Pour vous souhaiter la bonne année, voici la suite en avance !
Sherlock soupira alors qu'il voyait du coin de l'oeil John être émoustillé par la vision du manoir Holmes. Le détective détacha son regard blasé de la fenêtre pour le poser sur son colocataire.
- Tu t'attendais à quoi ?
- Pas à un putain de manoir !
- Tu me déçois John.
Ce dernier fusilla Sherlock du regard dans une mimique signifiant « excusez moi Monseigneur mais nous ne sommes pas tous nés avec une cuillère d'argent dans la bouche », enfin ce fut comme ça que le détective comprit le faciès de son ami.
Arrivés près des grilles, les deux hommes sortirent du taxi, le payant, lui souhaitant une bonne soirée avant de se rapprocher du portail fermé. Ce dernier était fait en fonte, il semblait si lourd qu'une douzaine d'hommes ne pourraient pas le bouger d'un millimètre. Le détective s'approcha de la porte, scannant sa rétine avant que les grilles ne s'ouvrent mécaniquement dans un « glong » retentissant. Sherlock fut soulagé que John soit plongé dans son admiration pour ne pas voir les pupilles de son ami qui avait dû prendre leur forme vertical pour que le scanner le reconnaisse.
Ils marchèrent cinq minutes avant de pouvoir commencer à apercevoir la grande porte d'entrée. John semblait toujours aussi abasourdi, ses yeux faisant des aller-retours sur chaque pierres de la bâtisse. Ils en auraient définitivement jamais fini à se rythme là.
Sherlock soupira, passant une main délicate sur le bas des reins de John pour le faire avancer plus vite, impatient et excédé. Ils arrivèrent enfin à la grande porte qui s'ouvrit sur une petite femme ronde, des longs cheveux argents encadrant son visage qui s'illumina en les voyant. Sherlock se tendit tandis que sa mère lui écrasa les joues de ses yeux mains, avant de les embrasser avec ferveur et le prendre dans ses bras.
- Tu m'avais tellement manqué, Bill !
- Bill ? Répéta interloqué John.
Sherlock se crispa en embrassant à son tour sa mère qui s'approcha de John pour le prendre dans ses bras et essayer de l'étouffer d'amour.
- Je suis bien contente que William nous amène enfin un petit-ami. Ça fait bien longtemps qu'on souhaitait vous rencontrer, John. Je peux vous appeler John ?
- Oui mais...
- William ne nous laisse jamais rentrer à Baker Street, continua t-elle en serrant plus fortement John dans ses bras comme pour étouffer ses paroles en même temps que sa trachée, car il a trop peur de vous présenter. Y a vraiment aucune raison, on a toujours su que William était différent ! Déjà de par sa conditi...
Sherlock fusilla sa mère du regard, inclinant sa tête sur le côté pour lui signifier que John était au courant de rien. Elle relâcha enfin son étreinte, le blond inspira profondément pour regonfler ses poumons d'air. Il suivit par la suite Sherlock et sa mère, tirant le détective par le bras.
- Tu t'appelles sérieusement William ?
- William Sherlock Scott Holmes très exactement, précisa le brun avant de froncer les sourcils, en réalité je me suis toujours appelé Sherlock mais elle trouve que William est un nom plus normal et que la normalité étant tout à fait absent de ma vie, devrait apparaître sous la forme de mon horrible nom.
John haussa les épaules, quittant l'entrée fabuleuse pour passer dans une grande salle – qui aurait pu facilement être une salle de bal – où une grande table y siégeait, Mycroft, un homme âgé – certainement le père Holmes – et une jeune femme y était déjà attablés.
- Tu as raison, Sherlock ça te va beaucoup mieux, lui souffla le docteur souriant de l'air de supériorité de son ami.
- Evidemment.
Ils arrivèrent jusqu'à la table ronde, John hésitant à s'assoir plutôt du côté du père à Sherlock ou celui de la jeune femme inconnue. Il décida de s'aventurer du côté de la femme, le jugeant moins risqué. Il n'avait pas envie d'essayer le dicton « tel père, tel fils ». La femme se tourna vers lui, lui décochant un sourire timide.
- Caprice, vous devez être John Watson, c'est ça ?
John opina en serrant la main tendue de la jeune femme. Ils commencèrent à parler longuement alors que Sherlock semblait agité à ses côtés. Décidant de l'ignorer, il apprit pas mal de chose sur la jeune femme. Elle venait du Texas où elle avait passé la majeur partie de sa vie, il y a un an, lorsqu'elle a atteint la majorité, elle a été contacté par Mycroft qui cherchait son genre de femme – John ne comprit pas ce dernier point – car elle avait des capacités spéciales qui intéressait l'aîné Holmes. Elle travaillait donc pour lui depuis un an et elle appréciait son travail. John n'arrivait pas à détacher ses yeux des iris brunes qui le fixait avec douceur. Il trouvait quelque chose en elle de mystique.
- John, nous sommes très heureux de vous rencontrer, lança joyeusement le père de Sherlock en lui tendant sa main. Sherlock nous a beaucoup parlé de vous. Vous êtes médecin militaire à ce que j'ai cru comprendre ?
John opina en souriant.
- Vous l'avez déduit aussi ou on vous en a informé ?
John n'avait pas vu le regard de Sherlock vers son père. Celui qui signifiait « fais attention à ce que tu vas dire, il est pas au courant de ma vie ». Mais apparemment le destinataire du message silencieux, ne le vit pas non plus.
- Oh non ! Sherlock savait faire ça, c'est lui qui a tout apprit à Mycroft vous savez. Ils étaient très proches lorsqu'ils étaient enfants. Mais le fait que Mycroft est le parfait exemple de l'élève pouvant dépasser le maître, Sherlock s'est renfrogné lorsqu'ils arrivèrent à l'adolescence.
Le détective souffla doucement en laissant passer son soulagement. Son père avait donné des informations précieuses, mais cela aurait pu largement être pire.
- Et Mycroft avait quel âge déjà, lorsque vous avez adopté Sherlock ?
Sherlock se retourna avec les yeux exorbités en direction de la voix féminine. Ses yeux furieux tombèrent dans le regard curieux de Caprice qui fronça les sourcils en sentant John se contracter à ses côtés. Elle eut un sourire contrit en laissant un murmure sortir de ses lèvres affolées, n'arrangeant en rien la situation.
- Ah... John n'était pas au courant, c'est ça ?
Ce dernier crispa sa mâchoire en dévisageant Sherlock, agacé que son ami, son meilleur ami n'ait pas eu l'envie de le lui dire. Puis son visage se dérida en comprenant que l'adoption n'était peut-être pas un sujet facile à aborder pour tout êtres humains et que donc cela revenait quasiment de l'impossible pour un homme aussi étrange que Sherlock Holmes.
- Il avait cinq ans, bredouilla le père du détective en essayant de briser la glace.
- Mycroft était heureux d'avoir un petit frère, sourit John en direction de l'intéressé qui daigna enfin parler.
- Oh oui, dans un premier temps. Puis cet idiot à commencer à crier. De frustration. En permanence. Il avait à peine ouvert les yeux, avait scruté son petit corps de nouveau né qu'il s'était mis à hurler. Cela a duré... 18 mois il me semble. Jusqu'à ce que ses cordes vocales arrêtent de brailler pour former des mots.
- Merci Mycroft pour cette histoire aussi inutile qu'indécente. On peut passer à autre chose ? S'insurgea Sherlock en foudroyant son ainé du regard.
Il n'avait pas eu la malchance d'être enfermé dans un corps d'enfant avec une âme vieille de plusieurs centaines d'années.
- Vous n'avez pas dit votre nom complet il me semble, demanda John en se tournant vers Caprice pour détourner la conversation du brun à ses côtés.
- Oh... Caprice Cromwell.
John sursauta en entendant un grondement à sa gauche. Sherlock était tendu, ses narines dilatées laissant passer deux filets de fumées s'en échapper, sa bouche se tordant dans une grimace affreuse alors que ses yeux fous se dirigeait vers Caprice, ses pupilles semblèrent changer de forme un instant, faisant cligner John d'incompréhension.
- Aggie, souffla Sherlock entre ses dents qui semblaient plus pointu, la voix rauque et plus profonde qu'à son habitude.
- Ma mère.
Avant que Sherlock ne sorte de ses gongs, son père lui apposa une main réconfortante sur la sienne serrée dont les ongles semblaient percer la nappe de table. Sherlock s'excusa avant de foncer dehors. Il vit rapidement un buisson à ses côtés, il se déshabilla en vitesse et y jeta ses vêtements avant que ses yeux ne s'ouvrent sur une toute nouvelle vision de ce qui l'entourait. Il pouvait voir chaque petits insectes, ressentir chaque parfum, ses yeux scannaient le ciel et la terre pouvant y voir le spectre des couleurs devant ses yeux. Sa vision lui permettait de percevoir la chaleur de tout corps qu'il croisait. Il s'étira en sentant son cou s'allonger, ce qui lui permit de voir derrière son crâne que la porte d'entrée avait été verrouillée pour que personne ne puisse sortir le voir. Un soupire rassurée s'échappa de ses lèvres avant que sa bouche ne devienne une gueule immense s'étirant dans un sourire carnassier. Il s'ébroua, sa peau se changeant en de longues écailles cuivrés alors que son corps continuait à grandir. Ses doigts se rejoignirent en griffes puissantes, le faisant tomber à quatre pattes. Peu à peu, son corps changea entièrement pour devenir ce qu'il avait toujours été. Un dragon de quinze mètre surplombant le manoir qui paraissait si petit tout d'un coup. Il étendit ses ailes avant de s'envoler dans le ciel. Il n'allait pas pouvoir aller très loin. Un dragon ça se voyait facilement dans le ciel de Londres et il ne pouvait pas monter trop haut si il ne souhaitait pas passer au dessus des nuages et croiser quelques avions. Alors il ne fit que quelques tours dans le ciel en surplombant sa maison. Au bout du dixième tours, il se força à atterrir avec douceur et agilité – en tout cas toute la douceur et l'agilité que son corps de trois cents tonnes pouvaient offrir – et se changea rapidement en humain avant de se rhabiller. Il ne savait pas encore quel mensonge il allait pouvoir dire à John pour expliquer sa colère subite et sa fuite. Mais juste à y repenser, ses veines étaient parcouru de nouveaux par la fureur. Cromwell était le nom de la sorcière qui l'avait rendu ainsi. Elle n'était autre que la mère à Caprice. Cela était inconcevable. Non pas que cela semblait impossible, les sorcières de catégorie 5 sont quasiment disparus depuis des centaines d'années, mais il avait du mal à se dire que son frère avait osé rechercher la fille de celle qui l'avait maudit pour lui demander de le surveiller. Sa rage changea alors de destinataires alors qu'il toquait à la porte d'entrée pour qu'on lui ouvre. Ce fut Mycroft qui le fit, avec un sourire taquin aux lèvres.
- Tu ferais mieux de ne rien dire, mon frère, sinon je te jure que c'est sur toi que je me change la prochaine fois... Mes soixante kilos humains te sembleront ridicules lorsque mes trois cents tonnes s'abattront sur tes os.
Il avait insisté sur « mon frère » ce qui était la seule raison pour laquelle Mycroft était encore en vie.
- J'ai dis à John que tu avais connu la mère de Caprice dans ta jeunesse et qu'elle n'avait pas été d'une douceur extrême avec toi et que son simple souvenir te mettait hors de toi et que tu étais parti fumer. Ce qui expliquera ton haleine.
- Je pense que John n'est pas assez stupide pour confondre l'haleine d'un dragon avec celui d'un fumeur. Cela n'a pas du tout la même fragrance.
- Comme si il avait déjà eu l'occasion de comparer.
Sherlock haussa les épaules avant de se diriger vers la table ronde où les invités étaient encore attablés. Les discussions cessèrent dès qu'il retrouva sa place.
- Hmm... Sherlock, commença John mal à l'aise, ta mère a proposé que nous dormions ici.
- D'accord. La chambre d'ami est à droite.
- Mais non voyons, s'exclama sa mère, John ira dans ta chambre ! C'est Caprice qui prend la chambre d'ami.
Sherlock laissa ses yeux rouler dans ses orbites avant de les diriger vers sa mère avec un air agacé.
- Et je suppose qu'il n'y a qu'un grand lit dans ma chambre que je dois partager avec notre précieux invité... Combien de fois devrais-je vous expliquer que John n'est pas de ce bord là ?
Ce dernier fronça les sourcils en se disant qu'étrangement, l'homme n'avait pas précisé de quel bord lui-même se trouvait. Il haussa les épaules alors que la mère de Sherlock, contrite commençait à paniquer en annonçant qu'ils n'avaient pas cinquante chambres d'amis de nettoyés.
- Ne vous embêtez pas Madame Holmes, annonça John en se levant, on est colocataire depuis un moment et cet homme n'a aucune notion de la pudeur... je pense que ce n'est pas catastrophique de dormir avec un ami. Il n'y a aucun soucis, j'ai déjà vécu pire avec celui-là.
Sherlock grogna avant de saluer tout le monde – tout en omettant Caprice qui lui retourna la politesse – et se dirigea vers sa chambre. Sans grande surprise, il y trouva son lit fait avec dans le tiroir de sa table de chevet : préservatif et lubrifiant. Sherlock grimaça en lisant le mot qui les accompagnait :
« Mycroft m'a annoncé qu'il avait trouvé une S5 et qu'elle lui avait dit qu'il était possible pour les personnes dans ton cas d'avoir une progéniture, donc n'hésitez pas à être prudent. Bises. Maman. »
Il regarda par dessus son épaule que John était parti dans la salle de bain pour enflammer le mot dans sa main, voyant un petit tas de cendre apparaître dans sa paume. Comment un dragon transformé en humain mâle pouvait avoir une progéniture avec un homme alors que les dragons étaient eux-même asexué ? Sherlock décida de mettre cette question dans la catégorie « trouver la réponse plus tard » avant de se déshabiller et de rentrer dans son lit, éteignant la lampe de chevet de son côté. Rapidement il vit John arriver et se glisser à son tour dans les draps. Il eut le réflexe de tressaillir en sentant une chaleur à ses côtés. Son réflexe de reptile lui disait de se coller à la source de chaleur le plus vite possible. Sherlock regarda derrière son oreiller où se trouvait sa bouillotte, mais il y trouva un second mot.
« Je suppose que tu en auras pas besoin ce soir. Bises. Maman »
Il maugréa en se tournant vers John qu'il pouvait voir grâce à ses yeux de reptile. Il pouvait distinguer les contours de son corps en spectre rouge indiquant la chaleur qui en émanait alors que ses pieds prenaient une teinte plus jaune, indiquant que ses extrémités étaient plus fraiche.
- J'ai froid, soupira t-il contre le blond.
John ne réfléchit pas une minute en tournant le dos vers son meilleur ami, le sentant lui enlacer la taille. Il se disait que c'était parfaitement normal. Il pouvait sentir la virilité de son ami contre ses fesses, à peine séparé par leur boxers, le rendant assez mal à l'aise. Evidemment Sherlock n'était pas excité de cette proximité et son pénis s'en retrouvait tout à fait inactif, mais cela faisait naître un certain malaise chez le médecin qui préféra se forcer à s'endormir aussitôt pour éviter d'y penser.
Le lendemain, il se réveilla plus tôt que le brun. Il se rendit compte que son colocataire s'était littéralement enroulé autour de son corps. Il essaya de s'extirpé mais fut figé en sentant quelque chose contre sa cuisse. John leva doucement les couettes pour être sûr de ce qu'il pensait que c'était avant de se figer d'effroi en se rendant compte que c'était en effet le pénis de Sherlock, sans aucun boxer pouvant agir comme barrière entre leur peau. John étouffa un cri mais ce fut suffisant pour réveiller le détective à l'affut qui regarda son colocataire avec un air agacé en se rendant compte qu'il n'y avait aucun danger imminent.
- Qu'est-ce qu'il t'arrives ! Soupira t-il encore à moitié endormi.
- Tu es entièrement à poils Sherlock ! Tu as dormi à poils contre moi !
Ce dernier leva un sourcil en direction de son ami, avec un sourire narquois aux lèvres.
- J'ai pas de pyjama ici.
- Et alors ? Moi non plus mais j'ai gardé mon boxer !
- Bah tu n'aurais pas dû. Enfin je vois pas c'est quoi le problème, John !
- CA ! S'exclama ce dernier en pointant le sexe de Sherlock qui commençait à se gorger de sang.
- Ce n'est qu'une réponse réflexe suite à mon réveil, bafouilla le détective en se retournant, offrant une vision de ses fesses plutôt que de son appareil génital.
- Sherlock, commença doucement John, je sais que tu n'as pas l'habitude de te confronter à la sexualité des autres mais ça met les gens mal à l'aise de se retrouver avec un homme nu dans leur lit alors qu'ils pensaient dormir avec quelqu'un d'habiller.
- C'est bon j'ai compris !
Le ton était renfrogné, John comprit qu'il avait blessé son ami. Il hésita à lui toucher l'épaule avant de regarder le réveil à ses côtés. Il n'était que sept heures, ils pouvaient se rendormir. Il hésita longuement avant de se rapprocher du corps de Sherlock qui semblait perdre sa chaleur à une vitesse affolante. Il attrapa le détective pour passer un de ses bras sous le cou de l'homme tendu à ses côtés, son autre bras fermement placé sur le torse du détective. Il soupira en l'attirant à lui.
- Bon au point où nous en sommes, je vais pas te laisser te refroidir... On peut encore dormir quelques heures, viens là.
Sherlock se tendit alors qu'il sentait son érection continuer à grossir. Il se tortilla, ses fesses nues frottant contre le boxer de John, sentant que son ami commençait à se durcir aussi. Sherlock se figea avant de s'éclaircir la voix.
- Ce que je vais te dire va te paraître bizarre et complètement nul. Mais... j'ai effacé de mon disque dur pas mal de choses par rapport à la sexualité donc... c'est normal que tu bandes ?
Sherlock entendit John s'étouffer avec sa salive. Il essaya de se retourner pour voir le visage de son ami, mais ce dernier le tenait fermement, ne souhaitant peut-être pas se retrouver nez à nez – ainsi qu'érection contre érection – avec son ami détective.
- Comment as tu pu effacer ce genre d'informations, Sherlock ! C'est quand même vachement utile lorsqu'on va avoir des... relations.
- Les relations ne sont pas ma tasse de thé, tu le sais.
- Et quel est ta tasse de thé ? Sais-tu au moins si tu es gay, hétérosexuel, bisexuel, pansexuel, j'en sais rien moi !
Sherlock se dégagea des bras de John pour se retourner vers lui et le dévisager. Son érection s'était calmé d'elle-même face à l'interrogatoire de son ami et il fut soulager de sentir que celle de John s'était calmé à son tour. Son nez était quasiment en train de toucher celui de son ami qui louchait parce qu'il tentait de le regarder dans les yeux. Mal à l'aise, Sherlock recula un peu, se mettant en boule pour garder sa chaleur plus longtemps.
- Je n'ai jamais été suffisamment proche d'un être humain pour me poser la question.
Et je m'étais horriblement habitué à ne pas posséder d'organes génitaux, ajouta t-il mentalement.
- Tu devrais tester, souffla John en rougissant légèrement. Je ne sais pas moi, vas dans un bar et dragues un peu... Nan t'as raison c'est complètement idiot.
Il avisa le visage de Sherlock qui était – pour une fois – chargé d'incompréhension. Lui-même, depuis l'épisode délicat de La Femme, il s'était rendu compte de son attirance physique pour son ami en se disant qu'il était « sherlocked » mais il n'avait pas envie d'approfondir l'étude de ses sentiments et de ses désirs. Il était ami avec le détective et celui lui convenait parfaitement. Mais quelque chose dans le visage de Sherlock le décida, une fragilité, une question, un combat dans ses prunelles saphirs. Il se rapprocha de son ami en lui touchant la joue, sentant le corps de Sherlock se raidir d'incompréhension.
- Je vais t'embrasser Sherlock. Si tu ressens quelques choses et ne t'inquiètes pas si c'est le cas tu reconnaitra tout de suite, tu seras fixé que tu n'es pas dégoûté par les hommes, si tu as envie de te reculer et de t'enfuir, c'est que tu es définitivement hétéro. Mais je souhaite que cela ne change rien à notre relation, si tu détestes ça.
- Et si j'aime ?
La question surprit John.
- Je n'en sais rien, ça dépendra de si moi j'aime.
- Tu n'as jamais embrassé d'homme ?
- Non.
- Pourquoi ?
John frémit en se disant que la conversation le rendait vraiment mal à l'aise.
- Parce que je n'en ai jamais ressenti l'envie ou le besoin.
- Et là ?
- J'aide un ami.
Sherlock opina en se rapprochant de John, inclinant légèrement sa tête, leurs nez se croisant, le souffle de l'autres caressant les lèvres de son vis-à-vis. Sherlock ferma les yeux en tressaillant.
- Je te fais confiance.
J'espère que cette suite quoique frustrante vous aura plu !
TJSC
