.
Il fut près de nous et nous prîmes le chemin de la barrière. Comme je l'aurais prévu, Storme et surtout Émeraude étaient là.
— Salut mon vieux, fis-je avant d'ouvrir les portes.
Je m'avançai et regardai derrière moi, Lucius étant resté à l'entrée.
— Tu viens ?
— Ils pourraient apprendre à utiliser un hibou, marmonna-t-il en venant se placer à côté de moi.
— Bon, Bairim nous a dit que les vôtres étaient blessés, voire tués. On va arrêter ça, expliquai-je aux deux Dragons de présents. Mais on a besoin d'aide. Je sais que vous parlez à Bairim, alors pourriez-vous lui donner plus détails sur l'endroit ?
Je regardai Bairim et vis qu'il tentait de descendre des bras de Lucius. Ce dernier renforça sa prise sur lui et soupira :
— Si tu arrêtes de gigoter, je me rapproche un peu plus, sinon on s'en va.
Comme par magie, Bairim cessa tout mouvement et dit :
— Peux toucher Storme et Raude ?
Lucius fit trois pas en avant puis répondit :
— Dis-nous d'abord ce qu'ils te racontent et on verra ensuite.
— Essaie de répéter ce qu'ils te disent, mot pour mot.
Je lui caressai les cheveux, et embrassai sa joue.
— Je dois toucher Raude !
— J'ai dit après mon cœur, rétorqua Lucius immédiatement.
— Non ! Je dois et papa doit toucher moi ! Et papa verra !
Je regardai Geoffroy, puis Lucius.
— Donc, si tu touches Émeraude, et que je te touche, je pourrais voir ? C'est ça ?
— Oui !
Lucius se mordit la lèvre mais avança jusque Émeraude sauf que Bairim ajouta :
— Non ! Pas Pada.
— Désolé, fis-je en regardant Lucius. Donne-le-moi, ajoutai-je en tendant les bras.
Je ne pouvais pas l'obliger à le faire, mais les Dragons étaient en danger, et certes, je n'avais jamais porté serment, mais ce dernier était présent dans mon cœur. Son visage se ferma instantanément et il recula d'un pas.
— S'il te plait, chuchotai-je.
Bairim regarda Lucius et dit :
— Si te plaît Pada.
Il se pinça les lèvres et me le tendit avant de tout bonnement quitter la réserve.
— Lucius, appelai-je.
Seulement, il ne se retourna pas.
— Pas grave, on se fera pardonner après, qu'est-ce que tu en dis ? fis-je à l'attention de Bairim.
Il acquiesça et tendit les bras vers Émeraude. Je nous approchai, doucement malgré la confiance que j'avais envers Émeraude. Je jetai un rapide coup d'œil à Geoffroy et fus rassuré en voyant sa baguette pointée sur nous. Je fus quelques secondes plus tard près de mon ami et posai la main de Bairim sur ce qui aurait été la joue du Cornelongue. Je sentis rapidement une chaleur m'envahir et vis des images.
Il y avait des hommes, habillés chaudement, qui parlaient une drôle de langue. Quelques chose qui ressemblait à du russe, ou du norvégien peut-être. Danemark ? Je les vis me frapper et je compris qu'il frappait un Dragon certainement sous sortilège d'immobilisation. L'un d'eux dit quelque chose se rapprochant de sibir et ensuite, je vis un autre Dragon, me fonçant dessus. Il y eu une bagarre et je vis des gens autour, plus loin, crier et hurler.
J'eus envie de vomir en me rendant compte que le Dragon par lequel je voyais les images s'en sortait mal. Les images cessèrent et je revins à moi. Je clignai des yeux et caressai Émeraude en disant :
— On va les stopper, je te promets. Je ne sais pas encore comment, mais on va les stopper.
Bairim posa son autre main à côté de la première, un immense sourire aux lèvres.
— Allez bonhomme, on a assez profité et Pada doit être triste que tu sois loin de lui.
Je caressai Émeraude une dernière fois et m'éloignai ensuite. Comme je m'y serais attendu, Bairim cria :
— Storme ! Je veux toucher Storme !
— Non mon chéri. Désolé, mais non.
— Si teu plait papa ! Un tout tit peu !
— Non.
Je tournai le dos aux Dragons et m'éloignai rapidement. Une fois à la hauteur de Geoffroy, je dis :
— Je te laisse fermer les portes, je vais rejoindre Lucius.
— Bien sûr, je m'en occupe.
Je remarquai que Lucius n'était pas parti loin, qu'il était même resté devant la barrière.
— Tu as vu ?
Je lui tendis Bairim rapidement, en voyant son visage plus que blanc, certainement par la peur.
— Non, répliqua-t-il froidement en attrapant Bairim et en partant vers le bâtiment.
Je soupirai et le suivis.
POV Lucius
Je rejoignis le bâtiment en serrant Bairim fortement contre moi. Je n'arrivais pas à croire que Charlie m'ait demandé ça, que ses stupides Dragons aient demandé ça ! Il savait parfaitement que je ne voulais déjà pas que Bairim aille dans la réserve, ce n'était pas pour le laisser les approcher de trop près et encore moins le laisser les toucher. Mais des Dragons étaient en danger et ça tenait à cœur à Charlie alors j'avais fait un premier effort en acceptant immédiatement d'aller dans la réserve, puis en acceptant de m'approcher plus près des Dragons. Merlin, j'étais même près à laisser Bairim les toucher mais voilà, il avait fallu que je le lâche. Et Charlie avait insisté, ce qui avait fait que Bairim avait insisté.
— Aie ! râla d'ailleurs ce dernier. Tu fais bobo Pada.
Je relâchai légèrement ma prise en m'excusant succinctement puis je partis en cuisine. Je passai la porte et fermai les yeux en me revoyant lâcher Bairim pour le tendre à Charlie. J'avais confiance en lui, vraiment, mais je ne pouvais juste pas lâcher Bairim dans la réserve, je ne pouvais pas. Mais j'avais dû le faire, pour Charlie, et il n'en avait strictement rien à faire. Il ne se rendait même pas compte des efforts que je faisais pour lui, ou alors il s'en fichait complètement. Alors j'avais simplement quitté la réserve parce que je savais que je ne pourrais pas rester et regarder mon fils se faire tuer par une saloperie de Dragon parce que mon foutu mari avait besoin de tous les sauver.
J'attrapai la bouteille cachée en haut du meuble et m'en servis un premier verre que je vidai d'une traite. Bairim commença à s'agiter pour descendre mais je soufflai :
— S'il te plaît mon cœur, Pada a juste besoin de te faire un câlin deux minutes, ensuite tu pourras aller jouer.
Il passa ses bras autour de mon cou et me serra contre lui tandis que je me resservais un second verre de vodka, alcool typiquement moldu. Je le bus tout aussi rapidement puis collai mon nez dans le creux du cou de mon fils. J'avais juste besoin de me calmer et d'oublier.
Mon esprit, ce fourbe, n'avait pu s'empêcher de me montrer mille et une façons dont mon fils pourrait se faire tuer par les Dragons. Je savais qu'ils ne lui feraient probablement rien, mais c'était des Dragons, pas des chiens ou des chevaux, des Dragons de plusieurs dizaines de mètres de haut à côté de mon fils qui ne mesurait même pas un mètre. J'entendis la porte de la cuisine s'ouvrir mais ne bougeai pas et passai ma main dans les cheveux de Bairim tout en inspirant son odeur. Il allait bien, il était bien vivant et Émeraude n'en avait pas croqué un morceau...
— Je suis désolé. Mais je ne sais pas si tu as vu, mais j'ai refusé qu'il touche Storme.
Il vint se placer contre mon dos et murmura au creux de mon oreille :
— Je sais que tu viens de faire quelque chose de très dur, et je ne t'en remercierai jamais assez. Merci mon amour.
Je serrai mes mâchoires et reculai pour faire descendre Bairim qui fonça se balancer sur son Dragon à bascule. Je me resservis un verre puis me détachai de Charlie pour ranger la bouteille avant de boire et de sortir des plats. Je ne savais pas encore quoi exactement, mais j'avais besoin de faire quelque chose. Et je ne voulais pas des remerciements de Charlie, c'était juste trop facile, il n'avait pas le droit de me demander de faire ça et venir me dire ensuite que tout était réglé. S'il voulait que je croie ne serait-ce qu'un instant qu'il pensait ces mots, il allait falloir qu'il me le prouve.
Surtout qu'une fois de plus, c'était moi le méchant de l'histoire pour Bairim puisque je refusais qu'il s'approche des Dragons ou aille faire des promenades sur leurs dos. J'avais confié Draco à un monstre une fois et je n'allais pas recommencer cela avec Bairim. Je m'étais promis de faire mieux, pas pire.
Je commençai la préparation d'un gâteau au chocolat et à la framboise, et je sentis rapidement l'alcool me calmer un peu, mais pas assez. Je finis donc de casser les œufs puis me lavai les mains pour aller reprendre la bouteille dans l'optique de me resservir un verre, ou deux. Ou peut-être trois.
— Ce n'est pas l'alcool qui va résoudre tes problèmes. Je viens de m'excuser, et je ferais tout pour que Bairim ne doive plus approcher des Dragons jusqu'à ce qu'il soit en âge. Pourquoi tu...
"Laisse tomber" entendis-je plus faiblement avant d'entendre la porte se refermer.
J'hésitai à le rejoindre mais décidai qu'être un peu plus calme pour discuter avec lui serait sans aucun doute préférable. Je me resservis donc un verre puis rangeai la bouteille et m'incitai à la laisser là tout en terminant le gâteau que je sortis du four une trentaine de minutes plus tard. Je le posai sur une grille sur le plan de travail puis pris Bairim avec moi pour que nous partions à la recherche de Charlie. Après avoir constaté qu'il n'était ni dans la salle à manger, ni dans le salon, ni dans notre chambre ou même dans la bibliothèque, j'en déduisis qu'il devait être dans le bureau de Geoffroy. Je réalisai également n'avoir vu personne d'autre et compris qu'ils devaient tous être ensemble pour parler de leur mission « sauvons les Dragons ».
— Bairim ? lui demandai-je en passant ma main dans ses cheveux. Tu voudrais qu'on fasse quelque chose ?
— Câlin dodo.
— Ça me va, souris-je en prenant sa main dans la mienne pour que nous regagnons ma chambre.
Il alla chercher son pyjama et l'enfila tout seul avec plus ou moins de difficulté et j'enfilai pour ma part un pantalon lâche et un t-shirt. Je l'aidais à monter sur notre lit et le rejoignis, le laissant avec plaisir se coller contre moi avant d'éteindre les lumières à l'aide de ma baguette.
Il me fit un bisou et cala sa tête contre mon torse.
J'embrassai le haut de son crâne et passai la main dans ses cheveux doucement. J'espérais vraiment que Charlie n'était pas trop en colère contre moi à cause de ma réaction parce que c'était quelque chose contre lequel je ne pouvais rien et qui allait très probablement se reproduire. Il m'avait dit qu'il ferait tout pour que Bairim n'approche pas les Dragons avant qu'il ne soit en âge mais nous savions tous les deux que c'était un mensonge. Il ne les voyait pas de la même façon que moi. Il ne les pensait pas inoffensif mais il partageait quelque chose de particulier, notamment avec Émeraude, et il ne les voyait pas aussi dangereux que je savais qu'ils étaient. Ils étaient des Dragons, ce qui faisait que Bairim serait en âge de les approcher quand il aurait au moins dix-sept ans mais nous savions tous deux qu'il allait les toucher et gambader à leurs côtés bien avant cela. Alors d'accord, peut-être qu'ils ne voulaient pas le blesser mais un accident était vite arrivé, surtout avec des bêtes aussi imposantes, lourdes et dangereuses que celles-ci.
Je fermai les yeux quelques minutes mais les rouvris en entendant la porte de la chambre s'ouvrir.
— Je ne vous trouvais pas, chuchota Charlie. Il dort ?
— Je crois oui.
— Tu veux que j'aille le mettre au lit... ou tu veux qu'il dorme avec nous cette nuit ?
— Comme tu veux, soupirai-je.
Je voulais garder mon fils près de moi mais je voulais aussi pouvoir me coller contre Charlie et m'expliquer avec lui, le seul problème était que ces deux choses étaient incompatibles. Alors je préférais le laisser décider.
— C'est comme tu veux, murmura-t-il en venant m'embrasser. Mais je ne sais pas si tu as remarqué, mais il est sur mon côté du lit. Dois-je en déduire que vous me mettez dehors ? rit-il avec tout de même de l'inquiétude dans la voix.
— Je vais le coucher, soufflai-je en me redressant le plus doucement possible.
Je le déposai dans son lit et l'observai quelques minutes en caressant ses cheveux avant de regagner l'autre chambre. Je retirai mon pantalon et mon t-shirt puis me glissai à nouveau sous les draps. Charlie se colla à moi et m'embrassa l'épaule.
— Pourquoi je ? lui demandai-je en glissant ma main sur sa hanche.
— Hein ? marmonna-t-il.
— C'est toi qui as commencé à me dire "Pourquoi tu" avant de partir de la cuisine tout à l'heure. Pourquoi je quoi ?
— Pourquoi tu bois à chaque fois comme ça. Je n'aime pas ça, et en plus, tu me rejettes.
— Ce n'est pas moi qui ai dansé sur une table à notre mariage parce que j'étais trop saoul.
— Ce n'est pas pareil. Je ne bois qu'aux fêtes et elles sont pas si souvent. Toi, ce n'es pas la première fois que tu bois quand il y a un problème.
— Toi aussi tu bois quand tu as un problème, tu te souviens de la première fois que je t'ai embrassé ?! Et je ne le fais pas à chaque fois qu'on a un problème.
Sinon Merlin savait que le budget de la réserve serait passé là-dedans.
— Ça me détend et m'empêche de penser clairement, ajoutai-je ensuite, c'est tout.
— Okay.
Il se rapprocha de moi et passa sa jambe entre les miennes.
— Je suis crevé.
— J'ai envie de toi, rétorquai-je en glissant ma main sur ses fesses.
— Hum... ça peut se négocier, susurra-t-il.
— Je ne négocie rien du tout, dis-je en le faisant s'allonger sur le dos avant de le surplomber. Je te veux.
— Alors prends-moi !
Je collai ma bouche contre le sienne et me fis un plaisir d'accéder à sa demande.
OoOoOoOoO
Je m'assis sur le fauteuil et observai Bairim jouer dans le coin du salon tranquillement. Nous venions de réviser les chiffres jusque vingt et il connaissait finalement son alphabet, j'en connaissais un qui allait être content. En effet, Draco avait décidé de commencer par cela mais Bairim avait été étonnamment réfractaire, jusqu' à aujourd'hui du moins. Une semaine était passée depuis que nous avions appris que des Dragons étaient en danger en Sibérie, et depuis ce temps, Geoffroy et Charlie se battaient avec les autres réserves pour recevoir leur appui. Chaque réserve avait finalement envoyé deux de leurs gardiens et ils étaient tous là depuis un peu plus d'une heure, en train de discuter dans la salle à manger puisque le bureau de Geoffroy n'était pas assez grand pour accueillir une vingtaine de personnes. Je sortis de mes pensées en sentant Bairim essayer de m'escalader. Je le pris sur mes genoux puis souris en le voyant se frotter les yeux.
— Fatigué mon cœur ?
— Non, répondit-il en baillant. Chocolat si teu plait.
Je haussai un sourcil et levai les yeux au ciel mais me levai néanmoins et partis en cuisine. En entrant dans la salle à manger, je jetai un regard surpris à un Carlos dépité en réalisant que tous les gardiens des autres réserves étaient en train de se disputer avec Charlie et Geoffroy. Je récupérai le lait au chocolat de Bairim et le laissai boire tranquillement avant de l'emmener dans sa chambre. Je le posai dans son lit et il râla quelques minutes qu'il n'était pas fatigué mais finit par s'endormir moins de dix minutes plus tard. Je pris le baby phone et regagnai la salle à manger où Geoffroy avait finalement réussi à instaurer le calme. Heureusement que toutes les réserves avaient obligés leurs gardiens à avoir au moins de vagues connaissances en anglais, sinon, ils en seraient encore probablement aux salutations.
— Comment pouvez-vous savoir que des Dragons sont en danger ? demanda l'un des Suédois.
— Je vous l'ai déjà dit, répliqua Charlie, visiblement fatigué. J'ai un lien... particulier avec eux.
— Oh et nous devons juste vous croire comme ça ? Qu'est-ce qui nous dit que vous n'êtes pas simplement bon à enfermer ?
— Pourquoi aurais-je inventé cette histoire ? s'exclama-t-il avant de se calmer à nouveau. Écoutez, je peux vous montrer, vraiment, si vous ne me croyez pas.
Le gardien explosa de rire et je fronçai les sourcils, mécontent qu'il se moque ainsi de mon mari.
— Et en faisant quoi ? Vous allez entrer en transe et nous expliquer que les Dragons viennent de vous parler ? Je pense que nous avons assez perdu notre temps.
— Non, je vais vous montrer qu'Émeraude et moi avons un lien. Suivez-moi en réserve !
Charlie sortit de la salle à manger à grands pas et je le rattrapai rapidement avant de lui souffler :
— Certain que c'est une bonne idée ? Si Émeraude les mange, ils ne seront pas d'une grande d'aide...
— Il ne les mangera pas, j'en suis certain. Ils sont venu pour aider, il doit déjà le savoir, chuchota-t-il avant de regarder dans la direction de la chambre de Bairim.
— Il dort, le rassurai-je. Et j'ai ça, ajoutai-je en indiquant le baby phone.
Nous l'avions testé quelques années plus tôt et nous pouvions faire cinq mètres dans la réserve sans qu'il n'arrête de fonctionner, mais pas un de plus. Ce qui prouvait que les moldus avaient encore des progrès à faire dans ce domaine. Comme dans tous les autres probablement. Nous nous approchâmes du portail et les autres gardiens nous suivaient même s'ils étaient restés en retrait. J'entendis quelques expressions étouffées quand ils aperçurent Émeraude et je secouai la tête tandis que Charlie ouvrait les portes puis rangeai sa baguette. Je sortis la mienne et gardai un œil sur Storme qui était à une quinzaine de mètres derrière Émeraude. Ce dernier recula d'environ cinq ou six mètres quand Charlie le lui demanda et les gardiens des autres réserves ainsi que Geoffroy, baguette en mains, passèrent le portail que je refermai ensuite.
— Salut mon vieux. Ces messieurs doutent de notre lien, du coup, qu'est-ce que tu dis d'une petite démonstration ? proposa Charlie en avançant plus près d'Émeraude.
Je m'éloignai de la barrière autant que me le permettais le baby phone et Émeraude souffla de l'air par ses narines avant de baisser la tête tandis que Charlie commençait à l'escalader. Les gardiens qui avaient été septiques avaient maintenant la bouche ouverte et les yeux pétillants d'admiration.
— Quelqu'un veut m'accompagner ? fit Charlie moqueur en regardant tout spécialement le gardien qui s'était moqué de lui plus tôt.
Ce dernier lui lança un regard sombre et haussa les épaules mais recula néanmoins d'un pas, ce qui me fit esquisser un sourire amusé. Charlie sourit et chuchota quelque chose à l'oreille avant que le Dragon ne prenne son envol. Ils planèrent quelques minutes, puis Émeraude se posa, laissant Charlie descendre.
— Comme je vous le disais, je n'ai rien fait, il a agit comme ça avec moi à un moment donné et il m'a permis de voir certaines choses. Vous me croyez maintenant ?
Ils acquiescèrent et Geoffroy prit la parole :
— Puisque nous sommes tous d'accords, sachez qu'un Portoloin arrivera demain en début d'après-midi, nous partirons donc à ce moment-là. Il nous emmènera dans un village abandonné à la frontière du Kazakhstan et nous terminerons en balais. Des remarques ou suggestions ?
Ils continuèrent de fixer le Dragon et Charlie qui le caressait tandis que Geoffroy ajoutait :
— Je vous laisse donc installer vos tentes puis nous nous retrouverons dans la salle à manger pour mettre au point les derniers détails.
Il ouvrit le portail et sortit, rapidement suivi par les autres même si certains préféraient continuer de fixer Émeraude. Je sortis à mon tour et m'appuyai contre la barrière pour attendre que Charlie quitte la réserve. Il referma le portail et ne sembla pas me voir puisqu'il continua son chemin vers le bâtiment. Je le rattrapai rapidement et passai mon bras autour de ses hanches.
— Donc, vous partez demain.
— Oui. Est-ce que tu m'en veux ?
— Non, ce n'est pas comme si j'avais le choix de toute façon.
— Si tu me dis que tu ne souhaites pas que j'y aille, je serais au courant, même si je ne te le cache pas, j'irai. Je veux juste savoir si tu me comprends ou pas, c'est important pour moi.
— Charlie, si je te demande de ne pas y aller et que tu décides juste de m'ignorer, là je t'en voudrais, alors je me tais et je peux toujours imaginer que mon avis t'importe un tant soit peu.
— Okay, donc tu aurais voulu que je reste ?
— Pourquoi penses-tu cela ? répondis-je, du sarcasme dans la voix. J'aime tellement que tu risques ta vie et espère tous les jours que tu te fasses tuer. Vraiment, je ne peux pas attendre que tu y ailles tant je suis impatient de me débarrasser de toi.
Je pinçai sa hanche durement et me penchai sur lui pour mordre son épaule.
— Quand tu auras décidé d'arrêter de dire des choses stupides, fais-moi signe.
— Ça va, ça va, c'est bon. Je comprends ton point de vue. Et je te promets qu'il ne m'arrivera rien. J'ai survécu à la bataille finale et autres affrontement. Pourquoi cela serait différent ?
Je l'arrêtai et me plaçai en face de lui avant de poser mes mains sur ses joues pour plonger mon regard dans le sien :
— Parce que tu n'es pas invincible et qu'à la bataille, il n'y avait pas de Dragons. Et je suis sérieux Charlie, je ne veux pas me reprendre dix ans à être coincé ici parce que tu as encore fini à Sainte-Mangouste.
— Ça ne sera pas le cas ! affirma-t-il avant de m'embrasser.
Je lui rendis son baiser puis mordis sa lèvre inférieure.
— J'espère bien, sinon tu devras te montrer très imaginatif pour te faire pardonner.
OoOoOoOoO
Je tenais Bairim contre moi et serrai la main de Charlie dans la mienne. Nous nous étions levés deux heures plus tôt et à peine Bairim s'était-il réveillé qu'il avait dit à son père qu'Émeraude voulait y aller également. Charlie en avait parlé à Geoffroy qui avait accepté étonnamment rapidement, le traitre, et du coup, il partait maintenant avec Émeraude puis ils seraient rejoints à leur point de rendez-vous dans quelques heures par les autres dès qu'ils auraient reçus le Portoloin.
Charlie continua d'avancer mais je m'arrêtai sans cependant lâcher sa main, ce qui le fit s'arrêter également. Isaac s'arrêta à nos côtés quelques secondes et nous jeta un regard avant de se poster à un ou deux mètres du portail. Lui, Geoffroy et Hulrick étaient ceux de notre réserve qui allaient y aller. Charlie avait proposé d'en prendre un avec lui sur le dos d'Émeraude et tandis que Geoffroy avait poliment refusé et qu'Hulrick avait blanchi, Isaac avait sauté sur ses pieds, un immense sourire aux lèvres. Ce qui faisait que lui et Charlie allaient partir dans quelques minutes. Mais je n'avais aucune envie de laisser Charlie partir là-bas sans moi, sauf que je ne pouvais pas l'accompagner. Et puis, comme il me l'avait si gentiment fait remarquer la veille, mes états d'âmes en ce qui concernait les Dragons, il s'en fichait royalement.
— Un problème ?
— Comme si ça t'intéressait, rétorquai-je en lâchant sa main que je posai dans les cheveux de Bairim.
Si je le touchais, j'allais finir par l'attacher quelque part pour être certain qu'il ne bouge pas de là, chose qu'il ne me pardonnerait probablement jamais. Et puis, je préférais être celui qui avait une bonne raison de lui en vouloir que celui qui devait se faire pardonner.
— Je serais de retour rapidement et je vais te faire une promesse, celle de rester à l'écart si les choses tournent en notre défaveur, okay ?
— Charlie, si les choses tournent en votre défaveur et que leurs Dragons sont fous, vous êtes morts de toute façon, Émeraude ou non.
— Non, parce que je suis spécial et qu'Émeraude me protégera. J'en suis certain.
— Bien, soufflai-je avant de l'embrasser. Parce que si tu as la moindre égratignure, tu dormiras dans un autre lit que le mien pendant un moment indéfini.
— Tu deviens cruel, attention, je risque de te préférer comme ça.
— C'est noté, s'il n'y a que ça pour te faire plaisir...
— Allez, je vais y aller. Je vous aime tous les deux, souffla-t-il en embrassant Bairim puis moi.
Il alla ouvrir le portail tandis que je reculai de plusieurs mètres. Émeraude sortit et Charlie grimpa dessus, rapidement suivi par Isaac qui avait un grand sourire aux lèvres. Les autres gardiens sortirent pour assister au spectacle et ils décolèrent rapidement. Bairim fit de grands signes de la main et cria des "Au revoir Raude", "Au revoir Papa", jusqu'à ce qu'ils se désillusionnent et que l'on ne puisse plus les voir. Merlin, foutue peine de prison qui me maintenait bloqué ici et par-dessus tout, foutus dragons.
OoOoOoOoO
Ils étaient partis depuis presque trois jours maintenant et nous n'avions toujours aucune nouvelle. Pour ce que nous en savions, ils pouvaient tout aussi bien tous êtres morts décapités et enterrés au fin fond de la Sibérie. D'accord, il leur fallait un peu de temps pour trouver la réserve et s'occuper des Dragons mais si tout s'était bien passé, Charlie devrait être rentré depuis la veille au soir. Hors, il allait être sept heures du soir et il n'était toujours pas là. Harry et Draco étaient arrivés au matin pour que Draco s'occupe de Bairim mais ils avaient finalement décidé de rester plus longtemps. Harry avait donc passé l'après-midi à jouer avec Bairim tandis que Draco m'avait demandé à ce que l'on fasse des gâteaux, dans la seule optique de me changer les idées, j'en étais certain. Le plan de travail était donc à présent encombré de cinq ou six boîtes pleines de cookies, de trois gâteaux au chocolat et de quatre clafoutis aux framboises. Non seulement nous aurions probablement du mal à manger tout cela mais en plus, les placards étaient à présent totalement vide. Tout comme Draco qui venait de s'effondrer sur une chaise. Il avait essayé de m'arrêter deux fois mais je devais avouer que cuisiner me permettait de ne plus autant m'inquiéter, ni de commencer à penser comment organiser les funérailles et récupérer le corps, ce qui était non seulement agaçant mais aussi un peu glauque. Je tapotai mes doigts contre le plan de travail et regardai l'heure avant de refaire le tour des placards, sauf qu'il n'y avait vraiment plus de farines, d'œufs, de sucre, de chocolat ou même de fruit. Merlin, il était maintenant passé sept heures et il n'était toujours pas là. S'il allait bien, j'allais le tuer dès qu'il rentrerait, juste pour le principe.
— Pada ?
Je baissai les yeux sur Bairim, tout de même surpris qu'il soit arrivé jusque là sans que je ne l'entende.
— Quoi mon cœur ? soupirai-je.
Merlin, j'étais toujours aussi tendu et non seulement je le ressentais, mais en plus cela s'entendait dans ma voix.
— Papa arrive avec Raude, sourit-il en tendant les bras vers moi. Peux avoir un chocolat ?
Je l'attrapai immédiatement et demandai :
— Vraiment ? Comment tu le sais ?
— Raude il me dit.
Je l'embrassai sur le front et lui tendis un chocolat quand il me regarda fixement puis je sortis devant le bâtiment pour attendre Charlie. J'espérais vraiment pour lui qu'il avait une bonne excuse pour être autant en retard et surtout pour ne pas avoir jugé utile de nous dire comment les choses se passaient. Et surtout, il avait intérêt à être entier.
Je vis Émeraude apparaître au loin et je resserrai ma prise sur Bairim, souriant à Draco quand ce dernier posa sa main sur mon épaule.
— Désolé d'avoir été infernal, soufflai-je à son intention.
— Pas grave, tu avais toutes les raisons du monde de l'être. Par contre, je vais surement reprendre un clafoutis à la framboise et quelques cookies, si tu n'y vois pas d'inconvénient.
— Aucun, prends tout ce que tu veux.
Je ne manquais pas le sourire ravi d'Harry après mes quelques mots puis me tournai vers Charlie qui se posa avec Émeraude à quelques mètres du portail. Bairim s'agita entre mes bras mais je le maintins contre moi jusqu'à ce qu'Émeraude soit de nouveau dans la réserve. J'observai Charlie et soupirai de soulagement en réalisant qu'il avait au moins tous ses membres et ne semblait même pas tâché de sang. Je laissai Bairim descendre et il courra immédiatement se jeter dans les bras de son père qui le réceptionna.
— Oh mon chéri, comme tu m'as manqué, fit-il tout en avançant vers nous.
— Manqué aussi, répondit Bairim en passant ses bras autour de son cou.
Il se stoppa devant moi et sourit, avant de dire :
— Toi aussi tu m'as manqué.
— Vraiment ? Tu ne semblais pas pressé de rentrer pourtant...
— Ça, c'est ce que tu crois. Mais Émeraude ne voulait juste pas décoller. Ça fait deux jours que j'essaie de revenir et Geoffroy a été intraitable, j'ai amené le Cornelongue, je le ramène.
— Hm.
J'allais me coller contre lui et l'embrassai puis déviai vers son cou que je mordillai.
— Les hiboux, ça existe. Et tu aurais pu insister auprès de ce stupide Dragon. Mais disons que je te pardonne.
Même si j'avais déjà une idée de comment je pourrais faire pour me sentir mieux.
— Il est parfois bon de se faire désirer, rit-il.
— Hm, souviens-toi de ça, murmurai-je avant de l'entraîner à ma suite vers la salle à manger.
OoOoOoOoO
Nous avions mangé pendant que Charlie nous avait raconté ce qu'il s'était passé mais je devais avouer que je n'avais pas écouté grand chose. Harry et Draco étaient rentrés chez eux et nous avions joué quelques heures avec Bairim. Je venais d'ailleurs d'aller coucher ce dernier tandis que Charlie était parti se laver. Je me déshabillai et glissai sous mon coussin ce dont j'allais avoir besoin puis m'allongeai au-dessus des couvertures. Charlie ouvrit la porte, une serviette autour des hanches, et je ne me gênai pas pour le reluquer.
— Je suis toujours autant excité en voyant ton regard posé sur moi.
— Ah oui ? Prouve-le, le défiai-je avec un sourire.
— Comment ? demanda-t-il en venant au lit.
Je me collai contre lui et glissai ma main le long de son corps jusqu'à son membre à moitié dressé que je pris en main.
— C'est un bon début, je dirais, soufflai-je en embrassant sa mâchoire.
— Bordel, continue, murmura-t-il tout en bougeant des hanches.
Je continuai donc un moment tout en embrassant, léchant et mordillant la peau de son cou puis de son torse. Je lâchai ensuite son sexe puis glissai l'une de mes mains sous mon oreiller pour attraper le ruban de cuir. Je pris l'un de ses tétons en bouche et attrapai ses mains que je montai au-dessus de sa tête puis attachais au montant du lit de façon assez serrée pour qu'il ne puisse s'en défaire mais pas trop pour qu'il ne se blesse pas.
— C'quoi ça ? marmonna-t-il.
— Chut, répliquai-je avant de l'embrasser profondément.
Je léchai son cou, puis son torse une nouvelle fois jusqu'à sa hampe que je pris en bouche. Il gémit et je le torturai quelques minutes puis m'arrêtai quand je sentis qu'il était de plus en plus proche de la délivrance. Je le relâchai puis déposai un chaste baiser sur ses lèvres avant de me redresser et de m'asseoir à ma place sous les couvertures. Je pris ma baguette et m'assurai qu'il ne pouvait se défaire de ses liens et pris mon livre en cours de lecture dans la foulée que j'ouvris pour reprendre là où je l'avais arrêté.
— Tu... c'est une plaisanterie, n'est-ce pas ?
— Tu m'as fait attendre plus d'une journée, je peux bien te faire attendre un moment. Mais si tu es sage, je te promets que je terminerai ce que j'ai commencé, et bien plus encore. Et puis, comme tu l'as si bien dit, "Il est parfois bon de se faire désirer". N'est-ce pas ?
POV Charlie
— Je ne parlais pas en ce sens. Je n'étais pas là, à te chauffer pendant que tu m'attendais. J'ai vécu trois jours de merde et tu me fais ça ? sifflai-je de mauvaise humeur.
Lucius posa son livre et croisa les bras puis haussa un sourcil à mon attention.
— Tu parlais en quel sens dans ce cas ?
Il détailla mon corps et un sourire naquit sur ses lèvres qu'il mordit ensuite.
— La distance... mais pas de ce point de vue là, expliquai-je. J'ai pensé à toi jour et nuit. J'étais heureux d'être rentré, mais là... ça ne m'amuse pas Lucius. Soit tu me détaches, soit tu me laisses comme ça, mais tu t'occupes de moi.
— Pourquoi n'ai-je pas eu de tes nouvelles ?
— Je serais arrivé avant le hibou et il n'y en avait pas sur place de toute manière. C'était un trou perdu.
— Pas mon problème.
Je tirais sur les liens, grognant et criai presque :
— Libère-moi immédiatement Lucius !
— Tu penses me rendre plus coopératif en me donnant des ordres... Technique intéressante et ambitieuse, je dois te l'accorder.
— S'il te plait. J'ai mal partout, j'ai volé depuis la Sibérie. Je voulais juste pouvoir profiter de toi avant de dormir.
— Et je devrais être gentil avec toi parce que...
— Tu m'aimes ? tentai-je.
— Méfies-toi Charlie, avec ton comportement récent, je pourrais en déduire que toi, tu ne m'aimes pas.
— Pardon ? Doutes-tu encore de moi ? grognai-je.
— Je ne doute pas de toi. Je dois néanmoins avouer que ta façon de me faire comprendre que mon avis ne t'intéressait pas le moins du monde et qu'en plus, je n'avais pas vraiment à dire en ce qui te concernait ou même nous concernait, cela m'est quelque peu resté en travers de la gorge. Excuse-moi du peu.
Il se rapprocha de moi et posa sa main sur mon torse, la descendant jusqu'à mon membre sur lequel il fit glisser son index avant de pincer la peau de mon aine durement.
— Je me suis mal exprimé, j'aurais pu le dire autrement. Mais s'il te plait mon amour, occupe-toi de moi ou libère-moi.
— Et comment aurais-tu pu le dire ? me demanda-t-il en commençant à caresser mon torse, s'attardant plus longtemps sur mes tétons.
— J'sais pas, marmonnai-je.
— Ah..., souffla-t-il en retirant ses mains de mon corps.
— Bon, Lucius, j'ai assez joué. Je ne sais pas comment j'aurais pu le dire, je suis impardonnable de ne pas être revenu plus tôt. Mais nous avons dû gérer plus de six Dragons, ainsi que les gardiens blessés. Il y a eu des disputes entres réserve, sauf la nôtre, parce que nous manquons de place. Je suis encore plus désolé pour t'avoir sorti cette connerie sur l'attente et le désir. Mais bordel, libère-moi !
Il s'assit sur mes hanches puis se pencha sur moi pour embrasser et lécher mon cou.
— Pas envie, murmura-t-il.
— Alors continue, ne t'arrête pas.
— Sûr ?
— Oui oui, soufflai-je. Juste continue, je veux te sentir.
Je le sentis sourire contre ma peau et il se plaça entre mes jambes pour frotter ses hanches contre les miennes lentement tout en léchant et caressant toute parcelle de peau à portée de sa bouche et de ses doigts.
J'aurais voulu le serrer contre moi, le sentir, mais avec mes mains attachées, je ne pouvais pas le faire. Je tentai une fois de plus d'échapper à cette prise, alors que sa bouche continuait d'embrasser ma peau. Lucius se redressa et m'adressa un sourire malicieux.
— Tu n'imagines pas le nombre de fois où j'ai envie de prendre mon temps mais tes mains et ta bouche me perturbent et me font perdre tout contrôle. Seulement cette fois, je pense avoir trouvé la solution...
Il prit mon membre dans sa main et posa sa bouche contre la mienne pour m'embrasser passionnément.
— Comment ça "mes mains et ma bouche te perturbent" ? demandai-je mi-amusé, mi-curieux.
— Je t'en prie, elles passent leurs temps à me caresser, m'embrasser et tout le reste. Je ne dis pas que je n'aime pas ça, loin de là, mais pour profiter de ton corps pleinement, je dois visiblement te lier les mains ou t'attacher, c'est tout.
— Je tâcherai aussi d'y penser, vu que tes mains, ta bouche et ton odeur me font la même chose.
Il se figea puis m'observa quelques secondes avant de souffler :
— Tu pourras toujours essayer. Sinon... tu préfères quoi ?
— Ça quoi ?
— Je te ferais jouir de la manière que tu veux, à toi de choisir.
— Alors... si tu ne t'arrêtes plus, je veux bien rester attaché, même si je meurs d'envie de te toucher et te serrer dans mes bras.
— Je t'aurais laissé attacher de toute façon mais je suis ravi de savoir que tu es d'accord avec ça. Tu préfères être au-dessus ou en-dessous ?
Il mordit mon cou doucement puis ajouta d'une voix boudeuse :
— Mes marques ont disparue.
— Refais-en alors. Et pourquoi pas dessous, tout en étant au dessus ? proposai-je.
— D'accord, fit-il en reprenant ses attentions, caressant, léchant et mordillant chaque partie de mon corps.
Je pris une grande goulée d'air et fermai les yeux un instant afin de savourer ses attentions.
Nous espérons que ce vingt-troisième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p
Sachez également que nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions et à chacune de vos reviews. *clin d'œil*
Abby and Jes
