Enfin le 24, je ne m'étends pas et vous souhaite une bonne lecture à tous.

Pas d'inquiétudes, la scène que vous attendez depuis 15j est dans ce chapitre ahahah (je dis pas quand)

Merci à toutes pour votre accueil du dernier chapitre ça m'a fait hyper plaisir

On se retrouve en bas


Chapitre 24) Je sais que je tombe avec toi

Jour 19 : Train de 17h15

« Il s'est mit à stresser en ne te voyant plus alors je l'ai amené ici. »

Le tutoiement, il sauta immédiatement aux oreilles de la jeune femme. Emma l'avait tutoyé, comme ça, comme si de rien n'était. Comment devait-elle agir ? Si elle continuait à la vouvoyer elle allait marquer une distance qu'elle ne voulait pas faire exister entre elles. Si elle la tutoyait que se passerait-il ?

Regina en mourrait d'envie, elle voulait franchir ce pas avec elle. Mais si elle le faisait, quels autres pas franchiraient-elles ? Elle était mariée, pour fallait-il qu'elle soit mariée ?

L'inquiétude dans le regard de la jeune femme finit à avoir raison de ses tentatives de garder le contrôle. Emma semblait si nerveuse, si incertaine, presque coupable et emplie de regrets d'avoir prononcé sa dernière phrase. Elle décida de lui sourire et d'agir comme elle en avait réellement envie au fond d'elle.

« Tu as eu raison. »

Elles discutèrent un peu, échangeant dans une ambiance sereine et agréable pendant qu'Henry s'endormait paisiblement se remettant de ses fortes émotions. Elle se laissa bercer dans ce moment plein de douceur sans chercher à comprendre ou analyser ce qui venait de ses passer. Elle ne s'en sentait pas capable, pas encore. C'était trop tôt, bien trop déstabilisant, elle ne voulait pas trop creuser et profiter de ce bien-être qui s'installait entre elles.

Une fois Henry bien endormit, elle sourit fièrement en se tournant vers Emma. Sa bonne humeur se transforma rapidement en une boule dans sa gorge quand elle remarqua toutes les émotions dans le regard de la blonde. Elle la regardait avec intensité, avec trouble, avec tendresse, mais bien au-delà de tout ça, Regina ne pouvait pas nier l'amour avec lequel elle posait ses yeux sur elle.

Elle en eut le souffle coupé et ne savait pas comment réagir.

« Tout à l'heure c'était assez… Comment dire… Ce qui c'est passé c'était... »

Oh non pas ça. Pensa immédiatement la jeune femme, elle n'était pas prête à mettre des mots, c'était trop tôt. Alors elle réagit maladroitement peut être, mais c'était tout ce dont elle était capable pour le moment.

« Shhhh. » Dit-elle en posant ses doigts sur ses lèvres.

Elle aima la sensation contre sa peau et pour qu'elle ne s'arrête pas, elle glissa sa main sur sa joue si douce. Elle prit une mèche de sa magnifique crinière blonde et la laissa glisser entre ses doigts, se délectant des frémissements qu'elle déclenchait chez la jeune femme.

Elle détaillait ses traits, chaque grain de beauté, chaque tâche de rousseur, elle voulait la mémoriser, imprimer son image dans son cerveau pour l'emporter tout le temps avec elle.

« Est-ce que je peux au moins dire ce que moi j'ai… » Tenta de nouveau Emma.

« Je sais Emma, je crois, et je crois que…. Que… moi aussi. » Dit-elle doucement. Elle savait le lien qui les unissait, elle en prenait conscience mais il était trop tôt pour mettre des mots, elle était incapable de gérer les mots. « Mais pas maintenant, je suis pas… Il y a… Tout est trop… Est-ce qu'on… Est-ce qu'on ne pourrait pas… Rester comme ça… Encore un peu. »

Quand elles allaient parler, tout allait exploser, la bulle qui les sécurisait encore allait éclater et elles devraient affronter le monde alentour. Regina voulait se préserver encore un peu dans cet écrin de tendresse qu'elles s'étaient offert.

« Tout le temps qu'il faudra. »

« Merci. » Répondit-elle soulagée, ne résistant pas à l'envie d'embrasser sa joue.

Mais au fond d'elle, elle savait le bourdonnement de doute qui devait s'emparer de son amie. A défaut de lui avouer ce qu'elle ressentait, elle pouvait au moins essayer de lui expliquer le pourquoi de son silence… Elle lui devait bien ça. Alors elle inspira profondément, lovée contre elle et se lança.

« Tout est trop… compliqué… Je voudrais que rien ne change pour nous je voudrais… »

« Regina. Rien ne change, je te promets que rien ne change. »

Comment pouvait-elle promettre une chose pareille ? Etre si sure d'elle ?

« Emma je ne veux pas te faire souffrir. Y a Kathryn et… j'ai besoin de temps pour… »

« Tans que tu es honnête envers moi, alors tu ne me feras pas souffrir. »

Etre honnête ? En cet instant une seule émotion dominait en elle.

« J'ai peur. »

« Moi aussi. »

Jour 21 : 16h30

« On va voir papy à la télé téléphone ? »

« Ouaiiiii. » Cria Henry en se dirigeant immédiatement vers l'ordinateur.

Regina rangea son téléphone après avoir répondu à un texto d'Emma et alluma l'écran. Elle mit en marche skype et appela son père dès qu'elle le vit connecté. Elle s'amusait de voir son fils le nez presque collé à l'écran en attendant de voir apparaitre son grand père.

« Papy ? » Dit-il avec impatience.

« Attend au moins qu'il réponde mon chéri. » Répondit-elle en entendant son téléphone sonner.

Elle le sortit de sa poche et vit avec un grand sourire que c'était la jeune femme qui lui envoyait une image d'elle faisant mine d'aller croquer le pauvre petit oisillon sans défense.

*Pour éviter toute maladie tu ferais mieux de le faire cuire, bien que je pense qu'il n'y ait pas grand-chose à manger. De plus tu expliqueras à Henry toi-même les circonstances de la disparition de son oiseau.*

« Bonjour Henry, Bonjour Regina, Bonjour Emma. »

Regina sursauta en entendant la voix de son père et cacha rapidement son téléphone comme une élève prise en faute par un de ses professeurs.

« Bonjour papa, pourquoi parles tu d'Emma ? »

« Tu vas me faire croire que ce n'était pas à elle que tu écrivais ? »

« Bien sur que c'était à elle. » Répondit Cora avec lassitude. « A qui d'autre voudrais-tu qu'elle sourit avec cet air niais ? »

« Un bon point. »

« Bon ça va vous avez finit ? » S'agaça-t-elle vexée de voir qu'il était si facile pour eux de tout savoir sur elle.

« On arrête si tu daignes te concentrer sur nous. » Maugréa sa mère en croisant les bras.

« Je le pose. » Dit-elle après avoir réussit à cliquer sur le bouton envoyer. Ainsi elle pouvait se concentrer sur ses parents sans faire attendre son amie.

« Bien. Alors comment vont nos deux trésors ? » Questionna chaleureusement Henry sénior.

Regina raconta un peu leur week-end, assurant à ses parents que tout allait bien, puis elle laissa la parole à son fils qui commença à raconter en détail ses journées. Elle rit de voir ses parents paraitre si intéressés devant le récit animé d'un enfant de trois ans sur sa récente découverte des coccinelles. Elle profita de ce moment d'accalmie pour jeter un œil à la réponse d'Emma.

'Bien que la volaille soit un met dont je raffole particulièrement, je vais éviter celui la il ne me parait pas sain avec ses touffes de plumes anarchiques. De plus il me regarde mauvais, je pense qu'il prépare un plan pour m'assassiner…'

Elle fit de son mieux pour s'empêcher de rire de rire ouvertement et se dépêcha de taper une réponse.

*Nous plaiderons la légitime défense…*

'Alors t'es de son côté… Moi qui comptais sur toi pour venger ma mort !'

*Et qu'aurai-je en contrepartie ?*

'Si tu venges ma mort mon esprit ira hanter celui de Kathryn et si tu l'empêche de me tuer tu auras de moi ce que tu voudras.'

Regina frissonna de la tête au pied en lisant ça et s'apprêtait à répondre quand la voix de son père la coupa.

« Regina si on te dérange faut le dire… »

« Déranger ? De quoi ? » Questionna-t-elle confuse en regardant l'écran ou se père la regardait amusé et sa mère la fusillait du regard.

« On voit bien que tu es ailleurs. » Souffla Cora.

« Si tu as tellement envie d'être avec elle, va la voir plutôt que de perdre ton temps avec tes vieux parents. »

Cora le regarda choquée et allait parler quand Henry la coupa.

« Voir qui papy ? »

« Emma. »

« Papa. » S'indigna Regina.

Mais trop tard, Henry sautillait déjà sur son siège avec excitation.

« L'es où Emma ? »

« Pas ici, on la verra mardi dans le train. »

« C'est bien assez tôt. » Rouspeta Cora.

« Cora… »

« Henry… Tu es trop gentil, on ne la connait pas. »

« C'est une femme très bien. » S'agaça Regina.

« Je n'en doute pas pour ma part. » Dit son père avec un air vainqueur. « Alors arrêtes de faire l'idiote, si tu en as tellement envie… Vas y fonce. »

La jeune femme jeta un coup d'œil à son fils qui heureusement, était bien trop jeune pour saisir les sous-entendus que faisait son grand-père.

« Je… Je sais pas… Papa… Laisse-moi du temps. »

« Du temps tu en as, fais juste attention… De ne pas en laisser trop passer. Et puis si tu vas la voir ça nous évitera d'observer sourire comme une idiote à ton téléphone. »

Elle rit avec lui et soupira, les paroles de son père raisonnant dans son esprit.

Jour 25 : 19h

Regina se triturait nerveusement les doigts. Elle allait et venait dans la maison en attendant que Kathryn arrive. Elle devait lui parler, elle devait la quitter. Elle avait accepté ses sentiments, cette affection si forte qu'elle avait pour Emma, cet amour foudroyant qui s'était immiscé en elle depuis le premier regard, la première dispute, la première entente.

D'inconnue elle était devenue son agaçante voisine, puis sa voisine pas si agaçante, elle était ensuite devenue son amie, un peu plus qu'une amie et si elle était la plus honnête du monde, elle était maintenant celle qu'elle voulait à un tout autre niveau.

Ses sentiments étaient là depuis longtemps, forts et troublants au départ, fort et grisant ensuit, fort et rassurants au final. Elle la voulait, elle voulait vivre cette aventure avec elle, peut importe ou leurs pas les mèneraient. Elle était perdue dans ses pensées quand la porte s'ouvrit, faisant manquer un battement à son cœur.

« Regina tu es là. » Dit-elle en s'approchant, s'approchant comme si elle allait lui donner un baiser.

La jeune femme tourna la tête au dernier moment et sentit les lèvres de son épouse toucher sa joue.

« Regina ? » Questionna-t-elle confuse.

« Il faut qu'on parle. »

« Ca ne présage rien de bon. » Dit-elle en s'approchant.

« J'ai… Je veux qu'on arrête. » Dit-elle d'un coup.

Elle n'y était pas allé avec le dos de la cuillère c'est le moins qu'elle pouvait dire, mais elle n'avait pas réussit à sortir les mots d'une autre façon.

« Qu'on arrête ? » Questionna-t-elle incrédule. « Pourquoi ? Regina qu'est ce qui se passe ? »

Regina inspira un grand coup pour trouver en elle le courage de dire tout ce qu'elle préparait depuis des jours maintenant.

« Notre mariage ne rime plus à rien depuis longtemps. Je pense qu'il est temps qu'on… Qu'il est temps qu'on tire un trait sur tout ça et qu'on aille de l'avant dans nos vies… séparément. »

« Séparé… Quoi ? »

« Ne me demande pas dé répéter, tu sais parfaitement de quoi je parle. »

Kathryn s'approcha d'elle et chercha à capté son regard. Ses yeux étaient embués de larmes et Regina faisait de son mieux pour regarder ailleurs, pour ne pas affronter en face les conséquences de ses actions.

« Regarde moi Regina, regarde moi et dis moi que tu veux que tout s'arrête. »

Elle pleurait et ce constat noua la gorge de la jeune femme. Elle pensait que ce serait plus facile, comment avait-elle pu espérer réussir à rester insensible à la détresse de celle qui avait partagé sa vie 13 ans ?

« Lâche-moi. C'est finit, tout est finit. »

La jeune femme tomba à genoux et la serra à la taille quand elle essaya de se dégager de son étreinte.

« Kathryn. » Dit-elle, sa voix brisée par des sanglots qu'elle ignorait. La peine était grande mais uniquement due à la culpabilité. Elle voulait rompre, elle voulait Emma, elle ne voulait plus être lâche.

« Regina tu peux pas me quitter. » Sanglota sa femme en enfouissant sa tête contre son ventre. « Tu peux pas dire ça, tu peux pas partir. On est mariées, on est des âmes sœur. Tu es ma moitié, je t'aime. Je t'en supplie laisse nous une chance. »

« Je nous ai laissé une chance, même deux, même trois. » Répondit-elle d'une voix faible avant d'inspirer pour reprendre de l'assurance. « J'ai besoin que tout ça se termine. »

« Tu peux pas dire des choses pareilles. Mon amour c'est moi, c'est nous, ça n'a pas de fin nous. »

Regina sentit les larmes couler sur ses joues mais décida de les ignorer, elle avait besoin de mettre un terme à cette histoire, a ce malheur qui hantais sa vie depuis bien trop longtemps.

« Kathryn lache-moi. »

La jeune femme leva la tête d'un coup, les yeux brillants d'espoir.

« Tu pleures. Ma chérie tu pleures, c'est que tu ne veux pas tout ça, tu n'as pas réellement envie de me quitter je le sais. Je t'aime. » Soupira-t-elle contre son ventre.

Regina ne savait plus ou elle en était, elle avait du mal à supporter la souffrance qu'elle infligeait à cette femme qui avait tant compté. Elle ne savait plus comment agir, elle était perdue, déstabilisée par toutes ses larmes.

« C'est ta mère qui a du te mettre tout ça en tête, mais tu n'en as pas envie je le sais. Je suis ta moitié, je suis ta seule. »

Cette phrase lui fait l'effet d'un électrochoc. Sa 'seule' qu'elle drôle de mot quand on savait le nombre de maitresse qui avaient partagé ses nuits. Elle posa ses mains sur ses épaules et commença à essayer de se dégager une bonne fois pour toute de ses bras.

« Non. » Supplia-t-elle en serrant plus fort. « Non Regina ne part pas, on peut surmonter ça. »

« Tu es sure de ne pas préférer surmonter ça avec 'Marc (travail)' ? »

« Quoi ? » Dit-elle en feignant l'ignorance, mais Regina avait vu le flash d'horreur sur son visage.

« Ne me prends pas pour une idiote, pas après tout ça, ais au moins assez de respect pour assumer. »

« Je ne vois pas ce… »

« Arrêtes. » La coupa-t-elle en la voyant fondre en larmes. « Je sais que tu continues, je sais pour cette femme et je me doute qu'il y en a d'autre. Tu as balayé ta dernière chance, je suis fatiguée d'essayer, fatiguée d'être lâche. »

La brune se recula presque avec violence et réussit à faire quelques pas en arrière. Kathryn se redressa d'un coup et se rua vers elle pour essayer de l'embrasser. Regina lutta contre la pression qu'elle exerçait sur sa nuque et se dégagea de nouveau, la poussant avec force.

La blonde recula de trois pas sous l'impact et resta haletante. Quand elle releva le regard, une nouvelle flamme illuminait son regard, celle de la colère et de la jalousie.

« C'est Emma ? »

Regina soupira, elle s'était attendu à cette réaction et préféra ne même pas répondre.

« Oh oui bien sur c'est Emma. » Dit-elle avec de la colère, son air se faisant méchant. « Qui ça pourrait être d'autre pour te retourner comme ça hein ? »

« Ne commence pas Kathryn. »

« Commencer quoi ? Je ne devrais rien dire alors que ma femme veut me quitter pour une garce qui a réussit à la lever dans un train. »

« Tu deviens vulgaire. »

« Tu ne nies pas. » S'emporta-t-elle en criant.

« Nier quoi ? Que je te quitte pour elle ? A quoi bon. »

Elle savait que ce n'était pas la meilleure attitude à avoir, mais elle prenait des pincettes depuis trop longtemps déjà. Kathryn en avait-elle prit pendant ses années de tromperies ? Jamais, alors pourquoi continuer à la ménager.

« Je vois que tu ne vaux pas mieux que moi. »

« Comment oses tu, je n'ai rien fait de mal moi. » Dit-elle folle de rage face à son culot.

« A bon ? Alors me tromper n'est pas faire quelque chose de mal ? »

« Je ne t'ai jamais trompé, pas même le temps d'un baiser. J'ai été correcte. Contrairement à toi, j'ai la délicatesse de te quitter plutôt que de t'humilier. »

« Tu es tombée amoureuse c'est pire. » Cracha-t-elle.

Elle parlait encore mais Regina ne l'entendait plus. Tomber amoureuse… L'était-elle ? Elle n'en savait rien… Ou ne voulait-elle pas encore le savoir ? Peu importe, elle gérerait ça plus tard, la seule chose importante était qu'elle voulait Emma.

« Je vais la tuer cette petite garce. » Continuait Kathryn dans un interminable monologue. « Je vais lui faire payer de vouloir ma femme, de s'imaginer pouvoir te prendre à moi. Tu es à moi… depuis treize ans tu es à moi. C'est pas cette petite garce bonne à rien qui va te voler à moi. »

« Je ne te permets pas de parler d'elle et encore moi en ces termes là. »

« Je parle d'elle comme je veux. C'est pute de bas étages, tu n'aimes pas entendre ça hein ? Mais c'est ce qu'elle est, tout ce qu'elle veut c'est te mettre dans son lit, te sauter une ou deux fois et puis elle te jettera ma pauvre Regina. »

« ELLE N'EST PAS COMME TOI. » Cria-t-elle plus fort en la faisant reculer de surprise. « Elle vaut cent fois, milles fois mieux que toi. Je t'interdits de parler d'elle, je t'interdits de penser sur elle. Tu n'es personne, plus personne. Tu as tout perdu toute seule sans l'aide de personne. Toi et moi c'est terminé et ça ne sera plus. »

Elle prit alors sa veste et son sac et partit sans se retourner. Elle ignora les cris de sa future ex-femme et monta en trombe dans sa voiture. Elle agissait comme un automate, une seule pensée à tête…

Retrouver Emma.

Jour 25 : 23h

Pour la première fois depuis qu'elle l'avait rencontré, Regina était sure d'elle. Elle était là où elle souhaitait être, là où elle se sentait bien. Elle posa une main sur sa nuque et l'approcha doucement pour ne pas la brusquer. Elle avait peur, terriblement peur d'un rejet, d'aller trop vite, que ce ne soit pas ce qu'elle voulait. Elle sentit son cœur s'emballer, une décharge d'adrénaline envahir son corps et elle ne réfléchit plus. Elle laissa de côté chaque doute et d'un coup, vint coller ses lèvres contre les siennes.

Son gout était magnifique, une explosion de sensation et d'émotions qu'elle n'aurait jamais cru possible dans un simple baiser. Un seul contact et sa vie ne serait plus la même car elle savait qu'elle ne pourrait plus se passer de ça. Sa tête lui tournait mais c'était agréable, comme une douce euphorie qui s'emparait d'elle. Elle voulait rire et pleurer à la fois, c'était trop d'émotions trop longtemps oubliées qu'elle accueillait avec soulagement.

« Je l'ai fait. »

Elle parlait plus pour elle-même, réalisant ce qui venait de se passer, mais sa voix sembla réveiller Emma qui se jeta sur elle avec passion. Elle la serra contre elle et Regina sut que même si de nombreuses difficultés les attendaient, elle empruntait ce chemin avec joie.

« Je crois que je suis en train de tomber amoureuse de toi. » Murmura-t-elle à son oreille.

« Je crois… » Dit-elle faiblement, trahie par sa voix qui ne lui répondait plus complètement. « Je crois que je veux me laisser tomber avec toi. »

Jour 26 : 10h

Premier rendez-vous, Regina avait vraiment envie de faire passer un moment particulier à la jeune femme. Après deux heures à réfléchir sur le lieu, elle avait finalement décidé de prendre à manger qu'elles iraient manger dans le théâtre de l'école. Au-delà de leur petit repas en tête à tête, elle avait dans l'idée de se dévoiler totalement à son amie en lui présentant sa vie, sa sensibilité de pianiste.

Elle était morte de trac mais ne voulait pas reculer, ce morceau qu'elle lui avait promit de lui jouer elle souhaitait le lui jouer aujourd'hui. C'était une réelle angoisse pour elle, un moment qu'elle avait tourné et retourné dans sa tête. La musique s'était sa carapace, sa protection contre les attaques extérieures. En parler, dévoiler sa façon de vivre les notes, c'était comme se mettre à nue dans toute sa vulnérabilité. Elle n'avait jamais fait ça avec personne, mais depuis qu'elle avait embrassé Emma elle voulait le faire pour elle.

Pour mettre toutes les chances de son côté, elle décida donc d'appeler au magasin d'Emma pour demander à sa patronne et amie ses préférences culinaires. Elle composa le numéro avec entrain, réfléchissant déjà au déroulé de leur déjeuner et se décomposa quand elle entendit la voix à l'autre bout du fil.

A aucun moment elle n'avait réalisé qu'Emma pourrait être celle qui allait répondre. Elle sentit son cœur s'emballer instantanément et paniqua sans plus pouvoir se contrôler. Sa stupéfaction la poussa alors à choisir la solution la plus lâche… Elle lui raccrocha au nez.

Elle regarda son téléphone avec terreur, le temps de retrouver un rythme cardiaque normal et fit de grandes inspirations. Mieux préparée à l'éventualité de tomber sur Emma, elle recomposa le numéro et attendit fébrilement qu'on décroche.

Encore une fois c'est elle qui répondit et encore une fois Regina raccrocha en se maudissant intérieurement. La troisième fois permit une légère amélioration, elle réussit à imiter le bruit d'un grésillement avant de raccrocher pour feindre une mauvaise transmission.

Honteuse de son propre comportement elle se tapa le front avec sa paume et secoua la tête en faisant une nouvelle tentative et cru sauter de joie en entendant la voix de sa patronne.

« Oh mon dieu enfin ce n'est pas Emma. » Dit-elle spontanément.

« Bonjour… Avez-vous un problème avec ma vendeuse ? » Répondit la jeune femme avec un air pincé.

« Oh non… non non non absolument pas. » S'empressa de répondre la jeune femme. « Non non bien au contraire. Emma est mon… C'est ma… Amie, je suis son… une amie et... »

« Regina ? »

« Avons-nous été présentées ? »

« Officiellement non, officieusement c'est Regina par ci Regina par la. »

La brune rougit et gonfla le torse avec fierté en regagnant une forte assurance.

« Et bien c'est moi. »

« Que me vaut cet appel ? Vous voulez parler à Emma. »

« NON. » Cria-t-elle malgré elle. « Surtout pas. » Ajouta-t-elle plus doucement. « Je souhaitais vous avoir vous au téléphone. »

« Je suis toute ouïe. »

« Je souhaiterai connaitre un peu mieux les gouts d'Emma, en matière de nourriture. » Dit-elle, légèrement nerveuse à l'idée que la jeune femme l'envoi balader.

« Cheeseburger. »

« Quoi ? »

« Cheeseburger. Un bon cheeseburger et Emma et ses artères sont aux anges. »

« Cheeseburger ? » Dit-elle en fronçant les sourcils.

Son interlocutrice rit aux éclats à l'autre bout du fil.

« A votre voix j'entends votre dégouts. »

« Non… Je ne dirais pas dégouts. » Dit-elle sans grande conviction. « Non je ne connais pas je ne peux pas me permettre de juger. »

« Emma vit par procuration à travers ça. »

« Merci beaucoup. C'est gentil à vous de m'avoir renseigné. »

« Merci à vous de faire ça pour elle. »

« Elle le vaut bien. »

« Ca je ne vous le fait pas dire. »

Jour 27 : Train de 17h15

Aurore…

Dès l'instant où Regina avait apprit que la jeune femme était allée parler à sa compagne elle avait sentit son sang bouillir. Elle avait longuement réfléchit à l'attitude à adopter…

En confiance et décontractée, elle laissait passer la chose et jouait la femme non affectée.

En colère et outrée, elle contactait Aurore pour lui faire entendre sa perception de son comportement.

Furieuse et verte de jalousie, elle allait chercher la confrontation directe et prenait bien soin de montrer à sa rivale qu'Emma était SON territoire.

Elle rit intérieurement en songeant au côté extrême de son troisième scénario et ignora ses propres actions quand elle laissa Henry à ses parents et prit un train l'après midi même pour être à 17h15 en gare de Boston et prendre le même train qu'elles. Elle avait honte de son comportement emporté et excessif mais la jalousie qui la rongeait était bien trop intense.

Elle se retrouva donc en fond de wagon, elle avait fait attention à ce que ni Emma ni Aurore ne la voit et resta là à observer les actions de son ancienne amie. Elle sentit son estomac gronder désagréablement quand son ancienne amie aborda sa nouvelle dès son entrée dans le train. Elle ne lui laissa quasiment pas le temps de parler qu'elle se précipitait déjà à leur rencontre, bien décidée à lui faire passer l'envie de s'immiscer d'une façon ou d'une autre dans sa vie.

« Dégage. » Dit-elle en essayant de retenir sa colère.

« Regina tu… »

Le simple fait de l'entendre prononcer son prénom fit bouillir la rage qui menaçait de déborder plus encore.

« Va-t-en Aurore, tu n'es pas à ta place, laisse Emma tranquille elle a été claire ce matin. »

« Elle… Vous… Tu es au courant ? »

« Vous vous imaginiez que je n'allais pas lui en parler ? »

Regina se mordit l'intérieur de la joue pour ne pas sourire avec fierté face à la détermination d'Emma quand elle avait parlé.

« Non bien sur que non je… Ecoutes Regina je ne lui veux aucun mal je t'assure je… »

Elle serra les poings pour se contenir, sa simple voix lui était insupportable. Elle avait honte de son emportement mais trop de rancunes existaient entre elles pour garder son calme. Elle attrapa son poignet avec fermeté et l'amena sans ménagement jusqu'à la plateforme.

« Je t'interdis de lui parler. Je t'interdis de vouloir lui parler, je t'interdis de la regarder ou même de ne serai-ce que penser à elle tu m'as comprise ? » Gronda-t-elle.

« Regina je… »

« Non. Pas de Regina, je refuse que tu l'approches d'une quelconque façon tu m'entends ? Tu as approché Kathryn, tu as couché avec elle, tu as été au commencement de tout le processus qui a détruit mon mariage. Assume tes responsabilités et disparait de ma vie. Si je te revois autour d'Emma tu me le paieras Aurore tu comprends ? Je veux que tu disparaisses de ma vie Aurore. »

Tout était dit, tout était enfin dit. Elle se sentait soulagée, libérée d'un poids qui l'écrasait depuis des années. Une légère culpabilité se forma en elle quand elle vit les larmes dans les yeux de celle qui avait été sa plus précieuse amie mais elle décida d'assumer sa colère et de l'ignorer. Elle soupira et entrelaça ses doigts à ceux d'Emma pour trouver le réconfort dont elle avait besoin après un si inhabituel débordement de colère.

Jour 28 : 14h30

« J'y crois pas. »

« Tais-toi papa. »

« Pourquoi en suis-je étonné, c'est dans la logique des choses. »

« Tais-toi papa. »

« Et tu en as même acheté deux, c'est qu'elle est sacrément importante cette 'Ce n'est qu'une inconnue agaçante qui pollue mon oxygène dans le train'. »

« Ne commences pas et aide moi à choisir. »

« Tu veux l'avis d'un homme pour ta robe ? »

« Si je demande à maman elle va me dire 'ne fonce pas tête baissée jeune fille, tu ne connais presque rien de cette jeune femme.' »

Comme à chaque fois que son père riait aux éclats, Regina ne put s'empêcher de rire à son tour.

« Passe les deux. »

Regina partit dans sa salle de bain avec la noire qu'elle venait d'acheter. Elle était en train de l'enfiler quand elle l'entendit lui parler à travers la porte.

« Te souviens-tu quand tu nous as annoncé ton homosexualité ? »

« Oui bien sur, comment oublier ce jour. »

« Tu étais si angoissée, avec toutes ces larmes dans tes yeux le jour où tu as crié ça en plein repas. »

« Ca faisait longtemps que je voulais le dire. »

« Tu aurais pu y mettre les formes. »

« C'était stressant. »

Elle n'entendit plus rien puis un rire étouffé.

« J'AIME LES FILLES. » Cria-t-il d'un coup alors qu'elle sortait pour lui présenter sa première robe.

« Oh papa s'il-te-plait ne te moque pas. »

Sa supplique était peine perdue car déjà il riait jusqu'aux larmes, assit sur le lit de sa fille.

« La tête que faisait ta mère. Elle s'est littéralement décomposée »

« Je n'en menais pas large de mon côté. »

« Ca a mit du temps mais elle s'y est fait. »

« C'est vrai. Heureusement que tu étais là. »

« Quand je pense que maintenant ta mère ne t'envisage même pas avec un homme. »

« Ca compte pour moi tu sais. »

« Je sais ma chérie. Allez, va passer la bleue. »

Elle s'exécuta et ressortit pour voir son père pousser un grand soupir.

« Quoi ? » Questionna-t-elle en frottant sa robe, cherchant un pli ou une tâche quelconque.

« A quel moment as-tu autant grandit ? »

Elle lui sourit avec tendresse et vint poser un baiser sur sa joue.

« Tu es magnifique ma puce. Garde la bleue, on croirait qu'elle a été crée pour toi. »

« Merci papa. » Dit-elle en se regardant dans son miroir, contente du reflet qu'elle voyait.

Jour 28 : 23h30

Regina regardait Emma dont la nervosité ne cessait de monter. Elle était prête, en tout cas elle pensait l'être et la brune ne voulait surtout pas la brusquer, la laisser aller à son rythme dans cette découverte. Elle l'observa un moment puis prit son verre qu'elle posa avec le sien sur la table basse.

Très lentement, elle vint l'embrasser. Elle la vit fermer les yeux quasi instantanément et continua de la regarder pour observer ses réactions et ajuster ses actions en fonction. Elle garda le baiser le plus léger possible, il ne fallait pas se précipiter, ne pas l'effrayer. Elle se plongeait au plus profond de ses souvenirs, dans les angoisses qu'elle avait ressentit à l'époque pour mieux appréhender ses émotions. La voyant réceptive à son baiser, elle se plaça à califourchon sur ses genoux, l'entourant de son corps tout en lui laissant la liberté de faire aller les choses plus loin si elle le voulait.

Emma était stressée et maladroite, elle le sentait dans ses gestes, dans l'incertitude avec laquelle elle posait ses mains sur elle pour les enlever aussitôt. Regina se permit de descendre ses baisers dans son cou et s'empêcha de sourire quand elle choisit finalement ses cuisses pour poser ses mains.

Pour elle aussi l'expérience était nouvelle, elle n'avait jamais touché personne d'autre que Kathryn, et n'avait jamais été touchée par quelqu'un d'autre que Kathryn. Elle mit de côté ses propres troubles et se concentra sur Emma. En se focalisant sur elle, elle s'empêchait de penser et se rassurait elle aussi. Un peu malgré elle, elle craignait elle aussi de ne pas être à la hauteur, mais elle gagnait de l'assurance dans la maladresse d'Emma. C'était à elle de mener la danse, d'amener les choses, et elle s'apercevait qu'elle aimait cette expérience car elle la partageait avec elle.

Elle la percevait perdue dans ses pensées et se contenta de baisers contrôlés tant qu'elle n'était pas prête à aller plus loin. Elle du le sentir car elle se sépara soudain d'elle.

« On va aller à ton rythme mon Emma. » Dit-elle devant son silence, visiblement même sa capacité à parler devenait limitée.

« N'ais pas peur de me toucher, il n'y a plus de limites ici, je ne suis plus une femme mariée mais en instance de divorce. Nous ne sommes plus des inconnues ou des amies dans un train mais un couple. Tu as le droit de me toucher comme tu en as envie, me découvrir comme tu en as envie. »

Elle la vit frissonner et sentit son cœur battre plus fort, émue par les réactions qu'elle pouvait déclencher en elle. Elle capta un léger regard vers ses cuisses dénudées et décida de l'aider un peu. Elle prit ses mains et les amena vers ses fesses, les glissant sous sa robe sans la brusquer.

En la guidant par ses grognements, gémissements, réactions, elle l'amena à gagner confiance en ses gestes et ses capacités. Elle se laissa emporter par cette révérence avec laquelle elle découvrait son corps pas à pas, appréhendait ses formes de femmes qui lui étaient inconnues chez un partenaire. Le respect avec laquelle elle posait ses mains sur elle, la timidité de ses touchés avaient tendance à littéralement enflammer la jeune femme. Elle se sentait aimé comme elle n'avait pas été depuis longtemps et n'osait même pas imaginer ce qu'elle allait ressentir quand sa compagne la toucherait avec plus d'assurance.

Elle la laissa la déshabiller et s'amusa de voir son soudain regain de timidité quand elle dirigea sa main vers son soutien-gorge. Son souffle se coinça dans sa gorge quand elle réussit et elle prit pleinement conscience de son état de quasi nudité. D'un mouvement qu'elle voulu sensuel, destiné à charmer sa partenaire, elle laissa tomber le vêtement au sol et vint l'embrasser. Elle inspirant un grand coup contre ses lèvres pour se donner le courage d'être patiente, d'aller au rythme d'Emma. Elle se leva et l'amena jusqu'au lit. Ses mains sur elle étaient un délice et Regina sentait le désir et le plaisir monter beaucoup plus vite que ce qu'elle avait toujours connu.

Elle tremblait, elle ne pensait plus à grand-chose. Elle la guidait discrètement sans vraiment réaliser qu'elle perdait pied progressivement. Quand Emma la déshabilla totalement, elle se sentit soudain timide, gênée, vulnérable. Elle inspira pour se calmer et se laissa envahir par le désir fulgurant que la blonde déclenchait en elle. Quand elle la toucha la où elle la désirait vraiment, elle cru exploser en l'instant. Elle réussit de justesse à se contenir et commença à onduler sous elle pour imprimer un mouvement dont elle avait besoin.

Elle s'entendit quémander plus sans vraiment avoir de contrôle sur sa voix, elle était tellement bien que tout le reste semblait être un rêve, des vagues de sensations qu'elle voulait à tout prix continuer à ressentir.

Elle sentait qu'Emma se perdait dans de nouveau dans ses sensations, dans ce qu'elle lui faisait. Elle avait envie de crier, elle qui d'habitude se contrôlait parfaitement dans la chambre, devait se mordre la lèvre pour ne pas s'emporter et l'effrayer peut être. Elle agrippa le drap et serra aussi fort qu'elle pu quand un orgasme fort s'empara d'elle et prit littéralement possession de son corps. Elle avait la sensation de n'avoir vécu ça que dans de lointains souvenirs et chassa vite cette pensée pour se concentrer uniquement sur le présent.

Sa compagne s'écroula sur elle et elle soupira de bien-être en sentant tout son poids sur elle. C'était une sensation rassurante, protectrice.

Quasi instantanément, une nouvelle sensation se mit à gronder en elle, une envie urgente de rendre la faveur, de lui montrer à son tour tout le bien qu'elle pouvait lui faire. Elle commença alors à câliner ses jambes et glissa une main dans son dos à la conquête de son soutien-gorge, quand Emma la stoppa, l'air paniqué.

« Attend attend... »

Une boule se forma immédiatement dans son ventre et elle craint d'avoir fait quelque chose de mal. Elle calma ses angoisses pour ne pas les faire ressentir à sa compagne et répondit avec tendresse.

« Je vais trop vite? »

« Non... Oui... Non... Je... »

« Emma on est pas forcée d'aller trop loin. On peut arrêter. Je veux que tu sois prête. » Dit-elle en ignorant le besoin brûlant qu'elle avait de la toucher à son tour.

« C'est juste... Personne... Depuis Neal personne... Et puis il y a eu... »

Elle comprit alors et se détendit instantanément. Elle sécha les larmes qui coulaient sur sa joue et lui sourit pour la rassurer.

« On peut attendre, je comprend Emma. »

Elle laissa la jeune femme se blottir contre elle et câlina son dos sans essayer de toucher sa peau. Elle imaginait ce qui pouvait se passer dans sa tête et décida de la laisser venir à son rythme.

Peut-être Emma pensait à son ex, à ce qu'il lui avait fait subir, peut-être craignait-elle de ne pas aimer, peut-être au fond n'avait-elle pas aimé lui faire et ne savait comment le lui dire. Elle la sentit ses doigts taquiner son ventre et la vit si plongée dans ses pensées qu'elle chassa sa dernière hypothèse. Si Emma n'avait pas aimé, elle aurait déjà cherché à se séparer d'elle, pensait-elle pour se rassurer.

Et puis elle eut envie de se frapper quand elle repensa à la perte de son bébé. Bien au-delà de n'avoir été touchée par personne depuis ce drame, Emma n'avait plus prit de plaisir avec personne. Elle comprit alors que les blocages de son amante provenaient surement plus de sa culpabilité à avancer que d'elle.

« On peut dormir si tu en as envie. »

Emma fit non de la tête mais ne bougea pas plus et Regina commença à craindre qu'elle regrette ce moment. Elle aurait voulu faire preuve de plus de patience mais la peur était trop forte en elle pour retenir ses mots.

« Tu regrettes ? »

« Non Regina jamais je ne regretterai. Je suis… Vraiment heureuse, c'était, tu m'as fait vivre quelque chose d'incroyable. J'ai envie de… De te laisser mais… Je culpabilise vis-à-vis de… »

« Je comprend mon Emma. Mais vivre ne signifie pas oublier, elle sera toujours dans ton cœur, elle vivra toujours en toi. »

Regina retint son souffle, terrorisée à l'idée d'être allée trop loin, et soupira de soulagement quand la jeune femme se redressa pour retirer sa robe. Elle prit son temps pour lui faire l'amour, traitant son corps avec autant de respect et de tendresse que si elle avait eut son âme au creux de ses mains. Car au fond c'était un peu ça, Emma s'offrait à elle bien plus que simplement physiquement en cet instant et elle s'en rendait compte.

Doucement, pas à pas, elle la déshabilla, elle découvrit son corps, elle l'entoura de cet amour qu'elle développait si fort envers cette jeune femme. Elle traita chaque partie de son corps avec lenteur, ses seins, son ventre, ses lèvres. Elle voulait l'amener à se sentir bien, à n'avoir aucune peur et aucun doute et elle se laissa guider par les réactions de sa partenaire. Elle était attentive à chaque soupir, chaque frémissement de sa peau, chaque ondulation, chaque gémissement. Elle goutait, sentait sa peau et son cœur loupait de nombreux battements tant elle aimait ça. Quand elle prit son téton en bouche, elle cru mourir de plaisir et se retint de gémir fortement.

Quand elle la sentit prête, elle descendit finalement et se laissa aller à la conduire doucement mais surement jusqu'à l'orgasme. Elle se sentait grisée par ses gémissements et ses mots, elle cru défaillir quand elle l'entendit prononcer son nom et continua ses efforts. Elle se fit violence pour n'utiliser que sa bouche, préférant ne pas précipiter les choses pour Emma. A sa grande surprise, elle sentit des vagues de plaisir la traverser quand elle amena sa compagne jusqu'à la libération. Elle se laissa embrasser avec passion par une jeune femme tremblante et se perdit dans ce baiser qu'elle lui offrait. Bien plus que des mots, il l'a rassurait et lui prouvait que l'une comme l'autre se sentait bien à sa place.

« Regina, je sais que je tombe amoureuse de toi. »

Elle perdit instantanément son sourire et déglutit. Cette femme était vraiment trop belle pour être vraie, toute cette histoire était trop belle pour être vraie. Elle se pencha pour l'embrasser et se serra contre elle pour qu'aucun espace n'existe entre elles.

« Je sais que je tombe avec toi. »

Jour 31 : Train de 17h15

Cela faisait un mois qu'elles étaient ensemble et c'est ce jour la qu'Emma choisit de lui dire 'Je t'aime'. Quand Regina l'entendit, elle cru faire une attaque, son cœur n'était pas préparé à ça et elle le sentait lutter pour reprendre un rythme normal. Après le choc initial elle sentit tout son corps se détendre et les larmes lui monter aux yeux.

« Pleure pas, pleure pas, pleure pas, pleure pas. »Pensa-t-elle en regarda sa compagne.

Emma semblait sereine, souriante, sure d'elle et Regina ne put s'empêcher de poser la question qui lui sembla immédiatement la plus stupide possible.

« C'est vrai ? »

Le calme avec lequel elle confirma l'apaisa d'un coup et elle inspira un grand coup avant de l'embrasser.

« Je t'aime aussi. »

Elle savait que les choses allait être dure, Kathryn allait être une véritable épine dans le pied c'était certain. Mais elle se disait que s'il y avait bien une personne avec qui elle voulait survivre à tout ça, c'était bien Emma Swan.

Jour 50 : 18h

Regina s'amusait beaucoup de voir l'attachement fort qu'avait développé Henry à l'égard de sa compagne. Pour être honnête, elle aimait cette relation qui se tissait entre eux, elle lui donnait de l'espoir en l'avenir qu'ils allaient pouvoir construire tous les trois… A leur rythme.

« Tu restes le dodo? »

« Oui chaton. »

Emma prit naturellement l'initiative de le sortir de son siège auto et Regina se sentit pousser des ailes à l'entente du surnom qu'elle venait de lui donner. En quelques jours elle était déjà plus à l'aise que Kathryn autour de lui.

« Tu dors avec moi? »

« Non je dors avec maman. »

La brune vit que sa partenaire semblait marcher sur des œufs, incertaine à postériori de son droit à dire ça. Elle lui offrit son sourire le plus rassurant pour lui indiquer qu'elle n'avait commis aucun imper. Elle nota cependant que son fils semblait bizarre, moins heureux, moins vivant, une note d'inquiétude dans son regard et dans son attitude alors qu'il collait Emma comme son ombre. Il était sage, tellement plus réservé que d'habitude, quelque chose n'allait pas elle le sentait.

« Pourquoi va partir Emma? » Questionna-t-il soudain, la faisant sursauter et sortir brutalement de ses pensées.

« Elle ne va pas partir elle reste avec nous ce soir. » Répondit-elle en observant tendrement son petit air inquiet.

« Pas toujours. »

La façon dont il parlait, sans les regardé, concentré sur son doudou qu'il triturait nerveusement… Il fallait vraiment qu'elle sache ce qui n'allait pas. Elle croisa le regard aussi inquiet d'Emma et décida que le moment était idéal pour creuser ce changement de comportement. Elle s'assit à côté de lui sur le tapis et commença à chercher un angle d'approche prudent. Au fond d'elle une boule se formait, elle se doutait que, quel que soit l'origine de ce changement, ça ne pouvait qu'être du à Kathryn

« Emma devra rentrer chez elle mais ça ne veut pas dire qu'elle ne va pas revenir. » Dit-elle en posant son doigt sur le menton de son fils, l'obligeant à la regarder.

« Pourquoi c'est une méchante Emma? Elle est gentille, t'as fait des bêtises? » Dit-il alors. Il releva la tête et la perça de ses jolis yeux. Alors c'était ça qu'avait fait Kathryn. Elle sentit une boule de colère se former en elle mais préféra l'ignorer pour le moment.

« Qui a dit qu'elle était une méchante? » Questionna-t-elle en essayant au maximum de se contenir.

« Henry tu peux me parler. » Ajouta-t-elle avec tendresse face à son silence. « Tu ne seras pas puni, ce n'est pas mal tu peux me parler. »

« Kathryn. » Dit-il en serrant son doudou contre lui.

« Elle a dit quoi? »

« Emma elle fait du mal, c'est pas bien, elle va partir. »

Regina inspira profondément, la colère montait de plus en plus et elle ne réalisa qu'elle serrait les points que quand la morsure de ses ongles dans ses paumes se fit trop mordante. Elle inspira profondément, elle devait à tout prix se calmer avant de répondre au petit garçon.

« Henry, écoutes moi très attentivement. Emma n'a jamais fait de mal. » Dit-elle en accentuant bien le 'jamais' pour être sure que son fils comprenait. « Kathryn se trompe, je vais lui parler. Oublie ce qu'elle t'a dit. Toi tu penses qu'elle est comment Emma? »

« Gentille. » Dit-il avec ce petit air qu'il avait quand il était dingue d'une personne.

« Tu penses qu'elle fait du mal à maman? »

« Non. »

« A Henry? »

« Non. » Dit-il en secouant la tête.

« Tu l'aimes Emma? »

« Oui. » Dit-il en souriant, son enthousiasme revenant et se propageant en elle quasi instantanément. Elle ne supportait pas de le voir aller mal et bénissait sa capacité à alléger ses inquiétudes d'enfant.

« Tu l'aimes comment? »

« FORT » Cria-t-il en écartant grand les bras.

« Moi aussi je t'aime fort grand comme ça. » Dit-Emme en l'imitant

Le petit garçon se leva d'un bond et lui courut dans les bras. Regina la regarda le serrer contre elle et ne put plus contrôler la colère qui bouillait en elle. Comment avait-elle pu, elle était allé trop loin, beaucoup trop loin.

« Henry tu veux bien jouer je dois parler à maman. »

« Tu pars pas? »

« Je pars pas, et si je pars je reviens. »

Il se re concentra sur ses jouets avec beaucoup plus d'entrain, un grand sourire aux lèvres.

« Ça va? »

« Je vais la... Je vais la... Elle va... Comment a-t-elle osé? » Fulmina-t-elle.

Sa rage montait en elle comme un dragon trop longtemps endormit qui avait besoin d'étendre ses ailes et montrer enfin sa puissance. Elle lui en voulait mais elle s'en voulait aussi à elle-même d'avoir si longtemps laissé trainer les choses.

« Elle est stupide. » Tenta-Emma

« Elle a voulu se servir d'Henry. » Dit-elle plus pour elle-même, réalisant les choses, acceptant les faits en les énonçant à haute voix.

« Tu vas mettre les points sur les i? »

« Elle a voulu se servir d'Henry! » Répéta-t-elle plus fort.

« Tu vas lui faire payer? »

Lui faire payer ? Non payer était bien en dessous de ce qui allait se passer. Elle méritait pire, bien pire, elle avait touché à Henry, elle avait franchit cette ligne qui balaya toute compassion du cœur de la jeune femme.

« Je vais la détruire. »

Jour 50 : 19h

Regina fulminait littéralement quand elle tapa avec violence à la porte de ce qui avait été son foyer. Emma avait eu beau essayer de la calmer durant toute la route, elle n'avait pas décoléré et sa rage à l'égard de Kathryn était intacte.

S'il y avait bien une chose qu'elle n'aurait jamais du toucher, jamais du impliquer, c'était bien Henry. En créant chez son fils des angoisses, elle n'avait réussit qu'à détruire toute once de patience et de respect chez Regina.

Sans aucune patience, la brune se remit à tambouriner à la porte sans même laisser une minute à Kathryn pour venir ouvrir. Dès que la porte commença à bouger, elle entra d'un coup, poussant sans ménagement la jeune femme et se retourna pour lui faire face.

« Regina que… » Son air surprit se transforma en haine dès qu'Emma entra et elle se tourna vers elle pour tenter de lui parler. « Qu'est ce que vous faites là v… »

« Tais-toi. » Cria la brune.

Kathryn sursauta et fronça les sourcils devant cette colère grondante qu'elle avait en face d'elle.

« Regina peux tu me dire ce qui se passe. »

« Qu'est-ce qui t'a prit ? »

« Qu'est-ce qui m'a prit quoi ? »

« Comment as-tu osé mêler Henry à tes pathétiques petites tentatives pitoyables pour me récupérer. »

Kathryn devint livide et se racla la gorge comme pour reprendre contenance.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. » Dit-elle en croisant les bras.

« Oh ne joue pas à la plus idiote avec moi Kat. » Gronda-t-elle en tentant de maîtriser les cris qui menaçaient de sortir. Elle cracha son surnom comme si c'était du venin et c'était approché d'elle d'une démarche menaçante.

La jeune femme recula d'un pas et essaya de se grandir en se raclant encore la gorge.

Regina vit Emma du coin de l'œil et nota que la jeune femme l'observait et semblait impressionnée. Ce constat redoubla malgré elle sa détermination et elle fit un pas de plus vers sa future ex-femme.

« Regina je… »

« Comment… as-tu… pu… mêler Henry à notre divorce. » Dit-elle en insistant lourdement sur chaque mot. « Je te savais pitoyable dans tes manigances, j'ai été écœurée que tu demandes la garde exclusive, mais à aucun instant j'ai imaginé que tu te rabaisserais à essayer de laver le cerveau de MON fils. »

« Il est autant mon fils que le tien. »

« Hier je t'aurais dit qu'il est un peu ton fils malgré tout, mais aujourd'hui tu n'es plus rien pour lui. Tu l'as angoissé, tu l'as inquiété dans l'unique but de servir tes propres intérêts. Tu me fais pitié. » Dit-elle en la regardant de haut en bas avec dégout.

Kathryn trembla de colère et la poussa pour ré-installer de la distance entre elles.

« Je n'ai fait que lui dire des vérités sur la p… »

« Attention à tes paroles ça ne va vraiment pas passer Kathryn. » La coupa-t-elle méchamment.

La jeune femme inspira et serra les poings, comprenant apparement qu'il ne serait pas judicieux d'encore insulter Emma.

« Sur la personne que tu fais entrer sans raison dans sa vie. »

« Sans raison ? » Questionna-t-elle en riant avec gravité. « Tu penses que je la fais entrer sans raison ? »

« Elle n'est personne, elle n'est qu'un cafard dans notre vie elle… »

« Le cafard commence à en avoir raz les antennes de se faire insulter. » Coupa Emma tout d'un coup.

« Vous la ferme. »

« Non pas la ferme. » Coupa encore Emma avant que Regina n'ait le temps de parler. « Je ne permets pas qu'on m'insulte et encore moins de la part d'une femme qui se sert de son fils comme d'un outil dans ses plans de névrosée. »

« Névrosée, vous osez me traiter moi de névrosée ? »

« Et qui d'autre dans cette pièce ? » Provoqua Emma en écartant les bras.

« Vous… »

« Stop. Kathryn stop. » S'agaça Regina. « Kathryn écoutes moi bien je ne répèterai ça qu'une fois. Tu n'es plus personne. Tu étais déjà plus grand-chose à mes yeux mais là tu es devenu rien du tout. Tu es allée trop loin et tes plans stupides n'ont fait que me confirmer mes choix à ton égard. Je ne veux plus jamais avoir à faire avec toi. Je ne sais pas ce que tu cherchais mais c'est la guerre que tu as trouvé. Emma est bien plus dans le cœur d'Henry que toi. »

« Elle n'est personne pour lui, et ne sera jamais personne. Je suis ce qui est bon pour lui je suis sa… »

« Colocataire. » Cria-t-elle en serrant ses poings pour se contenir. « Tu n'es rien de plus qu'une colocataire dans sa vie. Une femme pas très gentille qui lui criait dessus, lui montrait bien qu'il l'agaçait et faisait pleurer maman. Emma à plus été une mère en un mois que toi en trois ans. Je vais demander la garde exclusive et tu n'as rien à redire à ça. Ne te donne pas la peine de simuler de la tristesse, ce n'est pas crédible. »

« Je suis… » Tenta la jeune femme dont le visage crispé trahissait la fureur mêlée de panique dans laquelle elle était.

« Tu n'es personne et tu n'auras plus à faire qu'à mon avocat. La discussion est close. »

Elle n'attendit pas que la jeune femme réplique et elle commença à tourner les talons pour partir. Elle se sentit soudain attrapée par le poignet et se retrouva tournée de force pour refaire face à la blonde.

« La discussion est tout sauf close, je t'interdits d'arriver comme ça avec ta boniche et me balancer tout ça en imaginant que je ne vais pas réagir. »

« Lâche moi tu me fais mal. » Dit-elle en grimaçant de douleur, tournant son poignet pour essayer d'alléger la pression qu'elle exerçait.

« Tu vas me revenir. » Dit-elle presque en criant. « Et je n'ai aucun doute la dessus. »

Regina laissa échapper une plainte de douleur quand elle la sentit serrer plus encore et tout d'un coup une crinière blonde obstruait sa vue.

« Elle t'as demandé de la lâcher. » S'énerva Emma en poussant Kathryn.

« Dégages de là toi. » Dit-elle en essayant de la pousser à son tour
« Pas si tu continues à faire mal Regina comme ça! »
« C'est une discussion entre ma femme et moi, ça ne te concerne pas toi. »
« Ta future ex-femme. » S'emporta alors Emma en la poussant plus violemment.
Kathryn recula de trois pas et dut lâcher sa main. Regina n'avait jamais vu sa compagne aussi en colère et cette vision, cette jeune femme se
dressant ainsi pour elle, la fit frissonner de bien-être un peu malgré elle.
Kathryn regagna sa stabilité et la regarda, elle du capter l'air fier et tendre que la brune posait sur Emma car elle se précipita d'un coup sur sa rivale.
« Va-t'en de chez moi. »
Elle abattit sa main d'un coup sur la joue de la blonde et Regina se précipita vers elles.
Emma la retint et lui parut incroyablement calme. Elle ne comprenait pas son comportement, c'était comme si elle était heureuse d'avoir reçu une gifle.
« Je suis celle qu'elle veut. T'arrives pas à me comprendre ça? » Dit-elle avec provocation.
Kathryn se rua de nouveau vers elle avec rage et Regina n'eut pas le temps de réagir que déjà sa compagne bougeait.
Elle vint à la rencontre de la jeune femme, a la différence près qu'elle utilisa son coude. Elle l'enfonça d'un coup dans le ventre de la jeune femme qui perdit instantanément le souffle.
« Punaise ça me démangeait depuis trop longtemps. Pardon mais j'en pouvais plus. » S'écria Emma en se rapprochant de Regina.
Elle cligna un peu des yeux, surprise par le mouvement, et vit Kathryn assise au sol, l'air sonnée mais en bon état. Elle se racla la gorge et prit la main d'Emma a qui elle ne peut s'empêcher de sourire avec reconnaissance.
« On va partir et tu ne vas plus faire de scène. Je vais demander la garde exclusive et nous verrons ensuite pour t'accorder au moins un week-end de temps en temps. Épargnes toi la peine d'entrer dans de lourdes procédures, tu sais parfaitement que personne n'ira dans ton sens si tu proclames être une mère pour Henry. »
Kathryn la regarda abasourdie et elles partirent sans un regard derrière elles.
Regina ne savait pas si cela allait suffire a calmer la jeune femme, mais elle avait pu prendre pleinement conscience qu'Emma n'exigerait rien quand elle disait être prête à se battre pour elle. Le cœur gonflé d'espoir en l'avenir elle passa cette porte disant définitivement adieu à sa vie d'avant.


Et voilà, second et dernier chapitre du point de vue de Regina. J'espère que tout ça vous a plu et à jeudi prochain pour... (pas taper)... le dernier chapitre de cette fiction :D *cours se cacher*