Ahoy mateys! Bon j'ai reprit le taff et du coup...j'ai eu besoin d'évacuer! Merci à mes sublimes mates pour les reviews précédentes. J'espère que ce chapitre vous plaira, il est encore une fois plein de références (à des trucs cool, seulement à des trucs cool! ahaha). Y'a aussi beaucoup de choses tordues qui viennent en direct de ma tête :) Enjoy, et comme d'hab, gare à vos culottes!


2. Fugitive

- Scrontch scrontch scrontch….

…..

- Scrontch….scrontch….scrontch….

- SCRONTCH SCRONTCH SCRONTCH!

- Chuuuuuuuuuuuuuuuut tu vas nous faire repérer! je murmure à Buckley qui n'a rien trouvé de mieux à faire que de ronger le banc de la chaloupe, à pleines dents.

Je pousse un tout petit peu de ma rame la coque du Jolly Roger et manque de me foutre à l'eau par la même occasion. Enfin, la coque de noix s'éloigne de l'imposant navire. Il fait nuit noire, j'y vois comme dans un four. Elle est totalement conne cette expression d'ailleurs. Qui donc a pu rentrer dans un four et en refermer la porte pour dire la clarté qu'il y fait ? Franchement, les gens nous prennent pour des cons. Bref continuons. Bucks a finalement décidé de se coucher à l'avant et j'en profite pour rejoindre le banc central. Je commence à ramer tout en m'orientant aux lueurs du port. Direction TORTUGA ! Enfin pas tout de suite, et pas à la rame non plus. Si j'en crois les cartes subtilisées dans la cabine de mon père, la prochaine escale devrait se trouver à 10 milles d'ici. Vu les capacités peu phénoménales de mes biceps, je devrais avoir bouclé ça d'ici demain soir. De là, de nombreux navires pirates partent en direction de Tortuga. J'aurai aussi pu grimper à bord d'un navire marchand au port du village. Oui mais non, par toutes les saintes culottes, je suis une Jones, je ne me mélange pas à la basse populasse. J'aurai aussi pu foutre tout l'équipage du Jolly Roger à l'eau. Ce qui fait Tink la moche, les deux attardés et…le Capitaine Jones. Ouais ok j'aurai pas pu. Passons.

- Le fond de l'air est un peu frais, n'est ce pas mon cher Bucksy ? je babille à l'attention de mon idiot de chien qui ne daigne pas lever les yeux vers moi. Je pense qu'il est l'heure de se réchauffer un peu…

Oh je vous voir venir ! Non merci je ne suis pas zoophile, et puis pour info, mon chien est capable de se tailler des pipes tout seul, c'est assez incroyable, je connais pas mal de types qui aimeraient pouvoir faire ça. Ou pas. Quoiqu'il en soit, après une fouille archéologique sous le banc de la chaloupe, je sens enfin un contact froid et lisse sous mes doigts. J'extirpe tant bien que mal la flasque de rhum et la brandit d'un air triomphant devant mon nez. En lâchant une de mes rames au passage. Paniquée, je regarde autour de moi mais je me suis trop éloignée des lumières du port pour distinguer quoique ce soit. Dans un haussement d'épaules, je fais sauter le bouchon de la flasque. Héhé pas folle la Jones, les cartes, les doublons, la flasque, la cabine de daddy a été passée au peigne fin l'après midi même. Je peux enfin me souler la gueule tranquille sur mon rafiot, en bonne pirate que je suis sans aucune réprimande, sans devoir jeter ma chaussure sur le pont du Jolly Roger et attendre qu'elle revienne pour savoir si la voie est libre. J'approche mes lèvres de l'exquis breuvage et bascule d'un coup ma tête en arrière…pour recracher aussitôt l'infâme liquide blanchâtre. Du lait de chèvre. Fuck, fuck et re fuck. Suspicieuse, je passe mes doigts le long de la tranche de la flasque et reconnais pourtant les initiales KJ gravées dessus. Jamais au grand jamais le Capitaine Jones ne mettrait autre chose que du rhum ambré 15 ans d'âge là dedans. Mon cœur loupe un battement.

- Il savait…foutu pirate, je me souffle à moi-même.

En même temps, à qui d'autre voulez vous que je souffle ? Là tout de suite j'irai bien souffler toute ma colère dans les oreilles elfiques de mon père mais il se trouve qu'il est profondément endormi à bord du Jolly Roger. Normalement. Enfin je crois. Prise de panique, je me lève d'un bond et scrute l'océan, inquiète que ma fugue ai été découverte. Personne, seuls de gros nuages noirs s'amoncellent dangereusement au dessus de ma tête, cachant peu à peu les étoiles. Je décide de me reprendre et de ramer de toutes mes forces en longeant la côte, ou tout du moins ce que je pense être la côte. Après une bonne heure d'efforts, je m'aperçois que le ciel se fait plus menaçant, le vent s'est levé et la houle a même réveillé Buckley, c'est dire. Soudain, des éclairs transpercent l'horizon à quelques milles de moi. Les vagues se déchaînent et la chaloupe tangue violemment, projetant le chien par-dessus bord.

- BUCKS ! je hurle à travers la tempête qui fait rage.

- BUUUUUUUUUUUUCKS PUTAIN !

- BUUUUUUUUUUUCKS TU FAIS CHIER PUTAIN DE FOUTU DE PIRATE…BUUUUUUUUCKS !

J'aurai pu hurler comme ça des heures si une dernière embardée n'avait pas retourné totalement l'embarcation, me foutant moi aussi à la flotte. Retrouvant mes esprits, je tente de nager de toutes mes forces mais m'arrête bien vite, ne sachant pas dans quelle direction aller.

- « Inspire, expire, inspire, exp…..ouarkkkkkkkkkk » je m'étouffe, de l'eau de mer plein la bouche et les narines, en constatant que le yoga n'est pas une solution au milieu d'un océan déchaîné.

Un truc vient de me frôler. Si si je vous jure. Je prie intérieurement pour que ce soit Buckley qui nage allègrement vers moi, la truffe au vent et l'œil vif. Pas de chien à l'horizon. Aaaargh ça m'a de nouveau frôlé…Douceur de la peau dans un sens, rugosité dans l'ordre, premier passage de détection de la proie…

- Oh putain non pas ça, pas un foutu requin, oh putain oh putain oh putain oh putain…je pleurniche, la voix tremblante, totalement paralysée avant qu'une énorme vague m'emporte, manquant de me noyer pour de bon.

Bringuebalée par la houle, j'essaye tant bien que mal de garder la tête hors de l'eau quand mes pieds rencontrent le sable. O JOIE O ALLEGRESSE ! ai-je le temps de penser avant qu'un ultime roulis me déverse totalement en vrac sur la plage. Le nez dans les algues, je peine à me relever, ça glisse, je m'enfonce, mais j'arrive finalement à me mettre en position assise.

- HAHAHA ! Que ce jour reste dans ta mémoire comme celui où tu as failli bouffer Leny Jones, fille de Killian Jones, fils de…Comme le jour où tu m'a pas eu, putain de mérou !

Oui tout le monde me voyait déjà debout et fringante sur mes deux pieds mais n'oubliez pas que j'ai failli me faire bouffer par un requin. Enfin je crois. Enfin peut être. Merde, laissez-moi croire que j'ai échappé à un destin tragique. Alors que je lève le nez vers l'horizon et les premières lueurs du jour qui se lève, la chaloupe vient mollement s'échouer à mes pieds. Je me précipite pour la tirer hors de l'eau. Une fois l'embarcation en lieu sûr, je me retourne et détaille le paysage qui me fait face. C'est….vide. Rien à voir avec le port que j'ai quitté quelques heures plus tôt. Mes yeux détaillent la côte et je me rends compte que je suis…sur une île !

- Et merde ! je marmonne en donnant des petits coups de pied dans le sable.

Je m'aperçois alors que j'ai perdu une botte dans la bataille. Et que mon chemisier en toile est totalement déchiré. Je le noue négligemment au niveau de mon nombril, balance la chaussure restante et décide d'avancer un peu sur cette terre inconnue dans l'espoir de trouver de l'eau. Oui j'ai pensé à plein de choses en partant. Mais pas à l'eau, c'est nul, ça fait rouiller. Bref. Alors que je m'apprête à entrer dans la jungle qui me fait face, une voix m'interpelle.

-Hé minus, il est à toi le clébard ?

Je me retourne et découvre un homme planté sur la plage, tenant Buckley par le collier. Plutôt pas mal, une trentaine d'années, grand et bronzé, des cheveux blonds foncés qui lui arrivent presque aux épaules, vêtu d'un jean crado et d'une chemise subtilement ouverte. Euh oui la description c'est celle du type, pas du chien. Non mais je précise, au cas où certains ne suivraient plus. Je m'avance dans sa direction et m'aperçois que de beaux yeux bleus et une barbe de quelques jours viennent compléter le tableau.

- Est-ce qu'il est à toi ce putain de clébard ?

- Aye, je marmonne en fronçant les sourcils. D'ailleurs vous feriez bien de le lâcher, il pisse quand il est content, je babille en voyant Bucks remuer la queue, heureux que je ne me sois pas faite bouffer par un squale.

L'homme lâche le chien qui vient instantanément se frotter contre mes jambes. Je ne suis pas mécontente de retrouver une tronche amie par les temps qui courent. Le type me toise à quelques mètres, les bras croisés, un sourire intéressé aux lèvres.

- Et qu'est ce qui t'amène dans nos belles contrées, minus ?

- Je…ahem…je faisais une balade et POUF voilà la tempête tout ça…

- Une balade ? Seule ? A ton âge ? Dans ce tout petit rafiot ?

- ON. NE. CRITIQUE. PAS. LA .TAILLE. DE…..

- Ah ouais ? Et qu'est ce que tu vas faire ? M'éclabousser ? ironise l'étranger.

- T'es qui d'abord ? je m'énerve, consciente que je ne pourrais pas faire grand-chose s'il décide de me violer là tout de suite, bien que je ne serai pas contre l'idée mais du coup on ne peut plus parler de viol. Si ? Non. Enlevez-moi ces images de la tête bordel, j'ai 16 ans et je n'avais pas prévu de perdre ma virginité avec un bellâtre sur une île déserte. Avec mon prof d'anglais à la rigueur. Mais ça c'est une autre histoire.

- Sawyer, pour te servir…minus, rétorque l'intéressé.

- M'appelle pas minus, mon nom c'est Leny, sombre idiot.

- Enchanté Leny sombre idiot ! C'pas courant comme nom !

- MAIS TA GUEULE ! je crie en me vautrant dans le sable, de désespoir.

- J'ai jeté un œil à ta chaloupe, elle semble en état de repartir, dis Sawyer en se laissant tomber à mes côtés quelques minutes plus tard.

- Ouais trop bien, j'ai plus de rames, j'ai pas d'eau, j' suis épuisée, j'ai même failli me faire bouffer par un REQUIN tu vois, j'suis pas d'humeur !

- J'ai de l'eau, moi…

- J'te propose un marché : tu fournis la chaloupe, moi l'eau et la bouffe, ça te va ?

- Aye…mais là fous moi la paix, laisse moi dormir 10 minutes.

- Hé minus, qu'est-ce tu fous sur cette île, tu m'as pas dit?

- Me suis barrée.

- Ahouuuuuu t'es une fugitive en vrai.

- FERME LA PUTAIIIIN, je gueule en m'allongeant, un bras sur les yeux pour me protéger du soleil cuisant.

Un truc mouillé me lèche la joue. Un truc mouillé poilu me lèche la joue. Un truc mouillé poilu et puant vient de me racler la totalité de la tronche, me réveillant en sursaut.

- Putain, Bucks tu fais chier, je marmonne en ouvrant les yeux et me relevant péniblement.

- OH LE CON ! OH PUTAIN LE CON DE SA GRAND MERE EN STRING ! CONNAAAAAAAAARD ! je hurle en sautant sur mes pieds et en me précipitant sur la chaloupe qui quitte à peine la plage, Sawyer à son bord.

Je monte dans l'embarcation et m'aperçoit qu'il a des rames de fortune entre les mains. Je m'empresse d'en attraper une. Pris de court, il ne voit pas le coup arriver et je l'assomme avec le morceau de bois. Le choc lui fait perdre l'équilibre et il passe par-dessus bord. Alors que je tente vainement d'éloigner le bateau du rivage, Buckley saute à bord et m'encourage dans de joyeux jappements.

Je vois s'éloigner Sawyer qui gigote pour rester à la surface et je l'entends surtout me gueuler dessus.

- C'EST UN PUTAIN DE PURGATOIRE ICI, JAMAIS TU QUITTERAS CETTE ILE, ON PEUT PAS, JAMAAAAIS !

- J'ENTENDS RIEN ! CONNARD D'ARNAQUEUR !

- T'es une fugitive, j'suis un arnaqueur, un tigre garde toujours les mêmes rayures, je l'entends marmonner dans sa barbe alors qu'il n'est presque plus qu'un point dans mon champ de vision.

Je me passe la langue sur les lèvres, un sourire victorieux sur le visage et me retourne pour faire face à l'océan. A mes pieds, le chien a déjà le nez fourré dans les provisions de nourriture qui tapissent le fond de la chaloupe. « Ahah quel blaireau ce Sawyer », je pense, avant de remarquer une forme inquiétante sous une couverture à l'avant du bateau. Bucks, ayant reniflé le danger lui aussi commence à donner de grands coups de nez à l'objet étranger qui se met à bouger. J'arme une de mes rames, en position d'uppercut carabiné pendant que j'arrache la couverture de mon autre main. Surpris, l'étranger en question se redresse, assis au fond de l'embarcation, le dos en appui contre la coque. Il me regarde, un sourcil levé et se passe la langue sur les lèvres.

- Putain mais c'est quoi ça encore…je commence à marmonner.

- Bon et vous êtes qui vous ? Je vous jette à la mer tout de suite ou comment ça se passe ?

- Je t'ai entendue, sur la plage tout à l'heure.

- Et donc ?

L'inconnu me fixe d'un air insistant. Il semble avoir à peine plus de trente ans, des cheveux bruns légèrement bouclés coupés courts, des yeux bleus océans…

- Tu es la fille de Killian Jones ?

- Aye…

- Je me présente, Liam ! Pour te la faire courte, je suis ton oncle ! Enfin je crois…Mais tes cheveux de jais et ce lever de sourcil interrogateur confirment ma théorie…

- Liam ? Liam Jones ? Mais vous êtes mort ! Mon père m'a raconté et…vous êtes mort ! je m'offusque, me rendant bien compte que ce type à quelque chose de beaucoup trop familier dans le regard pour qu'il me soit totalement étranger.

- Aye…

- Vous êtes un putain de FANTOME ! je m'insurge en me plaquant comme je peux à l'autre bout de mon bâtiment qui avouons le, n'est finalement pas très grand.

- Et alors ?

-…

- T'es la fille d'une sirène et d'un pirate, ta belle mère est une fée déchue, ta mère t'as été arrachée par une sorcière verte et ton père ensorcelé par une marraine sans culotte…et tu me reproches d'être un fantôme, mate ?

- Vu comme ça…

- Alors ? Tu m'acceptes à bord de ton navire, pirate ?

- Ahem je…j'ai une mission ! Je vais à Tortuga et euh…

- Tu sais naviguer ? Tu connais Tortuga ? Tu connais l'océan ? T'es capitaine même peut être ?

- Euh…nope, je chouine, les yeux baissés.

Ce type est d'une lourdeur indescriptible. Et pourtant j'arrive même pas à l'insulter. Tout ce que j'arrive à dire c'est « nope », moi, la charretière, d'une vulgarité sans pareille en toutes circonstances. Je ne sais pas si c'est son regard ou son sourire tellement familier mais je suis comme une gosse qui a perdu son doudou. Même Buckley s'est ratatiné sous mes jambes et regarde Liam avec soumission. Ou alors c'est peut être parce que ce dernier est du côté de la bouffe, allez savoir !

- Alors lieutenant Jones, cap sur Tortuga ? m'interroge Liam dans un clin d'œil.

- Aye…Capitaine, je lâche dans un sourire à l'esprit de mon oncle qui s'est déjà relevé, boussole en main et longue vue tournée vers l'horizon.


So, une petite review?