4ème chapitre : (Première partie Florislo et deuxième parte Alice.C ) :
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Sa mine était soucieuse et je supposai qu'il avait dû recevoir une mauvaise note à l'un de ses devoirs, ou tout autre détail insignifiant et superficiel. A vrai dire, je m'en fichais royalement. Lors de la première heure, alors que le professeur s'évertuait à nous expliquer combien l'enfance de Kafka avait été dure, le visage de l' " inconnu " m'était revenu en mémoire, et ne m'avait plus quitté jusqu'à ce moment. Je ne l'avais rencontré que deux fois, mais ses traits livides et ses manières aériennes étaient gravés en moi…provoquant un fort sentiment d'exaspération mêlé de peur à chaque fois que mes pensées se
focalisaient sur lui ; je ne pouvais empêcher mon visage de se crisper.
Nous marchâmes jusqu'aux rives de la Seine et Aaron m'invita dans un restaurant chic à bord d'une péniche accostée.
J'étais gênée, je lui avais dit de ne plus faire de folies pour moi, mais il ne
m'écoutait jamais !
- Alix ? l'entendis-je soudain appeler, me sortant de ma torpeur.
- Hum…
- Tu m'écoutes ?
Oups !
- Euh…oui…
- Qu'est-ce que je viens de dire ?
- …
Je levai vers lui un regard honteux et lus la lassitude sur son visage. Il soupira.
- J'étais en train de t'expliquer le programme de la journée…
- Mais…on a cours, Aaron, le coupai-je, interloquée.
- Et si tu m'avais écouté, tu aurais su que nous n'allons plus en cours aujourd'hui…
Il leva les yeux au ciel, tout de même amusé donc, quand tu auras fini de manger, on ira au cinéma, puis on se promènera, ou tout ce que tu veux, et ensuite j'aurai une surprise pour toi !
A peine avait-il terminé sa phrase que je lui sautai au coup pour l'embrasser. Pourtant je ne parvenais pas à être totalement enthousiaste, bien que ce soit toujours mieux que le cours de philo qui m'attendait.
Il me gratifia d'un sourire éclatant et l'inconnu s'évapora de mes pensées un instant. J'avais oublié à quel point je me sentais bien en sa compagnie.
Le reste de l'après-midi passa à une vitesse effarante. Nous regardâmes une comédie romantique américaine complètement idiote et stéréotypée, mais malgré tout relaxante, blottis l'un contre l'autre, et je m'amusai des différents regards que capte un couple dans un lieu public.
D'une part les amoureux qui observent et tentent de comparer leur partenaire à celui de l'autre, la façon de se tenir la main, faut-il ou non poser son bras sur l'accoudoir, ou le laisser à sa moitié ? Ridicule.
Quant aux célibataires, seules l'hostilité et la jalousie émanent de leurs regards en coin.
Nous nous sommes ensuite promené dans les rues de Paris que je connaissais par cœur, slalomant entre les touristes et les stands de souvenirs. Je suppliai Aaron de m'acheter une crêpe et nous fîmes un tour de manège en riant comme des fous.
Sa surprise n'était autre qu'un tour de montgolfière au dessus de la ville et je le morigénai à nouveau sur l'argent qu'il dépensait pour moi.
La nuit était tombée depuis longtemps déjà quand nous nous séparâmes, mais je ne m'inquiétais pas, mes parents n'étaient sûrement pas là. Nous étions arrêtés au coin de ma rue, et il déposa un léger baiser sur ma joue glacée.
- Bonne nuit…, murmura-t-il dans un sourire.
Je le lui rendis et il se retourna pour partir quand je le retins.
- Pourquoi cette journée ? demandai-je.
Il réfléchit quelques secondes et répondit.
- Le simple plaisir de te voir sourire…
Et il partit.
Je n'avais aucune envie de rentrer, je décidai donc de faire un petit détour. A cette heure avancée, je n'entendais d'autre son que le bruit des voitures au loin et de la neige qui crissait sous mes pas. L'image de l'inconnu était revenue aussitôt que Aaron m'avait laissé et je secouai la tête comme pour le chasser mais il revenait sans cesse. Exaspérée, je poussai un râle de frustration, faisant fuir les oiseaux posés sur un muret. Je m'assis dessus, sans me soucier de la neige, enlevai rageusement mon béret et me pris la tête entre les mains.
- C'est pas possible, marmonnai-je entre mes dents.
J'allumai une cigarette dans l'espoir fou de me calmer et continuai ma promenade. Je marchai très lentement, les yeux dans le vague, inspirant profondément et relachant la fumée tout doucement en réfléchissant.
Peut-être serait-il plus judicieux de cesser de repousser le visage de l'inconnu de mon esprit et de le laisser m'envahir, comme une chanson qui trotte dans la tête et qu'il faut chantonner pour s'en débarrasser. Je décidai d'essayer.
D'abord son visage, comme toujours. Sa bouche rouge et mince, son nez fin et droit, ses yeux tantôt moqueurs, tantôt froids…Je frissonnai. L'image se troubla. Et à sa place apparurent les yeux rieurs et le visage enjoué de Aaron. J'eus soudain un mouvement de recul et un petit cri d'horreur m'échappa.
Je me mis à courir pour échapper à cette vision, toujours plus vite. Qu'est-ce que cela signifiait ? Mon cerveau était complètement détracté. Je fermai mon esprit pour ne plus y penser et ralentis la cadence.
Lorsque j'arrivai enfin devant chez moi, mes longs cheveux roux étaient en bataille, givrés par le froid et le vent. Je montai rapidement et allai me coucher après avoir rédigé un mot d'absence et imité la signature de ma mère pour cet après-midi.
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Je m'enfonçai dans les chaudes et douces couvertures, ce qui me donna pendant un court moment l'impression d'être inaccessible, protégée de tout…
Un long soupir sortit de mes lèvres quand je réalisai que tout cela n'était que désillusion…égarement d'un moment, sans réelle signification.
Le sommeil me vint difficilement. Je gardais les yeux grand ouverts, repassant devant mes yeux des moments de ma vie, une larme m'échappa et je ne compris moi-même pourquoi. Dans ce silence glaçant, je pensais beaucoup trop (à mon goût) à cet inconnu et pas assez à Aaron. J'avais honte, mais pourtant…je ne faisais rien de mal ?
Je fermai les yeux vers 2h00 du matin et ne les rouvris qu'à 12h00, nous étions mardi et j'avais cours !
Je n'aimais pas vraiment sécher les cours, mais cela m'arrivait de temps à l'autre. Je n'étais pas une excellente élève, mais j'arrivais à avoir des notes correctes sans trop travailler et je ne recherchais pas plus.
Heureusement que ma mère s'était levée avant mon heure de départ habituelle en cours, car sinon j'aurais encore entendu ses cris lors de mon 20ème anniversaire !
Je décidai de ne pas aller en cours de la journée après tout, au point où j'en étais….
Je m'habillai rapidement, une jupe, des collants, des bottes, un pull et j'étais prête. Sur le perron, je réfléchis pendant quelques secondes à ce que j'allais bien pouvoir faire de mon après-midi. Une visite à la bibliothèque s'imposait et peut être aurai-je la chance de trouver un dvd pas trop mal à visionner.
Arrivée devant les portes anciennes je jetai un coup d'œil aux horaires avant d'entrer. La bibliothèque était presque vide. Je remarquai un couple de personnes âgées au rayon revues adultes et m'éloignai le plus d'eux, voulant me trouver un coin de tranquillité. Je m'emparai d'un roman à l'eau de rose, collection Arlequin, pas de la grande littérature je vous avoue mais bon, ça ne faisait pas de mal de temps en temps !
Je m'assis à une grande table marron tout au fond d'une salle et m'absorbai dans la lecture de mon roman.
J'en compris l'essentiel, deux personnes prenant des vacances depuis très longtemps se rencontrent lors une croisière, coup de foudre, élément perturbateur (L'ex petit copain de ladite fille se ramène comme par magie sur ladite croisière), élément de résolution (Tout s'arrange et le couple du départ redevient complice.)
Ennuyeux, mais divertissant, du moins assez pour me faire oublier le reste.
En rentrant à la maison je récupérai le courrier qui devait traîner dans la boîte aux lettres depuis au moins une semaine. J'y jetai un coup d'œil rapide…beaucoup de factures, une carte postale de…sans doute une connaissance de ma mère et une enveloppe noire plutôt intrigante.
J'arrachai le sceau qui la fermait (il représentait une pomme entamée sur l'un de ses côtés), et parcourus la feuille des yeux. Il était question d'un bal organisé dans une semaine, il y avait deux invitations dans l'enveloppe et je pensai tout de suite au bel inconnu avant de me reprendre rapidement et de songer à Aaron…
- Hé !
Je me détournai, surprise et cachai par réflexe la lettre dans une poche de mon manteau.
- Salut Blues !
Elle tendit devant moi la même enveloppe que celle que je venais d'ouvrir.
- Regarde ça ! Et tu sais quoi ? La fête se passe dans le château Scofield…Rassure-moi, tu as reçu une invit' ?
- Heu…ouais ouais !
Elle me regarda comme si j'étais demeurée et je lui tapai sur l'épaule.
- Ca va, c'est pas parce que je ne crie pas de joie comme toi, que je ne suis pas contente d'y aller !
- S'tu l'dis…
- Mais je vois mal le couple Scofield organiser une fête et pour jeunes en plus !
- Non, mais il paraît que c'est leur petit-fils ou quelque chose comme ça qui vient de débarquer…et il paraît qu'il est trop sexe !
Je soupirai, résignée, ça devait encore être un de ses fils de bourge qui n'ont qu'une seule envie, étaler leur richesse à la vue de tout le monde…
- Bon allez, je te laisse Blues, j'ai plein de trucs à faire ce soir…
- Ok, Alix, mais quand même, fais attention à ne pas trop sécher, on ne t'as pas vu en cours aujourd'hui… !
Je lui adressai un pâle sourire avant de rentrer et de fermer la porte à double tour.
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Et voilà un chapitre ! Bon d'accord sa faisait longtemps, mais je n'ai vraiment pas trouvé le temps de publier…
Nous attendons avec impatience vos reviews pour poster la suite qui est déjà écrite Biz'
