Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.

Note des auteurs : voir chapitre 18


Partie II

Bairim

Chapitre 26

Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.

POV Charlie

J'avais mal dormi, ne cessant de voir Joaquim disparaître, puis d'entendre son corps être brisé par les mâchoires puissantes de Storme. Je savais qu'en un sens, il l'avait mérité, mais avant qu'il ne devienne fou, il avait été mon collègue, mon ami. Et je l'avais vu mourir en quelques secondes.

J'étais heureux que Lucius n'ait pas été perturbé par mes cauchemars, et j'étais content qu'il ait récupéré des couleurs. Le soleil se levait à peine et j'étais fatigué. Que ce soit à cause du vol de la veille, de la tension et de ma nuit agitée, j'étais tout simplement fatigué et je voulais rester au lit toute la journée, bien au chaud. Seulement, à chaque fois que je fermais les yeux, je revoyais ces images. Et celles de Lucius couvert de sang et inconscient étaient aussi présentes. Les pires. Parce que dans mes rêves, je ne pouvais pas le soulever, ni l'aider. Je le sentais alors devenir de plus en plus froid avant que son corps ne soit coupé en deux.

Je me frottai les yeux et tentai de me rendormir, même si je savais que c'était peine perdue. Je me tournai donc sur le côté et fus surpris de trouver une paire d'yeux posé sur moi.

— Qu'est-ce qui t'arrive ? me demanda-t-il en venant se coller contre moi.

Ne voulant pas l'inquiéter, ni qu'il recommence à culpabiliser, je mentis en disant :

— J'ai mal partout à cause du vol d'hier. Rien de grave.

— Menteur, souffla-t-il avant de poser ses lèvres sur les miennes.

— Pourquoi dis-tu ça ? chuchotai-je en l'embrassant à mon tour.

— Parce que tu me mens.

— Je l'ai bien compris, mais comment peux-tu l'affirmer ?

Il posa sa main sur ma tête et glissa son pouce sur ma tempe.

— Je le vois, je le sais.

— Et c'est vrai, avouai-je. Mais je ne veux pas que tu culpabilises, ce n'est pas ta faute, okay ?

— Hm. Dis-moi.

— Je le revois, et l'entends. La partie supérieure disparaître alors qu'il me parle, le bruit des os se briser. Je vois encore ses jambes pendantes avant d'être avalée. Et puis, je te vois toi, couvert de sang, seulement je ne peux rien faire, juste de sentir devenir de plus en plus froid avant que ton corps ne soit déchiré en deux.

Je fermai les yeux, essayant de les oublier. Lucius appuya son front contre le mien puis murmura :

— Je ne sais pas quoi te dire pour Joaquim. Il ne méritait sûrement pas de finir ainsi mais... cela n'a probablement pas été douloureux. Quant à moi, je vais bien Charlie. Je suis là, vivant et en pleine forme... ou presque. Regarde-moi, je suis là. Dragostea mea.

Il m'embrassa délicatement puis frotta son nez contre ma joue. Je lui rendis sa caresse avant de l'embrasser d'abord chastement, puis de manière plus langoureuse.

— Tu es là, soufflai-je avant de reprendre ses lèvres d'assaut.

Je joignis ma langue à la sienne, tout en caressant sa hanche, sous son haut. J'étais rassuré en sentant sa peau chaude sous mes doigts. Je n'osai malgré tout pas trop me coller à lui, de peur de lui faire mal et déviai quelques minutes plus tard ma bouche vers son cou et sa mâchoire. Je respirai son odeur, comme j'avais fait pareil avec Bairim pendant le trajet de retour.

Storme avait volé le plus lentement et le plus bas possible, mais le vent ayant été toujours aussi fort, j'avais serré Bairim en le gardant face à moi, l'emmitouflant dans ma veste. J'avais respiré son odeur, tout en me forçant à ne pas m'endormir, mon corps étant douloureux. Tenir mon fils ainsi que Storme pour ne pas tomber avait été très compliqué. J'avais alors mesuré toute la dangerosité de laisser Bairim voler seul, parce qu'à son âge, il n'allait pas être assez fort pour se tenir en cas de danger. Je soupirai et collai mon nez contre sa gorge.

— Oui, je suis là. Et je ne vais nulle part.

Je ne répondis rien et profitai, tout en revoyant ces horreurs.

Une heure plus tard, ou peut-être quelques minutes, la porte de notre chambre s'ouvrit et un poids monta sur le lit. Je relevai la tête et vis Bairim, une peluche en main. Il vint se glisser entre nous deux et nous fit un bisou à chacun avant de s'allonger sur le dos. Lucius posa immédiatement sa main sur son ventre et l'embrassa en retour. Je souris, et glisser mon nez sur sa joue, le faisant rire également avant qu'il ne se calme et ne commence à ronfler.

— J'ai l'impression qu'il rattrape tout le sommeil de retard qu'il a accumulé tout petit, fis-je en souriant.

Il était juste mignon comme ça. Tranquille, pas traumatisé. C'était la seule chose dont je pouvais remercier Joaquim, il n'avait pas fait de mal à Bairim, malgré sa folie.

— On devrait sûrement en profiter pour faire de même, répondit Lucius en glissant l'une de ses mains dans mes cheveux et l'autre sur ma hanche.

— Si je pouvais, je dormirais déjà, avouai-je.

— C'est quoi ton plus beau souvenir ? me demanda-t-il en rouvrant les yeux.

— J'hésite entre la vue de Bairim pour la première fois, ou notre mariage. Pourquoi ?

En réalité je voyais où il voulait en venir, mais je doutais que cela fonctionne. Et puis, je ne voulais pas risquer de lier ces bons souvenirs à ceux de la veille.

— Qu'est-ce que tu as ressenti en le voyant ?

— J'étais étonné, mais véritablement heureux.

— Pourquoi étonné ?

— Parce que je m'étais évanoui et me suis ensuite réveillé le ventre vide et un petit garçon de né.

— Je comprends ta surprise dans ce cas. Ton ventre rond me manque parfois...

— C'est vrai ? C'est pour ça que tu t'ais mis à cuisiner ? demandai-je curieux.

— Rien à voir, rit-il doucement. J'aime ton ventre rond quand il y a un bébé dedans. Je ne dis pas que je t'aimerai moins si tu prenais quelques kilos, mais j'aime passer ma langue sur tes abdos.

— Moi, ne le prends pas mal, mais je ne suis pas sûr de t'aimer si tu prenais une dizaine de kilos. Ton corps comme il est là me manquerait.

Je ris ensuite et ajoutai :

— Je plaisante. Je t'aime, quelque soit ton corps. Mais je ne dirais pas non à te voir faire des abdos.

— Ah oui ? J'y penserai... peut-être.

— Mais pour l'instant, tu vas devoir faire attention, afin que tes plaies ne s'ouvrent pas, clarifiai-je.

— Je vais être honnête, je n'avais de toute façon pas prévu de commencer aujourd'hui.

Je fermai les yeux un instant, puis les rouvris et posai la tête sur l'oreiller de manière plus confortable. Je baillai et souris, en voyant Lucius en faire de même.

— Ça me passera, je pense, murmurai-je.

— Hm ? Hm. Pas entièrement, mais ça ira mieux et bientôt, ce ne seront plus que des souvenirs désagréables parmi d'autres, promis.

Je fermai les yeux et m'endormis.

OoOoOoOoO

Cela faisait dix jours que les choses s'étaient déroulées et je faisais toujours des cauchemars, mêmes s'ils étaient moins nombreux et mes nuits de plus en plus longues. Je soupirai, tout en finissant de me laver. J'avais voulu boire un chocolat chaud histoire de me rendormir, seulement, Carlos était venu dans la cuisine pour faire un biberon à Penelope et j'avais juste renversé le tout sur moi. Il était donc hors de question que je retourne au lit comme ça.

Je finis de ma laver et enroulai une serviette autour de moi avant de retourner dans la chambre. Je restai à l'entrée en voyant Lucius pratiquement allongé de travers sur le lit, prenant ma place. J'allai près de lui et le secouai un peu, afin de récupérer assez d'espace pour me rallonger. Il grogna dans son sommeil plutôt lourd, mais ne bougea pas d'un pouce.

— Lucius, soufflai-je en le secouant encore un peu.

Il ouvrit les yeux et haussa un sourcil avant de marmonner :

— Quoi ?

— Tu peux me rendre ma place ? murmurai-je.

Il me détailla et tira sur ma serviette puis m'attira contre lui. Je grognai, étant fatigué mais quand ses mains commencèrent à caresser mon corps, je me laissai aller et chuchotai :

— Tu dormais il y a quelques secondes et maintenant, tu sembles en pleine forme.

— Tu m'as réveillé.

— Je voulais me rendormir, avouai-je en me plaçant sur le côté. Je suis fatigué Lucius.

— D'accord, désolé. Rendors-toi dans ce cas.

— Ne sois pas désolé, mais ne m'en veux pas. Demain ou plutôt aujourd'hui tu es libre et j'aimerais être en pleine forme pour tout ce que nous allons pourvoir faire.

— Je ne vais pas t'en vouloir pour ça Charlie, répliqua-t-il en glissant son genou entre mes jambes.

— Hum parfait, marmonnai-je.

Je fermai les yeux mais je sentis sa main caresser ma hanche.

— Tu ne vas pas abandonner, n'est-ce pas ?

— Je veux juste te toucher un peu. Rendors-toi.

Je hochai la tête et me rapprochai de lui un peu plus avant de me rendormir enfin.

OoOoOoOoO

Je pus percevoir une bouche sur mon bas ventre et j'ouvris difficilement les yeux en papillonnant. Je vis quelques secondes plus tard que c'était Lucius... En même temps, ça ne pouvait pas être quelqu'un d'autre. J'imaginai soudain Geoffroy, Carlos ou même Hulrick et me mis à rire.

— Qu'est-ce qui est si drôle ? me demanda-t-il avant de remplacer ses lèvres par ses dents.

— Hum, rien rien, me repris-je. Continue.

— Plus envie de dormir ?

Il remplaça ses dents par sa langue puis par ses lèvres de nouveau.

— Non plus maintenant. Mais tu es libre de continuer ou non, affirmai-je.

J'espérais qu'il allait comprendre le double sens de ma blague. Il retira ses lèvres et releva la tête pour m'adresser un sourire éblouissant puis il passa sa langue sur toute ma longueur sans me quitter des yeux.

— J'aime te regarder me faire ça, susurrai-je en me mordillant les lèvres.

— Ah oui ? Ça tombe bien, parce que j'aime te faire ça, et j'aime que tu me regardes.

Il me reprit en bouche tout en caressant mes bourses qu'il partit lécher ensuite. Je ne le quittai pas des yeux et évitai de trop bouger des hanches, même si je voulais m'enfoncer dans sa bouche encore et encore jusqu'à la délivrance. Il me tortura ainsi pendant un moment, alternant ses lèvres autour de moi, ses dents frottant doucement contre mon membre et ses coups de langues, son regard toujours ancré au mien dès qu'il en avait l'occasion. J'agrippai ses cheveux en une poigne serrée mais pas douloureuse et rejetai la tête en arrière quand je me sentis enfin perdre pieds. Je gémis et ondulai un peu du bassin avant de me calmer, haletant.

— Ta bouche est définitivement parfaite pour ma queue, murmurai-je en l'attirant à moi pour un baiser.

— Ravi de te l'entendre dire, susurra-t-il à mon oreille après avoir brisé le baiser. Je n'arrive toujours pas à comprendre comment tu peux sentir aussi bon, ajouta-t-il en frottant son nez contre mon cou. Et avoir aussi bon goût.

Il lécha ma peau puis reprit mes lèvres pour un autre baiser. Je nous fis changer de position et m'attelai à le rendre fou, comme il l'avait fait juste avant. Je léchai son ventre et ses cuisses, avant de laper son sexe déjà dressé. Je pus le goûter et je gémis, faisant vibrer son membre. Il gémit à son tour et glissa sa main dans mes cheveux pour accompagner mes mouvements sans cependant me forcer à quoi que ce soit. Mais j'aimais le prendre profondément en bouche, alors que je commençai à le faire aller plus loin, déglutissant mais ressentant un certain plaisir. Je m'appliquai à le rendre fou, au point que ses jambes bougent, ainsi que ses hanches. Je jetai un coup d'œil à son visage et vis avec satisfaction qu'il tournait la tête de gauche à droite.

Je lâchai son sexe et il grogna face à la perte. Je souris et léchai sa longueur, avant de la caresser avec mon nez. Je massai ses bourses et allai titiller son entrée sans la passer, pour revenir ensuite prendre son érection en main.

— Oh oui, gémit-il. Juste... un peu, un tout petit peu... Continue.

Je le fis, ne désirant pas le frustrer et le repris en bouche rapidement, le menant à la délivrance. J'avalai tout son jus et remontai ensuite en une trainée de baiser pour frôler ses lèvres des miennes.

— Monsieur Weasley-Malfoy, que souhaitez-vous faire aujourd'hui ? demandai-je.

— Je ne sais pas trop. Rester avec toi et Bairim. Allez voir Draco. J'ai vraiment du mal à croire que je peux quitter la réserve et ne pas finir à Azkaban à cause de ça.

Il posa ses lèvres contre les miennes et agrippa mes hanches, faisant ensuite remonter ses doigts le long de mes flancs.

— Mais tu le peux. Parce que tu es libre. Je vais pouvoir te faire découvrir le monde moldu, les endroits où je vais faire les courses, t'emmener au restaurant où aller dans un parc avec Bairim. Ils sont des jeux bizarres qui lui plairont. Je n'ai pas encore voulu y aller avec lui, voulant que tu sois là, avouai-je.

— Merci, souffla-t-il en caressant ma joue.

Je souris et caressai sa peau avant de commencer à enfiler quelque chose tout en donnant à Lucius un pantalon.

— Connaissant notre fils, il ne va pas tarder à arriver pour finir sa nuit. C'est une mauvaise habitude, ajoutai-je.

— Hm, fit Lucius avec une moue, visiblement pas convaincu, tout en enfilant son vêtement.

— Quoi ?

— Ça te dérange tant que ça ? me questionna-t-il.

— Oui et non, nous ne pouvons plus profiter l'un de l'autre comme avant.

— Quand il sera à Poudlard, nous pourrons profiter plus que pleinement.

— Ouais ben, j'ai pas non plus envie que cette période arrive rapidement, marmonnai-je en revenant au lit.

— Tu vois, il peut bien nous rejoindre le matin.

— Oui oui, je ne dis pas le contraire, ça apporte un autre plaisir, celui du petit moment câlin en famille... Mais les autres sortes de câlins matinaux me manquent aussi un peu.

— Quel genre ? sourit-il en se collant de nouveau contre moi.

— Du genre interdit aux enfants, ris-je en entendant la porte s'ouvrir.

— Hm, je demanderais des détails plus tard, fit-il alors que Bairim escaladait le lit pour nous rejoindre, écrasant l'un de mes pieds au passage.

— Fait attention, grognai-je pour la forme.

— Pourquoi ? demanda-t-il en se glissant entre nous.

— Tu viens de m'écraser le pied, expliquai-je.

— Suis léger comme une aile, c'est toi qui l'as dit.

— Léger comme un plume, rit Lucius. Mais Bairim, dis pardon.

— Pardon Papa.

— Sinon, tu as bien dormi ? demandai-je en caressant ses cheveux.

— Oui, j'ai fait un rêve et je volais avec Raude et Storme, sur leurs dos, et on allait voir les autres Dragons.

— Les autres Dragons ?

— Oui, avec les autres gardiens comme toi et Pada, et Carlos, et Geoffroy, et Isaac, et Hul...

— Oui mon cœur, l'interrompit Lucius, on a compris.

— Et pourquoi tu as rêvé d'aller voir les autres Dragons ? l'interrogeai-je.

Bairim fronça les sourcils et me regarda étrangement avant de reprendre avec un sourire :

— Je volais sur Raude et Storme.

— Oui oui, ça j'avais compris mon chéri. Mais tu sais aussi que tu es trop jeune pour ça. Plus tard, promis, mais pas maintenant.

— Quand je serais cinq ?

— Non.

Je regardai Lucius, le suppliant de m'aider.

— Quand tu seras dix, fit Lucius en prenant ses deux petites mains dans les siennes pour lui montrer ses dix doigts. Nous en discuterons. Enfin si... Papa est d'accord avec ça.

— Oui, juste avant son entrée à Poudlard, ça me semble un bon compromis.

— C'est qui Poulade ? demanda Bairim.

— Quoi et c'est Poudlard, rectifiai-je amusé. C'est l'école où tu iras quand tu auras 11 ans. Tu apprendras la Magie là-bas.

— C'est loin ?

— En Angleterre, répondis-je. Là où habite Papy, Mamy, tes tontons et tante Ginny.

— Je veux pas aller là-bas ! s'exclama-t-il vivement en croisant les bras tandis que sa lèvre inférieure recouvrait petit à petit la supérieure.

— Pourtant, tu devras y aller et tu aimeras. Tu auras ta propre baguette, tu te feras des amis, et tu reviendras ici pour les vacances.

— Non ! Je dois pas et j'aime pas !

Il se cala contre Lucius et pleurnicha :

— Papa y veut je m'en aille à Poudlad en Anleterre.

— Mais mais... Mais non mon chéri, tu seras heureux d'y aller, seulement là, tu es encore jeune pour t'en rendre compte, expliquai-je en caressant ses cheveux et en séchant ses larmes.

— Non ! Suis pas heureux ! Je veux pas !

Lucius sourit et se mordit la lèvre avant de relever le visage de Bairim vers lui et de lui dire :

— Si tu ne veux pas aller à Poudlard, tu n'iras pas. Ne t'inquiète pas pour ça pour l'instant. D'accord mon cœur ?

— Quoi ? Arrête de lui mettre ça en tête, soufflai-je horrifié.

— Je ne lui mets rien en tête, rétorqua-t-il immédiatement. Je ne vois déjà pas pourquoi on l'inquiète avec Poudlard alors qu'il n'a même pas cinq ans et quand il sera en âge, on ira visiter les écoles et il choisira celle qu'il préfère.

— Non, il ira à Poudlard.

Je me rendis compte qu'une fois de plus, je ne l'écoutais et soufflai :

— Tu as raison, il est trop tôt et ce sera à lui de choisir son école.

— De toute façon, je m'attends à ce que toute la famille Weasley lui vante les mérites de leur merveilleuse école. Dans moins de trois ans, il ira harceler Geoffroy tous les jours pour savoir s'il a reçu du courrier.

— Pas faux, ris-je. Et puis Rose, Victoire et Penelope iront là-bas.

— Je suis certain que les professeurs seront ravis d'avoir une armée de Weasley.

— Oui, bien évidemment, ris-je.

— Je me demande dans quelle maison il irait...

— Gryffondor, répondis-je rapidement.

Je savais que ça ne serait pas le cas, vu qu'il avait déjà commencé à manipuler son petit monde. Il irait donc chez les Serpentard à coup sûr, à ma grande tristesse.

— Il est trop malin pour ça, n'est-ce pas mon cœur ? répliqua Lucius.

— Oui, je suis malin comme Draco. Par contre, il sait toujours pas que toi, c'est Pada et pas Papa.

Lucius rit puis souffla :

— Pas très malin en effet. Mais tu sais, j'étais son Papa avant d'être ton Pada.

— Oh... Pourquoi ?

— Et bien... il est né avant toi et a décidé de m'appeler papa, tout comme ton papa m'appelle Lucius.

— Oui et c'est quoi Lucius ?

— C'est mon prénom, comme toi c'est Bairim, et Papa c'est Charlie.

— Oui mais alors, pourquoi je dois vous appeler Papa et Pada ?

Lucius me lança un regard m'indiquant clairement qu'un peu d'aide ne serait pas de refus, mais il répondit :

— C'est toi qui a décidé de nous appeler comme ça. Si tu veux nous appeler par nos prénoms, tu peux, mais c'est plus... gentil quand tu nous appelles Papa et Pada.

— Alors, tous les autres sont méssant avec vous ?

— Non mon chéri. Mais ils ne sont pas notre fils. C'est quelque chose qui t'est réservé à toi et Draco. Tu comprends ?

— Mais pourquoi Draco y t'appelle pas Pada ou Papa ? me demanda Bairim confus.

— Parce que... je ne suis pas son Papa ni son Pada, répondis-je.

— Pourquoi ?

— Parce que...

Je regardai Lucius, lui demandant clairement de prendre la relève.

— Parce qu'avant d'être marié avec Papa, j'étais avec... une dame, et c'est la maman de Draco. Comme Ginny est la maman de Penelope.

— Mais moi je n'ai pas de maman, fit Bairim d'un air triste.

— Non, mais tu as encore mieux, tu as deux papas qui t'aiment très fort. Et ça, personne ne l'a. Tu es unique mon chéri, expliquai-je.

— Et puis, reprit Lucius, tu n'as pas de maman mais tu as trois tatas et une mamy. C'est bien aussi non ?

— Oui, et j'ai Storme et Raude !

— C'est vrai, acquiesça Lucius avant de se pincer les lèvres.

— Bon et sinon, qui est pour une attaque de chatouille ? demandai-je afin de changer de sujet.

POV Lucius

Nous finîmes par nous lever et Charlie alla aider Bairim à s'habiller tandis que j'enfilais un pantalon et un pull propre. Je partis ensuite en cuisine préparer le petit-déjeuner après avoir entendu Bairim et Charlie se battre gentiment parce que notre fils voulait enfiler une certaine tenue et pas une autre. Je saluai Carlos qui donnait à manger à Penelope puis m'attelai à faire des œufs et quelques crêpes pour tous ceux qui en voulaient.

Je me perdis rapidement dans mes pensées et un sourire étira mes lèvres quand je réalisai que j'étais libre. Libre de sortir de la réserve et de faire ce que je voulais, à peu de choses près. Plus besoin de regarder Charlie partir sans moi, plus besoin de se battre avec le Ministère pour obtenir des autorisations qu'il ne donnait de toute façon pas. Je me demandais néanmoins à quel point j'étais vraiment libre. Allaient-ils débrider ma baguette complètement ? Me permettre d'aller en Angleterre ou bien encore continuer de me surveiller ? Je fis cuir les crêpes et relevai la tête en entendant la porte de la cuisine s'ouvrir sur Carlos :

— Lucius ? Il y a... des Aurors à côté, et ton Ministre.

Je me pinçai les lèvres et lui dis que j'arrivais avant de couper le feu et de rejoindre la salle à manger. Je vis en effet pas moins de cinq Aurors et le Ministre de la magie, ce qui n'était absolument pas pour me rassurer. Qu'est-ce qui allait encore me tomber dessus ?

— Bonjour Monsieur Mal... Weasley-Malfoy.

— Bonjour, répondis-je en retenant une grimace avant de jeter un œil aux Aurors.

Pas de baguettes ni de chaînes entre leurs mains, je prenais ça pour un bon signe.

— Comme vous pouvez vous en doutez, nous venons vous voir à propos de votre jugement, fit de nouveau le Ministre avec un sourire d'hypocrisie.

— Ah.

— Veuillez prendre place, cela ne sera pas long.

Il sortit un dossier d'une mallette et le posa sur la table. J'hésitai quelques secondes mais m'assis finalement en face de lui, me retenant ensuite de jouer avec mes mains.

— Voici les documents attestant que votre peine est terminée. Il y a cinq exemplaires, que vous devez signer et dater. Pendant ce temps, si vous pouviez confier votre baguette aux Aurors afin qu'ils la débrident complètement, cela serait l'idéal.

Je sortis ma baguette tout en retenant ma surprise. L'un des Aurors, que je reconnus comme celui s'étant presque fait agressé par Charlie la fois où il était venu pour une visite de contrôle près de six ans plus tôt, la prit et lui et deux de ses collègues s'éloignèrent tandis que je remplissais les papiers demandés.

— J'aurais aussi besoin de votre gardien. Est-il présent ?

— Il ne devrait pas tarder.

À peine avais-je fini ma phrase que Bairim entra dans la pièce en courant avant de se figer en voyant les Aurors et de me rejoindre, Charlie suivant de quelques secondes.

— C'est qui les Monsieurs ? me demanda Bairim en tirant sur ma manche.

— Des... Ils travaillent au même endroit que Papy.

J'avais failli dire des amis, ne voyant pas comment présenter autrement des étrangers de façon à ne pas effrayer Bairim, mais cela ne me plaisait pas vraiment de les qualifier ainsi.

— Bonjour, fit Charlie. Puis-je connaître la raison de votre présence ?

— Nous finalisons la fin de la peine de Monsieur Mal...Weasley-Malfoy, répondit le Ministre.

— Bien. Puis-je vous être utile ? J'ai entendu que vous me demandiez, fit Charlie étonnement poli.

— Pour votre rôle de gardien, le Ministère vous offre une légère compensation financière à raison de trois noises par jour sur dix ans. Ce qui vous fait un total d'un gallion et cinq mornilles.

Il sortit une bourse de sa mallette et la tendit à Charlie.

— J'aurais aussi besoin de votre signature sur quelques documents.

Charlie acquiesça et signa les papiers tandis que Bairim grimpait sur mes genoux.

— Pada et mon petit-déjeuner ? J'ai faim.

— Dans cinq minutes Bairim, une fois qu'ils seront partis.

Je n'allais pas laisser Charlie seul avec eux, hors de question.

— Voilà, j'ai tout signé, souffla mon mari. Et donc, Lucius est libre d'aller où il veut ? C'est bien ça ?

— C'est bien ça. Libre de respecter les lois également, ajouta l'un des Aurors en me regardant.

Je ne répondis rien et attrapai la main de Bairim qui était en train de tirer sur ma bague pour me la retirer et probablement jouer avec.

— Très bien. Il les respectera, n'ayez aucun doute à ce propos, fit Charlie.

— Bien.

L'un des Aurors me tendit ma baguette et le Ministre reprit ses papiers et sa mallette puis se leva.

— Je vous souhaite bonne continuation à vous. Au plaisir, fit le Ministre avec cette voix hypocrite. Mes salutations à Monsieur Potter.

— Nous n'y manquerons pas, répliquai-je avec un sourire tout aussi faux que le sien. Il en sera ravi, j'en suis certain.

Il allait surtout râler pendant dix bonnes minutes que même après avoir quitté le pays, le Ministre se sentait encore obligé de lui lécher les pieds.

Ils quittèrent le bâtiment rapidement et Charlie me prit dans ses bras.

— J'espère que tu es fier de moi, murmura-t-il en embrassant mon cou.

— Très, répondis-je en lui laissant un meilleur accès pour qu'il continue ses caresses.

— J'ai faim ! dit Bairim après à peine trois secondes.

— Faim comment ? Parce que je fais un câlin à Pada et si tu n'as pas assez faim, je vais continuer encore un petit moment, rit Charlie.

Bairim commença à répondre mais je posai gentiment ma main sur sa bouche afin qu'il se taise.

— Pourquoi tu fais ça ? souffla Charlie d'une voix surprise.

— Je ne veux pas que tu t'arrêtes, répondis-je comme si c'était évident.

Merlin, c'était évident. Je retirai néanmoins ma main de la bouche de mon fils qui me lança un regard sombre puis me levai, lui dans mes bras, pour l'emmener à la cuisine et lui donner un chocolat qui lui rendit le sourire immédiatement. Il mit la paille dans sa bouche avec le même air ravi qu'avait Charlie quand il en faisait de même et je dus me retenir de rire puis finis de préparer le petit-déjeuner.

— Regarde qui voilà, fit Charlie en revenant avec Penelope dans les bras. Carlos est parti se préparer. Dis bonjour à tonton Lucius, fit-il en bougeant la main de l'enfant.

Je lui souris et mis les œufs que je venais de réchauffer ainsi que les crêpes dans une assiette puis allai les déposer sur la table de la salle à manger. Bairim me suivait de près, un pot de chocolat à tartiner dans la main et sa brique de chocolat au lait dans l'autre. Je secouai la tête, amusé, et l'assis sur sa chaise avant de lui servir son petit-déjeuner. Je repensais ensuite aux mots de Charlie et me figeai en réalisant qu'en effet, j'étais bien l'un des oncles de Penelope, par alliance mais tout de même. Après un peu plus d'un an, il était plus que temps.

— Hum... ça sent bon, fit Geoffroy en prenant place. Alors, comment se sent-on une fois libre ? demanda-t-il en se servant des crêpes.

— Je présume que je sentirais le changement une fois sorti d'ici.

— Oui, de toute manière, vous avez votre journée. Cadeau de la maison.

— Merci, dis-je sincèrement tandis que Charlie nous rejoignait. Alors, lui demandai-je ensuite, on fait quoi aujourd'hui ? Des idées ?

— Je te dirais bien de rester au lit toute la journée, mais sortir et te montrer la ville, et autres. Manger à l'extérieur aussi. Soit dans un restaurant, soit un...

Il se tut et secoua la tête :

— J'ai oublié le non, mais c'est de la nourriture rapide.

J'acquiesçai et nous prîmes notre petit-déjeuner tranquillement avant de partir en ville.

OoOoOoOoO

Nous avions visité la ville, moldue et sorcière, puis mangé dans un Fast-food, restaurant qui ne m'emballa pas spécialement mais qui fit extrêmement plaisir à Bairim, surtout quand il avait trouvé et ouvert le jeu fourni avec sa nourriture. Nous avions repris notre promenade et j'étais parvenu à m'échapper à un moment donné, quelques minutes, afin d'acheter quelque chose que Draco m'avait conseillé. Nous étions ensuite allés au parc moldu où Bairim se fit quelques nouveaux amis puis nous étions partis prendre le thé chez Harry et Draco, et je pus enfin découvrir leur appartement, en effet envahi de plantes vertes en tous genres.

— Est-ce que tu prévois d'aller sur la tombe de mère ? demanda Draco.

— Et bien, oui, répondis-je après près d'une minute, totalement pris de court.

J'avais en effet prévu d'y aller bientôt mais je n'avais pas envisagé une seule seconde que Draco me poserait cette question, surtout que je n'avais même pas abordé le sujet avec Charlie.

— Ça te dérange si je t'accompagne ? Je n'y suis plus allé depuis un moment. Et puis, je suis persuadé qu'elle aimerait rencontrer Bairim... enfin, que tu lui présentes officiellement.

— Oui, enfin non, ça ne me dérange pas, pas du tout même.

— Bien. Sinon, vous avez prévu quoi pour la soirée ?

— Quand comptes-tu aller en Angleterre ? demanda Charlie en se tournant vers moi. Parce que je pourrais essayer d'avoir quelques jours histoires de rester sur place.

— Je ne sais pas, quand tu veux. Bientôt si possible.

Je devais avouer être un peu chamboulé. J'avais en effet prévu d'aller visiter la tombe de Narcissa mais cela était pour l'instant resté à l'état de projet alors que là, cela devenait réel. Je voulais y aller mais me rendre là-bas et voir sa tombe, cela allait me faire réaliser qu'elle était vraiment... morte. Bien sûr, je le savais mais il y avait une différence entre savoir quelque chose et le voir. Et je n'étais plus si certain de vouloir emmener Bairim là-bas. C'était un cimetière après tout et il était peut-être trop jeune pour cela. Et puis, s'il demandait pourquoi elle était morte, je n'étais pas non plus certain d'avoir le courage de lui avouer la vérité.

— Je vous ressers ? demanda Harry en se levant.

— Okay, je verrais ça avec Geoffroy, répondit Charlie.

— Oui... oui, d'accord, dis-je en réponse à Harry et Charlie.

— Regardez-le, rit mon mari. Tout perturbé d'avoir autant de possibilité. Mais sache qu'il y aura aussi un voyage de noce à un moment donné, même si Bairim sera avec nous.

— Je ne suis pas perturbé, répliquai-je immédiatement. Et un voyage de noce ?

— Oui, pourquoi cet air étonné ? demanda-t-il.

— Parce que je suis étonné. Je ne pensais pas que c'était dans tes projets.

— Cela ne l'était pas vraiment jusqu'à il y a dix minutes et que j'y pense, en réalité, avoua-t-il.

— Je me disais aussi, souris-je en posant ma main sur sa cuisse. Une destination te ferait plaisir ?

— Aucune idée. Et toi ? Un endroit où tu voudrais aller ?

— Pas en particulier non, je ne pense pas.

— Si vous allez en Afrique, je veux des photos, fit Draco. Et rapportez-moi une plante ou deux.

Je ne manquai pas la mine dépitée d'Harry et ne pus m'empêcher de rire sous cape, me faisant gagner un regard sombre de la part de Draco qui tira ensuite la langue à Harry.

OoOoOoOoO

La fin de l'après-midi passa tranquillement et nous finîmes par manger avec Draco et Harry qui nous invitèrent. Nous quittâmes leur appartement à 22h passée et nous allâmes immédiatement coucher Bairim qui s'était endormi dans nos bras. Je déposai mon achat au-dessus de l'armoire discrètement, puis nous allâmes ensuite prendre une douche au cours de laquelle nous échangeâmes quelques caresses, puis nous regagnâmes notre lit. Charlie s'allongea sur le côté et je me collai contre son dos, enfouissant mon nez contre sa nuque, ses cheveux chatouillant mon visage.

— J'ai passé une très bonne journée, merci, chuchotai-je après quelques minutes.

— Moi aussi. Tu ne peux pas imaginer le plaisir que j'ai ressenti à ta présence près de moi dans les rues. Cela fait des années que tu me manques.

— Et maintenant tu vas m'avoir sur le dos tout le temps, tu risques d'en avoir marre dans quelques semaines, souris-je contre sa peau.

— Pas grave... ça mettra un peu d'animation.

— Tt, fis-je en le pinçant. Si tu avais été un mari parfait, tu aurais répliqué que jamais tu en aurais eu assez de moi.

J'embrassai sa nuque puis son épaule tout en inspirant son odeur.

— Alors je ne suis pas un mari parfait. De toute manière, nous ne pouvons pas l'être tous les deux.

— C'est ça, ris-je doucement, rattrape-toi.

— Et que m'offres-tu en échange ? chuchota-t-il.

— Que voudrais-tu ?

— Hum... un chocolat.

— Maintenant ?

— Oui, pourquoi ? Je n'ai plus le droit d'en boire après une certaine heure, rit-il.

Je soupirai et le relâchai avant de me lever et d'enfiler un pantalon.

— Non mais je vous jure, râlai-je gentiment. Qu'est-ce que tu me fais pas faire. Chaud ou froid ?

— Froid, une brique suffit. Mais je te promets de ne pas faire de bruit, ajouta-t-il.

— Hm.

Je partis en cuisine en me frottant les yeux et vis Carlos en train de faire un biberon à Penelope qui pleurait dans ses bras.

— Besoin d'aide ? lui demandai-je.

— Oui, si ça ne te dérange pas. Je commence à vous comprendre.

— Je m'en occupe, souris-je en préparant le biberon que je lui tendis ensuite.

Il le présenta à Penelope qui se jeta dessus comme une affamée.

— Qu'est-ce que tu fais là au fait ? me demanda-t-il après avoir cessé de regarder sa fille comme si elle était la plus belle chose au monde.

— J'ai moi aussi un bébé à nourrir, répondis-je en attrapant une brique de lait au chocolat.

— Il s'est réveillé ? Il semblait pourtant bien parti pour finir sa nuit.

— Je ne parle pas de Bairim, souris-je.

Il mit quelques secondes à comprendre avant de rire.

— Merlin, tu aurais dû me choisir, plaisanta-t-il.

— Ah oui ?

— Oui. Ma famille n'est pas envahissante, je suis plus bel homme et je ne suis pas accro au chocolat.

— Présenté comme ça, je dois avouer que c'est tentant.

— Ouais je sais. Bon, tu devrais filer, avant que le bébé ne râle après son chocolat.

— Je lui dirais que tu m'as retenu, dis-je en sortant de la cuisine. Bonne soirée.

Je regagnai notre chambre et donnai son chocolat à Charlie avant de me glisser à nouveau sous les couvertures.

— Je viens de penser à un truc, fit-il entre deux gorgées. Tu te souviens de ce qu'a dit Bairim vis-à-vis des autres Dragons ?

— Oui, répondis-je avec une légère hésitation.

— Je me suis dit qu'on pourrait visiter les pays où sont présentes les réserves, y passer quelques jours, visiter, profiter, puis de nous rendre sur place avec Bairim une petite heure, comme un petit coucou entre collègue. Non ?

— Quand ça ? Je ne suis pas certain que Geoffroy nous donne assez de vacances pour que l'on puisse faire ça plus un voyage de noces.

— Ah mais ce serait notre voyage de noce, fit-il comme si c'était évident.

Quand il avait parlé voyage de noce chez Draco, j'avais pensé que ce serait une très bonne idée et que nous pourrions nous retrouver tous les trois tranquillement, sans problèmes en tous genres et pour une fois depuis dix ans, sans Dragons. Je m'étais visiblement trompé. Donc, notre voyage de noces deviendrait une visite de réserves ? Je détestais l'idée mais...

— Tu aimerais ? demandai-je.

— Disons que ça rendrait moins suspicieux notre visite depuis qu'ils sont au courant du lien que j'ai avec Émeraude, mais... ce n'était pas l'idée du voyage de noce. Et puis, le bon côté, c'est que nous pourrions voir plusieurs pays.

Plusieurs Dragons également, plein de Dragons. En même temps, j'allais passer ma vie entouré de Dragons, autant que je me fasse à l'idée non ?! Je retins un soupir puis étirai mes lèvres en un sourire qui je l'espérais, semblait sincère.

— Comme tu veux.

— Non, pas comme je veux. Je te demande ton avis, c'est que je souhaite le prendre en compte et là, je vois à ta tête que tu ne souhaites pas que l'on fasse comme ça. Nous trouverons une solution si Bairim en reparle.

— J'avais juste pensé qu'on pourrait faire ça sans Dragons pour une fois. Mais si c'est plus pratique ou moins suspicieux ou la seule solution, alors d'accord, on leur dira qu'on fait notre voyage de noces et qu'on a décidé de passer les voir.

— Non non, tu as raison. Tu mérites un peu de passer en premier. Ce sera sans Dragons !

— C'est pas une question de passer en premier... Je ne veux pas que tu dises oui à tout ce que je dis parce que j'étais mal en point il y a quelques semaines.

— Ce n'est pas le cas. Mais je suis lucide et je sais que les Dragons sont une source de conflit entre nous. Je t'écoute, même quand tu ne dis pas ce que tu ressens et là, c'est flagrant mon amour que tu ne désires pas lier notre voyage de noce aux Dragons. Mais je vois aussi que tu trouves mon corps sublime et que tu n'as qu'une envie, le prendre toute la nuit.

— Et à quoi le vois-tu ? soufflai-je en l'attirant au-dessus de moi avant de poser mes lèvres contre les siennes.

— Ça, c'est un secret, répondit-il en embrassant ma clavicule.

— On est marié, tu n'es pas censé avoir de secrets pour moi...

— Ce n'est pas du jeu, marmonna-t-il en revenant contre mes lèvres.

— Bien sûr que si.

— Alors je vais être forcé d'avoué que j'ai menti. Je pense que cela mérite une punition, non ?

Un sourire étira mes lèvres et j'échangeais nos positions avant de me lever. Je fermai les deux portes, celle menant au couloir et celle menant à la chambre de Bairim, puis j'apposai un sort de silence sur la pièce et mis néanmoins le baby phone en marche, au cas où.

— Dois-je en déduire que tu vas me punir pour t'avoir menti ? demanda-t-il mi apeuré, mi excité.

— On peut dire ça comme ça, je présume, répondis-je en prenant quelque chose au-dessus de l'armoire.

— C'est quoi ?

— Rien, répondis-je en dissimulant les liens dans mon poing.

Je m'assis ensuite sur ses hanches et enroulai les liens autour de ses poignets avant de les attacher à la tête de lit. Je vérifiai qu'ils étaient bien fixés sans cependant le blesser puis j'attrapai ma baguette que je posai sur le ruban de cuir tout en murmurant la formule adéquate.

— Bordel, je vais finir par les jeter ses foutus liens ! siffla-t-il la voix sonnant fausse.

— Menteur. Surtout que ceux-là ont un petit plus.

— Et quoi donc ?

Je pris le second lien que j'enroulais autour de l'un de mes poignets. Je posai ensuite ma baguette contre puis murmurai une formule un tantinet différente de la sienne. Je posai la main sur son membre qui durcit rapidement et me mordit la lèvre en sentant l'excitation monter en moi. Charlie eut un hoquet de surprise et mon sourire s'agrandit.

— Non seulement tu vas ressentir ton plaisir et ton désir... mais les miens également.

— Oh bordel de Merlin ! gémit-il.

— Dois-je en déduire que ça te convient ? soufflai-je en me penchant pour aller lécher la peau de son cou.

— Oui, oui, parfait...ement.

— Bien. Ça t'embête si je fais une petite expérience ?

— Ça m'embête si tu t'arrêtes !

— Je vais prendre ça pour un non, souris-je avant de m'asseoir à côté de lui sur le lit.

— Depuis quand on a ce truc, grogna-t-il.

— Depuis que j'ai été l'acheter, répondis-je en me gorgeant de son image.

Il était tout bonnement magnifique, ainsi allongé sur le lit. Je glissai mes doigts le long de mon torse puis les fis descendre et remonter sur ma longueur, me mordant les lèvres en sentant le plaisir monter petit à petit.

— C'est... c'est... incroyable. Je...

Il gémit et tenta de se détacher avant de gémir plus fortement.

— Te voir faire m'excite déjà, mais bordel, le ressentir !

Mon sourire s'élargit et mon excitation grandit plus encore en voyant son propre sexe tressauter et ses hanches bouger au même rythme que les miennes. Je me penchai sur lui pour poser mes lèvres sur les siennes. Il s'empressa de me pénétrer de sa langue et fouilla ma bouche comme un affamé. Je gémis puis m'éloignai de lui pour continuer de l'observer.

— Tu réalises que tu vas probablement jouir sans que je ne te touche, hm ? Sans que tu ne te touches non plus d'ailleurs, remarquai-je en me mordant la lèvre sous le plaisir.

Il se mordit la sienne et ferma les yeux.

— Je... Je ne savais pas que ma simple vue te faisait autant de bien. Un jour, faudra que tu essaies tes liens.

— Ta vue, acquiesçai-je. Ton odeur, ajoutai-je en en me penchant sur lui pour inspirer son parfum naturel avant de lécher l'un de ses tétons. Ton goût, ta peau. Tout me fait du bien chez toi.

Il grogna et j'accélérai les mouvements de mon poignet sur mon membre. Quand je sentis le plaisir me submerger, je mordis son bouton de clair et nous jouîmes au même instant sans que je n'aie besoin de le toucher, ce qui m'excita plus encore.

— Je t'aime, croassa-t-il en fermant les yeux.

Je souris contre sa peau puis remontai embrasser son cou. Je m'allongeai ensuite à ses côtés et glissai ma jambe entre les siennes tout en caressant son torse.

— Je t'aime aussi, murmurai-je au creux de son oreille. Dragostea mea.

— Enlève-moi le lien, tout de suite. S'il te plait, ajouta-t-il.

— Pourquoi ?

— S'il te plait, fit-il sans répondre.

— Comme tu veux. Je te détache seulement ou je te l'enlève complètement ? lui demandai-je en défaisant le nœud qui maintenait ses poignets accrochés au montant du lit.

— Je veux que tu inverses les rôles.

— D'accord.

Je le détachai puis enroulai correctement son lien autour de l'un de ses poignets. Je pris ma baguette et inversai les formules.

— Voilà, souris-je en embrassant sa mâchoire.

Il s'écarta rapidement de moi et se posta au bout du lit.

— Maintenant, redis-le, chuchota-t-il tout en se caressant le torse.

— Redire quoi ?

Je ne le quittai pas des yeux et sentis rapidement une chaleur agréable m'envahir.

— Tu le sais, répliqua-t-il en se mordant la lèvre. Redis-le.

Je retins le sourire ravi qui voulait désespérément étirer mes lèvres et soufflai :

— Dragostea mea.

À peine avais-je fini de dire ses mots que je ressentis une explosion de sensation. Je sentis mon estomac se contracter et une chaleur remonter dans tout mon corps tandis que mon membre réagissait également et se redressait. Je me sentis soudainement tellement bien que j'en eus presque le souffle coupé et je ne pus m'empêcher de fermer les yeux pour en profiter pleinement.

— Et ça comparé à l'amour que je peux ressentir, n'est rien.

— Si j'avais su que ça te faisait ça, je te l'aurais dit plus souvent, soufflai-je en rouvrant les yeux.

— Et c'est moi que tu qualifies d'allumeur.

— Ça n'a rien à voir. Et puis, je crois me souvenir que tu voulais que je t'allume...

Il se releva et commença à chantonner un rythme, tout en jouant des hanches et en se pinçant les tétons.

— Mon amour, j'aime t'allumer.

— Ça, j'avais remarqué, grognai-je avant de me mordre violemment la lèvre.

Il descendit sa main et caressa son ventre, tout en rejetant la tête en arrière. Mes poings se resserrèrent autour du drap et je passai ma langue sur mes lèvres. Le regarder était déjà quelque chose d'incroyablement excitant mais ressentir son plaisir en plus, c'était tout bonnement... magique. Et bon, vraiment vraiment bon. Il commença à se prendre en main tout en bougeant son bassin d'avant en arrière. Mes hanches commencèrent à se mouvoir d'elles-mêmes et je murmurai son prénom en boucle. Merlin, là tout de suite, je n'arrivais vraiment pas à savoir si ses liens étaient la meilleure ou la pire invention du monde sorcier.

OoOoOoOoO

Cela faisait trois semaines que j'étais libre à présent et Geoffroy nous avait donné notre week-end afin que nous puissions aller en Angleterre. Nous venions donc de rétrécir nos valises et de partir tous les trois chez Harry et Draco puisqu'ils venaient avec nous et nous fournissaient le Portoloin. Nous atterrîmes rapidement dans une auberge sorcière dont nous empruntâmes le réseau de Cheminette pour gagner l'appartement de mon fils. Lui et son mari nous attendaient, assis sur le canapé, et nous discutâmes quelques minutes avant qu'il ne soit l'heure de partir. Harry sortit le Portoloin et j'expliquai à Bairim qu'il allait probablement se sentir un peu malade après mais il ne fit pas particulièrement attention à ce que je lui racontais. Je pris mon fils dans mes bras et attrapai le Portoloin à mon tour. Quelques secondes plus tard, nous nous retrouvâmes au Ministère anglais et je clignai des yeux pour faire passer la gêne engendrée par ce moyen de transport tandis que Bairim se mit à chouiner.

— Bobo nombril, fit-il.

Je passai la main sur son ventre et embrassai sa tempe en attendant qu'il se calme. Charlie vint le consoler également et Bairim finit par se calmer après une minute ou deux. Nous sortîmes donc de la pièce dans laquelle nous étions et rejoignîmes le réseau des Cheminettes tranquillement.

— Où allons-nous en premier lieu ? demandai-je à Draco quand nous arrivâmes dans la grande salle des départs et arrivées.

— La politesse voudrait que nous allions saluer Molly et Arthur, me fit remarquer mon fils.

— La politesse voudrait que nous ayons annoncés notre arrivée, répliquai-immédiatement.

Draco me tira la langue et souffla :

— Comme vous voulez alors.

Je lançai un regard interrogateur à Charlie et Harry mais me retournai en entendant mon prénom.

— Lucius ? me dit un homme grand et brun qui ne me rappela absolument rien.

Déjà qu'il était surprenant que quelqu'un en Angleterre m'appelle par mon prénom, cela l'était encore plus qu'il n'y ait aucune animosité dans sa voix.

— Tu n'as presque pas changé, ajouta-t-il avec un sourire tandis que je fronçai les sourcils.

— Nous nous connaissons ?

— Je suis offensé, fit-il en posant sa main sur mon épaule. Lewis, Lewis Stanford !

— Oh bien sûr. Je... je ne m'attendais pas vraiment à te voir ici. Ni à te voir tout court d'ailleurs.

— En même temps, la dernière fois que tu as entendu parler de moi, j'étais à Sainte-Mangouste, répondit-il avec un sourire indulgent.

Je me mordis la lèvre, extrêmement gêné, et me pinçai les lèvres quand les souvenirs me revinrent.

— Je suis... ravi de voir que tu vas mieux, vraiment. Et je suis désolé pour ce qu'il s'est passé.

Je ne m'étais jamais excusé auprès de lui puisqu'à ce moment-là, j'étais un Malfoy pur et dur et nous n'étions pas connus pour nos excuses. Et puis ensuite, nous ne nous étions en effet plus revus. Merlin, ça faisait combien de temps maintenant ? Presque quarante ans et il se souvenait encore de moi...

— J'ai appris pour ta peine et... jolie petite famille. C'est ton fils ? J'en ai entendu parler à votre venue pour le grand mariage du siècle.

— Oui, c'est Bairim. Et Draco, ajoutai-je en indiquant mon autre fils qui me regardait étrangement.

— Charlie, son mari, fit justement Charlie en lui présentant sa main.

Sa voix avait été assez dure en se présentant.

— Enchanté, fit Lewis en la lui serrant. Qui aurait cru que le grand Lucius Malfoy finirait avec un Weasley.

— Lewis, intervins-je, vaguement réprobateur.

— Ce n'est pas une critique, je suis content pour toi, vraiment.

— Puis-je savoir qui vous êtes exactement ? demanda Charlie d'une voix trop calme.

Je passai immédiatement mon bras autour de sa taille tandis que Lewis me lançait un regard interrogateur. Il était probablement préférable que je réponde à cela moi-même, en effet.

— Un ami, de Poudlard.

— Tu n'en as jamais parlé, fit Draco.

Il présenta sa main et ajouta :

— Je suis heureux de rencontrer un ami de Papa.

— Et je suis ravi de rencontrer ses enfants, répondit Lewis avec un grand sourire en lui tendant la main. Vous ressemblez beaucoup à votre père, ajouta-t-il ensuite avec le même regard qu'il portait sur moi des années plus tôt.

— Et le mari de Draco, intervins-je en indiquant Harry avant d'adresser à Lewis un regard réprobateur.

C'était quand même fou de retomber sur lui après toutes ces années, et surtout de réaliser qu'il ne semblait pas vraiment avoir changé. Chose qui me rassura énormément. Au moins mon père ne l'avait pas traumatisé à vie.

— Que de bons souvenirs, souffla Lewis en me regardant. Qui sait ce que les choses seraient devenues si ton père ne nous avait pas pris en flagrant délit.

Je sentis Charlie se tendre à mes côtés et le regard interrogateur de Draco.

— Merci Lewis, marmonnai-je. Je n'arrive pas à croire que tu fasses toujours ça.

— À ton service, répondit-il avec un clin d'œil.

Il caressa la joue de Bairim et ajouta :

— Je suis attendu, mais ce fut un réel plaisir. N'hésite pas à m'envoyer du courrier, je serais extrêmement ravi d'y répondre.

— J'y penserai, répondis-je honnêtement.

Il me sourit puis nous salua et disparut rapidement dans l'une des cheminées. Bon.

— Okay, il a de la chance que nous sommes dans un lieu public, grogna Charlie.

— Il n'a rien fait de mal, répliquai-je doucement. Ne sois pas jaloux...

— C'est lui n'est-ce pas ? Bordel, je peux accepter ta femme, et avoir du respect pour elle, mais lui... Je ne l'aime pas !

— Pourquoi ?

Le revoir m'avait rappelé ce que nous avions vécu à Poudlard et à quel point je l'avais apprécié en tant qu'ami. Alors j'aurais aimé pouvoir le revoir de nouveau mais si Charlie le détestait à ce point...

— Tu as vu le regard qu'il a posé sur toi ? Il a encore des vues, c'est certain. Et puis, Merlin, il t'a limite embrassé !

— Charlie, il m'a à peine touché.

— C'est bien pourquoi j'ai employé le mot "limite" !

— Charlie, il semblait tout à fait sympathique, hormis le regard qu'il a posé sur Draco, bien entendu, fit Harry.

— Tu vois ?! ajoutai-je à l'intention de mon mari. Il s'est plus intéressé à Draco, pas à moi.

— Pardon ? fit ce dernier surpris. J'ai du mal à vous suivre.

— Ne t'en fais pas, répondis-je à mon fils. Ça t'embêterait vraiment que je garde contact avec lui ? demandai-je ensuite à Charlie.

Il sembla hésiter et soupira en disant :

— On en discutera en privé.

— D'accord.

J'embrassai sa tempe puis avisai une Cheminée vide.

— Nous allons donc chez Arthur et Molly d'abord ?

— Attends, intervint Draco. Je ne comprends pas du coup c'est quoi le problème avec Lewis ? Et qu'est-ce que vous faisiez quand Grand-père vous a surpris. Tu ne m'as jamais parlé de ça.

— Draco..., soupirai-je.

— J'attends !

— Peut-être pourrions-nous en parler ailleurs ?

— Pourquoi ?

— Parce que nous sommes au beau milieu du Ministère.

— Très bien, fit-il avant de partir et de disparaître dans une cheminette en murmurant « Le Terrier ».

Je me retins de lever les yeux au ciel et soupirai :

— Il ne va quand même pas me faire la tête pour ça...

— On dirait que tu ne le connais pas, fit Harry. Il m'a fait la gueule pendant deux jours parce que j'ai cassé une de ses plantes. Alors pour ça... je dirais une semaine.

Il partit aussi et j'entendis Charlie rire.

— Je lui ai demandé d'attendre cinq malheureuses minutes. Une semaine... Et toi arrêtes de rire, si tu arrives au Terrier dans cet état, il va m'en vouloir encore plus.

— Pas ma faute, articula-t-il difficilement.

Je le pinçai puis nous dirigeai dans la Cheminée. Il se reprit légèrement et jeta une poignée tout en soufflant le nom de la maison de ses parents. Nous arrivâmes dans le salon et je croisai immédiatement le regard froid et interrogateur de Draco avant d'aviser l'air embêté d'Harry.

— Maman ? cria Charlie faisant de ce fait sursauter Bairim.

— Je crois qu'il n'y a personne, fit Harry en indiquant l'horloge de présence des Weasley.

— Oh, souffla mon mari.

— Au risque de me répéter, dis-je après quelques secondes. C'est pourquoi il est préférable d'annoncer sa venue.

— Et les visites surprises ? fit Draco. En plus, ils sont tous en Roumanie, montra-t-il la pendule.

— Magnifique, soufflai-je en secouant la tête. Que fait-on, donc ?

— On peut rendre visite à ta femme, proposa Charlie, puis faire les magasins. Côté sorcier ou moldu, c'est comme vous voulez.

Draco et Harry acquiescèrent et mon fils voulut repartir immédiatement dans la Cheminée mais je l'interceptai avant :

— On pourrait discuter une minute, s'il te plait ?

— Comme tu veux, je ne veux en rien te forcer.

— Draco, viens ! ordonnai-je en l'attirant dans ce qui était, si je me souvenais bien, la cuisine.

Je refermai la porte derrière nous et soupirai :

— Arrête de faire ça, s'il te plait.

— De faire quoi exactement ? De te montrer ma déception ? Que je suis humain et ressent des émotions ?!

— De m'en vouloir pour tout et n'importe quoi. Je te demande de patienter cinq minutes jusqu'à ce que l'on soit dans un endroit plus privé et cela te déçoit ? Je suis désolé Draco mais dans ce cas, je vois mal comment je pourrais faire pour ne pas te décevoir.

— Oui bon, tu as raison, mais ça n'enlève rien au fait que je devrais déjà être au courant de l'existence de cet ami.

— Pour être honnête, j'évite d'en parler ou même d'y repenser habituellement et Charlie est au courant parce que... disons que j'ai dû lui en parler.

— C'est-à-dire ? Pourquoi mam... mère n'était pas au courant ?

— Peut-être l'était-elle, je n'en suis pas certain. Et parce que par ma faute, il a passé une partie de sa vie à Sainte-Mangouste.

Il fronça les sourcils.

— Je suis encore plus perdu Papa.

J'inspirai profondément puis me lançai :

— Nous étions amis et ensuite, nous avons été plus que cela. Mon père nous a surprit dans une position compromettante, un peu comme toi il y a quelques années maintenant, sauf que lui ne l'a clairement pas bien pris. Lewis est parti un moment dans le service psychiatrique de Sainte-Mangouste et... enfin voilà.

— Oh... Ah... Eh ben, je comprends mieux la jalousie de Charlie. Il semblait heureux de te revoir, ça a dû te faire plaisir.

— En effet, il avait l'air d'aller bien et de ne pas trop m'en vouloir. Et Charlie n'a aucune raison d'être jaloux.

— Il doit le savoir au fond de lui. Il ne devait pas s'y attendre. Bon, on y va ?

— C'est bon, je suis pardonné ? lui demandai-je néanmoins en ouvrant la porte.

— Oui, j'ai surjoué un peu. Je dois l'avouer, j'aime ça.

— Tu es bien comme ta mère, je plains ce pauvre Harry. Le Survivant n'a sûrement jamais autant mérité son nom, le taquinai-je ensuite.

— En attendant, à la moindre dispute, il m'offre de jolis cadeaux.

— Tu n'as pas volé ta place à Serpentard toi, c'est certain.

Il m'adressa un sourire innocent et nous rejoignîmes nos maris respectifs avant de partir pour le cimetière. Je m'arrêtai aux portes et hésitai. Merlin, je ne savais même pas où se trouvait la tombe de ma femme.

— Suis-moi, je vais te montrer, fit Draco la voix émue.

J'embrassai sa tempe puis le suivis à travers les allées, Harry, Charlie et Bairim sur les talons. Je vis Draco se poster devant une pierre tombale et je me pinçai les lèvres et serrai des poings. Je m'avançai pour le rejoindre tandis que les autres s'étaient arrêtés au bout de l'allée. Je me postai à côté de mon fils et fermai les yeux tandis que mon estomac se contractait. Je rouvris les yeux après quelques secondes et me mordis la lèvre en voyant son nom et ses dates étalées sur la pierre simple. Après ce qu'elle avait fait pour ce pays, pour son fils et pour moi, elle méritait définitivement mieux que ça. Elle avait probablement sauvé la vie du Sauveur du Monde Sorcier, mettant la sienne en danger, et tout le monde s'en fichait. Je m'incitai au calme et m'avançai pour poser la main sur la pierre froide. Je ne pus m'empêcher de revoir la première fois que je l'avais rencontrée, son sourire le jour de l'accouchement de Draco et ses crises de fou rire nerveux après les visites de mes parents. Je la revis tomber au sol le jour de la bataille de Poudlard et secouai la tête avant de souffler :

— On va arranger ça. Changer la pierre et te donner ce que tu mérites. Je suis vraiment désolé que les choses aient tournées de cette façon.

Je sortis ma baguette et rendis une apparence décente au bouquet défraichis devant sa tombe en me promettant de lui en ramener un avant de repartir en Roumanie. Je retournai ensuite auprès de Draco et le pris dans mes bras.

— Je suis désolé papa... Je... Je n'ai jamais pensé à ça.

— Tu n'as rien à te reprocher Draco, ce n'était pas vraiment à toi d'y penser de toute façon.

— Si j'aurais dû. Je suis un mauvais fils !

— Je t'interdis de dire ça ! répliquai-je immédiatement en relevant son menton afin de plonger mon regard dans le sien. Elle était extrêmement fière de toi et en venant ici, tu t'intéressais plus à elle qu'à sa pierre tombale, et c'est normal. Tu ne dois pas t'en vouloir pour ça.

Il hocha la tête et me serra une nouvelle fois.

— Elle t'aimait énormément Draco, je suis certain qu'elle est ravie de savoir qu'elle a contribué à ton bonheur en aidant Harry ce jour-là et je sais qu'elle aurait beaucoup aimé que tu l'appelles maman...

— Je ne sais pas, je n'ose pas. Et c'est vrai, sourit-il ensuite, sans elle, Harry ne serait plus là. Elle est la base de mon bonheur actuel.

— Draco, beaucoup de choses que l'on a fait elle et moi, ou que l'on t'a appris, c'était en grande partie pour plaire à nos parents. Je suppose qu'à défaut de m'avoir laissé épouser qui je voulais, Père a choisi la meilleure femme sur laquelle je pouvais tomber.

— Oui, c'était une bonne épouse et une bonne mère. Mieux que toi à cette époque, pardonne-moi.

— Tu n'as rien à te faire pardonner. Elle était bien meilleure que moi, l'a probablement toujours été d'ailleurs.

— Elle serait fier de toi aujourd'hui. Parce que tu es toi-même. Je me souviens de ses coups de gueule maintenant, quand elle te reprochait de ressembler à ton père. Elle ne t'aimait pas comme ça, je pense.

— Je voulais être un parfait Malfoy, répondis-je en haussant les épaules. Tu as eu également cette période, même si Merlin merci, elle a duré bien moins longtemps chez toi.

— Espérons que Bairim souhaitera être un parfait Weasley, répliqua-t-il en riant.

— Par Salazar non. Un mélange équitable serait une bonne chose, je pense. Et puis, il n'ira sûrement pas à Gryffondor, ajoutai-je avec un sourire satisfait.

Je n'avais concrètement rien contre la maison en elle-même, mais quand même, j'étais satisfait que mon fils me ressemble au moins un peu.

— Que dois-je déduire à ça, murmura soudain Charlie au creux de mon oreille.

— Rien du tout, soufflai-je après avoir légèrement sursauté. Depuis quand es-tu devenu si discret ?

— Je ne sais pas exactement, sourit-il.

— Hm.

— C'est qui ? intervint Bairim avant d'essayer de lire le nom sur la tombe. Nar-ciss-a Malfoy. Pourquoi elle s'appelle comme nous ?

— C'était la maman de Draco. On t'en a parlé, tu te souviens ?

— Oh... la maman de Draco s'est une pierre ? s'exclama-t-il surpris.

Il courut jusqu'à la tombe et déposa un baiser, puis revint se placer entre mes jambes. Je le pris dans mes bras en essayant de retenir à la fois des larmes et un sourire.

— Non mon cœur. Mais... Elle est au ciel maintenant, et quand on vient ici et qu'on lui parle, elle nous entend encore mieux, même si elle ne peut pas nous répondre.

Je jetai un regard incertain à Charlie et Draco. Mon explication n'était probablement pas parfaite mais je me voyais mal lui expliquer qu'elle était sous la pierre ou le connaissant, il aurait voulu creuser pour l'aider à sortir. Et si je lui avais seulement dit qu'elle était au ciel, il n'aurait sans doute pas compris pourquoi nous étions réunis ici. Je devais avouer que le concept n'était pas évident en soi, encore moins pour un enfant de cinq ans, et nous ne nous étions auparavant jamais attardés sur le sujet.

— Au ciel ? Elle a des ailes ? Pourquoi Draco n'en a pas ? Pourquoi elle reste là-haut ?

— Elle ne peut pas redescendre mon cœur. Et nous aurons tous des ailes mais dans très longtemps. Très très longtemps en ce qui te concerne.

— Chouette !

— Viens mon chéri, fit Charlie en le prenant.

Je vis de la tristesse dans ses yeux, mais il me tourna le dos, berçant Bairim qui regardait avec émerveillement la tombe de Narcissa. J'allai me coller contre son dos pour le prendre dans mes bras et murmurai à son oreille :

— Ça ne va pas ?

— Si si, juste de mauvais souvenirs.

— Quels..., commençai-je avant de m'interrompre et de le serrer plus fort contre moi. Il t'aime Charlie, et tu l'aimes tellement tellement fort... Ce n'est pas lui que tu n'aimais pas, seulement ce que tu pensais qu'il allait briser. Si tu avais su quel enfant formidable il serait et quel bonheur il nous apporterait, crois-tu que tu aurais réagi de la même manière ?

— Non, bien sûr que non !

— Alors tu vois, ce n'est pas lui que tu ne voulais pas. Bairim, notre fils, tu l'as toujours aimé et désiré.

Il hocha la tête et souffla :

— Je t'aime mon chéri, de tout mon cœur. Tu le sais, n'est-ce pas ?

— Oui Papa, lui répondit Bairim avec un sourire. Moi aussi je t'aime. Et Pada aussi. Et puis Draco. Et tonton Harry.

Charlie le serra encore un peu et se retourna, me souriant.

— Merci.

— Pourquoi me remercies-tu ?

— Parce que tu as raison et que je vais mieux. Alors merci amour.

— Tout le plaisir est pour moi, dis-je avant de l'embrasser.

Il me rendit mon baiser et souffla ensuite :

— Il ira à Gryffondor.

— Même pas en rêve, Dragostea mea, susurrai-je à son oreille.


Nous espérons que ce vingt-sixième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Sachez également que nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions et à chacune de vos reviews. *clin d'œil*

Abby and Jes