Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.

Note des auteurs : voir chapitre 18


Partie II

Bairim

Chapitre 27

Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.

POV Lucius

Je m'allongeai sur le lit et soupirai de bien-être. La journée avait été chargée et agitée. Après le cimetière, nous avions été faire les papiers nécessaires pour le changement de pierre tombale de Narcissa puis nous avions été mangé au restaurant et visité la ville en long en large et en travers, que ce soit du côté moldu ou sorcier. Nous étions ensuite revenus au Terrier et Harry ainsi que Draco étaient partis s'installer dans la chambre de Ron tandis que nous occupions celle de Charlie, et Bairim celle de Bill. Nous venions d'ailleurs d'aller le coucher et il allait très probablement passer une bonne et longue nuit de sommeil. Charlie me rejoignit rapidement et je me collai immédiatement contre lui.

— Cette journée m'a épuisé.

— Ne m'en parle pas. Bairim a bien marché, je suis agréablement surpris qu'il ne nous ait pas trop demandé de le porter.

— Oui, il commence à vouloir sa petite indépendance.

— Hm, c'est vrai.

— Il était heureux aujourd'hui, il aime être en ville avec toi, fit Charlie. Je suis heureux que tu sois libre mon amour. J'en ai eu plus conscience aujourd'hui en voyant les sorciers te dévisager.

— Je suis heureux que Bairim n'ait rien remarqué surtout, et qu'aucun de ces sorciers n'aient ouvert la bouche.

— Ils ne le feront pas. Sinon, tu ne vois rien dont tu devrais me parler ? souffla-t-il en caressant mon cou de son nez.

— Hm. Tu serais vraiment contre ?

— Je ne sais pas. Explique-moi pourquoi tu aimerais lui écrire. Je t'écoute.

J'essayai de dissimuler ma surprise quant au fait qu'il soit visiblement prêt à m'écouter et en discuter, et me lançai :

— Il était mon ami à Poudlard, et nous nous sommes toujours bien entendu. Et puis, après ce qu'il a subi à cause de moi, je peux bien lui envoyer une lettre une fois de temps en temps. C'est toi que j'aime Charlie, et je ne te tromperai jamais, encore moins avec Lewis.

— Cela t'apporterait-il quelque chose de pouvoir le faire ? demanda-t-il semble-t-il réticent à cette idée.

— Un ami peut-être. Mais si vraiment cela t'embête, je m'en passerai, ce n'est pas si grave.

Il embrassa mon front et ferma les yeux, un instant.

— M'autoriseras-tu à lire vos échanges si je le demande ?

— Et bien, oui, si tu veux. Mais soyons honnête, tu n'aimeras probablement pas ce que Lewis y écrira. En y réfléchissant bien, il est probablement un mélange entre toi et Isaac.

Blagueur et taquin à l'extrême, mais aussi un connard lunatique, quand il n'était pas le garçon le plus gentil du monde. Enfin, peut-être avait-il changé depuis toutes ces années, même s'il m'avait semblé être resté le même. Mais après tout, nous ne nous étions vu que cinq petites minutes.

— Oui, j'ai cru remarquer, je comprends même ce qui a pu t'attirer chez moi au premier abord. Et okay, je n'aime pas beaucoup ça, mais tu pourras le faire, si tu veux.

— Merci, souris-je avant de l'embrasser.

— De rien.

Je me blottis contre lui et lui souhaitais une bonne nuit avant de m'endormir, bercé par sa respiration calme et mesurée.

POV Charlie

J'étais installé dans l'herbe, la baguette à la main plus par sécurité qu'autre chose, Bairim volant sur son balai, toujours un immense sourire au visage. Je savais qu'il avait hâte de passer les portes de la réserve, mais j'avais fait une promesse à Lucius et je tenais à m'y tenir. Je devais aussi que depuis avoir vu Storme croquer Joaquim, j'avais pris conscience de la dangerosité des Dragons, même si inconsciemment, je savais qu'ils ne feraient jamais de mal à Bairim.

D'ailleurs, je pouvais encore me souvenir d'avoir menacé Storme, tout en le remerciant pour m'avoir sauvé et sauvé Bairim. Je n'avais reçu aucune réponse, mais j'avais cru déceler dans son regard orange qu'il m'avait compris et savait donc que je n'hésiterai pas à le tuer s'il arrivait quoique ce soit à mon fils par leur faute. Sans m'y attendre, étant perdu dans mes pensées, je reçus un poids sur moi et ris, tout en me laissant tomber en arrière.

— Tu n'as plus envie de voler ? demandai-je en caressant ses cheveux.

J'aimais toujours autant qu'il soit en demande de câlin, même s'il allait avoir six ans dans trois mois. Six ans ! Ça ne me rajeunissait pas tout ça.

— Non, plus tard.

— Comme tu veux, soufflai-je en caressant son bras.

Je le sentis en faire de même avec le mien, toujours avec cette envie de faire comme les grands et je souris, avant de rire.

— Ça te dit de dessiner les nuages ? lui proposai-je.

Je me souvenais qu'avec Bill, nous aimions jouer à ça, alors qu'en réalité, nous devions juste trouver des formes avec les nuages. Mais c'était tellement mieux de dire que nous les dessinions.

— Hm. Pourquoi t'as pas de dessin sur le bras ?

— De quoi tu parles ? soufflai-je.

— Bah, Pada et Draco, ils ont un dessin sur le bras, mais toi t'en as pas.

Oh... La Marque.

— Oui, non, tout le monde n'en a pas. Carlos ou tonton Ron n'en n'ont pas, tout comme Harry.

Il ne manquerait plus que ça.

— Ça te dérange ? ajoutai-je un peu inquiet.

— Mais pourquoi ils l'ont eux ? La maman de Draco l'a aussi ?

— Non, je ne crois pas. Et ils l'ont parce qu'ils ont fait certains choix dans le passé.

Bordel ce n'était pas à moi à avoir cette conversation. C'était à Lucius. Mais je ne pouvais pas non plus envoyer chier Bairim, il ne comprendrait pas.

— Je ne comprends pas, répondit-il d'ailleurs. Ils ont fait des choix et du coup, y'a un dessin sur leur bras ? Parce que j'ai choisi le gâteau au chocolat plutôt qu'à la fraise hier mais regarde, fit-il en me montrant son bras, j'ai rien du tout.

Je soufflai, afin de réfléchir à quoi répondre à ça et caressai ses cheveux, avant de l'embrasser sur le joue.

— Pas ce genre de choix mon chéri. Mais tu es petit pour comprendre. Ça te dit de jouer au loup ? Proposai-je.

— C'est pas vrai, je suis grand maintenant ! J'ai cinq et presque six. Je suis pas petit !

— Si si, regarde, fis-je en me levant, je suis grand et tu es petit.

— Non, tu triches ! Et puis d'abord, t'es plus petit que Pada !

— Oui, mais je suis plus grand que toi, répliquai-je amusé. Et je ne triche pas !

Il alla chercher son balai sur lequel il monta puis décolla et monta à près de deux mètres du sol.

— Et voilà, je suis plus grand maintenant, sourit-il.

— Et c'est qui le tricheur maintenant, hum ?

— T'as triché, alors je triche aussi !

Je secouai la tête amusé, mais plus heureux encore que la conversation avait changé de sujet.

— Si je vais chercher mon balai, fis-je, je serais à nouveau plus grand que toi. Donc, au final, je suis plus grand. Mais tu es petit et les petits ont un avantage. Ils peuvent manger plus de gâteau. Tu en veux ?

— Oui !

— Descend de balai et donne-le-moi et je vais t'en chercher.

Il descendit au sol puis me tendit le balai avec un grand sourire avant de se mettre à courir vers le bâtiment en criant :

— Je suis sûr que j'arrive avant toi !

— C'est sûr, tu es plus grand, rappelle-toi.

J'avançai et le rejoignis dans la cuisine. Il était sur la pointe des pieds, et tendait le bras pour toucher le gâteau placé dans un coin, hors de portée justement.

— C'est quoi le mot magique ?

— S'il te plait Papa !

— Papa qui ? répliquai-je en prenant déjà deux assiettes à dessert.

Il fronça les sourcils et soupira :

— S'il te plaît Papa que j'aime. Je peux en avoir maintenant ?

— Oh, tu me blesses, dis-je théâtralement.

Je le soulevai néanmoins pour l'asseoir sur le plan de travail.

— Tiens, ajoutai-je en posant le couteau sur le gâteau, aide-moi à les couper, je ne me sens pas assez fort.

— Je suis plus fort que toi alors ?

— Je ne sais pas, ris-je amusé. Te penses-tu plus fort que moi ? demandai-je en l'aidant à couper les parts et à les mettre dans les assiettes.

Je le fis ensuite descendre et avant qu'il ne réponde, je lui tapotai les fesses et dis :

— Va voir si Moliva et Hulrick, au salon, veulent du gâteau.

— Ils vont avoir un bébé ?

— Pourquoi tu me demandes ça ?

— Isaac il a dit que quand ils sont seuls tous les deux, ils font des bébés.

Saleté !

— Non, il blaguait. Tu ne devrais pas écouter tout ce qu'Isaac te dit mon chéri.

— D'accord ! dit-il en courant pour sortir de la cuisine.

Je lui servis un grand verre de lait, vu que depuis quelques semaines, nous le forcions en en boire au moins deux par jours, et il revint en courant.

— Alors, ils sont dit quoi ? le questionnai-je.

— Oui merci !

Je coupai deux parts supplémentaires et donnai une assiette à Bairim.

— Tu viens, on va au salon.

Je fis léviter les autres assiettes, tout en prenant nos deux verres de lait, me forçant aussi à en boire, sinon, Bairim voulait faire comme Papa. Une fois au salon, je souris attendri, en voyant Hulrick allongé, Moliva à ses côtés, en pleine lecture.

— Vous voilà servis les amoureux !

— Merci, répondirent-ils tandis qu'Hulrick se redressait.

— Alors, tu lis quoi de beau Moliva ? fis-je en prenant place sur l'un des fauteuils, Bairim venant sur mes genoux.

— Une romance qu'une amie m'a conseillée. Je pourrais te la prêter après si tu veux.

— Pourquoi pas. Je me suis habitué à ce genre de niaiserie.

Et Lucius aimait s'en moquer. J'entamais ensuite une discussion avec Hulrick et Moliva, alors que Bairim s'était mis à jouer avec ses jeux, son gâteau mangé. Je le regardai de temps en temps et voulant taquiner mes amis, je lançai :

— C'est pour quand le bébé ?

— Pourquoi tu demandes ça ? fit Hulrick en jetant un regard incertain à Moliva.

— Comme ça ? Ça fait quand même un moment que vous êtes officiellement un couple et plus encore.

Je leur fis un clin d'œil.

— Et puis je dois avouer que vous devez en vouloir à Isaac.

— Qu'a-t-il encore fait ? demanda Moliva.

— Il a dit à Bairim que quand vous étiez tous les deux, vous faisiez des bébés. Du coup, en vous voyant, j'ai eu envie de vous taquiner.

— Vous ne devriez vraiment pas le laisser seul avec Bairim, rit Hulrick.

— Non, je sais, mais il aime les gosses et... cette vie n'offre pas beaucoup de possibilités. Mais ne changez pas de sujet, ris-je.

— Pourquoi, tu veux ouvrir une garderie ?

— Non. Quoique qu'avec Penelope deux week-ends par mois et Bairim, ce serait un bon début.

— Si on invite les enfants de tes frères, je suis certain qu'avec un petit effort, on va pouvoir monter une équipe de Quidditch.

— Ouais, ça pourrait se faire dans le futur.

Je finis ma part de gâteau et vidai mon verre avant de changer de sujet.

OoOoOoOoO

J'avais décidé d'aller me balader avec Bairim en forêt en attendant le retour de Lucius qui était de garde depuis le début d'après-midi. J'avais bon espoir qu'en épuisant Bairim rapidement, je pourrais profiter de Lucius tout aussi vite. Il m'avait allumé ce matin sans m'éteindre et je n'avais qu'une hâte, me venger. Enfin... je ne voulais pas spécialement me venger, parce que sinon, il se vengerait de ma vengeance et bizarrement, il trouvait toujours quelque chose de plus agaçant encore que moi, et au final c'était moi qui me retrouvait en mauvaise posture.

La dernière fois, il m'avait attaché les mains, et pas avec les liens foutrement bons... Non, avec de simple liens et il m'avait laissé mijoter pendant plus de deux heures avant de daigner me libérer. Certes, ça avait été bon, mais la frustration ressentie était toujours présente.

— Bairim ? Viens, on va attendre Pada devant la barrière.

Il était accroupi et regardait des fourmis, les yeux curieux et brillants. Il releva la tête puis regarda de nouveau les fourmis et dit :

— Elles sont petites t'as vu ? Comment on fait pour pas les écraser si on peut pas les voir ?

— On ne peut pas mon chéri. Il fait compter sur la chance. Tant que tu ne le fais pas exprès, ce n'est pas grave.

— Les Dragons ils écrasent des gens des fois ? me demanda-t-il en se relevant. Parce qu'on est tous petits pour eux, non ?

— Oui, mais ils nous voient plus facilement que tu ne vois les fourmis. Donc, non, ils n'écrasent pas de gens, ou pas souvent.

— Hm. Ils m'écraseront pas moi, ils m'aiment bien. Et toi aussi.

— Et Pada ? demandai-je inquiet.

— Ils l'aiment aussi mais... je crois qu'ils ont un peu peur de lui.

— Pourquoi ? fis-je en m'accroupissant près de lui.

— Parce qu'il les aime moins que toi et moi. Et ils ont peur qu'il veuille m'emmener loin.

— C'est ce qu'ils te disent ?

Les Dragons étaient moins bêtes que je ne l'aurais cru. Et maintenant j'avais peur qu'ils ne blessent Lucius pour garder Bairim près d'eux.

— Hm. Je crois que des fois ils savent pas que je les écoute. Mais tu leurs diras pas hein ?

Il me regarda et fronça les sourcils avant de demander :

— Ça va pas ?

— Si si. Ne t'inquiète pas mon chéri. Mais parle-moi plus de ce que disent les Dragons, si tu veux bien, je suis curieux et moi, je n'ai pas la chance de les entendre. Promis, je ne dirais rien, terminai-je en un clin d'œil.

— Ils disent beaucoup de choses. Des fois ils entendent des Dragons de très loin aussi, et ils aiment bien quand vous leur donnez à manger.

— Des Dragons de très loin ? C'est bien ça. Et oui, je pense comprendre qu'ils aiment quand on leur donne à manger. Toi aussi, tu aimes ça. Et sinon, quoi d'autres ? Ils parlent de nous ?

— Oui. Ils aiment bien les gardiens, mais ils ont jamais aimé le monsieur qui m'avait emmené pour faire une promenade. Tu te souviens ? Ils vous surveillent sinon quand vous venez dans la réserve. Et toi et Pada encore plus. Et ils veulent je vole avec eux. Je peux ?

— Non, tu es encore un peu trop jeune. Quand tu auras neuf ou dix ans, tu pourras. Ça dépendra de Pada et moi.

Et oui, je voyais de qui ils parlaient. Et je pus me souvenir de sa mort et frissonner.

— Et pourquoi est-ce que seuls Émeraude et Storme semblent proche de toi et pas les autres ?

— Raude c'est le roi. Moi je suis le Prince et Storme doit me protéger. Toi et Pada, vous êtes rois aussi ?

Je clignai des yeux, ne m'étant pas attendu à cette réponse.

— Non, nous ne sommes pas rois.

Ainsi donc, Storme était une sorte de garde du corps. C'était peut-être pour ça qu'Émeraude n'avait pas voulu bouger quand Bairim avait été enlever. Le roi bougeait rarement. Mais c'était une bonne chose à savoir en ce qui concernait Storme. Et je comprenais mieux aussi pourquoi de temps en temps, les Dragons apportaient de la nourriture à Émeraude.

— Mais je croyais que le Prince, c'était le fils du roi ? dit Bairim.

Ah...

— Oh, viens, Pada doit avoir fini de travailler, fis-je en me relevant et espérant qu'il oublierait cette conversation.

Il me suivit quelques secondes en silence avant de reprendre :

— Si le Prince c'est le fils du roi, et que je suis le Prince et Raude le roi, alors je suis le fils de Raude mais je suis pas un Dragon, donc c'est pas possible. Et puis, c'est toi et Pada mes papas, mais vous êtes pas rois. Alors je suis pas Prince. Mais si je suis pas Prince, pourquoi Raude et Storme disent je le suis ?

— Je pense que le mieux à faire et de poser ta question à Pada.

Au moins, je gagnerai quelques minutes.

— Parce que il est plus intelligent ?

— Non, mais il comprend mieux ce genre de chose.

Et surtout, il allait m'aider à trouver une réponse parce que là, j'étais juste perdu. Devrions-nous dire à Bairim la vérité, ou lui cacher et risquer que les Dragons ne la lui révèlent ? Nous fûmes rapidement en dehors de la forêt et nous nous rendîmes dans la salle à manger et y trouvèrent Lucius devant un thé, se massant les temps.

— Salut, marmonnai-je en prenant place près de lui.

— Bonjour, répondit-il en se tournant vers moi et en me souriant. Vous avez passé une bonne après-midi ?

— Oui et toi ?

— Ça va.

— Dis, est-ce que tu aurais deux minutes, en privé ? demandai-je.

— Bien sûr. Bairim ? Carlos est en cuisine et je crois me souvenir qu'il voulait essayer une nouvelle recette qui devrait te plaire, tu voudrais bien aller l'aider quelques minutes ?

— Ouiiiii !

Il fonça vers la cuisine et rapidement, j'expliquai les sujets que Bairim avait abordés avec moi aujourd'hui, c'est-à-dire la marque ou plutôt l'absence de marque chez moi et cette histoire avec les Dragons.

— Magnifique, soupira Lucius. Je préfèrerais qu'on attende encore pour lui parler de la marque, si tu veux bien. Quant aux Dragons, Bairim est leur prince parce qu'ils l'ont choisi pour l'être et puis voilà. Que veux-tu lui dire d'autre ?

— Je ne sais pas justement. Il me semble qu'ils lui disent beaucoup de chose volontaire ou non. Et si un jour l'information passe de cette manière et que Bairim l'entend ? Je trouve ta réponse tout à fait bien, mais est-ce la chose à répondre ? Et je suis du même avis, il est encore trop petit pour comprendre pourquoi tu as la marque.

Je lui racontais rapidement la question avec les fourmis et celle des Dragons qui avait suivie, inquiet de ce genre de raisonnement à son âge.

— Je ne comprends pas Charlie, que voudrais-tu répondre d'autre ?

— Qu'Émeraude est le point de départ de sa vie, soufflai-je tout bas. Sans lui, il ne serait pas là, même s'il a juste planté la graine que nous avons cultivée.

— Charlie, quand tu dis ça, j'ai vraiment l'impression que c'est Émeraude que tu as baisé, pas moi.

— Non non, je te jure, je n'ai baisé que toi, affirmai-je. Et Okay pour ta réponse.

— J'espère bien que tu n'as pas couché avec ce Dragon, sourit-il en levant les yeux au ciel. Et tu n'as qu'à demander aux Dragons de se satisfaire de cette réponse. Je comprends qu'Émeraude a donné de la Magie, mais c'est tout. Et je ne veux pas que Bairim le voit comme l'un de ses pères. Il en a deux, et c'est toi et moi.

— Oui, je leurs parlerais. Et je commence à te comprendre. On s'est tapé les couches, les nuits d'insomnies, les biberons et autres, il ne va pas se ramener comme une fleur dans cette histoire. Il n'y a que toi et moi et ça ne changera jamais.

Je n'avais pas envie de lui avouer qu'en parlant avec Bairim plus tôt, j'avais pris conscience de l'importance des Dragons dans sa vie et que cela ne m'avait pas plu. Parce que c'était de l'hypocrisie. Eux même n'avaient-ils pas une part importante dans ma vie ? Lucius avait même eu peur que si je devais faire un choix, que ce soit eux et pas lui. Il me détailla attentivement, un sourcil relevé, puis demanda :

— Tu le penses vraiment ?

— De quoi ? demandai-je comme un con.

Je me pinçai les lèvres et répondis hâtivement :

— Oui oui, je le pense !

— Je ne remets pas ta parole en doute et je ne veux pas qu'on se dispute, encore moins maintenant, crois-moi. Mais, même s'il ne me plaît pas toujours, j'aime connaître ton avis... C'est juste que tu sembles plutôt étrange là tout de suite.

— J'ai vu un homme se faire bouffer par un Dragon, j'ai pris conscience que ces derniers sont important dans la vie de Bairim et qu'il peut les entendre même si ces derniers ne le souhaitent pas. Et pire encore, il peut entendre même ceux étant loin. Alors bordel, j'ai peur, okay ? Moi je suis adulte, lui non. Il est petit, inoffensif et ignorant. Ce qui n'est plus mon cas. Je n'ose même plus m'approcher de la gueule d'Émeraude. Et je vais maintenant avoir peur pour toi !

— Attends, pourquoi peur pour moi ? me questionna-t-il en posant sa main sur ma cuisse pour la caresser doucement. Et je croyais qu'Émeraude ne te ferait jamais de mal...

— As-tu écouté ce que je t'ai dit plus tôt ? Les Dragons ne t'aiment pas autant qu'ils ne m'aiment Bairim ou moi. Tu es donc un danger. Et si jamais ils te blessaient pour que Bairim puisse aller dans la réserve ? Et si jamais ils nous blessaient tous les deux pour l'avoir rien que pour eux ?

Je savais que je paniquais, mais maintenant, je n'étais plus sûr de rien et ne pas pouvoir communiquer avec eux était des plus agaçants. Que pensaient-ils réellement de nous ?

— Charlie, d'abord, calme-toi. Ce n'est pas une option que j'envisage réellement parce qu'au fond de moi, j'espère qu'ils sont aussi intelligents que tu le penses. Mais s'ils essaient de nous tuer, nous les tuerons d'abord. Ils sont grands et dangereux, mais on a nos baguettes et nous savons nous en servir. Et si Émeraude nous prend Bairim, je vais récupérer son rejeton et on verra qui sera le plus embêté.

Je fus rassuré et me collai à lui, enfouissant la tête dans le creux de son cou.

— Je commence à te comprendre, marmonnai-je. Bordel, oh que oui je te comprends et je m'en veux.

— Je suis ravi que tu me comprennes, mais cela ne sert à rien que tu t'en veuilles. Et puis, un point positif, quand tu es parti avec Storme chercher Bairim l'année dernière, il aurait pu te tuer et revenir et personne ne l'aurait accusé. Mais il t'a ramené aussi.

Il frotta son nez contre ma joue puis murmura :

— Maintenant que Bairim est occupé avec Carlos pour probablement un bon moment... Tu m'aiderais à faire disparaître cette satanée migraine ?

Il lécha le lobe de mon oreille et glissa sa main sous mon haut pour parcourir ma peau de ses doigts.

— Bien évidemment, souris-je en me levant.

Je lui tendis la main qu'il prit et nous dirigeai vers notre chambre.

OoOoOoOoO

Mes parents avaient Bairim pour la journée et Lucius était parti avec son fils pour une balade en ville à la demande de ce dernier. Il avait envie d'acheter deux trois meubles et voulait son avis. Bon, j'avais aussi été inviter, mais moi et la décoration intérieur, ce n'était pas mon fort. Et puis, ils avaient bien le droit à un petit moment rien que tous les deux.

J'en profitais pour ma part, étant de garde de nuit, de lire un peu. Je lisais surtout des bouquins sur l'éducation pour les enfants de six à neuf ans, Bairim ayant fêtait ces six ans il y avait moins de trois semaines. Ce petit bout qui n'avait pas mesuré plus de soixante centimètres grandissait maintenant bien trop vite à mon goût et je voulais être sûr cette fois-ci de ne pas me faire repousser en ce qui concernait nos leçons.

— Charlie ?

Je relevai la tête et vis Geoffroy revenir de sa garde.

— Oui ? demandai-je en posant le livre sur mon torse, afin de ne pas perdre ma page.

— Je peux te déranger quelques minutes ?

Je hochai la tête et souris.

— Tout va bien ?

— Oui et pour toi ? le questionnai-je poliment.

— Oui oui...

Il eut une moue embêtée puis inspira profondément avant de reprendre :

— Écoute, je ne vais pas tourner autour du pot, je voudrais te parler de quelque chose de bien précis. J'ai reçu beaucoup de demandes récemment, et depuis quelques années d'ailleurs, d'étudiants qui aimeraient venir ici ou même de gardiens qui voudraient visiter notre réserve.

— Et ?

Je ne voyais pas bien le problème, il y avait même une chambre de libre. Il s'installa sur un des fauteuils et ferma la porte, la verrouillant ensuite. S'il faisait ça, c'était qu'il ne voulait pas être dérangé.

— Et tant que Bairim est ici, je ne peux pas les accepter. Ce qui commence à me poser des problèmes au niveau de certaines subventions. Et puis, même sans cela, nous n'avons plus de place dans le bâtiment. Si j'avais su, j'aurais demandé à Lucius de le construire deux fois plus grand...

— Il en aurait été enchanté, ris-je avant de reprendre mon sérieux. Donc... si je comprends bien, Bairim pose un problème ?

— Je n'aime pas le formuler ainsi parce que l'avoir ici est vraiment agréable mais... si je continue à refuser ainsi toutes les demandes qu'on m'adresse... non seulement notre réserve va perdre beaucoup d'argent mais en plus, cela va attirer trop l'attention sur nous et ce n'est pas quelque chose que nous voulons. Je ne veux pas vous mettre à la porte mais...

— Mais tu le dois, pour le bien de la réserve, soufflai-je. Est-ce... tu me mets à la porte aussi en tant que gardien ?

Je souhaitais fortement que non. En trois mois, j'avais réussi à instaurer une nouvelle confiance avec Émeraude, comme avant. Parce que Lucius avait eu raison. Storme m'avait ramené. Donc, ils ne nous voulaient aucun mal.

— Bien sûr que non. Toi et Lucius pouvez continuer de travailler ici, si vous le voulez bien sûr. Même si pour le coup, je serais bien embêté si vous partiez.

— Oui oui, je veux rester et Lucius aussi, certainement. Donc, on doit juste trouver une maison.

Je me rendis compte qu'avec le peu de revenu que nous avions, nos économies allaient fondre rapidement en quelques années mais je mis ça de côté.

— J'ai un ami agent immobilier en ville qui s'occupe aussi bien du côté moldu que sorcier. Il me devait une faveur alors il accepte de vous aider gratuitement. Et en parlant de Lucius, il veut continuer d'aller en réserve ou pas ?

— Aucune idée, répondis-je. Et merci, parce que sincèrement, je ne suis pas certain d'avoir l'envie de commencer à chercher une maison sans aide. Et je te rassure, je ne t'en veux pas et comprends.

Je souris et m'assis, avant de dire sérieusement :

— Je suppose que nous devons partir dans un délai déterminé ? Tu ne nous en parlerais pas si tu n'avais pas reçu une date limite, hum ?

— Dans deux mois serait parfait. Quatre maximums.

— Okay.

Je songeai un instant que j'avais passé la plus grande partie de ma vie ici et que cet endroit allait me manquer, même si je ne le quittais pas totalement.

— J'en parlerais à Lucius ce soir. Merci d'avoir tenu aussi longtemps, je sais que tu as dû crouler sous les demandes.

— Si tu savais. Plus j'en refuse, plus j'en reçois. Si j'avais pu faire autrement, je l'aurais fait, vraiment. Et vous pourrez passer quand vous le voulez. Ça reste chez vous.

— Merci, ça me touche. Cet endroit c'est ma maison, mon foyer. Et vous êtes ma famille. Et puis, ça laissera notre chambre et celle de Bairim pour Carlos et Penelope, constatai-je en m'étant déjà senti coupable qu'il n'ait pas le droit à la même installation que nous.

— En effet, et je pense que Moliva et Hulrick prendront celle de Carlos. Ce qui nous permettra d'accueillir au plus trois personnes supplémentaires.

— Jusqu'à ce qu'ils nous pondent un bébé, ris-je.

— Hm. Tu crois que tu pourrais voir avec ton Ministère pour qu'ils nous envoient un autre prisonnier ? Je pense qu'un second bâtiment ne serait pas de refus. À moins que Lucius accepte de s'en charger, évidemment, ajouta-t-il avec un sourire.

— Je peux toujours envoyer une lettre, mais je doute que leur réponse soit favorable. Je pense qu'ils ont regretté de m'avoir confié Lucius. Et du coup, demandai-je sérieusement, est-ce que la prime annuelle sera toujours d'actualité ? Pour que je sache à quoi m'en tenir. Ne te sens pas obligé, m'empressai-je d'ajouter.

— Pourquoi ne le serait-elle plus ?

— Et bien, nous ne vivrons plus ici, ni ne mangerons à tes frais. Enfin pas tout le temps.

— Donc je devrais vous retirer la prime parce que vous me coûtez encore moins cher ? Je t'en prie Charlie, de toute façon, cette prime est pour le temps passé dans la réserve. Quoique pour Lucius, j'ai plutôt compté son temps passé dans le bureau mais ça revient au même. Les étudiants ne sont pas payés, et je ne vais probablement embaucher personne d'autre.

— Très bien. Je suis un peu rassuré, avouai-je. Parce que sinon, mes économies auraient fondues rapidement. Je ne connais absolument pas le prix des loyers et je n'ai pas tant que ça de côté.

— Je sais. J'ai regardé dans les comptes et... je peux vous donner quinze gallions par mois chacun en plus de la prime annuelle. Après tout, je ne vous payais pas en majeure partie parce que je vous loge et vous nourris. Ce qui ne va plus être le cas pour vous. Je sais que ce n'est pas beaucoup mais, est-ce que cela pourrait être suffisant ?

— Oui, je pense.

Je souris, et ajoutai :

— Merci. Je sais que cela a dû te demander plus de travail et je t'en suis reconnaissant. Et puis, dans peu de temps, tu devras aussi payer Bairim.

J'explosai de rire et me calmai en voyant sa tête blanchir.

— Je plaisante, affirmai-je. Il n'est pas prêt à devenir gardien.

Il me lança un regard avant de lever les yeux au ciel.

— Je vais te donner les coordonnées de mon contact. Et si tu pouvais demander à Lucius de me dire ce qu'il souhaite faire quant à la réserve, j'apprécierais.

— Sans problème.

Il sourit et quitta la pièce, revenant ensuite avec les coordonnées.

— Merci !

— Je t'en prie, j'espère que vous trouverez votre bonheur facilement.

— Ça, j'en suis moins sûr, connaissant l'ancien manoir de Lucius, il va surement jouer les difficiles.

— Je ne suis pas certain qu'il y ait des manoirs dans le coin, pour être honnête.

— Je sais, c'est ce qui me fait peur.

Il leva les yeux au ciel avant de quitter la pièce, en marmonnant qu'une tente était aussi envisageable. Je ris puis repris ma lecture. Néanmoins, ma tête était ailleurs et ne pouvant plus faire autrement, je pris un parchemin et une plume et tentai de voir si tout cela était possible.

Ne connaissant pas le moins du monde le prix d'un loyer, je me dis que cela devait tourner autour d'une vingtaine de gallions par mois, ce qui nous laisserais dix gallions pour la nourriture, en ce qui concernait la prime mensuelle. Et si j'ajoutai à ça nos deux primes annuelles de cinquante gallions, cela nous ferait une somme d'environ huit gallions à ajouter aux dix alloué à la nourriture.

Un mal de tête pointait déjà le bout de son nez et je me dis que cela n'allait peut-être pas suffire. Mais je me souvenais que Lucius gagnait approximativement une vingtaine de gallions par an et cela nous ferait alors un peu plus de vingt gallions en budget nourriture et autre par mois.

Je me calai dans le fond de ma chaise et me dis que si les loyers étaient plus chers que ça, nous allions avoir un problème.

OoOoOoOoO

Mes parents étaient partis il y avait à peine trois petites heures, Bairim avait enfin accepté de dormir, n'ayant pas cessé de nous raconter sa journée, et maintenant que Lucius était sous la douche, j'espérais qu'il n'allait pas prendre mal notre future conversation.

J'avais repoussé cette dernière depuis qu'il était rentré de sa garde et maintenant, je savais au fond de moi que c'était le moment. Surtout que nous n'avions que quatre mois maximum pour partir et je supposai que cela n'allait pas être de trop. Je fus sorti de mes pensées par une main caressant ma joue.

— Pourquoi sembles-tu si concentré ? me demanda-t-il.

— Parce que je le suis, ris-je.

Je l'attirai à moi et posai la tête sur son ventre chaud puis fermai les yeux. Ses mains commencèrent à passer dans mes cheveux et je gémis de bien-être.

— Nous devons parler, marmonnai-je en me sentant déjà partir dans le sommeil.

Quand il passait ses doigts comme ça à travers mes mèches, j'avais juste envie de m'endormir comme un petit enfant.

— Parler de quoi ?

— Geoffroy est venu me parler plus tôt dans la journée, avouai-je.

— Ah... À propos de quoi ?

— De nous, ou plutôt de notre présence au camp.

Je m'écartai et lui expliquai la conversation que j'avais eue et ce qui en étais sortis, n'oubliant pas de l'informer de la prime mensuelle.

— J'ai fait des comptes pour voir ce qui serait possible, ce serait bien que tu y jettes un œil.

Je sortis le parchemin que j'avais rangé dans ma poche arrière et lui tendis, tout en m'allongeant sur le lit. Il s'assit à son tour et lut le parchemin.

— Tu t'améliores clairement, c'est déjà ça, soupira-t-il après un moment en recommençant à passer sa main dans mes cheveux.

— Le seul souci, c'est que je n'ai aucune idée du coup des loyers. Mais si ça reste dans cette marge, nous nous en sortirons je pense.

— Avec un peu de chance, les loyers sont moins chers ici qu'en Angleterre. Sinon, notre nouvelle maison rentrera dans mon ancien salon.

— C'est sûrement ce qui arrivera, soufflai-je. Est-ce que cela te dérangerait ?

— Ce n'est pas comme si nous avions le choix, répondit-il en s'allongeant sur moi, collant son nez sous mon menton.

— Et tant que j'y pense, Geoffroy m'a demandé ce que tu comptais faire maintenant. Souhaites-tu toujours travailler à la réserve ?

— Je ne sais pas. Il faut que j'y aille un minimum, parce si j'arrête de fréquenter les Dragons, ce sera juste encore pire quand Bairim les approchera.

— Je pense que tu devrais en discuter en Geoffroy, pour voir ce qu'il pourrait te proposer. Et donc, tu es d'accord pour qu'on se cherche une maison ?

Il se redressa et me sourit, se retenant visiblement de rire.

— Concrètement, que je sois d'accord ou non n'entre pas en ligne de compte. Mais oui, je préfère que nous prenions une maison ou ce que tu veux plutôt que de dormir à la belle étoile.

— Okay. Et... as-tu certaines attentes ?

Autant que je sache tout ce qu'il désirait, histoire de m'y préparer mentalement. La liste devait surement être longue.

— Et bien... au moins cinq chambres, trois salles de bains, une grande et spacieuse cuisine ainsi qu'une salle à manger et au minimum deux salons. Trois salles de réception serait parfait mais je présume que nous pourrons nous contenter d'une seule. Oh, et un jardin avec un lac. Je pense que c'est tout...

Je me tendis, mais ne dis rien, de peur qu'une dispute n'éclate.

— Je tâcherais d'avoir le maximum. Mais je ne te promets rien.

Merlin, dans quoi allions-nous nous embarquer !?

— Je ne suis pas certain que nous pourrons trouver quelque chose comme ça, nous aurons donc probablement à faire construire... Et du coup, une tour d'astronomie ne serait pas une dépense particulièrement extravagante je trouve. Qu'en penses-tu ?

— Dis-moi que tu plaisantes là, parce que je sens que mes cheveux vont vite grisailler !

— A ton avis. Je ne vais pas te dire que je refuserais un Manoir comme celui que j'avais avant si tu me le proposais, mais j'ai vécu dans des tentes et ensuite dans ce bâtiment qui nous offre comme seul luxe notre chambre et une salle de bain personnelle. Je pense que je pourrais survivre tant qu'on n'a pas moins que ce qu'on a maintenant.

— Tu me rassures. Donc, je vais pouvoir contacter l'agent immobilier et lui dire ce que nous attendons de lui, à moins que tu ne préfères t'en charger ?

— Comme tu préfères.

— Si tu me demandes, je te donnerais le pouvoir, tu sais bien que je déteste tout ces trucs. Donc, à toi de voir si tu veux prendre en charge l'agent ou non ?

— Je m'en occuperai dans ce cas. Voudras-tu que nous visitions tout ensemble ou je fais une première visite seul pour faire un premier tri ?

— Je préfère les faire avec toi. Avec de la chance, nous pourrions nous amuser un peu, soufflai-je en mordillant son lobe d'oreille.

— En effet.

J'inversai nos positions, me retrouvant au dessus de lui et m'installant entre ses jambes.

— Maintenant, je vais te faire voir les étoiles et cela, sans tour d'astronomie.

Il rit doucement et m'attira à lui pour m'embrasser.

OoOoOoOoO

J'allais devenir fou, littéralement.

Je n'aurais pas pensé que Lucius serait aussi difficile. Cela faisait un mois et demi que nous visitions des maisons et j'avais de nouveau envie de lui claquer la tête dans le mur le plus proche. Il y avait toujours quelque chose qu'il ne lui plaisait pas. L'endroit, le sol, la disposition des pièces, la grandeur, la largeur, le loyer trop chers selon lui pour ce taudis, ou trop élevé. Il avait essayé de négocier certains mais le propriétaire n'avait rien voulu baisser du tout. D'autre fois, c'était juste le sentiment qu'il avait sur place qui le faisait rayer l'endroit de la liste.

— Bon, je ne sais plus quoi vous montrer dans les maisons à louer et vous ne pouvez pas acheter, c'est ça ? demanda l'agent qui lui aussi avait surement dû vouloir frapper Lucius.

Ce qui aurait entrainé que j'aurais dû lui casser la gueule, car moi seul avait le droit de frapper mon mari.

— C'est ça, acquiesça Lucius le plus naturellement du monde.

— Et vous êtes sûr de ne pas pouvoir mettre un peu plus ? Parce que je suis à deux doigts de vous envoyer à un autre confrère. Je ne prends aucune commission avec vous et je travaille deux fois plus.

— Pas notre problème, répliqua mon mari. Et non, nous ne pouvons pas mettre plus.

— Bon, je propose dans ce cas que nous arrêtions là pour aujourd'hui et que nous nous revoyions dans une semaine ? J'aurais déniché d'autres endroits, s'ils existent.

— Je vous en prie, nous ne sommes pas si exigeants que ça. Je suis certain qu'en cherchant un peu, vous trouverez.

— Bien entendu, fit l'agent avant de transplaner.

— Bon, on va chercher Bairim ? demandai-je.

— Oui. Encore une après-midi de perdue...

— Je la trouve très bien moi cette maison, fis-je avant de regretter.

— Charlie. Les murs sont décrépis, les pièces ridiculement petites et le loyer ridiculement élevé, comment peux-tu trouver cela très bien ?

— Ce ne sont que des détails, murmurai-je.

— Ce ne sont pas des détails. Je veux bien qu'une ou deux choses ne soient pas parfaites mais quand rien n'est ne serait-ce que potable, c'est non.

— Okay. Allez, rentons. Bairim doit nous attendre.

Je tendis le bras, afin qu'il le prenne pour que nous puissions transplaner. Il l'accepta et je nous fis transplaner dans une ruelle reculée pas très loin de chez Harry et Draco.

— Et si nous allions chercher de quoi manger avec eux ? proposai-je.

— Bonne idée en effet.

Je souris et l'attirai à moi pour l'embrasser. Je le plaquai rapidement contre le mur le plus proche et le soulevai, tout en me collant à lui.

— Seulement, fis-je d'une voix rauque, j'aurais bien envie de mon dessert maintenant.

Il me rendit mon baiser puis se recula légèrement pour souffler :

— Charlie... pas ici.

— Hum... pourquoi, réussis-je à articuler tout en mordillant sa gorge.

— C'est sale... et à la vue de tous, répondit-il en me laissant néanmoins un meilleur accès à son cou.

J'en profitai et passai les mains sous son haut, afin de caresser son ventre. Puis, je les glissai dans son dos et les fis descendre sous son pantalon, prenant ses fesses en coupe.

— Tu en es sûr ?

— Oui, grogna-t-il en se mordant les lèvres. Charlie... s'il te plait.

Entendant au soin de sa voix qu'il ne voulait vraiment pas, je me forçai au calme et m'éloignai de lui, me postant contre le mur d'en face. Je ris ensuite en le voyant tenter de reprendre contenance, certainement comme moi.

— Tu es beau, soufflai-je en le détaillant.

Il releva la tête vers moi et ancra son regard dans le mien avant de sourire.

— Tu l'es plus encore.

— On y va ? demandai-je quelques minutes plus tard, mon excitation descendue.

Il hocha la tête et vint passer son bras autour de ma taille, déposant ensuite un baiser dans mes cheveux. Nous allâmes du côté moldu, Harry nous ayant montré un endroit où nous pouvions prendre de la nourriture à emporter, délicieuse et pas chère. Puis, nous nous rendîmes main dans la main jusqu'au magasin encore ouvert pour quelques minutes. Nous entrâmes et la clochette sonna. Harry arriva rapidement, un sourire au visage, qui se fana quand il nous reconnut.

— Dis tout de suite que tu es déçu, ris-je en allant à sa rencontre.

— Bien sûr que non ! répliqua-t-il immédiatement. Vous avez fini ?

— Oui et c'est toujours négatif. On apporte à manger, ajoutai-je en montrant le sachet.

Il jeta un regard interrogateur à Lucius qui haussa les épaules puis nous dit :

— Montez, je vous en prie. Je ferme le magasin et j'arrive.

— Okay.

Nous montâmes et je vis immédiatement Bairim derrière une plante. Je m'avançai pour l'embrasser, mais il me gronda en disant :

— Mais non ! Je suis caché ! Me regarde pas où il va me trouver !

— Oh...

Je ris et regardai Lucius qui lui aussi, était amusé. Je me dirigeai donc vers le salon et trouvai Draco assis, l'air détendu.

— Ça fait combien de temps que vous jouez à cache-cache ? demandai-je en sachant qu'une fois Bairim lancé, il ne voulait plus s'arrêter.

Et le pire, c'était qu'il se cachait limite à chaque fois au même endroit.

— Presque deux heures maintenant, soupira-t-il, mi dépité et mi amusé.

Je ris et pris place, tout en posant le sachet sur la table.

— Pour vous servir. Par contre, on a oublié le vin.

Je regardai Lucius, l'œil réprobateur et soufflai :

— Tu aurais pu y penser !

— Tu plaisantes là n'est-ce pas ? Je t'ai posé près de quatre fois la question et vu que tu n'as pas daigné me répondre une seule fois.

— Tu es sûr ? fis-je en retirant ma veste.

— Oui Charlie, certain merci. Je sais encore ce que je dis.

— Alors je suis le coupable, ris-je.

— Bon, je vais trouver Bairim, certainement caché derrière la plante dans le couloir et je vous sers à boire.

OoOoOoOoO

Cette nourriture chinoise était vraiment exquise et voir Bairim manger avec bon appétit me faisait encore plus plaisir. Il avait voulu goûter à tout et maintenant, il se débâtait avec ses nouilles. Enfin, il essayait de les manger sans s'en mettre partout, mais vu qu'il ne les enroulait pas autour de sa fourchette, c'était très dur.

— Et sinon, fit Harry. Du nouveau pour la maison ?

— Non, répondit Lucius tranquillement. Nous n'avons rien trouvé de probant.

— Ou plutôt, murmurai-je, rien ne lui convient.

— Ce n'est pas vrai, répliqua-t-il immédiatement. Si cela ne tenait qu'à toi, tu aurais probablement dit oui à la première qu'on a visitée.

— Oui, elle était très bien, hormis un petit salon et une salle de bain sans baignoire.

— Bairim est encore jeune et si nous lui faisons prendre des douches, nous serons probablement plus mouillés que lui à la fin. Les chambres étaient petites de toute façon, et le loyer trop élevé pour le produit.

— Tu as raison.

Autant ne pas recommencer ce genre de discussions.

— Tu n'en penses pas un mot, rétorqua-t-il avec un sourire amusé. Mais crois-moi, quand on aura vraiment trouvé quelque chose de bien, tu me remercieras de ne pas avoir accepté n'importe quoi.

— Et pourquoi vous n'augmentez pas un peu votre budget loyer ? demanda Draco en regardant son père.

— Si nous augmentons le budget loyer, nous diminuons le budget nourriture, alors non.

— Vingt gallions est le maximum que nous pouvons mettre, clarifiai-je. Sans autre revenu, nous ne pouvons pas nous permettre plus. J'espère que nous allons trouver, parce qu'il nous reste juste deux mois avant de devoir quitter la réserve.

— Et vous voulez vraiment une maison ? nous demanda Draco.

— Si Lucius trouve déjà les maisons trop petites, que pensera-t-il d'un appartement ?

— Pourquoi pas un appartement en effet, répondit Lucius au même instant.

— Tu serais pour ? fis-je ravi.

— Je ne vois pas pourquoi je serais particulièrement contre. Tant qu'il remplit les critères de base.

— Mouais, les critères de bases, marmonnai-je.

Bairim commença à tousser et Harry, assit près de lui, le fit boire.

— Ça va mon chéri ? demandai-je une fois sa quinte de toux finie.

— La nouille était trop grande je crois, répondit-il avec une grimace.

— Peut-être, fis-je. Mange plus doucement.

Il acquiesça et recommença à manger.

— Par curiosité, combien payez-vous de loyer pour votre appartement ?

— Une trentaine de gallions par mois, mais nous avons une grande surface en bas pour stocker les vêtements.

- Donc, c'est possible, constatai-je. Si on enlève la surface commerciale et l'entrepôt, il y a moyen de trouver dans nos prix.

— Pourquoi ne pas garder la surface commerciale ? intervint Harry.

— Pourquoi ?

— C'est vrai ça, fit Draco au même moment. Pourquoi vous ne la garderiez pas pour que tu puisses vendre tes gâteaux ?

— Ah, c'est pas une mauvaise idée ça, soufflai-je.

Je regardai Lucius, attendant sa réponse, parce que c'était plus quelque chose qu'il devait décider seul pour le coup.

— Vous pensez vraiment que quelqu'un irait jusqu'à payer pour en avoir ? demanda-t-il, visiblement pas convaincu.

— Moi je le ferais, assurai-je. Enfin, je pense.

Draco me lança un regard réprobateur puis dit :

— Assurément. Certains de nos clients nous ont déjà demandés où ils pourraient les acheter et je suis à peu près sûr que d'autres ne viennent au magasin que pour ça.

Harry acquiesça vivement quand Draco se tourna vers lui et Lucius haussa les épaules.

— Nous verrons je présume.

— Je me suis mal exprimé. J'en achèterais, mais je dois aussi avouer qu'avant la naissance de Bairim, je ne faisais pas beaucoup les boutiques. C'était plus dans ce sens là, se défendit-il.

Je n'avais pas envie que Draco me prenne une fois de plus pour un connard fini.

— D'accord, nous en parlerons à l'agent immobilier et on verra ce qu'il nous propose.

— Bon et sinon, y a quoi comme dessert ? ris-je en voyant Bairim relever la tête de son assiette.

OoOoOoOoO

Nous avions reçu ce matin une lettre de l'agent nous informant qu'il avait peut-être trouvé notre bonheur. Cela faisait deux semaines qu'il avait commencé à inclure des appartements mais Lucius n'avait pas encore trouvé l'endroit idéal. Je finissais ma garde dans une petite heure et après ça, nous allions pouvoir aller visiter. Je commençais à en avoir marre, mais ne le montrais pas. Je ne voulais pas créer une dispute en reprochant une fois encore à Lucius d'être trop exigeant.

— On fait demi-tour ? criai-je à Abigail et Carlos.

Ils acquiescèrent et se penchèrent sur leur balai afin qu'on puisse repartir en sens inverse. Le Magyar nous rejoignit quelques minutes à peine plus tard sans toutefois nous attaquer et je souris, en disant :

— Content que tu n'essaies plus de jouer mon grand.

Je l'entendis rugir et Abigail se retourna et se posta à ma hauteur avant de dire, ou plutôt crier pour que je puisse l'entendre avec le vent qui soufflait fortement aujourd'hui :

— Tu crois qu'ils réagiront comment quand vous aurez déménagés avec Bairim ?

— Je ne sais pas. Mais nous ne partons pas non plus à l'autre bout pays. Nous allons continuer à venir. Mais je vais en toucher deux mots à Émeraude, c'est leur Roi après tout.

— Leur quoi ?

— Leur Roi ! À mais, je ne vous l'ai pas dit, fis-je. Émeraude est leur Roi, Storme est le garde du corps de Bairim et ce dernier est leur Prince.

— Ah bah ça va... rien que ça. Geoffroy est au courant ?

— Non, je n'ai pas pensé à lui dire. Je le ferais ce soir.

Parce que je venais de me rendre compte que ces informations étaient importantes point de vue connaissance des Dragons.

— Okay, fit-elle.

Nous terminâmes notre garde et le Magyar nous quitta un peu avant les portes, rugissant une fois de plus. Une fois au sol, Je souris en voyant Bairim courir vers moi.

— Hello mon grand, soufflai-je en le prenant dans mes bras. Quel accueil, ris-je.

— T'aimes vraiment pas jouer avec Hiou ?

— Quoi ?

Je l'embrassai et le gardai contre moi, Abigail ayant pris mon balai.

— Tu lui as dit t'étais content qu'il veuille pas jouer. Il est pas méchant hein.

— Est-ce que tu parles du Magyar ?

Il fronça les sourcils puis acquiesça :

— Il s'appelle Hiou.

— Hiou, répétai-je. Et il t'a dit tout ça ?

— Oui oui. C'est parce que tu l'aimes pas ?

— Non, ça n'a rien à avoir. Mais je suis petit et je risque d'être blessé en jouant avec.

Je ne voyais pas comment l'expliquer autrement.

— Ah... d'accord. Et s'il fait attention ?

— Nous verrons cela un jour, fis-je en voyant Lucius sortir.

J'allai l'embrasser et demandai en sachant que le timing était serré :

— Prêt à partir ?

— Oui, nous t'attendions.

Je remis convenablement le bonnet de Bairim et entrai afin d'enfiler une autre veste. Je sortis ensuite et repris mon fils dans mes bras.

— Tu veux aller chez Draco ou tu préfères venir avec nous ?

— Venir avec vous !

Je regardai Lucius qui acquiesça avant de prendre Bairim dans ses bras. Je souris et n'attendis pas pour transplaner devant Gringotts, point de rendez-vous. Lucius et Bairim arrivèrent rapidement et je vis l'agent déjà présent à quelques mètres.

— Bonjour ! Bon, je vous préviens, l'endroit que nous allons visiter est très demandé. C'est un des rares bâtiments sorciers implanté du côté moldu et il vient de se libérer, c'est un de mes contacts au Ministère roumain qui m'a prévenu. Certes, le montant de la caution sera plus élevé, mais s'il vous plait un minimum sachez qu'il rentre dans votre budget.

Il reprit sa respiration et regarda Lucius, de la panique dans les yeux. Merlin, mon mari l'avait probablement traumatisé. Je ris en l'imaginant faire des cauchemars avec Lucius affirmant que la maison ne lui convenait pas. J'avais presque pitié de lui, presque.

— Qu'attendons-nous dans ce cas ? lui demanda mon mari.

— Veuillez vous accrochez, fit-il en tendant son bras.

Je le fis, tout comme Lucius et nous atterrîmes dans une pièce totalement vide.

POV Lucius

La pièce était plutôt grande et je la détaillai attentivement, retenant un sourire amusé en sentant presque l'agent immobilier trembler à mes côtés.

— Nous sommes ici au rez-de-chaussée, dit-il ensuite. C'est donc le local commercial qui se découpe en deux parties.

La pièce faisait une trentaine de mètres carrés et même si les murs n'étaient pas extrêmement propres, après un coup de peinture cela serait comme neuf. Nous entrâmes dans la seconde pièce, séparée de l'autre par un mur muni d'une ouverture pour une porte. Cette pièce-là devait approcher les quinze mètres carrés et serait amplement suffisante pour une cuisine. Je devais avouer que cette idée d'ouvrir un magasin pour vendre des gâteaux me plaisait. Geoffroy allait nous payer un peu mais si nous ne gagnions rien de plus, les fins de mois seraient difficiles, ou alors nos économies allaient fondre comme neige au soleil.

— Il y a un petit jardin à l'arrière que vous pourrez aménager comme vous le désirez. C'est une location mais tant que vous ne détruisez rien et ne débutez pas de travaux sans autorisation, le propriétaire est plutôt conciliant et bien au courant que quelques travaux sont à faire.

En face de l'ouverture pour passer dans la pièce principale se trouvait une porte qui menait à l'extérieur. Le jardin n'était pas trop grand mais cela serait suffisant pour que Bairim joue un peu dehors ou si nous décidions d'y diner pendant l'été. L'agent se pinça les lèvres et je jetai un coup d'œil à Charlie qui ne me lâchait pas du regard lui non plus.

Sur le mur de droite se trouvait une autre porte et l'agent s'empressa de l'ouvrir pour nous emmener dans une petite pièce qui ne contenait que l'escalier en colimaçon et un balai. Nous montâmes à l'étage supérieur et arrivâmes dans une pièce d'une quinzaine de mètres carrés.

— Nous nous trouvons maintenant dans ce qui sera probablement la salle à manger. Sur votre droite se trouve un petit salon et sur la gauche, une cuisine équipée d'une petite dizaine de mètres carrés.

Nous visitâmes le tout et je devais avouer que pour l'instant, l'endroit me plaisait particulièrement, même si je préférais ne rien en montrer. Une fois dans le salon, il nous indiqua d'autres escaliers permettant d'atteindre le second étage et nous nous retrouvâmes bientôt dans un petit couloir donnant sur quatre portes. La moquette était visiblement à changer mais une fois de plus, ce n'était pas un défaut particulièrement gênant. Il nous fit découvrir la première chambre qui était un peu plus grande que celle que nous avions à la réserve, puis une seconde qui était un peu plus petite que celle que Bairim avait. Nous vîmes ensuite la salle de bain qui contenait une baignoire assez grande pour que Charlie et moi puissions entrer tous les deux dedans. Certes, une baignoire était plus utile pour donner son bain à Bairim mais pour ma part, c'était surtout les bains que je prenais avec Charlie que j'appréciais. Il nous montra finalement la dernière chambre, qui pourrait servir de bureau ou de débarras, puis nous redescendîmes au rez-de-chaussée.

— Je trouve l'endroit très bien, fit Charlie, mais bon, c'était pareil avec les autres, rit-il. Lucius ?

— A combien s'élève le loyer ?

— 20 gallions tout rond et les possibles aménagements ou travaux d'intérieur seront à vos frais.

— Vous avez parlé d'une caution élevée.

— Oui, en règle générale, elle ne s'élève pas au dessus d'une centaine de gallions. Mais celle-ci est fixée à 250 payable d'avance, avec deux mois de loyer.

— Ce qui reviendrait à 290 gallions, donc.

— Oui, qui vous seront restitué à votre départ, si tout est en règle bien entendu.

— Hm.

Il nous dit de réfléchir et partit dans le petit jardin, son téléphone moldu en main.

— Et toi, demandai-je à Bairim. T'en penses quoi ? Ça te plairait de vivre ici ?

— Avec toi et Papa ?

— Oui mon cœur, pas tout seul.

— Et les Dragons ?

Je jetai un coup d'œil à Charlie puis répondis :

— Tu iras leur rendre visite avec moi ou Papa au moins trois fois par semaine.

Il sembla réfléchir et dit :

— Est-ce que je pourrais aller voler avec eux avant de décider ?

— C'est bien essayé, vraiment, ris-je doucement. Mais non. Alors ?

Il regarda Charlie mais ce dernier secoua la tête.

— Est-ce que je pourrais au moins les voir de plus près ? supplia Bairim. Pas voler, hein, ajouta-t-il rapidement.

— Bairim, mon chéri, tu veux bien allez dans le fond de la pièce deux minutes ? demanda Charlie.

Il nous regarda tour à tour puis s'éloigna comme demandé tandis que je me tournais vers son père.

— On pourrait l'autoriser à les caresser... Enfin, les approcher une fois par semaine, quelques minutes, non ?

— Une fois par semaine, carrément ? hésitai-je.

— Nous ne vivrons plus sur place et... Il serait bien d'éviter des mouvements de panique comme à sa naissance ou quand il a fait ses dents. Limite, une fois toutes les deux semaines pendant un petit quart d'heure, en notre présence ?

— Comme tu veux.

— Non, non, donne ton avis. Et si tu refuses, et bien, tu refuses. Mais... je n'ai pas envie qu'à dix ans, il commence à voler avec eux sans les avoir approché avant.

— Et je ne dis pas le contraire, mais il a six ans. Et une fois qu'il commencera à les toucher, il montera sur leurs dos moins de six mois plus tard. Et finalement, il se retrouvera à voler à huit ans et je n'ai pas envie de ça, c'est tout.

— Alors, on le laissera les approcher à moins de trente mètres, ça te va ? Il jouera avec ses cubes pendant ce temps ou parlera avec eux.

— D'accord. Je préfèrerais vraiment qu'il ne commence pas à les caresser avant d'avoir huit ans, parce qu'après ça, on n'aura plus aucune bonne excuse pour l'empêcher de voler sur leur dos.

— Parfait ! Bairim, appela-t-il.

Notre fils revint vers nous et Charlie lui expliqua ce qu'on avait décidé.

— Je pourrais pas les toucher ?

— Non, intervins-je gentiment. Pas avant que tu ais huit ans.

Et surtout pas avant que j'aie assez confiance en ces Dragons pour cela.

— Alors d'accord !

L'agent immobilier revint quelques secondes plus tard, presque tremblant d'anticipation.

— D'accord, on prend, dis-je en regardant Charlie.

— Sérieusement ?! demanda l'agent surpris.

— Oui sérieusement. Après, si vous pensez qu'on vous manquera trop, je suppose qu'on peut refuser.

— Non non. Je vous invite à venir dans mes bureaux pour finaliser le tout. La caution est à fournir au moment de la signature.

— Dans ce cas, nous allons passer à Gringotts et vous rejoignons ensuite.

Il acquiesça et nous sortîmes avant de partir pour la banque sorcière.

OoOoOoOoO

Nous finîmes d'installer les différents meubles du salon puis nous nous avachîmes tous les quatre sur le canapé.

— Au moins il est confortable, souffla Draco en fermant les yeux. Je ne me souvenais franchement pas que notre emménagement ait été si long.

— Avec une armée de Weasley, il est certain que ça doit être plus rapide, répliquai-je doucement.

Nous aurions en effet pu leur demander leur aide mais nous avions fait cela dans l'urgence et puis, nous nous en étions sorti seuls. Après avoir signé les papiers, nous avions pris une semaine pour les travaux de rafraichissement intérieur du bâtiment, c'est-à-dire peinture et remplacement de la moquette par du parquet ou du carrelage. Après qu'une partie de notre budget soit donc parti là-dedans, nous avions été acheter des meubles pas chers ou de seconde main chez une connaissance d'Harry moins d'une semaine plus tôt et venions de tout installer. Nous avions un peu plus que le strict minimum et j'avais tout de même réussi à instaurer une certaine harmonie entre les meubles. Et puis, nous avions décidé qu'à chaque Noël, si nous pouvions nous le permettre, nous nous achèterions un nouveau meuble, Charlie et moi. Nous entendîmes Bairim descendre les escaliers sans aucune délicatesse et je me retins de lever les yeux au ciel quand il grimpa sur mes genoux.

— J'ai faim !

Nous avions commencés par installer sa chambre la veille comme ça, il avait pu y jouer toute la journée sans trop être dans nos pates.

— Je vais aller chercher de la nourriture à emporter, proposa Draco. Harry, tu viens avec moi ?

— Je peux y aller aussi ? demanda Bairim. S'il vous plait !

Charlie et moi échangeâmes un regard puis nous acquiesçâmes. Notre fils alla chercher son manteau et enfila ses chaussures avant de partir avec son frère et son oncle. Ils nous avaient pas mal aidés dernièrement et il allait falloir que nous trouvions un moyen de les remercier. En effet, ils vivaient à une dizaine de minutes de marche à peine et avaient alterné au magasin afin de nous aider avec les travaux. Et ils étaient ensuite venus aujourd'hui, dimanche et seul jour de repos, pour que nous puissions être correctement installés.

— Ça a de la gueule, fit Charlie d'une voix fatiguée mais heureuse.

— On peut dire ça comme ça en effet, souris-je avant de le tirer sur mes genoux et de poser mon menton sur son épaule.

— Ma première maison officielle. Décidément, tu es abonné à mes premières fois, souffla-t-il.

— Ah oui ? Rappelle-moi lesquelles... s'il te plait.

— Première fois que j'ai fait l'amour, premier « je t'aime », premier enfant, premier mariage. Première relation sérieuse ou relation tout court. Première pipe, premier réel orgasme, première fois à quatre pattes, premier double-sens. Je continue ?

— Hm. Maintenant j'ai vraiment envie de te voir à quatre pattes, soufflai-je en passant mes mains sous son haut. T'es vraiment un allumeur, grognai ensuite avant de lécher et mordiller la peau de son cou.

Il s'éloigna et se plaça à quatre pattes, avant d'écarter mes cuisses. Il défit ensuite les boutons de mon pantalon et murmura :

— Tu comptes m'aider ou pas ?

Je me sentis durcir instantanément et baissai ma braguette pour l'aider à sortir mon membre de mon pantalon.

— Pas de « non Charlie, pas ici, on pourrait nous surprendre » ?

— On est chez nous, c'est différent. S'il te plait, murmurai-je ensuite en passant ma main dans ses cheveux.

Il acquiesça et descendit son bas sur le milieu de ses cuisses, avant de se prendre en main. Il grogna et se plaça ensuite à genoux.

— Par contre, tu vas devoir te la tenir.

— Ok, fis-je en attrapant mon érection, mes yeux rivés sur le peu de ce que je pouvais voir de ses fesses rebondies.

Il me prit en bouche rapidement, me léchant, mordillant. Il jouait de sa langue à la perfection et savait comment me rendre fou. Et le sentir gémir, le voir se déhancher, ses fesses... et le bruit de sa masturbation… Tout ça était très jouissif. Je gémis mon plaisir, caressant autant que je le pouvais mes bourses alors qu'il me prenait profondément en bouche. Quand il m'amena au fond de sa gorge, je rejetai la tête en arrière tout en grognant :

— Bon sang, c'est tellement bon comme ça... Continue.

Je n'étais vraiment pas loin de la jouissance et resserrai légèrement ma prise sur mes bourses. Il grogna et gémit avant de faire aller et venir sa bouche plus rapidement le long de mon membre. Il agita soudain ses hanches tout en mordillant mon sexe et je jouis tout en tirant sur ses cheveux. Il avala mon plaisir et me lâcha ensuite. Il posa son front sur ma cuisse, afin de reprendre sa respiration puis se redressa, avant de nettoyer son plaisir, puis le mien. Il se rhabilla et j'en fis de même.

— Embrasse-moi, exigea-t-il en me prenant le menton entre ses doigts alors que j'avais la tête baissée, ayant du mal à refermer ma braguette.

Je le laissai faire et fis passer ma langue entre ses lèvres pour l'embrasser avec passion et amour, l'attirant de nouveau sur mes genoux pour plus de facilité.

— Pourquoi est-ce que j'ai toujours besoin de t'avoir collé à moi, hm ? soufflai-je après avoir relâché ses lèvres.

— Pour la même raison que j'ai toujours envie de toi, répondit-il.

— Hm.

Je l'embrassai une nouvelle fois puis le repoussai doucement en entendant la porte d'entrée s'ouvrir, parvenant enfin à refermant ma braguette juste au moment où mes fils et Harry entrèrent dans la pièce.


Nous espérons que ce vingt-septième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p

Sachez également que nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions et à chacune de vos reviews. *clin d'œil*

Abby and Jes