Farce organisée : Je déteste Halloween
Les déguisés : Edward & Bella
Charte de l'HalloweenParty : La saga Twilight et les personnages utilisés dans cet OS sont la propriété de Stephenie Meyer. Le thème du concours appartient à OSContestTwilight mais le contenu et l'ambiance de l'OS sont de ma responsabilité.
Pour participer au concours ou lire tout simplement les OS, rendez-vous sur le Pen Name du concours : OsContestTwilight et choisissez l'histoire : HalloweenPartyContest
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Blabla : Bonjour à tout le monde ! Alors, juste pour vous prévenir : c'est mon premier écrit concernant ce couple, que j'apprécie moyennement d'habitude (posez ces tomates pourries), mais je veux surtout vous prévenir d'un point : le contenu de cet OS est très sombre, un peu bizarre, glauque sûrement et je vous avoue que je ne me reconnais pas du tout dedans et qu'il me dérange presque un peu ! Enfin voilà... Bonne lecture
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Je déteste Halloween.
« Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours détesté cette fête. J'ai mes raisons, à vous de juger si elles sont bonnes ou mauvaises. J'aurais pu faire partie de ces adolescentes qui adorent organiser de grandes fêtes à thème le soir du 31 Octobre. J'adore organiser des fêtes, mais certainement pas Halloween
Et pourtant, chaque année je suis contrainte d'y participer. Mon aversion pour cette… idiote fête, remonte à mes 4 ans peut-être. Oui, c'était en 1995. J'étais toute excitée à l'idée de manger plein de friandises en tout genre, me gaver de bonbons jusqu'à ce que mes dents me fassent mal, me goinfrer de chocolats jusqu'à ce que mon ventre explose et parader dans la rue dans mon beau déguisement de sorcière. Tout aurait pu être parfait, le pire aurait pu être évité mais non. Mon frère et notre cousin, Emmett et Jacob, étaient déjà de sombres crétins. Il faut dire qu'ils sont bien plus âgés que moi, ils avaient alors 16 et 17 ans.
Ils devaient aller à une soirée costumée, qu'ils attendaient depuis longtemps. Mais mes parents étant en voyage d'affaires, ils avaient demandé à Emmett de me garder ce soir-là et de me faire faire le tour du quartier. Solidarité oblige, notre cousin était également resté. Ils m'en voulaient, mais ce n'était pas de ma faute ! Ils ont bien rempli leur rôle au départ, m'emmenant, moi, la petite sorcière toute joyeuse, de maison en maison, remplissant mon sac au fur et à mesure, avec plus de succès que la plupart des enfants parce que tout le monde me trouvait vraiment trop mignonne.
Ce fut après que le cauchemar commença.
Les deux garçons avaient obtenu l'autorisation des parents d'inviter quelques amis à la maison ce soir-là, pour regarder un film, à condition que je sois couchée. Mais moi je n'avais pas envie de me coucher ! Je voulais manger mon butin. J'ai fait un caprice, je l'avoue, mais que voulez-vous ? J'avais 4 ans. Je me souviens très bien de leurs paroles :
« OK, Bella. Tu peux rester avec nous, on va regarder un film ça va être drôle ! ».
Si leur but était que je ne leur demande pas l'année suivante de passer la soirée avec eux, ça a parfaitement fonctionné. Je ne leur ai rien demandé pendant au moins 5 ans. J'ai refusé de fêter Halloween pendant 5 ans. Après quoi, j'ai été invitée par des amies, et pour ne pas les vexer j'ai accepté. Mais revenons-en au traumatisme de départ.
D'abord, je me suis cachée dans les jupes de mon frère, si je puis dire, parce que leurs amis me faisaient peur en arrivant. Ils étaient tous déguisés, mais à l'époque, Jacob m'avait chuchoté « Ce sont de vrais monstres, ils ne sortent qu'à Halloween. Mais il ne faut pas le dire à tes parents, ils ne comprendraient pas ». Emmett m'avait assuré qu'ils étaient « gentils » qu'ils ne me feraient « aucun mal ». Mais j'étais une gosse, terrifiée à l'idée que des monstres entrent chez moi. C'est vrai, ils ne m'ont fait aucun mal, mais ils se sont amusés à me faire peur. Je me souviens notamment d'un boucher, au visage et au tablier couverts de sang et d'un démon. J'étais assise à côté d'eux, devant le canapé au moment de regarder le film. Je ne sais pas pourquoi j'ai tant voulu le regarder. Je ne comprends pas non plus pourquoi Emmett et Jacob m'ont laissé le regarder. Ils se sont fait copieusement engueuler le lendemain ! Mais je voulais leur montrer que j'étais une grande, que je n'avais « même pas peur ! » alors que j'étais morte de trouille. En plus de tout ça, ils se sont partagés ma récolte sans m'en donner, parce qu'ils ne trouvaient pas de pop-corn. »
- En effet, ça a dû être un traumatisme terrible.
- On ne vous paye pas pour vous moquer de moi !
- Continuez.
- Ou en étais-je ? Ah oui. Mes bonbons.
« C'était un film idiot mais terrifiant, qui me ferait peut-être rire maintenant parce qu'il a mal vieilli. Mon cerveau a décidé de l'effacer de ma mémoire, aussi je n'ai plus aucune idée de ce que c'était, et vous comprendrez sûrement que je n'ai jamais demandé le titre à mon frère. Enfin, à partir de ce moment, j'ai commencé à avoir peur de tout, surtout au moment d'Halloween. C'est à neuf ans que j'ai enfin accepté d'aller chez ma meilleure amie qui organisait une soirée, avec un film à la fin. Heureusement pour moi c'était la Belle et la Bête. Ce soir-là, j'étais déguisée en sirène. Je refusais de ressembler à ces monstres qui me faisaient si peur. Je crois bien qu'au fond de moi, j'étais persuadée que les monstres existaient vraiment et ne sortaient qu'à Halloween pour passer inaperçus et manger les enfants. Alors ma mère avait passé des heures entières à me fabriquer ce costume, dont une longue traine ornée de petits coquillages multicolores. Pff, je ne sais même pas pourquoi je vous raconte ça. Mais je lui en suis très reconnaissante. »
Je m'arrête de parler. Ces séances ne me sont d'aucune utilité ! Quoique… C'est vrai que ça me faisait du bien de déballer tout cela. Parler à quelqu'un, qui me comprend. Ou était payé pour faire semblant.
- C'est bien Isabella, continuez. C'est important vous savez, même si comme ça, ça parait futile.
- Vous lisez dans mes pensées ? Je raille
- C'est mon boulot.
« Alors j'ai continué à fêter Halloween tous les ans. Mes parents étaient si contents ! Ils pensaient que c'était grâce au psy chez lequel ils m'avaient envoyée. Mais votre collègue n'a servi à rien, je suis désolée de vous le dire. Si j'ai continué à faire semblant d'aimer cette stupide fête et d'être guérie, c'est parce que j'aimais voir mes parents heureux et que je me répugnais à les décevoir. Mais le problème, c'est qu'à partir de mes 14 ans, d'une part je ne faisais plus la quête des bonbons depuis longtemps, mais en plus les gens ont commencé à organiser des soirées. Soit de simples fêtes, toutes les raisons étaient bonnes pour en organiser, soit des « soirées de l'horreur ».
Une année, j'avais 16 ans je crois, mon frère a organisé la fête, pour moi. Il avait déjà 28 ans, et il pensait me faire plaisir. Il ne s'est jamais rendu compte du mal qu'il m'avait fait. Et je ne le blâme pas. Plus. Il était con, un jeune con c'est tout. Mais je l'adore. Sauf que je suis traumatisée et c'est en partie sa faute si je suis là aujourd'hui. »
- Vous pensez ?
- J'en suis certaine. Laissez-moi continuer. Je vous expliquerai tout.
- Je vous écoute.
- Je ne sais pas pourquoi je vous dis tout ça…
- Je suis psychiatre. Et vous n'avez pas le choix.
- C'est bien vrai. Je ne regrette pas ce que j'ai fait.
- Je pense que si.
- Vous vous trompez.
« Cette année-là, c'était une « soirée de l'horreur ». Mon frère et Jacob, toujours fourrés ensemble, avaient décoré la maison et organisé plein de petites activités. A la cave, dans le grenier, le jardin ou même en plein salon. Je dois reconnaitre qu'ils ont fait un travail formidable. Si j'avais été une adolescente normale, j'aurais adoré, je les aurais idolâtrés. Mais là, je crois que je les détestais. J'étais bien obligée de faire semblant d'adorer, surtout que c'était ma fête. Ils avaient invité toute ma classe. Sans se dire qu'il y avait des personnes que j'aurais bien crucifiées à un arbre mort. »
- Vos… Pulsions meurtrières remontent à cette époque ?
- Non. Je ne l'aurais pas fait. Ce n'était même pas un fantasme. Je ne voulais pas vraiment leur mort, mais disons qu'on aurait pu se passer de leur naissance. Le fait est que la plupart d'entre eux sont morts aujourd'hui, mais ce n'est pas de ma faute.
- Je vois. Ça a joué dans… Ce que vous avez fait ? Ce que vous avez vraiment fait, ce que vous avez avoué.
- Je ne crois pas. Je peux vous le raconter quand même ?
- Je suis là pour ça.
- Merci.
« Bref, donc parmi ces personnes que je n'ai PAS tuées, il y avait quelques filles, des pétasses, si vous me permettez. Non. Des connasses. Quoique… Les deux. Bref, je ne les portais pas dans mon cœur. Elles avaient toutes des déguisements qui correspondaient à l'idée qu'on se fait d'une pouffiasse. Catwoman version plus sexy que la vraie, je vous laisse imaginer, un léopard, plus précisément une combinaison ultra-moulante, une écolière zombie, le chemisier retroussé au-dessus du ventre et une mini-jupe plus courte que mon avant-bras, et vous savez que je ne suis pas bien grande. Un chat, une sirène, moins réussie que la mienne, une salamandre, un lapin, enfin plutôt une Bunny, une panthère, un paon, vous vous rendez compte ? Un paon. Et elle arrivait à être sexy. Une souris, une abeille et un renard. Et elles étaient toutes sexy. Bizarrement, il n'y avait pas de vacheou de girafe. Difficile de faire de l'effet dans cet accoutrement, me direz-vous.
Elles virevoltaient comme des mouches - d'ailleurs aucune n'était déguisée en mouche non plus, alors qu'elles avaient l'air de tant aimer les animaux - autour de mon frère. Comme s'il s'intéressait à elles. Il avait 28 ans, et elles 16. Il avait mieux à faire de toute façon il était fiancé. Mais elles agissaient comme des groupies et le suivaient partout. Au moins j'étais débarrassée d'elles. Quand je dis débarrassée, je ne dis pas que j'ai voulu leur mort, que ce soit bien clair.
Cette nuit-là… Il y avait une sorte de blizzard autour de la maison, j'avais un sentiment de malaise. Mais ce sentiment me poursuivait chaque automne à la même date.
Emmett était déguisé en militaire, et il rendait très bien en mode opération commando. Jacob était déguisé en… Euh… Peintre-réalisateur je ne sais pas quoi. Il portait de petites lunettes rondes et un béret, et il faisait de grands gestes. Il s'était peint une moustache fine, très à la…française, vous voyez ? »
-Les français ne portent pas tous des bérets et une moustache fine.
-Je sais.
« Il se disait metteur en scène. De quelle époque, allez savoir. Mais ça lui allait bien, c'était amusant. Cette soirée était organisée un peu comme si c'était le tournage d'un film, mais à la « Blairwitch Project » vous voyez ? Jacob avait sans cesse un caméscope à la main. On était en 2007, ce n'était pas encore tout à fait une antiquité. Les activités, donc les différents jeux, ont commencé dans le jardin, tant qu'il faisait encore un peu jour. Mon frère a insisté pour que je passe en premier et pour me filmer. Pourtant il savait que j'avais peur de tout, surtout à cette époque de l'année. La première étape consistait à plonger sa main dans des bocaux pour trouver une pièce d'or, une fausse bien entendu. Facile. Oui mais. Ils étaient remplis de litchis, de framboisesécrasées, de grains de raisins dépourvus de leur peau, vous voyez le genre ? Différentes nuances de viscosité, de… beurk. Je me doutais bien que ce n'était pas des yeux, comme le prétendait Jacob, mais j'étais terrifiée. Je détestais ce jour. Et les gens me passaient une herbe sur la joue, me lançaient des cailloux minuscules ou faisait couler du sirop le long de ma nuque. J'ai fait une crise de panique. Rien de tout ça n'était vrai, mais j'avais les yeux bandés, et j'avais des tendances claustrophobes à l'époque.
J'ai couru me réfugier dans la maison sous les rires des gens. J'avais tellement honte. »
- En quoi étiez-vous déguisée ?
- C'est vraiment important ?
- Peut-être.
- En prisonnière, type les Dalton. L'ignoble combinaison à rayures rendue plus féminine et… Plus sexy c'est vrai. De quel droit je me permets de critiquer les pimbêches dans ce cas? Haha.
- Quelle ironie…
- Ne vous moquez pas, je vous l'ai déjà dit, vous n'êtes pas payé pour ça.
- Je suis certain que ça vous allait bien.
- Mieux que l'orange, je ne vais pas vous mentir. Ça a été utile de vous dévoiler ça ? Vous voulez dire que j'étais prédestinée à atterrir ici ?
- Non je ne pense pas.
- Vous avez toujours voulu faire ça, psychiatre ?
- On ne parle pas de moi.
- Ca m'intéresse.
Il soupire et passe sa main dans ses cheveux.
- Je veux dire, un jour vous vous êtes réveillé en vous disant : tiens, et si j'écoutais à longueur de temps les plaintes des gens, mais faire 8 ans d'études pour avoir le statut de docteur et non de psychanalyste seulement ?
- Non. Vous allez peut-être vous moquer, je voulais plutôt être paléontologue. Mon père, médecin, n'approuvait pas.
- Oh, alors au lieu d'aller creuser et fouiller sous terre à la recherche de fossiles à examiner et à analyser, vous allez creuser et fouillez dans les souvenirs des gens pour… les examiner et les analyser?
- Je n'avais pas vu ça comme ça. C'est possible, c'était inconscient.
- C'est intriguant, l'inconscient, pas vrai ?
- Continuez.
« Comme je vous l'ai dit, mon frère s'était donné du mal. L'intérieur de la maison était sombre, et la nuit tombait. Le salon était éclairé par des chandeliers, la flamme des bougies vacillait. J'aurais pu adorer. J'ai détesté. J'étais oppressée, quand je respirais j'avais l'impression qu'on m'enfonçait de la pâte à modeler dans la bouche. La radio grésillait, s'allumait et s'éteignait aléatoirement, changeait de station seule… Un coup de mon frère, il a toujours été doué avec l'électronique.
Vous voyez un peu dans quel état j'étais ? J'avais toujours ce sentiment de malaise, d'être observée voir suivie. J'avais mis ça sur le compte de ma phobie d'Halloween. Ne partez pas dans vos explications de la différence entre la phobie et la peur. Mon angoisse d'Halloween si vous préférez. Mais j'ai commencé à me dire que c'était peut-être autre chose quand un garçon, Mike je crois, a failli renverser l'aquarium. Il était déguisé en ninja, on ne voyait pas son visage. Il jouait bien son rôle, je ne l'avais presque pas repéré depuis le début de la soirée. On a pas mal discuté, lui, une amie et moi. »
- Votre amie, c'était Alice ?
- J'y viens.
« Puis on l'a un peu perdu de vue alors qu'il allait voir son groupe d'amis. »
- Attendez. Mike. Il fait partie des morts de-
- Oui. Il faisait partie du groupe que je ne portais pas sur mon cœur et qui a tragiquement perdu la vie, mais pas à cause de moi. Mais lui, je l'aimais bien. Je ne l'aurais jamais tué.
- Vous avouez que vous auriez pu tuer les autres.
- Non.
- Ce n'était pas une question.
- Ecoutez docteur… Je peux vous appeler Edward ? Si je vous dis tout ça, c'est parce que je vous fais confiance. Je sais que vous ne me jugerez pas trop vite, que vous êtes capable de me croire, de connaitre la vérité, et aussi parce que j'ai un peu le béguin pour vous. Si je n'ai pas parlé de tout ça à la police, c'est parce que, d'une part ils ne m'auraient jamais écoutée jusqu'au bout, et en plus je ne leur fais absolument aucune confiance. Vous c'est différent. S'il vous plait, faites-moi confiance.
Il élude d'un geste de la main et m'incite à continuer mon récit. Mais j'en ai assez. On arrive au passage qui m'écœure. Mais son regard est insistant.
« Donc je disais qu'on l'a perdu de vue parce qu'il est parti voir ses amis, ses cons d'amis soit dit en passant. Je ne cache pas les détester, mais je vous l'ai dit… Peu importe, je crois que vous avez compris. Et si vous ne me croyez pas, ce n'est pas en insistant que ça va marcher. Enfin, j'avais bien deux ou trois… Bon, peut-être plus, mais j'avais quelques verres d'alcool dans le nez. Pour me donner du courage, vous voyez ? Ça explique peut-être pourquoi je n'ai pas fait attention au changement de voix du ninja qu'Alice, c'est bien elle, et moi avons suivi dehors. Il y avait encore ce blizzard à la fois envoûtant et maléfique. Mais voyez-vous l'alcool aidant, j'avais ce sentiment de tout contrôler, d'être invincible. Grave erreur. Ils nous a dit qu'on ferait mieux d'aller plus loin, surtout si j'avais peur à cause de la fête. Et vous savez quoi ? J'ai été assez conne pour le croire. Pauvre conne que j'étais. C'est là que… Enfin vous savez quoi. »
- Dites-le-moi.
- Pas envie. Vous savez de toute façon.
- J'ai besoin que vous me le disiez.
- Pas question.
- Bella, écoutez… C'est important.
- Important ? Vous voulez que je vous raconte ? Qu'il a violé ma meilleure amie sous mes yeux et qu'il l'a étranglée puis qu'il s'en est pris à moi, parce que j'étais trop horrifiée pour m'enfuir ou même crier ? Ça fait un peu pervers, non, de vouloir des détails ? Vous voyez, comme première expérience sexuelle, ce n'était pas top top. C'était douloureux, sanglant, humiliant et tellement salissant…
« Il m'a étouffée aussi. C'est là que j'ai vu le tatouage sur son avant-bras gauche. Mike n'avait pas de tatouage. Et vous savez ce que j'ai fait à ce moment-là ? J'ai explosé de rire. J'étais tellement rassurée que ce ne soit pas Mike en qui j'avais confiance ! J'étais tellement idiote que je ne pouvais pas m'arrêter de rire. Le ninja briseur de vies s'est barré, me laissant pour morte. C'est là qu'il a commis son erreur. Il n'aurait jamais dû. Il aurait dû me tuer. Ma vie n'aurait pas à être horrible, et la sienne à se finir.
Puis il n'y a plus eu aucun bruit et j'ai commencé à pleurer. Je suis retournée à la maison, laissant le cadavre de ma meilleure amie derrière moi. Je n'ai rien dit, mais les autres ont dû voir que quelque chose n'allait pas. Mes vêtements étaient en lambeaux, j'étais couverte de sang, barbouillée de larmes et de terre et les cheveux en pétard. Je ne suis jamais décoiffée, il était évident que quelque chose n'allait pas. Je suis allée m'enfermer dans ma chambre et je me suis tue. Le lendemain, la police a trouvé Alice. Ils ont fait le lien avec moi. Des témoins ont dit nous voir partir avec un ninja. Ils ont inculpé Mike. Mes seules paroles furent « ce n'est pas lui, il avait un tatouage ». Ce furent mes seules paroles pendant trois ans. Alors vous voyez, les six mois que j'ai passé dans votre bureau sans vous adresser la parole, ce n'était pas grand-chose. J'ai atterri dans un hôpital psychiatrique. Haha, c'est drôle, je n'aurais pas passé tant de temps en liberté.
Au bout de 4 ans je suis sortie. Je me suis mise à parler, j'avais quelque chose à accomplir. J'ai mis presque deux ans à le retrouver. Et je suis allée à sa rencontre le soir d'Halloween. Devinez en quoi j'étais déguisée ? Un ninja. Pas mal, non ? Au début je me suis dit que j'allais me contenter de l'étrangler. Mais ce n'était pas assez, vous voyez ? Je sais que vous me prenez tous pour un psychopathe dangereuse. Vous n'avez pas tort. Mais je ne recommencerai pas. Pas tant qu'on ne me donnera pas une raison de le faire. Quelle raison avais-je de tuer mes camarades ? Aucune. Je ne les aimais pas, ils n'étaient pas gentils, mais c'est tout. Quelle raison avais-je d'assassiner froidement ce sale type ? C'est évident il me semble. Il a tué ma meilleure amie. Il nous a tant fait souffrir toutes les deux. Qui aimerait quitter cette Terre de cette façon ? J'ai rendu service à la société plus qu'autre chose. Et si je n'avais pas été malade, dans ma pauvre caboche, je serais dans le couloir de la mort. C'est triste, la loi… Tout ça parce que j'ai débarrassé cette terre d'un violeur.
Ce soir-là j'ai couché avec lui. Ça vous dégoute ? Moi aussi. Mais il devait payer, ça faisait partie de sa punition. C'est après que je me suis dit qu'une simple suffocation était ridiculement injuste. Il allait à peine souffrir. Moi, ça faisait 6 ans que ma vie était un véritable Enfer. Il devait payer, et le prix fort.
J'ai toujours eu horreur du sang. J'ai toujours eu horreur d'Halloween. Et pourtant, c'est le soir d'Halloween que je l'ai vidé de son sang. Il y en avait partout, un véritable massacre. Il n'a même pas crié. Non il a juste ri. Comme moi 6 ans auparavant. Mais moi je ne suis pas un monstre. Pas le même que lui. Vous voyez, mon frère avait raison, les monstres existent vraiment, et ils se manifestent parfois à Halloween. Entre autre. Savez-vous combien de jeunes filles ont subi le même sort que moi par sa faute ? Vous croyez que leurs familles me considèrent comme un monstre ? Il a souffert, il le méritait. Je n'ai pas pu décoller mon regard de cet être ignoble qui se vidait lamentablement de son sang sur le lit d'un motel pourri, sur lequel je m'étais moi-même souillée quelques minutes avant. Je dois vous dégouter… Quoique, vous bossez dans une prison, vous avez dû en entendre d'autres ! Je n'ai jamais nié avoir tué cette ordure. »
- Pourquoi ne vouloir parler qu'aujourd'hui ?
- Vous savez quel jour on est ?
- Mardi ?
Je ris.
- On est le 31. Il y a tout juste un an, je tuais ce merdeux. I ans ma vie prenait fin. Il y a tout juste 19 ans… tout a commencé. C'est symbolique, vous voyez ?
- Je vois. Ecoutez, tout peut s'arranger. Enfin, vous pouvez guérir.
- Si je guéris, je regretterais ce que je fais ?
- Je ne crois pas. Je vous comprends.
- Vous ne pouvez pas.
- Oh si. Et bien mieux que vous le croyiez.
- Je peux choisir ma thérapie ?
- Vous êtes médecin ?
- Non. Mais je me connais mieux que personne.
Je me lève. Il ne cille pas, pas même quand je m'approche de lui. Encore moins quand je pose mes lèvres sur les siennes et enlace son cou. Je me recule et le dévisage, perplexe.
- Vous ne me repoussez pas ?
- Non.
- Je ne vous dégoute pas ?
- Non.
- Vous n'êtes pas en colère?
- Pourquoi le serais-je ?
- Un monstre vient de vous embrasser.
- C'est Halloween, la nuit de tous les démons.
- J'ai envie de vous.
- Je sais.
- Vous lisez encore dans mon esprit.
- Oui.
- Vous ne parlez pas beaucoup.
- Ce n'est pas mon métier.
- Oubliez votre métier cinq minutes. Soyez juste Edward. Vous répondez à mes avances ?
- Vous êtes directe. Oui. Je vais passer pour un grand malade d'avoir envie de vous aussi, après ce que vous venez de me raconter.
- Nous sommes tous de grands malades, mais peu d'entre nous s'en rendent compte. Dites-moi, vous n'êtes pas un proche de cet homme, même si employer ce mot pour lui me répugne, qui voudrait me tuer pour se venger ?
- Qui sait ?
J'ai toujours vécu dans le glauque, aussi loin que je m'en souvienne. J'ai toujours été dérangée, mais je crois que ça a commencé ce 31 octobre 1995. Le bizarre ne m'effraie pas, pas plus que l'horreur désormais. Je n'ai plus peur d'Halloween.
Je prends des mains le carnet d'Edward. Il n'a écrit qu'une phrase « apte à être libérée ». Je m'assois sur ses genoux, enlace à nouveau sa nuque et enfouis mon visage dans son cou.
- C'est un crime ce que vous faites. Je ne suis pas du tout apte à être relâchée.
- Vous voulez passer votre vie ici ?
- Si je reste, je pourrais être près de vous.
- C'est mignon.
Je me redresse pour l'embrasser langoureusement. Envolées toutes mes pensées malsaines, je redeviens une personne normale.
- Cela fait bien longtemps que l'on ne m'a pas dit ça. Vous savez quoi, je crois que je suis bipolaire.
- Ca ne fait aucun doute. Guérissons cela et vous serez libre.
Je commence à détacher sa chemise et à onduler des hanches. Il n'a pas menti, je lui fais envie aussi. C'est la première fois que je vais coucher avec quelqu'un alors que j'en ai vraiment envie. Je ne devrais pas faire ça, ça risque de lui nuire. Mais que voulez-vous, la tentation est trop forte.
- Vous aurez encore envie de moi quand j'aurais perdu mon côté… obscur ?
- Plus que jamais.
C'est bizarre. Cette situation est… très spéciale. Glauque. Comme toujours. En quelques secondes, j'enlève mes vêtements. Mon soutien-gorge et ma culotte ne cachent pas mes cicatrices. Pour la première fois en six ans, je me dis que si j'ai survécu à plusieurs coups de couteaux et une strangulation, c'était pour vivre ce jour. Pour tuer ce connard, puis pour rencontrer Edward.
Surtout pour rencontrer Edward.
Le sofa va trouver une vraie utilité, autre que d'accueillir des prisonniers dépressifs. Ça sera plus sensuel, sexuel, charnel. Il ne met pas trop de temps à ôter mes vêtements. Il faut dire que je ne porte qu'une combinaison orange criarde et des sous-vêtements en coton, pas sexy pour un sou. La mode et moi, ça fait au moins 15, mais Alice n'avait pas perdu espoir de me convertir à ce monde, un jour. En son honneur j'ai fait des efforts, et elle aurait détesté cette combi.
Je regarde la pendule accrochée au-dessus de son bureau. Il nous reste une dizaine de minutes avant qu'un gardien ne vienne me chercher pour me ramener dans ma cellule. Est-ce que ce sera vraiment suffisant ? Je me tourne vers la porte, prise d'un doute. Elle est fermée à clef. J'espère que personne ne s'en rendra compte, c'est interdit. Imaginez que je me mette à assassiner le docteur Cullen… Si quelqu'un découvre que nous sommes enfermés, ils vont forcer la porte et tomber sur un spectacle plus… tendre. Va-t-il être tendre ? Je ne suis habituée qu'à la bestialité de mes amants, que je les ai choisis ou non. Dans tous les cas, j'ai fait une erreur en couchant avec eux. Je n'en avais pas vraiment envie.
- Arrête de penser, laisse-toi aller.
- Arrête de lire dans ma tête. Je vais bien. C'est Halloween, mais je n'ai pas peur. Déshabille-toi.
Il s'exécute. En le contemplant, mon esprit tourbillonnant et une multitude de sentiments m'assaillant, je me demande comment j'en suis arrivée là. A ce point. Moi, la petite Isabella Swan, fille du Shérif, toute timide et renfermée… Je suis devenue non seulement une meurtrière, de sang-froid, mais aussi une espèce de monstre rempli de haine. Mais je me sens redevenir presque innocente, intimidée, l'ancienne moi. Ça ne va pas du tout ! Ma carapace se fissure, je risque de redevenir faible, tout ça à cause de ce foutu psychiatre.
Ce diablement sexy foutu psychiatre.
Voyant que je ne réagis plus, trop enfoncée dans ma léthargie, Edward reprend les choses en main et me plaque sur le divan. Est-ce que je ne suis pas de me faire encore plus de mal ? Qu'est-ce que ça signifie, pour lui ? Qu'est-ce que ça signifie…Pour moi ? Qu'est-ce que je veux, qu'est-ce que j'attends de lui au juste ?
Mais mon cerveau s'embrume encore plus comme il commence à passer sensuellement sa main sur mes seins, mon ventre, mes hanches…. Il s'aventure du côté de mes cuisses, embrassant mes épaules et ma clavicule. Je gémis de bien-être. C'est tellement différent de tout ce que j'ai pu connaitre jusqu'à maintenant !
Oh. Oh… OH ! Je rejette la tête en arrière et manque de m'assommer sur le cuir brillant du divan. S'il m'embrasse avec tant de passion dans des endroits pareils aussi !
J'ai la tête qui tourne. Je me sens vivante, tellement vivante. Bien, heureuse. Moi. Je suis de nouveau moi.
C'est plus fort que moi, mes mains viennent agripper ses cheveux et tirer sa tête plus près de moi encore. Je regrette vaguement l'absence totale d'esthéticienne, même si j'ai toujours détesté ça, parce que j'ai un peu honte de mes poils… Partout. Mais ça n'a pas l'air de déranger le docteur Cullen qui se relève et vient m'embrasser.
Beurk ! Il ne peut pas faire un truc pareil !
Il sourit contre mes lèvres et moi je gémis, le sexe gonflé de désir et soudainement abandonné par mon amant. Je suis très, très frustrée. Edward me fait un sourire malicieux, conscient à 200% de l'effet qu'il me fait.
Très vite, ses doigts viennent titiller mon clitoris et je me crispe de nouveau. J'ai envie que ça dure éternellement et en même temps, je suis plus qu'impatiente. Le désir est déjà à son paroxysme et le plaisir n'est pas très loin derrière sur le podium de mes émotions les plus fortes ! Il continue à faire des petits ronds sur mon bouton de plaisir et insère deux doigts en moi. Jamais un homme ne s'était occupé de moi comme ça !
Son regard est affamé, son sourire carnassier, et il redescend, la tête entre mes cuisses écartées. Il revient embrasser la partie la plus intime de moi-même et commence des va-et-vient avec ses doigts, auxquels s'est rajouté un troisième. Je mords ma main très fort pour ne pas crier de plaisir. Sa langue passe et repasse juste là où il faut, faisant des ronds, des lignes, des tourbillons qui achèvent de me faire perdre l'esprit. Sans que je ne les contrôle, mes mains viennent caresser mes seins et mes doigts jouent avec mes tétons. Je n'avais jamais fait ça avant ! Je soupire d'aise. C'est tellement bon ! Je me tortille et le cuir grince autant qu'il glisse, à cause de ma transpiration. Ce n'est pas très sexy mais c'est que je suis dans tous mes états !
Mon partenaire enchaîne la lenteur de ses mouvements avec un rythme plus rapide. Je ne pensais pas que je pourrais venir uniquement avec des préliminaires, mais je sens l'orgasme pointer le bout de son nez. Et laissez-moi vous dire que c'est différent de tout ce que j'ai pu envisager jusqu'alors. Un vrai orgasme, une jouissance sans pareil.
Mais à chaque fois que je suis d'atteindre le septième ciel, il change le rythme, devient plus lent et je retombe un peu sur Terre. Quelle torture ! Je ne vais pas tenir longtemps comme ça ! Mes jambes se crispent, et je commence à convulser. Comprenant que je ne peux pas me retenir plus longtemps et que s'il continue ainsi il risque de me faire rater l'orgasme mémorable qui ne va plus tarder, il accélère le mouvement, ajoute un quatrième et dernier doigt et appuie plus fort avec sa langue et ses lèvres sur mon clitoris.
Alors j'attrape le premier vêtement qui me tombe sous la main, mords dedans très fort et me mets à trembler de tout mon être, tandis que mon hurlement est étouffé par le morceau de tissu roulé en boule.
J'halète. Il continue de jouer avec mon entre-jambes. Mais ça en devient presque insupportable.
- A-a-arrête, stop ! J'en peux- j'en peux plus ! Stop…
Il retire ses doigts, les lèche avec un regard subjectif, sa bouche quitte mon bas ventre et il me regarde par en dessous, très, très sexy.
- Ce n'était qu'une mise en bouche… Passons aux choses sérieuses.
Il empoigne son sexe en érection et caresse ma fente encore trempée avec. Mais celle-ci frémit encore et l'orgasme est encore trop proche. Ça en devient désagréable.
Alors je le repousse, me redresse et lui fait un petit sourire coquin.
- Avant… Laisse-moi te rendre la pareille !
Je m'agenouille entre ses jambes, contemplant avec un peu d'appréhension son énorme pénis. Eh ben, eh ben, il a été gâté par Dame Nature celui-là ! Je l'empoigne et au moment où je me résigne à la mettre en bouche, quatre coups secs sont frappés à la porte.
- Docteur Cullen, il est l'heure pour mademoiselle Swan de retourner en cellule !
Je pouffe, me redresse et réenfile ma combinaison, sans prendre le temps de me nettoyer.
- Eh bien mon cher docteur, je suis désolée de vous laisser ainsi en plan. On se revoit à la prochaine séance !
Je lui décroche un sourire moqueur, me régale de son expression choquée et sort de la pièce, prenant soin de ne pas laisser voir aux gardiens le spectacle qu'offre l'Apollon nu, planté comme un imbécile, avec une érection monstrueuse au milieu de son bureau.
Finalement, je crois que j'adore Halloween.
