Et voilà le chapitre 23 (vous avez vu, il arrive plus tôt aujourd'hui :P Je m'améliore)
Merci à tous encore une fois, je ne sais plus quoi dire.
Je ne vous fait pas attendre et je vous laisse lire ce chapitre... un peu particulier... Je n'en dit pas plus.
En espérant sincèrement qu'il vous plaise
Bonne lecture à tous
Chapitre 23) Cette histoire qu'elles avaient laissé naître
Jour 1 : Train de 6h01
C'est avec un grand soupir que Regina regarda arriver le train qui allait l'amener à Boston tant que sa voiture était chez le garagiste. Elle monta dans le premier wagon devant elle et plissa le nez en découvrant les odeurs de son nouveau moyen de transport. Elle observa brièvement les quelques passagers qui finissaient leur nuit la.
En se demandant comment ils pouvaient dormir dans un endroit pareil, elle avança le long des sièges et ses yeux s'arrêtèrent sur la place 108. Elle sourit devant ce chiffre rassurant et s'y installa, heureuse de voir que les deux places étaient libres et qu'elle allait être tranquille pour essayer de survivre à ce trajet.
Elle observa son nouvel environnement et grimaça devant les tâches sur le fauteuil devant elle. L'une provenait assurément d'un café renversé là comme l'attestaient les tâches similaires juste en dessous sur la moquette, les autres elle ne voulait même pas imaginer d'où elles pouvaient bien venir. Deux rang devant de l'autre côté de l'allée, elle pouvait voir un homme trapu à la calvitie plus qu'avancée et son nez se fronça presque malgré elle en l'observant. Juste devant elle un autre homme dormait lui aussi collé contre la fenêtre, il était classe, en costard, impeccablement habillé, mais son ronflement parfois sonore coupait le quelconque charme qu'il pouvait dégager.
Le train n'avait démarré que depuis vingt minutes et déjà il s'arrêtait dans une première gare. Regina soupira en songeant au temps qu'allait prendre ce trajet et vit une jeune blonde avancer dans l'allée. Première femme qu'elle voyait dans ce wagon et, il fallait être honnête, c'était vraiment une très belle femme pensa-t-elle en se concentrant de nouveau sur sa fenêtre.
Elle fut surprise de la voir s'asseoir à côté d'elle, elle regarda autour d'elle et fut sidérer de constater que de nombreuses places étaient libres, et que cette femme venait consciemment envahir son espace.
« Comptez-vous regarder par la fenêtre où il est possible de tirer le rideau ? »
A peine l'avait-elle entendu qu'elle sentit ses poils se hérisser d'énervement, cette femme qu'elle ne connaissait absolument pas venait la coller, lui parler même, décidemment prendre le train n'était pas du tout fait pour elle.
Elle lui répliqua le plus sèchement possible qu'elle souhaitait regarder par la fenêtre et espéra de tout son cœur que l'intruse finirait par se sentir de trop. Elle jeta un coup d'œil discret dans sa direction et constata d'un œil critique l'absence totale de grâce avec laquelle elle se tenait. Elle pensait que le trajet ne pourrait pas être pire quand un son désagréable lui monta aux oreilles. Elle n'eut pas à chercher très longtemps et comprit rapidement que cela venait bien sur de son agaçante voisine. Son énervement était tel qu'elle n'arrivait pas à se contrôler, cette femme était vraiment insupportable et mal élevée. Elle se moquait de gêner les autres passagers, elle écoutait sa musique de sauvage et c'est tout ce qui comptait. Si au moins ça avait été du Chopin, mais non, elle devait supporter les gouts désastreux de cette sangsue.
Son genou sautait tout seul d'énervement et elle lançait de nombreux regards les plus assassins possibles en soupirant le plus bruyamment possible dans l'espoir qu'elle capte enfin qu'elle gênait.
« Vous m'avez parlé ? » L'entendit-elle questionner avec un air nonchalant
« Pas particulièrement, j'exprimais mon soulagement à ne plus avoir votre musique en bruit de fond étouffé et gênant. » Répondit-elle, fière de sa répartie.
La jeune femme ne sembla pas spécialement impressionnée pourtant car elle remit ses écouteurs et se permit le culot de mettre la musique encore plus fort.
« Vous vous moquez de moi ? » Dit-elle alors en essayant tant bien que mal de calmer sa colère grondante.
« Je réagis simplement à votre amabilité. » Répondit-elle avec un air de défi, visiblement elle la cherchais et elle allait la trouver.
« Et vous vous en moquez que le son étouffé et désagréable provenant de vos écouteurs dérange tous les passagers du wagon ? » S'exclama-t-elle, ravie de pouvoir moucher cette jeune femme mal élevée.
« A ce que je vois, ça ne dérange que vous. »
Regina resta un instant sciée devant son sourire satisfait et son air effronté. Cette femme allait la faire exploser, comme si la journée n'avait pas assez mal commencé il fallait qu'elle se heurte à ça.
« Soyez donc un peu civile et écoutez votre musique à un volume décent »
« Soyez donc un peu civile et demandez le moi poliment. » Répondit-elle du tac au tac.
Regina sentit tout son être se tendre. Ses dents étaient si serrées qu'elle en avait presque mal. Elle luttait contre une furieuse et incontrôlable envie de la gifler pour son insolence. Elle inspira et expira profondément un moment. Il fallait qu'elle soit forte, qu'elle se montre plus intelligente que cette femme agaçante. Elle eut du mal à se calmer, à ne pas se montrer prétentieuse alors qu'elle en mourait d'envie de la remettre à sa place. Elle allait mal elle le savait et c'est ça qui la rendait si agressive, cette femme… Aussi détestable soit elle, ne méritait pas de payer pour ceux qui lui faisaient réellement du mal.
« Pouvez-vous baisser le volume de votre musique… S'il vous plait. »
Elle sentit une douleur physique en disant le dernier mot, mais elle ignora cela. Elle ne devait pas laisser son mal-être personnel déborder sur une inconnue. Heureusement sa voisine n'insista pas et capitula à son tour non sans un sourire vainqueur que Regina ignora d'un soupir.
« Bé vous voyez quand vous voulez. »
Elle préféra ne même pas répondre en l'entendant, à quoi bon s'énerver, il y a avait déjà tellement de colère dans sa vie. Elle se contenta d'un geste bref de la main et regarda par la fenêtre. Elle se mit alors à songer à Kathryn, à Henry. Son fils souffrait, elle aussi, pourquoi rester dans cette vie. Cette nuit encore sa femme n'était pas rentrée, elle imaginait déjà la énième excuse qu'elle allait lui sortir pour expliquer ses absences qu'elle savait brunes, blondes, châtain, qu'importe tant qu'elle pouvait entrer dans leur lit.
Elle était en colère contre elle-même, contre sa lâcheté, contre son absence de réaction et fut surprise d'entendre de nouveau la voix de sa voisine.
« Je m'appelle Emma Swan et vous ? »
Sa voix était douce, gentille… Emma… Ce prénom sonnait bien à ses oreilles, elle le trouvait joli. En y songeant elle se dit qu'il était aussi joli que la femme qui le portait, il ne fallait pas mentir, cette agaçante blonde était une belle femme.
Elle se rendit compte de ses pensées et la colère reprit le dessus, elle n'était pas comme sa femme, elle ne regardait pas les autres. Elle se tourna d'un coup, bien décidée à lui faire passer toute envie de l'importuner de nouveau. Elle savait qu'elle s'énervait contre elle pour les mauvaises raisons mais elle ne pouvait pas se contrôler.
« Mademoiselle. Je ne sais pas comment sont les gens d'habitude ici, mais sachez que je n'ai aucunement l'intention de nouer un quelconque lien social avec les passagers. Je ne prends ce… » Elle regarda le wagon autour d'elle qui lui inspirait toujours autant de dégout avant de poursuivre. « Train, que parce que ma voiture est en panne ce qui, je l'espère pour ma santé personnelle, ne durera pas longtemps. Il est donc inutile que je perde mon temps à vous faire la conversation. »
Elle s'en voulait d'être aussi sèche, aussi mauvaise, mais son mal-être devait sortir, elle le sentait empoisonner tout son être et la ronger de l'intérieur. Elle avait parlé avec toute sa hargne, essayant d'être la plus hautaine possible. Elle vit la jeune femme se crisper, vivant visiblement mal son comportement dont elle n'était pas vraiment fière pour être hautaine, mais ça personne ne le lui ferait avouer.
« Ah je vois. Vous êtes une garce. »
Ces mots raisonnèrent en elle comme le couperet d'une guillotine. Comment osait-elle, elle ne la connaissait même pas.
« Je vous demande pardon ? » Gronda-t-elle en tentant de se calmer.
« Excuses acceptées. »
Cette réplique la prit par surprise, elle ne comprenait pas à quel moment elle lui avait demandé des excuses et souhaitait de plus en plus la faire taire.
« Je vous demande pardon ? » Siffla-t-elle en sentant sa colère prendre le dessus sur sa raison.
« N'insistez pas, je vous ais dit que j'acceptais vos excuses. »
Alors c'était ça ? Elle jouait avec les mots. Décidemment cette femme et elle ne venaient pas du même monde.
« Je ne vous ais en aucun cas présenté mes excuses, je n'ais aucune excuses à vous présenter d'ailleurs. »
« Si, vous avez prit ma place. »
« Votre place ? » Questionna-t-elle incrédule, comment une place pouvait-elle être réservé, on lui avait assuré à la gare que les placements étaient libres dans ce train.
« Oui, la 108… C'est ma place. » Répéta-t-elle plus horripilante que jamais.
« On ne peut pas réserver de place dans ce train, aucune n'est donc à personne. »
« C'est le train de 6h22 pour… »
« 6h01 » Précisa-t-elle, si il fallait jouer sur les mots autant jouer aussi avec la précision.
« Quoi ? »
« Pour moi c'est le train de 6h01. »
« Ouai bref, pour moi… C'est le train de 6h22 pour Boston. C'est toujours plus où moins les mêmes personnes qui prennent ce train à cette heure ci pour aller travailler. Du coup chacun a sa place. »
« Sauf que je suis montée avant vous, cette place est donc à moi. »
Normalement la conversation aurait du être close, mais Regina découvrit avec désespoir que cette Emma Swan était du style persévérante.
« Sauf que je ne fonctionne pas comme ça, cette place est à moi. Si vous êtes la très bien mais il va falloir me supporter. Si vous voulez votre tranquillité, vous êtes libre de changer de siège. »
Regina fut sciée par le culot de cette femme. Elle lui ordonnait presque de partir, s'en était trop elle allait lui montrer de quel bois elle se chauffait. Toute sa colère accumulée depuis des mois et des mois était en train de se focaliser sur cette insupportable inconnue.
« C'est hors de question. » Dit-elle en serrant les dents pour retenir sa hargne.
« Alors supportez-moi. C'est quoi votre nom donc ? » Questionna-t-elle encore avec affront.
« Mon nom ne vous regarde pas. »
« Mais votre cul oui. »
Cette phrase, Regina cru d'abord l'avoir mal entendue. Elle ne pouvait décemment pas avoir dit ça ainsi. Elle assimila la phrase et le choc se répandit en elle lui faisant commettre une erreur de débutante face à ce type d'individu.
« Pardon ? » Dit-elle sans se souvenir de l'échange précédent.
« Excuses acceptées. » Répondit l'autre avec une fierté non dissimulée.
« Oh arrêtez avec ça. » S'énerva-t-elle. Elle savait que sa voisine n'espérait que ça mais c'était plus fort qu'elle, cette femme la poussait dans ses retranchements et elle voulait presque lui crier dessus.
« Alors arrêtez de demander pardon. »
« Vous savez pertinemment que je ne vous demande pas pardon. »
« Oui. »
Regina se retint de lever les yeux au ciel devant l'immaturité de la blonde.
« Alors pourquoi répondre à chaque fois 'Excuses acceptées' ? »
« Parce que ça m'amuse. »
« Et en quoi mes fesses vous regarde ? » Dit-elle alors, espérant la lasser en entrant dans son jeu puisque l'affrontement direct ne faisait que la stimuler un peu plus.
« Parce qu'elles sont sur ma place. »
« Vous êtes… »
Elle mit toute son énergie à retenir sa phrase, à ne pas se rabaisser à ce déversement de colère qui lui brûlait littéralement les lèvres.
« Je suis… »
Quand elle l'entendit, ce fut la provocation de trop et sans avoir le temps de comprendre ses propres actions, elle explosa.
« Vous êtes une plaie. Une femme insolente et irrespectueuse, vous aimez énerver les gens car c'est un don naturel chez vous, vous ne savez pas où est votre place et vous moquez d'être un parasite pour les gens qui vous entourent. »
Elle se stoppa, à court de mots, la respiration saccadée par sa colère. Elle se redressa, un sourire victorieux s'étirant sur son visage, satisfaite d'avoir mouché sa voisine.
« Vous avez finis ? » Questionna Emma qui semblait totalement désintéressée de sa tirade.
« Heu… Et bien… »
Si il fallait être honnête, Regina était déstabilisée, elle pensait avoir mouchée la jeune femme et ne pensait pas que ses paroles pourraient aussi peu l'affecter. Elle n'eut pas de temps de réfléchir à une réponse pertinente que déjà Emma la coupait
« Bon alors c'est mon tour. Vous êtes une emmerdeuse de première. Vous êtes une femme pourrie gâtée habituée à ce que tout le monde lui obéisse et ne supportant pas que 'le petit peuple' prenne des libertés avec vous. Vous êtes hautaine, pédante et irrespectueuse. Vous estimez que tout vous est du et vous sentez supérieure alors que vous ne l'êtes pas. Regardez, vous êtes dans ce train depuis une heure et vous jugez tout. Vous jugez les gens qui le prennent tous les jours en regardant le wagon avec dégout. La façon dont vous m'avez parlé, la façon dont vous justifiez votre présence ici à cause de la panne de votre voiture. Pour vous prendre ce train c'est dégradant et une humiliation, mais sachez qu'on vaut largement mieux que vous. Tous les gens ici valent mieux que vous car ils ont des valeurs, de la compassion, ils sont bien élevés… »
« Bien élevés ? » S'énerva-t-elle en la coupant. Elle bouillait intérieurement, sa colère grondait si fort qu'elle en ressentait des douleurs dans son ventre. Cette femme était le pire énergumène qu'elle avait rencontré de toute sa vie et plus aucune retenue n'était envisageable. « Vous vous considérez comme bien élevée avec vos propos à mon égard, votre musique forte, votre tenue. Enfin regardez-vous, avachie sans aucune classe. »
Elle vit alors Emma s'écraser plus encore dans sa place, elle écarta ses jambes dans une posture très masculine et soutint son regard, comme une provocation. Regina essaya de ne pas apprécier ce qu'elle voyait, et pourtant c'était le cas. Cette femme était une plaie, agaçante, envahissante, insolente, vulgaire, provocatrice, mal élevé et tout ce que son cerveau arrivait à assimiler, c'est qu'elle la trouvait terriblement sexy. Elle n'avait jamais ressentit une telle attirance pour une autre femme, il n'y avait jamais eu que Kathryn dans sa vie. Elle chassa rapidement ces pensées et essaya de reprendre contenance en l'écoutant parler.
«Avoir de jolies manières, des vêtements riches et classes et un énorme balai dans le cul vissé jusqu'au crâne ne fait pas de vous quelqu'un de bien élevé. Etre bien élevé c'est avoir du respect pour autrui, c'est avoir de la compassion et des valeurs. »
« J'ai des valeurs. » Dit-elle précipitamment, comme si elle devait se justifier.
« Pour vivre heureux écrasons les autres. »
« Vous ne me connaissez pas alors ne me jugez pas. » Répondit-elle en essayant par tous les moyens de cacher à quel point cette phrase venait de l'affecter.
Elle avait ressentit comme un coup en plein cœur, repensant à sa femme qui ne se gênait pas pour piétiner, écraser leur histoire sous ses tromperies.
« A ça c'est sur que je ne vous connais pas, vous ne voulez même pas me donner votre nom. »
« Je ne donne pas mon nom aux inconnues. »
« Nous ne serions plus des inconnues si vous me donniez votre nom. »
« Vous êtes insupportable. »
Elle ne devait pas craquer, ne pas se laisser attendrir, ne pas fantasmer l'entrée dans sa vie d'une chevalière en armure.
« Et vous très facile à énerver. » Répondit la jeune femme avec un large et très beau sourire.
« Comment me débarrasser de vous ? » Soupira-t-elle.
« Changez de place. »
Regina grogna de mécontentement et décida de se concentrer sur le paysage pour éviter de risquer un nouveau round avec ce drôle de phénomène.
Jour 2 : Train de 6h01
Regina repensait à sa soirée en entrant dans le train. Comme chaque soir, elle s'était occupée de son fils, ignorant Kathryn qui avait été sur son téléphone une bonne partie de la soirée avant de partir se coucher prétextant ne pas avoir faim. Regina s'était entièrement concentrée sur son fils, sa raison de vivre, sa bouée de sauvetage. Quand elle était avec lui, rien d'autre n'existait, elle ne se préoccupait que de lui et son cœur s'allégeait grâce à lui. Mais dès qu'il était couché, quand le manoir s'emplissait de silence, elle se retrouvait si souvent à manger seule, rongée par les images de sa femme occupée dans les bras de n'importe qu'elle femme trouvée on ne sait où. Même en la sachant dans leur lit en cet instant, elle se retrouvait seule et son esprit faisait le reste. Dans sa solitude elle ne pouvait plus se cacher et la rancune s'immisçait sournoisement dans son cœur, lovée contre sa tristesse.
Mais la veille, pour la première fois depuis longtemps, elle avait eut quelque chose qui avait occupé son esprit après avoir mit son petit garçon au lit. Elle avait cuisiné, mangé, avait lu puis était allé se coucher en évitant soigneusement tout contact avec le corps de sa femme déjà endormie. Elle avait vécu sa vie ce soir là en songeant continuellement à cette belle et agaçante blonde qu'elle avait rencontrée dans le train.
Elle avait littéralement hanté ses pensées et c'est naturellement qu'elle était retournée s'asseoir à la même place ce matin là. Elle savait qu'elle allait la faire sortir de ses gonds, la provoquer, peut être même lui donner la sensation qu'elle lui déclarait la guerre. Elle le savait et n'avait pas renoncé pour autant, bien au contraire elle voulait ça. Elle agissait peut être tout aussi puérilement qu'elle mais c'était plus fort qu'elle, elle avait ce besoin magnétique d'interagir avec cette femme même si c'était de cette façon.
Quand elle la vit entrer dans le wagon elle arbora son masque le plus hautain et victorieux possible pour lui faire clairement comprendre…
On ne se frotte pas à Regina Mills sans en subir les conséquences.
Jour 3 : Train de 17h15
Regina courait à perdre haleine, son dernier cours c'était terminé avec un peu de retard et le soir, ses minutes étaient comptées. Elle ignorait la douleur lancinante de ses pieds meurtris dans ses talons aiguilles, elle ignorait le nombre incalculable de personne qu'elle avait bousculé sans même un regard, le pauvre chauffeur de taxi qui s'était fait honteusement et injustement crier dessus, son cœur qui brulait dans sa poitrine.
Elle entra dans la gare et redoubla ses efforts en voyant le train sur le quai. Elle entendit le sifflement caractéristique du départ et le vit s'ébranler alors qu'elle arrivait juste. Immédiatement son esprit se focalisa sur son fils et sur l'heure, elle allait devoir passer une heure à attendre le prochain train, une heure complète qu'elle ne passerait pas avec sa seule source de joie. Elle se sentait littéralement abattue, désespérée même à l'idée qu'elle allait juste avoir le temps de le récupérer après avoir demandé à ses parents de le faire manger, le baigner, lui lire une histoire et déjà devoir le mettre au lit. Elle regardait ce maudit train partir sans elle et c'est alors qu'elle croisa le regard d'Emma Swan.
Elle avait pu monter dans le train elle et ce constant l'accabla encore plus, elle vit le sourire qui se dessinait sur son visage, preuve qu'elle allait surement la narguer. Quoi de plus normal après la scène qu'elle lui avait fait le matin même sur la ponctualité. Mais pour Regina c'était impensable de supporter ça alors elle détourna vite le regard pour ne pas lui offrir cette satisfaction.
Elle soupira en composant le numéro de son père, décidemment cette journée ne pouvait pas être pire.
Jour 4 : Train de 17h15
Regina avait pu être à l'heure pour son train et c'était bien la seule touche positive de sa journée. Après avoir essuyé une énième dispute avec Kathryn la veille à cause de son comportement avec Henry, elle n'avait pas été surprise de recevoir un message d'elle cette après-midi lui indiquant qu'elle rentrerait tard à cause du travail.
La jeune femme était lasse de ses mensonges, lasse de ces tromperies, elle allait encore passer la soirée et une partie de la nuit à piétiner leur mariage qui ne rimait à rien. Elle s'en voulait de sa lâcheté, de son incapacité à se sortir de cette situation et à parler à Kathryn. Elle était fatiguée de ces tromperies, après la première mise à l'épreuve de sa femme, elle avait réellement cru qu'elle allait changer, elle l'avait tant espérer. S'apercevoir que les tromperies avaient recommencé lui avait littéralement brisé le cœur de nouveau.
Aujourd'hui était le jour de trop, le jour ou toute la situation lui semblait invivable, insurmontable. Devait-elle écouter ses parents qui la poussaient à rompre définitivement ? Comment tourner la page sur son premier, son seul et unique amour ? S'accrochait-elle à l'amour où l'image romantique et idéalisée du premier amour qu'elle avait toujours eu ?
En entrant dans le train elle avait remarqué que la jeune blonde n'était pas là. Elle eut un regard vers la place 108 et songea au trajet qu'elle allait passer si elle s'asseyait là. Emma Swan si elle arrivait à temps s'installerait à côté d'elle et chercherait à coup sur à entamer la discussion ou simplement l'asticoter. Elle soupira et se dirigea donc vers une autre place dans l'autre rangée du wagon. Ce soir elle, aussi stimulantes soient leurs prises de becs, elle n'avait pas le courage d'y jouer. Elle n'avait le courage de rien, elle voulait être dans son lit et ne penser à rien.
Mais malgré tous ces efforts pour se vider la tête, les images de Kathryn dans les bras d'une autre l'asseyaient. Elle avait honte, elle avait mal, elle était en colère. Elle sentit une première larme couler, suivit d'une autre, et d'une autre encore mais elle les ignora, qu'elles coulent à quoi bon les retenir maintenant ?
« Hey vous abandonnez la lutte ? » Entendit-elle alors.
Elle sortit brusquement de ses pensées et se tourna surprise vers la source de ces mots. Elle vit immédiatement Emma Swan mais mit quelques instants à vraiment intégrer que c'était elle qui avait parlé tant son esprit était encore aux prise de ses démons. Elle secoua alors la main pour lui signifier qu'elle avait gagné, qu'elle pouvait savourer sa victoire dans la reconquête de son trône, et se re concentra sur le paysage qui lui paraissait si différent vu depuis l'autre côté du train. Elle laissait ses larmes couler, les balayant d'un revers de la main dès qu'elles dévalaient sa joue
Mais contre toute attente, après être allé s'asseoir à sa place, la jeune femme se releva et vint s'asseoir à côté d'elle.
« Pas ce soir non plus Miss Swan. » Dit-elle en essayant de contrôler les sanglots qui menaçaient de sortir avec ses mots.
Contre toute attente, sa voisine ne fit rien, elle se contenta de rester là, silencieuse. Regina se surprit à trouver cette présence réconfortante, pas de mots vides de sens, pas de phrases toutes faites pour quand on ne sait pas quoi dire, juste une présence rassurante… Presque amicale. Elle l'entendit sortir quelque chose de son sac et n'y prêta pas attention jusqu'à qu'un objet rouge entre dans son champ de vision.
« Rien ne vaut le chocolat. »
Sa voix était douce et lui déclencha une drôle de sensation de chaleur dans le cœur et elle ne put s'empêcher de lui sourire. Elle se demandait pourquoi elle réagissait ainsi, était-ce parce qu'elle se sentait seule ? Vulnérable ? En tout cas en cet instant, elle trouvait Emma Swan jolie et sa présence apaisait sa journée désastreuse.
Elle finit donc par prendre un des bonbons qu'elle lui tendait.
« Allons, un ça ne suffit pas, faut y aller généreusement avec le chocolat. N'ayez pas peur de le laisser apaiser vos soucis. »
Elle se mordit la lèvre pour contenir tant bien que mal son sourire et replongea sa main pour se servir plus généreusement.
« Voilà comme ça ça aura de l'effet. »
Regina se remit à penser à Kathryn, elle avait beau chercher de toutes ses forces dans ses souvenirs, elle ne se souvenait pas la dernière fois ou elle avait eu une gentille attention à son égard comme ça. Elle avait fait des efforts après leur première crise, mais la brune peinait à se remémorer un exemple concret.
Un bruit crissant retentit alors et Regina sursauta en reportant son attention sur sa voisine qui mâchait volontairement bruyamment.
« A votre tour. » Dit-elle en recommençant.
Elle s'exécuta alors, amusée par la jeune femme qui, sans chercher à savoir quoi que ce soit, semblait essayer de lui remonter le moral.
« Yeahh. She did it. » Dit alors sa voisine en levant les bras en signe de victoire.
Regina sourit, son cœur était plus léger. Elle voulait remercier la jeune femme pour son intervention, pour sa présence qui contre toute attente lui faisait du bien en cet instant, mais elle ne savait pas comment. Elle réfléchissait à des mots à dire pour exprimer sa grattitude mais rien de bien ne lui venait. Soit ça lui semblait trop, soit trop peu, elle ne s'aperçue pas qu'elle réfléchissait depuis un moment et fut surprise de la voir se lever quand le train entra en gare.
C'est alors que la solution lui sauta aux yeux. Cette femme, une inconnue, avait cherché à alléger son moral sans contrepartie, elle pouvait bien lui dire son nom…
« Regina… Mon nom est Regina Mills. »
Jour 5 : Train de 17h15
Le cerveau de Regina tournait à vive allure, Emma lui avait fait un résumé de sa vie amoureuse, avouant même à sa demande le nombre de ses partenaires uniquement sexuels. Et elle elle jouait à ne rien dévoiler. Mais elle commençait à se demander si ce jeu ne pouvait pas prendre une toute autre tournure.
Elle avait fait très attention aux paroles de la blonde, et à chacune de ses phrases elle avait bien noté qu'elle faisait systématiquement allusion à un homme quand elle parlait de sa perte de virginité. Elle commençait donc à se dire qu'elle pouvait se jouer un peu de la jeune femme.
Elle s'était donc amusée à la prévenir et l'embrouiller à la fois en lui lançant des « Vous risquez de vous faire une fausse idée de moi si je vous dis », et maintenant il était temps de mettre à exécution la deuxième partie de son plan. Elle devait lâcher une bombe à un moment où la blonde ne pourrait pas la questionner directement.
Elle attendit donc qu'elle soit sur le quai et toqua à la vitre pour attirer son attention. Elle lui fit signe d'attendre et se dépêcha de chercher un papier et un stylo dans son sac. Elle griffonna le plus rapidement possible et colla son mot à la vitre
« Jamais »
La façon dont la jeune femme écarquilla ses beaux yeux verts en lisant lui prouva que cette petite plaisanterie était vraiment une bonne idée. Emma était abasourdie et Regina se sentit soudain très fière d'elle en songeant à tous les questionnements qu'elle allait avoir en attendant de la revoir dans le train le lendemain matin.
Le train démarra et elle dut s'empêcher de rire tout le reste du trajet en repensant à cet effarement sur le visage de la blonde.
Jour 8 : Train de 17h15
« Par exemple vous c'est quoi votre style ? Kathryn est comment ? Vous pouvez me montrer une photo ? »
Regina se sentit mal à l'aise dès l'instant où la jeune femme lui avait posé cette question. Comment expliquer qu'elle n'avait aucune photo d'elle ? Elle ne souhaitait pas parler des aléas de son mariage, peut être un jour mais pas maintenant. Comment Emma la verrait quand elle saurait qu'elle n'était qu'une femme bafouée ? Elle lui avait déjà fait comprendre que son mariage n'était pas au beau fixe c'était bien assez pour le moment.
Ses rencontres avec la jeune femme dans ce train étaient devenues une zone où elle pouvait ne plus penser à tout ça, où en tout cas y penser un peu moins. Elle voulait protéger ce 'no man's land' encore un peu.
« Je n'en ais pas sur moi. » Avoua-t-elle simplement sans donner plus de détails.
« Même pas sur votre téléphone ? »
Emma semblait surprise, comment ne pas l'être quand une femme avouait n'avoir aucune photo de celle qui était censée être l'amour de sa vie sur elle ?
« Non. » Dit-elle d'un coup.
Elle avait voulu répondre d'un ton neutre mais ferme et ne s'aperçu qu'en parlant qu'il était finalement beaucoup plus sec que ce qu'elle avait voulu. Elle craint un instant qu'Emma le prenne mal mais la blonde sembla s'en accommoder.
« Pouvez-vous me la décrire ? »
Elle soupira de soulagement et sourit en commençant à décrire Kathryn le plus fidèlement possible
« Oui, elle est un peu plus grande que moi, les yeux bleu-vert, blonde aux cheveux… ondulés. »
En parlant, une chose lui sauta aux yeux, comment avait-elle pu ne pas s'en apercevoir avant ? Emma ressemblait à Kathryn. Du moins sur quelques points, elle était physiquement le même type de femme. Elle se retrouva perdue dans ses pensées en réalisant ce qui lui sautait maintenant aux yeux. Sans s'en rendre compte, elle commença à détailler la jeune femme pour pousser plus loin la comparaison. Emma était une jeune femme blonde aux yeux verts, mais sur bien des points, Regina ne pouvait que noter les différences entre elles.
Emma était plus masculine que Kathryn, dans ses codes vestimentaires, ses postures, ses attitudes. C'était une femme moderne qui semblait assumer tant son côté féminin que son côté masculin. Son visage était parfois dur mais ses yeux trahissaient la douceur qu'il semblait y avoir derrière la carapace. Regina détailla ensuite son corps, ses yeux s'arrêtant malgré elle sur ses seins qu'il se surprit à imaginer ronds et fermes, plus gros que ceux de Kathryn. Puis elle observa son ventre. A travers son t-shirt légèrement moulant, elle pouvait deviner des abdos qui semblaient bien dessiné.
La jeune femme était troublée par ce qu'elle dégageait, un charme certain, une beauté un peu sauvage et une vulnérabilité cachée. Mais par-dessus tout, elle était troublée d'être ainsi attirée par cette femme. Elle n'avait jamais regardé que Kathryn, que lui arrivait-il ? Qu'avait Emma qui lui faisait ainsi perdre tout contrôle d'elle-même ?
« Elle doit être plus féminine que moi. »
La voix de la jeune femme trahie sa gêne et cela fit revenir Regina à la réalité instantanément. Elle tenta de retrouver contenance, luttant contre une furieuse envie de rougir de s'être tant laissée aller à l'observer.
Elle secoua la tête pour chasser son trouble et répondit comme si de rien n'était, espérant qu'Emma n'avait pas réalisé l'effet qu'elle venait de lui faire.
Jour 9 : Train de 17h15
Encore un soir à louper son train, A peine une semaine et demi qu'elle utilisait ce moyen de transport et elle le ratait pour la seconde fois. A la frustration insoutenable de perdre une heure du temps de réveil de son fils, s'était ajoutée la frustration de perdre également un trajet avec la nouvelle addition à sa vie, Emma Swan.
Qu'elle n'avait pas été sa surprise de la voir sur le quai, avouant timidement qu'elle était descendue pour elle. Regina avait été tellement touchée par ce geste, émue par cette attention, qu'elle avait essayé de lui exprimer toute sa gratitude. Elle savait qu'elle avait été maladroite, mais une chose l'avait troublée. Quand elle avait prit la main d'Emma dans la sienne, son cœur avait fait un bond, un seul, si rapide qu'elle pouvait presque s'imaginer que ça n'était pas arrivé. Et pourtant elle l'avait sentit, était-ce parce qu'Emma ressemblait à Kathryn ? Etait-ce parce qu'elle n'avait plus touché personne avec tendresse depuis longtemps ? Elle n'en savait rien mais elle était troublée par ses propres réactions à l'égard de la jeune femme.
Elle ne voulait pas réfléchir à la place qu'elle prenait dernièrement dans sa vie, elle aimait les moments de discussions passés avec elle et les choses lui convenaient parfaitement comme ça. Elle avait eu le malheur d'en parler à son père et il s'était montré plus qu'enthousiaste à l'égard de cette rencontre.
C'est donc tout naturellement qu'il s'en donna encore à cœur joie quand elle l'appela.
« Oui papa c'est moi. »
« Tiens ma chérie, tu as eu ton train ? »
« Non je l'ai loupé »
« Mince, tu vas donc devoir attendre 1h. »
« Je sais. »
« Tu n'es pas trop triste ma chérie ? Ca va aller ce n'est pas très long une heure tu sais. » Dit-il avec toute la gentillesse qui le caractérisait tant.
« Non ça va. »
« C'est moi où tu sembles différente ? » Questionna-t-il alors avec un air presque taquin.
« Comment ça je semble différente ? »
« Je ne sais pas… La dernière fois tu étais particulièrement abattue et la… Tu sembles déçue mais ça va. »
« Non non je ne suis pas seule en fait. »
« Laisse-moi deviner… Emma Swan. »
Et c'est repartit. Pensa-t-elle en s'empêchant de soupirer.
« Oui. » Répondit-elle d'un ton le plus détaché possible.
« Comme par hasard. » Dit-il en ricanant au téléphone. « Elle a loupé le train ? »
« Non elle ne l'a pas loupé elle est redescendu. »
« Redescendu ? Carrément ? Je n'en espérais pas tant. Elle doit être sacrément accrochée pour louper volontairement son train comme ça… Pour toi. »
« Papaaaa » Souffla-t-elle en jetant un coup d'œil rapide vers Emma priant pour qu'elle n'entende pas. Elle la vit détourner le regard précipitamment et faire comme si elle était affairée sur son portable. Elle se mordit la lèvre et se re concentra sur son père.
« Quoi ? » Questionna-t-il avec un air innocent qui ne lui allait pas en cet instant. « Je dis rien je fais juste un constat. »
« Je serai là pour 19h ça ira ? » Dit-elle alors pour le faire changer de sujet.
« Bien sûr tu le sais ma chérie. Henry t'attendra prêt et le ventre plein. »
« Merci papa. J'en déduis que tu n'as pas eu de nouvelles de Kathryn ? » Demanda-t-elle à tout hasard, nourrissant peu d'espoir dans l'idée que sa femme ait pu aller chercher Henry elle-même.
« Tu as réellement l'espoir que je te réponde oui ? »
« Non ce n'est pas grave. »
« Kathryn n'est pas une femme qui loupe des trains pour toi. Ma chérie je sais qu'elle est ta femme et nous avons eut souvent cette conversation mais… »
« Papa, pas maintenant. » Le coupa-t-elle, pas capable de gérer encore cette discussion.
« Pardon ma chérie, on en parlera plus tard, quand tu seras prêtes. C'est parce que je t'aime que je réagis comme ça et tu le sais. » Dit-il en soupirant.
« Oui je t'aime aussi. »
Jour 9 : 19h
« Merci de ton aide papa. »
« C'est normal, et puis maintenant que tu as récupéré ta voiture, je vais pouvoir enfin récupérer ma vielle et adorée Chevrolet de 1950. C'était drôle de te voir conduire ça. »
« Ca m'a rappelé mon enfance quand tu la sortais pour me faire faire un tour. Mais je t'avoue me sentir plus en sécurité dans ma mercedes, surtout avec Henry dans la voiture. »
« Ta ta ta, ma Chevrolet a été ma première voiture et regarde comme elle roule encore, tu verras dans cinquante ans ta mercedes, elle sera à la casse en épave. Et puis comme ça mon petit fils a pu se sentir grisé par cette sensation unique de liberté qu'on ne ressent que dans des voitures comme ça. »
Il avait tapoté la tête du petit garçon en parlant, le faisant rire aux éclats.
« Que vas-tu faire maintenant que tu as ta voiture à nouveau ? » Questionna-t-il alors plus sérieusement.
Regina venait juste d'aller récupérer sa voiture qui était enfin réparée. Elle avait eu un pincement lorsque son garagiste l'avait appelé pour lui dire qu'elle pouvait passer la chercher. Elle savait que ce moment allait arriver, mais elle n'avait pas anticipé la peine qu'elle aurait à l'idée de ne plus voir Emma Swan.
Leurs trajets étaient vraiment devenus sa bouffée d'oxygène quotidienne à laquelle elle n'avait pas envie de déjà renoncer.
« Je ne sais pas… » Dit-elle tristement.
« Si tu n'as pas envie d'arrêter le train alors continue à le prendre ma chérie. Tu n'as aucune obligation de reprendre la voiture. »
« Tu dis ça pour que je continue à voir Emma. »
« Bien sur que oui. Tu es plus heureuse, plus souriante depuis qu'elle est dans ta vie. Alors en effet, je veux que ça continue. »
« Je suis mariée papa. »
« Tu veux qu'on en parle de ton mariage ? »
« Non. » Dit-elle en soupirant.
« Ma chérie ce qui est important c'est : Qu'est ce que tu veux ? »
« Comme j'ai ma voiture je… »
« Non, je ne dis pas qu'est ce que tu dois ? Je demande qu'est ce que tu veux ? »
« Je veux… Je veux continuer à voir Emma. » Avoua-t-elle finalement, incapable de se mentir à elle-même.
« Alors voilà, tu as ta réponse, tu continues à prendre le train. »
« Merci papa. »
Jour 10 : Train de 6h22
« Et je vais vous enlever votre pantalon miss Swan, dieu que la situation est risquée. »
Elle avait dit ça pour la taquiner, uniquement la taquiner en réponse à son stress évident, mais elle ne pouvait nier la petite boule dans son ventre qui grondait déjà à l'idée d'en voir un peu plus d'Emma Swan. Elle devait se contrôler, elle était mariée, elle ne pouvait pas avoir des pensées déplacées envers une autre femme, pas comme ça, pas comme Kathryn.
« Vous voulez que je m'en occupe ? »
Dès qu'elle eut dit cette phrase en montrant le pantalon de son amie, elle voulut se gifler de ne pas savoir se taire. S'était sortit spontanément, guidée par une furieuse envie de mettre ses doigts sur le bouton du jean de la jeune femme.
« Hein oh heu… Non Non je vais m'en… »
Elle voulut soupirer de soulagement à l'idée qu'une des deux au moins était raisonnable mais rapidement toute pensée inappropriée s'envola quand elle la vit tanguer.
« Miss Swan ? Tout va bien ? »
« Pas trop non. » Avoua la jeune femme qui était devenue blanche comme un linge.
Regina eut tout juste le temps de la rattraper avant qu'elle ne tombe et la calla contre le lavabo pour s'assurer qu'elle ne risquait plus rien. Elle avait envie de la protéger, s'occuper d'elle, elle ne savait pas pourquoi elle ressentait tout ça, ça lui faisait peur, alors elle se concentra sur sa tâche, ignorant tout le reste.
« Laissez je vais m'en occuper, regardez ailleurs. »
« Regina je.. »
« Chuuuut. Je vous assure que je ne regarde pas. Je veux juste vous aider. » Dit-elle avec toute la tendresse qu'elle ressentait en cet instant.
Elle posa ses mais sur le bouton de son jean et planta son regard dans ses magnifiques, profonds, et si vulnérables yeux verts qui la regardait avec tellement d'intensité.
« Okay ? »
Emma acquiesça et Regina inspira profondément en faisant sauter le bouton. C'était une drôle de sensation de faire ce geste à cette jeune femme qu'elle ne connaissait pas deux semaines plus tôt et qui avait prit tant d'importance aujourd'hui. Le bruit de la fermeture éclair sembla raisonner à ses oreilles, entrecoupé par le boum boum assourdissant de son cœur. Ne pas déraper, surtout garder le contrôle, ne pas déraper.
« Je vais me baisser pour faire descendre votre pantalon mais je vous promet que je ne profiterai pas de la situation. »
Elle parlait plus pour elle-même que pour Emma, se persuadant dans ses propres mots que c'est exactement ce qui allait se passer. Bon sang que cette femme était belle, sa proximité lui permettait de sentir son parfum et cette odeur délicieuse lui chatouillait les narines divinement.
« Vous êtes mariée de toute façon, alors vous n'avez même pas envie d'en profiter. »
Sa voix raisonnait si nerveusement, trahissant peut-être un trouble ? Non… C'était simplement cette situation incongrue qui créait cette ambiance. Rien de plus. Ca ne pouvait pas être quelque chose de plus.
Regina préféra ne pas répondre, elle en était même incapable. Mariée… Ce mot avait sonné si faux à ses oreilles. Non elle ne voulait pas profiter de la situation mais elle imaginait presque malgré elle cette situation se répéter dans un tout autre endroit.
« Je vous promet de ne pas en profiter. » Répéta-t-elle pour se convaincre un peu plus.
Et elle commença son mouvement. Elle lui retira son jean avec autant de délicatesse possible, pestant intérieurement après les gouts vestimentaire étroits de la jeune femme.
La brune luttait contre un désir qui naissait en elle de faire aller la situation sur un tout autre chemin. Elle se concentra sur la jeune femme, sa blessure, il fallait la soigner, ne pas regarder ses longues jambes à la peau claire. Cette peau de nacre qui devait être si douce.
Non… Elle ne devait pas penser à la douceur de sa peau, surtout pas.
Elle ne devait pas non plus prêter attention à ce qu'elle avait juste sous les yeux, à peine recouvert d'un shorty bleu.
Stop… Mariée tu es mariée Regina. Arrête… Pas ça. Emma est une inconnue… Non pas une inconnue, une amie… Voilà c'est une amie, une amie tout ce qu'il y a de plus hétérosexuelle.
Elle inspira de toutes ses forces et s'obligea à parler pour casser l'ambiance qui se faisait pesante.
« Okay, c'est bien râpé et entaillé. Je pense qu'il vaudrait mieux aller dans une pharmacie ou aux urgences au cas ou des points soient nécessaires. Je vais désinfecter et protéger avec coton et du scotch, ça fera l'affaire jusqu'à ce que vous voyez un professionnel. »
« Merci infirmière Regina. »
Oh mon dieu non… Pas ça… Pas l'allusion à l'infirmière. Pensa-t-elle en se mordant la lèvre presque jusqu'au sang pour retenir les pensées bien trop osées qui lui venaient en tête.
« Ca va piquer. »
Elle la soigna avec douceur, craignant de lui faire mal, comme elle aurait fait avec Henry. La seule différence était qu'avec Henry elle n'aurait pas eut à ignorer les sensations électriques qu'elle ressentait à chaque contact avec sa peau.
En effet… Elle était très douce.
Jour 10 : 5h45
Regina était en avance à la gare et elle pensa avec amusement que cela ne risquait pas d'arriver à Emma. Elle l'imagina courant à perdre haleine, ignorant bornes et billets pour ne pas risquer de louper son train, ce qui arriverait si elle prenait le temps d'acheter un titre de transport. Puis elle se mit à penser à ce qui arriverait si un contrôleur passait et qu'elle n'en avait pas. La mettrait-il dehors à la gare suivante ? Pourrait-elle acheter un billet au moment ? Oui mais si elle ne le pouvait pas et qu'il l'obligeait à descendre ?
Elle ne connaissait pas du tout la procédure, avant ces derniers temps, ses voyages en train pouvaient facilement se compter sur les doigts d'une main. Prise d'une angoisse presque irrationnelle, elle se retrouva devant une borne à acheter elle-même un billet pour la jeune femme.
Au-delà de son désir égoïste de s'assurer qu'elle resterait dans le train avec elle, elle voulait éviter de voir son amie prise en défaut, elle savait qu'elle risquait de ne pas supporter ça.
Elle monta donc dans le train, se persuadant que son geste était tout ce qu'il y a de plus normal entre amies, et qu'il ne signifiait absolument rien de plus.
Jour 14 : Train de 00h44
Emma était venu, elle était venu à son concert, elle était venue la voir… Elle.
Kathryn n'était pas là, elle n'était jamais là, elle n'avait plus été là depuis longtemps, et Emma avait été là. Elle l'avait entendu jouer, l'avait écouté, presque au premier rang. Elle ne s'était pas montrée, elle était partie discrètement, elle n'avait pas voulu dévoiler son attention.
Elle se surprenait à imaginer qu'elle avait voulu la voir elle, la connaitre mieux en découvrant son monde d'artiste. Kathryn détestait tellement l'univers du piano, et Emma semblait vouloir le connaitre.
Quand elle l'avait vu s'éclipser du théâtre, elle avait voulu lui courir après et son père avait vu son mouvement. Elle lui avait avoué avoir vu Emma et il lui avait dit d'y aller. Cela avait été son déclencheur à oser faire ce qu'elle voulait, se dépêchant d'aller à la gare dans l'espoir d'avoir le même train qu'elle.
Elle était montée dans le wagon, fébrile et avait sentit son cœur se serrer en la voyant allongée, les yeux fermés, des larmes coulant sur ses joues. Elle était belle, vraiment belle en cet instant, et la jeune pianiste osait rêver que ses larmes était du aux émotions qu'elle avait pu lui faire ressentir par sa musique.
« Bonsoir Miss Swan. »
Elle la vit se lever d'un coup, séchant ses larmes en hâte, visiblement choquée de la voir là, peut être même qu'elle la voit dans cet état.
« Regina vous… Je… Mais que faites… Vous… »
« Mes parents devaient me ramener jusqu'à la gare où j'ai laissé ma voiture ce matin, mais quand je vous ais vu partir de l'opéra, j'ai eu envie de prendre le train. »
Elle s'installa à côté d'elle, toutes ses pensées obnubilées par ses larmes.
« Pourquoi pleurez-vous ? »
« Je… C'est votre… Les sons et… Ca m'a… Votre musique ça m'a… Ca m'a transportée. Regina vous jouez tellement bien c'est… c'était… Ca m'a coupé le souffle. Oh Regina ne vous retenez pas. Vous étiez époustouflante, et cet accueil, j'ai cru que les gens n'arrêteraient pas d'applaudir. C'était tellement mérité. Vous avez un don, vous nous touchez dans notre cœur avec votre musique, votre talent. J'ai vécu un moment unique. »
Regina se sentait fière, si fière, et tellement émue. Elle voulait rire, sourire, pleurer aussi. Elle voulait prendre la jeune femme dans ses bras, elle voulait sentir sa chaleur et luttait de toutes ses forces contre cette envie soudaine.
Elle était venue, pour elle, elle avait été émue par sa musique, touchée par ce qui était pour elle, son moyen d'expression. Elle avait aimé sa musique, or elle était sa musique. Pendant quelques instant, c'est comme si Emma l'avait aimé elle au-delà des notes et cette sensation la transportait totalement.
Jour 15 : train de 6h22
La colère, Regina était soudain rongée par la colère. Pourquoi réagissait-elle ainsi ? Pourquoi semblait-elle déçue, en colère presque blessée ? Elle essayait de sauver son mariage ? Quel mal y avait-il à ça ?
Que pensait-elle ? Qu'elle n'avait pas songé au fait que Kathryn pouvait recommencer ? Bien sur quelle le savait, mais c'était treize ans de sa vie bon sang, elle ne pouvait pas rayer cette femme de sa vie comme ça. Elle semblait si sincère, si désespérée quand elles avaient parlé. Elle n'avait pu que lui donner une nouvelle chance, une dernière chance.
Elle était en colère, en colère contre Emma de dire à haute voix ce que son cœur et son esprit tentaient de lui crier, mais aussi en colère contre elle-même d'avoir encore eut la lâcheté de choisir la facilité. Elle savait au fond d'elle que cette chance ne rimait surement à rien, elle savait que Kathryn avait toutes les chances de recommencer. Mais elle n'avait pas eut le courage d'accepter que toute sa vie amoureuse n'était que le mirage d'un temps passé auquel elle s'accrochait avec un désespoir presque pathétique.
Elle sentait la colère bouillir en elle, elle se saisit donc des paroles désobligeantes de sa voisine pour reporter cette colère sur elle pour se prétendre à elle-même que c'était à Emma et uniquement Emma qu'elle en voulait.
Alors elle laissa sa rage monter qu'elle canalisa en une grande tape sur le siège de devant. Elle avait eut envie de gifler la jeune femme, lui faire payer ses paroles qui sonnait trop juste pour qu'elle les accepte. Elle respirait péniblement, honteuse et rageuse à la fois.
« Je vous interdit de me juger. Vous ne connaissez rien à tout ça, vous êtes une fille sans attache qui ne s'est quasiment jamais investie dans une relation durable. Vous êtes incapable de comprendre l'idée de sacrifice pour sauver un couple. »
« Ca doit être ça oui. »
La voix d'Emma sembla si sèche et faible à la fois qu'elle s'en trouva déstabilisée. Elle n'avait jamais abandonné comme ça, si vite. Ca ne lui ressemblait pas et elle se mit soudain à s'inquiéter. Avant qu'elle n'ait eu le temps de faire quoi que ce soit, la jeune femme se levait déjà et rassemblait ses affaires sans un regard.
« Emma attendez. »
« Non, vous avez raison, je ne suis personne pour vous juger, vous l'avez bien dit, je n'ai connu aucune vraie relation. »
« Emma… »
Trop tard, elle partait déjà vers une autre place, comme si le besoin de mettre de la distance devenait vital. Regina avait mal au cœur, elle était allé trop loin, elle lui avait fait du mal et s'en voulait déjà.
Pourquoi fallait-il qu'elle soit si stupide quand elle se sentait en tord ?
Elle se leva rapidement pour l rejoindre et fit de son mieux pour capter son regard. Leur amitié ne pouvait pas s'arrêter comme ça elle ne le supporterait pas. Elle devait s'excuser, trouver un moyen de se faire pardonner, d'alléger à son tour les peines de la jeune femme qui l'aidait temps depuis plusieurs jours.
« Pourquoi pleurez-vous ? »
« ... »
« Pardonnez-moi de vous avoir jugée. » Dit-elle en caressant sa joue, essayant d'ignorer la douceur de sa peau et le bien-être qu'elle ressentait en faisant ça.
« Vous ne me connaissez pas. Vous ne… Je ne suis pas celle que vous croyez mais vous vous permettez de me juger. »
« Emma je… »
Et elle la coupa. Elle commença à lui raconter son histoire sans un regard. Elle lui raconta sa rencontre avec Neal, leur parcours, leur union, leur bébé et leur déchéance. Regina avait mal, son cœur souffrait pour cette jeune femme si forte qui avait tant souffert. Pourquoi la vie s'acharnait-elle sur certaines personnes comme si elles devaient porter le poids du monde pour les autres ?
Pourquoi le capital malheur de certains était-il si élevé ?
Elle avait mal, elle était horrifiée par ses blessures, mais plus que tout, elle voulait les soigner. Elle l'entendait parler et se mit à ressentir un besoin incontrôlable de la protéger, de lui prouver que la vie n'était pas qu'un chemin semé d'embuches. Le bonheur devrait être fait pour chacun et elle voulait qu'Emma Swan le sache.
Quand elle se brisa en sanglots, elle réagit sans réfléchir, la serrant aussi fort qu'elle pouvait en la berçant comme elle aurait fait avec Henry. Elle n'était pas sûre des réactions à avoir, comment soulage-t-on une telle souffrance ? Alors plutôt que des phrases toutes faites qui n'arrangeraient rien, elle essaya de lui transmettre toute sa tendresse, toutes ses promesses inavouées dans un tendre baiser sur sa tête.
Elle espérait qu'Emma comprendrait le message, elle était là, elle voulait être la pour elle. Elle l'accompagna dans la suite de ses confidences, incapable de la lâcher, la gardant à l'abri contre elle. Emma voulut parler de Kathryn, de son propre comportement, mais elle n'était pas prête à parler de ça, pour l'instant elle ne voulait être concentrée que sur elle. Il n'y avait qu'elle qui comptait et elle voulait lui offrir ce réconfort qu'elle n'avait visiblement jamais eu.
« Nous avons loupé notre gare. »
« Shhh… C'est pas grave, le monde ne s'arrêtera pas de tourner sans nous. »
Jour 17 : Appartement de Regina 22h27
Emma avait eu raison, bien sur qu'elle avait eu raison, Kathryn n'allait pas changer miraculeusement. Ce texto qu'elle avait vu…
'Je sais que tu veux pas que je t'écrive maintenant mais tu me manques'
'Je supporte pas que tu sois coincée avec ta femme'
Elle savait bien ce que ça voulait dire même si une part d'elle voulait encore ne pas y croire.
Chacune de ses conversations avec sa nouvelle amie lui revenaient en mémoire, elle ressentait tellement pour elle que s'en était troublant. Emma était hétéro, parfaitement hétéro, pourquoi ressentir ce béguin pour elle ? Pourquoi s'infliger ça ?
Béguin… Ce mot semblait tellement dérisoire. Elle ne pouvait pas se mentir, c'était bien plus fort. Leurs discussions, leurs confidences, personne n'en avait jamais su autant sur elle, et elle se doutait en savoir bien plus sur Emma que la majorité de ses amis.
Elles étaient devenues bien plus que des inconnues dans un train, plus que des amies même. La preuve encore une fois, quand elle avait réalisé que Kathryn n'avait pas mit longtemps à recommencer, sa première et seule envie avait été de contacter Emma.
Elle hantait son esprit, elle avait peur et espoir à la fois, mais courir sans réfléchir dans un nouveau mur la terrorisait.
'Moi c'est votre bonheur qui compte pour moi.'
Emma, Emma, douce Emma. Pourquoi fallait-il qu'elle soit si présente, si rassurante, si troublante. Elle voulait le sien aussi et lui avoua, sans oser terminer la phrase qui lui brulait les lèvres.
*Le votre aussi m'importe…*
… Et j'aimerai tant pouvoir en faire parti.
Jour 17 : Train de 6h22
« …Mais il ne faut pas vivre dans le passé Regina, il vous faut avancer, vous méritez le bonheur qu'elle ne vous offre plus… »
Ce bonheur tu voudrais me l'offrir ? Cria le cerveau de la brune malgré elle.
« …vous méritez le respect qu'elle ne vous accorde plus, »
Ce respect avec lequel tu me traites ? Continua son cerveau, troublé par les paroles de la blonde auxquelles elle voulait tant croire.
« …vous méritez l'adoration qu'elle devrait toujours avoir à votre égard. »
M'adores tu Emma ?
Dieu qu'elle aurait aimé osé dire tout ça, mais elle se retint, Emma ne devait pas dire des choses comme ça, elle avait peur de craquer, elle savait qu'elle risquait de craquer et cette idée l'effrayer. Car plus que tout au monde, en cet instant, elle avait peur de perdre son amie.
« Ne me parlez pas comme ça. » Dit-elle sans grande conviction, souffrant d'arrêter elle-même ses paroles qui lui faisaient tant de bien.
Jour 18 : Train de 6h22
Regina était estomaquée. Elle avait tant craint de présenter son fils par peur que les choses puissent mal se passer. Elle avait eu peur que ce soit trop pour Emma par rapport à la perte de sa fille. Elle avait eu peur qu'ils ne s'entendent pas, ce qu'elle ne voulait surtout pas. Mais à aucun moment elle n'avait imaginé qu'Henry pourrait la vendre et la trahir sans le moindre remord.
« Emma c'est l'amoureuse de maman. »
Il avait dit ça avec un tel naturel que ça frisait la provocation. Elle avait honte elle ne savait plus où se mettre et cru mourir encore plus quand il sortit sans gêne quelle parlait tout le temps d'Emma.
Son amie pour sa part, prenait un réel plaisir à la voir s'enfoncer et à utiliser son fils pour ça. Mais Regina n'avait pas rêvé, elle avait été choquée par les mots du petit garçon mais pas que. Dans ses yeux, un bref instant, elle avait cru voir une lueur sans trop oser y croire, comme de l'espoir.
Jour 18 : Train de 17h15
Emma lui racontait son rêve et Regina était littéralement pendue à ses lèvres. Elle n'en croyait pas ses oreilles. Mais si ce rêve était récurrent, alors elle était peut être gay ! Au moins bi. Un espoir complètement incontrôlable et idiot naissait en elle pendant qu'elle buvait ses paroles. Elle commençait à se dire que peut être elle avait pu envisager des choses avec elle et voulut se gifler dès que cette pensée traversa son esprit.
Elle commençait à dérailler, ses troubles devenaient si forts, son attachement si intense qu'elle commençait à dérailler, cherchant la moindre petite chose pouvant constituer un espoir pour s'y accrocher.
« … Elle continue à avancer et… »
« Et… Et quoi ? Elle avance et quoi ? »
Regina était fébrile, elle ne pouvait pas stopper son récit là, pas comme ça, pas si près du but. Oh mon dieu elle avait besoin d'en savoir plus, savoir si elles s'étaient embrassées, savoir si un espoir était réellement possible.
« Et je me réveille. »
La brune eut la désagréable sensation qu'un miroir se brisait derrière elle, dégringolant en milliers de petits morceaux. Elle se sentait frustrée et n'essaya même pas de stopper le râle qui s'échappa de sa bouche. Mais bien au délà de la frustration, Regina était vraiment déstabilisée, ce rêve avoué avait fait naître en elle un espoir qu'elle aurait du mal à contrôler maintenant.
Jour 19 : Train de 17h15
Quand Regina vit Emma et son fils de l'autre côté de la vitre, elle nota immédiatement les grosses larmes qui striaient les joues rebondies de son petit garçon. Elle s'approcha et posa sa main contre la paroi pour lui signifier qu'il n'avait pas à avoir peur, elle était toujours là.
Elle s'en voulait, elle aurait du anticiper cette réaction, Henry paniquait vite quand il ne savait plus où elle était. Au fond d'elle elle espérait que cette situation n'avait pas été trop pénible pour Emma.
Elle essaya de faire des grimaces pour alléger le chagrin du petit garçon, et comme d'habitude, l'effet fut immédiat. Elle l'entendait à moitié étouffé mais le son des rires d'Henry était la plus belle chose qu'on pouvait entendre.
Elle leva ensuite le regard pour s'assurer qu'Emma allait bien elle aussi et ce qu'elle vit lui coupa le souffle. La jeune femme posait sur elle des yeux d'une intensité rare. Elle la regardait avec une admiration nouvelle, et une affection troublante. Elle la regardait et, comme si la vitre rendait possible tous les aveux, elle semblait laisser transparaitre la tendresse presque coupable qu'elle avait pour elle.
Regina se redressa et remonta sa main pour la présenter à cette inconnue, sa voisine, son amie, cette femme qui était bien plus que tout ça. Elle sentait son cœur battre à toute vitesse, retentissant dans ses oreilles, brulant dans sa poitrine quand Emma posa sa main sur la sienne.
Protéger par cette séparation, c'était comme si elles pouvaient tout se dire, tout s'avouer. L'espace d'un instant plus de Kathryn, plus de mariage, juste cette chose qui naissait en elle, entre elles et qu'elle ne voulait plus étouffer.
Dans les yeux d'Emma, elle voyait qu'elle n'avait rien imaginé, elle n'était pas la seule à être troublée, elle n'était pas la seule à espérer si fort. Elle n'était pas la seule à tomber pour cette autre, pas la seule impliquée dans cette histoire qu'elles avaient laissé naître sans y prendre garde.
Regina avait peur, si peur. Elle avait peur de la situation si complexe, des obstacles à venir, des crises à passer. Mais par-dessus tout, elle avait peur de perdre Emma, ça ne pouvait pas arriver. Mais au-delà de tout ça, en cet instant, dans les yeux de la blonde, elle voyait le reflet de ce qu'elle essayait si fort de taire en elle depuis longtemps déjà et qu'elle ne voulait plus ignorer.
De l'amour.
Et voilà. Un premier chapitre tourné sur les pensées de Regina au fil de cet aventure.
J'espère qu'il vous a plu et n'hésitez vraiment pas à me dire ce que vous en avez pensé c'est important pour moi.
Bisous à tous et à jeudi prochain sans faute :D
