Mel 99, merci pour ton commentaire, pour ce qui est de la magie, elle est capitale dans mon "scénario" et je ne suis pas fan des histoires où on enlève cet aspect du coup, j'espère que la mienne te plaira quand même ;)

SQ-Faberry-OQ ... Merci beaucoup beaucoup, je n'avais encore jamais " hypnotisé quelqu'un avec mes mots, j'espère que ça se passe bien pour toi ? ^^

kensdo, EvilSwanMills, Griffon10 & les autres inconnu(e)s qui me laissent des commentaires, merci beaucoup à vous aussi, j'espère que la suite vous plaira autant, ce chapitre en révèle beaucoup sur le contexte de l'histoire ...

Bonne lecture !

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Chapitre 3

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Finalement, elle décida de commander quelque chose au restaurant, mangeant seule et pour une fois ininterrompue par un villageois intrigué. Si elle continuait à manger comme ça il allait falloir qu'elle se remette au sport. Et qu'elle se fasse livrer quelques affaires supplémentaires.

Elle passa un rapide coup de téléphone à Ted pour organiser une livraison de vêtements, se rendant compte qu'elle prenait presque l'équipée avec autant de sérieux qu'une livraison de drogue et passa le reste de son temps à fixer sa montre. Elle avait hâte d'avoir passé l'entrevue qui l'attendait avec le journaliste et d'en avoir fini avec lui. Tant pis s'il ne la croyait pas ...

- Miss Swan, bonjour.

S'il portait le même air suffisant que Regina, rien dans son attitude ne laissait entendre qu'il avait des raisons de l'être. Une fois de plus la blonde ne put s'empêcher de penser qu'il avait l'air d'un odieux personnage et quelque chose en elle s'étonna de ne pas avoir entendu son nom dans la liste de prétendants de Regina.

- Bonjour Monsieur Glass. Je me doute que votre temps doit être précieux, je vous ai imprimé un dossier récapitulatif.

Elle fut contente de la façon dont il sourit à son compliment. Le Maire l'avait prévenu de ne pas être trop transparente dans son mensonge, mais elle avait préféré miser sur l'aspect de sa personnalité qui semblait le plus facile à avoir. Sa vanité. Et ce qui irait sans doute avec : sa cupidité.

La chasseuse de prime l'observa s'emparer de la pochette rouge d'un geste brusque et la parcourir d'un oeil rapide.

- Combien ? demanda-t-il moins de trente secondes plus tard.

- Quinze mille, répondit-elle en s'efforçant de masquer un sourire.

- Hum ...

Elle vit son regard tomber sur les fausses cartes d'identité que Ted lui avait fait imprimé. Il n'y avait aucune ressemblance flagrante, mais après tout le lien de parenté était censé être lointain. Des cousins germains ou quelque chose comme ça, se rappela-t-elle.

- Comment ça se passe ?

- Si vous pensez être la personne, je vous fais signer une décharge que j'enverrai à mon patron et ça devrait être réglé sous peu. Rien de plus qu'une simple signature.

- Il n'y a rien de tel qu'une "simple" signature Miss Swan ... Je peux avoir le papier que vous comptez me faire signer ?

Sans répondre elle sortit le formulaire qu'elle avait totalement inventé il y avait quelques années de ça pour la première fois qu'elle avait approché une personne recherchée sous les mêmes prétextes.

Le journaliste s'en empara du bout des doigts avant de le glisser dans une enveloppe. Peut-être comptait-il le faire examiner par un juriste ou par le Maire ?

- Laissez moi le temps d'y réfléchir, je vous le ferai passer une fois complété si je le juge nécessaire.

- Okkk ... Je vais pas vous embêter plus longtemps alors. Je vous souhaite une bonne fin de journée Monsieur Glass.

- Oui, répondit-il simplement.

Elle eut l'envie soudaine d'écraser son poing dans sa figure sans pour autant se l'expliquer et dut l'enfoncer dans les poches de son jean pour s'en empêcher.

La jeune femme se surprit à descendre les escaliers à toute vitesse, percutant de plein fouet le petit ami de Belle à la sortie de l'immeuble.

- Merde. Pardon, je suis désolée.

Il n'était pas tombé, mais la canne dont il s'était servi pour se rattraper avait craqué pour finir par se casser d'un bruit sec.

- Je suis vraiment désolée …

- Aucune importance.

- Si, vraiment …

Elle était à deux doigts de lui proposer son bras pour regagner la bibliothèque quand elle s'aperçut qu'il arrivait très bien à marcher tout seul, sa jambe gauche déviant à peine de la trajectoire voulue.

- Venez avec moi, l'entendit-elle dire.

Incapable de résister à ce qu'elle perçut comme un ordre, la jeune femme le suivit jusqu'au magasin dont elle l'avait vu sortir la veille.

- C'est à vous ? demanda-t-elle.

- Beaucoup de choses sont à moi ici, précisez.

- Le magasin.

- Oui. Faites un tour, je reviens dans une minute.

Si d'un premier abord elle avait été persuadée que le magasin vendait des antiquités, elle fut choquée par la ressemblance qu'elle lui trouva avec la boutique de Mr Barjow qui l'avait marquée dans Harry Potter.

Elle grimaça en passant devant des marionnettes semblant sorties tout droit d'un remake de Chucky et une enfilade de têtes réduites, fronça les sourcils en remarquant une série de statuettes dépareillées allant du dragon à une pieuvre en passant par un gnome qu'elle n'aurait pas aimé voir dans son jardin.

- Anh.

Elle fit un tour sur elle même pour s'assurer que personne ne l'avait vu sursauter avant de s'avancer vers la niche qu'elle venait de découvrir.

La jeune femme dut avaler sa salive à plusieurs reprises pour perdre l'impression qu'une main invisible était en train d'enserrer sa gorge.

Une statue. Non. Elle était convaincue que ce n'en était pas une. Dans n'importe quel autre magasin elle aurait dit que la poupée de cire avait été faite à la perfection, mais ici …

- N'est-elle pas splendide ?

Cette fois il était bien là pour être témoin de son sursaut et elle vit son regard s'attarder sur sa hanche à laquelle elle avait porté la main, prête à dégainer son arme. Elle se demanda brièvement si il savait ce qu'elle s'était apprêtée à faire mais son sourire en coin répondit à sa place.

Elle eut soudain la conviction que l'homme était à craindre.

- C'est euh … C'est très bien fait, tenta-t-elle de répondre.

- Merci.

- Oh, c'est de vous ?

- Oui.

- Ça a du vous prendre du temps !

- Des années.

Elle fut surprise de ne pas desceller la moindre trace de mensonge dans son timbre de voix.

- Vous avez vu quelque chose qui vous plait ? Je peux vous faire un prix …

- Non, pas encore …

Elle s'efforça de balayer la pièce d'un nouveau regard, s'attardant quelques secondes sur une vitrine où un ensemble d'arme était exposé.

- J'ai de très belles lames.

- Je suis plus arme à feu.

- J'ai cru comprendre, répondit-il, confirmant qu'il avait bel et bien intercepté son mouvement.

- Bref. Pourquoi suis-je là ?

- Ah oui !

Son exclamation la fit presque sourire mais la présence tranquille de la statue – de la femme – enfermée derrière l'épais mur de verre l'en empêcha.

- J'ai quelque chose pour vous, l'entendit-elle lui dire.

Elle l'observa un instant s'éloigner, appuyé sur une nouvelle canne sculptée à la perfection dans ce qui semblait être un mélange de bois et de marbre noir.

- Pour être honnête mes finances ne me per…

- Non non, coupa-t-il. Un cadeau.

- Un cadeau ?

- Oui.

L'homme se pencha derrière son comptoir et elle put entendre le bruit distinct d'un tiroir qu'on ouvre et referme avant de le voir poser un objet sur le meuble en bois et verre.

- Un attrape rêve ? demanda-t-elle.

C'était un bel exemplaire, bien plus que ceux qu'elle avait pu avoir dans son enfance, acheté dans des foires à des vendeurs indiens à la sauvette.

La rosace qui semblait avoir été tressée avec des fils d'or était soutenue par un cercle parfait en bois gris. Précautionneusement elle tendit une main pour caresser les longues plumes dont elle n'arrivait pas à déterminer la couleur, d'un brun doré qui tirait vers le gris.

- Il est très beau. Ce sont des plumes de quoi ?

- De griffon, répondit-il très sérieusement.

La jeune femme fut incapable de cacher sa surprise, relevant soudainement le visage pour croiser le regard attentif de l'homme qui lui adressa un simple sourire.

Il ne plaisantait pas.

- En quel honneur ce cadeau ? trouva-t-elle à répondre.

- Un signe de bienvenue.

- Oh ? C'est ... Gentil. Je vous remercie.

- J'essaie d'être agréable aux amis de Belle.

- Vous l'êtes.

Elle prit congé de lui non sans une certaine gêne qui lui collait à la peau en sa compagnie et passa le reste de l'après midi à visiter systématiquement chaque boutique du "centre ville".

Le soir elle mangea pour la première fois dans sa chambre d'hôtel, surprise de ne pas avoir été interrompue par Ruby. Cette fois elle était assez sobre pour s'émerveiller sur le silence de la ville. Elle qui avait toujours été habituée à l'activité perpétuelle des grandes villes, elle s'accorda même de longues minutes de pause à l'air frais de la fenêtre, observant les rares passants marcher dans la rue et un homme promener son dalmatien. Elle pensa brièvement qu'il faudrait qu'elle demande à la serveuse si elle n'avait pas une chambre avec un balcon. Ses soirées allaient lui sembler longues si elle n'avait pas accès à internet et pas assez de réseau pour jouer en ligne sur son téléphone ..

Par dépit la jeune femme prit une brève douche avant de se glisser dans le lit.

- Qu'est-ce ...

Son pied venait de buter contre quelque chose dont elle avait déjà oublié l'existence depuis ce matin. Ramené dans sa chambre d'hôtel et jeté à la va vite sous les couvertures avant d'aller à son rendez-vous avec Sidney Glass.

Le livre de comtes que lui avait refilé le gamin.

Du bout des pieds elle le fit remonter à hauteur de main et s'en empara pour observer plus attentivement la couverture.

- Toi, t'as au moins une centaine d'années mon grand ...

Précautionneusement elle ouvrit le livre pour découvrir une table des matières énumérant de nombreux contes qui avaient peuplé son enfance. D'un œil distrait elle parcourut les premières pages, souriant à l'histoire de Pinocchio et Cendrillon, ralentissant un instant pour lire l'histoire de la fille du meunier, dont elle ne se rappelait même pas avoir entendu parler. Le prochain récit la fit se redresser d'un bond. Non, pas le récit. L'illustration.

Aurore. Aurore reposait sur un lit entouré de ronces, surveillée de près par une femme plus âgée appuyée sur un sceptre. Maléfique elle supposa.

La jeune femme sentit son cœur s'emballer dans sa poitrine. Henry Mills lui avait confié ce livre en lui promettant d'en parler le lendemain.

D'une main tremblante elle tourna plusieurs autres pages pour tomber sur une illustration d'Ariel, mais les personnages ne lui rappelaient personne.

Idem pour Peter Pan et le capitaine crochet.

Elle manqua arracher la prochaine page qu'elle tourna, rapprochant un peu plus le livre de son visage pour être bel et bien sûre de ce qu'elle était en train d'observer. La grand mère de Ruby, arbalète à la main, surveillant sa petite fille enveloppée dans une immense cape rouge.

- J'y crois pas ...

Ça ne pouvait pas être vrai. Elle avait envisagé toutes les possibilités : un village de vampires, un refuge pour toutes sortes de personnes dotées de pouvoirs surnaturels, mais jamais l'idée qui se profilait n'aurait pu lui venir. Une ville remplie de personnages de contes de fées ...

La blonde attacha ses cheveux en une queue de cheval par réflexe, s'asseyant en tailleur au milieu des coussins éparpillés. Ses doigts parcoururent rapidement une trentaine de page avant de s'arrêter net.

- Naaan ...

" Blanche Neige " titrait la prochaine histoire. Et ce n'était pas la silhouette de Mary Margarett en premier plan, arc tendu à la main et un air déterminé peint sur le visage qui l'avait stoppée.

Non.

C'était plutôt ce qu'elle devinait être la méchante Reine, surplombant le chasseur, une main tenant ce qui ressemblait visiblement à un cœur devant la poitrine écorchée de l'homme qui n'en avait pas l'air plus affecté que ça, poignard tendu devant lui.

Regina Mills et le shérif Graham.

Elle prit le temps d'observer le sourire en coin et l'impression de puissance qui se dégageait de la femme en robe noire au décolleté vertigineux à peine caché par la stature du chasseur. Même sur papier, les yeux assombris à la perfection par un maquillage digne d'une séance photo la firent frissonner. Elle n'osait même pas imaginer sa réaction si elle avait du se retrouver en face à face avec cette version du Maire.

La jeune femme revit brièvement la façon dont elle avait tué le braqueur à la banque et fut tellement choquée de sentir une nouvelle vague de désir la parcourir qu'elle en lâcha le livre.

Elle était folle.

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Une fois n'étant pas coutume, Emma Swan fut réveillée de bonne heure. Et par des coups frappés à sa porte.

- J'arrive !

Elle avait l'impression d'avoir oublié une soirée de beuverie, ses tempes enserrées par un anneau douloureux lui rappelait les pires migraines qu'elle avait pu avoir.

Elle s'était endormie en proie aux doutes, mâchoires et poings serrés.

La jeune femme vérifia brièvement sa tenue et jugea suffisant le long tee shirt qu'elle avait enfilé en sortant de la douche la veille.

- Rub...

- Où est Graham ?

- P ... Pardon ?

Elle fut poussée sans ménagement par la femme qui s'introduisit dans sa chambre sans y avoir été invitée.

- Où est mon shérif ?

- Je n'en ai aucune idée Madame le Maire.

- Il n'est pas avec vous ?

Le regard inquisiteur la transperça, fouillant visiblement en quête de la vérité et un instant elle vit une inquiétude réelle avant qu'il ne se dérobe à son emprise pour la parcourir de la tête aux pieds et dans l'autre sens.

- Euh ... Non.

La brune se rapprocha d'elle et cette fois elle eut du mal à avaler sa salive.

- Vous en êtes certaine ? Parce que je peux sentir sa présence ici et je déteste qu'on me mente.

- Je ne sais pas ce que vous sentez Regina, mais je peux vous assurer que je suis seule dans cette chambre.

Elle remarqua le rictus que l'intéressée avait été trop lente à réprimer à l'emploi de son prénom, mais n'en fut que plus ravie. D'ailleurs sa migraine commençait à se dissiper.

- Et cette nuit ?

- Cette nuit ? répéta-t-elle incapable de croire ce que la femme lui demandait.

- Étiez-vous seule cette nuit Miss Swan ?

- Je croyais que vous étiez au courant de tout ?

- Mais j'ai du mal à vous ... cerner.

- J'étais seule oui, non pas que ça vous regarde ...

- Oh ça ne me regarde pas, mais si j'étais vous j'éviterais d'ouvrir ma porte aussi peu habillée, la plupart des gens ont le jugement hâtif ...

- Mais vous n'êtes pas la plupart des gens, n'est-ce pas ?

Elle avait faillit ajouter " Majesté " mais s'en dissuada, se rappelant que son arme était restée sous son oreiller et qu'il n'y avait pas moyen qu'elle batte une sorcière et encore moins une " méchante Reine " si tel était le cas.

Un instant les yeux d'ébènes reflétèrent une lueur prédatrice qui eut le don de lui rappeler qu'elle avait besoin d'une douche froide mais presque aussitôt le masque fut en place et elle n'eut le droit qu'à un haussement de sourcil dédaigneux.

- En effet, Miss Swan. Passez une bonne journée.

- Essayez au deuxième étage.

La brune se figea sur le seuil de la porte et elle eut l'impression d'être fusillée sur place quand elle se retourna, ses genoux manquant se dérober sous son poids. Elle n'avait visiblement pas exagéré quand elle lui avait dit qu'elle détestait qu'on lui mente.

- Pourquoi devrais-je Miss Swan ?

- Parce que ce sont les quartiers de Ruby.

Elle aurait presque pu voir les rouages tourner dans la tête du Maire dont le regard absent était tombé au niveau de son ventre. Elle sentit ses muscles se tendre sans son commandement, mais l'instant d'après le Maire releva la tête pour observer son visage, un sourcil s'arquant.

- Pourquoi pas ... souffla à voix basse.

Elle fut témoin d'un réel sourire qui illumina son visage, presque autant que la présence de son fils dans la pièce, remarqua-t-elle.

La jeune femme eut le droit à un dernier examen des pieds à la tête avant que la brune ne se retourne pour de bon.

- Bonne journée à vous aussi ! lança-t-elle en allant refermer la porte qui était restée grande ouverte.

Le claquement des talons sur les marches de l'escalier en bois la fit relever la tête pour observer la silhouette habillée d'un tailleur bleu marine monter vers le deuxième étage. Il était même pas neuf heures du matin et elle avait déjà une envie folle de quelqu'un qu'elle ne pourrait visiblement pas avoir. Une moue se dessina sans son accord sur son visage. Elle allait sortir de sa transe quand la femme se figea et elle eut à peine le temps de remonter les yeux vers les siens quand elle se retourna. Il était trop tard pour faire marche arrière et se réfugier à l'abris de sa chambre.

- Merci.

Cette fois le sourire était carnassier et elle fronça les sourcils en apercevant la main de la femme agrippée à la rambarde au point d'en blanchir ses articulations. Elle savait qu'elle avait presque un air inquiet quand elle chercha à croiser son regard dans la pénombre.

- Rentrez, entendit-elle ordonné à voix basse.

- Pardon ?

Elle aurait presque juré avoir vu une étincelle claquer brièvement quelque par près de son poignet dans l'obscurité.

- Maintenant.

L'ordre grondé à voix basse lui fit l'effet d'une douche froide et tant pis si cette fois elle avait l'air d'une poule mouillée quand elle referma avec hâte la porte derrière laquelle elle venait de se précipiter. Elle avait le souffle court et pas la moindre idée de ce qu'il venait de se passer.

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Sans vouloir se l'avouer, elle mit tout de même l'intégralité de sa matinée à se remettre des événements qui avaient entouré son réveil et eut presque honte de sursauter à de nouveaux coups frappés à sa porte.

Elle n'avait pas encore bougé de sa chambre, se faisant monter un petit déjeuner qu'elle avait avalé devant une vieille série télévision qui passait sur une chaîne dont elle n'avait jamais entendu parler. Ce matin elle était restée figée un long moment derrière la porte, écoutant en silence le bruit des pas de Regina et Graham redescendre du deuxième étage. Quelques minutes plus tard elle avait aussi entendu Ruby au téléphone prévenir qu'elle aurait du retard pour le service au restaurant.

Elle ouvrit donc la porte pour la deuxième fois de la journée à un membre de la famille Mills.

- Bonjour Emma Swan.

- Bonjour gamin. Ta mère va encore taper une crise.

- Non, Graham croit que je suis en sortie scolaire.

- Ils finiront par s'en rendre compte ...

- Je suis couvert. Vous venez, on sort ?

- On sort où ?

- Je vous amène dans mon repère. Mais évitez d'en parler à ma mère. Vous avez le livre ? Prenez-le.

Il avait débité ses phrases comme elle aurait vidé un chargeur sur une cible d'entrainement et elle ne put s'empêcher de sourire à la ressemblance qu'il semblait avoir avec sa mère.

Mais le sujet du livre l'assombrit immédiatement. Elle avait des dizaines de questions à lui poser, même si elle n'était pas certaine qu'un enfant de dix ans soit en mesure d'y répondre et d'être pris pour une source fiable.

Sans chercher plus loin, elle s'empara d'une veste en cuir noir qui traînait sur une chaise pour sortir à la suite de l'enfant à qui elle confia le livre qui disparut une fois de plus dans les méandres du sac à dos qui ne le quittait pas.

À l'accueil elle reçut un sourire amical de la part de la grand mère de Ruby et suivit docilement le garçon dans la rue jusqu'à une boutique qu'elle avait déjà repéré en faisant le tour de la ville.

- Tu es sûr que tu as le droit d'entre là dedans ? demanda-t-elle en jetant un coup d'oeil à l'élégante devanture.

- Je ne viens pas pour acheter Emma ...

Son ton presque désolé pour elle la fit sourire. Il avait vraiment l'air intelligent, raison de plus pour être impatiente d'entendre ce qu'il avait à lui dire.

- Bonjour ! lança une voix dès qu'ils eurent franchis le seuil de la porte.

- Bonjour.

- Oh ... Henry.

Emma ne put s'empêcher de remarquer la déception qui passa dans les yeux de la jeune femme.

- Bonjour Hope. Est-ce qu'il y a quelqu'un dans ma salle ?

- Non, personne Henry, je n'ai eu que deux clients aujourd'hui.

- Tu devrais développer la vente en ligne, lui conseilla-t-il sur le ton de quelqu'un qui avait déjà donné son avis des centaines de fois.

- Tu sais très bien que ta mère n'aime pas trop l'idée.

- Je lui en parlerai. Bonne après midi.

La blonde avait observé l'échange avec intérêt, dévisageant la jeune femme sans pouvoir s'empêcher de se demander à quel personnage de contes de fées elle ressemblait. Elle sourit en la voyant se rasseoir derrière le bureau qu'elle occupait, les yeux déjà rivés sur l'écran d'un ordinateur affichant ce qui ressemblait de loin à un document word et à y regarder de plus prêt, certainement à un roman qu'elle devait lire en attendant les clients.

- C'est Hope, entendit-elle le fils du Maire annoncer à voix basse en se dirigeant vers un coin de la boutique qu'elle n'avait pas encore repéré. Elle travaille pour Aurore depuis des années.

- Pour Aurore ?

- Oui, c'est elle qui a ouvert la boutique, mais elle préfère s'occuper des vignes.

Elle acquiesça d'un signe de la tête qu'il ne vit certainement pas. Quand elle l'avait rencontrée elle n'avait pas demandé à la jeune femme ce qu'elle faisait de sa vie. Elle ne l'aurait pas imaginée dirigeant un domaine viticole, mais maintenant qu'elle y repensait, elle était bien passée devant des étendues de plans de vignes quand elle était rentrée dans la ville.

Il devait donc y avoir une usine quelque part et le tout était mis dans les bouteilles qui avaient été mises en vitrine un peu partout dans le magasin et empilées dans les alcôves des murs qu'elle était en train de longer. Dans une petite ville comme ça, les ventes ne devaient pas se présenter tous les jours et elle compatit au destin de la jeune femme obligée d'attendre un client qui ne viendrait certainement pas.

Elle ne put retenir un léger sifflement quand ils atteignirent une immense salle aux murs aux pierres apparentes, remplies de tonneaux et de bouteilles posées en évidence sur des pieds d'estale en marbre noir.

- C'est ça ta salle Henry ?

- C'est ce que j'ai trouvé de mieux après la bibliothèque.

- Et qu'est-ce que tu viens faire là ?

- Me cacher en général. Et lire. J'aime beaucoup lire. Vous avez lu le livre que je vous ai donné hier ?

- Je l'ai parcouru.

- Et alors ?

- Alors ? Euh ... J'aimerais bien ... Quelques précisions.

Elle manqua rire à son hochement de tête solennel.

- J'ai ... J'ai noté une très forte ressemblance des personnages avec des gens qui vivent ici.

- Oui.

- Qui a écrit ce livre ?

- Aucune idée.

- Quelqu'un d'ici ? Qui s'est inspiré de ...

- Non, fut-elle coupée.

Il avait un air sérieux qui tentait de dissimuler une déception naissante et elle fut étonnée de le voir l'inviter à s'asseoir sur un des nombreux canapés qui peuplaient la salle. Elle s'exécuta, l'observant poser le livre sur une table basse devant eux avec ce qui ressemblait à de la déférence et croisa les bras sur sa poitrine quand elle sentit qu'il allait se mettre à parler.

À lui avouer.

- Je crois en vous. Il va falloir que vous croyiez en moi Emma Swan. Vous aimez les contes ?

- ... Ça dépend lesquels.

Elle sourit à nouveau en le voyant prendre une grande inspiration et ne put s'empêcher de se demander quel narrateur l'enfant allait se dévoiler.

- Il était une fois un pays complètement différent de celui qui vous connaissez. Ou plutôt, un pays que vous connaissez comme une invention, un monde imaginaire, mais qui ne l'est pas. Cette histoire n'est contée dans aucun livre. C'est l'histoire d'un royaume où vivent l'intégralité des personnes que vous connaissez comme des héros de contes de fées : la forêt enchantée.

Il prit une pause suffisamment longue pour lui faire lever un sourcil et certainement pour s'assurer qu'il avait piqué son intérêt.

- Ce royaume est dirigé par une Reine. Une Reine montée sur le trône contre son grès, forcée dans un mariage arrangé par sa mère, une sorcière très puissante et assoiffée de pouvoir, de vengeance. Cette Reine a une plaie béante dans son coeur : l'homme dont elle était amoureuse a été assassinée à cause de l'erreur d'une jeune fille. La fille du roi qu'elle a épousé. Rongée par cette douleur, elle se tourne vers un sorcier qui va lui apprendre une magie noire assez puissante pour qu'elle se débarrasse enfin du joug de sa mère. Mais elle n'en reste pas là. Elle aspire à être libre et le Roi qui lui sert d'époux est un homme qui ne la considère pas, l'emprisonne dans un rôle qui n'est pas le sien. Un jour, elle se débarrasse de lui. Mais ce n'est pas suffisant, elle en veut toujours à sa belle fille à cause de qui elle a perdu l'homme qu'elle aimait. Aveuglée par sa tristesse, manipulée par son mentor et la magie noire qui grandit en elle, elle se tourne vers la noirceur. Elle chasse sa belle fille du royaume et mène une traque sans répit contre elle, tuant quiconque ose se mettre sur son chemin.

La blonde avala sa salive avec difficulté. Elle n'avait aucun doute sur l'identité de la Reine dont il était en train de parler, aucun doute sur l'histoire bien souvent adaptée au cinéma qu'il était en train de raconter. Pourtant, elle pouvait déjà voir que la version n'était pas la même.

- Le pouvoir de la Reine grandit et au fur et à mesure que la douleur de son premier amour disparait, il ne lui reste plus que sa magie et elle se sent seule. Elle n'est entourée que d'une bande de fidèles mais elle est peu à peu gagnée par l'envie d'être considérée, de prouver à tous qu'elle est une bonne Reine. Elle est dure, instaure des lois sans mercis pour certains, en assoupli d'autre et peu à peu tout ce qu'elle touche se transforme en or. On commence même à l'aimer et ceux qui s'étaient autrefois allié avec sa belle fille se tournent à présent vers elle avec un intérêt sincère. Elle réussit même à instaurer une paix avec certaines sorcières très puissantes qui jusque là ne s'étaient montrées que de véritables nuisances.

Il prit une pause et elle ne put s'empêcher de se demander s'il avait appris l'histoire par coeur.

- Un jour, alors qu'elle est dans la forêt, sa voiture est attaquée par une bande de malfrats dont elle n'a aucun mal à se débarrasser. Elle remonte jusqu'à leur camp et trouve des prisonniers. Ce sont des pilleurs, des violeurs, des pirates qui ont attaqué tout ce qu'ils trouvaient sur leur chemin. Ce jour là elle ramène une dizaine de personnes dans son château, des pauvres gens qui avaient été fait prisonnier et à qui elle offre un abris. Parmi eux, il y a une femme. Elle est sur le point d'accoucher et malgré tous les efforts de la Reine qui obéit à ses dernières volonté, elle ne parvient à sauver que l'enfant qu'elle décide de garder. Ce sera le sien.

Emma dut se mordre la joue pour ne pas trahir une quelconque émotion. Il n'était pas en train de lui raconter n'importe quelle histoire. Elle pouvait sentir et voir dans l'éclat de ses yeux qu'elle était vraie. Son histoire.

- L'arrivée de l'enfant dans le château est un véritable raz de marrée, elle ne sait pas comment le gérer mais très vite tout le monde se rend compte qu'il semble être le seul à pouvoir lui redonner l'humanité qui lui manquait. Tout le monde y compris sa belle-fille. À la surprise de tous, elle revient sur les terres qui lui sont interdites et propose une paix à la Reine qui l'accepte. Tout va bien. Jusqu'à ce que des rumeurs d'une brèche dans l'espace se répandent dans le royaume. On parle d'un cataclysme qui passe de ville en ville pour n'en laisser que poussière et mort, des coeurs arrachés et des veuves. Ce n'est pas un cataclysme, c'est le signe d'une magie très ancienne, très puissante, le signe de quelqu'un. La mère de la Reine est de retour, elle se nourrit des coeurs de ses victimes et elle n'est pas du tout contente de ce qu'est devenue sa fille qui à ses yeux gâche ses pouvoirs. Un élan de solidarité se lève dans tout la forêt enchantée, tout le monde entre en résistance contre les hommes sans coeurs qui constituent désormais une armée à la sorcière qu'on appelle la Reine de Coeur. Au centre de la résistance, la Reine et sa belle fille sont parfois aidés du vieux mentor de la souveraine. Doué d'un sens qui lui permet de voir le futur, il prédit la fin de la forêt enchantée, le sol taché du sang de la guerre qui fait rage. Il existe une malédiction, une malédiction qui pourrait les sauver. Elle a été prédite il y a longtemps par des sages mais personne n'est prêt à sacrifier ce qu'ils aiment le plus pour la lancer. Ensemble ils décident donc de créer quelque chose de plus grand, contribuant chacun au sort, ils créent une malédiction unique qui les emmène dans un pays dont ils auront prévu le destin.

L'enfant marqua une pause, s'assurant d'un coup d'oeil qu'elle l'avait bien suivi, chose qu'elle s'empressa de confirmer d'un signe de la tête.

- Dans ce pays le temps s'est arrêté, il n'existe ni bien, ni mal, mais les habitants sont prisonniers d'une boucle temporelle qui les empêche d'avancer, les désoriente au point de ne pas pouvoir se rendre compte qu'ils vivent chaque année la même chose. Mais la malédiction doit être brisée. Ce sont les sages qui l'ont prévu. " Celle sur qui la magie pliera, le temps bousculera ". Vous êtes cette personne Emma Swan.

L'intéressée se permit de plonger dans les méandres du regard clair qui soutenait le sien avec autant d'intensité que celui d'un adulte.

- Depuis combien de temps cette ... Malédiction a-t-elle été lancée ?

- Vingt-huit ans.

Son âge ...

- Et les habitants de Storybrook ... Sont-ils conscients de ce qu'ils vivent ?

- Pas tous. Et pas tous au même degré. Ceux qui en sont le plus conscients sont ceux qui étaient au courant de la malédiction, d'autres ont préféré oublier ...

- Henry ... Que les choses soient claires entre nous. L'histoire que tu viens de me raconter ... Est la tienne ?

- La notre. Celle de Storybrook et de ma mère, de tous les habitants.

- Et tu es emprisonné dans un corps d'enfant depuis tout ce temps ?

Ça expliquait peut-être ses manières d'adulte.

- Oui, mais mon esprit est limité, je le sens ... Je pense encore comme un enfant, c'est ... compliqué.

- Oui, concéda-t-elle.

- Emma Swan, la magie de ma mère n'a aucune emprise sur toi, tu es celle que les sages annonçaient.

- Quoi ?

- Ma mère. Ma mère est la Reine, tu l'as compris n'est-ce pas ?

Elle se demandait ce qui lui valait soudain le droit d'être tutoyé par l'enfant, mais se contenta d'acquiescer d'un signe de la tête. Oui, elle avait bien comprit que la femme pour laquelle elle était prête à tomber à genoux était une meurtrière de masse. Génial. Et une méchante Reine. Le top. Ça ne devait arriver qu'à elle.

- Je sais pas trop tu sais, pour le coup de la Sauveuse.

- La Sauveuse ? J'aime bien ce titre.

- Ouais ... Mais je ne sais pas très bien si je mérite de le porter.

- Fais moi confiance Emma Swan. Lis ce livre. De fond en comble. Toi et moi on est une équipe désormais. On va trouver le moyen de briser cette malédiction, je te le promets.

- Euh ... Ok, gamin.

- Super, parce que je dois vraiment partir là, Graham est pas loin.

- Attends !

- Quoi ?

- Qu'est-ce que c'est ton don ? Qu'est-ce que tu es ?

Il eut une pause pendant laquelle il sembla réfléchir.

- Je suis le Prince de la forêt enchantée, le fils de la plus puissante des sorcières, je suis extraordinaire par nature, je n'ai pas besoin de don.

Ça avait le mérite d'être clair ...

.

..

.

Elle resta un long moment immobile après son départ, digérant les informations qui venaient de lui être communiquées. Ok, elle s'était attendu à quelque chose d'hors du commun, après tout elle n'était pas folle, elle avait été témoin de choses qui ne pouvaient plus lui faire nier l'existence de la magie, mais elle ne s'attendait pas du tout à ce genre de révélations.

En remontant à l'étage elle prit pitié de la jeune femme et se laissa vanter les mérites d'une cuvée de dix ans d'âge. Un rouge qu'elle allait certainement boire seule au balcon de la nouvelle chambre qu'elle allait demander à Ruby.

- Faites moi de la pub ! l'entendit-elle lancer quand elle était sur le départ.

- Comptez sur moi !

La bouteille resta sur le siège passager de sa voiture jusqu'au soir quand elle se rendit à la frontière de la ville, remarquant pour la première fois qu'une bande jaune avait été dessinée sur le sol. Elle avait des dizaines de questions à poser à Henry Mills.

La jeune femme s'assit sur le capot encore chaud de sa coccinelle, sortant son téléphone pour jouer au solitaire en attendant son ami avec lequel elle avait rendez-vous. Elle avait du l'avoir une dizaine de fois au téléphone depuis qu'il était parti de Boston, incapable de suivre la direction que le GPS lui avait pourtant indiqué quand elle avait suivi la même route quelques jours plus tôt.

Un bruit de moteur la fit lever les yeux de longues minutes plus tard et elle sourit en observant le gros 4x4 dont elle s'était toujours moqué s'arrêter à sa hauteur.

- Salut Ted. On a sorti le gros matoss ?

- Il fallait bien pour apporter toutes affaires. Tu crois que ça va rentrer dans ton pot de yaourt ?

Il s'était toujours moqué du peu d'affaires qu'elle emportait en voyage et la grosse valise qu'elle venait de lui demander devait contenir à peu près tout ce qu'elle possédait pour la saison.

- Alors tu t'installes ici ? demanda son acolyte après l'avoir brièvement serré dans ses bras.

- Pour le moment. Tu as tout ce que je t'ai demandé ?

- Ouais.

Il lui tendit une valise qui contenait les billets dont elle aurait besoin si Sidney acceptait son offre. Elle ne savait pas comment il s'était débrouillé pour se les procurer aussi vite, mais après tout elle ne le payait pas pour connaitre ses secrets, qu'importe si c'était illégal, tant que c'était lui qui réglait le problème.

- J'ai besoin d'un autre service aussi.

- Je vais demander un augmentation, plaisanta-t-il.

- Tu en auras une.

Elle y avait vraiment songé.

- Quelqu'un ici a eu accès à des infos sur moi. Je sais que tout est bloqué normalement, mais le dossier était assez épais. Est-ce que tu peux me dire ce que c'est ?

- On t'a fait chanté ?

- Nan. Mais j'ai besoin de savoir si ma couverture est cramée ou pas.

- Je pense pas. Tu es très connue mais dans un petit cercle, je ne pense pas que qui que ce soit à ...

Il se tourna vers le panneau de la ville.

- "Storybrook" ait des liens avec les grands baron de la mafia new yorkaise. Le monde connait Emma Swan comme une ancienne délinquante juvénile, passée par la case chef de police avant de tout arrêter il y a quatre ans, depuis tout est bouclé.

- J'espère. Je veux que tu me confirme ça Ted. Au plus vite.

- Je peux voir ton portable ?

- Pourquoi ?

- Cette histoire de GPS.

- Non, laisse tomber, c'est pas la peine pour cette affaire.

- Tu es sur une vraie affaire alors ?

- C'est perso. C'est ... Spécial.

- C'est à propos de tes parents ?

Sa voix s'était faite plus douce. Ils avaient rarement eu l'occasion de parler de sa vie personnelle, mais elle savait qu'il était au courant de tout. Après tout il avait du tout effacer, tout remodeler, elle n'avait aucun secret pour lui.

- Peut-être, mentit-elle en se sentant immédiatement coupable en voyant son sourire.

Il était sincèrement heureux pour elle.

- J'espère que tout se passera bien.

- Merci Ted, t'es un véritable ami.

- De rien.

- Du nouveau sur le braquage de Boston ? ne put-elle s'empêcher de demander.

- J'ai quelques photos que je t'ai mises sur une clef usb dans ton sac. Au cas où ... Je t'ai aussi donné une clef avec un accès internet illimité. Partout où tu auras un peu de réseau.

- Parfait. T'es un mec en or.

- Dis ça à ma copine imaginaire.

- Je t'en trouverais une un jour Ted, c'est promis.

Elle eut le droit à une nouvelle étreinte et lui confia la bouteille de vin rouge qu'elle avait acheté un peu plus tôt dans l'après midi avant de le regarder s'éloigner dans la grosse voiture. Il était devenu une présence tranquille sans laquelle sa vie serait bien plus difficile à mener. Indispensable. Elle avait un meilleur ami réalisa-t-elle.

Elle était en train de retourner à sa voiture quand son téléphone resté sur le capot se mit à vibrer, déchirant le calme relatif de la forêt environnante. Elle se précipita dessus par peur de provoquer une catastrophe. Ou pire. Qu'il ne tombe sur la chaussée. Elle n'était pas certaine que la ville abrite un magasin réparant les téléphones portables.

- Emma Swan. Que puis-je pour vous ? répondit-elle par habitude.

- Obéir à mes ordres, répondit la voix mielleuse.

Elle laissa un long soupir s'échapper. Ça aurait pu être pire. Elle aurait put décrocher d'un « Détective privé bonjour » comme elle le faisait parfois.

- Comment est-ce que vous avez eu mon numéro ?

- Je vous avais dit que je saurai comment vous contacter Miss Swan. Qu'avions nous conclu toutes les deux ?

Elle avait l'impression de se faire remonter les bretelles par une institutrice en colère et ragea intérieurement contre son imagination qui avait le don de la fournir en visions dévastatrices de la brune.

- J'ai hâte de vous l'entendre répéter.

- Que faites-vous si près de la frontière de la ville ?

Par acquis de conscience la jeune femme fit un tour sur elle même, les yeux plissés dans l'espoir d'apercevoir quelqu'un la surveiller. Mais elle savait que la vérité était toute autre. Le Maire l'avait pourtant prévenue qu'elle saurait ce qu'elle faisait et où elle se trouvait à chaque moment de la journée. Ce n'était donc pas un mensonge.

- J'avais rendez-vous avec un ami.

- Est-il rentré dans la ville ?

- Non … Non, nous avons discuté un peu, il m'a donné des affaires et il est reparti, sentit-elle le besoin de se justifier.

- Il n'a vu personne d'autre que vous ?

- Non.

- Comment est-il venu ici ?

- Je lui ai indiqué le chemin …

Il y eut une silence, comme si la femme à l'autre bout du téléphone était en pleine réflexion.

- Votre ami va-t-il parler de cette ville à qui que ce soit ?

- Je ne pense pas …

- Très bien.

La réponse donnée du tac-o-tac la fit froncer les sourcils, elle ne s'était pas attendue à ce que la sienne satisfasse le Maire.

- La prochaine fois qu'il vient, arrangez-nous un entretien.

Elle la prenait pour sa secrétaire maintenant ?! Emma émit un grognement, tapant du pieds dans la roue de sa coccinelle, pestant à nouveau contre son imagination.

- Tout va bien Miss Swan ?

- Tout va très bien. S'il rev…

- Pas de « si », Miss Swan. Votre ami reviendra, je dois le voir.

- Okk… Ok, quand il reviendra, je suis sûre qu'il se fera une joie de vous voir.

- Je n'en doute pas. Rentrez dans votre … Dans ce qui vous sert de voiture et allez manger avec vos nouvelles amies, je suis certaine que Ruby vous attend.

- Bonne soirée Regina, choisit-elle de répondre en prenant l'initiative de raccrocher.

Elle leva un poing en l'air en signe de victoire, s'empressant de paraître normale et de rentrer dans sa voiture quand elle se rappela que le Maire pouvait très bien être en train de l'observer depuis elle ne savait où.