John restait statique, ses yeux traînant sur les gorilles qui avaient ramené un coffre dans la chambre de Sherlock. Puis lorsque la porte de l'appartement sembla claquer, une dernière fois, John se précipita jusqu'à la chambre de son ami qu'il retrouva dans son lit, un sourire ravi aux lèvres alors que des centaines de pièces d'or le recouvrait à moitié.
- Mon dieu, c'est quoi ça ? Geignit John.
Sherlock ouvrit les yeux avant de se figer face à l'expression de détresse et de désarroi de John.
- Quelque chose ne va pas, John ?
- Quelque chose ne va pas, quelque chose ne va pas, répéta le médecin choqué, d'après toi Sherlock ?! Bordel tu es allongé et entouré de pièces d'or et ton frère vient de m'annoncer qu'il est quasiment certain que tu es enceint… ENCEINT ! Non mais… Tu me l'aurais dis si il y avait un risque… Tu me l'aurais dis Sherlock ?!
Ce n'était pas vraiment une question… Sherlock se figea car il percevait clairement l'attitude de John comme une menace. Inconsciemment son instinct lui dicta de recouvrir son ventre de ses mains en grognant, une volute de fumée sortant de sa bouche. Lorsqu'il se rendit compte de ce qu'il venait de faire, le détective écarquilla les yeux, surprit avant de s'excuser.
- Je pensais honnêtement que ma famille blaguait… Je n'ai jamais entendu de cas comme ça de toute ma vie et j'ai vécu un demi-millénaire avant d'être coincé dans un corps humain et dans la vie… mortelle… Mais j'ai quand même eu un doute et c'est pour ça que je t'ai demandé que l'on se protège…
- Mais… mais… Il y a des risques Sherlock ! Sans préservatif il y a des risques !
- Avec aussi, si je ne me trompe pas.
John leva les yeux au ciel. Était-ce réellement le moment de parler de l'efficacité des contraceptifs ?
- Là n'est pas le problème Sherlock !
- Au moins cela m'apprendra, répondit le détective en grimaçant, il ne faut jamais croire que « fais moi confiance » est un moyen de contraceptif suffisant.
- Sherlock !
- John ! Cria Sherlock en imitant l'air agacé et effaré de son amant.
- Je ne peux pas avoir d'enfant avec toi.
Sherlock se figea.
- Parfait… Je l'aurais seul. Tu peux partir dès aujourd'hui comme ça tu ne seras pas témoin de… l'évolution.
- Tu vas le garder, souffla John incrédule.
- Les dragons sont des créatures magiques et je me vois difficilement expliquer à un médecin que moi… Sherlock Holmes… ayant une apparence humaine d'homme je puisse avoir un enfant… je ne sais même pas si il est possible que je puisse l'avorter.
- Si c'était possible, tu le ferais ?
- Non.
- Pourquoi ?
- Parce que j'ai cinq cent trente cinq ans et que je ne suis plus immortel. Ma seule façon de l'être encore un peu est de laisser cet enfant derrière moi.
John le dévisagea avec désapprobation.
- C'est égoïste !
- Plus égoïste que toi fuyant parce que tu refuses d'assumer la conséquence d'acte sexuel ? Je te rappellerais qu'il faut deux partenaires au minimum pour la fécondation.
- Je te rappellerais que jusqu'à il y a un quart d'heure, il fallait que ces deux partenaires soient un homme et une femme.
Sherlock grimaça en fronçant les sourcils.
- Va t-en, j'aimerais rester seul.
John opina et décida d'aller faire un tour. De toute manière cela ne pourrait être que bénéfique… Il avait besoin de penser à ce qu'il n'avait jamais imaginé possible : avoir un enfant avec son dragon de colocataire.
Mycroft arriva chez lui, ses mains crispés à son parapluie. Il grimaça en reconnaissant la chevelure argenté de l'homme qui faisait les cents pas devant la porte de son appartement. Le politicien resta statique, le dos droit, son parapluie s'incrustant au sol sous son poids traduisant la nervosité et la colère du rouquin.
- Je vous ai déjà fait raccompagner par la sécurité de mon bureau, ne me faites pas appeler quelqu'un d'autre pour vous foutre dehors, Inspecteur.
Greg sursauta en se retournant pour faire face à Mycroft qui était visiblement toujours en colère.
- Je n'ai même pas eu le temps de m'expliquer avant que vos gorilles me jettent dehors… Laissez moi le temps de vous parler.
- Je n'ai pas le temps, je suis un homme occupé. Maintenant partez.
Gregory laissa Mycroft le dépasser afin qu'il n'ouvre la porte de son appartement, laissant l'inspecteur immobile sur le pas de la porte. Greg vit que Mycroft n'avait pas fermé la porte à clef derrière lui, alors il décida de rentrer sans même frapper.
Le politicien se retourna pour voir la tête du policier sortir de l'embrasure de sa porte d'entrée, incertain.
- Ne m'obligez pas à demander un mandat pour vous parler cinq minutes, gémit Gregory.
- J'aimerais bien vous voir essayer… J'ai de très bonnes relations qui vous empêcheraient ne serait-ce que de le demander.
Gregory grimaça, il n'avait pas pensé à ça. Finalement il rentra dans le couloir de Mycroft, refermant la porte derrière lui.
- Je me suis mal exprimé et j'ai été un gros con ce matin… Je m'en excuse. Vous avez seulement voulu m'aider et j'ai été surpris et je suppose que mon corps n'avait pas encore fini d'assimiler tout l'alcool que j'avais bu la veille.
Mycroft tourna son visage pour fixer le mur plutôt que l'air penaud de Gregory. Il avait autre chose à penser : comme son frère et sa très forte possibilité d'être engrossé. Mon dieu, qu'est-ce qui allait se passer ? Comment expliquer que Sherlock allait mettre au monde un enfant ? Comment le cacher ? Et si l'enfant ressemblait aux deux hommes ?
- Je n'ai pas le temps pour ça, fini par dire Mycroft. J'ai des soucis familiaux bien plus important que vos petites crises existentielles.
Gregory se crispa, la mâchoire bloquée en une grimace.
- Ok si vous n'avez pas envie de me pardonner, je n'y peux rien, mais ce n'est pas une crise existentielle ! Je sais ce que je suis et je sais ce que je ne suis pas.
- Vous n'êtes pas gay, je l'ai bien compris, merci pour l'information, maintenant dégagez !
Mycroft n'en pouvait plus. Il avait seulement voulu remercier Greg pour ce qu'il avait fait pour Sherlock toutes ses années, à la base, comment en était-il arrivé à crier sur l'inspecteur et que celui-ci le regarde avec les yeux flambant de rage ?
- Non ! Hurla Greg. C'est pas ça la question ?! Je ne suis pas homophobe !
- J'ai jamais dis que vous l'étiez !
- Non mais à cause de ce que j'ai dis ce matin, vous auriez toutes les raisons de le penser.
Gregory s'était calmé… le visage tourné vers ses pieds, n'osant plus regarder le politicien.
- Alors c'est ça ? Reprit Mycroft glaciale. La seule et unique raison que vous soyez ici c'est parce que vous avez peur que je vous prenne pour un homophobe ? Vous êtes ridicule Lestrade. Seuls les actes comptent et en vue de votre façon d'agir… vous n'arrangez pas votre cas. Maintenant j'aimerais que vous partiez de mon appartement et nous en restons là ! Je continuerais à vous ignorer et passer par mes employés pour vous communiquer les informations nécessaires pour la bonne coordination entre les forces de police et Sherlock, et de votre côté vous ne m'ennuyez plus et vous DÉGAGEZ !
Gregory sentit la rage chatouiller ses entrailles alors qu'il avançait à Mycroft à grand pas jusqu'à se tenir face à face avec le politicien, son visage le brûlant à cause de la colère implacable qui le taraudait. Il empoigna le col de Mycroft qui ferma les yeux en croyant qu'il allait se faire frapper.
- Si seul les actes comptent, bonne chance avec ça, siffla Gregory avant de plaquer ses lèvres contre celles de Mycroft.
Ce dernier haleta alors qu'il sentait les lèvres de Gregory contre les siennes, avant qu'une langue n'essaie de se frayer un chemin jusqu'à sa bouche. Mycroft ouvrit les yeux, les écarquillant alors que la panique le prenait. Il repoussa Gregory avec plus de force qu'il ne l'eut cru et il lui hurla au visage.
- Sous prétexte que je suis homosexuel, il est d'usage de m'embrasser ? Allez vous faire foutre Lestrade et si vous ne sortez pas d'ici immédiatement, je détruis votre carrière et je porte plainte pour agression sexuelle, compris ?!
Greg se releva, ses mains et ses fesses lui faisant atrocement mal, il n'avait pas imaginé que Mycroft ait autant de force et qu'il puisse le faire tomber. Le policier dévisagea le politicien qui semblait être à deux doigts de faire une crise de nerf. Greg se détesta alors qu'il se dirigeait vers la porte d'entrée de l'appartement de l'aîné Holmes, lui adressant seulement un hochement de tête pour montrer qu'il s'en allait. Mais qu'est-ce qu'il lui avait prit ?
Mycroft recommença à respirer lorsqu'il entendit la porte d'entrée claquer. Il inspira bruyamment et essaya de se contrôler sur ses tremblements pour les inciter à les faire cesser. Mais son corps était parcouru de secousses et il n'arrivait plus à respirer correctement… Il faisait une crise de panique. Mycroft prit son portable d'une main tremblante, appuyant sur le raccourci numérique qui appelait Caprice. Il entendit la jeune femme décrocher et lui parler, mais il était incapable de faire le moindre son. Heureusement la sorcière comprit ce qu'il se passait et au bout de 10 minutes, elle était à ses côtés à le prendre dans ses bras, le berçant doucement. Mycroft se raccrocha au col de la jeune femme, ses yeux écarquillés reprenant leurs aspects normaux, ses joues rouges perdant doucement de leur couleur et son souffle se calmant.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda simplement Caprice en passant sa main dans les cheveux du politicien.
- Gregory.
- Il t'a touché ?
Mycroft opina en resserrant son étreinte sur la jeune femme.
- Il n'est pas lui… Il ne te fera rien.
Mycroft soupira d'aise en sentant l'odeur familière et rassurante de la peau brune de Caprice, se laissant aller dans ses bras. Au final, il suivit la jeune femme jusqu'à son salon où ils purent s'asseoir sur le sofa, parlant d'autre chose afin que Mycroft puisse oublier ce qu'il venait de se passer… Il détestait se sentir aussi faible.
- Sherlock est enceint, fini t-il par dire à Caprice.
- Oh… Tu en es sûr ?
- Non… J'avais besoin de retourner voir Smaug pour lui demander son avis mais… il commence à couver. Il cherche de l'or et reste terré dans son lit.
Caprice eut un sourire amusé.
- A t-il commencé à avoir son odorat plus acéré ?
- Qu'est-ce que j'en sais ? Je ne vis pas avec lui ! Il faudrait demander à John… mais je pense pas qu'il sera disponible intellectuellement pour répondre à quoi que ce soit avant un petit moment…
- Oui je suppose qu'il doit d'abord digérer la nouvelle. Apprendre en une semaine que ton amant est un dragon et qu'il porte ton enfant… ça doit faire beaucoup.
Mycroft sourit en avisant le visage hilare de son amie.
- Tu sais que tu n'es pas censé te moquer ?
- Si je peux me moquer tant que j'aide et je vais aider. Ne déranges pas Smaug pour si peux, je te ferais parvenir des caisses d'or des autres mondes et je te donnerais des conseils sur l'avancé d'une grossesse draconienne. J'en ai appris suffisamment auprès de ma mère. Après celle de Sherlock peut être différente puisqu'il est… dans un corps humain et que son enfant est en parti humain.
Mycroft opina.
Caprice se leva du sofa pour préparer deux thés, laissant le politicien un peu seul. Elle se doutait que l'homme avait besoin de se ressaisir complètement et qu'il avait besoin de solitude pour cela. Elle soupira en se disant qu'il allait falloir qu'elle botte le cul d'un agent de police… Est-ce qu'elle allait écoper d'un emprisonnement pour avoir giflé l'inspecteur ou pour avoir mis – accidentellement – feu à sa veste ? Mmh… peut-être que le dernier point était un peu trop sévère.
Caprice prit deux tasses et ramena le tout vers Mycroft qui prit la sienne avec un sourire.
- Tu as pas trop de mal à t'habituer aux nombres incalculables de tasses de thé que nous buvons ? Demanda le politicien avec un sourire.
- C'est vrai qu'aux États-Unis nous n'en buvons pas… en tout cas pas autant… nous sommes plus friand de café. Mais j'apprécie le fait d'en boire avec un ami.
Mycroft opina en buvant une petite gorgée.
- Tu veux en parler ?
- Non.
- Il ne va pas comprendre pourquoi tu as réagis comme ça.
Mycroft haussa des épaules.
- On n'embrasse pas un homme gay pour prouver qu'on n'est pas homophobe.
- Oui bien sûr c'est évidemment ça qui t'a mit dans cet état… pas le fait que tu ais été…
- Caprice !
La jeune femme déposa sa tasse dans sa soucoupe, prenant celle de Mycroft dans ses mains pour la poser à son tour, prenant les mains du politicien dans les siennes, souriant tendrement.
- Tu ne peux pas laisser ça cacher toute ta vie.
- Ça a gâché toute ma vie. Je ne peux même pas être touché sans faire une crise de panique.
- Je te touche les mains et tu ne paniques pas.
Mycroft leva les yeux au ciel en reprenant ses mains.
- Ce n'est pas un contact intime, ce n'est pas pareil.
Caprice s'approcha du visage de son ami et déposa ses lèvres doucement sur celles de l'aîné qui la dévisagea avec incompréhension.
- Tu vois… aucune panique, lui sourit Caprice. Il suffit juste que tu ais confiance en la personne et qu'elle reste douce.
Mycroft pinça ses lèvres toujours surprit. Il n'avait jamais été embrassé par une femme et le contact lui avait réchauffé le cœur. Caprice était plus qu'une amie pour lui, mais une sœur, celle qui ne le jugerait jamais et le soutiendrait toute sa vie.
- Et au sujet de Sherlock, si tu as la moindre question, appelle moi et je te répondrais.
- Y a un moyen de stopper la grossesse ?
- Oui… Qu'il devienne humain.
Mycroft soupira en se pinçant l'arête du nez.
- Pour ça il faut qu'il absorbe les pouvoirs de la seule sorcière de niveau 5, toi.
- Et connaissant les dragons, je pense que Sherlock refusera d'abandonner sa grossesse, rit la jeune femme.
- Pourquoi ?
- Lorsqu'un dragon est enceint… il est très attractif. Sherlock va attirer l'humanité jusqu'à ses pieds… C'est quelque chose de normal et de naturel quoi qu'assez flippant… Tout les être-humains qui voudront s'approcher de lui voudront… se coller à lui pour leur apporter sa chaleur, ou leur apporter tout objet brillant – de préférence de l'or et les être magiques se précipiteront jusqu'à chez lui pour être dévoré… Du coup je ne peux plus me retrouver dans la même pièce que Sherlock… en tout cas pas tant qu'il n'a pas dépassé le cinquième mois.
- Pourquoi est-ce qu'il attire autant ?
- Les dragons ont besoin de plus de chaleur et d'énergie car leur grossesse est très éprouvante. Comme je te l'avais dis, les dragons sont asexués à part lorsqu'ils décident d'enfanter… la création de leur utérus et de leur vagin est un processus très long qui coûte énormément d'énergie dans leur corps.
- Sherlock va avoir un utérus et un vagin, souffla Mycroft mi-amusé mi-surprit.
- Oui il va perdre ses attributs masculins… il faudrait peut-être prévenir John pour qu'il n'en soit pas surprit.
- Je ne pense pas que John va vouloir retoucher à mon frère après ça de toute façon.
Caprice bu une gorgée de son thé avec un sourire en coin.
- Si tu savais à quel point certaines personnes peuvent être attiré…
- Tu veux dire que Sherlock va l'attirer sexuellement encore plus fortement que ce n'était le cas ?
Caprice opina.
- Je ne peux pas être sûr à 100 % comme je te l'ai dis, il n'y a aucun cas précédent celui de Sherlock et… les dragons sont seuls normalement pour enfanter. Là Sherlock est avec John, un John qui d'après les œillades perverses lors de notre petite semaine de vacances… semble tout à fait attiré sexuellement par ton frère à la base. Ses hormones agissent comme un amplificateur… oh mais toujours très positif ! Les personnes qui le détestent ne vont pas plus le détester, ne t'inquiètes pas.
Mycroft secoua sa tête avec dépit.
- Mon frère est enceint de son colocataire, laisse moi m'inquiéter.
Caprice sourit avant de finir sa tasse et décider de s'en aller. Elle avait un inspecteur à aller voir.
Voilà pour la suite qui est plus court que d'habitude, navrée !
TJSC
