Je vous retrouve trèèès rapidement avec ce chapitre ;) Parce que je trouve que le précédent était léger au niveau de l'intrigue et n'apportait pas grand chose à l'histoire (même si il détend à mort ;) ) Donc voici la suite ! Un long chapitre pour une fois sur cette histoire xD J'espère que cela vous plaira :) J'installe doucement la suite de cette fic vu qu'elle sera composé de deux fictions (celle-ci et une Séquelle).


Mycroft fit tourner son téléphone entre ses doigts avant de laisser ses yeux traîner sur le nom qui s'affichait sur son écran. Il hésitait à savoir si il valait mieux envoyer un message ou appeler directement. Il était un homme d'action qui n'hésitait pas à appeler normalement mais là il craignait de la voix qu'il entendrait. Pour la première fois de sa vie, le rouquin n'était pas sûr de lui. Avec une grimace il appela Caprice qui attendait à sa porte depuis dix minutes. La jeune femme arriva souriant à l'homme, s'installant sur son lit avant de lui prendre son téléphone des mains.

- Oh vraiment ? Tu m'appelles pour avoir des conseils à savoir si tu devrais l'appeler ou non ?

- C'était pour te parler de ma petite visite, siffla le politicien en essayant de récupérer des mains habiles de la jeune femme son portable.

- Bon vas-y.

Caprice s'allongea aux côtés de Mycroft, se tournant sur son côté attendant que l'homme face de même pour qu'ils se retrouvent face à face. Ils avaient été amis très rapidement, ils s'étaient tout de suite entendu. Il n'y avait jamais eu aucun doute sur la nature amicale de leur relation. La jeune femme trouvait la carapace froide du politicien touchante. Elle se demandait à quel point il fallait qu'elle le serre fort dans ses bras pour que son corps puisse se réchauffer ne serait-ce qu'un peu pour que la carapace ne soit craquelée. Il était vrai que l'homme se détendait un peu plus à son contact mais ce n'était que parce qu'elle ne représentait aucun danger et qu'elle lui était utile pour son frère. Caprice ne se sentait pas utilisée pour autant, elle savait que l'aîné l'appréciait réellement.

- Arrête de penser, souffla Mycroft avec un sourire amusé aux lèvres.

- Que t'a t-il dit ? L'interrogea Caprice en touchant le front plissé du politicien.

Le geste suffit pour que Mycroft s'éloigne à son contact, se tournant sur le dos afin d'observer le plafond de sa chambre.

- Tu avais raison, ta lignée de sorcière est éteinte… mis à part toi évidemment. Et il n'y a pas d'autres sorciers de niveau cinq à sa connaissance, autrement dit il n'y en as pas du tout. Ne t'inquiètes pas, je ne te demanderais pas qu'il t'adsorbe sauf en cas de haute nécessité.

- Je le sais, souffla la jeune femme en détaillant le profil de son ami. Est-il impressionnant physiquement ?

- Mon dieu oui ! A croire que plus les dragons vieillissent plus ils grandissent ! Tu aurais vu ses écailles… orange, rouge et jaune. Elles rayonnaient comme de multiples flammes dansant sur sa peau épaisse.

- Tu deviens poète, Myc.

L'homme rit se tournant vers la jeune femme qui lui tendit son téléphone.

- C'est peut-être l'heure de lui envoyer ce message.

- On ne parle plus du père de Sherlock, là.

- Non ça m'étonnerait que cet être quasi légendaire se donne la peine de te répondre avec ses pattes griffues.

- Ça m'étonnerait que Gregory ne me répond non plus.

Caprice leva les yeux au ciel insistant sur le fait qu'elle ne cesserait de le harceler jusqu'à ce que ses doigts d'aristocrates n'écrivent une réponse à Gregory Lestrade. Alors Le Gouvernement Britannique plia en une moue déconfite.

Bonjour, lieutenant Lestrade. Je tenais à vous remercier pour tout ce que vous avez pu apporter à mon frère – Sherlock afin de le soutenir dans les épreuves physiques et mentales qu'il a traversé pendant toutes ces années. Je suppose que j'aurais dû vous remercier bien plus tôt mais… je n'ai jamais remercié quiconque de ma vie. Cela peut paraître arrogant – je pense que cela l'ait dans une moindre mesure – mais sachez que les Holmes sont fait de la même matière. MH

Mycroft envoya le message, fier de lui avant de lever ses yeux vers Caprice qui semblait déconfite.

- Non honnêtement, premier message d'amour et la seule chose que tu arrives à lui dire c'est que tu es un con arrogant mais que ton simple nom justifie l'excuse de ton impolitesse ?

- Je peux toujours te virer, siffla le politicien vers la femme qui prit une moue outrée.

- Tu connais notre arrangement, je fais le gentil toutou et je te vouvoie lorsque l'on a des invités mais tu ne me parles pas de mon travail dans nos moments amicaux.

Mycroft opina en jouant distraitement avec son téléphone. Il allait mourir de frustration si Greg ne lui répondait pas dans la seconde ! Le policier avait peut-être, après tout, beaucoup de paperasses de retard.

Bonjour, Monsieur Holmes. Dire que je suis étonné de votre message est un euphémisme. J'ai toujours cru que vous étiez une statut qui ne pouvait que rester fixer à l'embrasure d'une porte avec un air suffisant inscrit sur le visage. Non, honnêtement, en trois ans je ne vous ai jamais vu bouger ! Toujours quelqu'un d'autre qui ouvre la porte de cette maudite maison à votre place et vous imperturbable et qui ne bouge pas d'un pouce même lorsque Sherlock s'est mit à vous vomir dessus… Je ne sais pas si ça en devient un talent d'être aussi imperturbable ou si c'est carrément flippant. Mais je suppose que l'étrangeté est familiale alors je vous accorde le fait d'être pardonné. GL

Mycroft souriait comme un bien heureux alors que Caprice fronçait les sourcils d'incompréhension.

- Je t'ai toujours trouvé bizarre mais là tu es complètement taré. Si un message aussi moqueur et clairement froid te fais sourire c'est que je t'ai perdu, tu es mort d'un anévrisme.

- Tu regardes mais tu n'observes pas, Caprice. J'ai titillé sa curiosité et il me pardonne mes attitudes précédentes, ce ne sont que des bons points enrobés d'une fierté masculine.

- Peut-être dragues tu les gens comme ça mais les gens normaux ne le font pas de cette façon. Bon… tu vas lui répondre ?

Mycroft déposa son portable sur sa table de chevet.

- Non pas tout de suite. Nous n'avons pas fini de discuter à propos de Smaug. Il a été assez évasif sur ce qu'un mélange d'humain/dragon pourrait produire. Il a affirmé n'avoir jamais entendu parlé d'une grossesse draconienne.

- C'est bien normal, aucun dragon n'a été enfermé dans un corps humain, siffla Caprice en se regardant les ongles.

- Comment peux-tu être aussi certain qu'il est fécond.

- Ma mère, souffla la jeune femme en replaçant une de ses tresses derrière ses oreilles, elle m'a parlé du sort qu'elle souhaitait placer sur Sherlock avant même de le faire. Elle devait d'abord créer un corps d'un nouveau né humain, puis intégrer Sherlock à ce corps et déterminer ce qu'il pourrait faire de ce qu'il ne pourrait faire. Elle décréta donc qu'il pourrait se changer temporairement en dragon mais que cela allait lui coûter énormément d'énergie magique. Elle lui a bridé ses capacités magiques. Ainsi il ne peut plus contrôler les éléments et il ne peut plus ouvrir de portails entre les différents mondes. Tu sais que seul les sorciers de catégorie 5 et les dragons n'ont cette capacité ?

Mycroft opina en s'asseyant sur son lit pour détailler plus facilement la jeune femme à ses côtés.

- Et bien elle voulait qu'il soit coincé dans ce monde là car les créatures magiques sont très peu nombreuses. Ainsi il serait obligé d'apprendre à se contrôler et passer la majeure partie de sa vie sous forme humaine car il n'y a pas assez de fuite magique pour qu'il puisse régulièrement s'en sustenter. Elle l'a rendue mortelle car elle considère que ce genre de monstre devrait apprendre ce que c'est que de vieillir et mourir à petit feu, ainsi il pourrait apprécier la valeur de la vie et ne plus avoir envie de tuer seulement pour son propre plaisir. Puis elle l'a rendu fécond. Car elle était certaine que l'union d'un humain et d'un dragon était l'origine de la création de notre classe de sorcier, ceux de catégorie 5.

Mycroft se leva d'un bond en dévisageant Caprice, incrédule.

- Tu veux dire que la solution était seulement d'inséminer Sherlock et qu'il puisse absorber le pouvoir de son enfant ? On aurait pu faire ça y a des années !

- Si c'était si simple ! L'absorption prend énormément d'énergie ! Sur un nouveau né cela le tuerait… il faut attendre l'âge adulte pour qu'il y ait peu ou aucun risque. De plus on ne peut pas inséminer un dragon. Il y a énormément de condition pour qu'il puisse tomber enceint. Notamment le fait qu'il soit amoureux, ce que ma mère pensait quasiment impossible. Mais elle le lui souhaitait. Car si il éprouvait des sentiments, il serait fertile et créerait plus de sorcières, c'était sa théorie. Mais aucun cas précédent n'a jamais existé ! Alors comment pourrait-on être sûr que l'union humain/dragon formerait des sorcières et non pas quelque chose de dangereux ou un hybride étrange ? Je n'en savais rien, d'où le fait que je t'ai envoyé parler à Smaug.

Mycroft crispa sa mâchoire en faisant les cents pas dans sa chambre. Que répondre à tout ça ?

- Il m'a juste expliqué comment les dragons se reproduisaient entre eux, souffla l'homme en jouant avec sa montre à gousset en un geste nerveux. Les dragons choisissent de porter un enfant et ils ne se reproduisent pas, ils sont totalement asexués. Mais lorsqu'ils décident de porter, leur corps change afin de pouvoir délivrer un œuf au bout de 18 mois de maturation. Il m'a dit que si Sherlock pouvait effectivement être fécondable, sa grossesse serait certainement limité à 9 mois comme chez l'être humain et que l'enfant serait un mammifère vivipare.

- C'est déjà une bonne chose de savoir qu'il ne va pas se mettre à couver un œuf, sourit la jeune femme clairement amusé.

- Oh ça il ne me l'a pas promit ! Il m'a dit que les dragons étaient légèrement susceptible lors d'une grossesse et qu'au cas où, il valait mieux qu'on cache tout objet en or car il pourrait s'en faire un nid.

- T'es pas sérieux, pouffa Caprice.

- Moi si, mais savoir si Smaug l'était, là est tout le mystère. J'ai beau avoir un excellent sens de l'observation, je n'ai pas été suffisamment habitué à voir une face de dragon pour y déceler un sourire moqueur.

La jeune femme sourit avant de se mettre debout, prête à quitter la chambre.

- J'aimerais bien le rencontrer un jour, souffla t-elle.

- Je suis navré qu'il te tienne responsable de ce que ta mère a fait.

- Oh, ne le soit pas. Il a eut la bonté de m'envoyer dans le monde humain après l'avoir assassiné, cela aurait pu être pire.

- Quel âge as-tu, Caprice ? Osa enfin demander Mycroft.

La jeune femme lui fit un clin d'œil tout en se dirigeant vers la porte d'entrée de la chambre.

- Ce genre de chose ne se demande pas.

Elle quitta la pièce. Mycroft soupira en se rasseyant sur son lit alors que son portable bipait.

Je vais réfléchir à vos remerciements. Il me semble qu'il n'est pas très cordiale de les faire par SMS. GL

Sherlock ouvrit les yeux et les posa sur le visage détendu de John. Il fronça les sourcils en détaillant les traits de l'endormi, souhaitant comprendre ce qui le rendait aussi épris de son colocataire. Était-ce les rides sur ce front souvent froncés ? Était-ce ces yeux bleus marine doux et remplit de détermination ? Ou encore cette bouche tendre qui s'esquissait si souvent en un sourire lumineux ? Ou cette mâchoire qui se figeait dès qu'on insinuait qu'ils formaient un couple ? Ou ce cou où Sherlock avait pu observer le pouls de John battre si fort que la peau semblait pulser elle aussi ? Ou encore ce grain de peau tannée par ces années de guerre qui ne sembleraient jamais s'effacer de ce corps sublime ?

Sherlock s'ébroua en se disant qu'il était définitivement idiot. Il n'avait jamais ressenti d'intérêt pour un être humain, mais tout d'un coup John H. Watson était entré dans sa vie avec ses horribles pulls et ses attentions inquiètes. John et son sens du sacrifice. John et ses regards qui le faisait fondre. Comment son colocataire avait-il fait en sorte de prendre l'énorme bloc de glace qui était logé là où devrait être sa pompe sanguine pour le faire fondre en un sourire et un regard pour que le bloc se transforme en cœur doué de sensibilité ?

Sherlock essaya de se redresser mais son anus lui faisait mal, il grimaça. Ils avaient couchés ensembles deux fois en moins de 24h. Il avait l'impression que chacun de ses muscles n'étaient que souffrance. Sherlock siffla entre ses dents en essayant de bouger une de ses jambes. Il s'étira du mieux qu'il pu en essayant de ne pas réveiller son compagnon, une série de frissons le parcourant faisant courir sur sa peau blanche ses écailles cuivrés qui disparaissaient aussi vite qu'elles étaient apparus. Il allait devoir en parler à John. Il ne pouvait pas ignorer le besoin de lui dire. En plus d'être son colocataire, John était devenu son amant et maintenant qu'il était conscient du fait qu'il était tombé amoureux de l'homme, il ne pouvait plus lui mentir. Mais comment le lui annoncer ? N'allait-il pas perdre tout espoir de finir avec l'homme en lui annonçant qu'il était en effet un monstre, comme le rappelait si souvent Sally Donovan, car il n'était pas humain mais plutôt un énorme lézard volant avec des pouvoirs magiques extraordinaire ? Après ça, si John se mettait à le croire miraculeusement – même si il pouvait lui apporter quelques preuves pour soutenir ses propos – il devrait expliquer pourquoi il était coincé dans ce corps et dans ce monde. Ce qui voudrait dire qu'il devrait expliquer à John qu'au lieu de dévorer les sorciers et créatures démoniaques pour protéger Le Bien, il s'était mit à dévorer les créatures bénéfiques attirant les foudres d'une sorcière, la mère de Candice. Il devrait lui expliquer que son père Smaug avait arraché la tête de la sorcière avant de se rendre compte qu'il venait d'annihiler le dernier espoir de son fils pour revenir auprès de lui. Sherlock n'en était pas énervé. Son père avait toujours été un être au sang chaud au point qu'il avait détruit tout un peuple de nains pour couver sous des tonnes de pièces d'or, attendant patiemment de donner naissance à Sherlock. Ce dernier pouvait se rappeler de sa mise au monde. Il avait été dans un œuf cuivré et il l'avait cassé avec la pointe d'une griffe. Puis il avait sorti sa gueule, ses yeux s'ouvrant sur une pluie étincelante de trésor doré. Puis il avait vu une créature humanoïde aux grands pieds poilus parler à son père, le flattant d'être le Grand Smaug. Celui-ci avait comprit que l'être – le Hobbit sut Sherlock plus tard – ne le flattait que pour s'emparer d'une pierre étrange. Puis son père avait été recouvert d'une cascade d'or et il lui ouvrit sa poche ventrale pour que Sherlock, tout juste nouveau né, puisse être protégé avant de voler jusqu'à un village où Smaug déclencha sa colère. Puis son père avait été chassé par les humains à coup de carreau noire, Smaug sautant dans un autre monde à temps avant que le carreau maudit ne se plonge dans son cœur.

Sherlock soupira alors qu'il fixait le nez de John qui se plissait. Son blogueur devait rêver. Sherlock se recoucha à ses côtés et étendit ses bras vers le corps étendu à ses côtés esquissant un sourire alors qu'il sentait John se retourner sur le côté pour finir par se recroqueviller et prendre place contre le torse de Sherlock qui pu déposer sa tête contre l'oreille du médecin. Le dragon soupira de plaisir.

- Je t'ai…

- Non.

Sherlock se contracta en se dégageant du corps de John qui fini par se retourner, ses yeux papillonnant face à la lumière du soleil qui agressait ses iris malgré les lourds rideaux qui filtrait la clarté. John attrapa Sherlock par les hanches avant de poser son front sur celui du dragon qui grimaça.

- Ne le dis pas s'il te plaît, souffla John contre les lèvres de son amant.

- Tu n'as pas le droit de me demander ça John.

- Et tu n'as pas le droit de me forcer à l'entendre.

- Qu'est ce que ça va changer ? Tu le sais déjà de toute façon.

John se détacha de Sherlock en fronçant les sourcils d'incompréhension.

- Jusqu'à très dernièrement tu te comportais comme un être arrogant sans cœur qui utilise les être-humains comme des jouets… des jouets tout à fait remplaçables.

- Tu ne devrais pas te sentir honorer que ce n'est pas le cas avec toi ?

- Je n'ai jamais été remplaçable à tes yeux, depuis notre première rencontre.

Sherlock chercha à comprendre où John voulait en venir. Car l'homme ne lui avait pas posé de question, s'en était pas une, juste une observation. Une terrible observation qui montrait à quel point Sherlock était foutu et avait été attiré par John comme un insecte face à une magnifique flamme. Le dragon se brûlait les ailes à ses côtés… s'en était ridicule.

- J'ai un secret John.

Ce dernier tressauta. Il pensait que Sherlock allait se défendre ou essaierait de parler de nouveau de ses satanés sentiments. John n'était pas sans cœur, il savait que son ami ressentait pour lui des sentiments qu'il n'avait jamais ressenti et qu'il serait capable de ne plus jamais ressentir. Mais John ne se sentait pas prêt. Pas prêt à l'écouter ou à devoir se conforter à ses propres sentiments. C'était horriblement frustrant et effrayant. John décida donc de relever les yeux vers ceux de Sherlock qui semblait être effrayé au plus haut point.

- Je t'écoute.

- Je pense que tu voudras plus jamais entendre parler de moi quand je te l'aurais dis.

John fronça les sourcils. Est-ce que cela pouvait être aussi terrible ?

- J'ai accepté l'addict à la drogue, le sale arrogant, le musicien dérangé et le manipulateur cinglant. Je crois que tu pourras jamais me faire partir, rit John.

Ce dernier remarqua une crainte étrange dans les yeux de Sherlock. Il comprit sans que le détective n'ait quoique ce soit à dire.

- Je n'ai pas peur de toi, Sherlock.

John vit Sherlock déglutir et il fixa ses yeux qui le firent sursauter. Les pupilles de Sherlock venait de s'allonger en une fente verticale. John ouvrit la bouche stupidement alors qu'il voyait une paupière translucide se fermer sur l'œil toujours ouvert de Sherlock à la manière d'un crocodile. La seule chose que John réussit à se dire était que Sherlock avait une paupière interne… une paupière INTERNE ! John n'avait jamais cru aux iluminatis et à la conspiration des reptiliens mais en une seconde il se demanda si le gouvernement ne cachait pas aux seins de la population ces reptiles aussi intelligent et arrogant que Sherlock…

- Respire John.

- Tu… Tu… Qu'est-ce que… D'autre que… Toi ?

Sherlock laissa ses yeux reprendre une apparition humaine avant de dévisager John avec incompréhension. Est-ce que John était réellement en train de lui demander si y avait d'autre être comme lui ? Sherlock se leva du lit, montrant son dos au blogueur, n'osant pas le regarder. Il se crispa en soufflant par le nez, des sillons de fumées sortant de ces orifices nasaux.

- Je ne suis pas humain. Je suis ce qu'on appelle un dragon et j'ai été châtié de mon monde et envoyé dans un corps humain. Je suis le seul être comme ça.

John opina sachant pertinemment que Sherlock ne pouvait pas voir sa réaction. Il était hébété. Il ne savait tout simplement pas quoi dire.

- Tu… Tu as dis un corps humain… ce corps n'est pas le tien ?

John avait l'impression d'avoir été berné. Venait-il de baiser le corps d'un autre sans son autorisation ? Depuis quand Sherlock était-il dans ce corps ? Qu'est-ce qu'il venait de faire ? Qu'est-ce qu'il avait fait dans une autre vie pour mériter celle-là au juste ?

- Ce corps a été crée pour moi. Il m'appartient. J'ai été comme réincarné. Je suis dans ce monde et dans ce corps depuis 35 ans. Ce corps n'appartenait à personne avant moi.

John opina une nouvelle fois en respirant plus tranquillement. C'était déjà quelque chose de rassurant que de savoir cela. Il se leva incertain de la marche à suivre. Il avait dit à Sherlock que rien ne pourrait lui faire peur, mais à vrai dire, en cet instant, il craignait ce que cette révélation allait changer. Il vit le dos de Sherlock être parcouru de frissons et sans même réfléchir il se retrouva à se coller à ce dos, sa tête reposant entre les omoplates de Sherlock, ses bras serrés étroitement contre les hanches du détective.

- Tu es gelé, souffla John.

- Je suis un reptile, je me refroidis très vite.

- C'est à cause de ça toutes ces écharpes et ces longs manteaux ? Sourit John doucement en fermant les yeux.

Sherlock se retourna afin de déposer ses lèvres sur celle de son amant qui se dégagea gêné.

- Je ne suis pas sûr d'accepter ça, Sherlock.

- Je comprends, soupira ce dernier en fermant les yeux de douleur.

- Est-ce que tu peux changer autre chose que tes yeux ? Demanda soudainement John pour changer de sujet en se rallongeant dans son lit pour se recouvrir.

- Oui… Tu veux voir ?

John opina alors Sherlock laissa ses écailles apparaître. Il avait moins froid grâce à la peau épaisse que lui offrait sa condition de dragon. Il vit les yeux de John s'écarquiller en un visage où transpirait la fascination mêlée à la crainte. Sherlock fronça les sourcils en une grimace concentré alors qu'il faisait sortir ses ailes sous le sourire incrédule de John.

- Tu peux voler ?

- Pas sous cette forme. Lorsque je me transforme complètement, oui.

John fit signe à Sherlock pour qu'il s'assoit sur le lit. Il remarqua que les yeux de Sherlock étaient de nouveaux avec la pupille verticale mais cette fois cela ne le gêna pas. Il déposa ses doigts sur la peau écaillée du visage de son amant avant de les descendre jusqu'au cou, les épaules puis sur les longues ailes qui étaient replié dans son dos.

- J'aimerais voler, souffla John.

- On pourrait voler ensemble.

John releva son regard vers les yeux remplis de tendresse de Sherlock.

- Un jour, promit John.

Sherlock se passa la langue entre les lèvres découvrant son appendice buccale reptilien. John sursauta en l'apercevant avant de grimacer en une moue dégoûtée.

- Ne me dis pas que tu m'as embrassé avec ça.

- Tu l'as préfère à l'humaine.

John grimaça encore plus en se frottant la bouche.

- Non ça c'est carrément dégueulasse Sherlock ! Si j'avais envie de rouler une pelle à un serpent je l'aurais fais il y a bien longtemps !

- Tu laisserais un serpent te lécher… partout où je l'ai fais ?

John gémit de frustration en se roulant en boule.

- Tu n'as pas osé. Pas avec ça.

- Ça comme tu dis si bien, c'est ma langue John. Ma vrai langue.

- Désolé mais c'est trop pour moi.

Sherlock prit un air pincé en retrouvant son apparence humaine d'un seul coup.

- Oui parce que les ailes, les écailles et les paupières internes ce n'est rien mais par contre une langue fourchue c'est impardonnable.

- Tu as mis cette langue fourchue sur des zones intimes Sherlock !

- Et toi tu as baisé un dragon !

John se mordit la langue pour ne pas rire. Sherlock venait de marquer un point. Il préféra faire un signe de la main en s'habillant précipitamment.

- Nous n'allons pas passer notre journée au lit, se contenta t-il de dire.

- Tu as raison, souffla Sherlock en s'habillant à son tour. Au moins plus personne n'aura à avoir peur de lâcher la bombe.

John se crispa.

- Tout le monde est au courant ?

- Oui, même Candice. Elle est spéciale elle aussi. Une sorcière. Une bonne sorcière. L'histoire draconitique est un peu trop compliqué pour qu'on en parle maintenant.

John opina.

- Tu as raison. J'ai déjà beaucoup d'informations à digérer. Restons en là.

Sherlock opina à son tour.

- Je te remercie de m'avoir fais confiance, Sherlock. Mais je pense que cela redéfini ce que nous étions en train de faire… J'avais déjà du mal à me dire qu'il était pardonnable que je couche avec mon colocataire. Je pense que je n'arriverais pas à me faire à l'idée de coucher avec mon dragon de colocataire.

Sherlock acquiesça une nouvelle fois, le cœur lourd.

- Je comprends.


VOILAAAAAA ! J'espère que cela vous a plu ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, ça fait toujours plaisir ;) Et ça motive à fond !

TJSC