Auteur : Abby and Jes

Titre : Bairim

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail, Yanis et Bairim sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.

Note des auteurs : voir chapitre 18


Partie II

Bairim

Chapitre 29

Attention : ce chapitre n'a pas été corrigé par une bêta. Il sera prochainement remplacé par la version corrigée.

POV Charlie

Je regardai fixement la porte du bureau, le corps en ébullition. Et j'espérais deux choses. Que Bairim n'arrive pas en courant et en ouvrant la porte pour nous montrer son dessin, ni que Lucius s'arrête.

Pourtant, je sentais que bien malgré moi, j'allai bientôt abandonner. Je pris ses cheveux plus fermement et bougeai un peu le bassin, désirant donner coup de rein sur coup de rien, mais me retenant par respect, par amour.

Lucius n'était pas comme ça et de toute façon, ses lèvres, sa langue et sa putain de bouche en entier me convenaient déjà très bien. Je me mordis la lèvre en le sentant racler ma peau avec ses dents, tout en serrant mes boules entre ses doigts fins. Je me sentis trembler et rejetai la tête en arrière, alors que je me vidais enfin dans sa bouche en plusieurs jets qu'il avala, pour mon plus grand plaisir. Parce qu'il m'acceptait, en entier. Toujours.

Ses lèvres relâchèrent mon sexe et sa langue me nettoya avant de venir lécher ma bouche que j'ouvris, me goûtant par la même occasion. Mais je m'en fichais. Je le serrai contre moi, puis commençai à remonter mon cuir. J'avais eu fini ma garde une petite demi-heure plus tôt et Lucius étant sur place pour ses tâches administratives avec Bairim, nous avions décidé de le faire aujourd'hui.

Ce petit moment de plaisir était juste un bonus à tout ça.

— Tu lui dis ou je le fais ? demandai-je en reprenant une goulée d'air, m'échappant de sa prise sur ma bouche.

— Comme tu préfères.

Je hochai la tête et me baissai ensuite pour fermer mes liens. Je me frottai également le visage afin de reprendre contenance.

— À ton avis, il a dessiné quoi ? fis-je en embrassant son cou.

— Je dirais un Dragon. Ou au moins quelque chose avec des ailes.

— Tricheur, tu es sûr de gagner, répliquai-je en pinçant ses fesses. Bon, on y va ? ajoutai-je en marchant vers la porte.

Il se colla contre mon dos et mordilla mon cou avant de simplement laisser son bras autour de ma taille. Nous sortîmes et rejoignîmes la salle à manger où nous tombâmes sur Bairim et Isaac dessinant. Je ris et embrassai Bairim, avant de regarder son dessin qui me surprit.

— Pourquoi as-tu dessiné ça mon chéri ? demandai-je.

— Parce que c'est la famille.

Ah okay. Donc, toutes ces choses orange étaient les Weasley ?

— Tu as raté, soufflai-je en pointant une tâche noir. Je suppose que c'est Bill ? plaisantai-je.

— Mais non, c'est Kevin ! Pada, souffla-t-il ensuite. Papa a vraiment aucun sens artistique.

— Kevin ?

Je regardai Lucius, attendant une explication.

— Bairim, c'est qui Kevin ? lui demanda-t-il plutôt.

— Oh... C'est vrai, c'est un secret.

Sans comprendre, il déchira son dessin et mit un bout en bouche. Je lui retirai promptement et ne voulus pas le questionner, afin qu'il ne retente plus ce genre de chose. Si c'était un secret, c'était soit lié aux Dragons, soit à... et bien, je ne savais pas trop.

Je regardai Lucius et il secoua la tête également, avant de poser sa main sur l'épaule de Bairim et de murmurer :

— Nous sommes tes parents, tu n'es pas censé avoir de secret pour nous. Et on ne mange pas le papier.

— Quel papier ? fit Bairim.

— Bon, quoiqu'il en soit, avortai-je cette conversation, on ne mange que la nourriture, d'accord ?

Notre fils haussa les épaules et Lucius me lança un regard interrogateur avant d'en faire de même.

— Bon, et si on allait jouer dehors ? demandai-je tout joyeux.

— Jouer à quoi ? répliqua Bairim. Parce qu'il fait un peu froid quand même.

— Je suis sûr que non, soufflai-je amusé. Allez, file mettre ton manteau ! Tu ne le regretteras pas, ajoutai-je plus bas en lui faisant un clin d'œil.

Isaac releva la tête et me regarda. Je hochai la tête et il sourit, levant son pouce avant de retourner à son dessin assez abstrait. Bairim me regarda étrangement puis fila et revint quelques minutes plus tard avec son manteau, son écharpe et son bonnet sur la tête. Nous sortîmes rapidement, Lucius et moi en retrait, nous tenant la main.

— Je peux ? le questionnai-je.

— Fais-toi plaisir.

Je l'embrassai rapidement et courus ensuite derrière Bairim qui ne me voyait pas. Je le soulevai, tout en me penchant et le plaçai sur mes épaules.

— Prêt mon grand ?!

— Prêt à quoi ? rit-il en posant ses mains sur ma tête.

Je courus quelque mètres, plus pour m'assurer qu'il arrivait à se tenir, mais je cessai soudain, à bout de souffle. Bon sang, je n'étais plus tout jeune. Je me tournai vers Lucius et le suppliai presque du regard pour qu'il me libère. Il nous rejoignit en riant et attrapa Bairim qu'il descendit de mes épaules.

— Papa n'est clairement plus aussi fort qu'avant. Triste tu ne trouves pas ? demanda-t-il à notre fils avant d'embrasser ma joue.

Bairim répondit que je restai le plus fort des Papa, clarifiant rapidement que Lucius restait le plus fort des Pada. Je tirai la langue, moqueur, tout en continuant d'avancer jusqu'à la barrière. Une fois devant les portes, je les ouvris et regardai Bairim.

— Tu souhaites encore retourner au chaud.

— Non non !

Il courut pour entrer dans la réserve et Lucius suivit, non sans m'embrasser une fois de plus.

— Tu ne peux vraiment pas te passer de moi, avoue.

— Très bien, soupira-t-il avant de poser ses lèvres sur ma joue. Je plaide coupable.

— Je vous condamne à une éternité à mes côtés dans ce cas.

Je souris et l'embrassai rapidement avant de voir arriver deux ombres au loin. Ils ne prenaient jamais longtemps pour venir à notre rencontre et cela me rendit triste, parce qu'Émeraude n'aurait pas droit à son vol, lui.

— N'oublie pas Bairim, regarde, mais ne touche pas, criai-je vu qu'il était déjà à plusieurs mètres devant nous.

— Oui oui !

— Pourquoi cette ombre dans ton regard ? me questionna Lucius tout en gardant un œil sur Bairim.

— Sur les deux, seul un aura le plaisir de voler avec Bairim, je suis triste pour celui qui n'y aura pas droit.

J'avais fait exprès de ne pas citer Émeraude, vu qu'il avait toujours autant de mal avec, mais pas avec Storme. Était-ce que ce dernier était beau nu ? Je secouai la tête et vis les deux Dragon arriver et se poser à une trentaine de mètres.

— Hey, mon chéri ? Viens un peu ici !

Il hésita mais nous rejoignit, trépignant presque sur place.

— Ça te dit ? demandai-je en restant évasif.

Je ne le laissai pas répondre et pris la main de Lucius avant d'avancer d'un pas rapide vers Storme.

— Désolé, vieux, murmurai-je en regardant Émeraude.

J'espérai qu'il m'ait entendu.

— Ça me dit quoi ? fit Bairim, visiblement hésitant mais déjà des étoiles dans les yeux.

— Ben, je viens de te le dire, rouspétai-je. Tu n'écoutes donc pas ce que je te dis ?

— Tu n'as rien dit du tout ! Pas vrai Pada ?

— Hm ? marmonna Lucius. Je ne sais pas, je n'ai pas écouté.

— Alors ? dit ensuite Bairim. Ça me dit quoi ?

Je stoppai, étant arrivés à une dizaine de mètres de Storme qui nous regardait intensément.

— Sûr ? demandai-je une fois de plus à Lucius.

Il n'y avait plus de retour en arrière possible une fois notre accord donné. Bon, techniquement si, pour punir Bairim s'il n'était vraiment pas sage mais cela n'était pas encore arrivé. Et la seule fois qu'il avait désobéi, il était tombé chez Draco et s'était ouvert le genou. D'ailleurs, j'avais hâte qu'ils rentrent de vacances ces deux-là, parce que la vie était un peu plus compliquée en devant garder Bairim avec nous constamment. Mais je pouvais les comprendre de vouloir souffler et puis, ils n'étaient partis que pour deux petites semaines. Lucius regarda Storme à son tour puis acquiesça :

— Certain.

— Qu'est-ce que tu attends, dis-je à Bairim qui tentait de suivre la conversation.

— Je ne sais pas... Qu'est-ce que je peux faire ?

— Je dirais, hum, fis-je semblant de réfléchir. Tu peux aller vers Storme et voler avec lui, si tu le souhaites. Seulement, ajoutai-je avant qu'il ne se mette à crier de joie, uniquement Storme pour commencer.

— Pour de vrai ? Je peux voler avec Storme ?

— Oui, à condition qu'il soit prudent. Et que tu restes à notre vue pour débuter.

Un immense sourire étira ses lèvres puis il jeta un coup d'œil à Émeraude et nous demanda :

— Pourquoi pas Raude ?

— Parce que tu es trop jeune et que si tu voles avec Raude, tu voudras aussi voler avec d'autres Dragons. Storme est un bon début, tu ne penses pas ?

— Oui oui oui oui ! s'exclama-t-il en sautant presque de joie. Merciii !

Il fonça vers Storme avant de s'arrêter et de revenir vers nous pour nous prendre dans ses bras tour à tour. Il repartit quelques secondes plus tard à peine et grimpa sur le dos de Storme assez aisément.

— Tu as vu ça ? soufflai-je émerveillé.

— J'ai vu, sourit Lucius en venant se coller dans mon dos pour enrouler ses bras autour de moi.

Storme nous regarda une fois de plus puis décolla extrêmement doucement, s'élevant dans le ciel mètre par mètre tandis que Bairim avait un immense sourire qui lui barrait le visage. Nous le regardâmes une bonne petite demi-heure, volant sous le regard d'Émeraude qui était resté là malgré tout. Mais il semblait plus content que triste et j'en étais rassuré. J'hésitai à vouloir aller voler avec lui mais me dit qu'il valait mieux remettre ça à plus tard. Je voulais rester avec Lucius et regarder notre fils voler pour la première fois avec Storme. Lucius d'ailleurs se tendait à presque chaque virage que prenait Storme, mais ayant déjà volé sur lui, je pouvais affirmer qu'il volait vraiment doucement.

— C'est idiot, mais le voir comme ça me fait comprendre qu'il a grandit et qu'il nous quittera bientôt pour Poudlard.

— Hm. Dans deux petites années.

— C'est bien ce que je dis. Parfois, je le vois encore à quatre pattes tenter de monter sur mes genoux.

Et ce temps là me manquait de plus en plus.

— Sauf que ce temps est révolu... Du moins j'espère, ajouta-t-il avec un petit rire.

— Je ne pense pas qu'Émeraude remettra ça ? Tu le voudrais ? m'enquis-je en me retournant.

— Un nouveau mini-nous ne me dérangerait pas, même si je commence peut-être à me faire vieux. Mais je voudrais aussi qu'aucun Dragon ne soit mêlé à cela.

Je souris et l'embrassai, comprenant.

— Donc, la question est réglée, soufflai-je. Bon, on le rappelle ou on lui laisse encore cinq minutes ? Parce que je commence à avoir faim.

— Bairim, appela-t-il notre fils à la place. Encore cinq minutes et on y va, d'accord ?

— Oui Pada !

Je me replaçai dos contre Lucius et il m'enveloppa de ses bras à nouveau. Je regardai ensuite Bairim être heureux. Quand vint le moment, je fus relativement surpris qu'il vienne au premier appel. Storme se posa à quelques mètres de nous et Bairim descendit puis alla se placer devant la tête de Storme et lui un câlin, comme ça.

Sur sa gueule ? A portée de crocs ?

Je me tendis et allai le réprimander, mais il se sépara et vint à nous, nous prenant également dans nos bras.

— Je vous aime tellement, souffla-t-il les larmes aux yeux.

— Nous aussi mon chéri. Ça t'a plu ? demandai-je pour la forme en caressant sa joue afin d'effacer ses larmes de joies qui commençaient à couler.

— Beaucoup oui. Merci.

— De rien.

Lucius le serra dans ses bras et je proposai qu'on rentre à la maison. Je saluai Émeraude puis expira l'air avant de s'envoler, tournant autour de nous avant de filer à l'intérieur de la réserve. Je souris alors et compris qu'il ne nous en voulait pas le moins du monde.

OoOoOoOoO

Lucius et moi venions de faire l'amour et j'avais juste enfilé un pantalon lâche, voyant le soleil monter de plus en plus haut dans le ciel. J'étais de garde de nuit et du coup, c'était une sorte de dimanche câlin et Bairim n'allait pas tarder à nous rejoindre, histoire de profiter un peu tous les trois, même si cela arrivait de plus en plus rarement.

— Le seul bon côté quand il sera à Poudlard, murmurai-je dans le silence de la chambre. C'est que nous allons pouvoir faire tout ce que l'on veut.

— En effet, sourit-il. Tout ce que l'on veut, quand on veut, et où on veut.

J'allai ajouter que je pourrais me balader à poil, si je le voulais, mais la porte de notre chambre s'ouvrit et Bairim demanda :

— Je peux venir ?

— Oui, répondis-je en me décalant, sachant qu'il aimait se placer entre nous.

Il sourit et vint nous rejoindre, non sans donner un mauvais à coup à Lucius.

— Hey, si tu me l'abîmes à cet endroit, tu seras privé de vol de Dragon à vie.

— Pardon Pada, je suis désolé. J'ai pas fait exprès, ajouta-t-il ensuite en me regardant.

Lucius passa sa main dans ses cheveux en marmonnant un « c'est pas grave ».

— Sinon, toujours aussi heureux de la journée d'hier ? fis-je en plaçant mes bras derrière ma tête.

— Oui ! J'ai rêvé que je volais avec Storme cette nuit mais c'était encore plus vrai que les autres fois !

— Ravi pour toi mon pote, soufflai-je.

Bairim rit quelque peu et j'entendis Lucius soupirer d'exaspération. Il le prit ensuite contre lui et commença à lui caresser les cheveux.

— Attention, je vais être jaloux, les prévins-je.

— Tu es toujours jaloux, répliqua mon mari avec un sourire.

Il tendit néanmoins son bras et je le pris, déposant un baiser sur sa peau avant de le relâcher. Néanmoins, Bairim attrapa son bras au passage et posa ses doigts sur la marque des ténèbres.

— Je suis assez grand maintenant ?

Je regardai Lucius, vu que c'était à lui répondre à cette question. Il se pinça les lèvres et frotta son pouce contre ses doigts avant d'observer notre fils un moment puis de finir par acquiescer. Lucius se redressa et s'assit correctement sur le lit puis se tourna vers Bairim sans cependant le regarder dans les yeux.

— Comme tu le sais maintenant, il y a les sorciers, les moldus et les nés-moldus.

Bairim acquiesça et Lucius reprit :

— Quand j'étais jeune, j'avais des idées très arrêtées sur le monde et comment il devait fonctionner. J'étais un Sang-Pur et je pensais qu'il était préférable que les Sang-Pur ne se mélangent pas aux Moldus ou Nés-moldus et je ne les aimais pas non plus. J'ai rencontré... quelqu'un qui avait les mêmes idées que moi et j'ai décidé de l'aider à accomplir ce qu'il voulait. Seulement, c'était quelqu'un de très mauvais et il a fait beaucoup de mal. J'ai fait beaucoup de mal également. Et cette marque, c'était quelque chose qu'il donnait à ceux qui travaillaient avec lui.

— Du mal ? Tu as frappé des gens ? demanda-t-il d'une voix étrange.

— Pas avec mes mains non, souffla Lucius. Je les ai blessés... avec ma baguette principalement.

Bairim me regarda avant de poser à nouveau son regard sur Lucius.

— Pourquoi Papa n'a pas la marque mais que Draco a la même ?

— Parce que Papa n'a pas travaillé avec ou pour cette personne. Il s'est battu contre, au contraire. Tout comme Harry. Quant à Draco...

Lucius se mordit les lèvres et me jeta un coup d'œil rapidement avant d'expirer profondément.

— Je l'ai entrainé avec moi. Le Lord, enfin, la mauvaise personne, voulait qu'il nous rejoigne et je n'ai rien fait pour empêcher cela. Draco n'a rien fait de mal, il a été obligé de faire certaines choses mais c'est ma faute, pas la sienne.

— Tu t'es battu contre Papa ? demanda Bairim choqué.

— Non. Non je..., hésita Lucius. Pas contre Papa. Contre... Contre Papy, tes oncles Fred, George et Ron ainsi que contre Hermione et Ginny. Et Harry.

Bairim se tourna rapidement vers moi, les larmes yeux.

— C'est pas vrai ce qu'il dit, hein ? C'est une blague, c'est une blague, répéta-t-il.

— Non mon chéri. Je suis désolé, fis-je en caressant sa joue.

Il se tourna ensuite de nouveau vers Lucius et dit d'une voix bizarre :

— En fait, t'es qu'un méchant !

Lucius ouvrit la bouche mais ne dit rien et hocha la tête tout en se mordant la lèvre.

— Je suis désolé, souffla-t-il ensuite. Je regrette ce que j'ai fait et je... je suis désolé Bairim.

Ce dernier ne dit rien et descendit du lit, filant vers la porte sans se retourner avant de quitter la chambre. Je me dépêchai de prendre Lucius dans mes bras, embrassant son front.

— Je suis sûr qu'il ne le pensait pas, affirmai-je. Il est sous le choc.

— Oui, apprendre que son père est un monstre peut faire ce genre d'effet, dit-il d'une voix étrange.

— Tu n'es pas un monstre. Tu as fait du mal, mais tu n'as tué personne. Veux-tu que j'aille le voir ?

Je ne voulais pas y aller s'il ne souhaitait pas que je le fasse, même si j'en mourrais d'envie.

— Vas-y, souffla-t-il. Je vais aller prendre une douche et...

Il embrassa ma tempe puis se leva et sortit de la chambre sans croiser mon regard une seule fois. Devais-je le réconforter, ou aller voir Bairim en premier ? Bordel ! Je me levai et me hâtai d'aller dans la chambre de Bairim. Je frappai deux petits coups et passai ensuite la tête, ouvrant légèrement. Je le vis recroquevillé sur son lit, les yeux rougis et remplis de larmes.

— Je peux entrer ?

Il haussa les épaules mais ne dit rien. Je pénétrai dans la chambre et refermai la porte, avant de le rejoindre sur le lit.

— Je sais que cela peut... te faire du mal, commençai-je. Mais Pada est devenu bon, gentil. Il t'aime et regrette ses actes passés. Et il a payé en purgent sa peine.

Je me rendis compte qu'il était trop jeune pour tout bien comprendre et je soupirai, l'attirant à moi.

— Il a voulu faire du mal à Harry ! sanglota-t-il. Et Papy, et tata Ginny et... Pourquoi il a fait ça ? Pourquoi il est méchant comme ça ?

— Était, insistai-je. Pada n'a pas eu un bon papa comme toi, il était méchant et a éduqué Lucius comme lui. Et comme ce méchant Monsieur a montré les mêmes idées, il l'a suivit, en pensant bien faire. Mais cet homme a menacé sa famille, la maman de Draco et Draco lui-même après un certains temps, mais Pada était enfermé dans le côté méchant de cet homme. Il a fait du mal, c'est vrai, à des gens de notre famille, mais ne l'ont-ils pas pardonné ? N'ont-ils pas pardonnés Draco et lui ? Et moi ? Penses-tu que je pourrais l'aimer s'il était toujours méchant ?

Je ne savais pas si j'avais bien expliqué sans trop rentrer dans les détails et encore moins si j'avais dit les bonnes choses ou non, mais j'espérais que Bairim allait voir que Lucius n'était plus l'homme qu'il était avant.

— Ça veut dire que j'ai un autre Papy et qu'il est méchant ? Est-ce que moi aussi je vais être méchant ? Je veux pas être méchant Papa, je veux pas faire du mal.

— Non, ce monsieur est mort il y a longtemps. Et Draco n'est pas méchant, tout comme Pada. Pourquoi le serais-tu ?

— Je sais pas, murmura-t-il en haussant les épaules.

— Et plus important, penses-tu que Storme ou Raude te laisseraient devenir méchant ?

Je m'étais apprêté à lui demander si Storme et Raude nous auraient permis de l'avoir, Lucius et moi, mais me retint. Nous ne lui avions encore jamais expliqué et pour le moment, les Dragons ne semblaient pas lui en avoir parlé, ce qui était tant mieux.

— Je sais pas, répéta Bairim. Je... Je sais pas.

— Pada t'aime très fort, plus fort que moi, soufflai-je en caressant ses cheveux. Et je suis certain qu'il s'en veut pour le mal qu'il a fait dans le passé.

Je relevai son visage et souris, en chuchotant :

— Je détestai Lucius à son arrivée. Vraiment. Mais j'ai vu l'homme bon en lui, et je suis tombé amoureux de lui. Et tu es né, de notre amour. Et regarde Harry, il était l'adversaire direct du méchant, mais il a pardonné à Pada. Comme tout le monde ici.

— Hm. Je... je peux rester tout seul un peu s'il te plaît ?

— Okay.

J'embrassai son front et quittai la chambre. Je me rendis à la salle de bains sans attendre et frappai avant d'entrer, seulement, la porte était verrouillée.

— Lucius ? Mon Amour ?

Seul le silence me répondit.

— Mon Amour, insistai-je.

N'ayant aucune réponse et la porte étant fermée, je secouai la tête et me dis que préparer le petit-déjeuner était une bonne idée.

OoOoOoOoO

Je mangeais tout seul, comme un con, quand la sonnette retentit. Je grognai et me dis que les gens pouvaient aller se faire voir, seulement la sonnette fonctionna une nouvelle fois. Lucius boudant toujours dans la salle de bain et Bairim toujours dans sa chambre, je me levai de mauvaise grâce et descendis ouvrir.

— Vous ?

Je me décalai, surpris qu'ils n'aient pas emprunté le réseau de cheminette. Seulement, je remarquai qu'Harry tenait la main d'un petit garçon... noir.

— Heu... bonjour, soufflai-je en me grattant la tête.

Puis, me sentant mal à l'aise pour je ne savais quoi, je m'empressai de dire d'une voix plus enjouée :

— Entrez, entrez !

Ils entrèrent, un grand sourire aux lèvres, puis Draco me demanda :

— Tu es tout seul ?

— Non, Lucius boude dans la salle de bain, et Bairim pleure dans sa chambre... Enfin, peut-être. Et qui est ce jeune homme ? demandai-je curieux.

Il devait avoir entre cinq et sept ans, peut-être huit. Ou peut-être moins, je n'étais pas très doué pour déterminé l'âge des enfants en fait.

— Et bien... c'est Kevin, hésita Harry.

— Comment ça, intervint Draco. Papa boude et Bairim pleure ? Il s'est passé quelque chose ?

— La marque, soufflai-je. Mais montez, nous serons plus à l'aise.

Mais je me stoppai et fis demi-tour, avant de m'accroupir et de présenter ma main :

— Salut Kevin, moi c'est Charlie.

— Bonjour, répondit-il en attrapant ma main timidement.

Je la lui serrais puis me relevai et passai devant.

— Installez-vous, je reviens rapidement.

Je montais à l'étage et allai dans la chambre de Bairim.

— Eh petit cachotier ! Sais-tu qui vient d'arriver à la maison ?

J'avais pris une voix joyeuse, espérant le tirer de son état.

— Qui ça ? fit-il en relevant la tête.

— Un certain Kevin. Vois-tu qui s'est ?

Un sourire étira ses lèvres et il souffla :

— Il est vraiment là ?

— Oui, pourquoi te mentirai-je ? Harry et Draco sont là également.

— Cool ! sourit-il en descendant de son lit.

Il sortit de sa chambre et j'espérais que Lucius serait aussi coopératif. Je retournai frapper à la porte de la salle de bain, mais ne reçus que du silence, une fois de plus. Je m'assis au sol, posant le dos contre la porte et dis :

— Je sais que tu es triste, et blessé. Et je le comprends, mais ce n'est pas en restant enfermé dans cette salle de bain comme une demoiselle en détresse que les choses iront mieux. Et puis Harry et Draco sont rentrés de vacances et... ils ne sont pas venus... les mains vides. Veux-tu bien sortir ?

— Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, l'entendis-je soupirer après quelques secondes.

— Pourquoi ?

— Parce que si Bairim me regarde comme il l'a fait tout à l'heure, je vais encore fondre en larmes... comme une demoiselle en détresse comme tu dis si bien.

— Lucius, c'est un enfant. Il va certainement te regarder comme ça quelques jours et puis, ça sera oublié. Tu ne vas pas fuir ?

— C'est mon fils et il me déteste. Et il a raison...

— Il ne te déteste pas. J'en suis certain. Il avait juste peur d'être un méchant. Nous avons eu une discussion et je pense qu'il a compris. Viens au moins saluer les jeunes.

— Laisse-moi deux minutes, j'arrive.

Bon, c'était déjà un bon début. Je retournai au salon et m'excusai, demandant ensuite qui voulait boire quoi.

OoOoOoOoO

Je regardai tout le monde, face au silence présent. Une fois les boissons servies, Lucius n'avait pas trainé et avait été surpris de la présence de Kevin tout comme moi. Et quand Harry et Draco avaient expliqué qu'en réalité c'était leur fils adoptif, j'avais limite voulu sauter de joie pour eux. Nous avions alors appris qu'ils avaient lancés des démarches côtés moldus depuis maintenant quelques années sans espoirs.

Jusqu'à il y a quelques mois.

Et depuis deux semaines, ils avaient ce petit jeune homme chez eux, l'accueillant convenablement, lui laissant le temps de prendre ses marques et surtout, d'apprivoiser le monde magique.

Lucius avait serré Draco et Harry dans ses bras, tout comme moi, évitant le regard de Bairim malgré tout. Donc, il ne s'avait surement pas que ce dernier le regardait de temps en temps et semblait tiraillé. Toujours était-il que ce petit Kevin originaire d'Afrique venait agrandir la famille.

Il avait cinq ans et demi et semblait accepter le monde magique assez facilement, et ses nouveaux papas semblaient eux des plus heureux. J'espérais que cela allait durer.

— Bon, nous allons vous laisser, notre portoloin pour l'Angleterre est pour dans une petite heure, fit Harry en se levant.

— Repassez quand vous voulez, dis-je en me levant. Et enchanté d'avoir fait ta connaissance Kevin.

— Moi aussi, dit-il avec un sourire hésitant.

— La prochaine fois que tu viendras, Lucius te fera goûter à ses gâteaux.

Il acquiesça vivement et Lucius le salua à son tour avant de dire au revoir à Harry et Draco. Ces derniers quittèrent ensuite la maison en empruntant le réseau de cheminette et je me retournai immédiatement vers Bairim qui regardait pour sa part Lucius, qui était lui focalisé sur les verres vides présent sur la table.

— Bon, que fait-on ? demandai-je.

Lucius haussa les épaules puis se leva et emporta les verres vides en cuisine.

— Ça va mon chéri ? demandai-je.

— Pada est fâché ? me questionna Bairim en retour.

— Non, il est triste, mais pas fâché.

— Pourquoi il est triste ?

— Parce qu'il croit que tu ne l'aimes plus comme avant.

— Ah.

— Est-ce le cas ? murmurai-je hésitant.

— Est-ce qu'il va encore faire du mal ?

— Non, non bien sûr que non.

— Alors ça va.

— Tu devrais aller le voir, proposai-je.

Je lui montrai la cuisine où Lucius avait disparu et qui semblait ne plus vouloir en sortir. Bairim me regarda et sembla hésiter un moment avant de rejoindre la cuisine doucement. Je souris et me dis que les laisser tranquille était la meilleure chose à faire. Je m'installai sur le divan et pris un des bouquins sous la table, histoire de m'occuper.

OoOoOoOoO

— Bon, on va dire au revoir au camp, puis tu auras quelques minutes pour dire au revoir aux Dragons et en route pour l'Angleterre, okay ?

Le portoloin était réglé du coup, nous ne pouvions pas nous permettre de prendre du retard.

— Il n'a rien oublié, nous pouvons y aller, fit Lucius en revenant, tout en faisant léviter la malle que Bairim avait voulu faire tout seul.

Je tendis le bras pour que notre fils le prenne et je fis un clin d'œil à Lucius avant de transplaner au camp. Bairim courut rapidement à l'intérieur et je le suivis, voyant exceptionnellement tout le monde.

— Tu ne pensais quand même pas que l'un d'entre nous raterait son départ ? me taquina Johanna.

— Si, je l'avais pensé.

Lucius arriva et salua tout le monde.

— Tt, pour qui nous prends-tu ? râla gentiment Isaac. T'es prêt mon grand ? ajouta-t-il à l'intention de Bairim qui hocha la tête énergiquement.

Bairim serra chaque personne dans ses bras, s'attardant sur Geoffroy.

— Tu nous enverras du courrier, d'accord ? lui demanda d'ailleurs ce dernier.

— Oui oui, promis... papy.

J'écarquillai les yeux, comme tout le monde et jetai un œil à Lucius pour voir sa réaction. Mais il se contenta de hausser les épaules puis de sourire légèrement à Geoffroy. Ce dernier serra de nouveau Bairim dans ses bras avant de le repousser gentiment et de dire :

— Allez file dans la réserve, tu vas être en retard sinon.

Bairim lui adressa un immense sourire puis sortit en courant.

— On se revoit ce soir, affirmai-je. À plus !

Je quittai le bâtiment avec Lucius et je rejoignis rapidement la barrière où trépignai Bairim.

— Ouvre Papa ! Vite vite !

Je ris mais le fis de bon cœur. Comme à chaque fois, il ne fallut pas longtemps pour voir Storme et Émeraude, sauf que cette fois-ci, il y avait en plus Silvery et Hiou. Bairim alla serrer dans ses bras Storme et fis un signe de main aux autres.

— Lucius ?

Il serait bon au moins qu'il puisse les saluer un peu mieux. Il échangea un regard avec Storme avant d'acquiescer.

— Mon chéri ! Tu peux leur dire au revoir.

Il dut comprendre car il courut comme une flèche vers Émeraude. Il alla ensuite saluer les deux autres qui s'envolèrent rapidement.

— Bairim ! On va devoir y aller.

Il me regarda et sembla triste. Il retourna auprès de Storme et revint ensuite le visage triste.

— Ne fait pas cette tête, tu le verras aux vacances de Noël.

— Oui, c'est vrai !

Il ne sourit pas malgré tout et nous rejoignîmes les portes.

— Attendez-moi !

Je me retournai, et fus choqué de voir... un homme nu. Et cela devait être Storme. Arrivé devant nous, il changea de forme et ressembla plus à un enfant âgé de...

— Oh !

Je commençai à comprendre.

— Storme ? dit Bairim, un immense sourire sur le visage et les yeux écarquillés.

— Oui. Tu ne pensais tout de même pas que j'allai te laisser ?

Je fus stupéfait et regardai Lucius, le félicitant mentalement des cours qu'il avait donnés à Storme. Mon mari leva les yeux au ciel, un sourire amusé au coin des lèvres.

— Tu veux dire que tu viens avec moi à Poudlard ? demanda Bairim.

— Oui. Je dois te protéger mon Prince, et cela partout.

— Bairim, le repris-je. Évite le terme Prince s'il te plait.

— Bien entendu. Bairim, sourit Storme ensuite, puis-je t'emprunter quelques vêtements ?

— Oui oui bien sûr ! Je n'arrive pas à croire que tu viens vraiment avec moi ! C'est trop cool !

Il alla vers Storme et lui prit la main avant de le tirer à sa suite jusque devant sa malle que Lucius posa au sol. Il enfila des habits et je les pressai ensuite à sortir. Une fois en dehors de la réserve, je dis :

— Restez là, je reviens.

Je courus rapidement rejoindre les autres et entrai tout en disant :

— Storme est un humain, il va à Poudlard avec Bairim. Ne le cherchez pas dans la réserve. À ce soir !

Je sortis aussi sec et je pus entendre que tout le monde m'avait suivi. Je pris Bairim par la main et Lucius en fis de même avec Storme et nous transplanâmes au Ministère Roumain alors que Geoffroy avait ouvert la bouche pour répliquer quelque chose.

Maintenant, le plus dur était de subir ma famille entière à la gare, de voir partir Bairim et Storme et surtout, surtout, contacter Minerva, actuelle directrice de Poudlard pour faire entrer Storme, ce qui n'allait pas être une mince affaire.

POV Lucius

Charlie ne pouvant aller le chercher, c'était moi qui m'était dévoué pour aller chercher Bairim ainsi que Storme, ou plutôt Neil, à la gare. Je n'avais pas été super ravi, loin de là, parce que les sorciers anglais étaient toujours aussi réfractaire à ma présence parmi eux. J'aperçus Ron et Hermione sur le quai de la gare et je les rejoignis. Je fis abstraction des regards rivés sur moi et les saluai puis embrassai Hugo sur la joue. Il était né trois ans plus tôt et avait agrandi la famille Weasley.

Le train arriva en gare et je vis bientôt mon fils et Storme sortirent de la rame dans leurs robes noires et jaunes de Poufsouffle, et Storme avait sa main sur l'épaule de Bairim. McGonagall nous avait envoyée pas moins de cinq courriers au début d'année pour nous dire que Bairim avait eu quelques problèmes avec des élèves n'appréciant pas son nom de famille mais que Storme s'en était chargé. Ce dernier passait d'ailleurs plus de temps en retenue qu'en cours mais au moins, Bairim était en sécurité et plus personnes ne l'embêtait. Jamais. Mon fils se précipita dans mes bras et je le serrai contre moi, adressant un signe de tête à Storme. Bairim n'était parti que quelques mois mais la maison avait vraiment semblé vide sans lui. Heureusement, Kevin passait pas mal de soirées à la maison en attendant que ses parents ferment le magasin.

Ils récupérèrent leurs affaires et nous sortîmes de la gare et attendîmes à peine cinq minutes avant que le Portoloin ne nous emmène à la réserve. Bairim dit au revoir à Storme puis rentra saluer les autres gardiens tandis que j'accompagnai le Dragon à l'intérieur de la réserve. Lui et moi n'avions plus discuté depuis son départ à Poudlard avec mon fils quatre mois plus tôt et j'avais quelques questions à lui poser. Nous passâmes le portail puis marchâmes quelques secondes et je l'arrêtai quand il commença à se déshabiller.

— Je voudrais savoir, avant que tu ne te retransformes. Je vois et comprends à présent pourquoi tu voulais des cours d'anglais, mais pourquoi m'avoir demandé à moi ?

Après tout, c'était Charlie le grand ami des Dragons, pas moi.

— Bairim préférait apprendre avec toi, et puis de toute manière, mes fonctions sont centrées sur Le Prince et toi. Charlie est l'entière responsabilité de notre Roi.

— Comment ça, tes fonctions sont centrées sur le... Bairim et moi ?

Je détestais toujours autant qu'il appelle mon fils son prince s'il appelait ensuite Émeraude le roi. Il n'était pas son foutu père !

— Et puis, ajoutai-je avant qu'il ne puisse répondre. Vue l'estime que ton stup... que ton roi nous porte, plus particulièrement à moi d'ailleurs, qu'est-ce que j'ai à voir là-dedans ?

— Je suis toujours en charge de la protection de l'enfant et de la... du second parent. Tu es donc sous ma protection. Si un jour le Pr... Bairim, Charlie et toi étiez en danger, je ne m'occuperai que de vous deux en premier lieu. C'est comme ça. Avant, il y avait les gardiens du Roi, mais ils ont disparus, comme beaucoup d'entre nous.

— Ah. D'accord. Je te rendrais tes vêtements quand vous repartirez pour Poudlard.

Il acquiesça et se déshabilla puis me donna ses habits avant de se retransformer en Dragon et de s'envoler. Je regagnai quant à moi le bâtiment et sourit en entendant Bairim chanter les louanges de Poudlard.

OoOoOoOoO

Je me postai à côté des autres parents et grands-parents et attendis la fin des classes. Comme tous les vendredis, je venais chercher Kevin à l'école et je le ramenai ensuite à la maison où je lui faisais son goûter avant de l'aider à faire ses devoirs et de jouer ou colorier avec lui.

Les premiers rapports avaient été plutôt difficile en premier lieu parce qu'il était assez timide, mais maintenant, il faisait purement et simplement partie de la famille.

Deux ou trois autres parents réguliers me saluèrent et je les saluai en retour avec un sourire. Contrairement à quand j'avais été à King Cross chercher Bairim et Storme, ici personne ne me regardait de travers.

La sonnerie retentit et il ne tarda pas à arriver en courant. Je le pris dans mes bras quelques secondes puis nous regagnâmes tranquillement l'appartement avant que je ne lui prépare des crêpes que je lui servis avec un verre de lait. Il me raconta sa journée puis je l'aidai à faire ses devoirs un moment. Une fois qu'il eut terminé, nous jouâmes aux échecs et je me dis que Draco avait déjà dû lui donner des cours parce qu'il était extrêmement doué pour un enfant de huit ans. Quand le soleil commença à se coucher, je le ramenai chez lui puis revint à la maison attendre le retour de Charlie. Au bout de quelques minutes cependant, je montai au dernier étage et ouvrit la porte de la chambre de Bairim.

Je secouai la tête en avisant le désordre et commençai à ramasser des vêtements, des livres et des dessins qui trainaient un peu partout. Décidemment, il était décidément bien comme son père. Une fois terminé, j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir et je sortis de la chambre juste à temps pour voir Charlie arriver à l'étage.

— Pris en flagrant délit de déprime.

— Je ne déprime pas, répliquai-je immédiatement.

— Moi aussi il me manque. Et il n'est qu'en deuxième année. Puis, il aura fini et fera sa vie. Y a de quoi déprimer.

— Ta garde s'est bien passée ?

— Oui, comme d'habitude. Et toi ta journée ?

— Ça a été. Fatigué ? lui demandai-je avec un léger sourire.

Il sourit en retour et souffla :

— Oui, très très fatigué, mais j'ai une mauvaise nouvelle.

— Je t'écoute.

— On est invité par Hulrick et Moliva en ville.

— Et nous devons y être pour quelle heure ?

— Et bien, vu que j'ai trainé avec Carlos et Penelope, et que nous allons vite fait bien fait tirer un coup, on sera en retard d'une petite dizaine de minutes, si on s'y met maintenant.

— Hm.

Un sourire satisfait étira mes lèvres et je le rejoignis avant de me coller contre lui et de retirer son haut, tirant ensuite sur les liens de son pantalon tout en mordillant et léchant la peau de son cou.

Après tout, Charlie avait raison, nous pouvions maintenant faire ce que nous voulions, quand nous voulions et où nous le voulions.

POV Charlie

J'avais mal la tête, mais cela était entièrement ma faute. J'avais bu énormément la veille et je ne pouvais m'en vouloir qu'à moi-même pour ça. Mais je n'avais pas pu m'en empêcher. Je tendis le bras mais ne rencontrai que du vide. Je soupirai, me souvenant puis me redressai.

Avisant le soleil déjà levé, je vérifiai l'heure et grognai. Je sortis du lit prestement, mon mal de crâne empirant et me rendis à la salle de bain pour une douche rapide. Bordel, comment avais-je pu louper mon réveil ?

Je ne pouvais pas être en retard, surtout cette fois-ci. Une fois lavé et séché, je retournai dans la chambre et sautai dans les premiers habits qui me passaient sous la main et enfilai mes bottes.

Je descendis ensuite les deux étages et sortis rapidement. Je courus, priant pour ne pas avoir raté le départ et enfin la ruelle en vue, je m'y engouffrais et transplanai au Ministère Roumain. Je me dépêchai ensuite de rejoindre la section Portoloin international et vis Carlos, à la limite de la colère.

— C'est bon, excuse-moi. Mais je suis là et puis, tu serais parti sans moi, donc ça ne change rien.

— Ça change que tu es en retard, et je ne pense franchement pas que ce soit le jour pour ça !

— Pas ma faute, marmonnai-je.

Nous rejoignîmes ensuite le point de départ et à peine une minute plus tard, nous étions emportés. Avec mon mal de tête, j'eus envie de vomir en atterrissant au Ministère Anglais et Carlos posa sa main sur mon épaule.

— C'est bon, juste mon estomac qui est retourné.

Il rit et ce son me donna envie de crier qu'il la ferme, mais ça ne serait pas productif. Nous nous rendîmes à la zone de transplanage et quelques secondes plus tard, nous étions à King Cross. Avec la foule, nous dûmes jouer des coudes pour trouver le clan et après cinq minutes de recherche, je vis enfin une tête rousse.

— Ils sont là-bas, dis-je.

Nous fûmes rapidement près d'eux et je saluai tous le monde. À peine avais-je fini de serrer Ginny dans mes bras que le train à vapeur entra en gare. Je souris, heureux que mon fils revienne à la maison pour deux mois. Il me manquait énormément.

— Bordel, vous aviez le cœur déchiré à chaque fois ? soufflai-je en regardant papa et maman.

— Quand l'un de vous restait à la maison, ça allait encore mais vers la fin, c'était de plus en plus dur oui.

Je hochai la tête et quand la locomotive s'arrêta, je quittai le groupe pour aller au devant. Je vis rapidement Bairim et "Neil" descendre.

— Hey, criai-je pour qu'ils me voient.

Bairim me fit un grand sourire et ils me rejoignirent rapidement. Je le pris immédiatement dans mes bras, le serrant.

— Hey mon grand, comme tu m'as manqué.

Je le repoussai ensuite et saluai Storme.

— Tu m'as manqué aussi. Pada n'est pas avec toi ? demanda Bairim.

Je secouai la tête et avouai :

— Certains choses ont changée depuis les dernières vacances. Il m'a quitté. Mais ça va, ne t'inquiète pas.

— Attends, quoi ? bafouilla-t-il après avoir blanchi. Comment ça, il t'a quitté ? Qu'est-ce que t'as fait ? Non mais attends, il t'a pas quitté-quitté, pas vrai ?

— Si si, mais baisse d'un ton, personne n'est au courant à part Harry et Draco. J'ai... C'est une longue histoire. Je t'en parlerais à la maison. Mais oui, quitté-quitté mon chéri.

En voyant ses yeux s'humidifier, je m'empressai de dire :

— C'est bon, c'est la vie. Je vais bien et je pense qu'il va bien également. Il a quelqu'un. Un de ses clients. Il est heureux.

— Mais... c'est... Comment est-ce arrivé ? Il t'a trompé avec ce type ? J'arrive pas à y croire, souffla-t-il en passant ses paumes sur ses yeux humides. Pourquoi vous m'avez rien dit ?

— Tu étais à Poudlard et puis, tu es grand. Bon, allez, on y va, le temps de boire un bon chocolat chaud et on rentre.

Je le poussai vers les autres et embrassai les enfants.

— On y va ? demandai-je à Carlos et Penelope, vu que cette dernière venait le premier mois au camp.

— Oui, vous êtes prêts ?

Je hochai la tête et nous nous rendîmes au café de la gare afin de boire quelque chose, avec ma famille au complet, avant que nous retournions prendre le Portoloin. Une fois de retour en Roumanie, nous transplanâmes au camp et sans attendre, sachant que Storme n'aimait pas son apparence, je le ramenai dans la réserve où il reprit rapidement sa forme originale, rugissant et crachant ses flammes.

— À demain, fis-je en repartant.

Bairim sortit du bâtiment où il avait été saluer les autres et je le rejoignis.

— Allez viens, on rentre à la maison, soufflai-je en caressant ses cheveux.

Il acquiesça et se blottit contre moi. Je souris et nous fis transplaner au salon. À peine étions-nous arrivés, que je pus entendre :

— Alors, il s'est passé quoi ?

Avant que je ne puisse répondre, je pus entendre venant des escaliers menant au magasin :

— Charlie, Bairim, c'est vous ?

— Oui, répondis-je en riant. As-tu fini ? criai-je en retour.

— Dans quinze minutes. Pourquoi ne descendez-vous pas ?

Je pris la main de Bairim qui ne cessait de regarder tour à tour les escaliers, puis moi. Une fois en bas, je n'attendis pas et embrassai Lucius rapidement.

— On vient juste de revenir.

— Attendez, intervint Bairim, les sourcils froncés. Je croyais que vous étiez séparé.

— Quoi ? s'étonna Lucius.

— Papa a dit que tu l'avais trompé avec un de tes clients et que tu l'avais quitté pour lui.

— Et je n'en reviens pas que tu l'ais cru, ris-je. C'était une blague, ajoutai-je.

Ses lèvres formèrent un « o » parfait puis il plissa les yeux de colère et s'approcha de moi avant de me coller son poing dans la figure. Il prit ensuite Lucius dans ses bras puis repartit à l'étage en criant :

— Je suis puni, je sais, je serais dans ma chambre si vous me cherchez !

Je me frottai la mâchoire et ris en regardant Lucius. Seulement, le regard noir qu'il m'envoya me fit cesser.

— Quoi, c'était juste une blague.

— Charlie. La prochaine fois que tu racontes ce genre de choses à notre fils, je te quitterai vraiment pour l'un de mes clients. Lui au moins, aura peut-être un sens de l'humour potable.

Je me renfrognai et quittai le rez-de-chaussée tout en marmonnant que mes blagues n'étaient jamais comprises.

OoOoOoOoO

Quand Lucius avait eu terminé de préparer sa grosse commande et qu'il avait livré cette dernière, j'en avais profité pour aller m'excuser à Bairim qui m'avait pardonné, précisant qu'il ne regrettait par contre pas son coup de poing. Bon, je l'avais cherché, mais l'idée m'était venue comme ça à sa question et je ne regrettai pour ma part pas ma blague, même si je ne la referais plus jamais, suite à la menace de Lucius. Nous étions maintenant tous à table pour le dîner, et Bairim venait de nous raconter son année.

— Quelqu'un veut encore du vin ? demandai-je en me relevant.

— Non, dit Lucius, et toi non plus, merci.

— Pourquoi ? fis-je en reprenant malgré tout place.

— Parce que sinon, tu vas encore t'effondrer comme une masse dans moins d'une heure.

— Okay, soupirai-je. Mais ce n'est pas ma faute, je ne savais pas que Draco avait une aussi belle descente.

— Hm. Ou alors c'est toi qui ne tiens pas l'alcool.

— Au fait, intervint Bairim, Lornia arrive dans deux semaines.

J'allai répondre à Lucius, mais regardai à la place Bairim.

— Lornia ? C'est qui ça ?!

— Qui est Lornia ? demanda Lucius en même temps.

— Ma petite-amie.

— Ta... Depuis quand as-tu une petite-amie ? le questionna mon mari.

Je clignai pour ma part des yeux, Bairim n'ayant jamais parlé de ce genre de relation lors de ses retours à la maison ou dans ses lettres.

— Petite-amie, répétai-je. Comme dans « je fourre ma langue dans sa bouche » ?

— Papa !

— Quoi ? Tu crois qu'on t'a fait comment ? répliquai-je amusé.

Puis, je me figeai :

— Elle n'est pas enceinte au moins ? Et puis bordel tu n'as que dix-sept ans ! Tu dois d'abord penser à tes études, et il te reste encore une année à Poudlard. Tu es trop jeune.

— Trop jeune ? À quel âge tu as commencé à avoir des petits-amis toi ?

— Non, intervint Lucius avec un sourire, ce n'est pas une question à poser à ton père. Elle est dans quelle maison ?

— J'ai eu ma première vraie relation avec ton père et un autre essai en septième année, répondis-je fièrement à mon fils. Donc, tu es trop jeune ! Et oui, dans quelle maison est-elle ? demandai-je curieux malgré tout.

— Serdaigle. Et attend, tu veux dire qu'entre ta septième année et ta rencontre avec Pada, tu n'as rien... Ça ne t'a pas manqué ? Surtout considérant le fait que vous êtes toujours collés l'un à l'autre.

— Non, avouai-je honnêtement. Donc... tu insinues que tu as... déjà... hum ?

Merlin, mon fils avait véritablement grandi !

— Donc, dit-il plutôt. Elle va rester ici trois semaines, ses parents sont d'accord.

— Et nous, fit Lucius, notre accord est en option ?

— Ses parents étaient au courant avant nous ? Et non, je ne suis pas d'accord. On t'a juste deux mois et si elle vient, tu ne seras pas là. Non, désolé, mais non. Et tu n'as pas répondu à ma question, soufflai-je amusé.

Bien évidemment, je n'avais réellement aucun problème au fait que cette fille vienne ici, c'était mieux ça que Bairim qui irait je ne savais où. Mais ça, il ne le savait pas !

— Si elle ne vient pas, j'irais chez elle et du coup, je serais encore moins là. Mais allez, s'il vous plait, en plus ses parents sont sympas mais je n'ai pas trop envie de passer les vacances avec des Moldus sans rien pouvoir faire de magique.

— Attends..., souffla Lucius. Ses parents sont moldus ?

— Oui. C'est une née-moldue. Je suis sûr que vous allez l'apprécier. Elle est gentille, souriante, intelligente, belle, gracieuse, polie...

— C'est bon, c'est bon, le coupai-je. C'est noté, tu l'aimes follement.

Je regardai Lucius et demandai :

— Ça te pose un problème qu'elle vienne trois semaines ?

— Je présume que non. Bairim, ton père et toi aurez juste à débarrasser le foutoir que vous avez mis dans la supposée chambre d'amis.

— Hum... pourquoi la chambre d'amis, souffla notre fils en rougissant étrangement.

— Parce que c'est en désordre depuis des années et qu'il serait temps que vous vous en occupiez.

— Oh... donc, ce n'est pas pour Lornia.

— Donc, tu l'as fait ! m'exclamai-je.

— Ce n'est pas tes affaires, rétorqua-t-il en rougissant.

— Si. Mais soit, nous débarrasserons le dépotoir.

— Mais elle pourra dormir avec moi, n'est-ce pas ? redemanda Bairim.

— Tu connais les sorts de silence ? marmonna Lucius.

— Oui, oui, affirma-t-il.

— Bien. Mais pas de bébé avant que tu ais ta propre maison. Si tu as des questions, Draco sera ravi d'y répondre. Sinon, on passe au dessert ?

— Pas de problème avec ça, fis-je en lui donnant mon assiette vide.

Bairim en fit de même puis il se mit à sourire bêtement.

Bordel, il était déjà perdu !

The End


Nous espérons que ce dernier chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis sur ce chapitre ou l'histoire, cela nous fera énormément plaisir. Sachez également que nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions.

Merci également d'avoir été au rendez-vous avec cette fanfiction, de nous avoir consacré du temps. A très bientôt peut-être sur nos autres histoires.

Abby and Jes