Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.

Périodicité de publication : Un chapitre tous les quinze jours, si on arrive à garder le rythme avec nos cours respectifs -)

Note des auteurs : voir chapitre 18


Partie II

Bairim

Chapitre 24

Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.

POV Charlie (Seize mois plus tard)

Je dormais, ou plutôt profitais de ce matin, Lucius étant collé à moi, encore endormi. Il fallait dire que cette nuit, je ne lui avais pas laissé beaucoup de temps pour se reposer. Mais c'était ma petite vengeance à son attaque de la semaine précédente, où il avait encore attaché mes mains, comme il aimait le faire depuis si longtemps maintenant. Il avait versé du chocolat liquide sur mon torse et l'avait léché lentement, très lentement, sans même partager. Je souris, et me collai un peu plus à lui, caressant son dos. Je le sentis frissonner sous mes doigts et de ce fait, embrassais son épaule.

— Désolé de t'avoir réveillé, mentis-je en avant de palper ses fesses.

— Tu sembles dévoré par les remords, en effet, sourit-il en passant l'une de ses jambes au dessus des miennes.

— Très, tu ne peux même pas imagin...

Je fus coupé par la porte de la chambre s'ouvrant avec force, puis un poids sauta dans le lit et s'immisça entre Lucius et moi.

— On va voler ! s'exclama Bairim en tapant dans ses mains.

— Bonjour à toi aussi Bairim, fis-je en l'embrassant sur la joue. Et oui, on va voler, mais pas si tôt.

— Oui, d'abord on mange donc debout ! fit-il en me poussant vers le bord du lit.

Je ris, et Lucius en fit de même.

— Mon chéri, quand je dis "il est tôt", je parlais plutôt de t'apprendre en début d'après-midi et si seulement tu es sage.

— Pourquoi attendre ? bouda-t-il. Et je suis toujours sage.

Je regardai Lucius et souris.

— Toujours ? En es-tu sûr ?

— Oui. Pas vrai Pada ?

Lucius me jeta un regard interrogateur puis répondit, essayant visiblement de retenir son sourire :

— Autant que Papa je dirais...

— Parle pour toi, tu es plus difficile que moi, répliquai-je tout en poussant un peu Bairim afin de m'installer convenablement.

— Pardon ? répliqua Lucius, surpris.

— Tu as très bien compris. Je ne suis pas difficile.

— Difficile je ne sais pas mais sage, certainement pas. Et je ne suis pas difficile !

Je ris et commençai à chatouiller Bairim.

— Si tu l'es, affirmai-je quelques minutes plus tard.

— Et je peux savoir ce qui te fait dire ça ?

— L'envie, c'est tout, ris-je une fois de plus. Mais arrête de râler et aide-moi à encercler notre fils afin qu'il subisse nos chatouilles encore quelques minutes.

— Non ! s'exclama Bairim en se relevant pour quitter le lit.

Lucius l'intercepta avant qu'il n'ait pu poser les pieds au sol et le ramena sur le lit puis se pencha à son oreille pour lui murmurer quelque chose qui sembla ravir notre fils. Sans que je ne comprenne, je fus assailli, coincé sur le lit par Lucius, alors que mon propre fils me chatouillait. Je ris tellement que j'en eu mal au ventre et Lucius approcha sa bouche de la mienne, sans toutefois la toucher et souffla :

— Tu perds toujours à ce petit jeu, c'est affligeant...

— Que tu crois. Le sourire de Bairim n'est pas une perte, avouai-je. Ni le tien.

Il tenta de réprimer son sourire puis posa ses lèvres sur les miennes chastement.

— On va voler maintenant ?!

— Aussi têtu que son père, soupira Lucius en passant sa main dans les cheveux de Bairim. Vois ça avec Papa mon grand.

Lucius me lança un regard puis ajouta tout bas :

— Connaissant sa capacité à ne pas céder, vous devriez être dehors dans moins d'une heure.

— Je sais, soupirai-je. Mais j'ai envie de tenir tête aussi longtemps que je le peux.

Bairim devait apprendre la patience, ce qui n'était pas gagné, loin de là même.

— Besoin d'une motivation ou tu penses y arriver tout seul ?

— Je ne serais pas contre un peu d'aide.

— Dans ce cas... à chaque heure de plus que tu tiens, tu gagneras le droit de me demander quelque chose ou une surprise, au choix. Mais tu iras tout de même le faire voler à deux heures cet après-midi. Mais l'inverse s'applique, si tu cèdes deux heures trop tôt par exemple, je serais en droit d'exiger deux choses de toi...

— N'importe quoi ? demandai-je.

— N'importe quoi, oui. Pourquoi ? ajouta-t-il quelque peu méfiant.

— Comme ça, fis-je en souriant.

— Hm, fit-il visiblement pas convaincu.

— Tu sembles inquiet, as-tu quelque chose à te reprocher ?

Je souris et me mordis la lèvre inférieure.

— A me reprocher ? Non. C'est plutôt ton imagination parfois débordante qui m'inquiète.

— Je vais prendre ça comme un compliment.

Bairim poussa soudainement Lucius, et ajouta :

— On va voler maintenant ?

— Non, affirmai-je. Par contre, on va aller prendre un bon petit-déjeuner, puis, au bain. Et ensuite, on va réviser tes leçons.

Je devais lui trouver des activités si je voulais tenir jusque 14 heures.

— Pas les leçons..., soupira-t-il avec une moue boudeuse.

— Pourquoi ?

— Je veux pas.

— Oui, ça j'ai compris, fis-je en me redressant, repoussant ainsi Lucius. Mais pourquoi ?

Il lança un regard à Lucius et se mordit les lèvres mais n'ajouta rien. Je lui caressai la joue et murmurai :

— Viens me le dire à l'oreille, si tu ne veux pas que Pada l'entende.

Je finis par un clin d'œil. Bairim eut une moue embêtée puis se pencha à l'oreille de Lucius pour lui chuchoter quelque chose qui fit que son père fronça d'abord les sourcils avant de se pincer les lèvres pour retenir un sourire.

— Est-ce je rêve ou je me suis encore fais évincer ? boudai-je.

— Ne dis pas n'importe quoi, sourit Lucius en passant sa main dans mon dos. Il y a des choses pour lesquelles tu es plus doué que d'autres, c'est tout.

Je fronçais les sourcils à mon tour, et dis, tout en me levant :

— Soit vous me dites ce qui ne va pas, soit pas de vol aujourd'hui !

— Non ! dit Bairim en se levant et en croisant ses petits bras sur son torse. T'es méchant, je voulais pas te rendre triste et toi t'es pas gentil ! Je veux voler !

— Et moi, je veux savoir, fis-je en prenant la même posture.

Lucius nous regarda tour à tour puis explosa de rire.

— Quoi ?

— Vous êtes juste..., parvint-il à articuler après s'être repris. Les mêmes. La même bouille, les mêmes manières, le même regard. Tout pareil.

Je souris, attendri, mais lançai ensuite un regard noir avant de sortir de la pièce. Bairim vint bientôt à ma poursuite et me demanda :

— Mais je peux aller voler pas vrai ?!

— Je verrais bien, répondis-je en entrant dans la salle à manger, vide.

— Non ! T'as dit que j'allais voler aujourd'hui ! Si tu fais pas, alors t'es un menteur. Mais t'en es pas un, pas vrai Papa ?!

— Non. Donc, nous irons voler, mais je ne sais pas quand. Sinon, tu veux manger quoi mon chéri ?

— Après avoir mangé le matin ?

— Non, plus dans l'après-midi.

— Et si je suis très sage ?

— Et si tu me disais ce que tu me caches ?

— Je cache rien, dit-il en me montrant ses deux mains vides et en tournant sur lui-même.

— Qu'as-tu dit à Pada ? demandai-je.

— J'aime pas faire les leçons avec toi.

— Pourquoi ? fis-je curieux.

— C'est plus mieux 'vec Draco... ou Pada. Mais suis sûr c'est super de voler avec toi.

— Qu'est-ce que je fais de mal ?

Je ne voulais pas que mon fils me pense incapable de donner une leçon.

— Tu veux toujours tout refaire et me faire répéter tout plein de fois.

— Eh bien, c'est comme ça qu'on m'a appris, expliquai-je. Comment font les autres ?

— Un petit peu de leçons et un petit peu de jeu. Et si je connais, je répète plus.

— Si tu veux, je peux essayer.

— D'accord.

— Alors, je te fais quoi ? demandai-je en ouvrant les placards.

— Tartines et chocolat s'il te plait.

— Okay. Va t'installer, j'arrive, souris-je.

Je me penchai néanmoins et ajoutai :

— Fais-moi un bisou avant.

Il me fit un énorme bisou sur la joue qui claqua puis partit s'installer.

Je réfléchis au fait qu'il n'aimait pas ma manière de lui faire ses leçons, puis souris, tout en préparant son petit-déjeuner. Lucius entra dans la cuisine, et vint m'embrasser.

— Je suis un piètre professeur, si j'écoute Bairim.

— On ne peut pas être parfait en tout.

— J'ai jamais eu de soucis avec cette méthode, c'est la vôtre qui est mauvaise, grognai-je de mauvaise fois.

Et le pire, c'était que je le savais mais ne pouvais pas m'empêcher de râler.

— A combien de personnes as-tu enseigné ? sourit-il.

— Personne, mais et vous ? Hein ? Draco, à qui a-t-il enseigné avant Bairim ? Hum.

— Il a eu d'excellents professeurs, c'est pour ça.

— Tu insinues quoi là ?!

— Rien, que veux-tu que j'insinue ?

— Que j'ai eu de moins bon professeurs ! Pourquoi tu fais toujours ça ? sifflai-je en croisant les bras et en m'appuyant contre le meuble.

— Pourquoi je fais quoi ?

— Diminuer presque à chaque fois la manière dont j'ai été élevé.

— Attends, quand est-ce que j'ai fait ça ?

— Souvent, avouai-je en me frottant le visage.

— Et bien je m'en excuse, parce que je ne m'en étais pas rendu compte. Et oui parfois je le fais mais c'est pour plaisanter, je pensais que tu le savais.

— Ce n'est pas le cas. Ma famille était moins riche que la tienne mais cela ne signifie pas que j'ai été moins bien éduqué.

— Je ne dis pas que tu es mal élevé, mais nous n'avons pas reçu la même éducation, c'est certain.

— Oh ça oui, affirmai-je en sortant, emportant par la même occasion le plateau.

Je le posai devant Bairim qui sourit et commença à manger.

— Comment ça, « Oh ça oui » ? me demanda Lucius après nous avoir rejoints.

— Nous n'avons pas eu la même éducation. Rien de plus.

— Non, qu'est-ce que tu insinues par là exactement ?

— Mais rien, soufflai-je en buvant un peu de chocolat.

— C'est ça. Tu ne veux pas me parler, libre à toi. Bonne journée, dit-il avant de partir.

Je le suivis, non sans embrasser Bairim, et le retint.

— Tu veux la vérité ? Dès que ça touche à l'éducation de notre fils, je n'ai limite rien à dire, tu décides tout avec Draco, sans même me demander mon avis. En mettant en avant que tu souhaites le meilleur, comme toi. Ce qui sous-entend l'inverse pour moi. Et ça dure depuis plus d'un an ! Et là, j'en ai juste marre parce que mon propre fils vient me le lancer à la gueule.

J'avais explosé, mais en même temps, je retenais ça depuis trop longtemps.

— Je n'ai jamais rien dit à Bairim ! répliqua-t-il. Je n'ai pas critiqué ta façon de faire, jamais, et encore moins devant lui ! Je n'ai pas non plus dit que tu t'y prenais mal. Tu veux bien faire et j'admire ça, ce n'est pas ma faute si Bairim préfère que ce soit plus détendu. Et je veux que mon fils ait une certaine éducation oui, excuse-moi du peu.

— Tu vois ? criai-je. Tu recommences. « Une certaine éducation » ! Mais bordel, si vous ne lui aviez pas donné l'habitude de jouer dans ses leçons, il n'y verrait aucun souci. A Poudlard, on ne joue pas entre les cours. C'est mal le préparer !

— Donc je m'y prends mal ! Très bien, bon à savoir, surtout après trois ans ! Et il a cinq ans Charlie, mais si tu préfères, je peux dire à Draco qu'on modifie les horaires et à partir de la semaine prochaine il commencera à huit heures, finira à cinq et aura droit à une pause d'une heure le midi et une de quinze minutes le matin, une l'après-midi, et puis c'est réglé !

— Pourquoi tu pars dans les extrêmes ? Et je ne dis pas que tu l'éduques mal, mais tu aurais pu me demander mon avis sur ce système. Je t'aurais répondu qu'il ne fallait pas en faire une habitude.

— Donc ton avis compte plus que le mien. Je ne sais même pas pourquoi je suis surpris, ce n'est pas comme si c'était nouveau.

— Oh bordel tu me fais chier, fis-je plus que fatigué.

Je lui tournai le dos et repartis dans la salle à manger. Je pris place à table et souris à Bairim, qui avait du chocolat partout. Je ne voulais pas qu'il voit que je voulais juste partir me défouler quelque part, parce que son père déformait chacune de mes paroles. Lucius entra dans la salle à manger et se posta à côté de moi tout en restant debout. Je ne dis rien pendant une petite minute, avant de lever le visage vers lui.

— Oh, tu te souviens que j'existe ? Comme c'est gentil de ta part !

— Lucius, nous ne sommes pas seuls, le prévins-je gentiment.

— C'est un choix que tu as fait, je te prierai donc de l'assumer. Parce que je ne sais pas si tu te souviens mais nous étions en train de discuter, jusqu'à ce que tu te barres, une fois de plus ! Ou que tu me fuis, au choix.

— Oui, parce que je n'ai pas envie de continuer à me disputer avec toi. Je pensais avoir été clair en partant.

— Cela vient de devenir limpide, ne t'en fais pas. Mais pour information, je ne vais plus discuter avec toi tant que cette conversation ne sera pas terminée. Même si je présume que puisque pour une fois je n'irais pas te voir pour te pardonner ou me faire pardonner ou Merlin sait quoi, on ne se reverra probablement pas avant Noël. Je te souhaite donc une bonne fin d'année.

Il fit le tour et embrassa Bairim tout en lui souhaitant de passer une bonne journée puis repartit sans un regard en arrière. Il avait raison, c'était majoritairement lui qui faisait toujours le premier pas, tout le temps même. Je soufflai et regardai Bairim.

— Quand tu as fini de manger, tu iras jouer dans le salon, okay ?

— Pada est pas content.

— Je sais, mais Papa non plus. Tu iras jouer, compris ?

— Et on ira voler après ? demanda-t-il d'une petite voix.

— Oui, on ira voler, cédai-je désirant me changer les idées.

Il m'adressa un immense sourire puis vint me faire un bisou avant de finir sa tartine et de partir au salon. Je sortis donc et me mis en quête de trouver Lucius. Quand le tour de la maison fut fait, et ne le trouvant pas, je choisis de chercher à l'extérieur. Je le vis assis plus loin, sur un rocher. Je le rejoignis et dis avant tout :

— Je suis là, je sais aussi faire les premiers pas, même si je n'ai vraiment pas envie de me disputer.

— Parce qu'il est vrai que me disputer avec toi me fait tellement plaisir. Tu sais ce qui m'embête le plus dans cette histoire ? reprit-il calmement. A part que tu refuses toujours autant de me parler, c'est que le seul moyen pour que l'on ne se dispute pas, c'est que je ne dise pas ce que je pense ou mieux, que je n'ouvre pas la bouche.

— Ce n'est pas ça. C'est ta manière de le dire ou comment tu le dis. Tu as déformés mes paroles plus tôt, et je n'aime pas ça.

— En quoi ai-je déformé tes paroles ?

— Je n'ai pas dit que mon avis comptait plus que le tien. J'ai proposé un compromis, alors que toi tu m'as mis de côtés pour l'éducation.

— Parce que je veux avoir voix au chapitre, c'est tout.

— En me plaçant de côté, alors que moi, j'aurais voulu qu'on allie nos deux méthodes. Seulement, il est trop tard.

— Ça fait trois ans qu'on fonctionne ainsi, qu'est-ce qui fait que tu décides aujourd'hui que ça ne va pas ? Surtout que je ne sais pas si tu as remarqué, mais pour un enfant de même pas cinq ans, Bairim en sait déjà beaucoup sur beaucoup de choses.

— Qui te dit que si je lui avais appris comme pour moi, il n'en serait pas autant ? C'est quoi encore ce sous entendu ? Et si tu ne viens pas de remarquer, Bairim m'a clairement fait comprendre qu'il n'aime pas quand je lui donne ses leçons !

— Bon sang Charlie il n'y a aucun sous-entendu. Tu me disais que je déformais tes paroles, mais tu n'es clairement pas mieux ! C'est quoi le problème ? Je suis un Malfoy alors ce que je dis est forcément pour te blesser et te rabaisser ?

— Pardon ? Je déforme tes paroles ? demandai-je calmement.

— A chaque fois que j'ouvre la bouche, tu me sors qu'il y a forcément un sous-entendu. J'ai dit que ma technique fonctionnait visiblement et que je ne voyais du coup pas ce que tu lui reprochais. Quel sous-entendu y-a-t-il dans cette phrase ? Tu sais quoi, je me disais que c'était encore ces histoires de je suis un Malfoy ou même un ancien Mangemort mais en fait, je pense que tu es réellement passé au-dessus de ça. Ce qui fait que le problème, c'est visiblement moi, la personne que je suis, et juste ça.

— Non, affirmai-je immédiatement en le prenant dans mes bras. Je pense que la vérité est que j'ai été blessé d'apprendre que mon propre fils n'aime pas comment je lui donne ses leçons, tout ça parce que je ne joue pas autant avec lui.

— Ni Draco ni moi ne passons notre temps à jouer avec lui pendant les leçons. Seulement, nous savons tous les deux combien c'est fatiguant d'enchainer les leçons et les heures de travail alors on essaie de rendre ça agréable pour lui. Pour être certain qu'à Poudlard il apprécie d'apprendre. Maintenant, si tu penses que la méthode n'est pas la bonne et que tu veux qu'on change notre façon de faire, très bien, tu pourras voir ça avec Draco.

Je secouai la tête, ne voulant pas perturber Bairim dans son apprentissage.

— Alors quoi Charlie ? Pourquoi exactement s'est-on disputé puisque cela ne change, une fois de plus, rien du tout ?

— J'sais pas. J'avais besoin de le dire je suppose.

— Et nous ne pouvions pas simplement en discuter ?

— Dois-je réellement répondre à ça ? demandai-je en me reculant un peu.

— J'apprécierais oui. Je ne t'oblige à rien cependant.

— Je m'énerve vite, je pense que depuis le temps tu as dû t'en rendre compte, et quand je me sens blessé, c'est pire. Donc... ceci entrainant cela, je pense que cela était impossible dans cette situation.

— Tu t'énerves vite, mais tu me reproches l'éducation de notre fils qui dure depuis maintenant trois ans.

— Je te reproche de ne pas m'avoir demandé mon avis pour les décisions. Nuance.

— Tu aurais préféré que je te demande ton avis et n'en prenne pas compte ?

— Donc, tu admets que tu n'en aurais pas pris compte ? fis-je abasourdi.

— Bien sûr que j'en aurais pris compte, ce qui aurait fait qu'on aurait fait comme tu voulais.

— Justement, tu ne connais pas les compromis. Je ne veux pas de ça non plus, que tu fasses toujours comme moi j'en ai envie. Tu dois arrêter, mais aussi apprendre à faire des compromis.

— Je t'en prie Charlie, je sais faire des compromis. Pour les choses importantes, tu me demandes mon avis et ensuite tu me dis gentiment que tu m'as entendu mais que tu préfères ne pas en tenir compte.

— Je ne te l'ai dit qu'une fois Lucius, une seule fois et il y a plus d'un an, même un an et demi je dirais.

— Tu ne me l'as dit clairement qu'une fois, c'est vrai, mais ce n'était pas la première fois que tu agissais de cette manière, ni la dernière. En fait c'est simple, à chaque fois qu'il s'agit des Dragons tu fais comme si tu m'écoutais et finalement, tu décides de faire autrement. Bairim était censé commencer à voler à cinq ans, et pourtant c'est ce que vous allez faire cet après-midi. On avait dit huit ans pour les Dragons mais je suis à peu près certain qu'à six ou sept grands maximums il ira faire des promenades à dos d'Émeraude avec toi. En règle générale, que tu décides ce qui les concerne ne me gène pas plus que ça, sauf que maintenant, si ça les concerne eux, ça concerne également Bairim.

Lucius se passa les mains sur le visage et soupira :

— Oublie, parlons d'autre chose ou... je vais devoir aller travailler de toute façon. Merci d'avoir fait le premier pas.

— Non attend ! Pour le vol, je ne sais pas si tu te souviens, mais c'est parti d'une mauvaise compréhension et ensuite, c'était juste trop dur de revenir en arrière. Et j'avoue, je plaide coupable pour les Dragons mais...

Je me stoppai moi-même avant de dire ce que je m'étais justement apprêté à dire. Bordel, qu'est-ce qui me prenait ?

— Mais ?

— Non, laisse tomber. Et de rien pour le premier pas, je tâcherais de le faire plus souvent.

Je m'approchai pour l'embrasser, mais il recula.

— Je pensais que c'était terminé, murmurai-je.

— Qu'est-ce que tu pensais qui était terminé ?

— Notre dispute, répondis-je. Mais manifestement, tu te recules quand je veux t'embrasser.

— Je me suis reculé parce que tu ne veux pas finir ta phrase. Mais quoi Charlie ?

— Oh... Écoute, je ne veux pas te blesser, ni te mentir. Donc, je préfère ne pas y répondre.

— D'accord, donc maintenant, je veux définitivement savoir. On est mariés tu te souviens ? Mais quoi ?

— Embrasse-moi avant, soufflai-je.

Parce que je savais qu'il n'allait pas aimer du tout ma réponse.

— Tu ne me rassures pas là Charlie.

— S'il te plait. Je te promets de répondre, mais embrasse-moi.

Je fis un pas en avant et tendis le bras pour caresser sa joue. Il me laissa faire et chuchota ensuite :

— D'accord.

Je n'attendis pas et l'embrassai, pénétrant sa bouche et caressant sa langue. Le baiser dura plusieurs minutes, puis je glissai mes lèvres dans son cou et murmurai au creux de son oreille, d'une voix résignée :

— Mais ils étaient dans ma vie avant toi.

Je fermai les yeux, attendant sa réaction qui n'allait pas tarder à se faire sentir.

— Donc..., dit-il d'une voix extrêmement calme. Tu es en train de me dire que pour toi, ils sont plus importants que moi. Je veux juste être certain qu'il n'y ait aucun malentendu entre nous.

— Non, ils ne sont pas plus importants que toi. C'est juste que pour ce qui les concerne, sans que ça ait d'incidence sur toi, je préfère suivre mes envies que d'écouter les tiennes. Je ne sais pas si je suis clair.

— Ce qui les concerne, concerne Bairim.

— Pas maintenant. Plus tard, oui, je le sais, mais là, il n'est pas encore prêt à entrer dans la réserve. Et je tiens vraiment à t'écouter cette fois et ne plus faire de bourde.

— Pas maintenant. Hm. Donc je ne peux pas choisir seul comment notre fils apprend ses leçons mais plus tard, quand il passera les trois quart de sa journée dans la réserve, je n'aurais pas mon mot à dire puisque les Dragons seront en cause.

— Non. Ce ne sera pas comme ça qu'iront les choses. Mais d'ici là, je préfère ne pas me restreindre.

— Ce qui veut dire ?

— Que justement, un jour viendras où je devrais prendre ton avis en compte et d'ici là, je tiens à profiter de cette indépendance. Je sais que c'est égoïste, mais c'est ma passion et... et parfois, même souvent, nous ne sommes pas du même avis.

— Donc tu préfères suivre tes envies qu'écouter les miennes.

— En ce qui concerne les Dragons, jusqu'à ce que cela ait une incidence sur Bairim et toi. Oui.

— Ça a déjà une influence sur Bairim, Charlie ! Ils ont une influence sur lui depuis qu'il est né ! Mais soit, garde tes illusions si cela te fait plaisir. Néanmoins, pour le bien de notre mariage et de mes propres illusions, je pense qu'il serait préférable que tu réfléchisses avant de formuler tes phrases. N'oublie pas de lui prendre une veste et un bonnet. Amusez-vous bien.

— Désolé. Vraiment... c'est toi qui as insisté pour connaître la suite. S'il te plait, ne soit pas fâché ni déçu, ni triste.

— Tu n'as pas à t'excuser, au moins je sais où est ma place maintenant. Et je ne suis pas fâché, ni déçu.

Il embrassa ma tempe et murmura en s'éloignant :

— J'ai du travail. Bonne journée.

— Attends, fis-je en le rattrapant.

Je l'embrassai plus langoureusement, et fus heureux qu'il y réponde.

— Je vais faire voler Bairim maintenant, donc... tu auras deux trois choses à me demander.

— D'accord, je suis certain qu'il sera ravi.

Il commença à partir et je ne pus m'empêcher de le retenir une fois de plus.

— Charlie, je suis encore en train de purger ma peine, je suis déjà en retard.

— Je sais, mais je me sens comme une merde maintenant. Alors je vais te faire une promesse.

Je mis un genou à terre et continuai ensuite :

— A partir de maintenant, je te demanderais ton avis et le prendrais en compte en ce qui concerne les Dragons.

Il esquissa un sourire et me releva.

— Charlie, tu n'as pas à te sentir mal, vraiment. C'est ainsi que tu vois et ressens les choses, je comprends. Il va peut-être me falloir un moment pour l'intégrer et m'y faire, mais je survivrai. Seulement, ne fais pas de promesses que tu ne tiendras pas, veux-tu ?

Il posa ses lèvres sur les miennes puis ajouta :

— Ça ne change rien au fait que je t'aime. Va faire voler Bairim maintenant, il n'attend que ça depuis son réveil.

— Je te prouverai que je sais tenir mes promesses, soufflai-je avant de partir rejoindre Bairim.

Une fois dans le salon, je fus surpris de trouver Bairim assis sur le fauteuil, l'air d'attendre.

— Alors, il parait que je dois apprendre le vol à un petit garçon. Sais-tu qui s'est ?

— Maintenant ? Pour de vrai ?

— Et comment !

Je partis chercher son balai, que j'avais caché pour plus de sécurité, même s'il était enchanté pour ne répondre qu'à ma baguette ou celle de Lucius et qu'il était truffé de sort en tout genre pour sa sécurité. Ce balai coûtait plus chers que les autres alors qu'il n'allait pas servir longtemps. Je revins dans le salon, mais Bairim n'y était plus. Je souris et sortis.

— Pressé ! ris-je en lui tendant le petit balai acheté exprès pour le vol des enfants en bas âge.

Ils ne volaient pas plus haut qu'à un mètre du sol et cela aidait pas mal à cet âge, même si j'allais le tenir dans les débuts.

— Place-le entre tes jambes, tout en restant debout, comme tu m'as déjà vu le faire.

Il prit un air concentré et fit exactement ce que je lui avais demandé.

— Maintenant, je vais le tenir, enclencher le mode vol et tu vas délicatement placer tes pieds sur les emplacements, okay ?

— 'Kay.

Je pris le balai en main et lançai ensuite le sortilège qui enclenchait le mode vol. Bairim rit et fit ce que je lui avais demandé.

— Maintenant, penche toi un peu en avant pour avancer, soufflai-je concentré à le tenir.

Il avança et nous fîmes quelques mètres.

— Essaye de tourner.

Il le fit, avec un peu plus de difficulté.

— Ça va ? m'enquis-je après quelques minutes à faire de grand cercle dehors.

— Ouiii ! dit-il avec un grand sourire.

Je souris et lui caressai les cheveux. Nous continuâmes comme ça une bonne demi-heure, avant que je ne dise :

— Allez, ça suffit pour aujourd'hui. Ce sera Pada qui t'apprendra la prochaine fois.

Je stoppai et dis ensuite :

— Pose les pieds au sol mon chéri.

Il le fit et descendit du balai avant de se jeter dans mes bras tout en me remerciant.

— C'est quand la prochaine fois ? me demanda-t-il ensuite.

— Je ne sais pas, tu devras demander à Pada. Mais ravi que tu ais aimé !

— Oui oui oui ! Je peux aller demander maintenant ?

— Non, tu ne peux pas. Soit un peu patient, ajoutai-je. Tu ne voleras plus aujourd'hui.

— Demain ?

Je secouai la tête et rentrai à la maison.

POV Lucius

Je finis de remplir les dossiers des gardiens puis jetai un œil à l'horloge accrochée au mur. Bairim était en leçon avec Draco, et Charlie dans la réserve pendant encore au moins deux heures, ce qui me laissait le temps de travailler dans le calme, ou du moins d'essayer. Un mois était passé depuis que Charlie m'avait expliqué comment il voyait les choses et j'avais vraiment essayé de passer à autre chose, je devais même avouer que j'y pensais moins souvent et que quand je le faisais, cela était moins douloureux, mais quand même.

Nous étions mariés et j'étais le second père de son fils, j'avais donc pensé être la deuxième personne ou entité la plus importante pour lui. Mais peut-être avais-je eu tort. Je ne doutais pas de lui, dans le sens où je savais qu'il m'aimait et je l'aimais également en retour, vraiment beaucoup. Il était la personne la plus importante pour moi, ex aequo avec Draco et Bairim. J'étais certain que si je lui expliquais les choses ainsi il me traiterait de tricheur et je laissai un sourire étirer mes lèvres à cette pensée. Dans ce cas, disons donc qu'il était la deuxième personne la plus importante pour moi mais si je devais choisir entre lui et Draco ou lui et Bairim, certes j'allais probablement choisir mes fils mais le choix serait loin d'être simple. Que mon mari se retrouve dans cette situation problématique s'il devait choisir entre moi et notre fils, je pouvais parfaitement le comprendre. J'avais juste un peu plus de mal avec le fait qu'il serait probablement tout autant embêté s'il devait choisir entre moi et les Dragons.

Il les connaissait depuis plus longtemps, c'était certain, et ils étaient sa passion, chose que je comprenais parfaitement. Mais je savais qu'il était préférable que je ne me demande pas qui il choisirait s'il devait réellement choisir entre moi et les Dragons.

Et c'était là que se situait mon problème.

J'avais probablement un trop grand égo mais l'idée de passer après ces immenses bêtes cracheuses de feu m'embêtait un peu.

Je secouai la tête et me remis au travail en réalisant que j'avais rêvassé un moment. Je passai mes pouces sur ma bague de fiançailles et sur mon alliance et cela me rassura quelque peu. Après tout, c'était moi qu'il avait épousé, pas les Dragons, n'est-ce pas ? Pas littéralement du moins. En réalité, je supposais que je devais cesser de me poser moi-même des problèmes.

J'étais père de deux magnifiques garçons, marié à un homme merveilleux, la plupart du temps du moins, et j'allais être enfin libéré et libre de mes mouvements dans deux petites semaines. Charlie m'avait demandé où j'aurais aimé aller en premier lieu mais je devais avouer que je ne savais pas exactement. Je voulais rendre visite à Draco et visiter leur appartement ainsi que le magasin mais j'aurais également voulu aller visiter la tombe de Narcissa, et probablement celle de Snape. Elle était morte et j'avais immédiatement été envoyé à Azkaban ce qui faisait que je n'avais jamais pu me recueillir sur sa tombe. Sauf que je craignais que Charlie le prenne mal ou ne se sente menacé.

Même s'il n'y avait aucune raison pour cela. Narcissa avait été mon amie et la mère de Draco et elle était morte à cause de moi, au moins en partie. Cependant, rendre visite à mon fils serait sans doute plus approprié pour une première sortie. Peut-être pourrions-nous en profiter pour faire un tour en ville tous les trois.

Je terminai ce que j'avais à faire et fus satisfait de constater que j'étais à peu près à jour dans les dossiers. Je rangeai donc le bureau et partis en cuisine. Je passai devant le salon et écoutai discrètement ce qui s'y passait puis, rassuré en entendant Draco expliquer quelque chose calmement, je continuai mon chemin. Je me fis un thé puis vérifiai les différents placards et en sortis différents ingrédients afin de débuter la préparation des gâteaux pour le magasin de Draco et Harry. J'en profitai pour essayer une nouvelle recette et fus plutôt satisfait du résultat ce qui fit que j'en refis une tournée pour la réserve. Je mis les gâteaux pour mon fils en boite puis préparai un marbré au chocolat pour Bairim qui n'avait toujours que cet ingrédient à la bouche, même si j'essayais de varier une fois de temps en temps. Je préparai ensuite un clafoutis à la framboise en espérant que cela ferait plaisir à Charlie.

Une fois ce dernier sorti du four, je jetai un œil à l'heure et retins un soupir. J'avais encore quelques dizaines de minutes à tuer et aucune envie de lire, tourner en rond, ou aller déranger Bairim et Draco. Surtout que mon premier fils devenait un vrai dragon si qui que ce soit osait interrompre une leçon. Je repensai à Geoffroy et décidai de lui faire une boite de ses gâteaux préférés. Après tout, il avait accepté de réduire quelque peu mes heures en réserve quand je le lui avais demandé. J'aimais bien les Dragons, vraiment, du moins jusqu'à ce que je me souvienne à quel point je les détestais depuis qu'ils étaient une part presque intégrale de notre vie.

Bairim parlait d'eux de plus en plus, tout comme de ce qu'ils lui disaient, et du coup Charlie lui en parlait de plus en plus souvent également. Et dans ces moments-là, ils avaient tous les deux les yeux pétillants de bonheur et je me sentais de trop. Comme je l'avais dit à Charlie, nous ne pouvions pas être parfaits dans tous les domaines en tant que parents mais les Dragons allaient être une partie importante de la vie de mon fils et cela m'embêtait d'être incapable de partager ça avec lui. Ajouter à cela le fait que Bairim posait également de plus en plus de questions à propos de mon incapacité à sortir en ville avec eux et sur ma marque que je me débrouillais pour cacher. Je ne voyais pas comment lui expliquer les choses pour l'instant sans qu'il ne prenne peur.

Il allait probablement avoir peur et honte de moi, peu importe quand je le lui disais, mais je voulais attendre encore quelques années afin qu'il soit en âge de comprendre plus concrètement ce qu'elle signifiait et pourquoi Draco l'avait également. Je mis les gâteaux à la noix de coco et relevai la tête en entendant la porte de la cuisine s'ouvrir.

— Hum, ça sent bon, fit Moliva.

— Sers-toi, évite juste le clafoutis s'il te plait.

Quand il en était question, Charlie était plutôt vorace et le gâteau serait probablement fini avant le soir même sans que personne d'autre n'y ait touché.

— Tu n'étais pas de garde avec Charlie ? lui demandai-je ensuite.

— Non, j'étais partie en ville.

— Ah.

— Pourquoi ?

— Je croyais. Peu importe.

— Okay.

Elle prit un gâteau et sortit de la cuisine. Je sortis les gâteaux pour Geoffroy du four puis découpai deux parts de gâteaux au chocolat que je mis dans une assiette. Je pris deux verres de lait ainsi que les assiettes puis je partis au salon où, comme je m'en étais douté, la leçon était terminée.

— Le goûter de ces Messieurs est avancé, dis-je en posant le tout sur la table avant de m'asseoir sur le canapé à côté de Draco. Tout s'est bien passé ? demandai-je ensuite à ce dernier.

— Oui, comme d'habitude. Il apprend vite et aime apprendre de nouvelles choses.

— Tant mieux. J'ai fini les gâteaux pour le magasin. J'en ai mis de nouveaux, tu me diras ce que tu en penses, et vos clients aussi.

Bairim lâcha ses cubes et vint s'installer au sol pour manger sa part et boire son lait.

— L'est très bon Pada, fit-il quelques minutes plus tard, une moustache de lait en prime.

— Ravi que tu aimes, souris-je en lui tendant une serviette pour qu'il s'essuie.

— Merci.

— De rien. Fais quelque chose de calme le temps de digérer d'accord ? Ensuite on ira voler un peu.

— Oui !

Il se leva et vint m'embrasser avant de retourner jouer avec ses cubes qu'il aimait beaucoup.

— Ça fait un moment qu'on n'a pas vu Harry, fis-je ensuite remarquer à Draco.

— Oui, il est très occupé, vu que je passe beaucoup de temps pour donner cours à Bairim.

— Si ça pose problème, n'hésite pas à nous le dire. Surtout qu'il est vrai que nous sommes fin juillet maintenant alors si c'est comme les autres années...

— Non ça va.

— Sûr ? Tu n'es pas très bavard aujourd'hui.

Ou peut-être était-ce moi qui l'étais trop. Je devais avouer que je ne savais plus exactement quel était le débit de paroles adéquat. Charlie hurlerait probablement une nouvelle fois s'il m'entendait penser cela mais vivre ici avait quand même supprimé une partie de mon éducation ou même des bonnes manières que j'avais pourtant dû apprendre par cœur étant enfant.

— Non, je t'assure que ça va !

— D'accord, je n'insiste pas dans ce cas.

Après tout, il n'était pas obligé de me parler de tout et puis, peut-être était-ce moi qui me faisais des idées. Il garda le silence pendant encore plusieurs minutes et je me retins pour ma part d'ajouter quoi que ce soit. Bairim me demanda à ce que l'on aille voler et je me levai. Draco en profita pour nous saluer et repartir. D'habitude, il avait toujours quelque chose à me raconter ou une question à me poser mais là, rien. Je me dis qu'il finirait bien par me parler si quelque chose clochait et suivis Bairim dehors après avoir été récupérer son balai. Il grimpa dessus rapidement et décolla à un mètre du sol puis tourna autour de moi doucement.

— Je peux aller plus haut si teu plait ? me demanda-t-il après un moment.

J'hésitai mais acquiesçai finalement et débloquai le balai afin qu'il puisse monter jusqu'à hauteur de mes yeux. J'avais mon propre balai à mes côtés en cas de problèmes et je devais avouer qu'il s'en sortait de toute façon très bien.

— Ça te va comme ça ?

— Oui, mais encore plus haut, pour toucher les nuages.

— T'as raison, ris-je doucement. Quand tu seras plus grand mon cœur, mais pas tout de suite. Maintenant, je veux que tu tournes autour de moi comme tout à l'heure et ensuite, tu reviens te placer en face de moi et tu redescends tout seul à la hauteur de tout à l'heure. Tu penses pouvoir faire ça ?

— Oui, Pada.

Il fit ce que je lui demandais et même s'il dut s'y reprendre à deux fois, il réussit finalement à redescendre et remonter tout seul.

— Regarde Papa ce que je sais faire ! dit-il soudainement en souriant à ce que je supposais être Charlie quelque part derrière moi.

— Oui, tu te débrouilles très bien mon chéri. Pada a-t-il été sage sans moi ? le questionna-t-il en venant m'enlacer tout en riant légèrement.

— Oui ! répondit Bairim en redescendant quelque peu. Il a fait un gâteau au chocolat.

— Tu vas me faire grossir à force. Déjà que j'ai pris quelques kilo depuis plusieurs mois. Tu vas finir par me quitter.

— Il ne tient qu'à toi de faire plus d'exercices, répliquai-je en me laissant aller contre lui et en gardant un œil attentif sur Bairim.

— Entre toi et la réserve, je n'ai plus le temps. Avant ta venue, je faisais parfois quelques abdos.

— Ah oui ? Ça doit être un spectacle intéressant.

— De quoi ?

— Te voir faire rouler tous ces muscles, ruisselant de sueur.

— Arrête, tu me mets d'autres images en tête là. Comme te voir rouler des hanches sur moi, gémissant ton plaisir.

Il colla son bassin contre mes fesses. Je claquai ma langue contre mon palais et me mordis la lèvre pour réprimer toute réaction indésirable de mon corps.

— Charlie... Bairim est là. Et tu m'allumes encore.

Et toujours.

— J'aime t'allumer et il est plus focalisé sur son vol. Regarde comme il se débrouille bien et son sourire. Merlin, il est magnifique notre fils !

— C'est son côté Malfoy qui ressort.

— Mouais, je vais te laisser dire même si c'est flagrant qu'il me ressemble fortement à ce moment précis.

— Il est certain que je n'ai pas cet air comblé en étant sur un balai. Cela ne me dérange pas qu'il prenne ta passion du vol, ni même celle des Dragons mais vraiment, j'espère qu'il ne prendra pas tes goûts en matière de lectures, souris-je en réponse.

— J'aime lire ton corps, ses courbes, tes muscles, tes frissons. Mes marques sur ta peau, souffla-t-il soudainement au creux de mon cou. Bordel, je te veux et je sais que je vais devoir attendre.

— Charlie..., soupirai-je en me sentant un peu à l'étroit dans mon pantalon. Je vais vraiment devoir te faire comprendre que tu ne peux pas m'allumer comme ça.

— C'est-à-dire ? N'as-tu pas envie de moi ?

— Si, et c'est bien le problème puisque comme tu l'as dit, je ne peux pas juste t'arracher tes vêtements et te prendre ici et maintenant.

— Mais le fait de te l'entendre dire est déjà bon en soi.

— Bon dans quel sens ?

— Moi, j'aime quand tu m'allumes, mais tu le fais si peu souvent.

Je me tournai vers lui et l'observai attentivement quelques secondes avant de dire :

— Tu te souviens ces deux ou trois petites choses que j'ai gagnées parce que tu as cédé pour que Bairim vole ?

Et il avait cédé parce qu'il m'avait gentiment fait comprendre que les Dragons étaient plus importants pour lui que moi. Je me sentis me rembrunir et posai immédiatement mes lèvres au coin des siennes afin de me recomposer un visage avenant et serein.

— Oui, fit-il hésitant.

— Puisque je ne me suis pour l'instant servi d'aucune, je vais en profiter aujourd'hui.

— Tu n'es pas obligé, tenta-t-il. Vaut mieux les garder pour plus tard.

— Que penses-tu que je vais te demander ? demandai-je en haussant un sourcil.

— De ne plus t'allumer, souffla-t-il l'air boudeur.

— Je n'y avais pensé, ça pourrait être une idée en effet.

Il tira mon visage vers le sien et m'embrassa passionnément. Je répondis au baiser avec plaisir et plaquai mes mains sur ses fesses, regrettant juste la présence du pantalon entre elles et mes doigts. Le baiser dura un moment, puis, Charlie se sépara de moi, tout en posant son front contre le mien.

— Je t'écoute.

— Quinze minutes d'abdominaux tous les jours, mais seulement en ma présence.

— D'accord. Cela peut être intéressant.

— Je n'en doute pas.

— Bon, je vous laisse. Je vais manger un bout et boire un coup.

— D'accord.

Il partit et je dis à Bairim qu'il pouvait encore en profiter une dizaine de minutes avant qu'on ne rentre. Il râla un peu mais profita des dernières minutes, un grand sourire aux lèvres.

OoOoOoOoO

Comme depuis trois jours, Charlie avait fait quinze minutes d'abdos qui avaient fini en moi le jetant sur le lit pour le prendre. Non seulement le voir faire cela était déjà assez excitant en soi mais en plus, il en rajoutait et se débrouillait pour m'allumer. Pas que je m'en plaignais particulièrement, je devais l'avouer. J'embrassai son épaule et avisai le jour qui se levait à travers la fenêtre.

— Je peux encore exiger de toi deux choses si je me souviens bien, n'est-ce pas ?

Je n'étais pas certain de vraiment vouloir avoir cette conversation avec lui, encore moins maintenant, mais ça me taraudait de plus en plus. Concrètement, cela ne changerait probablement rien de toute façon mais au moins je serais fixé.

— Oui.

— Je voudrais donc que tu répondes à ma question en toute sincérité et sans hésitation, s'il te plait.

— D'accord. Même si je dois avouer avoir peur là, de ta question.

— Tu n'as pas à avoir peur, je veux juste que tu sois honnête.

— Et je le serais, je te le promets.

— Si pour une raison ou une autre, tu te retrouvais à devoir choisir entre les Dragons et moi, que ferais-tu ?

— Toi, répondit-il immédiatement.

— D'accord, soufflai-je, pas aussi soulagé de l'entendre que je l'aurais pensé.

— Pourquoi m'as-tu demandé ça ? Enfin, je pensais que c'était clair. Quand tu as été envoyé à Azkaban, je n'ai pas hésité une seule seconde à quitter le camp pendant des mois pour toi, juste pour toi.

— C'est différent Charlie. Si quand ma peine est terminée je décidais qu'on parte ailleurs, loin des Dragons, que dirais-tu ?

— J'essaierais de te faire changer d'avis, je ne vais pas te mentir. Mais si tu restes sur ta décision, je te suivrais. Parce que je t'aime, que nous sommes mariés et que je ne pourrais pas vivre sans toi ou Bairim.

Dire que j'étais surpris était un doux euphémisme.

— Je ne comprends pas, dis-je alors.

— Qu'est-ce que tu ne comprends ?

— Toi, avouai-je honnêtement. Et ce que tu m'as dit la dernière fois.

— Explique-moi, je dis tellement de chose.

— Que les Dragons sont dans ta vie depuis plus longtemps que moi et que tu préfères suivre tes envies qu'écouter les miennes.

Je me souvenais parfaitement de ces mots parce que je ne les avais pas du tout appréciés. Il me parlait de compromis pour trois malheureuses leçons par semaine mais il ne voulait de toute façon pas écouter ce que moi, j'avais à dire ou pouvais penser. Comme si c'était des envies ! J'avais besoin de garder mon mari et mon fils en sécurité, pas juste envie. Et il avait dit ça comme si ce n'était que des lubies de ma part qui ne méritaient même pas que l'on s'attarde dessus.

— Oui, parce que justement, je peux encore avoir le loisir de décider à leur propos. Mais pour combien de temps ? Et je sais que tu ne me quitteras pas pour ça. Et si un jour tu me demandes de choisir, justement, le fait de ne pas avoir forcément pris tes avis en compte et m'être restreint vis-à-vis d'eux, je pourrais m'éloigner sans regret.

— Tu veux avoir le choix et je comprends cela parfaitement Charlie, vraiment. Mais justement, je ne peux rien choisir ! Même si je voulais partir d'ici, je ne le pourrais pas.

— Pourquoi ?

— D'abord parce que ma peine est toujours en marche mais soit, partons du principe que je suis aujourd'hui supposément libre de mes mouvements. Je dis bien supposément parce que de toute façon, si je partais demain, je ne me fais pas d'illusions, ce serait sans toi et sans Bairim. Pas ce que j'appelle un choix.

— Non, tu as faux. Admettons que tu sois déjà libre, je te suivrais. Je suppose que tu resterais en Roumanie, pour rester près de Draco. Je pourrais venir travailler d'un simple transplanage et rentrer à la maison tout de suite après. Je sais que tu es là par obligation et non par choix, et je sais aussi qu'une fois ta peine finie, tu voudras certainement quitter cet endroit. Je le sais, et je le comprends. Je te demanderais juste de rester en Roumanie, pour plus de faciliter.

— Parce que les Dragons accepteraient que Bairim aille vivre ailleurs ? Vraiment ? Ils râleraient à leur manière, taperaient dans la barrière et tu irais alors jeter Bairim dans leur gueule, comme d'habitude !

— Non, je leur expliquerai et rien nous empêche de venir rendre visite, sans pour autant faire entrer Bairim dans la réserve. Mon fils ne va pas gâcher sa vie ici s'il ne le souhaite pas. Que les Dragons le comprennent le plus vite, serait une bonne chose. Et puis, il ira à Poudlard un jour.

— Honnêtement, j'en doute. Les Dragons lui parlent Charlie. Qui te dit qu'ils ne sont pas en train de lui expliquer qu'il doit passer toute sa vie ici et avec eux ? Et tu leur expliqueras ? Tu leur as expliqué quand ils ont voulu le voir le jour de sa naissance ? Quand ils ont tapés sur les portes quand il faisait ses dents ? Quand ils ont demandé à ce que Bairim les touche ? J'ai fait des compromis Charlie, et le compromis était que Bairim pouvait s'approcher des Dragons tant qu'il ne quittait pas mes bras ! Toi et les Dragons, vous en avez juste une fois de plus décidé autrement ! Et j'ai cédé, je cède à chaque fois, pour toi ! Et tu ne t'en rends même pas compte, tu ne réalises pas à quel point je fais des efforts pour toi, ou alors tu t'en fiches tout bonnement !

Je me redressai pour m'asseoir sur le lit et jetai un œil à la porte menant à la chambre de Bairim, inquiet que nous fassions trop de bruits, avant de me rappeler que nous avions apposé un sort de silence sur la pièce.

— Mais bordel, Bairim est là grâce à eux, je ne peux juste pas les envoyer chier, ni au jour de la naissance, ni quand il faisait ses dents. Et pour l'autre jour, nous n'avions pas le choix. Plusieurs Dragons étaient maltraités, battus, et tués. Et Bairim était au courant de ça. Il devait le toucher pour me permettre de voir. Et toi, non, car tu n'as pas porté Bairim, tu aurais fait interférence.

— Interférence ? Quel bon choix de mot une fois de plus, merci. Et si, tu peux les envoyer balader ! Ils ne sont pas un foutu parent ! Ce sont des bêtes, ils ne sont pas supposés avoir leur mot à dire !

— Si ! Même si cela ne te plait pas, c'est grâce à eux que je suis tombé enceint, grâce à eux si nous avons un fils. Émeraude est aussi en quelque sorte un géniteur, même si nous sommes ses Papas. Fais-toi à cette idée et cesse de les voir comme des bêtes. Sinon, notre fils en est une aussi.

— Quoi ? Ça n'a rien à avoir ! Bairim est humain ! Deux bras, deux jambes, un visage et des cheveux ! Et aux dernières nouvelles, il ne crachait pas de flammes !

— Mais ils parlent aux Dragons et les entends ! Il fait parti d'eux ! Quand vas-tu le comprendre ça, à la fin ?! cria presque Charlie, le visage rouge de colère.

— Je l'ai compris Charlie, ce n'est pas pour ça que ça doit me faire plaisir ! Qu'il fasse ce qu'il doit et veut quand il sera majeur ou au moins en mesure de se défendre, ce qui n'est clairement pas le cas pour l'instant ! Pourquoi toi, tu ne peux pas comprendre à quel point ça me fait peur qu'il s'approche d'eux ? Ce sont peut-être tes supers amis mais ce ne sont pas des chats. Ce sont des Dragons Charlie ! Pas un jouet, pas une peluche, mais une bête dangereuse !

— Ils ne feraient jamais de mal à Bairim. Jamais. Mais je te comprends, tu as peur et c'est normal. Et j'étais là, je le tenais quand il a touché Émeraude. Mais peut-être que cela n'a pas de valeur, car ce n'était pas toi. C'est vrai que moi, je suis de la merde. Désolé d'avoir cru que mon fils était en sécurité.

— Je n'ai pas tes certitudes, excuse-moi du peu ! Et je t'interdis de détourner mes propos, je n'ai jamais rien dit de tel ! Ce n'est pas que je n'ai pas confiance en toi Charlie, c'est juste que j'ai besoin de le tenir dans mes bras, de sentir son cœur battre et de vérifier que sa peau est toujours chaude ! Tu crois que ton fils est en sécurité, moi j'ai besoin d'en avoir la preuve !

— Je le tenais !

— Et je ne dis pas que tu allais le lâcher, seulement avec lui dans tes mains, je vois difficilement comment tu aurais pu le défendre si quelque chose avait mal tourné !

— Et une fois de plus, c'est toi qui es parti. On t'a juste dit que tu ne pouvais pas le toucher, pas que tu devais fuir ! C'est toi le coupable dans l'histoire, ni Bairim, ni les Dragons, ni moi, mais juste toi !

— J'étais terrifié Charlie ! Je... Laisse tomber, tu as raison, c'est ma faute, je suis le coupable, soufflai-je en me levant pour m'habiller.

— Arrête ça ! Tu ne le penses pas, tu le dis juste pour stopper cette conversation car tu remarques que je ne suis pas le problème.

— Peu importe si je le pense ou non, puisque c'est ainsi que tu vois les choses, répliquai-je en attrapant un t-shirt.

— Pardon ? fit-il.

— Quoi pardon ? C'est bien ce que tu viens de dire "c'est toi le coupable, juste toi".

— Oui, alors arrête de mettre ça sur mon dos, ou celui des Dragons. Mais partir comme ça, en me disant ça, me fait penser que tu n'en as rien à faire et que tu acquiesces à ce que je dis. Et tu me fais chier à faire ça tout le temps !

— Je prends en considération ce que tu dis, pardon si cela te perturbe. Si tu dis que je suis le coupable, et que tes précieux Dragons n'ont rien fait, alors d'accord, tu as sûrement raison. Je devrais tout simplement arrêter de me prendre la tête et de me soucier de toi ou de Bairim, cela vous rendrait beaucoup plus heureux après tout.

— Mes précieux Dragons ? répéta-t-il.

Il inspira et expira avant de dire :

— Tu n'écoutes pas ou ne comprends pas et je suis juste fatigué là, fit-il avant de sortir du lit. A ce soir !

— C'est moi qui n'écoute pas ? Alors là c'est la meilleure, répliquai-je tandis qu'il quittait la chambre.

Il ferma la porte derrière lui et je pestai dans ma barbe. Il ne savait surtout pas quoi répondre à ça et préférais une fois de plus partir. Et il me reprochait à moi de fuir ? J'attrapai un coussin que je jetai à l'autre bout de la pièce avant de donner un coup de pied dans le lit. Merlin, j'aurais juste dû me taire et continuer de faire comme si tout allait bien. Je me laissai retomber sur le lit et fermai les yeux quelques secondes avant de relever la tête en entendant une porte s'ouvrir. Je pensai un instant que c'était peut-être Charlie mais mon espoir disparut aussitôt quand je réalisai que c'était Bairim qui vint me rejoindre sur le lit. Je le pris contre moi et lui fis un câlin avant de l'habiller et de rejoindre la cuisine pour lui préparer son petit-déjeuner.


Nous espérons que ce vingt-quatrième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Sachez également que nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions et à chacune de vos reviews. *clin d'œil*

Abby and Jes