Kanojo – Chapitre VI

Je pensais que tout allait bien alors que la descente aux enfers ne faisait que commencer.

Moi et Kiyoshi avions passé le week-end au lit, on n'avait pas fait grand chose à part manger, devoir, dormir... Et bien entendu du sexe. Qu'était bien meilleur que ce que je m'étais imaginé. À moins que ce ne soit lui qui soit doué, il faut dire qu'il est bien proportionné, j'avais pu le constaté durant tout le week-end. J'avais aussi pu voir que même si je lui interdisais les mots d'amour ce grand imbécile ne s'en privait pas. Qu'est-ce qu'il n'a pas compris dans sex friends ?

J'avais finis par rentré chez moi le lundi matin pour prendre mes affaires de cours, c'est là que j'ai trouvé ma mère tranquillement installé dans le salon, fumant et lisant le journal. Scène tout à fait banale. Je ne m'attendais cependant pas à ce qu'elle lève les yeux sur moi pour me demander si on se protégeait. Je ne comprenais pas et je le faisais savoir, comment pourrait-elle être au courant... C'est là qu'elle me rappelle que les murs sont fin avec un sourire carnassier que je connais bien. Quand on dit que le gland ne tombe jamais bien loin de l'arbre... Je fais mine d'être gêné tout en partant dans ma chambre. Quelle mère indigne, elle sait que je me tape un mec, enfin plutôt l'inverse, et c'est tout l'effet que ça lui fait ? En plus non, on ne se protège pas... On n'y a pas vraiment pensé en fait. Mais est-ce que ça ne ferait pas plus mal ? J'ai déjà les hanches en compote... Et puis ce n'est pas comme si on allait voir ailleurs.

C'est ce que je pensais, naïf que je suis.

Plus tard, au lieu de retourner directement chez moi comme j'en ai l'habitude, je fais un petit détour vers l'école de Kiyoshi, pas du tout pour le voir, simplement je me promène comme par hasard par là-bas. Et c'est en l'apercevant que la dure réalité m'a rattrapé. J'ai fais demi-tour, de toute façon je n'étais pas venu le voir. Simplement, je l'ai quand même vu, de loin, avec une fille, il discutait tranquillement avec, son sourire béa aux lèvres et il avait clairement l'air de lui plaire... Je suis trop con franchement, qu'est-ce que je m'imaginais ? Évidemment que je ne suis pas la seule personne qui existe pour lui ! Évidemment qu'il a le droit d'avoir autant d'amis qu'il veut ! Évidemment il peut même avoir une copine, parce que nous ne sommes que sex friends !

Je rentre chez moi, où il n'y a personne, et vais me coucher directement. J'ignore ses appels et sms. Je l'ignore même quand il vient toquer à la porte. Je n'ai pas envie de le voir, laisse moi tranquille...

Le lendemain, même si je suis un élève plutôt studieux, je ne suis pas aller en cours, je n'en avais pas envie. Je n'avais envie de rien. Je suis resté dans mon lit toute la journée, quand ma mère m'a demandé ce que j'avais, je lui ai répondu que j'étais malade, elle a rigolé, se foutant outrageusement de ma poire. Elle avait bien compris, l'intuition féminine est parfois effrayante.

Ce n'est que bien plus tard que j'entendis vaguement une discussion entre ma mère et ce qui me semblait être la voix de Kiyoshi. Mince, elle l'a laissé rentrer. Je crois bien que je ne peux pas fuir, à la limite me cacher dans l'armoire mais... Faudrait la vider avant. Je n'ai pas le temps. Et la flemme, de toute façon il va bien finir par me tomber dessus à un moment ou à un autre, je ne peux rien y faire. Il est pire qu'un pot de colle. Je l'entends entrer dans ma chambre et s'asseoir sur mon lit alors que je suis dos à lui, fermé à toute discussion.

"Alors ? Parait que t'es malade ?"

"Hmm..."

"Qu'est-ce qui t'arrive ? Ce n'est pas ton genre d'être absent pour rien..."

Ouais, je suppose que je n'ai pas du tout l'air malade et il a dû avoir une discussion avec ma mère qui plus est, allez savoir ce qu'elle lui a raconté. Je me redresse pour le regarder. Mais ce n'est pas comme d'habitude. J'ai un poids sur le coeur dont je n'arrive pas à me débarrasser.

"Arrêtons-là cette comédie, Kiyoshi, ça ne peut pas durer, soyons amis, juste amis, c'était bien. C'était mieux."

J'ai l'impression d'essayer de me convaincre moi-même, je ne me suis jamais senti aussi pathétique de toute ma vie. Mais je ne peux pas continuer ainsi, sinon ça ne fera qu'empirer. Je l'entends soupirer alors que j'ai déjà baissé les yeux, mes mains s'étaient agrippé à ma couverture sans même que je m'en rende compte. J'attendais sa réponse comme s'il allait rendre la justice divine.

"à quoi tu penses vraiment, Makoto ? Tu sais que tu peux tout me dire..."

"Je pense qu'un de ces jours tu vas te rendre compte que tu n'as rien à faire avec moi, tu te trouveras une jolie petite copine, tu m'abandonneras et je serais seul..."

Mince... Quand il a dis que je pouvais tout lui dire, c'est sortis tout seul. Je ne voulais pas lui dire tout ça. Je ne voulais pas qu'il le sache. Je me sens tellement ridicule même si tout ça est vrai, il a beau dire qu'il m'aime, un jour il se rendra compte de son erreur et il me laissera à son tour, ce serait tout à fait normal... C'est alors qu'il me prit dans ses bras, me serrant doucement contre lui.

"C'est vraiment ce que tu penses ? Alors... Si tu me dis les mots que je veux entendre, j'accepte de t'appartenir. Tu auras le droit de me tuer si je t'abandonne un jour."

J'allais lui répondre que j'étais incapable de le tuer de toute façon mais en fait si. Complètement. Je lève mon regard vers lui en me demandant ce qu'il veut entendre mais ne tarde pas à comprendre vu son air de petit chien attentif. Il est bien lui, comme si j'étais capable de dire un truc aussi gênant...

"Je... Ne te déteste pas."

"Non, pas de texte détourné, dis le clairement..."

Qu'est-ce qu'il a ce type, il pourrait accepter ça, il ne comprend pas à quel point il m'est impossible de dire ça ? Je lui donnerais trop de pouvoir sur moi, mon coeur pourrait d'effriter à la moindre parole blessante, alors que moi je passe mon temps à la blesser.. Pourquoi faut-il que ça se passe comme ça ?

"Bien sûr, si tu ne veux vraiment pas le dire, je suis d'accord pour aller voir ailleurs, te laisser tranquille, trouver une fille avec des gros seins qui sera sans doute largement mieux que-"

"C'EST BON, J'AI COMPRIS ! JE T'AIME, OK ?! JE T'AIME !"

Merde... ça m'a tellement énervé de l'imaginer avec quelqu'un d'autre que finalement c'est sorti tout seul. Je cache un peu mon visage avec mon bras alors que je rougis beaucoup trop à mon gout. La honte. Lui, il sourit. Il est heureux. Aux anges.

"Je suis à toi alors !"

Il retire doucement mon bras pour venir m'embrasser avec tendresse. On se demande vraiment qui appartient à qui...

( Ceci est officiellement mon chapitre préfèré ! x) Mise à part ça, j'aimerais que vous me disiez de quelle autre couple vous lisez des fanfics ? Merci ! )