Et bonjour(/soir) ! Merci beaucoup pour cet accueil, c'est déjà bien mieux que ma première fiction, vous pouvez pas savoir ce que ça me fait ^^ Dans tous les cas, ça me motive !
Je sais que le rating est M, je vais peut être le baisser parce qu'il le sera tôt ou tard, mais cette fois ce serait plutôt du "slow burn" ... Enfin, j'espère que ça continuera à vous plaire ! :D
Je précise que je n'ai toujours aucune Beta, je me relis parfois ( pas toujours ) donc du coup je suis vraiment désolée pour les fautes qui m'échappent :(
Bonne lecture !
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Chapitre 2
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" Regina Mills" ... Donc elle avait eu raison la veille en voyant le jeune Henry parler dans le restaurant.
- Enchantée, parvint-elle à croasser.
- Je n'en doute pas. Bienvenue dans ma ville.
La main la lâcha pour s'emparer du gobelet de café brûlant qui avait été tendu vers l'afro américain. Elle avait dit "ma ville" ? C'était elle le Maire ?!
- Que voulez-vous à mon Sidney ?
Son Sidney ?! Elle avait un problème avec les adjectifs possessifs ou tout lui appartenait vraiment dans cette ville ?
- Je suis désolée, le secret professionnel m'empêche de révéler ce genre d'information.
- Mes citoyens n'ont aucun secret pour moi.
- Madame le Maire peut tout entendre à mon sujet, confirma l'intéressé qui reçut un sourire pincé.
- D'accord ... Je travaille pour des notaires et le nom de Monsieur Glass est apparu dans l'un de nos dossiers. Apparemment, il est l'unique héritier d'une grosse somme d'argent.
- Vous mentez.
Jamais on ne lui avait annoncé une nouvelle pareille sur un ton semblable. Désintéressé et pourtant l'instant d'après des yeux sombres accrochèrent les siens, les prenant en hottage le temps qu'elle sente son coeur battre à la chamade.
- Dites moi la vérité.
Elle aurait presque juré que l'ordre donné ressemblait à une incantation, provoquant un demi sourire sur le visage du journaliste.
- Je vous assure que je dis la vérité, répondit-elle avec sa meilleure expression impassible.
La réponse fit froncer les sourcils de la femme, une incompréhension clairement peinte sur son visage maquillé à la perfection.
- Maman ?!
Les yeux restèrent rivés aux siens, mais elle s'émerveilla presque de voir l'intégralité de son visage s'adoucir.
- Oui mon ange ?
- Est-ce que j'ai le droit à un donut avant d'aller à l'école ? Oh, bonjour Emma Swan.
- Bonjour Henry Mills.
- Vous connaissez mon fils ?
- Nous nous sommes croisés. Il est charmant.
L'expression ne sembla pas plaire à la mère dont les lèvres se plissèrent en un rictus dont elle dut se forcer à détacher le regard. Elle avait à nouveau envie de lui sauter dessus. En plein public. Elle aurait du demander un examen de ses hormones. Quelque chose avait vraiment l'air de clocher.
- Tu peux prendre un donut. Mais pas de glace ce soir en sortant.
L'enfant sembla relativement bien accueillir la nouvelle et Emma ne put s'empêcher de remarquer qu'il la dévisageait à nouveau l'air pensif.
- Je doute fortement que Sidney soit votre homme Miss Swan.
- Non, c'est le votre n'est-ce pas ?
La remarque sortie toute seule lui valut le droit à un nouveau haussement de sourcil. Elle ne savait pas très bien où la femme avait appris à les maitriser, mais ils semblaient avoir un effet aussi dévastateur qu'un sourire.
- J'ai convenu d'un rendez-vous avec Monsieur Glass, préféra-t-elle changer de sujet, je m'en assurerai à ce moment là.
- Convenez-en d'un avec moi aussi. Demain, dix heures dans mon bureau.
Elle aurait bien aimé lui faire remarquer que ce n'était pas comme ça qu'on « convenait » d'un rendez-vous avec quelqu'un, que d'habitude les deux parties devaient se mettre d'accord sur une date et heure, mais le regard d'ébène la fixait d'une telle manière qu'elle en fut incapable.
Après quelques secondes de silence qui semblèrent la satisfaire, la femme cessa de soutenir son regard pour se tourner vers son fils.
- Au bus, jeune homme !
- Oui 'Man.
Emma eut le droit à un nouveau regard de l'intéressé qui lui rappela ceux qu'on lui adressait dans une partie de poker. Ce gamin avait l'air aussi complexe que sa mère.
- Bonne journée Miss Swan.
Elle fut incapable de répondre, mordant sa joue pour retenir un grognement quand la voix glissa sur elle comme du miel.
- Les bureaux du journal sont en centre ville. Belle peut t'y amener, c'est à côté de la librairie, lui indiqua Ruby en la sortant de sa transe.
- Oui, merci.
- Ne t'en fais pas, je dirais que ça s'est relativement bien passé pour une première rencontre.
- Une première rencontre ?
- Avec Regina. Tous les étrangers n'ont pas le droit au même traitement. Tu dois l'intriguer.
- Quel genre de traitement les autres ont-ils ?
- Ils disparaissent, répondit-elle simplement.
Pas une seconde Emma ne pensa à prendre l'information sur le ton de la plaisanterie. C'était exactement ce qui devait leur arriver, pensa-t-elle.
- Mais apparemment j'ai rendez-vous demain dans son bureau. Ça lui laissera tout le temps de me faire disparaître, non ?
- Non … Si elle devait le faire ce serait en public. À moins que ce soit personnel. Tu l'as déjà croisée ?
- Pas que je sache, mentit-elle effrontément.
- Alors elle essaiera juste de te faire peur. Va finir ton repas, je vais appeler Belle pour qu'elle fasse un crochet par là.
Elle n'avait aucune envie de finir son petit déjeuner mais obéit quand même, retournant s'asseoir sous le regard intéressé de quelques uns des clients.
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Dans l'imposant immeuble auquel Belle l'avait conduit, elle prit un rendez-vous avec une secrétaire qui semblait être le stéréotype de la jeune femme qu'on s'amusait à torturer et se retrouva les bras ballants dix minutes plus tard.
Elle n'avait pas pour habitude de rester inactive, mais elle devait travailler sur la suite des évènements.
La jeune femme alla se percher sur un banc en bois et s'empara de son téléphone portable.
- Ted ?
- Ça va ? T'as disparu des radars …
- Comment ça disparu ?
Deux ans plus tôt elle l'avait autorisé à pister son téléphone pour une affaire plus compliquée que d'habitude.
- Comme si ton téléphone était déconnecté, mais apparemment non … T'as touché à quelque chose ?
- Nan.
- Faudrait que je le bidouille. Tu peux passer quand ?
- Euh … Pas pour le moment. Je vais avoir besoin d'un peu de temps ici et de quelques services.
- Qu'est-ce qu'il te faut ?
- Je vais t'envoyer un mail, je vais avoir besoin de certains papiers pour une couverture, une histoire de notaires.
- Envoi moi ça par mail et je m'en occupe.
- Du nouveau chez nous ?
- Ya ton mec qui est passé.
- C'est pas mon mec Ted …
- Ouais, enfin il pensait pouvoir manger avec toi, il a eu l'air déçu …
- Il s'en remettra.
Elle observa un homme sortir d'un magasin pour traverser la rue vers elle et fronça les sourcils quand il manqua faire un pas de travers en l'apercevant.
- Je te laisse Ted. Je trouve une borne wifi et on se maile.
- Ok.
Elle venait tout juste de raccrocher quand l'homme arriva à son niveau.
- Oui ? demanda-t-elle commençant à être habituée qu'on l'aborde de but en blanc.
- Emma Swan, n'est-ce pas ?
- En chair et en os. Vous voulez un autographe ?
- Pourquoi pas, on ne sait jamais à quoi pourrait servir une signature …
La réponse l'intrigua. En costard gris, l'homme devait avoir près d'une cinquantaine d'année et sous son air calme, il dégageait l'assurance qu'ont les gens qui se savent intouchables.
- À qui ai-je l'honneur ? demanda-t-elle réellement intéressée.
- Monsieur Gold.
Il ne lui avait pas tendu la main, les deux fermement appuyées sur une canne.
- Enchantée, répondit-elle néanmoins.
- De même. Une raison particulière à votre séjour ici ?
- C'est ce que tout le monde me demande Monsieur, vous n'avez vraiment jamais aucun visiteur ?
- Très rarement.
- C'est dommage, c'est une jolie ville.
Sa réponse provoqua un rire discret qu'elle ne comprit pas réellement.
- Pleine de surprises, rajouta-t-il.
- Oui, j'ai cru remarquer.
- Vraiment ?
Un éclat de quelque chose qui ressemblait à de la malice passa dans ses yeux.
- Oui. Les gens sont … étranges. J'ai l'impression d'être une bête de foire dans une ville isolée du reste du monde.
- C'est un bon résumé.
- Je suis donc une bête de foire ?
- Non …
Un instant son regard se fit plus dur et elle réprima le frisson qui naquit entre ses épaules lorsqu'il la dévisagea presque avec l'expression d'un aliéné. Un battement de cils et l'incarnation avait disparue.
- Ce fut un plaisir Miss Swan, s'excusa-t-il en reprenant son chemin vers la bibliothèque sans attendre sa réponse.
Elle lui adressa un salut de la main qu'elle fut presque certaine qu'il avait vu dans le reflet de la vitrine.
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À l'hôtel elle récupéra son ordinateur portable qui la suivait partout, mais constata presque sans surprise qu'il ne captait aucun réseau wifi.
À la réception, une vieille dame à laquelle elle demanda des renseignements ne savait même pas ce qu'était internet et lui conseilla d'aller voir auprès de Ruby.
Ordinateur sous le bras, elle se rendit donc au restaurant qui affichait encore de nouveaux clients qui la regardèrent avec intérêt.
- Ya internet quelque part ici ? demanda-t-elle en ayant l'impression qu'elle demandait de l'alcool en période de prohibition.
- Regina n'aime pas trop ça …
- Internet ? Le maire n'aime pas trop ça et vous empêche de l'avoir ?
Elle n'avait jamais entendu une phrase pareille.
- Demande à Belle, elle a une salle.
Décidemment cette Belle semblait être la femme qu'il fallait avoir dans sa poche.
- Tout le monde va la voir pour ça.
- Okay, merci !
- Quelque chose pour la route ?
- Non merci.
Cette fois elle prit sa voiture pour aller jusqu'à la librairie, ce n'était vraiment pas le moment qu'elle tombe en panne parce qu'elle ne l'utilisait pas assez … Dans une ville comme celle là, elle était presque sûre que le moindre problème prendrait des semaines d'immobilisation à un garagiste – s'il l'y en avait un – pour faire les réparations.
Elle immobilisa la coccinelle devant l'immeuble qu'elle avait déjà repéré toute à l'heure, observant de longues secondes l'horloge de la ville qui avait apparemment cessé de fonctionner avant d'entrer dans le bâtiment.
L'endroit avait l'odeur de ses vieux livres qu'on trouve au fond d'un grenier sur des étagères qu'on n'atteint jamais, de papiers brunis par le temps qui la fit immédiatement sourire.
- C'est une belle bibliothèque, remarqua la voix de Belle.
La chasseuse de prime ne l'avait pas vue, penchée au dessus d'une table remplie de livre qu'elle semblait trier.
- Je cherche quelque chose pour mon compagnon.
- Je ne savais pas que tu avais quelqu'un.
- Il m'a dit qu'il t'avait croisée pourtant.
- Monsieur Gold ? s'étonna-t-elle à voix haute.
- C'est lui, oui.
- Et bien …
- Il ne faut pas s'arrêter au masque qu'il porte.
- Un masque ?
- C'est un homme compliqué, mais c'est l'amour de ma vie.
- Tant mieux, je suis heureuse pour toi.
- Tu as quelqu'un ?
- Pas en ce moment non.
- Je te souhaite de trouver ton âme sœur.
- Ouais … Merci. En attendant, j'aimerais bien trouver une borne wifi, vous devez en avoir une ici non ?
- Une borne wifi ? Non. Mais j'ai un ordinateur avec internet.
- Je vais faire les branchements alors, j'ai un ordinateur personnel, j'ai besoin d'une connexion, si ça ne te dérange pas ?
- Non. Internet est à la disposition de tous ceux qui veulent s'y aventurer.
Elle en parlait comme d'un monde à part entière.
- Où ? décida-t-elle de demander simplement.
- Dans la salle des archives, répondit la brune en désignant une pancarte qui indiquait la salle d'une flèche.
- Merci !
Elle entendit à peine la réponse, déjà lancée vers la pièce en question.
Quelques branchements plus tard elle était déjà sur internet et fut surprise de trouver un réseau d'une rapidité plus que raisonnable.
Un échange avec Ted lui permit d'obtenir les faux documents dont elle avait besoin, mais en revanche les recherches qu'elle fit en tapant le nom de Storybrook ne donnèrent absolument rien.
L'impression d'être observée la fit tout arrêter, balayant la pièce d'un coup d'œil plus attentif, sans pour autant trouver qui que ce soit.
Son regard s'arrêta pourtant sur une machine qu'elle n'avait pas vu depuis ses jours de collège. Un projecteur.
La jeune femme ferma le clapet de son ordinateur. La prochaine étape serait de trouver une imprimante d'assez bonne qualité pour faire croire à des documents officiels. Belle saurait certainement la renseigner sur le sujet.
Elle s'approcha avec précaution de l'objet qui avait attiré son attention et ne mit que quelques secondes avant de comprendre son fonctionnement, étonnée d'y voir une petit carré de plastique posé sur la vitre de projection.
Son rire raisonna dans la petite pièce quand elle lut le titre au dessus de l'image de Ruby tout sourire tenant un trophée dans les mains « Premier concours de Tee-Shirt mouillé à Storybrook ».
Tu parles d'un dossier …
Son rire s'arrêta net quand elle détailla un peu plus attentivement la une du journal. Et sa date.
8 juillet 1994.
Plus de dix ans au par avant.
Et Ruby n'avait pas pris une ride depuis.
La jeune femme sentit un nouveau frisson parcourir son dos. Cette fois quand elle se retourna pour observer la pièce, elle chercha brièvement à en comprendre le classement avant de se diriger vers les premiers cartons.
- 1989, s'entendit-elle murmurer dans le silence de la pièce qui lui semblait être devenu oppressant.
La blonde dégagea une ligne de diapositives pour les enclencher dans le mécanisme qu'elle avait appris à faire fonctionner il y a bien longtemps.
Elle resta interdite en contemplant la première une du journal où Sidney Glass posait fièrement devant l'immeuble dans lequel elle était rentrée.
Plus loin elle croisa le visage familier de certains clients du restaurant dans lequel elle était allée.
- Putain de … merde.
Sur une diapositive qui avait été décorée d'une peinture dorée elle observa interdite Regina Mills couper un ruban d'inauguration sous le regard ravi de Belle. Au second plan, elle reconnut l'homme auquel elle avait parlé le matin même, les mains croisées sur son éternelle canne.
Personne n'avait pris une ride.
« Inauguration de la bibliothèque » titrait le journal.
Elle se serait presque attendue à ce que les images se mettent à bouger toutes seules et que le Maire lui adresse un sourire sardonique.
Rien de tel ne se passa, un bruit de pas sur le sol de la bibliothèque la poussant pourtant à remettre tout dans l'ordre où elle l'avait trouvé, éteignant le projecteur au moment même où la porte s'ouvrit.
- Tout se passe bien ? demanda Belle.
Elle ne put s'empêcher de détailler la femme sous un nouveau jour.
Etaient-ils tous des vampires ? D'accord il ne faisait pas vraiment beau ici mais rien qui pourrait effectivement cacher les rayons de soleil pour leur permettre de marcher au grand jour.
Mais peut-être les vampires pouvaient-ils marcher au soleil ? Et développer des pouvoirs comme Regina Mills semblait en avoir ?
- Oui oui, finit-elle par croasser. Vous avez une bonne connexion.
- J'ai insisté.
- Vous avez bien fait. Je reviendrai certainement. Quelqu'un a-t-il une bonne imprimante ici ?
- Moi. Je m'en sers rarement, mais elle marche.
- Est-ce que je peux l'utiliser ? Je peux payer quelque chose bien sûr, j'ai plusieurs documents à imp…
- C'est gratuit, la coupa-t-elle. Au fond de la bibliothèque avec les livres rendus que je dois classer.
- D'accord, super merci !
- Je vais au sous-sol, répondit la brune en désignant un seau qui lui sembla remplit de morceau de viandes, ne me cherche pas.
Elle allait poser une question, mais se rattrapa au dernier moment, elle n'était pas prête à entendre que la bibliothécaire gardait un loup-garou prisonnier dans sa cave ou quelque chose du genre.
- Ok, je fais ça et je retourne à l'hôtel.
- Tu devrais manger aussi. Il est quinze heures.
- Qu… Quinze heures ?
Comme pour confirmer l'information qui lui avait échappé, son estomac émit un grondement sourd.
La brune lui sourit avant de faire demi tour et d'appeler un ascenseur qu'elle n'avait pas encore remarqué.
Elle l'observa chantonner quand les portes grillagées se refermèrent sur elle et attendit un moment les oreilles aux aguets sans pourtant entendre le moindre bruit.
Elle se remit en mouvement l'instant d'après, sentant à nouveau un regard peser sur elle et manqua émettre un petit cri quand elle croisa le regard de l'enfant perché sur une table.
- Qu'est-ce que tu fais là gamin ?
Il ne répondit pas tout de suite, les yeux fermement rivés sur elle, perdu dans des pensées dont elle ne savait pas vraiment si elle voulait connaître le contenu.
Et lui, qu'était-il dans cette ville de fous ?
- Je t'observe, répondit-il finalement.
Très rassurant …
- Je vois ça …
La jeune femme se remit pourtant en marche vers l'imprimante, étonnée de l'entendre sauter de son perchoir et la suivre.
- Tu devrais pas être à l'école ?
- J'ai déjà assisté aux cours.
Son don c'était de voyager dans le temps ?
- Tes parents savent que tu es là ?
- Il n'y a que ma mère.
- Et elle est d'accord quand tu rates les cours ?
- Non, je voulais dire qu'il n'y a que ma mère. Je n'ai pas de père. Que ma mère.
- Ah. Désolée Henry.
- Ne le soyez pas, je n'ai jamais eu de père, ça ne me manque pas.
- Ok.
- J'ai échappé à Graham.
- Il te gardait ? s'étonna-t-elle, se rappelant soudain de la conversation qu'elle avait surprise la veille en bas de l'hôtel entre lui et sa mère.
- Oui.
- Tu devrais pas faire ça, ça risque de retomber sur lui.
- Il n'a qu'à être un peu plus doué.
Elle lui accorda un sourire, à moitié occupée à observer l'imprimante en face d'elle.
- Qu'est-ce que vous faites ?
- J'essaie d'imprimer quelque chose pour mon boulot.
- Votre boulot chez un notaire ou celui dont vous ne voulez pas parler ?
Ou alors peut-être que le gamin était devin ?
- Un peu des deux, choisit-elle de répondre pour voir ce qu'il allait en faire.
- Il y a une entrée USB à droite sous un cache.
- Tu te sers souvent de ça ?
- Non, mais j'ai la même à la maison.
- Ah …
La jeune femme localisa l'entrée en question et se percha sur la première surface lisse qu'elle trouva pour poser son ordinateur et sortir une clef usb qui ne la quittait jamais, attachée à ses clefs de voiture.
- C'est quoi ce fond d'écran ?
La photo était là depuis tellement de temps qu'elle l'avait oubliée.
- Un souvenir de voyage, dans des mines de cristaux à Mexico.
- Des mines de cristaux ?
L'information semblait l'intéresser plus que de raison.
- Ouais, c'est très beau, c'est un voyage que je ne regretterai jamais.
- Il y a des voyages que tu regrettes ?
- Je vais peut-être regretter celui ci.
- A Storybrook ?
- Oui.
- Je ne pense pas.
Elle ne répondit pas, occupée à transférer les dossiers et imprimer les pages les unes après les autres.
La machine faisait un tel boucan qu'elle sentit la nouvelle présence avant d'entendre les bruits de pas ou la voix gronder.
- Henry ! Qu'est-ce que tu fais là ?!
Son sang ne fit qu'un tour dans son corps avant de sembler se figer quand elle se retourna pour affronter le regard furieux de la femme.
Pourtant il n'était pas – encore – dirigé vers elle.
- Tu sais très bien que je déteste que tu sois ici sans Belle ! Et bon sang Henry, tu devrais être à l'école.
- Je m'ennuyais.
- Tu aurais du m'appeler.
- Tu étais en conseil.
- J'aurais tout suspendu.
La jeune femme fronça les sourcils, on pouvait aimer son enfant, mais suspendre un conseil municipal parce qu'il s'ennuyait en cours lui semblait un schouilla exagéré. Le gamin devait être pourri gâté.
- Je suis désolé, répondit-il tout de même.
- Dans la voiture. Immédiatement.
La voix était descendue d'un octave et Emma frissonna en sentant le regard étrangement glacé et brûlant à la fois la transpercer.
- J'y suis pour rien, ne put-elle s'empêcher de dire.
Après les menaces qu'elle l'avait entendu proférer la veille au Shérif, elle ne doutait pas une seconde de ce qu'elle pourrait lui faire si elle pensait que c'était de sa faute si l'enfant avait échappé à sa surveillance.
- Je suis quelqu'un qui protège à tout prix ce à quoi je tiens Miss Swan et mon fils passe avant tout, vous comprendrez que je n'accepte pas ses escapades.
- Tout à fait.
Elle manqua avaler de travers sa salive quand la femme avança de quelques pas supplémentaires dans sa direction, incapable de retenir son regard de parcourir le corps qui provoqua une bouffée de chaleur dans le sien.
- Qu'est-ce que vous faites ici ?
- J'avais besoin d'une imprimante.
Elle observa le regard de prédateur se poser brièvement sur les papiers qu'elle tenait encore entre les mains avant de se reporter sur elle.
- N'oubliez pas notre rendez-vous demain matin.
- Pour rien au monde, ironisa-t-elle.
Elle eut le droit à un haussement de sourcil, se rendant soudain compte qu'elles étaient toutes les deux seules, à moins de deux mètres l'une de l'autre et dans une salle à moitié éclairée. C'était le cadre idéal pour qu'elle se fasse assassiner sans que personne ne puisse jamais se douter de quoi que ce soit … Ou pour lui sauter dessus comme lui suggérait l'intégralité de ses muscles qui s'étaient tendus dans l'attente d'attaquer ou d'être attaqués.
Le Maire n'avait toujours pas répondu, son regard d'ébène la détaillant avec un intérêt non dissimulé. La jeune femme dut se forcer à rester immobile sous l'examen minutieux qu'elle subissait.
- Nous sommes nous déjà croisées Miss Swan ? demanda-t-elle au bout de quelques secondes.
- Pas à ma connaissance.
Elle eut presque honte du son de sa voix qu'elle avait rarement connue aussi rauque.
Sa réponse ne sembla pas du tout satisfaire la brune qui fronça à nouveau les sourcils, donnant l'impression que quelque chose n'allait pas et fit deux pas vers elle avant de poser sa question.
- D'où êtes-vous ?
- New York, mentit-elle facilement.
Après tout, elle y avait beaucoup séjourné. La femme plissa les yeux et elle comprit qu'elle ne la croyait pas.
- Étrange, entendit-elle l'intéressée souffler à voix basse comme si la constatation ne lui avait pas été destinée.
- Qu'est-ce qui est étrange ?
Elle n'avait pas encore bougé malgré l'envie qu'elle avait de reculer, mais il était hors de question qu'elle se retrouve acculée entre elle et l'imprimante. Elle avala sa salive, remarquant le regard sombre détailler le mouvement de sa gorge et se demanda si elle pensait à une façon de la lui arracher.
- Votre façon de me mentir, finit-elle par répondre.
Les yeux remontèrent vers les siens, s'arrêtant une fraction de seconde de trop sur ses lèvres qu'elle ne put s'empêcher de pincer à sa plus grande honte.
Elle dut forcément le remarquer, un sourcil parfaitement dessiné se dressant à nouveau.
- Je …
Le mensonge qui allait à nouveau franchir la barrière de ses lèvres fut stoppé par une inspiration brutale de la femme dont le regard sembla la dévorer une dernière fois avant de se détourner d'elle.
- Belle ! Comment allez-vous ?
La jeune femme sentit ses genoux faiblir et dut s'appuyer à l'imprimante. Elle n'avait même pas entendu l'ascenseur remonter. Comme dans la banque, cette femme avait le don de capturer tous ses sens et de lui faire ignorer tout ce qu'il pouvait bien se passer autour d'elle.
- Bien et vous Regina ?
- Henry était encore là. Prévenez-moi la prochaine fois.
- Je … Je ne l'ai pas vu, je suis désolée, j'étais descendue …
- Comment va-t-elle ? l'entendit-elle la couper.
Emma dont le regard était resté figé sur la silhouette du Maire qu'elle pouvait observer à souhait de dos, remarqua tout de même la bibliothécaire se tourner brièvement vers elle.
- Vous pouvez parler. Elle ne sera bientôt plus un problème, annonça la voix froide du Maire.
Quoi ? Qu'est-ce que ça voulait dire ? Son cœur sembla reprendre un rythme effréné.
- Elle va bien. Je crois qu'elle se sent seule.
- Hum. Je verrais ce que je peux y faire.
- Je lui dirai.
- Faites.
La silhouette qu'elle regardait à présent avec un intérêt presque apeuré, se retourna vers le coin qu'elle n'avait pas déserté. Ses yeux la transpercèrent comme des lames lancés à pleine vitesse et elle se rappela soudain qu'elle avait tort de ne pas porter son arme.
- Demain, dix heures Miss Swan, lui rappela-t-elle avant de prendre congé de la brune.
La jeune femme se rendit compte qu'elle s'était arrêtée de respirer, l'oxygène brûlant à nouveau sa gorge sur son passage quand elle prit sa première inspiration une fois que la sorcière eut passé le seuil de la porte.
- Ça va ? demanda Belle.
- Parfaitement !
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Elle passa le reste de sa journée enfermée dans sa chambre, réfléchissant à un plan d'action et surtout à déterminer si le jeu en valait la chandelle.
En valait Regina.
Parce qu'honnêtement, la femme était la seule réelle raison pour laquelle elle restait dans cette ville. Le gamin était sympa bien que bizarre et Ruby semblait pouvoir être une bonne amie mais si le prix à en payer était sa vie …
Elle nettoya à nouveau son Beretta, admirant la ligne au long canon qu'elle avait toujours aimé pointer sur les malfaiteurs. Mais aujourd'hui elle savait que son arme ne lui servirait à rien si elle tentait de s'en servir contre le Maire. Tout comme elle n'avait été d'aucune utilité pour le braqueur à Boston.
Elle était sur le point de commander un repas qu'on lui monterait dans sa chambre quand des coups frappés à la porte la firent sursauter.
La jeune femme fit sauter la sécurité de son arme, la positionnant dans son dos avant de s'approcher de la porte.
- Oui ?
- C'est Ruby. Tu viens manger avec les filles et moi ?
- Euh … Oui.
Rapidement elle rangea son arme dans le holster qu'elle avait rattaché à sa taille et enfila un blouson qui le couvrirait. Elle avait complètement oublié de manger quand elle était rentrée et son estomac menaçait de faire trembler les fondations de l'hôtel.
Au repas, elle eut enfin le plaisir d'être présentée à celle qui faisait de la magie derrière les fourneaux : la grand mère de Ruby. Autrefois elle avait peut-être été une copie de la serveuse, mais aujourd'hui elle avait surtout l'air d'une dure à cuire.
- On attend Mary-Margaret, elle devrait pas tarder à sortir de l'hôpital.
- Elle a un problème ?
La jeune femme remarqua le rapide coup d'œil que ses nouvelles connaissances échangèrent avant qu'Aurore ne lui réponde.
- Son petit ami est dans le coma.
- Oh non ! Merde … Depuis combien de temps ?
- Trop longtemps.
- Il ne se réveillera pas ? osa-t-elle demander.
- Ça n'a pas l'air d'être gagné non …
- C'est pour ça qu'elle a l'air si …
Elle ne trouvait pas le mot qui semblait lui convenir.
- C'est l'ombre d'elle même, avoua Ruby. Il n'y a que Regina qui arrive à refaire naître les braises de temps en temps ...
- Regina ?
- Le Maire.
- Elles sont amies ?
- Pas vraiment. Elles ont été ennemies.
Un éclat de rire manqua passer la frontière de ses lèvres, mais elle réussit à le coincer dans sa gorge pour le maquiller en une toux. Elle avait vraiment du mal à imaginer Regina Mills et Marie-Margaret ennemies … L'institutrice n'avait pas l'air d'être en mesure de lui tenir tête plus d'une minute. Et puis ennemies pour quoi ? Qu'avaient-elles à s'envier ou qu'avaient-elles à eu à s'envier, puisqu'Aurore semblait en parler au passé …
L'intéressée fit justement son entrée dans le restaurant, enveloppée dans une veste rose, un sac blanc coincé sous le bras. Elle n'avait pas l'air heureuse, ni malheureuse. Elle avait l'air d'un fantôme et la jeune femme ne put s'empêcher de ressentir de la peine pour elle.
- Bonsoir les filles.
- Bonsoir MM, des nouvelles ?
- Aucune. Vous avez commandé ?
Elle n'avait pas l'air de vouloir s'étendre sur le sujet.
Leur repas fut servit encore plus rapidement que d'habitude et elle ne s'en interrompit pas avant que Monsieur Gold ne rentre dans le restaurant, son regard cherchant la salle avant de tomber sur le sien. Brièvement ses yeux se plissèrent, sans agressivité, mais assez pour que la jeune femme ne comprenne que ses intentions n'étaient pas toutes désintéressées.
- Oh ! entendit-elle Belle s'exclamer au dessus de son dessert.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rumple est là.
Rumple ?! Dans quel monde appelait-on ses enfants Rumple ?!
- Oh … Tu avais rendez-vous ?
- Non, je dois aller à la bibliothèque avec lui, à demain les filles !
La blonde répondit d'un simple sourire, l'observant se dépêcher vers l'homme qui s'était rapproché du comptoir pour laisser un billet qui couvrait presque l'intégralité de leur repas.
- Il est riche ? demanda-t-elle à voix haute en essayant de comprendre ce qu'elle pouvait bien lui trouver.
À l'autre bout de la pièce, le couple sortait, les bras liés.
- C'est son âme sœur, répondit simplement Ruby.
Une autre silhouette familière fit son apparition dans l'embrasure de la porte au moment où elle allait tourner en dérision l'affirmation de la serveuse et elle préféra observer le Shérif suivi de très près par Henry Mills.
- Le shérif est le père d'Henry Mills ? demanda-t-elle en sachant pertinemment que la réponse serait négative.
Sa question provoqua d'ailleurs quelques rires.
- Non, Regina l'a adopté !
- Pourquoi ? Sûrement avec le physique qu'elle a, elle aurait facilement du trouver quelqu'un non ?
- Nan ... Il ya bien Graham ou Kilian qui aurait voulu mais Regina n'a jamais batifolé avec les gens de la ville. Elle s'accorde des escapades de temps en temps ... Quand elle en a vraiment besoin, je suppose.
Elle fronça les sourcils devant l'air presque rêveur de la serveuse.
- Jamais ? releva-t-elle
- Jamais. Mais tente ta chance, après tout tu ne viens pas d'ici.
Était-elle aussi transparente que ça ?
- On se fera une soirée comme ça aussi les filles, je vous amènerai dans un endroit que je connais à Boston, choisit-elle de répondre.
- Personne ne sort de cette ville.
- Personne ?
- Non, il y a bien quelques exceptions, mais nous n'en faisons pas partie ...
- Alors les gens sont obligés de faire avec ce qu'ils ont ici ? C'est ça le problème ?
- Les habitants, oui ... Tout le monde se connait.
- Et alors ? ça n'a pas l'air de déranger certains de tenter leur chance, non ?
Son regard retomba sur Graham qui avait semblé la draguer éhontément. Il faudrait qu'elle se serve de ça.
- Hey ! Graham ! héla-t-elle.
L'intéressé se retourna aussitôt, une main sur l'épaule de l'enfant dont il semblait chargé autant de la surveillance que la protection à en juger par ses réactions.
L'homme finit par lui adresser un sourire et elle dut avouer qu'il était charmant, si elle avait été Regina elle aurait peut-être succombé à ses charmes.
- C'est dans les attributions du Shérif de jouer au baby-sitter ?
- Mes attributions sont déterminées par la ... Par le Maire.
- Vivement le jour où elle te demandera de patrouiller à dos d'âne.
- Elle préfère les chevaux. Est-ce que je peux vous aider Emma ?
- Je me demandais s'il y avait du travail pour moi chez vous ?
- Chez moi ?
- Je cherche pas un poste de femme de ménage, mais s'il y a du boulot dans la police, je serais intéressée.
Elle ne releva pas la stupeur générale auprès de ses nouvelles connaissances.
- Vous n'êtes pas notaire ?
- Non, je travaille pour eux, mais j'ai besoin de vacances.
- De vacances ... A Storybrook ?
La notion semblait lui être étrangère.
- Oui, c'est tranquille ici ...
- Ok ... Je ... J'en toucherai un mot à Regina.
- Bien sûr. Faites attention, le gamin n'a pas le droit à une glace ce soir.
- Il en a le droit d'habitude.
- Mais ce matin il a eu le droit à un donut ...
Les yeux du Shérif s'agrandirent presque de manière comique et Ruby et elle ne purent retenir leur rire quand il se précipita sur l'enfant qui était en train de commander.
.
..
.
Comme d'habitude elle n'avait pas monté son réveil le lendemain matin et ce malgré l'appréhension du rendez-vous que le Maire avait fixé pour elles.
Certainement par esprit de contradiction, elle prit un malin plaisir à se préparer lentement, allant même jusqu'à prendre le soin de se maquiller un peu plus que d'habitude.
A treize heure trente elle avait rendez-vous avec Sidney Glass, ça lui laissait un bon moment pour être assez en retard pour énerver le Maire, se faire passer un savon et parler d'elle ne savait quoi avant de devoir sortir tout son baratin au journaliste.
- Vous êtes en retard, constata la voix basse de Regina Mills quand une secrétaire la fit entrer dans son bureau.
- Très souvent.
- Ce sera noté à votre dossier de candidature au commissariat.
- J'ignorais qu'il en existait un.
Deux perles d'ébène se détachèrent enfin du document qu'elle était en train de lire pour venir la fusiller du regard par dessus une paire de lunettes aux branches noires.
Quelque chose se fendit en elle, ayant presque l'impression de pouvoir sentir la fissure déchirer ses poumons et affaiblir ses genoux avant de se loger entre ses jambes.
En face d'elle la brune ne fit pas mine de remarquer son trouble, son regard la détaillant lentement du bout de ses bottes pour remonter se planter dans le sien.
- Asseyez-vous.
Elle obéit, incapable d'en faire autrement quand la voix glissait sur elle de cette manière.
- Non, pas là.
- Excusez-moi ?
- Je n'excuse que mon fils Miss Swan. Asseyez-vous sur le fauteuil de droite, celui de gauche est bancal.
Elle aurait mis sa main à couper que ce n'était pas le cas. D'ailleurs elle venait de s'y asseoir et elle pouvait très bien sentir que rien ne clochait avec son équilibre, mais elle connaissait ce genre de techniques destinées à déstabiliser son adversaire. Le Maire la considérait donc comme un élément perturbateur.
- Ça ne me dérange pas.
- Moi si.
Le ton la dissuada d'insister et elle finit par changer de fauteuil.
- De quoi vouliez-vous me parler Madame le Maire ?
- Pourquoi êtes vous là ?
Elle avait préparé son numéro, une liasse de papier fraîchement imprimée dans une pochette rouge qu'elle tendit à la femme qui ne s'en saisit pas.
- Ce sont les documents qui concernent Monsieur Glass.
- Je sais.
Sa main retomba sur la surface lisse du bureau, inutile d'insister, elle ne les prendrait pas, ce n'était qu'une tentative supplémentaire pour l'intimider. Comme si elle avait besoin de ça ... La simple odeur de son parfum qui flottait dans la pièce y suffisait amplement.
- Ce ... poste chez des notaires, vous ne l'appréciez pas ?
- J'ai besoin de vacances, répéta-t-elle son excuse de la veille.
- Nous ne sommes pas une ville très accueillante.
- Jusque là j'ai été très bien accueillie ...
- Jusque là ... l'entendit-elle souffler à voix très basse.
- Est-ce que vous allez m'interdire de séjourner ici ?
- Qui sait ... Je veux être claire Miss Swan, je n'ai pas pour habitude de tolérer les étrangers dans mon ... dans ma ville. Je les perçois comme une menace à l'ordre public et étant donné ...
Un lourd dossier claqua sur le bureau. " Emma Swan " y avait été écrit par une main inconnue.
- Les informations qui m'ont été communiquées sur vous ... Vous êtes un sujet prompt à l'insubordination.
Un sujet prompt à l'insubordination ? Dans quel monde parallèle était-elle tombée ?
- Pour être tout à fait honnête, votre présence même dans cette pièce est un affront à mon autorité. Vous perturbez l'équilibre.
- Je vois ... Mon dossier ne sera donc pas accepté si je comprends ?
Elle en avait connu des gens qui l'énervaient profondément, l'insulter au point de vouloir les rouer de coups, mais elle savait rester calme. Après tout elle connaissait les règles du jeu, elle même se renseignait très régulièrement sur des personnes dans ses enquêtes et même parfois dans un objectif purement personnel. C'était simplement une bataille de perdue.
- Non, vous comprenez très mal.
- Je suis acceptée avec mention très bien ? ironisa-t-elle.
Après tout elle n'était pas devant le Maire de New York, elle n'avait pas à faire des courbettes et le poids de son arme la rassura l'espace d'un instant ... Avant de croiser l'éclat qui brilla dangereusement dans les yeux de la brune.
Elle avait vu cette femme tuer un homme de sang froid quelques jours plus tôt.
- Emma Swan, la seule raison pour laquelle vous êtes encore en vie ... C'est parce que vous m'intriguez.
- J'ai plutôt intérêt à faire durer le mystère alors, ironisa-t-elle.
Pourtant quelque chose c'était bloqué en elle. Cette femme. Cette déesse venait de proférer des menaces de mort sans même tenter de les dissimuler et elle savait que c'était un très mauvais signe. Celui qu'elle n'éprouvait aucune peur, aucune retenue quant au système et aux éventuelles poursuites qu'elle pourrait subir.
Elle était tombée sur une exception. Un truc hors du commun qui pourrait faire l'objet d'un bouquin fantastique, une véritable ville remplie d'être qui avait de grandes chances de ne pas être humains, dont ils ne pouvaient visiblement pas sortir et où le meurtre était monnaie courante, sans que quiconque soit embarrassé par les retombées correctionnelles qu'il pourrait avoir.
Elle était foutue.
En face d'elle, elle se serait presque demandée si la brune n'était pas capable de lire dans ses pensées, les yeux la dévorant presque sous l'intensité de leur attention. Elle semblait fascinée.
- Les choses sont-elles claires ?
- Qu'attendez-vous de moi Regina ?
Un sourcil parfaitement tracé s'arqua à l'emploi du prénom.
- Certains penseront que je suis devenue folle, mais je vais vous laisser sortir en vie de mon bureau Miss Swan. Je suis persuadée que vous êtes moins bête que vous ne le paraissez ...
- Merci, se permit-elle de couper.
- Aussi, je pense qu'un simple avertissement suffira à vous faire comprendre les risques de votre séjour ici.
- Si je récapitule, je peux rester ici, mais la moindre action qui ne serait à votre goût me vaudrait la mort ? C'est une étrange idée de l'hospitalité !
- Ne méprenez pas hospitalité et captivité Miss Swan.
- Captivité ?
L'espace d'un instant elle eut une vision tout à fait différente de ce que pouvait être le fait d'être gardée en « captivité » par une femme comme Regina Mills et elle dut croiser les jambes pour réprimer un tressaillement.
- Vous vous droguez Miss Swan ?
C'était quoi ce changement de sujet ?
- Non, pas à ma connaissance, pourquoi ?
- Vos pupilles sont dilatées.
- Ça arrive très souvent aux gens qui ont les yeux clairs.
Elle était assez contente de sa répartie, mais le sourire que lui renvoya le Maire laissait clairement entendre qu'elle n'en croyait pas un mot. Elle l'observa lentement retirer ses lunettes pour les poser sur une boite qui ornait son bureau.
- Mon prochain rendez-vous va arriver Miss Swan. Je vous conseille d'être partie d'ici là. Quelqu'un vous tiendra au courant.
- Pour ?
- Votre candidature au commissariat. En attendant ne partez pas de la ville.
- Pourquoi ?
- Parce que je vous le demande.
À nouveau elle eut l'impression que la voix chaude contenait autre chose qu'un simple ordre, son ton tenait de ceux qui ont l'habitude d'être obéit au doigt et à l'œil mais elle aurait presque pu y distinguer autre chose.
Mais la seconde d'après l'expression de la brune renvoyait surtout une confusion qu'elle y avait déjà vue.
Quand elle avait eu l'impression qu'elle essayait de lui lancer un sort sans pour autant y parvenir.
- Je peux avoir votre numéro ? osa-t-elle demander.
Cette fois les yeux d'ambre s'assombrirent.
- … Pour vous tenir au courant des mes déplacements, rajouta-t-elle.
Elle put lire l'incrédulité du Maire sur son visage avant qu'elle ne réponde d'un ton froid.
- Je saurai exactement où vous êtes et ce que vous faites à n'importe quel moment de la journée Emma Swan. Et si l'envie folle me prenait de vous contacter, je saurai le faire.
Le pouvait-elle vraiment ? Savoir ce qu'elle faisait à tout moment de la journée ? Après tout elle se rappelait très bien de ce que Ruby avait dit à Henry Mills lorsqu'elle l'avait vu pour la première fois … Que sa mère avait certainement su qu'elle était là au moment même où elle avait franchi la frontière de la ville.
L'idée la fit frissonner, mais la brune ne lui accordait déjà plus aucun intérêt, plongée dans la rédaction d'une lettre de toute évidence.
Ce devait être le signe qu'il fallait qu'elle parte.
- Au revoir Madame le Maire, se décida-t-elle tout de même.
Elle ne reçut aucune réponse – évidemment – mais sentit presque quelque chose la stopper sur le seuil de la porte avant que la voix ne parvienne à ses oreilles.
- Choisissez bien vos mensonges cet après midi Miss Swan. Sidney est un homme qui déteste se rendre compte qu'il est berné.
- Je serai à la hauteur, s'entendit-elle répondre.
Dehors, elle ne manqua pas le regard incrédule de la secrétaire qui tapait furieusement quelque chose sur son clavier d'ordinateur.
- Vous mangez toute seule ? demanda une voix qu'elle commençait à avoir l'habitude d'entendre dans ses parages.
- Je ne comptais pas manger, en revanche, toi, tu devrais être à la cantine.
- Non, répondit-il simplement.
La jeune femme se retourna pour faire face à l'enfant qui s'avérait être aussi agaçant que sa mère.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Je vous ai observée.
- Ouais, je m'en étais rendue compte gamin.
- Vous échappez à l'emprise de ma mère.
- Pas vraiment.
Pas du tout même …
- Croyez-moi, vous lui échappez.
- Ok.
- Est-ce que vous croyez à la magie Emma Swan ?
Cette fois son intérêt fut piqué. Elle eut envie de lui répondre que non, parce qu'elle n'avait jamais cru en la magie, même quand elle était petite, elle avait tout de suite voulu connaître les secrets des illusionnistes. Mais aujourd'hui elle n'était plus très sûre. Ou presque certaine du contraire.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est très important si vous voulez réussir votre mission. Il faut y croire.
- Ma mission ? Ecoute gamin, je dois juste remettre des papiers à Sidney Glass pour savoir si il …
- Oui, coupa-t-il. C'est pour ça que vous avez demandé un job à Graham.
- Je ne lui ai rien demandé, s'indigna-t-elle.
- Ma mère m'en a parlé.
- Ta mère t'a parlé de moi ?
- C'est dire, hein ?
Elle avait du mal à croire que l'enfant au sourire en coin n'avait avoisinait la dizaine d'année. Même elle n'avait pas été aussi effrontée que lui à cet âge là. La blonde fronça les sourcils en le voyant grimacer.
- Graham va bientôt me retrouver. J'ai quelque chose pour vous.
Elle l'observa sortir un immense livre de son sac à dos d'écolier et se demanda si ce n'était pas la seule chose qu'il contenait.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle en s'en emparant tout de même.
- Un livre. Cachez-le. On en parlera demain.
Avant qu'elle n'ait pu répondre, l'enfant partait déjà en courant, la laissant les bras ballants. « Il était une fois » titrait le vieil ouvrage. Henry Mills lui avait refilé un bouquins de comptes de fées ?
Elle sursauta en entendant le crissement des pneus d'une voiture de patrouille qui s'arrêta à sa hauteur.
- Vous n'avez pas vu Henry Mills ? demanda la voix de Graham.
Elle s'étonna du réflexe qu'elle eut pour cacher le livre derrière son dos.
- Non. Pas depuis hier soir … Vous l'avez encore perdu ?
Il ne répondit que d'une grimace et ne put s'empêcher de sourire quand elle le vit redémarrer au quart de tour.
