Salut !

Je n'ai pas publié ici depuis des lustres, mazette ! Et je le fais à l'arrache, histoire de ne pas changer les bonnes vieilles habitudes.

Ce petit texte est un GerZa, écrit du point de vu d'Erza, chose rare venant de moi. Il prend place suite à l'arrestation de Jellal. Et c'est tout ce que j'ai à dire sur lui. Je vous fais donc de gros bisous, et vous souhaite une bonne lecture !


Je souris dans mes larmes


Je n'ai jamais aimé pleurer. J'ai toujours trouvé ça malsain. Pleurer a toujours été un signe de faiblesse non ? Du moins, c'est ce que je pensais, enfant. Alors je m'obligeais à sourire, me montrer forte. Pour les autres, pas pour moi. Si j'avais été seule, j'aurais sûrement craqué depuis longtemps. Le premier jour peut-être, qui sait ? Mais non. Aussi longtemps que j'ai connu l'enfer, je ne me suis jamais permis une seule fois de verser la moindre larme. Je ne sais pas si l'on peut parler de fierté, mais en tout cas, j'espérais sincèrement qu'en me voyant, les autres parviendrait à puiser en moi le courage nécessaire pour ne pas baisser les bras. Et puis je ne voulais pas donner satisfaction à ces hommes. Notre Tour avait beau être trop haute, trop isolé, trop hideuse, je ne voulais pas arrêter de vivre. Trembler, c'était leur offrir une victoire trop facile, trop évidente.

Quand j'ai finalement appris que les larmes pouvaient être accompagnées de rires et de sourires, ma vie a changé. Je continuais de sourire pour les autres, mais je le faisais sans arrières pensées. Je me disais juste que les autres seraient heureux de voir que moi aussi, je pouvais sourire. Pas comme eux, de leurs si belles expressions. Mais plutôt de la mienne. Je ne souriais pas pour moi. Et je ne pleurais pas non plus pour moi. Je ne savais plus faire. Je dépendais des autres, de leur bonheur et de leur rire. Et même de leur larme, quand le moment se présentaient. Mais même dans ces moments-là, je n'appréciais pas. Les rires des autres étaient bien là, les larmes aussi, mais je voulais fuir. Me cacher pour ne pas être vue.

Te voir sourire m'a toujours ravie. Dans les miens, ceux de mon enfance, il y avait un peu du tien, parce qu'on ne peut pas se battre seul. Ne pas le voir me donne envie de m'arracher les cheveux. Te savoir loin de moi aussi. Je ne peux pas être heureuse alors qu'on t'emmène, si loin que ta simple présence devient un mirage. Et tu souris encore, malgré tout, comme avant, comme moi. Comme nous. Je sais que tu ne le fais pas pour toi, et je te maudis pour ça. Je te hais de tout mon cœur, mon corps et mon être. Tout ce qui fait que je suis moi, de la couleur de mes cheveux à ces foutus larmes qui ne peuvent s'empêcher de couler. Je voudrais te voir disparaître, ici et maintenant, en espérant que ma douleur cesse. Les larmes me brûlent, me donnent l'impression d'être à nue. Je voudrais ignorer ton existence. Mais je ne peux pas. C'est une chose sur laquelle je ne peux pas faire l'impasse. Tu es là, quelque part, et je ne te vois pas, je ne te vois plus. C'est si horrible que j'en pleure, encore et toujours. Devant ce crépuscule aussi écarlate que mes cheveux, mes larmes ont le reflet du sang. C'est mon cœur qui saigne, qui me déchire, veut s'arracher à ma poitrine, si fort que je ne peux plus respirer. C'est ma vie qui me quitte quand on t'a arraché à moi. C'est ton sourire que je devine, alors qu'on t'enchaîne. C'est notre séparation, si soudaine et si logique qu'elle me détruit. Et je saigne mes larmes, intarissables.

Je n'aime toujours pas pleurer.