T/N : Toutes mes excuses pour cette longue attente... Comme le savent les lecteurs de mon blog, j'ai été victime d'une série d'empêchements, avec d'abord une tendinite au poignet, puis un déménagement qui m'éloigne toute la semaine de l'ordinateur familial. Je ferai donc ce qui est humainement possible pour continuer à vous apporter l'histoire.


Chapitre 5 : L'Expérience


Derrière la sécurité de son bouclier protecteur, Albus regardait son pupille détruire une fois de plus la nursery. Chaque objet présent dans la pièce était jeté par terre, frappé ou écrasé d'un coup de pied rageur, même le jeu de potions bien aimé. C'était la sixième crise de colère que le petit garçon faisait en cinq jours. Severus avait peut-être aimé le petit jeu d'Hermione Granger ce soir là, mais quand il avait réalisé qu'il ne pouvait pas recréer la 'magie' qu'il avait utilisée, il était devenu furieux. Et il semblait maintenant au directeur en nage qu'il devenait de plus en plus difficile à maîtriser chaque jour passant.

Albus frotta l'arête de son nez entre deux doigts. A quoi s'était-il attention en transformant son irascible maître de Potions en petit enfant ? Un chérubin idyllique qui aurait ri et joué ? Si c'était le cas, peut-être était-il vraiment un vieux fou sénile. Il aurait dû savoir qu'il serait aussi difficile de s'occuper de Severus à deux ans qu'à quarante. Mais quand même, le directeur savait au fond de lui qu'il avait eu espoir que s'occuper de l'enfant avec amour et tendresse allait changer les choses.

Il continua à regarder pendant plusieurs minutes, jusqu'à voir Severus s'appuyer contre le mur, sa respiration haletante et son regard vide signifiant que le pire était passé. Albus mit fin au bouclier et rejoignit l'enfant, avant de se laisser glisser le long du mur pour s'asseoir à côté du garçon. Il se pencha vers lui et essuya ses larmes avec son mouchoir. Sans les larmes, il était impossible de savoir que Severus pleurait, car il n'avait pas fait de bruit. En fait, il n'avait pas émis le moindre son, en dehors de quelques gargouillis et grognements au fond de sa gorge de temps en temps.

« Viens, Severus, on va nettoyer un peu et on ira voir Minerva. » Cela sortait généralement le garçon de sa morosité. Il était fasciné par la capacité de la directrice des Gryffondor de se transformer en chat et retour. Et même si elle faisait comme si c'était abuser de le lui demander, Albus était à peu près sûr qu'elle aimait être la seule qui pouvait obtenir un minuscule sourire du garçon. Ils se disputaient constamment en tant que collègues, bien sûr, mais le directeur savait que son adjointe avait un petit faible pour Severus – quel que soit son âge. C'était pour cette raison qu'il entendait demander à Minerva de se joindre à Severus et lui pour la semaine qu'il allait passer à la maison de sa famille. Il espérait qu'éloigner l'enfant de Poudlard, et de tous les souvenirs partiels que cela engendrait, le calmerait. Il allait également savourer au plus haut point la présence de Minerva, et même s'ils avaient décidé depuis longtemps que continuer leur ancienne histoire n'était pas une bonne idée au vu des événements actuels, il se sentait plus détendu en sa présence qu'en aucune autre. Avec elle, il n'avait pas à se montrer sage et omniscient en permanence. Il était un homme comme les autres, elle le savait et le respectait.

Albus installa Severus dans un grand fauteuil de son bureau, sous le regard attentif de Fumseck et Phinéas Nigellus, qui malgré ses critiques constantes du comportement de Severus et de l'attitude d'Albus envers lui, semblait apprécier le garçon. Albus retourna ensuite dans la nursery pour réparer les dégâts. Il valait mieux faire ce genre de magie hors de vue de l'enfant. Outre les regards noirs de haine et de jalousie, le vieux sorcier craignait que cela ne provoque une autre colère. Il venait de lancer le sort qui faisait marcher les soldats de bois au pas jusque dans leur boîte – ceux qui n'étaient pas cassés – quand il entendit la clochette qui signalait une visite. Le directeur revint juste à temps pour accueillir le professeur McGonagall.

La directrice adjointe regarda le petit garçon assis dans le grand fauteuil, les yeux rouges, et soupira. « Encore une colère, n'est-ce pas ? »

Le directeur soupira et hocha légèrement la tête.

« Si vous lui confisquiez son jeu de potion à chaque fois qu'il se conduit de la sorte, cela cesserait. »

Quelque chose qui ressemblait suspicieusement à « Bien dit ! » se fit entendre depuis le portrait de l'ancien directeur des Serpentard. Pendant ce temps, Severus foudroyait du regard le professeur McGonagall. Albus décida que la meilleure chose à faire était de diriger la conversation vers un autre sujet.

« Maintenant que toutes les affaires de l'école ont été réglées, je vais emmener Sébastien avec moi pendant ma retraite annuelle dans la maison de ma famille. J'espérais que vous pourriez nous rejoindre pour la semaine, très chère. » Il laissa ses yeux pétiller en disant cela. Il savait que cela la désarmait toujours.

« Voyons, Albus, que vont penser les gens ? »

« Ils penseront que vous êtes une vieille amie et mon invitée. Et puis, Sébastien sera là, et j'ose croire que nous aurons peu de visiteurs. »

Minerva se tourna pour regarder Severus qui semblait attendre une réponse. Personne ne savait au juste ce qu'il comprenait. « Très bien, si ce jeune homme peut contrôler son tempérament, je pense que je savourerai ce séjour avec vous, Albus. »

Severus se laissa glisser de la chaise et rejoignit la nursery. Il revint quelques instants plus tard avec le bol de porcelaine et se dirigea vers la porte. Albus et Minerva retinrent leurs gloussements – le petit garçon n'aimait pas qu'on rie de lui. Albus rejoignit Severus qui tirait en vain sur la porte, et posa doucement la main sur sa nuque. « Nous partirons demain matin, Sébastien. »

Peut-être était-ce la position de sa main, ou le fait que Severus ait pleuré et baissé ses défenses, ou peut-être une de ces impulsions de magie qui traversaient le château comme elles avaient l'habitude de faire, mais pour une de ces raisons, Albus Dumbledore sentit dans sa main le plus puissant assaut d'énergie qu'il ait jamais senti émaner de n'importe quel sorcière ou sorcier. La sensation était presque comme une décharge électrique (chose dont le directeur avait été un jour l'infortuné destinataire lors d'une démonstration de technologie moldue de la part d'Arthur Weasley) depuis l'arrière du cou de Severus, juste derrière les oreilles, au bout des doigts d'Albus. Severus le sentit visiblement aussi, car il arrondit les épaules et lança sa tête en arrière, essayant de déloger la main du directeur. Après un moment, Albus fut forcé de lâcher quand la magie, qui avait agi comme un aimant, se dissipa brusquement et le libéra.

« Albus, que se passe-t-il ? » Minerva voyait la peur dans les yeux de l'enfant ainsi que la surprise sur le visage du directeur.

« Je ne sais pas au juste. Mais il y a eu un assaut de magie dans sa nuque. C'est parti aussitôt, mais je l'ai bien senti et lui aussi. » Albus se tourna à nouveau vers l'enfant qui s'était remis et se tenait maintenant les bras croisés, un regard noir sur son tuteur. Albus tendit le bras vers lui, mais l'enfant recula juste hors de sa portée. Il était visiblement un peu méfiant à l'idée de laisser le vieux sorcier le toucher à nouveau. Albus sortit son sac de bonbons d'une poche de ses robes et l'offrit au garçon. Severus hésita un court instant, avant de tendre la main et de prendre un bonbon fait d'un tourbillon orange et blanc. Occupé à sucer sa friandise, il laissa Albus le tourner et plier doucement son cou en avant.

Minerva roula des yeux. Le directeur des Serpentard adulte détestait les bonbons presque autant qu'il détestait les Gryffondor. Cependant, donnez à Albus un mois et demi avec l'enfant et il l'avait rendu aussi consommateur que lui. Pire, il l'achetait visiblement avec le sucre, comme on donnait une friandise à un chien. Cependant, sa curiosité était suffisante pour qu'elle attende impatiemment ce que le vieux sorcier allait trouver.

Albus passa lentement un doigt ridé en travers de la nuque de Severus. De derrière une oreille jusqu'à l'autre, et retour. Il répéta le mouvement plusieurs fois avant de se relever, caressant les cheveux du garçon et lui offrant un autre bonbon.

« Il y a clairement quelque chose, Minerva. C'est assez faible mais je peux le sentir. Je vais devoir demander à Mlle Granger de nous aider, elle est très enthousiaste pour résoudre les énigmes que nous fournit notre jeune Sébastien. Mais nous verrons cela plus tard. Prenons donc une tasse de thé et vous me direz ce pour quoi vous êtes venue me voir. »

Minerva resta un moment perplexe, elle avait oublié pourquoi elle était venue dans son bureau. Le directeur avait cet effet sur les gens.

« Je voulais juste vous dire que j'allais prendre une semaine de vacances. Mais je préfère être votre... invitée. Et pas de thé, merci. Si nous partons demain matin, j'ai des choses à préparer. » Sur ce, la directrice adjointe sortit du bureau d'un pas vif, laissant un Albus souriant, et un Severus à la bouche pleine de bonbons.


Albus Dumbledore était assis dans son salon, dans son fauteuil favori. Il l'avait écarté de la cheminée et placé face au centre de la pièce, afin de pouvoir suivre les allées et venues perpétuelles de ses nombreux invités. Une fois de plus, il se demanda comment il avait pu penser que ça serait une semaine paisible, un peu de répit du tourbillon d'activités ainsi que des décisions constantes de sa vie de tous les jours. A la place de ça, le tourbillon l'avait simplement suivi. En fait, on pouvait même dire qu'il avait triplé.

Aujourd'hui seulement, il avait eu les visites de Harry Potter et du plus jeune M. Weasley, Nymphadora Tonks, Molly et Arthur Weasley, Pompom Pomfresh et Remus Lupin. A un moment, on se serait cru pendant une réunion de l'Ordre. Et même si seul Remus Lupin restait, Hermione Granger était attendue d'un instant à l'autre. Si on ajoutait à ça Minerva, Fumseck, les elfes et Sébastien, la maison prenait une vague allure du métro moldu londonien à l'heure de pointe.

Cependant, c'était quand même plus agréable que son bureau à Poudlard. Aussi majestueux qu'il soit, rien ne pouvait égaler les motifs tropicaux qui décoraient sa petite maison. Ou les grandes fenêtres donnant sur un champ de fleurs sauvages et des collines violettes au loin. Le jardin face au sud, soigné toute l'année par un elfe fidèle, était peut-être le meilleur endroit au monde, pensait souvent Albus. Et la petite mare un peu plus loin – maintenant protégée depuis qu'ils avaient frôlé un désastre impliquant Severus et une grenouille fuyarde – était le bijou qui couronnait l'ensemble. Oui, s'il trouvait seulement un peu de temps pour savourer son sanctuaire seul, cela serait parfait.

Il était plongé dans ses pensés quand Remus Lupin entra, suivi d'Hermione Granger. Severus, qui jouait avec son cube à emboîter (un des rares jouets qui attiraient son attention), plongea rapidement derrière le fauteuil. La réaction de Severus lors des visites de Lupin les jours précédents avaient surpris Albus. Au début, il était persuadé que Severus allait l'ignorer ou lui feuler dessus, comme il faisait pour les autres qu'il n'aimait pas sous sa forme adulte. Mais Severus avait fait preuve de terreur devant l'homme si paisible. Albus avait eu mal en réalisant que la plaisanterie dont avait été victime le Severus de 15 ans avait laissé de telles marques qu'il avait passé les années suivantes en terreur de Remus. Le cachant bien sûr derrière un voile de mépris. Albus ne savait pas au juste pour qui il était le plus désolé – le doux loup-garou forcé de porter le stigmate de sa nature animale, ou Severus qui avait laissé la peur empoisonner toute relation qu'il aurait pu avoir avec son camarade.

« Bonjour, professeur » dit chaleureusement Hermione. « Et bonjour aussi, Sébastien » ajouta-t-elle en se tordant le cou pour apercevoir l'enfant derrière le fauteuil d'Albus.

Severus ne fit pas le moindre son, ne jeta même pas le moindre coup d'œil, mais Albus put entendre à travers les coussins sa respiration s'apaiser un peu.

« Bienvenue, Mlle Granger. Vous avez manqué à Sébastien, ainsi qu'à moi. Le message que vous avez laissé avant votre départ à propos de... hmm... comment devons-nous l'appeler, peut-être l'aura magique de Sébastien ? Avez-vous eu l'occasion d'y travailler ? »

Hermione hocha la tête. « Oui, Directeur. J'ai trouvé quelques références à une chose de ce genre. J'ai eu quelques difficultés à convaincre Madame Pince de me laisser emmener les livres avec moi, mais comme c'est votre maison, elle a fini par accepter. Mais je ne suis pas certaine d'y trouver quelque chose qui pourra nous aider. J'aimerais faire quelques expériences avec Sébastien, si cela est possible. »

Albus acquiesça d'un air enthousiaste, mais il grogna intérieurement. Il avait fallu trois jours sur place, en combinant la clémence d'Albus et l'approche 'assez de ces bêtises' de Minerva pour mettre fin aux colères. Aujourd'hui était le premier jour où Sébastien se montrait de bonne humeur. Il avait même réduit le nombre d'objets qu'il fixait à moins d'une douzaine. Il n'avait pas besoin de nouvelles expériences, comme celle que Mlle Granger avait fait en gardant Severus une nuit, pour relancer l'enfant.

Il offrit du thé à ses visiteurs, qu'ils refusèrent poliment, puis Lupin partit pour ne pas distraire le garçon. Après son départ, Severus sortit facilement de derrière le fauteuil, mais il était évident qu'il se doutait de quelque chose. Hermione installa plusieurs objets à signification magique le long d'un cercle qu'elle avait délimité avec une cordelette. Il y avait un pentagramme en or représentant le pouvoir, un grand gobelet serti de pierres précieuses dénotant la prospérité, une paire de petites cloches d'argent indiquant la fertilité et une maison heureuse, et enfin un objet fait de sept étoiles de diamant, représentant la paix.

« Je pensais que vous n'aviez pas foi en la Divination, Mlle Granger ? » Albus avait déjà vu un cercle de ce genre. Il était souvent utilisé pour 'prédire' la future destinée d'un enfant lors de son premier anniversaire. L'enfant était placé au centre du cercle, et le premier objet vers lequel il se dirigeait était censé être celui qui représentait la force principale de sa vie. Bien sûr, même les plus bigots des parents ne considéraient cela que comme une jeu d'anniversaire, passé dans les traditions et ayant peu de véracité.

« En fait, directeur, le Cercle de la Vie n'a jamais été conçu pour être exécuté comme il l'est aujourd'hui. Autrefois, il était fait un an après que l'enfant ait démontré ses premières capacités à faire de la magie. Et l'incantation que les gens utilisent aujourd'hui au premier anniversaire d'un enfant est une atroce déformation du sort originel. Enfin, le sort est conçu pour être incanté par un sorcier et une sorcière – pas n'importe quel invité. »

« Je suis impressionné, Mlle Granger. Et vous avez ce sort ici ? »

Elle l'avait. Et en lisant la parchemin, Albus réalisa qu'il reconnaissait quelques morceaux de l'incantation qu'il avait entendu voici des années, lors du Cercle de Vie de son frère. Ses parents étaient des gens sortant de l'ordinaire, même pour des sorciers et des sorcières, mais en fait ils savaient généralement bien ce qu'ils faisaient. Il sourit en y repensant, et fit signe à Mlle Granger de commencer.

Heureusement pour Hermione, Severus était si fasciné par les objets qu'elle avait installés qu'elle n'eut aucun problème à le convaincre d'entrer dans le cercle. En fait, le plus difficile fut d'empêcher l'enfant de toucher aux objets avant que l'incantation soit prononcée. Albus régla ce petit dilemme avec un sort de limitation qui garda Severus dans le cercle, même si l'enfant n'était visiblement pas ravi. Les deux adultes posèrent délicatement la pointe de leurs baguettes sur la corde et au signal d'Hermione prononcèrent simultanément l'incantation. Puis Albus enleva rapidement le sort de limitation, et ils attendirent.

Pendant un moment, le petit garçon ne réalisa pas qu'il pouvait à nouveau toucher à ce qu'il voulait. Mais quand il agita la main avec colère en direction du directeur, et réalisa qu'il pouvait étendre le bras, il se mit rapidement à regarder autour de lui. Il cherchait de toute évidence un objet précis, et cet objet le cherchait en retour. Maintenant, le pentagramme doré tournoyait furieusement sur place, se soulevant presque du sol à force de vibrations. Severus finit par tortiller son petit corps pour le voir et l'attrapa d'un geste vif. L'objet émit un petit vrombissement, comme un couvercle de métal tournant sur lui-même, et changea brusquement de forme, chacune de ses points s'affinant et s'enroulant autour de la petite main de Severus. Severus inclina la tête et le regarda, fasciné. Il n'y avait aucune peur dans ses yeux. Puis l'ancien pentagramme disparut soudain – semblant aux yeux des témoins abasourdis s'être fondu dans la main de l'enfant.

Pendant un instant, personne ne dit rien. Puis d'une petite voix, Hermione murmura « J'espère que Mme Weasley ne voulait pas récupérer son pentagramme. »

La petite plaisanterie rompit la tension et Dumbledore eut un rire chaleureux. « C'était plus intéressant que le jeu des anniversaires, n'est-ce pas ? » Ses yeux pétillaient. Puis il regarda Severus. « Je suppose qu'il est assez clair que la principale habileté de cet enfant est le pouvoir. Mais êtes-vous sûre, Mlle Granger, que le sujet doit avoir démontré des capacités magiques depuis au moins un an pour que le Cercle fonctionne ? »

« Oui, Monsieur, pratiquement sûre. »

« Hmmm... nous avons quelques autres expériences à faire, alors, je suppose. »

Hermione sourit. Albus savait combien elle aimait un bon défi et c'était certainement ce que Severus choisissait d'être.

A cet instant, quelqu'un toqua à la porte. Remus passa la tête dans l'embrasure et Albus lui fit signe d'entrer. « Alors, comment ça s'est passé ? » demanda-t-il, souriant à Sébastien.

Albus fit un pas vers l'enfant, prêt si nécessaire à la prendre dans ses bras si Severus se mettait à paniquer.

Cette fois, cependant, Severus laissa échapper un grognement guttural au fond de sa gorge. Il commença ensuite à ramper lentement vers Remus, le menton levé et la tête légèrement penchée sur le côté. Ses petits yeux sombres étaient cloués par la peur sur l'homme à quelques mètres de lui, et ses petites narines frémissaient. Il ressemblait à la perfection à un loup prêt à bondir. Remus avala nerveusement sa salive et fit quelques pas en arrière, essayant de garder le sourire malgré la nervosité évidente qu'il ressentait.

Albus et Hermione échangèrent un regard. C'était assez comique, songea Albus. Un loup-garou adulte reculant ainsi devant un petit garçon. C'était également un retournement de situation intéressant, pour peu dire. Alors qu'Albus pensait ainsi, il vit qu'Hermione avait décidé d'aller au secours de Lupin. Elle marcha jusqu'au petit garçon agenouillé et le toisa de toute sa hauteur. « Ce n'est pas gentil de grogner sur les gens. » dit-elle de sa voix la plus adulte.

Severus répondit en lui montrant les dents.

Elle se contenta de sourire. « Tu fais semblant d'être un toutou ? »

Apparemment, cette petite insulte était trop pour Severus, car il ferma la bouche, se remit sur ses pieds, et battit en retraite vers le fauteuil qu'avait occupé Albus. Il grimpa dessus et lança à Hermione son regard noir habituel.

Hermione gloussa et regarda Remus qui s'était remis et avait maintenant l'air un peu bête d'avoir eu peur d'un enfant de deux ans. « Je me suis dit que ça pourrait marcher. » dit-elle.

« Vous auriez dû être à Serpentard, très chère. » dit Albus en souriant.

Le regard venimeux de Severus passa d'Hermione au directeur.

« Je reviendrai dans quelques jours, directeur. Il y a une autre expérience que je voudrais essayer. Même si celle ci doit plutôt être faite pendant qu'il dort. »

Le vieux sorcier hocha la tête et souhaita une bonne soirée à ses invités. Il alla jusqu'à sa chaise, et se penchant souleva son jeune pupille qui ne pesait toujours pas grand chose, malgré les meilleurs efforts de elfes pour l'engraisser. « Tu as besoin de quelques autres sucreries, cela fera l'affaire. Peut-être que demain je te ferai découvrir les joies des Chocogrenouilles. Beaucoup plus de goût que les vraies, et il y a mon portrait sur une des cartes. » murmura joyeusement Albus à l'oreille du garçon.

Le directeur le porta le long du petit escalier reliant le salon au couloir des chambres. Il aida le petit garçon à se laver, lui enfila une chemise de nuit et l'installa gentiment dans son petit lit, le bordant avec le couvre-lit de velours pris dans la chambre de son Serpentard – réagrandi bien sûr à la taille nécessaire pour un si petit enfant. Il posa ensuite le bout de ses doigts sur le front de l'enfant et murmura « Somnus ». Severus le récompensa avec le plus petit des sourires avant de fermer les yeux.