Alice :
Sentant une fatigue soudaine s'emparer de moi, je ne traînai pas. Me déshabillant sur le chemin de la salle de bain, je me jetai sous le jet d'eau brûlant et fermai avec force mes yeux. Des images violettes et noires se projetèrent sous mes paupières et je m'amusai à essayer de leur trouver des formes. Au bout d'un moment, entendant ma mère rentrer, je sortis de la douche et enfilai à la va-vite un débardeur et un pantalon large usés.
Descendant dans la cuisine j'appelai ma mère sans succès lorsque des bras protecteurs m'enlacèrent. Surprise, je me retournai et me retrouvai nez à nez avec un Aaron rayonnant. Il me souffla dans l'oreille :
-Alors, on fait l'école buissonnière sans moi ?
Cette façon qu'il avait de faire croire qu'il prenait ça à la rigolade me décontenançait, heureusement que je le connaissais, et que je pus m'apercevoir qu'il recherchait une véritable explication à mon absence.
- Je me suis levée à 12h30 et j'étais vraiment trop fatiguée pour aller en cours, excuse-moi de pas t'avoir prévenu, j'avais vraiment la tête dans les choux aujourd'hui !
Il sembla me croire et je me détendis. Soudain une idée me traversa et je sautai sur mes pieds, disparaissant dans la salle de bain, je lui criai de m'attendre. Je fouillai dans le tas de vêtements que j'avais laissé traîner et récupérai l'enveloppe noire. Refaisant le chemin inverse, je rejoignis Aaron et secouai les invitations sous ses yeux.
-Ca te dis une petite soirée chic ?
Il haussa un sourcil et m'attrapa le poignet en s'emparant des invitations. Deux minutes après il les lisait encore et j'essayai de les lui arracher, impatiente.
- Il faut pas une heure pour lire une invit' de trois lignes quand même ! Lui lançai-je faussement irritée.
Il ne prit pas garde à ce que je venais de lui dire.
- Il va y avoir des tas de gens à cette fête ! Si ce…-Il regarda la missive une fois de plus- Scofield invite tout le monde à tous vents..
- Et alors ? Demandai-je étonné.
- Rien…souffla-t-il, je suis vraiment heureux de t'accompagner à ce bal, il a des danses particulières à apprendre ?
J'éclatai de rire, incrédule, il n'y avait vraiment que lui pour se soucier de ça.
- Mais on s'en fiche A' ! On y va pour s'amuser !
Soudain je fis mine de me souvenir de quelque chose de très important et je le regardai, horrifiée. Puis je parlai en hachant mes mots et en prenant une voix aiguë.
- Ho Aaron ! Je...je n'ai rien à me mettre !!!
- Tu trouveras chérie, tu as d'excellents goûts vestimentaires, me répondit-il en se prenant au jeu.
- Ho non ! Je vais être horrible, la plus ridicule de toutes…
Je tombai sur son épaule secouée de sanglots et je le sentis me tapoter la tête.
- Je t'aiderais à chercher si tu veux
- Tu..tu ferais ça ?
Je relevai la tête vers lui pleine d'espoir.
- Tout bien réfléchit NON ! Je hais faire les magasins, et ça ne changera pas, même pour toi !
Je le regardai implorante, lui faisant mes yeux de chien battu.
- Bon, tempéra-t-il, j'accepte si ça ne dure pas trop longtemps !
- Génial ! Je savais que tu dirais oui, tu ne peux pas me résister… !
- Malheureusement, c'est vrai, murmura-t-il.
Je ne relevai pas, et me blottis contre lui. Au bout d'un moment nous nous dîmes au revoir et j'allai me coucher, pour ne pas avoir une tête de déterrée en cours le lendemain.
Florislo
Ce fut la chaleur des rayons du soleil sur ma peau qui me réveillèrent ce matin-là. Pouvais-je espérer plus doux réveil ?
Sautant rapidement sur mes pieds, je courus me doucher, m'habiller et prendre mon sac, avant de claquer la porte de la maison. Aaron me rejoignit bientôt, un immense sourire plaqué sur son visage. Je m'arrêtai pour lui dire bonjour et il m'embrassa sur la joue, jusque là rien de plus normal, mais ses lèvres vinrent bientôt effleurer avec empressement ma mâchoire, mon cou, mon épaule, ses mains doucement posées sur le bas de mon dos…mais que lui arrivait-il ?! Je m'écartai précipitamment, le dévisageant avec étonnement et irritation. Il parut décontenancé.
- Tu parais bien…excité ce matin, lui dis-je prudemment.
Il baissa le regard sur ses pieds, comme un enfant pris la main dans le sac, mais ne dit pas un mot. J'attendis sa réponse, mais très vite, perdant patience, je repris mon chemin d'un pas rapide. Il me suivait, je le sentais, mais je n'avais aucune envie de me retourner. Il m'avait vexé…
Lorsque nous arrivâmes au lycée, il était parvenu à mes côtés, mais le tension qui régnait entre nous n'avait pas diminué, au contraire. Je me dirigeai toujours sans un mot vers mon premier cours de la journée, et lui vers le sien.
J'avais histoire en première heure, et je m'assis au dernier rang, contrairement à mon habitude.
La réaction d'Aaron plus tôt dans la matinée m'échappait toujours, et j'essayais d'établir les raisons qui l'avaient poussé à s'emporter ainsi. Si je ne l'avais pas si bien connu, j'aurais pu croire qu'il était simplement en manque mais je ne pouvais pas me résoudre à le considérer comme tous les autres mâles de son âge aux hormones qui les travaillent. Non il devait y avoir autre chose…L'idée qu'il pût être attiré par moi..de cette façon et qu'il ait fait une tentative d'approche ce matin me traversa soudain l'esprit, et j'eus un brusque mouvement de recul, faisant crisser ma chaise sur le sol et m'attirant les foudres du professeur. Décidément la journée commençait mal…
Morgane
- Un problème, peut-être, m'apostropha Mr. Danes en s'approchant lentement mais sûrement de ma table.
- Excusez-moi, bafouillai-je, rouge.
- Bien.
Il me lança un regard amer, puis retourna devant le tableau. Je soupirai sans bruit, puis priai intérieurement pour que la sonnerie retentisse, comme par miracle, plus vite que prévu. Évidemment, elle ne sonna pas rapidement, mais je me découvris une passion pour colorer des carreaux de feuille avec mes Stabilo. Au moins, le temps passait plus vite.
Quand l'interclasse sonna, je me levai en vitesse, ravalant un soupir de soulagement - le professeur était venu inspecter, comme à son habitude, les tables du fond. Je me précipitai dans le couloir dès qu'il me l'eût autorisé. Sitôt arrivée dans la salle d'espagnol, je ressortis ma feuille à colorier, puis me remis à ce travail de dur labeur. Cela me distrayant bien, je n'écoutais rien de tout le cours, et ne pris même pas la peine d'inscrire les devoirs sur mon agenda. Après un temps qui me parut assez interminable, la fin de la matinée arriva. Je pus enfin rentrer chez moi, et repensai immanquablement au petit incident de la matinée. Petit incident qui n'avait aucune importance. Enfin, je tentai de me rentrer ça dans la tête, sans succès.
Puis je me surpris a me demander comment j'aurais réagi si l' « inconnu » s'était comporté comme Aaron. Dans ma tête défilaient des images surprenantes de moi et de ce… garçon. Je manquai la marche du trottoir, et revins immédiatement au problème principal. Quoique… Je préférai ne plus y penser. Malgré tout, nous devrons aller a ce « bal » ensemble. Après tout, je ne vais pas m'en faire pour si peu.
Enfin… Je ne peux pas nier l'évidence. Je ne me rappelai que trop bien cet air sur son visage… Ses yeux… Sa bouche embrassant mon cou… Je m'arrêtai brusquement, et regardai autour de moi. J'avais raté mon immeuble depuis un moment. Tellement longtemps que je ne reconnus rien. Pas une allée, pas un pavillon, rien. Alors je reculai précipitamment et manquai de rentrer dans quelqu'un. Je me retournai brusquement, me répandant en excuses, puis clignai des yeux à la vue de cette personne.
- Non…, murmurai-je.
Eh bien... Non. Ça n'était pas lui. Hélas ou heureusement, je ne sus le dire. Des flashs de l' « inconnu » apparaissaient dans ma tête, me rendant folle. Soudain, je me mis a courir, courir, je ne sais combien de temps, jusqu'à ce que mon crâne arrête de bourdonner, que les images disparaissent, puis stoppai enfin ma course folle, les mains sur les côtes, hors d'haleine.
' - Ça suffit. Ça suffit, ça suffit, ça suffit ! Alix, pff… '
Je regardai autour de moi et me rendis compte que je n'étais pas très loin de chez Aaron. Comme par hasard. Des fois le hasard était tellement… ! Je marchai, reprenant peu à peu mon souffle, jusqu'au perron d'Aaron.
Je soupirai bruyamment, puis m'accroupis, fermant les yeux, et posant mes doigts sur mes tempes.
- Eh… Salut.
Je relevai la tête et croisai le regard mélancolique d'Aaron. Je lui souris faiblement et il me tendit la main.
- Salut.
Je l'attrapai doucement et il me tira, m'aidant a me relever. Il me fixai toujours, et, gênée, je baissai les yeux sur mes chaussures, puis époussetai rapidement mes vêtements. Il posa sa main sur mon dos, et je frémis, repensant immanquablement au « petit incident » de la matinée. Petit incident qui prenait de l'ampleur, peu à peu, et je me raidis. Nous étions en train de monter les escaliers, dans son immeuble, et je me disais que je n'avais même pas réfléchis à mes actes, lorsqu' Aaron ouvrit la porte d'entrée et que je pénétrai dans l'appartement.
Voilà nous esperons que cela vous plait toujours autant,
Le prochain chapitre est déjà écrit, mais avec les filles on va attendre d'avoir 1 ou 2 reviews :)
