Deuxième chapitre (écrit par Florislo) :
Malheureusement des pas plus prompts firent échos aux miens et je m'aperçus bien vite que l'inconnu ne voulait pas en démordre. Il se plaça devant moi pour me barrer la route.
-
Je vous ai dit que je n'avais pas besoin d'aide ! M'énervai-je
soudain, souhaitant lui faire enfin comprendre.
Au
lieu de la peur ou au moins le repli que j'avais espéré,
il se mit à rire, un rire si agréable…
-
Allons, je ne suis pas si vieux, tu peux me tutoyer ! Répondit-il
d'un timbre plus que séduisant, et je ne pus empêcher
mes yeux de se poser sur la bouche.
J'y
découvris des lèvres fines et rougies, par le froid
supposai-je, légèrement entrouvertes. Diablement
tentantes. Si je pouvais ne serait-ce que faire un pas en avant, je
me retrouverais alors assez près pour humer le parfum de
l'haleine qui s'en échappait…un seul pas… Un pas ! Je
fis brusquement un bond en arrière en me rendant compte de la
proximité de l'homme. Ses lèvres devant lesquelles
j'avais pathétiquement bavé quelques instants
auparavant s'étiraient à nouveau en un sourire
narquois. Il commençait sérieusement à m'agacer
avec cette attitude désinvolte !
-
Tu as l'air soucieuse, un problème peut-être ? Dit-il
doucement.
-
Oui, vous !
Je n'aurais sûrement pas dû perdre mon sang froid ainsi, car mes paroles semblèrent quelque peu le contrarier. Il avança, réduisant ainsi l'espace que j'avais prudemment agrandit entre nous et me plaqua durement contre le mur de brique. Je poussai un petit cri de terreur ; mon cœur cognait à en exploser dans ma poitrine et une peur primitive s'insinua doucement en moi.
- Je ne vois pas en quoi je serais un problème…, murmura-t-il.
Alors que je m'étais attendu à de la violence ou au mieux de la vulgarité de sa part, il avait réellement l'air de vouloir…me séduire ? Vraiment désarmant.
-
Eh bien, les faits sont tels que, en ce moment-même, je ne peux
continuer mon chemin, étant collée au mur par vos
soins, si je puis me permettre bien sûr.
-
Ah, oui, en effet, cela doit être un problème pour
vous…je pense pouvoir y remédier, s'il vous en convient
évidemment. Néanmoins, j'aurais une très
légère faveur à vous demander pour vous accorder
votre liberté.
Ce petit jeu m'amusait un peu, mais je redoutais cette phrase. Ma panique s'amplifia mais je tentai tant bien que mal de n'en rien laisser paraître.
-
Je suis toute ouïe.
-
Bien. Je ne voudrais pas vous manquer de respect, mais voudriez-vous
bien m'accorder cette danse ?
Je restai bouche bée devant sa requête. Danser. Danser ! Il voulait danser ! Un petit rire nerveux m'échappa devant l'absurdité de sa demande, ce qui le vexa.
- Ma foi, si c'est là le pris de ma liberté…, répondis-je d'une voix que j'espérais calme et posée, mais qui paraissait un peu trop suraiguë à mon goût.
Je baissai les yeux lorsqu'il relâcha sa pression. Il me prit délicatement la main et entama une valse. Je suivais avec peine, n'ayant que quelques vagues notions, mais il semblait ne pas s'en formaliser. Soudain il stoppa et se baissa avec élégance pour m'embrasser le dos de la main. A nouveau complètement ahurie, je la retirai rapidement. Alors que plus rien ne pouvait m'étonner, il fit une révérence tout en m'indiquant le bout de la rue d'un geste de bras.
-
Une valse !
-
Oui, comme je te le dis !
Je venais de raconter ma mésaventure à Aaron que j'avais rejoint à l'hôpital. Son frère s'en sortait avec quelques égratignures, mais rien de bien grave d'après mon ami.
- Tu ne m'avais jamais dit que tu aimais danser dans les ruelles sombres avec des inconnus…, fit-il avec un petit sourire malicieux.
Je
lui administrai un gros coup de coude, qui devait lui paraître
caresse avec ma force de moineau.
-
Ne te moque pas, j'ai eu vraiment peur…
Il retrouva son sérieux et son front se plissa.
-
Je sais, je suis désolé de ne pas avoir été
là…je m'en veux tellement, je n'ai pas su te protéger…
-
Non !Le coupai-je, ce n'est pas ta faute, tu ne peux pas être
24h sur 24 à mes côtés, je suis une grande fille
! La preuve, je suis là devant toi !
Mon
large sourire dût le rassurer car il se détendit et
m'entoura de ses bras, tout en posant son menton sur le sommet de
mon crâne. Nous nous étions mis à l'écart
dans une chambre inoccupée et étions assis l'un en
face de l'autre sur les draps blancs. Je me blottis tout contre
lui, assez pour sentir l'odeur de l'eau de toilette que je lui
avais achetée pour son anniversaire. J'étais fière
qu'il la porte.
Je
m'écartai soudain de lui et lus la surprise dans ses yeux
noisette. Je constatai une fois de plus qu'il n'avait toujours
pas fait couper ses cheveux bruns incoiffables, je ne cessai de lui
répéter que les raccourcir ferait ressortir la forme de
son visage mais il s'obstinait. Il avait en effet un visage long et
fin que sa chevelure longue d'une dizaine de centimètres ne
faisait que rallonger. Ses traits étaient très marqués,
masculins, pas vraiment délicats, sans pour autant être
grossiers. Nombre de filles avaient déjà craqué
pour ce beau visage et son sourire d'éternel gamin et je
dois bien avouer que si nous n'avions pas été…ce
que nous étions, je l'aurais trouvé vraiment très
attirant. Chaque fois on me demandait si ça me gênait
qu'il sorte avec d'autres filles, et chaque fois je répondais,
plus ou moins patiemment que ça ne me dérangeait pas le
moins du monde, qu'on n'étaient que des amis. Ou peut-être
légèrement plus que ça, non pas dans le sens que
l'on croirait, mais ça je me gardais bien de le dire.
- Tu seras toujours là pour moi, hein ? Demandai-je, la mine inquiète et le ton un peu enfantin.
Il me regarda longuement, son regard flamboyant d'une sorte de détermination que je ne parvenais pas bien à cerner et me répondit enfin.
- Oui, toujours.
Bon on n'a pas beaucoup de review, mais c'est pas grave, on s'éclate !
Et merci à ceux qui en laissent et qui apprécient notre histoire !
